Fanfiction StarCraft II

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Unschakable Mind

Par Ker'n

Red Mesa Batallion

Chapitre 2 : Princess

Chapitre 3 : Reborn

Chapitre 4 : Escape

Le premier des trois soleils s'active déjà sur l'horizon. Le jour ne tardera pas à le suivre. Il est temps de réveiller le Fortin. Je sonne la cloche. Une fois, deux fois, trois fois. Fort. Et puis je recommence. Je monte ensuite au poste de surveillance, en haut de la tour de l'observatoire. Un de nos gars me passe ses jumelles.

"- Cadran 45, 18 degrés au nord, Monsieur !
- Relaxe petit, si on ne les voit pas maintenant, "Ils" ne viendront pas avant le crépuscule. Il fait trop chaud de jour pour faire quoi que ce soit. "Ils" attendront la nuit. On a 8 heures devant nous.
- Mais... Le transport...
- Ouais, prévu pour dans 15H, aux dernières nouvelles."

Un pas lourd résonne dans l'escalier. Encore un imbécile qui ne sait pas lire le règlement. Interdiction de courir dans les couloirs. C'est à cause des bottes en métal.

"- Chef ! Des nouvelles du Transport !
- Bonnes ?
- Ils ont pris 3H d'avance, mais quelques avaries sont à noter à cause d'un champ de météorites.
- Tout le monde à son poste. Je veux que cet endroit soit imprenable, et de manière définitive ! Le "Colis" doit être évacué intact. Pas de discussions !
- Oui Chef !"

En voilà des bons gars. Formés pour obéir, comme des chiens. Ils ne valent pas une miette en combat, mais ils savent diriger des troupes et relayer les ordres. Toujours utiles. C'est pas comme ces Têtes-Brûlées qu'on nous a foutus au régiments. Des saloperies de Bagnards qui n'ont que deux issues : la mort au combat ou une diminution de peine. M'est avis qu'avec les dérivés d'anabolisants stéroïdes qu'on leur injecte parfois, la mort est peut être pas si mauvaise, mais on leur laisse rarement le choix. Tant pis.

Il est temps d'aller superviser les défenses. Je redescend, ma putain d'armure me pèse. Dire qu'ils nous la fabriquent directement par dessus le corps, et qu'on ne la quitte que les pieds devant... La mienne en a vu, du pays. Cabossée, éraflée, trouée d'impacts de balles, cisaillée
par des griffes, des fois démantelées par une de ces cochonneries Protoss... Lames Psyoniques mon cul !

Le mur est solide, mais brûlant au toucher. Les deux premiers soleils sont déjà levés. C'est fou comme le temps passe vite lorsqu'on voudrait le contraire. On a des tourelles tous les 10 mètres, faites de briques et de broques, avec deux mitrailleuses lourdes chacune. Je doute que ce soit un argument de poids, mais on a que ça. Depuis que les cristaux se sont éteints et que le gaz Vespene s'est tari, on est un peu coincé niveau matos. Un peloton de 5 Marines à chaque tourelle, c'est quand même un peu plus sécurisant que deux mitrailleuses prêtes à tomber en ruine. Niveau munitions, on a juste de quoi les tenir a distance une petite heure. C'est toujours ça de gagné. La grande porte est bloquée par notre dernier Tank, un énorme bestiau qui devrait faire l'affaire. Dire qu'on a du démonter tous nos bâtiments pour renforcer les portes et barricader le tout... On comprend vite pourquoi tout le monte attend le Transport. Mais je suis le seul à savoir que seul le "Colis" repartira. Pas la peine de les décevoir, ils ne feraient plus leur boulot.

Dans les baraquements dont seul le plancher et la structure subsistent, des métalleux sont en train de reforger les dernières baïonnettes. J'en prends trois pour les fixer sur mon Gauss. On sait jamais. La tournée s'achève, tout le monde commence à ronger ses nerfs.

_______________


Le dernier repas. Tous ensemble dans la salle commune. Encore une bouillie informe en petit sachets plastiques. C'est dit : "Concentré de Carottes d'Andromède, Boeuf de Mars et Laitues de Ganymède. Tout pour le parfait petit soldat. Rempli de vitamines jusqu'à t'en péter la panse, trouffion !". Quelle propagande de merde. Le silence est lourd. Trop lourd. Va encore falloir se taper un discours. Je monte sur la table, le bois grince presque aussi fort que les articulations de mon armure. Je sens mes os craquer. Un fracture à peine soignée du mois dernier, sur Antarès Prime IV. Tous me regardent.

"- Messieurs ! Il me reste 3H pour vous faire un bon petit speech, mais je pense pas les utiliser. On sait tous pourquoi on est là, on sait tous ce qu'on a à faire. Pour les plus cons d'entre vous, je refais le topo.

Il ne changera pas en trois heures. Une putain de tempête de sable rouge est en train d'arriver sur nous. Elle sera là d'ici 2H et durera facilement 7H. Mais quand elle sera finie, nous on sera loin ! Les survivants du moins. Si seulement il n'y avait que la tempête... Hier, un con de scout est rentré en plein dans un nids de Zergs. Ces saloperies sont en train de foncer sur nous a pleine allure, et vu la chaleur dehors, elles arriveront au crépuscule, dans 3H. C'est là que vous êtes attendus. Je me fous de combien elles sont, et de combien leur carapace est dure. Va falloir me leur péter la gueule, proprement ou pas. Vous allez les exploser jusqu'au dernier, les réduire en bouillies et en faire de la charpie. Quand ça sera fait, on pourra en bouffer, parce que je suis sûr que ces saloperies ont meilleur goût que cette putain de bouffe qui nous est servie en sachets plastiques !

Alors que tout le monde se magne le trou, et que personne ne crève sans avoir tué au moins 50 de ces conneries. Vous les comptez et vous venez me voir quand vous avez finis. Je promets un an de réduction de peine pour chaque saloperie tuée au delà des 50. S'il n'y a pas assez de
saloperies, vous allez devoir vous battre pour les achevez."

La foule rugit. J'aurais peut être pu devenir un orateur, si j'avais pas dézinguer l'amant de ma quatrième femme, ses trois gosses avec. Remarque, maintenant je suis Caporal, à la tête d'un Fortin. J'aurais sûrement droit à une promotion posthume.

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Les deux derniers soleils se couchent. Les deux lunes sont déjà visibles à l'Est. On va avoir une nuit claire et belle comme je les aime. Comme quoi, mourir a du bon, parfois. Le Transport a confirmé son arrivée pour 4H après le début de la bataille, approximativement. Tenir quatre heures, ça devrait être bon.

On les vois déjà à la jumelle. Je suis sûr qu'on pourra les voir à l'oeil nu d'ici 10 minutes. Je descend aussi vite que possible, en faisant gaffe à pas courir dans les couloirs. C'est à cause des bottes. De toute façon mes os me font suffisamment mal pour que je force pas l'allure. On aurait dû demander un ou deux Médics pour la mission...

Mais la reconnaissance de nouvelles planètes n'est pas une activité dangereuse paraît-il. Me voilà sur les remparts, et on les voit déjà à l'oeil nu, malgré la tempête qui a déjà commencé.

Elle est en avance, cette salope. On dirait presque qu'elle a choisi son camp. Les grains de sables qui arrivent à s'infiltrer sous le casque sont coupants comme des rasoirs. Heureusement que l'air est respirable au moins, parce que sinon je pesterais pas contre ces micro-coupures à
l'heure qu'il est. C'est comme si le sable ici était une entité à part entière. Une planète sentiente, ou encore une de ces conneries de scientifiques qui ne viennent jamais sur le terrain. N'empêche que le sable semble aider ces putains de Zergs. Mais c'est plus l'heure de potasser. Ils sont a portée de tir.

On entend à peine la première détonation, et encore moins les suivantes. La seule chose qui est sûre, c'est que dans l'air rouge de sable tourbillonnants, sur ce petit mur d'a peine 100 mètres, une dizaine de petits points blancs en étoiles sont soudain apparus, très vite suivis de quarante autres. En bas, une marée de carapaces chitineuses a soudain ralentie, et une sorte de marchepied commence à se former. Les cadavres du premier rang servent de rampe d'accès pour les choses du second rang.

La première vague remplit son rôle à merveille, le marchepied devenant très vite imposant, un vrai rail vers le chemin de ronde. Les mitrailleuses se taisent. D'immenses créatures serpentines glissent sur les cadavres empilés, leurs longues paires de griffes les aidant à accélérer. L'agitation sur le chemin de ronde se calme, les Marines sont prêts. Chacun pointe plus ou moins résolument sa baïonnette vers la pente en contrebas. Le choc est imminent.

Propulsées grâce a leurs énormes griffes, les premières créatures se jettent sur les Marines, les poussant dans le vide. La cour devient le théâtre d'une pièce sanglante aux acteurs peu nombreux mais vivaces. Les combats ne durent pas plus de 5 secondes chacun. Mais les Marines, une fois la première surprise passée, et une fois relevés, montrent qu'une discipline de fer et un bon entraînement sont les moteurs d'une action efficace. La Cour est vite nettoyée, et le mur semble être géré.

Le Caporal va d'une extrémité à l'autre, ne s'arrêtant que pour loger une balle unique dans ce qui sert de tête aux créatures, sauvant à de nombreuses reprise tel ou tel Marine inconscient. Une fois les balle épuisées, il se jette sur la première créature venue et lui tranche ce qui dépasse, parant au plus pressé. Ses hommes finissent par l'imiter très vite, et on assiste à des scènes dignes de la Rome Antique. On perce, on tranche, on déboîte, on fracasse, on brise.

La fatigue commence à se faire sentir parmi les défenseurs, les gestes se font plus lents, moins précis, moins puissants. Certaines lames se bloquent dans les carapaces, et plus d'un succombent en tentant de les déloger. D'autres meurent parce qu'ils ont lâché leur arme. Le Caporal sauve son second qui à lâché son arme, et lui passe la sienne. Il se jette sur l'insectoïde le plus proche, attrape ses griffes à une main, et lui arrache dans une grande gerbe de sang. Le voilà à armes égales pourrait-on dire.

Le sol tremble. La porte est frappée, encore et encore, par un immense quadrupède. Ses défenses sont en train de s'imprimer en relief dans la porte. Le Caporal crie la retraite, et lâche une grenade sur la bête. On attend quelques secondes d'un silence étrange, et soudain les milliers de cadavres empilés volent dans le ciel toujours rouge. Parmi eux, on voit des serpents griffus voleter, s'agitant inutilement.

Le vent tourne enfin en la faveur des Marines, puisqu'il redouble d'intensité, emmenant les cadavres loin du fortin. Mais le bruit du mastodonte contre la porte ramène vite les Marines à l'instant présent. Le Tank vacille. les coups s'arrêtent. On attend. Un rugissement se fait entendre, et le tank est projeté en l'air, tourbillonnant. Les portes, sorties de leur gonds, le suivent très vite. Le mastodonte est là, mais son ventre dégouline d'un fluide orangé, tandis qu'on voit des choses se soulever et s'abaisser entre ses pattes. Sûrement l'équivalent de sa cage thoracique. Il prend une posture de défi, tandis que derrière lui se reforme une masse compacte et grouillante.

C'est fou comme le temps passe quand on est occupé. Derrière le nuage rougeoyant, on peut apercevoir des étoiles. La nuit est tombée depuis un moment, et un grésillement dans les haut parleurs se fait entendre :

"- Transport en approche. Atterrissage prévu dans la demie-heure.
- Hep, les colons ! Si ça saigne, c'est que ça peut se tuer ! On charge !"

Me voilà a diriger une charge contre un truc impossible. S'il n'était pas blessé, même moi j'aurais pas les couilles de l'approcher. Mais comme il a l'air de reprendre son souffle, autant en profiter. Et puis une fois tué, faudra vite revenir en arrière, je le sens pas le gros paquet qu'il cache derrière son cul de bouseux. On doit ressembler a des fourmis, à lui cisailler les pattes et à lui planter des coutelas à la con dans le ventre. Gaffe quand il tombera.

"- Repli !"

Voilà, maintenant on doit juste tenir le mess pendant une demie heure, et voilà. Avec un bon coup de chance, une petite place sera disponible dans le transport et je pourrais monter avec Princesse en tant qu'escorte, comme ils me l'ont fait miroiter dans la dernière transcription codée. Rentrer avec Princesse... Enfin, trêve de rêverie, je vois un gros tas de chitine qui se ramène et je doute que mes gars veuillent s'en charger.

"- Occupez vous de sa marmaille, je prends le gros tas. Il doit compter pour 20, croyez moi !
- C'est pas juste Chef !
- Si tu en zigouille suffisamment, tu seras peut être assez rapide pour venir l'achever."

J'active les stéroïdes anabolisants. C'est une grande occasion. Ma vue se brouille un peu, c'est flou. Je ne sens plus mes os me faire mal, et j'ai une furieuse envie de déchiqueter quelque chose. Ils ont dû mettre un concentré d'agressivité là dedans. Mais c'est ma dernière pensée cohérente avant le grand Blur.

Il est dur de décrire les événements qui ont suivi. Les Marines se sont jetés comme des fous furieux sur les créatures qui rampaient à proximité, leur soif de sang décuplée par les stéroïdes anabolisants. C'est un festival de membres chitineux qui volent dans tous les sens. Lorsqu'une arme reste bloquée, on fout un coup de pied dedans pour qu'elle ressorte de l'autre côté, ou on déchire la bestiole en deux pour la reprendre. A mains nues ou à la baïonnette, les Marines ont vite fait de réduire en charpie le petit groupe de saloperies rampantes. Profitant du répit, ils se jettent sur la grande porte afin de la défendre, mais une marée de carapace à tôt fait de tous les engloutir. Un dernier acte de barbarie héroïque avant de mourir, mon cher ?

Le Caporal, lui, n'est même plus humain. Ca fait longtemps qu'il a jeté ses griffes d'emprunt et qu'il se bat à la seule force de ses poings. Mais là, il dépasse la simple force herculéenne. Des huit bras de son adversaire, il en à déjà arraché cinq, dont deux qu'il lui a planté dans le corps. Un "Suicide à la Russe" qu'on appelait ça, dans le temps. La marrée de chitine de la grande porte arrive sur les deux combattants quand le Caporal dévisse la tête de son adversaire, et arrache son thorax pour s'en faire un bouclier, tandis que de l'autre main, il utilise un fusil à baïonnette qui traînait au sol.

Mais le voilà bien vite encerclé, et il ne sait plus ou donner de la griffe. Quelques tirs venus du ciel ont tôt fait de lui éclaircir les idées. Il se rue vers la porte de la tour. Malheureusement pour lui, les insectoïdes lui plantent leur griffes dans les cuisses alors qu'il cours. Cela n'a pas l'air de l'affecter. Dans un état second, il hurle si fort que les créatures reculent d'une reptation, ce qui lui donne le temps de s'enlever les griffes des jambes. Peu de répit en vérité, car les créatures reprennent l'assaut. Cette fois, il ne peut parer toutes les attaques, et se retrouve lacéré de toute parts. Ses entailles profondes font couler un sang épais, noir, que le sable à tôt fait de recouvrir.

Du haut de la tour, "Princesse" embarque dans le Dropjet et lance un regard en bas. Un homme est percé de toute part par des griffes ignobles, son sang noir dégoulinant se mélangeant au sable de la tempête et formant d'ignobles croûtes noirâtres. Malgré le vent, elle entend son cri désespéré :

"- Pour la Princesse !"

Alors que le hublot se referme, elle entre-aperçoit ses yeux tandis qu'il se jette sur les insectoïdes pour les démembrer. Ses yeux vides et blancs, les yeux d'un mort. C'est là qu'elle comprend. Il est mort à la première blessure dans la cuisse, à cause du poison. Sa volonté seule faisait bouger son corps. Sa volonté de sauver la Princesse, seule, a permis de tenir la porte.

Le Dropjet s'élève, ses haut-parleurs crachotant malgré la tempête :

"- Princesse récupérée. Merci de vos loyaux services, Capitaine."
Il fait frais. La pièce est petite, mais très ventilée. Je me suis réveillé au son de la cloche. Peu après, on m'a amené un petit déjeuner sur un plateau. Ce n'est pas le même garde que la dernière fois. Celui ci est froid et efficace. Sûrement un des "chiens" du Caporal. Le dernier prenait toujours le temps de s'asseoir sur le lit et de me faire un brin de causette. Enfin, ce qu'on dit asseoir... Avec leurs énormes armures grisâtres, je doute que le lit survive à un seul de ces soi-disant Marines. Il n'empêche qu'il prenait le temps de discuter avec moi.

Celui-ci est rude, et me fait savoir d'un vague grognement que le transport arrivera d'ici une quinzaine d'heures. Je ne sais pas pourquoi, mais on dirait qu'il est pressé de voir arriver le transport. Enfin, quinze heures, c'est déjà trop. Le sable rouge de ce maudit désert n'a pas arrangé mes cheveux, eux qui étaient si lisses et doux.

Père a dit que c'était une bonne idée de m'envoyer dans une de ces expéditions de recherche de nouvelles planètes, que je verrais du pays, de nouvelles choses... Tu parles, je ne vois que le désert rouge de ma fenêtre, et les gardes qui m'apportent à manger trois fois par jour.

Pour ce qu'ils appellent ça un jour. Trois soleils, deux lunes... La lumière est toujours présente dehors. Il faut fermer les stores si on veut avoir une nuit plausible. Il y a aussi le le Caporal, qui passe de temps en temps, c'est un homme bien. Il me fait souvent rire avec des histoires de ses campagnes sur de lointains monde, mais je soupçonne de les inventer au fur et à mesure pour me divertir un peu. C'est tout à son honneur. Dommage qu'il soit si vieux, il a un très beau visage. Les hommes sont comme le vin, plus ils sont vieux plus l'étiquette est belle, mais plus le corps devient rêche avec. Il se plaint souvent de son âge et du poids de son armure, mais il ne m'a jamais dit quel âge il a. J'imagine que ce doit être dur de vieillir. Moi je suis bloquée à trente ans, selon les voeux de mon père, alors je ne sais pas ce qu'il ressent. J'espère qu'il viendra aujourd'hui. Même inventées, ses histoires restent divertissantes.

On toque à la porte.

"- Madame.
- Que puis je pour vous ?
- Le Caporal me fait savoir qu'il ne pourra se rendre disponible auprès de vous aujourd'hui. Il tient cependant à vous adresser ses plus sincères voeux de bonheur et vous souhaiter un agréable voyage de retour.
- Quelles affaires l'empêchent de venir me dire tout cela par lui même ?
- Euh... et bien, voyons... C'est à dire que...
- Il ne vous a donné aucune raison valide ?
- Et bien... Si. Si, bien sûr. C'est à cause de... De... D'une mine de gaz Vespene. Voilà, je m'en souviens maintenant. Désolé du trou de mémoire. Un éclaireur a trouvé une mine de gaz Vespene peu éloignée, et le Caporal doit organiser l'expédition qui ira sécuriser les alentours. Vu le peu de personnel disponible, il faut repasser chaque poste scrupuleusement.
- Du gaz Vespene ? Ici ? A quelle distance ?
- Et bien... euh... A peu près... une centaine de kilomètres au nord ?
- Vous n'avez pas l'air sûr.
- C'est que... Je n'ai pas vraiment écouté lors du rapport du Scout.
- Vous n'avez pas l'air convainquant.
- Le Caporal s'excuse encore."

Il a filé. Je ne pense pas avoir fait peur à un tas de muscles engoncé dans une armure métallique, mais j'ai du épuiser son lot de réponses toutes prêtes. J'imagine qu'il est en train de bouillir de colère, ou d'évacuer sa frustration sur un de ses sous-fifres, voire un mannequin d'entraînement. Vu ce qu'il déblatérait, c'est sûrement un autre chien. Il n'a aucune connaissance du terrain, n'a pas su s'adapter à mes questions, et une fois perdu il a fui. Un exécutant pur et simple. Les hommes sont si faciles à manipuler... Les heures passent. On toque.

"- Madame ?
- Je vous en prie.
- Je ne peux rester que quelques temps avec vous, aussi j'essayerais d'être bref.
- Oh, c'est vous. Je me rends compte maintenant que je ne connais pas votre nom.
- Quel intérêt y a-t-il à me demander mon nom ? Je suis un Forçat, et tôt ou tard je vais mourir sous les balles. De plus, même si vous connaissiez mon nom, nous ne nous reverrions pas. Je doute que vous connaissiez le nom du Caporal, d'ailleurs.
- C'est vrai. Mais j'insiste.
- Je suis pour vous le Matricule 712. Ravi de vous avoir connu, Princesse.
- Princesse ?
- Tout le monde en bas vous connais par ce nom. Vous êtes la Princesse du Red Mesa Bataillon, de l'innocent Matricule 13 au dépravé Matricule 920.
- Le dépravé ?
- Les Marines sont tous d'anciens prisonniers. Je suis sûr que vous ne voulez pas savoir ce que chacun de nous a fait.
- Vous qui semblez si gentil, pourquoi êtes vous ici ?
- J'étais pirate de l'espace. j'ai massacré une centaine de vaisseaux pour gagner de l'argent.
- Oh.
- Enfin bref, je suis venu ici pour vous dire Adieu. Je... Fais partie du groupe qui part en reconnaissance à la mine de Vespene.
- La mine n'existe pas, nous le savons tous les deux.
- Les chiens ne savent pas mentir, on dirait. C'est désolant.
- Racontez moi tout, je vous en prie. Que se passe-t-il dans ce désert moribond ?
- La seule et unique chose qui doit vous importer c'est de prendre le Transport, madame. d'ici 3H, une escorte viendra vous chercher. Suivez la sans réfléchir et montez dans le Transport. Voilà tout ce que vous devez savoir.
- Il est en avance ?
- Oui, et heureusement. Maintenant je dois partir."

Il a filé lui aussi. Je commence à me demander si je ne fais pas vraiment peur à ces gens. Je fais mes dernières valises, afin d'être prête lorsque l'escorte arrivera. Dehors, le vent s'est levé, je ne sais quand, mais le voilà qui bat contre le hublot, et le sable qui vole raye parfois la substance transparente qui sert de vitre. Il doit faire mauvais pour ceux qui sont dehors. Je regarde par le hublot, mais je ne vois rien. Rien que le désert et les tourbillons de sable rouge. Le temps passe.

On toque. Trois hommes en armure, armés de fusils à baïonnettes, entrent en coup de vent. l'un d'eux passe son fusil à un second, et récupère mes valises. D'un grognement, ils me font signe de sortir. Sûrement l'escorte. Les couloirs défilent, les escaliers s'enroulent, et nous
voilà devant la porte-sas qui donne sur le Transport.

Lorsque cette dernière s'ouvre, j'ose jeter un oeil au sol par la rampe transparente. S'offre a moi un spectacle digne des Projections holographiques les plus ignobles : Une marée de... choses... est assemblée devant le mur du fortin, tandis qu'une partie de ces bêtes est entrée. On dirait des blattes, avec des griffes partout sur leur carapaces, et il y a comme des hybrides de serpents et d'insectes. Toutes ces créatures sont en train de ramper vers la porte d'entrée, et sur le mur d'enceinte je vois les cadavres d'un bon paquet de Marines, horriblement lacérés.

Avant qu'un des Marines d'escorte ne me pousse en avant, j'ai le temps de voir que le Caporal tient la porte, seul. Cependant, quelque chose cloche. Il est bardé de griffes, transpercé de toutes part. Il est impossible qu'il ai survécu à cela. Quand il lève son visage au ciel, je vois ses yeux... Ses yeux blancs vitreux de cadavre ambulant. Au dessus de moi, j'entends discuter.

"- Vous, restez à la porte pour couvrir le départ du Transport.
- On ne monte pas ? Le Caporal a pourtant...
- Le Caporal est mort. De plus, c'est moi le commandant. Je. décide. Point. Restez en arrière.
- Mais on va tous crever, on est que trois contre un putain d'essaim au complet !
- Que ce soit ici ou sur le prochain monde, vous crèverez.
- Ca va pas passer, ça !"

J'entends trois plops, et une main m'attrape le bras. Je me retourne sur le Sas du Transport qui coulisse sur trois Marines étendus au sol. On me relève.

"- Désolé. Ces Bagnards sont aussi rudes qu'un hiver sur Pluton. Si vous voulez bien me suivre.
- Vous les avez tués !
- Chacun de ces trois hommes était un criminel de classe A3. Vous savez ce que ça veut dire ?
- Non.
- Assassin Multirécidiviste. Ces trois là, je les ai moi même envoyé en prison, même s'il ne l'ont jamais su. Le premier a tué 17 personnes, le second 23 et le troisième 15. Vous pensez qu'ils méritaient de vivre ?
- Ce n'est pas à nous de choisir pour eux !
- Le Capitaine s'excuse de ne pas pouvoir vous recevoir, il vous prie de me suivre dans vos quartiers.
- Je refuse. Je vais le voir sur le champ."

Il tente de me rattraper, mais je suis déjà en train de courir.

Heureusement que Matricule 712 m'a montré les plans d'un Transport Standard, je ne suis pas perdue. J'arrive au cockpit et ouvre la porte en grand. Tout le monde se retourne.

"- Capitaine ! Si vous savez qui je suis, j'exige que vous récupériez immédiatement le corps du Caporal !
- Ce Criminel section S27 ? Pourquoi donc ? De plus, on ne court pas dans les couloirs !
- C'est à cause des bottes ?
- Je viens d'assister à une scène horrible. Le Caporal était transpercé par les griffes de ces choses, et il continuait a se battre ! quand il m'a regardé, ses yeux étaient ceux d'un cadavre. On ne peut laisser la dépouille d'un homme aussi noble à ces... Créatures !
- Vous avez raison. Jenkins !"

Je sens un choc sur ma nuque et mon corps qui ne m'obéit pas. Tandis que mes yeux se ferment, je vois le sol qui monte vers moi, et le Capitaine qui se lève.

"- Veillez à ce qu'elle oublie tout de ce... Caporal. Récupérez immédiatement son corps et mettez le en Stase. Si on peut recréer le... Phénomène, nous pourrions avoir une armée de Marines Qui se battent jusqu'à la mort, et au delà.

- Bien Commandant.
Le ciel. Rouge. Du sable qui tourbillonne, frappant la carlingue d'un Dropjet. Une petite capsule sort du flanc de l'appareil et se dirige au sol. Quelques projectiles fusent et frappent le sol autour d'un cadavre étendu la. La capsule capture le corps et le ramène au Dropjet. En orbite, le Dropjet rejoint un Vaisseau Majeur.

_______________


A bord, dans le flanc gauche, pont 742, passerelle 8, porte 3B. Les murs sont blancs, les lumières sont blanches, tout est blanc, stérile.Il y a même une petite pancarte stérile :

"Interdiction de courir dans les couloirs."

Dessus est écrit à l'encre stérile :

"(C'est à cause des bottes !)"

Un cylindre de 3 mètres de diamètre et 5 de haut trône au milieu du mur du fond. Un liquide vert translucide barbotte dedans, ses bulles montant et explosant de manière plus ou moins régulière. Au milieu de tout ce liquide, il y a un corps. Ce corps est jeune, bien bâti, puissamment musclé, assez typé : Mâchoire carrée, crâne solide, épaules robustes et hanches stables. Un corps de combattant. Il porte un masque plein de tubes qui lui cache le nez, la bouche et le menton, et un appareillage compliqué au niveau du bassin.

Il y a quelques blouses blanches, stériles, accrochées à un porte-manteaux stérile à coté du cylindre. Un sas coulisse, une blouse blanche entre. Elle contient un scientifique. Ce dernier tient une plaque dans la main, sur laquelle est accroché un papier stérile. De son stylo stérile, il griffonne quelque chose sur le papier, et lève les yeux vers le cylindre.

"- On fait un bon somme, Caporal ? Je vais vous réveiller toute cette masse de muscles suintants de testostérone, vous allez voir. Faudrait penser à nous un peu, on voudrait vous voir en action, pas que vous barbotiez dans le nutrisérum pour toujours. Paraîtrait que vous nous avez joué un joli numéro du macchabée ambulant ? Allez, debout." L'homme va se placer à côté du cylindre, et actionne un interrupteur à levier. On entend chuinter dans le mur, puis cliqueter, puis une sorte de grésillement rauque.

Soudain, le nutrisérum vert s'illumine de zébrures bleutées, presque blanches. Des éclairs parcourent le cylindre et le corps est secoué de chocs électriques. Les bulles se font innombrables, jusqu'à cacher la vue. Puis tout s'arrête. Le corps s'anime. Il commence à couler, puis bat des jambes et des bras. Il se stabilise enfin à mi hauteur. Le Scientifique tapote contre la vitre.

"- Tu m'entends ? Oh, ne réponds pas, tu ne peux pas. Le masque t'en empêche. Si tu m'entends, lève la main gauche, c'est tout. Parfait. Je te fais un rapide topo de la situation. Ton nom, c'est Boral Blue. Tu es un clone du Caporal Boral Blue, mort en service. Tu porte le nom de code "experiment 40721". Ca ne veut rien dire, mais c'est ce qu'on t'a affecté. Tu n'as pas besoin de t'en souvenir. On va procéder à quelques tests de base pour vérifier que tu es un être humain tout ce qu'il y a de plus normal, et après on passera aux choses intéressantes. Attend la fin de la vidange calmement."

Le nutrisérum commence a couler par le plancher, en faisant force siphons. Une fois que Boral Blue est sur pied, les parois du cylindres se lèvent. Il descend d'un pas chancelant, dans les bras du Scientifique qui tient une immense serviette.

"- Allez chaton, viens te sécher. Si tu reste nu comme ça, tu vas attraper froid. Ne t'inquiète pas pour les tubes, on te débrancheras très vite. Voilà un caleçon pour que tu puisse avoir un minimum de vêtements. Le masque s'enlève comme ceci... Voilà, parfait. Dit Aaah ?

- Aaah.

- Tu sais parler ? normalement tu devrais déjà savoir te débrouiller.

- Boral Blue. Je suis... Je fait quoi ici ?

- Note personnelle : le sujet présente déjà des similarités avec son antécédent.

- Vous baragouinez quoi là ? Expliquez moi un peu, je me réveille dans un tube d'eau verdâtre et vous me dites que je suis un clone. Même vous vous seriez un peu étonné, non ?

- Bon, alors voilà. Tu as reçu une éducation de base accélérée pendant ta... fabrication, ainsi que deux trois ajouts neurologiques pour que tu n'ai pas tout à apprendre comme un bébé. En gros tu es un humain tout ce qu'il y a de plus normal et basique, sauf que tu as tout fait en 3 semaines et pas un quart de siècle. C'est fou la science.

- Je suis censé faire quoi ?

- Oh, il est rapide... Et bien, on va déjà voir ce qu'on peut te faire. Suis moi.

- Vous voulez jouer à quoi avec moi, la ?

- Tu as entendu parler des mitochondries ? En gros, ce sont de toutes petites particules qui se trouvent dans chaque cellule. Elle proviennent obligatoirement de la mère. Donc, tu as les mitochondries de ton arrière arrière arrière grand mère. L'idée, c'est de les stimuler, avec une
technique très compliquée, pour voir si la mémoire du Caporal mort te reviendra. Avec un peu de chance, tu te retrouvera Caporal Boral Blue dans un nouveau corps, jeune et puissant, avec en plus les quelques instants que tu vis en ce moment. Ce n'est pas si mal, et tu ne perds
rien en tant que Clone ou quoi que ce soit.

- Il devait avoir fait quelque chose de sacrement efficace pour que vous souhaitiez le ressusciter.

- Tu peux dire ça comme ça. Allez, entre dans la machine."
Initiation de la procédure A402 en cours. Veuillez évacuer le voisinage du robot stimulateur.

Un cri inhumain sort de la machine.

_______________


Il y a de la lumière. Beaucoup de lumière. J'ai mal aux yeux. J'ai mal partout. On dirait que je me suis pris un putain d'éclair dans la tronche. Ca réveille au matin, ça.

"- On va t'injecter des Painkiller, la douleur devrait disparaître."

C'est qui ça ? Bon, c'est déjà ça, j'ai moins mal. Mes vieux os on l'air de s'être calmés. Peu à peu il ne reste rien. Je suis allongé sur un truc dur, la lumière parait plus supportable. Je suis en calbard, et la paroi devant moi s'ouvre. Je me lève et je sors.

"- Alors, a-t-on affaire au clone ou au Caporal au complet ?
- Je ne vois rien de changé.
- Résultats négatifs, donc.
- C'est censé faire quoi déjà ?
- Ramenez la mémoire du Caporal mort dans votre corps grâce aux mitochondries. Je te l'ai déjà expliqué il n'y a même pas cinq minutes.
- Oh. Il est mort comment ?
- Information classée, même moi je ne sais pas. Paraîtrait qu'il s'est fait bouffer par des insectes.
- Dites, je me souviens que vous m'avez directement fait faire les tests, mais je sais toujours pas à quoi je ressemble.
- Madame veut se pomponner ? Tu as un un miroir à coté des extincteurs.
- Hey, doc, je suis super jeune là !
- Oh ? Le Caporal refait surface ?

Merde. Le con. Mais c'est vrai, quoi, je suis super jeune dans la glace. On dirait moi, dans mes vingt-cinq ans. Enfin, c'est pas le moment de réfléchir. Je sais pas ce qu'ils me veulent, mais j'aime pas être un cobaye. Et il m'a appelé Madame. Je supporte pas qu'on m'appelle Madame. J'attrape l'extincteur, et je le vise. Je balance la pression. C'est con pour lui, dans l'espace on utilise toujours de l'azote liquide. On espère que si une brèche se crée, il va geler dessus et faire une paroi d'azote solide qui tiens jusqu'à pénétration atmosphérique. Mais l'azote liquide c'est aussi utile pour geler n'importe quoi. J'arrête le jet, et je chope un autre extincteur pas loin, un dans chaque main. Il a pas l'air idiot, figé comme il est. Je lui envoie un coup d'extincteur dans la tronche. Boum, il explose en petits morceaux. On dirait un puzzle. C'est dégueulasse, mais ça le sera plus encore quand il décongèlera.

Je matraque la commande du sas avec un des extincteurs. Il coulisse. A peine le pied dans la coursive que la lumière rouge s'allume. Putain,
ils doivent vraiment tenir à moi pour me surveiller d'aussi près. Si je me rappelle, il ne faut pas courir dans les couloir. A cause des bottes. Moi je suis à poil, alors je cours. Je peux toujours rêver si je tente d'aller à l'atelier pour me faire faire une autre armure de Marine. Elle me serait pourtant utile. Faudra improviser. Je tourne à gauche, et voilà déjà la première escouade. Cinq hommes. A voir leurs yeux, la discussion n'est pas au menu. Trop de stéroïdes tue le gentleman.

Je balance la sauce des deux extincteurs jusqu'à les vider. Je dois ressembler à un Firebat, sauf que je suis à poil et que je gèle plus que je ne crame. J'entends un craquement, et je vois un des cinq sortir de derrière les quatre autres, la tête à découvert et les cheveux blancs de givre. J'aime pas les lâches. Surtout parce qu'ils survivent.

"- Alors, on est à cours de carburant ? Comment tu veux me battre maintenant ?
- Comme ça."

Je lève mes extincteurs, et d'un geste rapide je lui coince la tête entre les deux. Tout aussi vite, j'appuie comme un dingue. Je sens le crâne fissurer en étoile, ça part du lobe temporal et ça rayonne jusqu'au sommet. Et puis ça cède avec ce petit bruit de bois sec que j'adore. Ma femme avait fait le même bruit quand je lui ai écrasé le nez. Les esquilles d'os l'ont achevé.

Lui, c'est comme une cymbale que ça pète. D'abord le métal de l'extincteur qui brise l'os, puis les volumes qui font pression des deux cotés. Vu que le visage est plus fragile, c'est là que tout sort. Je me prend une giclée énorme de sang et de cervelle mélangés. J'aurais du lui écraser la gueule comme j'ai fait avec ma femme plutôt que de frapper bêtement. Remarque, sa tête on dirait un double pain tomate-jambon, comme on en servait à la cantine autrefois. Putain, j'aime pas quand ça saigne, on en a partout. C'est poisseux et collant, ça pue au bout d'un moment, et on risque de choper des maladies si on le mélange avec sa salive ou son sang. D'habitude je m'arrange pour que le sang gicle ailleurs que sur moi.

J'essaye de récupérer ce que je peux sur son armure, mais ces saloperies de robots les fabriquent bien trop serrées, on ne peut vraiment pas les réutiliser. Au pire, je peux toujours utiliser son arme. Cet idiot a la baïonnette dans une de ses cuissardes. J'ai peut être une chance de trouver une Combinaison Mk VII à l'armurerie secondaire, si ce vaisseau est aussi vieux qu'il en a l'air. Déjà, il me faut savoir ou je suis. S'ils mettaient des plans dans les endroits les moins fréquentés, ça me faciliterais la tâche. Mais bon, il faut absolument faire chier les Clones Ressuscités de criminels multirécidivistes, bien sûr.

Je chope un fusil, ajuste la baïonnette et commence à courir. Je vois deux Marine arriver par un couloir perpendiculaire. Pas le temps de réfléchir, je plante ma lame dans une oreille, pousse en profondeur, et tire sur le coté. Son copain est paralysé par le sang qui lui a dessiné un trait sur la joue. Dommage. Je lui visse mon pied dans le nez. Voilà une exécution comme je les aime. Je sens l'arrête du nez qui implose, et
l'arcade sourcilière qui s'enfoncent. J'enlève mon pied avant d'avoir de sa cervelle dessus. Je pourrais glisser, après.

J'arrive au compartiment machine. L'armurerie secondaire n'est plus très loin, si j'en crois les cris que j'entends. Les salauds, ils ont compris ce que je voulais faire. Ca ne sert à rien de courir aux vaisseaux, ils auront probablement déjà tout bouclé. Je me met a marcher, et quand j'arrive au tournant, je glisse un oeil. Ils ont plantés des caisses de chaque coté du couloir, et font blocus. Je lève mon fusil bien haut, pour montrer que je ne veux pas me battre, et je commence a avancer. Si je négocie bien, ils devraient me refaire Marine, et je recommencerais à zéro.

Je les vois murmurer entre eux alors que j'approche doucement. Et puis l'un d'eux se lève, et tout se ralentit. Il se retourne, épaule son fusil, me vise.
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