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Titre

Récits StarCraft II des joueurs


Status : En cours d'écriture
Histoire : Starcraft : Une porte vers l’enfer
Auteur : Maxcaster
Chapitres : 1 - 2 - 3

Chapitre 3 : Un nouveau départ

- C’est de la folie ! s’exclama Keggrian. De la pure folie ! Voulez-vous bien me rappeler pourquoi j’ai accepté de vous embarquer ?

- Parce que je t’ai promis beaucoup d’argent, rétorqua Decker.

Le barman lui décocha un regard en biais.

- Argent que tu n’as pas ! Seigneur Dieu, j’ai presque envi de faire demi-tour et de rentrer à mon bar…

Sanglés dans les fauteuils du poste de pilotage d’un transport qui avait sans doute connu des jours meilleurs, les deux hommes regardaient, par la verrière, la flottille de petits vaisseaux qui allaient et venaient sur le fond noir et étoilé. Les mains sur les commandes, Keggrian donna une poussée d’accélération aux quatre tuyères de propulsion, qui ronronnèrent de façon guère rassurante. À cet instant, derrière les hommes, la porte du cockpit coulissa dans un petit sifflement hydraulique, et Nadia Lijemberg entra dans la pièce d’une démarche lente et calculée. À la vue de la journaliste qui, quelque heures plus tôt, l’avait fait sortir en douce de la tour UNN pour rejoindre le club de Keggrian, Decker réprima un sifflement. La jeune femme avait troqué le complet style féminin pour une tenue un peu plus adaptée aux circonstances, et Patrick se dit que la combinaison de cuir sombre ne devait pas figurer sur la liste des vêtements autorisés par l’éthique professionnelle. Ajustée de manière à ne pas laisser grand-chose à l’imagination, et additionnée à la longue chevelure brune qui ne manquerait pas de voler dans le vent, la combinaison sema quelques doutes dans l’esprit de Decker quant au passé de cette femme. Dommage pour la journaliste, son entrée fut quelque peu gâchée lorsque Keggrian tira brusquement sur les commandes pour éviter de percuter de plein fouet un chasseur Wraith qui passa en trombe devant eux, et le choc inattendu de la manœuvre projeta Lijemberg contre le tableau de bord. Decker se détacha en deux temps trois mouvements et aida la jeune femme à se relever, tandis que le barman obèse déversa tout un chapelet d’injures à l’adresse du pilote de chasse qui disparaissait déjà au loin.

- Dans mon temps, brailla-t-il après s’être calmé quelque peu, on ne coupait pas les vénérables transports ! Non mais pour qui se prennent-ils ces imbéciles ?

L’ancien détenu aida Lijemberg à se sangler dans son propre fauteuil, et demeura debout entre les deux sièges, gardant son équilibre en s’appuyant aux appuis-tête. Decker suivi ensuite des yeux la traînée ionique laissée par le Wraith, ou l’Ombre, comme certains appelaient ces petits vaisseaux, et trouva la réponse à la question de Keggrian :

- Pour quelqu’un qui a assez de potes pour te faire ta fête si tu lui hurles après… fit-il remarquer en pointant l’horizon étoilé.

Un lourd silence s’ensuivit, tandis que le trio découvrit l’armada de croiseurs Béhémoths et Léviathans qui profilait au loin.

- C’est ce que je voulais vous dire, lança soudainement Lijemberg. Anderson a reçu l’info peu avant que nous partions. Antiga Prime est tombée aux mains des Fils de Khoral, et le Conseil a décidé d’envoyer une énorme flotte pour assiéger la planète.
À peine eut-elle terminée sa phrase qu’une série d’éclairs illumina soudainement les navires confédérés, et l’armada toute entière plongea dans l’hyperespace.

- Leur présence va nous donner un coup de main, commenta la journaliste. Pour ce que j’en sait, il parait que sa chauffe beaucoup là-bas.

- Alors suivons-les et mêlons-nous à eux lorsqu’ils approcheront de la planète, aboya Keggrian. Avec un minimum de chance, nous aurons un couloir d’approche tout dégagé pour descendre à la surface. À propos, j’espère que vous savez où est entreposé votre cargo.

- Le Kanata est un vieux croiseur Léviathan, recyclé en vaisseau universitaire bourré de laboratoires. Et non, je n’ai pas la moindre idée de sa position exacte, mais j’ai la fréquence d’appel pour contacter l’équipage dès que nous serons sur place.

- Et qu’est-ce que vous faites des Zergs ? demanda Decker. UNN a raconté que les Fils de Khoral se sont alliés à eux pour renverser les confeds. Si on arrive au milieu de la flotte, on risque autant de se faire descendre par les grands vaisseaux que par les bestioles.

- Ça, lâcha Lijemberg avec dégoût, c’est le genre de reportage qui nous est imposé. En vérité, il serait plus vraisemblable de penser qu’il s’agit d’un coup de propagande.

Keggrian abandonna son masque de retraité fatigué une fraction de seconde, et afficha un air espiègle en déclarant :

- S’il y a de la merde au sol, j’ai de quoi les accueillir dans la soute. Après tout, je n’ai pas été marine et pilote de chasse pour rien… et Decker a un sacré punch… ajouta-t-il avec un rire mauvais.

- Je me suis déjà excusé pour le nez, lâcha machinalement l’ancien détenu. Et… je ne pense pas être très utile s’il y a un combat rangé.

- Comment cela ? demanda le pilote, perplexe.

- Je ne sais pas me servir d’une arme à feu, avoua le colosse.

Par pur réflexe, Keggrian leva les yeux vers le rétroviseur inexistant, sans doute pour dévisager Decker, et refoula un éclat de rire.

- Toi, tu ne sais pas te servir d’une arme ! Et je t’ai gardé comme portier pendant deux ans ! Voyons, Deck, quelqu’un de ta constitution doit savoir se servir d’un bon vieux Gauss multi-options automatique !

- Peu importe, trancha Lijemberg. C’est pour quand le passage en hyperdrive ?

Toujours hilare, Keggrian baissa les yeux sur sa console.

- Maintenant, accrochez-vous !

Il pressa un levier et, après une longue plainte des moteurs, le transport s’ébranla avant de se catapulter dans la noirceur de l’espace. Keggrian patienta un moment, puis se déboucla de son siège après avoir vérifié que le pilote automatique fonctionnait à plein rendement, et se tourna finalement vers la journaliste.

- Milady, nous avons quitté Tarsonis bien précipitamment. Maintenant que nous avons un peu de temps, laissez-moi le privilège de vous faire faire le tour de mon vaisseau. Decker, il y a une douche dans les quartiers privés. Et ménage l’eau, la réserve aurait bien besoin d’être remplie.

La porte du cockpit donnait sur ce qui avait été une vaste aire de chargement, mais qui avait été transformée en confortable salon aménagé par le propriétaire du petit vaisseau. Sur le côté, des cloisons rajoutées et grossièrement soudées fermaient deux chambres, tandis qu’une porte supplémentaire, dans le fond de la pièce, donnait sur ce qui restait de la soute. Et tandis que le barman obèse, calé dans un fauteuil, offrait un verre à une journaliste incertaine, Decker émergea de l’une des chambres, se sentant frais et dispo pour la première fois depuis un bon moment. L’ancien détenu avait troqué la combinaison grise, de même que les chaussures volées au colonel, pour une tenue un rien trop similaire mais mieux ajustée à sa taille, tenue sans doute laissée là par un ancien garde du corps embauché par le barman. Une vieille bouteille de gel trouvée dans la pharmacie lui avait permit d’arranger sa courte chevelure brune en brosse ébouriffée, et à la vue de la bouteille d’alcool laissée sur la table basse, Decker s’avança et s’en empara vivement. Il la porta à ses lèvres, et fit couler le liquide sombre à grands traits dans sa gorge qui n’avait plus goûtée quelque chose de ce genre depuis trop longtemps.

- Là je reconnais le portier incassable qui a tiré dehors je ne sais combien d’imbéciles mauvais payeurs… lança Keggrian en ricanant.
Decker reposa la bouteille en se laissant tomber dans le dernier fauteuil inoccupé.

- Si vous saviez ce qu’ils nous faisaient boire en prison, lança-t-il. Même s’ils n’ont que rarement essayé de me forcer à faire quelque chose, je plains les autres qui y sont toujours…

- J’ai déjà fait un reportage sur les conditions d’incarcération, expliqua Lijemberg. Excepté que la colonne a été tellement censurée par l’édition qu’il n’en est resté que quelques lignes…

Keggrian les considéra tous deux un instant, puis déposa son verre en se levant de son fauteuil. Il traversa le salon et disparu dans la soute sans dire un mot. Profitant de l’absence de son ancien patron, Decker porta son regard vers la journaliste, et déclara :

- Je dois vous remercier de m’avoir sorti de la tour UNN. J’imagine que vous avez comprise maintenant que c’est moi que les militaires pourchassaient lorsqu’ils ont tiré sur votre camion.

Lijemberg le dévisagea un instant, puis avoua nonchalamment :

- Oui, mais ce n’était pas mon baptême du feu.

Intrigué, Decker voulu l’interroger davantage, mais Keggrian ressorti de la soute à ce moment là, visiblement essoufflé.

- Deck, lança-t-il en haletant. Viens donc m’aider un peu.

Patrick hésita un instant, puis se leva à son tour et rejoignit le barman, qui venait de disparaître à nouveau par la porte de la soute. Plutôt minuscule et poussiéreuse, l’aire de chargement était plongée dans une semi obscurité. Le peu de lumière qui émanait des plaques luminescentes ne permettait pas d’apercevoir grand-chose, sinon un unique caisson de bois dans lequel un antique téléviseur à écran large aurait certainement pu tenir sans être à l’étroit. Collée sur l’un des côtés, une large étiquette portant la mention « Corps des Marines, Escadrille Delta », luisait sous l’éclairage.

- Ce n’est quand même pas ton vieux matériel ! s’alarma Decker.

- Si, rétorqua le barman. Et dis-toi bien que ce qui a dans cette caisse est moins vieux que toi. Allez, aide-moi ! rajouta-t-il en tentant péniblement de soulever un côté de l’imposante caisse. L’ancien détenu s’exécuta, et les deux hommes emmenèrent le contenant dans le salon. Une fois le fardeau déposé, Keggrian haleta quelques instants, puis ouvrit le caisson d’un geste vif.

- Ça fait longtemps que je ne rentre plus dedans, déclara-t-il en dévoilant l’imposante armure qui reposait sur plusieurs couches de mousse, mais je pense que ça te seras utile là où nous allons.

Lijemberg s’approcha pour mieux voir, tandis que Decker réprima une mine dédaigneuse.

- Keg, j’ai foutu le camp pour ne pas être envoyé dans les Marines !

- Tu sera sans doute un peu à l’étroit, car tu es plus grand et plus lourd que je l’étais, affirma le barman en ignorant la dernière réplique de Decker. Mais elle devrait faire l’affaire.

Keggrian s’empara de la moitié supérieure de son ancienne armure, et la fourra dans les bras de Decker.

- Keg ! protesta ce dernier.

- C’est peut-être contre vos convictions, lança Lijemberg en prenant Decker par le bras, mais si ça peut nous sauver la vie au sol, je pense que ça vaut le sacrifice.

L’ancien détenu la dévisagea un instant, puis acquiesça.

- Bon, très bien.

L’acceptation de Decker fut mise à rude épreuve durant l’heure qui suivit, à mesure qu’il tentait désespérément de se mouvoir, à travers l’aire de détente, vêtu de l’armure complète qui devait rajouter un bon trente centimètres à sa taille, en plus de l’alourdir démentiellement. Alors qu’il tombait face contre sol pour la énième fois sous l’hilarité de Keggrian et l’amusement retenu de la journaliste, Decker fut empreint du désir irrésistible d’expédier à nouveau son punch au visage du barman.
Encore faudrait-il qu’il puisse se relever de là.

Je voudrais bien le voir se promener là-dedans, lui, aussi obèse soit-il. C’est moi qui passerait un bon moment en buvant quelque chose de fort !

Après une série de tentatives infructueuses pour se remettre sur pieds, Decker commença sérieusement à marmonner pour lui-même. Aussi Lijemberg, sentant le danger potentiel d’un débordement de colère à l’encontre du pilote qui, selon elle, buvait un rien trop, s’empressa d’aider l’ancien détenu à se redresser.

- C’est rien, affirma aussitôt Keggrian sans bouger de son fauteuil. La première fois c’est toujours ainsi que ça se passe. Nous n’arriverons pas avant un bon moment, et d’ici là, tu sauras te déplacer avec ça sur le dos comme un rien.

Et en effet la prédiction se révéla à peu près véritable. À mesure que le temps s’écoula, Decker réussit petit à petit à ne plus perdre l’équilibre.
Mais même s’il doutait d’être d’une grande efficacité en cas d’affrontement, au moins parvenait-il désormais à marcher et bouger à peu près en tous sens sans chuter comme le premier débutant venu. C’est alors que Keggrian, qui fouillait dans la mousse qui emplissait le caisson, se redressa en tenant fermement la crosse d’une arme presque trop grande pour lui.

- Voici, amorça-t-il fièrement, ce qui m’a sauvé la vie je ne sais combien de fois pendant ma carrière militaire. Le fusil d’assaut C-14 Gauss Impaler. Tiens, Deck, prend le donc.

Il tendit l’arme imposante à l’homme qui, toujours vêtu de l’armure à la peinture quelque peu déteinte, hésita un instant avant de faire un pas en avant pour s’en saisir. L’arme en main, Decker la soupesa, mira quelques cibles imaginaires et s’imagina en train de dégommer ceux qui se mettraient entre lui et sa sœur…

- Elle n’est pas chargée, mais je m’occuperai de ce détail lorsque nous serons arrivés. Et si tu ne sais réellement pas t’en servir, tu apprendras sur le tas, comme moi…

- Dans le pire des cas, avança Lijemberg en dévisageant Decker, dont seule la tête émergeait de la combinaison de combat, je pourrai toujours te montrer comment ça fonctionne.

L’ancien détenu lui rendit son regard, de plus en plus incertain quant au passé de cette femme.

Le voyage s’acheva un bon moment plus tard et, tandis que Decker somnolait dans l’une des chambres, Keggrian se rua dans le cockpit lorsque résonna une alarme stridente à travers le petit vaisseau.

- Nous y voilà ! beugla-t-il au hasard.

Le pilote tira délicatement l’un des leviers du tableau de bord, et le transport tout entier vibra de plus belle lorsqu’il regagna l’espace normal. Lâchant un cri de surprise, Keggrian poussa aussitôt les commandes et le vaisseau plongea si rapidement que le pilote se sentit glisser de son siège.

- Qu’est-ce qui se passe ? s’écria Lijemberg en entrant dans la pièce.

- Regardez par vous-même !

La journaliste se sangla dans le deuxième fauteuil au moment où Decker entra à son tour. S’agrippant au dossier de Nadia, l’ancien détenu porta son regard vers la verrière, et retint une expression à la vue du spectacle qui s’offrait à ses yeux. D’innombrables croiseurs Béhémoths et Léviathans occupaient la moindre parcelle d’espace disponible dans les environs, et tandis que les tirs énergétiques fusaient en tous sens, au moins plusieurs centaines de Wraiths tourbillonnaient en se chassant mutuellement au travers de la nuée de vaisseaux amiraux. Au loin, de l’autre côté des armadas titanesques, Antiga Prime profilait tranquillement, inconsciente que son destin serait scellé par les heures à venir.

- Et c’est sur cette planète qu’il faut aller se poser ! hurla Keggrian. Vous êtes malades !
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