Fanfiction StarCraft II

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Poltergirls

Par Mathio#728
Les autres histoires de l'auteur

Chapitre 1 : La fin d’une paix (Partie 1)

Chapitre 2 : La fin d’une paix (Partie 2)

Chapitre 3 : La fin d’une paix

Chapitre 4 : Reconnaissance

Chapitre 5 : Reconnaissance (Partie 2)

Chapitre 6 : Reconnaissance (Partie 3)

Chapitre 7 : Reconnaissance (Partie 4)

Chapitre 8 : Le calme avant la tempête

Chapitre 9 : Contamination (Partie 1)

Chapitre 10 : Contamination (Partie 2)

Chapitre 11 : Contamination (Partie 3)

Chapitre 12 : Colonie secondaire (Partie 1)

Chapitre 13 : Colonie secondaire (Partie 2)

Chapitre 14 : La venue d’un prince (Partie 1)

Chapitre 15 : La venue d’un prince (Partie 2)

Chapitre 16 : La venue d’un prince (Partie 3)

Chapitre 17 : La venue d’un prince (Partie 4)

Chapitre 18 : La seconde vague (Partie 1)

Chapitre 19 : La seconde vague (Partie 2)

Chapitre 20 : Sortie Shopping

Chapitre 21 : Récupération de plans anti-Zergs

Chapitre 22 : La dispute

Chapitre 23 : Ouragan d’amour.

Chapitre 24 : La troisième vague

Chapitre 25 : Mission de sauvetage (Partie 1)

Chapitre 26 : Mission de sauvetage (Partie 2)

Chapitre 27 : Les mines contaminées (Partie 1)

Chapitre 28 : Les mines contaminées (Partie 2)

Chapitre 29 : Paranoïaque (Partie 1)

Chapitre 30 : Paranoïaque (Partie 2)

Chapitre 31 : Paranoïaque (Partie 3)

Chapitre 32 : Attentats sur California (Partie 1)

Chapitre 33 : Attentats sur California (Partie 2)

Chapitre 34 : Attentats sur California (Partie 3)

Chapitre 35 : Attentats sur California (Partie 4)

Chapitre 36 : Une soirée de fantômes

Chapitre 37 : Attaque de train (Partie 1)

Chapitre 38 : Attaque de train (Partie 2)

Chapitre 39 : Terminus

Chapitre 40 : Entraînement

Chapitre 41 : Affronter ses ténèbres (Partie 1)

Chapitre 42 : Affronter ses ténèbres (Partie 2)

Chapitre 43 : Une preuve de loyauté (Partie 1)

Chapitre 44 : Une preuve de loyauté (Partie 2)

Chapitre 45 : Une preuve de loyauté (Partie 3)

Chapitre 46 : Revendications

Chapitre 47 : Le QG de l’Alliance Démoniaque (Partie 1)

Chapitre 48 : Le QG de l’Alliance Démoniaque (Partie 2)

Chapitre 49 : Le QG de l’Alliance Démoniaque (Partie 3)

Chapitre 50 : Les méthodes de l’Alliance Démoniaque

Chapitre 51 : Opération Ragnarok (Partie 1)

Chapitre 52 : Opération Ragnarok (Partie 2)

Chapitre 53 : Opération Ragnarok (Partie 3)

Chapitre 54 : Opération Ragnarök (Partie 4)

Chapitre 55 : Opération Ragnarök (Partie 5)

Chapitre 56 : Calmer la révolte

Chapitre 57 : la quatrième vague

Chapitre 58 : Projet Fantôme (Partie 1)

Chapitre 59 : Projet Fantôme (Partie 2)

Chapitre 60 : Projet Fantôme (Partie 3)

Chapitre 61 : Projet Fantôme (Partie 4)

Chapitre 62 : Projet Fantôme (Partie 5)

Chapitre 63 : Projet Fantôme (Partie 6)

Chapitre 64 : L’examen des fantômes (Partie 1)

Chapitre 65 : L’examen des fantômes (Partie 2)

Chapitre 66 : L’examen des fantômes (Partie 3)

Chapitre 67 : Le bal de promotion (Partie 1)

Chapitre 68 : Le bal de promotion (Partie 2)

Chapitre 69 : Le bal de promotion (Partie 3)

Chapitre 70 : Projet Ascension (Partie 1)

Chapitre 71 : Projet Ascension (Partie 2)

Chapitre 72 : A la recherche de l'aurore (Partie 1).

Chapitre 73 : A la recherche de l'aurore (Partie 2)

Chapitre 74 : A la recherche de l'aurore (Partie 3)

Chapitre 75 : A la recherche de l'aurore (Partie 4)

Chapitre 76 : A la recherche de l'aurore (Partie 5)

Chapitre 77 : A la recherche de l'aurore (Partie 6)

Chapitre 78 : A l'assaut des Vers de Nydus

Chapitre 79 : Les fruits de la victoire

Chapitre 80 : A la pêche des Léviathans.

Chapitre 80 : A la pêche des Léviathans

Chapitre 81 : Briser les défenses

Chapitre 82 : Régicide (Partie 1)

Chapitre 83 : Régicide (Partie 2)

Chapitre 84 : La dame de Pique

Chapitre 85 : Le chien de garde de Mengsk (Partie 1).

Chapitre 86 : Le chien de garde de Mengsk (Partie 2).

Chapitre 87 : La vraie nature du professeur Stallone (Partie 1)

Chapitre 88 : La vraie nature du professeur Stallone (Partie 2)

Chapitre 89 : Détective Kerrigan

Chapitre 90 : La bataille finale

Chapitre 91 : Le gibier qui devient chasseur.

Chapitre 92 : Poltergirls Vs Reine des Lames (Partie 1)

Chapitre 93 : Poltergirls Vs Reine des Lames (Partie 2)

Chapitre 94 : Les origines de Sylvestre (Partie 1)

Chapitre 95 : Les origines de Sylvestre (Partie 2)

Chapitre 96 : Les origines de Sylvestre (Partie 3)

Chapitre 97 : Les origines de Sylvestre (Partie 4)

Chapitre 98 : Les origines de Sylvestre (Partie 5)

Chapitre 99 : Alerte Nova

Chapitre 100 : Le duel des Reines (Partie 1)

Chapitre 101 : Le duel des reines (Partie 2)

Epilogue : Le retour de la Reine

-Ah !!!! Je suis à la bourre ! S'écria un jeune binoclard.

Michaël Stallone est un jeune homme aux cheveux bruns et courts. Du haut de ses 28 ans apparents, il vient d'être embauché comme enseignant à la célèbre université militaire de New Los Angeles, capitale de la planète California, un des mondes de la périphérie du Dominion. Evidemment, arriver en retard à son premier jour vous donnerait une mauvaise image devant vos supérieurs. Et c'est ce qui lui arriva lorsqu'il fut dans le bureau du doyen Sheppard.

-Sérieusement, s'indigna un homme plus âgé que le nouveau, arriver en retard est lamentable. On devrait vous renvoyer.

-Laissez, Charles, répondit le vieux chauve qui servait de doyen, c'est la première fois qu'il entre dans notre établissement. A son âge, j'étais aussi perdu que lui.

-Mais enfin...

-Il suffit ! Nous avons la chance d'avoir dans notre établissement un professeur expert dans l'étude des races Zerg et Protoss. Auriez-vous oublié le combat que nous avons mené pour l'avoir ? Comprenez-vous mes raisons ?

-Je suis désolé mais à l'avenir, soyez à l'heure.

-Je n'y manquerais pas, répondit le nouvel enseignant.

-Bien. L'incident est clos. Charles, veuillez indiquer à monsieur Stallone son bureau et ses appartements.

Sans rechigner, le dénommé Charles conduisit Michaël dans un autre bâtiment du campus pour l'amener vers un récent bureau avec un logement à côté. Tout y est : une chambre, une cuisine, une salle de bain, des WC, une salle de séjour avec les équipements de vie dernier cri. Après s'être installé dans ses nouveaux appartements, monsieur Stallone descendit dans les jardins pour rencontrer ses futurs élèves. Bien sûr, son premier cours n'aura lieu que dans 3 jours mais il serait bon d'installer une bonne ambiance avant. Le bruit de sa venue s'était répandu comme une trainée de poudre. Ainsi, Michaël n'eut pas besoin d'aller vers les autres car ce sont les autres qui vinrent à lui. Vantant des péripéties inventées de toutes pièces, il se donnait l'image d'un homme qui avait beaucoup voyagé. Parmi la foule de curieux, se trouvait un quatuor de jeunes filles qui attirait son attention.

La première était une belle rousse aux yeux marron. Une aura amicale et joyeuse se dégageait de cette charmante demoiselle qui n'est pas sans rappeler la Reine des Lames avant sa contamination à la différence qu'on avait devant soi un garçon manqué en raison de ses cheveux courts. La seconde fille semblait être le contraire de la première. Des longs cheveux noirs, de beaux yeux bleus et des lunettes au nez lui donnaient l'air d'une élève studieuse. La troisième parait la plus belle des quatre avec sa chevelure blonde et son maquillage. On pourrait deviner qu'elle adore le shopping et la mode vu le style vestimentaire qu'elle arbore. Enfin, la dernière demoiselle, cheveux bruns, semble être une grande connaisseuse en matière de technologie au vu des gadgets qu'elle possède. Seulement, il y a autre chose. Quelque chose de surnaturel chez ces filles mais c'est difficile de dire quoi.

En tout cas, il faudrait garder un oeil sur elles. Suite à ces rencontres amicales, Michaël retourna à son bureau où il sortit ses cours pour les leçons à venir, vérifia son matériel et la liste des élèves qui prendraient part aux cours. Pour se détendre, Michaël alluma la télévision pour regarder les infos de l'UNN, le seul journal télévisé dans tout le secteur de Koprulu. Le journal du jour présenté par Donny Vermillion racontait les derniers exploits du rebelle Jim Raynor. En effet, après avoir poussé la population de Mar Sara à la révolte puis détruit une base du Dominion, il s'est attaqué à un site de fouilles archéologiques gardée par les forces du Dominion où il a volé un artéfact Xel'naga. L'empereur Mengsk fit alors un de ses discours dont il avait le secret pour inquiéter les foules du danger de ces objets, ainsi que de lourdes sentences sur quiconque qui s'en emparerait. Alors que Kate venait révéler que les seuls dégâts collatéraux sur les civils étaient causés par le Dominion, Donny congédia Kate pour clamer haut et fort que Jim Raynor était un criminel sanguinaire massacrant des femmes et des enfants. Devant un tel bobard aussi gros d'un centre de commandement, Michaël éclata de rire. Franchement, qui allait-il convaincre ? Ta collègue te présente une vérité louant un hors-la-loi, et toi, tu persistes dans le mensonge. Ah, la presse ! Depuis 4 ans, les médias n'ont cessé de marginaliser la lutte de Raynor. Bien sûr, Mengsk pourrait l'éliminer en un rien de temps. Seulement, Raynor serait mort en martyr et les conséquences pourraient mal tourner.

Le fait que Raynor reprenne du service est une bonne chose. Si en plus, il a récupéré un artéfact Xel'naga, c'est signe qu'il a pris part aux plans du maître. Il ne reste plus qu'à attendre la suite des évènements. Plus que 4 pièces pour pouvoir poursuivre la suite du plan. En attendant, Michaël a une mission sur cette planète.

D'ailleurs, parlons-en de la planète California. Il s'agit d'une belle planète verte. Elle comporte une grande ville et plusieurs petites villes. Toutes sont reliées par un immense réseau ferroviaire. Dans l'espace du Dominion, California se situe à la frontière entre la périphérie et les mondes du noyau. Ce qui fait la réputation de cette planète, ce sont les excellents soldats qu'elle apporte au Dominion. Beaucoup d'entre eux ne sont pas longtemps restés en bas de la hiérarchie militaire et ont même atteint des grades importants. Si ces soldats sortent du lot, c'est en grande partie à une éducation exemplaire et à une discipline rigoureuse.

Quant à l'université militaire de New Los Angeles, elle est composée d'un bâtiment administratif, de deux dortoirs, l'un pour les élèves et l'autre pour les profs, un bâtiment central pour les cours, un immense terrain d'entrainement pour tous les types d'exercices possible, un spacioport, un imposant laboratoire et un hangar. Toutes ces infrastructures sont équipées des dernières technologies afin de maintenir la qualité de l'enseignement prodigué aux élèves. Et à côté de cette école, se trouve le centre de commandement où toutes les opérations militaires sont dirigées afin d'assurer efficacement les défenses de la planète.

Pour le moment, tout va bien malgré ces 4 filles assez spéciales. On aurait cru qu'elles avaient des pouvoirs psioniques. Seulement, les êtres humains dotés de tels pouvoirs sont rares. En trouver 4 au même endroit alors qu'ils ne sont pas encore des fantômes, des assassins-espions du Dominion, relève de l'extraordinaire.

Soudain, une alarme interrompit les pensées du professeur Stallone. Cette alarme signifiait une chose qui arrivait bien trop tôt. Une chose qui, depuis 4 ans, venait de se mettre en marche. Cette chose se nommait l'Essaim.
Alors que les Zergs faisaient débarquer par milliers leurs répugnantes créatures, les Terrans déployèrent à vitesse grand V leurs dispositifs de défense. Depuis 4 ans, les habitants de California se sont préparés à l'éventualité d'un retour des Zergs. Aujourd'hui, leurs prévisions leur ont donné raison mais leurs préparatifs seront-ils assez efficaces pour repousser l'invasion ?

Les marines prirent leur fusil Gauss et allèrent ensuite prendre leur position. Certains entrèrent dans des bunkers et pointèrent leurs armes du côté opposé des habitations. Quelques troupes patrouillèrent à l'intérieur des villes au cas où les Zergs feraient appel aux Vers de Nydus, sortes de couloirs souterrains permettant d'attaquer derrière les défenses adverses. Enfin, des hordes de petites créatures quadrupèdes pourvues de griffes et de cornes firent leur apparition. Les zerglings. Ces bestioles sont de vrais cauchemars lorsqu'ils attaquent en grand nombre. En effet, leur principale tactique est de foncer sur les lignes ennemies en très grand nombre pour les submerger. Bien sûr, si les défenses étaient composées uniquement de marines, elles auraient cédé dès le premier assaut mais c'est sans compter le soutien de véhicules blindés comme les tourmenteurs et les chars de siège. Ces petites merveilles font des ravages dans les rangs des Zergs.

Pourtant, au centre de commandement de la planète, les officiers observèrent l'évolution des combats avec une grande inquiétude.

-Quelle est la situation au niveau des villes ? Aboya celui qui semble être le commandant.
-Nos défenses demeurent impénétrables, répondit une jeune lieutenante aux scanners, aucune perte à déplorer.
-Donnez-moi la composition des vagues d'assauts Zerg, demanda le commandant dont le doute se lisait sur le visage.
-Eh bien, il n'y a que des zerglings.
-Dites-moi, lieutenant, ne devrait-on pas s'attendre à des mutalisks, des hydralisks, des cafards ou encore des ultralisks ?
-Si mais comment est-ce possible ?
-Il n'y a pas 36000 explications. Le menu fretin s'attaque à nos défenses pour les tester pendant que le gros des troupes se rassemble pour préparer les prochains assauts. Lieutenant, localisez-moi tout rassemblement ou groupe important de Zerg.

Sans plus tarder, les scanners bipaient pour tenter de trouver les Zergs manquants. Les minutes s'écoulèrent mais toujours aucun résultat. Enfin, le scanner donna une réponse.

-Commandant, nous détectons une importante accumulation de biosignatures Zerg à environ 10 km de la capitale.
-Bon sang ! Ils prévoient de priver nos troupes du centre de commandement. Si ce bâtiment tombe, ce sera le chaos dans les rangs pour se terminer en carnage.
-Que faire pour prévenir un tel désastre, demanda le professeur Charles Kappa.
-Balancer une ogive nucléaire sur ces saloperies. Rassemblés comme ils sont, ce sera facile.
-Seulement nous n'avons pas de fantômes.
-Je sais, professeur mais nous pouvons faire appel à elles.
-Mais enfin, elles ne sont pas qualifiées pour ce poste.
-Pas encore mais nous pouvons toujours les former après cette mission.
-Mais...
-La discussion est close, professeur. Vous allez les chercher et préparer leur équipement. Tout de suite !!!

Le professeur Kappa sortit de la salle de commandement à la vitesse de l'éclair pour rejoindre son laboratoire. De là, il pourra appeler sa fille Sylvie et ses trois amies et en même temps terminer de préparer l'équipement spécial qu'il avait conçu pour elles. Il redoutait la venue de ce jour depuis que sa fille et ses amies ont fait l'objet d'un projet d'une branche, maintenant oubliée, du Projet Fantôme. Seul le commandant et Charles savent pour ce projet qui a sombré dans les abysses de l'oubli car il n'était encore en phase expérimental. Mais l'heure n'est pas de repenser au passé mais au futur de ce monde qui allait dépendre de 4 adolescentes. Sans plus tarder, le professeur entra le numéro de sa fille.

Devant l'insistance de son père, Sylvie n'eut aucune raison de le contester. Il ne lui fallut que peu de temps pour rejoindre le centre de commandement avec ses amies. Elles n'imaginaient pas en arrivant le choc qu'elles auraient lorsqu'elles apprirent qu'elles ont été sélectionnées pour la mission car elles remplissent toutes les conditions pour être des fantômes. L'une d'entre elles étaient de posséder des pouvoirs psioniques.

-Vraiment, dit innocemment Sylvie, je ne savais pas que je possédais des pouvoirs psioniques.
-Menteuse, répondirent ses trois amies d'enfance, tu t'en servais même pour faire quelques bêtises.
-Désolée !
-Trêves de bavardages ! La situation est grave. Les Zergs menacent d'attaquer à tout moment et on a besoin de vous. Votre mission est simple : guider des ogives nucléaires vers leurs positions pour les éliminer en un coup. Le reste ne sera qu'une formalité.
-Excusez-moi, commandant, demanda Carla, pourquoi ne pas envoyer des unités aériennes ?
-Une excellente remarque, répondit le commandant, mais nous y avons déjà pensé. Le problème est leur soutien aérien qui est supérieur au nôtre. Par conséquent, nous ne pouvons pas prendre le risque de sacrifier la vie de nos hommes si les chances ne sont pas de notre côté. Le sort de notre monde dépend du succès de cette mission. D'ailleurs, vous n'avez pas le choix et êtes les seules qualifiées pour ça. Alors, EXECUTION !!

Sans discuter, les adolescentes suivirent le professeur dans son laboratoire. A l'intérieur, elles se changèrent pour porter de nouvelles combinaisons. Ces combinaisons de combat sont beaucoup plus légères que les armures des marines. D'abord conçu pour protéger les mineurs des variations de températures, ces combinaisons sont utilisées pour améliorer la furtivité des fantômes. S'ajoutent divers gadgets pour faciliter la mission du fantôme dont le système de camouflage et le lanceur d'ogives nucléaires.

Le silence pesait dans les vestiaires et il y avait de quoi. En l'espace d'un instant, on est passé d'étudiants qui n'ont pas encore connu l'expérience du terrain à des soldats enrôlés de force pour une mission dont les chances de survie sont probablement faibles. Et encore, le mot « faible » n'est qu'un euphémisme. Le professeur tenta de rassurer ces charmantes demoiselles.

-Je sais que c'est assez brutal comme changement mais nous n'avons pas le choix. Néanmoins, vous n'avez pas à vous inquiéter. Avec le nouveau système de camouflage, vous pourrez vous approcher des Zergs sans vous faire tuer, tenta le professeur. Enfin, à condition qu'ils n'utilisent pas des vigilants pour vous détecter.
-Merci bien, s'écrièrent les 4 adolescentes qui trouvaient la dernière phrase du professeur peu comique.

Malheureusement, on n'avait pas le temps de faire des plaisanteries car le quatuor prit la direction de la piste de décollage où un médivac les attendait pour les amener sur les lieux de la mission. Après avoir pris place aux côtés de marines moqueurs, le médivac s'envola vers le point de ralliement des Zergs.
Le trajet en médivac semblait interminable mais ce qui rendait ce voyage encore plus désagréable, c'était les autres passagers. Ces mêmes passagers qu'on appelle des marines et qui n'ont rien de mieux à faire que de faire des commentaires désobligeants sur les fantômes. Sylvie, la rousse de la bande, aurait bien administré une sévère correction sous deux conditions. La première est que ces machos ne portent pas leur armure de combat. Et de deux, que ses amies la laissent faire. Un marine avec une armure de couleur différente vint cesser ce manège, ramenant ainsi le calme. Ensuite, il vint voir les nouvelles recrues.

-Mesdemoiselles, je vous prie d'excuser ces hommes. Il est rare pour eux de voir des femmes se battre. Alors si en plus, vous êtes des fantômes.
-On a compris, râla Iris. Ces mecs, quelle bande de machos.
-Que voulez-vous, répondit le capitaine en haussant les épaules. En attendant, nous sommes chargés de vous escorter. Nous avons fait scanner la zone. Il serait préférable de guider les ogives depuis les falaises qui surplombent les armées Zergs.
-C'est une bonne nouvelle, dit Jennifer.
-Le problème, c'est que vous allez devoir faire une partie du voyage à pied. Sinon, nous nous ferons attaquer par les mutalisks. Ce serait problématique si nous perdions ce moyen de transport. Je suis désolé, j'aurais aimé faire plus.
-Ce n'est rien. On se débrouillera.

Comme prévu, le médivac atterrit à environ 1 km de l'armée Zerg qui continue de se rassembler et d'accroitre en nombre. On pouvait voir au loin les mutalisks voler en cercle comme des vautours. Les 4 fantômes descendirent du vaisseau, tremblantes de peur. Le capitaine leur donna à chacune une tape sur chacune pour les rassurer.

-Bonne chance ! Appelez-nous quand vous aurez fini. On viendra vous chercher.

C'est ainsi que commença vraiment leur première mission. Peu rassurées d'être lâchées en terrain où un Zerg pourrait surgir du sol et sauter sur l'adversaire le plus proche, le quatuor activa leur système de camouflage avant de se mettre en route.

Le ciel était gris, couvert par les nuages mais il ne pleuvait pas. Les 4 adolescentes avançaient sur la pente à allure modérée, observant les alentours pour repérer un éventuel assaillant. La terre semble avoir été remuée en plusieurs points. Des Zergs sont donc à proximité, prêts à attaquer le premier intrus. Enfin, elles arrivèrent à la falaise et ce qu'elles virent dépassa de loin ce qu'elles avaient imaginé. La vallée était remplie de Zergs de toutes tailles. Des ultralisks, des chancres, des hydralisks, des cafards, des infestateurs, des dominants, des mutalisks, des seigneurs-vermines et des zerglings. Même si on réunissait toute l'armée de la planète, la bataille était perdue d'avance. Les 4 apprenties fantômes scrutèrent les alentours pour localiser de bonnes positions pour guider les ogives.

-Mon dieu, gémit Iris. Regardez-moi cette armée ! Si on arrive à tous les tuer, alors là, je dis chapeau.
-Ce que tu ne comprends pas, Iris, fit remarquer Sylvie, c'est que quand nous guiderons les ogives, nous devrons rester immobiles. C'est là où nous serons le plus vulnérable.
-C'est aussi pour cela que nous attaquerons simultanément, intervint Carla. J'ai localisé 3 positions où vous pourrez lancer les ogives sans vous faire repérer.
-Parfait, alors on y va.
-Surtout, dit Sylvie d'un air gênée, ne mourrez pas.
-Tu n'as pas à t'en faire. On va toutes s'en sortir, aller en cours à l'université, dit avec conviction Carla.
-Faire du shopping et sortir avec des garçons, ajouta Iris.
-Merci, les amies, répondit Sylvie, la larme à l'oeil.

Sans plus tarder, Iris, Carla et Jennifer partirent vers leur point de lancement le plus discrètement possible. Passant à travers les groupes de Zergs et surveillant les airs, elles progressèrent lentement mais sûrement vers leur objectif. Pour Sylvie qui attendait, c'était intenable. La crainte qu'une de ses amies soit tuée par les Zergs était forte. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à cela. Seul le contact radio suffirait à apaiser son inquiétude mais seulement lorsque ses camarades auront atteint leur position.

Soudain, un contact radio se fit entendre dans l'oreillette de Sylvie.

-Je suis prête, dit la voix de Carla. Il n'y a plus qu'à attendre les autres.
-Parée de mon côté, appela Jennifer. Et Iris ?
-On n'a pas encore de réponse, répondit Sylvie. J'espère qu'elle n'a pas eu de problème.

Pendant quelques minutes, elles n'eurent aucun contact radio de leur amie. L'inquiétude commença à monter.

-On n'a pas le choix, appela Carla. On doit commencer sans elle. Sinon l'armée Zerg va partir d'un instant à l'autre.
-Je comprends, répondit Sylvie, j'espère qu'Iris n'a rien.

Au moment où elles allaient commencer, une voix familière se fit entendre dans leurs oreillettes.

-Sérieusement, vous ne m'attendez pas pour le feu d'artifice ?
-Iris ! cria Jennifer. On croyait que... tu avais des problèmes.
-Disons qu'un groupe de Zergs était sur ma route. J'ai dû attendre qu'ils soient passés.
-Bon, si on le commençait ce feu d'artifice ?
-Ok !

Toutes les 4 pointèrent en 4 points différents pour que les explosions atteignent toute l'armée. Elles restèrent concentrées sur leur point de tir. Seulement, un vigilant passa près de Sylvie et la repéra. Au lieu de rester sur place pour avertir ses congénères de la présence de l'intrus, il fit demi-tour comme s'il en avait reçu l'ordre. Hélas, des zerglings furent avertis et sortirent du sol pour éliminer la menace. Alors qu'ils étaient à 100 mètres de Sylvie, une ombre géante leur sauta dessus et les élimina silencieusement. Sylvie était bien trop concentrée sur son objectif pour voir ou entendre le carnage qui se produisait à proximité. Finalement, les points d'impact furent confirmés mais il fallait encore attendre les résultats qui, d'ailleurs, arrivèrent bien vite. Ce fut le plus gros barbecue nucléaire qu'on ait jamais vu. La quasi-totalité de l'armée Zerg fut calcinée par les explosions nucléaires. Quant aux quelques survivants, ils ont pris leurs pattes à leur cou. Dans leur panique, certains Zergs périrent piétinés par les Ultralisks blessés et affolés. Quelques instants plus tard, il n'y avait plus âme qui vive dans la vallée.

-Pas mal pour une première mission, dit Sylvie à ses amies via son oreillette. Le commandant va être content. Ce soir, on... Mon dieu !!!
-Qu'est-ce qu'il y a, demanda Carla.
-Venez vite !! C'est ... C'est...

Carla, Iris et Jennifer rejoignirent Sylvie au pas de course pour assister à un spectacle auquel personne ne s'attendrait. Trois hydralisks massacrèrent les zerglings qui avaient voulu tuer Sylvie. L'un d'eux était plus grand que les deux autres. Sa couleur était différente. Vert bleuté. De plus, la chose la plus étrange chez ce Zerg est la présence d'un cristal bleu incrusté dans sa « poitrine ». Sylvie prit des photos avec un appareil photo intégré dans sa combinaison afin de prouver l'existence de ce monstre.

-Mais c'est quoi ce Zerg ?
-Je ne sais pas, Jennifer, répondit Iris, mais on dirait qu'il nous aide.
-C'est drôle, dit Carla, j'ai comme l'impression qu'il est conscient de notre présence.
-A quoi tu le vois ? répondit Sylvie qui continuait à prendre des photos.
-Au fait qu'il prenne la pose pour tes photos.

Alors que Sylvie se remettait de la surprise, un mystérieux être vêtu d'un manteau blanc s'approcha de l'hydralisk vert et lui tapa la tête avant de le réprimander dans une langue inconnue. Cette seconde apparition surprit encore nos héroïnes.

-Mais qui êtes-vous ? demanda Iris.
-Moi ? répondit enfin le manteau blanc, je suis ce qu'on pourrait appeler le gardien de ce Zerg. Hélas pour nous, nous devons partir mais je suis sûr que nous allons nous revoir très bientôt. N'oubliez pas de nous remercier pour vous avoir sauvé. Autrement, ces zerglings auraient peut-être trouvé et tué votre amie photographe. A bientôt.

Ignorant les protestations des filles, le manteau blanc et les hydralisks disparurent dans un brouillard noir empli de ténèbres. Suite à cela, le quatuor retourna au médivac où elles furent accueillies en héros par les marines puis par le commandant au Quartier Général. Cependant, il prit un air plus grave lorsqu'il entendit parler de ce Zerg hors du commun.

-C'est la première fois que j'entends parler d'un tel Zerg. Même un Zerg sauvage n'aurait pas réagi d'une telle façon.
-C'est probablement un Zerg très évolué ou ayant subi des modifications génétiques, proposa le professeur. Quoi qu'il en soit, celui qui a créé ce monstre n'est pas à prendre à la légère. De même que ce Zerg. Puisse le destin nous permettre de les rencontrer.
-Bien sûr, professeur. En attendant, je tiens à vous féliciter pour avoir réussi votre première mission malgré l'aide que vous a apporté ce Zerg.
-Merci, commandant, répondirent les 4 héroïnes du jour.
-A présent, nous ne pouvons pas nous priver de votre force. Aussi, j'ai décidé de vous engager comme fantômes.
-Euh... commandant, ça ne va pas être possible, intervint Sylvie.
-Vraiment ? Et pour quelle raison vous refusez un poste qualifié et utile pour vous ? Demanda le commandant avec une voix grave et sévère.
-Tout simplement parce qu'on n'est pas encore morte.
Nous sommes Lundi et Sylvie se leva. Elle réveilla ses amies qui dormaient dans le même appartement qu'elle. L'ambiance était fort silencieuse et il y avait de quoi. Apprendre qu'elles avaient des pouvoirs psioniques, c'est une chose. Réaliser une mission périlleuse, c'est assez inattendu mais le plus choquant, c'est qu'elles soient recrutées comme fantômes. Ce qui voulait dire plus de missions périlleuses. Evidemment, le commandant a promis qu'il les ferait former pour qu'elles soient de vrais soldats. Il leur donna quartier libre pour le week-end afin de préparer les tests et les entraînements. Aucune des quatre n'est vraiment enthousiaste pour occuper ce poste. Mais la vie continue et elles étaient les seules à pouvoir le faire. Alors pas question de contester les ordres d'un supérieur.

Le premier cours de la journée est l'étude des races extraterrestres. Le professeur Stallone vint accueillir ses élèves pour son tout premier cours dans l'amphithéâtre. Il tenait dans ses bras un chat de gouttière gris et avec des rayures noirs qu'il a appelé Pharaon. Pendant que les élèves prirent place sur les sièges, Sylvie remarqua un groupe de quatre jeunes garçons qu'elle n'avait jamais vu. Probablement des élèves transférés mais elle eut un sentiment de malaise en les voyant. Comme s'ils étaient aussi spéciaux qu'elle. Sylvie informa rapidement ses amies de la présence de ces inconnus. Toutes purent constater la même chose que Sylvie mais leurs réflexions sont rapidement interrompues par le prof.

-Bien, dit Monsieur Stallone, je vais faire l'appel. Sylvie Kappa.
-Présente, répondit la rousse.
-Carla Alpha.
-Présente, répondit la fille aux lunettes du groupe.
-Iris Oméga.
-Présente, répondit la blonde du groupe.
-Jennifer Sigma.
-Présente, répondit la brune, fan de technologie.

Après avoir terminé l'appel, l'enseignant dirigea son attention vers les élèves transférés.

-Oh ! Je vois que nous avons de nouveaux élèves. Pouvez-vous nous dire d'où vous venez ?
-De Korhal, répondit celui qui semble être le chef du groupe, un beau brun.
-Vous venez de loin. Vous êtes John Rhô, David Thêta, Sylvain Zêta et Robert Upsilon.
-C'est cela.
-Parfait. Comme vous le savez déjà, je suis le professeur Michaël Stallone et j'enseigne l'étude des races extraterrestres. En effet, nous nous trouvons dans une université militaire. Par conséquent, vous allez occuper un travail dans l'armée du Dominion où vous serez amenés face aux deux principaux sujets de mes cours : Les Zergs et les Protoss. Difficile de parler d'eux sans parler des Xel'nagas.
-Qui sont les Xel'nagas, demanda Carla en levant la main.
-J'allais y venir, Carla. Pour mieux comprendre, remontons le temps à plusieurs millions d'années. Les Xel'nagas sont une race très avancée qui cherchait à créer une race parfaite. Elle a donc aidé d'autres races à évoluer et à se développer. L'une d'entre elles fut celle des Protoss en qui ils voyaient l'aboutissement de leur but. Seulement, il y a eu des imprévus et les Protoss chassèrent ceux qu'ils considéraient comme des dieux. Furieux de cette trahison, les Xel'nagas partirent et créèrent l'Essaim Zerg. Pour s'assurer de l'unité de l'Essaim, ils donnèrent naissance au Maître-esprit, une sorte de conscience collective qui devait diriger des millions de Zergs avec pour mission de détruire les Protoss.
-Que sont devenus les Xel'nagas ? demanda un élève.
-Eh bien, on pense qu'ils auraient été détruits par les Zergs et qu'il n'y aurait eu aucun survivant. D'ailleurs, on peut trouver des vestiges de leur civilisation dans le secteur de Koprulu mais hélas, l'empereur a fait interdire le trafic.

Les élèves manifestèrent leur déception de ne pas pouvoir découvrir davantage sur les Xel'nagas.

-Professeur, interrogea un autre élève, est-il possible qu'il existe des Xel'nagas encore en vie ?
-C'est une possibilité mais pour l'heure, aucun Xel'naga n'a été vu dans le secteur de Koprulu. Aussi, je vous recommande la plus grande prudence si cela devait arriver.
-Et pourquoi les Zergs s'attaquent-ils à nous ? questionna Iris. On ne leur a rien fait.
-Je doute qu'ils pensent la même chose. Ils doivent nous percevoir comme une menace ou/et un excellent moyen pour se renforcer. De plus, ce ne sont pas des êtres doués de raison et de sentiments mais à des bêtes sauvages ayant une impressionnante capacité d'évolution et d'adaptation. Vous ne devez en aucun cas les sous-estimer.

Ces dernières paroles plongèrent les élèves dans une silencieuse réflexion. Les Zergs auraient pu les exterminer si leur armée n'avait pas été éliminée par l'arme secrète des autorités.

Après la journée de cours, les filles allèrent au centre de commandement où le commandant leur fit faire des tests visant à mesurer leur Indice Psionique (IP). L'échelle est fixée de 0 à 10. Les personnes dotées de tels pouvoirs ne peuvent recevoir une formation de fantôme si leur IP est supérieur à 5. Après deux heures de test, les résultats tombent.

Sylvie : 8.5
Carla, Iris et Jennifer : 8

-Professeur Kappa, c'est impressionnant, dit le commandant.
-Je sais. Il faut croire que ce vieux projet, vieux de 14 ans, ait commencé à porter ses fruits.
-Quel dommage que ça ait pris autant de temps. Nous aurions pu avoir l'aide nécessaire pour former ces filles. Leur apprendre à combattre, c'est faisable puisqu'elles apprennent ça à l'université. En revanche, en ce qui concerne leurs pouvoirs psioniques.
-Nous n'avons rien sous la main pour leur apprendre à maîtriser leurs pouvoirs. Le Dominion pourrait nous aider mais il nous priverait de notre dernier recours pour leur propre profit.
-Je le sais que trop bien, répondit le commandant. A moins que... J'ai peut-être la solution. J'ai un ami Umojan qui a été instructeur pour fantômes dans leur propre projet. Il acceptera sûrement de m'aider.
-Excellent. La prochaine mission ne devrait pas exiger l'utilisation de leurs pouvoirs.

Dans des coins isolés et assombris par les ténèbres, des oreilles indiscrètes écoutèrent avec grande attention la conversation entre le commandant et le professeur Kappa, prêtes à agir au moment opportun.
La révélation des IP provoqua dans le quatuor une grande joie mais très vite écourtée par une leçon de morale du professeur. Ce n'était pas l'IP qui faisait le fantôme mais sa maîtrise de ses pouvoirs. Après cela, le commandant leur expliqua la nouvelle mission :

-Grâce à vous, l'armée Zerg sur notre planète a été mise en déroute. Seulement, les survivants ont réussi à échapper à nos radars. Vous comprendrez qu'on ne disparait pas comme ça.
-Vous souhaitez donc qu'on enquête sur ces disparitions, demanda Sylvie.
-Exactement. C'est à proximité des montagnes, un excellent endroit pour établir une colonie. Bien à l'abri des ogives nucléaires, évidemment. De plus, les troupes terrestres seraient désavantagées sur ce terrain qui offre des occasions d'embuscades aux Zergs.
-Quand partons-nous ?
-Sur le champ.

Les apprenties fantômes allèrent se changer puis montèrent dans le médivac. Cette fois-ci, le voyage se passa beaucoup mieux. Les marines se montrèrent plus amicaux puisqu'ils avaient devant eux celles qui avaient sauvé la planète d'une fin funeste. Personne ne remarqua qu'un autre médivac les suivait à bonne distance. A son bord, se trouvaient 4 personnes capables de rivaliser avec nos héroïnes.
Arrivées au dernier endroit où les Zergs ont donné signe de vie, elles débarquèrent. Les marines restèrent pour protéger le médivac. Afin d'éviter toute mauvaise surprise, Sylvie et ses amies activèrent leur système de camouflage. Elles avancèrent prudemment, cherchant la moindre piste pouvant indiquer la présence de Zerg. En vain. Alors qu'elles s'approchèrent des montagnes, elles virent une chose forte surprenante. Des hommes portant des uniformes noirs avec un R rouge étaient en train de scruter les parois avec d'étranges appareils.

-Mais que font-ils, s'interrogea Sylvie.
-Chercheraient-ils les Zergs, eux aussi ?
-Je ne sais pas, Iris, intervint Carla mais ils n'ont pas l'air d'être des agents du Dominion.
-Pourquoi ne pas lire leur esprit, proposa Jennifer, nous sommes des fantômes, après tout. Comme au bon vieux temps.
-Excellente idée. Essayons.

Elles se concentrèrent avec calme et habilité pour sonder l'esprit de ces inconnus mais...

-Impossible !
-C'est comme si nous nous cognions contre un mur invisible, fit remarquer Carla.
-Ces types ne sont pas des amateurs, commenta Iris.
-Alors, infiltrons-les, ordonna Jennifer.

Ses trois amies approuvèrent. Camouflées, elles entrèrent dans le camp. Elles purent observer que les hommes en noir étudiaient ce qui se passait à l'intérieur de la montagne. Chercheraient-ils des grottes ? Soudain, un homme dont le costume différait de celui des autres criait en direction des fantômes camouflés.

-Je sais que vous êtes ici. Montrez-vous et il ne vous sera fait aucun mal.
-Il bluffe, dit Carla par télépathie, il ne peut pas nous voir.
-Si vous ne vous montrez pas, je vais déployer les grands moyens.

Il claqua des doigts et des portails noirs apparurent sur le sol. Des androïdes noirs vêtus comme des agents des troupes d'intervention en sortirent. Ils encerclèrent le quatuor d'un air menaçant. Malgré leur surprise, elles parvinrent à retenir leurs cris.

-Dernière chance avant qu'on passe à l'action, avertit le commandant des hommes en noir. Après, vous ne pourrez plus vous plaindre qu'on ne vous avait pas averti.
-Ok ! Ok ! On se rend, déclara Sylvie en désactivant son camouflage pendant que les autres font de même. Mais vous tiendrez parole ?
-Absolument. Suivez-moi.

Les 4 filles suivirent le commandant des hommes en noirs dans une grande tente. Dedans, elles furent traitées comme des invités de marque par les androïdes. Pendant ce temps, le chef s'était isolé pour communiquer avec son supérieur. On devinait que la venue des fantômes n'était pas prévue au programme. Enfin, il revint pendant que ses invitées savouraient un bon cocktail.

-Ces cocktails sont excellents. Ces androïdes sont aussi doués que des personnes, remarqua Carla.
-Si vous saviez la vérité, je suis sûr que vous ne les apprécierez pas, répondit le commandant.
-Vous êtes, demanda Iris.
-Quelle impolitesse, s'excusa l'interloqué, je suis Lance, un des 4 caïds de la Garde Personnelle de mon maître.
-Peut-on savoir qui est votre maître ?
-Disons que c'est quelqu'un de puissant. Même la Reine des Lames n'oserait s'attaquer à lui.

Sylvie et ses amies furent grandement surprises d'apprendre qu'il existe quelqu'un capable de tenir tête à la Reine des Lames, un humanoïde dont l'origine demeure inconnue et pouvant commander des milliards de Zergs. Sa puissance est si immense que même l'empereur la craint. Enfin, à condition que Lance dise la vérité. Devinant les réactions de ses invitées malgré le masque qu'elles portent, Lance reprit la parole.

-Je comprends parfaitement votre surprise. Sachez que nos intérêts vont dans le même sens. Il faut dire que nous n'avions pas anticipé votre venue. A la base, nous devions trouver les Zergs puis vous envoyer de façon anonyme un moyen de communication permettant de vous avertir du moindre mouvement Zerg.
-Et par quel procédé vous connaitriez à l'avance les plans des Zergs, demanda Jennifer.
-A l'ancienne, par un espion.
-Elle est bonne, celle-là, pouffa de rire Sylvie. Vous voulez nous faire croire qu'un Zerg travaille pour vous ?
-Mais c'est la vérité, répliqua Lance. Seulement, nous ne voulons pas risquer sa couverture. Alors on tente d'autres méthodes pour les localiser.
-A cette allure, remarqua Sylvie, vous ne risquez pas de les retrouver.

Soudain, son regard fut attiré par la présence d'une sorte d'émetteur. Alors qu'elle voulut l'observer de plus près, le caïd Lance réagit au quart de tour pour l'empêcher de toucher à cet appareil.
A quelques mètres du campement, un autre groupe de fantômes observait et préparait un plan d'attaque. Ils allaient épater la galerie. Si avec ce plan, les filles n'étaient pas impressionnées, on ne saurait pas ce qu'il faudrait faire. Pendant qu'ils riaient sous cape de ce qu'ils allaient faire, une grande ombre, derrière eux, riait aussi du mauvais tour qu'il allait leur jouer.

Dans une planète lointaine, un mystérieux individu vêtu d'un manteau noir prenait plaisir à observer ce qui passait devant les montagnes de California via des caméras. Il attendait son heure pour revenir dans le secteur de Koprulu. Comme ça, il pourra aussi revoir un ami et complice de ses plans. Maintenant, que va-t-il se passer ?
-N'y touchez pas, s'écria Lance en tombant de sa chaise.
-Pourquoi, demanda Sylvie qui s'était arrêtée dans son élan.
-Vous provoqueriez une catastrophe car c'est...

Mais Lance ne put terminer sa phrase car une voix d'homme terrorisé se fit entendre. Tous sortirent pour trouver l'origine du cri. A la sortie du camp, ils la trouvèrent enfin. Un fantôme avait la main prise dans la gueule de l'hydralisk vert pendant que ses compagnons essayaient de le libérer par la force. Poussée par la curiosité, Carla prit la parole :

-Mais qu'est-ce qui se passe ?
-Vous voyez bien qu'on essaie de sauver notre camarade. Ce Zerg nous est tombé dessus et retient le leader.
-Pourquoi ne pas avoir fait usage de vos armes ?
-Comme s'ils le pouvaient, intervint le gardien du Zerg vert en jonglant avec les chargeurs et les couteaux des fantômes à qui il les avait volés.
-Oh ! Ner'zhul ! Je constate que Sylvestre continue toujours de jouer des tours aux gens.
-Tu sais bien que Sylvestre tient ce caractère de qui tu sais, répliqua le dénommé Ner'zhul.
-Alors ce Zerg s'appelle Sylvestre ? Dans ce cas, pouvez-vous lui demander de me lâcher, implora le pauvre fantôme prisonnier.
-J'aimerais bien savoir qui sont ces mecs, s'impatienta Sylvie. Je croyais que nous étions les seuls fantômes sur cette planète.
-C'était le cas depuis ce week-end, répondit Ner'zhul. Je présume que vous n'avez certainement pas ignoré un fait qui n'est pas passé inaperçu à votre université.

Les filles réfléchirent à la vitesse de l'éclair en repensant aux paroles de l'inconnu au manteau blanc. C'est à cette même vitesse qu'elles comprirent le sens de ses paroles.

-Vous êtes les élèves transférés aujourd'hui, dirent en même temps les apprenties fantômes. Mais pourquoi ?
-Quelle perspicacité, et vous avez raison de vous demander la raison, dit Ner'zhul, voyez-vous, une mystérieuse organisation a fait son apparition. Elle pousse les habitants du Dominion à se révolter contre Mengsk.
-Et bien sûr, les hommes en noir et vous êtes membres de cette organisation, commenta Carla.
-Exactement. Pour en revenir à ces messieurs, le Dominion devait soupçonner notre présence sur cette planète. Alors ils ont envoyé des espions chargés d'enquêter sur nos activités. Leur IP est compris entre 7 et 8. C'est un bon niveau pour ces petits gars.
-Merci de faire tomber notre couverture, grogna un des fantômes du Dominion, mais vous pourriez nous aider à libérer notre copain ?
-A une condition : que la demoiselle (Ner'zhul désigne Sylvie) prenne une photo de la scène. Sinon votre ami pourrait revenir avec une main en moins.
-Dire qu'on voulait épater ces filles en les sauvant avec un plan sans accroc, se plaignit le prisonnier.

Après une photo et une gifle distribuée, tout le monde retourna à la tente où Lance allait enfin expliquer ce qu'est ce mystérieux appareil.

-Ce que vous voyez là est un émetteur psi. Il émet des ondes psychiques semblables à celles qui émanent des fantômes.
-Et ça sert à quoi, demanda Sylvie qui n'écoutait qu'avec une oreille.
-J'y viens. Les Zergs sont sensibles à ces ondes et sont même attirés. Si vous allumez ce truc, un signal sera émis dans un rayon maximal de 25 années-lumière et tous les Zergs présents dans le champ d'action vont rappliquer. Je vous laisse deviner les conséquences d'un acte irréfléchi.

Tous les fantômes tressaillirent de terreur en imaginant des millions de Zergs déferlés sur la planète. Il y avait bien assez de Zergs ici, alors en venir d'autres, ce serait l'horreur. Ignorant leurs réactions, le Caïd Lance continua dans sa lancée.

-A la base, on voulait s'en servir pour attirer les Zergs du coin ici et découvrir leur cachette mais on n'a pas réussi à réduire la portée du signal. C'était bien la peine de voler cet émetteur au Dominion.
-Comment ?! Vous avez volé cet émetteur, s'écria John. Attendez que le Dominion en soit informé.
-Vous n'en direz rien, dit calmement Ner'zhul, si vous faites cela, vous vous exposerez à de gros ennuis. Dans le meilleur des cas, on vous effacera la mémoire. Dans le pire des cas, c'est la mort ou la prison à vie. Il parait qu'à force de se faire laver le cerveau, on finit par subir des effets secondaires assez néfastes. A vous de choisir.
-Très bien, on va devoir se taire pour ne pas souffrir, répondit Robert avec agacement.
-Excusez-moi, intervint Jennifer, je peux examiner l'émetteur ?
-Bien sûr, répondit Lance, si vous pouvez faire quelque chose, il est à vous. Toutefois, je vais couper l'alimentation de l'émetteur afin de prévenir tout accident désastreux.
-On comprend, dit Jennifer.

Pendant que Jennifer trafiquait l'émetteur, les autres discutèrent d'autre chose. Ner'zhul ouvrit la conversation.

-Je crois savoir que vous n'avez pas une grande maîtrise de vos pouvoirs.
-Hélas, oui, répondit avec gêne Carla. A part la télépathie, on ne connait pas nos autres pouvoirs.
-Je connais quelqu'un qui pourrait vous aider. Il a formé Sylvestre et bien d'autres encore.
-Sylvestre possède des pouvoirs psioniques, s'écria Iris surprise.
-En effet, répondit Ner'zhul. Cet animal pourrait parler si ça lui chante mais en attendant, on pourrait demander à vos confrères de vous aider.
-A une condition, réclama John, que vous sortiez avec nous.

Et une seconde gifle pour John Macho ! Et sur l'autre joue bien sûr, car si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre.

-Ce n'est pas comme ça qu'on drague une fille, osa Ner'zhul pour calmer une Sylvie énervée. Je vous apporterais mon aide.
-Désolé, gémit John, la main sur la joue enflée, mais qu'est-ce qu'on y peut quand il y a une fille mignonne à côté ?

Devant une telle flatterie, Sylvie ne put s'empêcher de rougir provoquant l'amusement de Sylvestre qui ricana. Elle lui lança un regard noir mais le Zerg fit claquer sa mâchoire pour l'intimider. Ça aurait pu terminer en combat si Jennifer n'était pas revenue annoncer qu'elle avait terminé les modifications de l'émetteur. Les techniciens s'assurèrent que la portée du signal ne sera pas trop importante. D'autres androïdes firent leur apparition pour apporter leur soutien à leurs alliés. Le Caïd Lance donna ses instructions à ses hommes.

-Formez un cercle ! On doit se préparer à une attaque Zerg. Nous allons activer l'émetteur psi et il restera activé le temps que nous localisions l'entrée de leur repaire. Pendant ce temps, nous devrons éliminer tous les Zergs qui viendront ici. On ne veut pas de prisonnier, alors tuez tout est Zerg !! Sauf celui-là !

Le « celui-là » n'était qu'autre que Sylvestre qui avait les pattes sur l'émetteur psi. Les fantômes allèrent des hauteurs comme des arbres ou sur les parois pour avoir une vue d'ensemble et pouvoir éliminer tout Zerg trop dangereux. Quand tout fut prêt, Lance lança le signal et l'émetteur fut allumé.
L'émetteur venait d'être allumé que déjà les premiers Zergs surgirent du sol et foncèrent en direction de l'appareil. Ils furent rapidement éliminés par les androïdes. Quelques minutes passèrent avant que la vague suivante arriva plus importante que la précédente. Alors que les Zergs menaçaient de submerger les troupes de la mystérieuse organisation, plusieurs androïdes optèrent un affrontement au corps-au-corps en sortant des lames psioniques. La bataille se transforma alors en une véritable boucherie. Des pertes sont à déplorer suite à cette seconde attaque et la troisième promettait d'être plus agressive. Devant une situation assez inquiétante, Sylvie s'impatienta.

-Vous avez localisé l'entrée ?
-Pas encore, répondit Lance. On n'a fait qu'attirer les Zergs des alentours. On attend la troisième vague.

Sylvie se retint de tout commentaire. Elle regarda ses compagnons d'armes. Eux aussi manifestèrent de l'impatience et de la peur. Mais si une troisième vague était nécessaire alors on n'y pouvait rien. Mais cette fois, les Zergs arrivèrent plus nombreux que jamais. Entretemps, le caïd Lance envoya des sondes espionnes vers une destination inconnue. C'était bon signe car il pensait avoir localisé l'entrée. Si c'était confirmé alors on pourra éteindre ce maudit émetteur psi.
Pendant ce temps, les Zergs continuaient d'affluer vers l'émetteur psi et le nombre d'androïdes commençait sérieusement à diminuer. Les fantômes avaient beau viser la tête des Zergs du mieux qu'ils pouvaient mais plus ils en tuaient, plus il en venait.

Enfin, le caïd ordonna finalement d'éteindre l'émetteur. Ce fut un doux moment vite dissipé par la présence des Zergs qui menaçaient de faire un carnage. Soudain, des ombres découpèrent à la vitesse de la lumière les Zergs. Certains d'entre eux furent propulsés par de puissants coups de poing, transpercés par quelque chose de tranchant. Seuls les fantômes furent surpris de ce qui se passait. En l'espace de quelques instants, les Zergs furent exterminés, impuissants face à des adversaires inconnus. La bataille terminée, il ne restait plus qu'alors que les cadavres encore chauds des Zergs. Contents de constater que tout soit fini, les fantômes descendirent. La bataille fut une victoire éclatante grâce à l'intervention de ces alliés encore inconnus mais le prix à payer fut lourd. Ou peut-être pas.
De nouveaux androïdes apparurent mais attachés à des supports. De toute évidence, ils semblaient être inanimés. C'est alors que des boules lumineuses sortirent des androïdes détruits pour s'introduire dans les nouveaux androïdes qui se mirent à bouger comme si ces boules lumineuses étaient leur source d'énergie. Les fantômes ne furent pas au bout de leurs surprises car ils virent ensuite les mystérieux alliés. Des créatures bipèdes noires à l'allure gracieuse mais effrayante. De taille comprise en 2 m et 2.5 m, ces cousins des Zergs possédaient 4 tubes dorsaux, de puissantes griffes acérées, ainsi qu'une redoutable mâchoire dissimulant une langue comportant une seconde bouche. Leur queue, égale à la hauteur du corps, se terminait par une lame très tranchante. Mais l'élément le plus frappant chez ces créatures est leur tête. Semblable à celle d'un hydralisk, l'arrière du crâne se prolongeait et faisait environ 70% de la tête. Lance qui comprenait la surprise de ses alliés temporaires intervint pour leur apporter des explications.

-Ces charmantes créatures sont les créatures du maître. On les appelle des xénomorphes.
-Des xénomorphes, s'étonna Iris. Alors pourquoi on n'en a jamais entendu parler ?
-Vous savez, répondit Lance, ce genre de monstre n'existe pas dans le secteur de Koprulu. Ou plutôt, on n'en trouve pas.
-C'est bizarre, commenta Carla qui examinait un xénomorphe, je ne trouve pas d'yeux. Comment ont-ils fait pour localiser les Zergs et leur porter des coups mortels ?
-J'avoue que je n'en sais rien, clama Lance. Selon le maître, les xénomorphes comptent sur les vibrations de l'air, les sons, les différences de chaleur, les odeurs et les phéromones pour identifier leur environnement. Malgré leur cécité, ils restent de dangereux adversaires quelle que soit la luminosité. Rassurez-vous, ces créatures sont très dévouées au maître et par conséquent, tous ses alliés ne risquent rien.

Une once d'inquiétude et d'interrogation demeurait encore dans le coeur des fantômes. Lance continua dans sa lancée.

-Quant aux androïdes, sachez qu'ils n'ont besoin d'une seule chose pour fonctionner : une âme.
-Excusez-moi, dit David, mais que voulez-vous par une âme ?
-C'est très simple, ces corps que vous voyez ont en fait des réceptacles pour des âmes dont leur corps biologique est mort. Ça peut être de cause naturelle, violente, de maladie, accident, etc. Quand l'âme d'un mort entre dans cette carapace, elle peut en prendre le contrôle et agir comme s'il était de nouveau vivant. Même si son nouveau corps venait à être détruit, il pourra toujours aller dans un corps inoccupé comme il vient de se passer à l'instant.
-C'est... C'est...immoral, s'écria Sylvie. Vous osez ...
-Je vous arrête toute de suite, coupa Lance, ces gens sont parfaitement conscients de leurs choix et ont accepté de leur plein gré.
-Je ne peux être d'accord avec Sylvie, dit Jennifer, faire revenir les morts à la vie est un outrage à l'éthique.
-Qu'avez-vous à répondre si je vous dis qu'un fou nommé Mengsk a fait placé de plusieurs de cet émetteur psi autour de Tarsonis pour faire déferler la quasi-totalité de l'Essaim sur la planète ? Avec pour conséquences, la mort de plusieurs millions d'habitants et la chute de la Confédération.
-C'est ignoble, s'écria Sylvie, je vais le tuer d'une balle dans la tête, il ne recommencera plus.

Lance ricana devant les propos emplis de justice de Sylvie qui n'avait encore compris qu'elle venait de clamer sa volonté de tuer l'empereur. Elle fut couverte de honte quand elle se rendit compte de sa bourde mais les propos de Lance sur les actes de l'empereur suscitèrent bien des interrogations.

-Je dois vous laisser, dit Lance, mes hommes et moi avons terminé notre travail.

Pendant que les xénomorphes, les androïdes et les hommes en noir partirent par des portails noirs, Lance donna aux fantômes un récepteur et une clé USB contenant la localisation de l'entrée de la colonie Zerg et la structure de la montagne. Ensuite, il disparut dans l'un des portails noirs aux côtés de ses subordonnés. Sans rechigner de leur situation, les fantômes rentrèrent chez eux.

De l'autre côté des portails noirs, se trouvait un monde noir, sombre et en désolation. Lance vérifia que lui et ses hommes n'ont rien oublié sur California. Alors qu'il faisait l'inventaire, un xénomorphe affublé d'un masque s'approcha du caïd.

-Que nous vaut cette visite, maître ?
-Je constate que tu as fait alliance avec ces fantômes, déclara le xénomorphe masqué.
-Allez-vous me blâmer, maître ?
-Non, tu as même bien fait. Ils pourraient nous être utiles. En particulier, les demoiselles.
-C'est vrai. Elles ont réussi à s'infiltrer dans le camp sans se faire remarquer. Si je n'avais pas eu le pouvoir des Ténèbres, je ne les aurais pas repérées.
-Ha ! Ha ! Ha !
-Qu'est-ce qu'il vous fait rire, maître ?
-Oh, rien. Ne te repose pas trop sur les ténèbres ou ils te dévoreront, avertit le « maître ». J'ai hâte de rencontrer ces demoiselles pour en juger de leur potentiel.
-Ah ! La, la, pensa Lance, dès que le boss dit ça, c'est plus pour aller les mater qu'autre chose. Et après, il va avoir des problèmes avec sa petite amie.

Au Centre de Commandement, le commandant et le professeur Kappa écoutèrent avec grande attention. Le récit terminé, ils prirent une minute pour réfléchir. Ensuite, ils revinrent faire part de leurs réflexions.

-Soldats, dit solennellement le commandant, si ce que vous dites est vrai, alors nous affrontons peut-être une autre menace supplémentaire. D'abord les Zergs, puis les Rebelles de Raynor et enfin, cette mystérieuse organisation.
-Excusez-moi, dit Robert, mais que sait-on de cette organisation et de ses activités ?
-En fait, répondit le professeur, cette organisation se fait appeler l'Alliance Démoniaque. Ses buts demeurent encore inconnus. Quant à leurs activités, les images parlent d'elles-mêmes.

Sur ces mots, le professeur alluma l'écran central où on pouvait voir plusieurs séquences. Des membres de l'Alliance faisaient de grands discours promettant leur aide contre les Zergs en échange de leur soumission aux Ténèbres. Bien sûr, leur train de vie ne changera guère, il fallait juste être dévoué à l'organisation qui allait améliorer leurs conditions de vie. Dans ces mêmes discours, on trouvait aussi des propos peu flatteurs envers l'empereur, voire très insultants et dégradants. Vinrent ensuite les passages où les Zergs furent stoppés par les armées de l'Alliance. En dépit de l'absence d'armes de haute technologie, les troupes démoniaques repoussèrent leurs ennemis grâce à leurs pouvoirs et à leurs ruses. Quand l'invasion s'avérait plus difficile à repousser, l'Alliance faisait évacuer les populations par des portails semblables à ceux qu'avaient utilisé le caïd Lance et ses hommes.

-Pour des raisons de sécurité, dit le commandant en éteignant l'écran central, l'empereur a ordonné que l'on dissimule cela au public.
-Mais pourquoi, demanda Sylvie, ces gens nous ont aidés.
-Je comprends ton point de vue, intervint le père, mais ils nous cachent bien des choses et ont une mauvaise influence sur les populations. Tant que la lumière n'a pas été faite sur cette organisation, nous les considérons comme nos ennemis. Même si nous allons faire usage de leur petit cadeau.

Sylvie baissa la tête. Elle devait obéir aux ordres malgré son ressenti positif sur cette organisation qui apparaissait avoir une influence néfaste sur les gens. Néanmoins, ce n'était pas cela qui va l'empêcher d'en savoir plus sur eux.
Quelques jours après la mission de reconnaissance, un mystérieux colis arriva au centre de commandement. Il fut immédiatement soumis à une batterie d'examens afin de s'assurer qu'il ne représentait aucun danger. Il n'était pas impossible que des terroristes aient caché une bombe dans ce colis. Après deux heures d'analyse, le paquet finit dans les mains du commandant qui put ouvrir sans risque. Il fut fort étonné de ne trouver que des cubes ainsi qu'une lettre destinée aux héroïnes. Ces dernières furent appelées à la fin des cours pour lire cette fameuse lettre. Voilà ce qu'elle dit :

"Chères Sylvie, Carla, Iris et Jennifer,
Ne soyez pas surprises si je connais vos noms. En effet, je suis un télépathe.
Sachant que vous n'avez aucune expérience en termes de pouvoirs psychiques, vous avez donc besoin de leçons pour maîtriser vos pouvoirs. Aussi, je me suis permis de vous envoyer ces cubes avec lesquels je me suis entraîné.
Le principe de ces exercices sera simple : Déplacer ces cubes par télékinésie pour former des figures. A mesure que vous progresserez, vous augmenterez la difficulté des exercices.
Un petit conseil pour ces leçons, imaginez que vous contrôlez une main invisible qui va manipuler l'objet à déplacer.
En ce qui concerne vos pouvoirs personnels, je suis incapable de vous aider. Mon mentor serait le mieux placé pour cela. Aussi, je vais tenter de le convaincre d'être votre professeur. Il peut paraitre au premier abord un individu excentrique mais c'est quelqu'un en qui on peut faire confiance.
Bien à vous,
Sylvestre"

Les filles furent grandement surprises de lire une lettre aussi bien écrite. Surtout quand c'était un Zerg qui en était l'auteur.

Le commandant leur donna l'accord de s'entraîner. Il mit une pièce à disposition des aspirantes fantômes pour leur permettre d'apprendre à maîtriser leurs pouvoirs malgré le fait qu'un Zerg ait apporté son aide pour former les fantômes. Mais bon, en quoi des cubes pouvaient-ils être une menace ? De plus, ils avaient été examinés lors des analyses.

Les 4 héroïnes commencèrent à manipuler les cubes et c'était loin d'une partie de plaisir. Elles mettaient trop ou pas assez de force sur les cubes, ce qui donnait un joyeux festival aérien. La ténacité étant leur principale qualité, elles continuèrent leur entrainement. Au bout de 2 heures, elles avaient enfin réussi à empiler plusieurs cubes correctement mais au prix d'une grande concentration mentale. Une pause s'imposait donc.

Sylvie repensait à l'Alliance Démoniaque et à sa dernière mission. Ces gens de l'Alliance n'étaient sûrement pas de mauvais types puisqu'ils aidaient les gens menacés par les Zergs. En même temps, ils critiquaient l'empereur Mengsk. Sylvie se remémora l'accusation de Lance sur l'empereur comme quoi, il aurait livré Tarsonis aux Zergs. Aux premiers abords, ça semblait absurde mais avec ces émetteurs psi, la chose était possible. De plus, Tarsonis était la capitale de la Confédération, organisation ennemie de Mengsk. Ce dernier aurait profité de cette attaque massive de Zergs qu'il aurait lui-même déclenchée pour instaurer son pouvoir. Ce scénario était fort possible mais avec quelles preuves pour prouver de telles allégations ? Quel rapport avec Jim Raynor ? Selon les maigres informations qu'elle avait pu récolter, Jim Raynor était un ancien marshal de la planète Mar Sara où il avait fait son récent retour. La planète fut attaquée par les Zergs peu après avoir volé un artéfact. Les toutes premières activités des rebelles de Raynor avaient débutées peu après la chute de Tarsonis et la naissance du Dominion. Tout portait à croire qu'il y avait un lien. Seulement, trop réfléchir provoquait un court-circuit cérébral. Surtout après avoir utilisé sa cervelle pour déplacer des cubes. C'est alors que les garçons entrèrent.

-Salut les filles.
-Revoilà les machos, soupira Sylvie.
-ça va, grogna John en contenant son agacement.
-Et dire qu'on pensait vous inviter, déclara David.
-Sortez, ça vous détendra, proposa Sylvain d'un air séducteur.
-On peut comprendre que vous avez besoin d'apprendre mais ne passez pas votre vie dessus, conseilla Robert d'un air compréhensible.
-On peut dire que vous êtes à des années-lumière de nous, dit John en les narguant. Et si on faisait un petit jeu ? Les filles contre les garçons. On empile par télékinésie les cubes pour former une tour. L'équipe qui fera tomber la tour aura le gage suivant: elle payera les verres. Vous êtes d'accords ?
-Comme si on allait accepter, répondit Sylvie avant de se retourner vers ses amies. On doit les battre.
-Sacrée Sylvie, dit Carla connaissant son amie, ces garçons vont regretter de l'avoir défiée à ce jeu.
-C'est difficile de dire non, commenta Iris.
-C'est vrai, dit Jennifer, ça nous fera de l'exercice en nous amusant.
-Bien ! Puisque tout le monde est d'accord, dit John, je vais commencer. Puis ce sera au tour de Sylvie, puis de David et ainsi de suite.

Sur ces mots, John éleva un cube et lui fit faire des figures avant de le déposer délicatement sur un autre cube. John avait beau avoir l'air d'une grande gueule mais il démontrait bien qu'il maîtrisait correctement ses capacités psioniques. Sylvie examina rapidement la situation. Ce jeu de l'empilage n'était pas seulement un jeu d'agilité mais aussi un jeu de stratégie. En effet, bien placer le cube influençait sur l'équilibre de la tour qui pourrait tomber à l'ajout du cube suivant. Sylvie regarda ses amies et, d'un simple message télépathique, leur expliqua la stratégie avant de placer un cube. Chacun leur tour, ils posèrent un cube sans faire tomber la tour.

La tour était à présent composée de 9 cubes et c'était au tour de John. Calmement, il déposa un cube. La tour ne tomba pas. Sylvie en fit de même avec le même résultat. David plaça son cube, la tour commença à vaciller mais tint bon. Carla installa son cube judicieusement à la limite de la chute. Sylvain rétablit l'équilibre de la tour avec son cube. Iris aggrava la situation de la tour avec son cube. Et ce fut au tour de Robert de placer son cube, l'esprit tétanisé à l'idée de faire tomber la tour. Il réussit à poser son cube sur la tour qui...

Aux abords du Nouveau Los Angeles, un portail noir s'ouvrit dans les hauteurs et un homme vêtu d'un manteau noir en sortit. Il observa la ville du haut de son observatoire. Il sortit un téléphone pour appeler quelqu'un. Après une rapide conversation, l'homme au manteau noir raccrocha et disparut dans un portail noir.
Dans les montagnes de la planète California, se cachait la colonie principale Zerg. La Mère des couvées Névrosa cherchait un nouveau plan pour écraser les Terrans. La dernière bataille avait quasiment décimé ses troupes et elle ne pouvait pas partir la queue entre les jambes. Ce serait s'exposer à la colère de la Reine des Lames qui la tuerait à coup sûr. Névrosa observa les oeufs des larves qu'elle avait ordonnés de muter. S'ils étaient prêts dans les temps, ils pourraient faire la différence contre les Terrans. Enfin, les oeufs avaient éclos et de grosses larves à pattes avec une épaisse carapace en sortirent. Névrosa ricanait sous cape à la vue des nouvelles recrues que ses nouveaux enfants allaient ramener. Dans l'ombre, une reine de l'Essaim, moins puissante qu'une Reine des couvées, observait la scène avant de s'enfoncer dans les ténèbres.

Au Nouveau Los Angeles, le professeur Stallone faisait un cours des plus passionnants dont il avait le secret.

-Aujourd'hui, nous allons parler de la contamination Zerg. On pourrait croire que c'est une simple maladie. Grosse erreur car le virus Zerg a pour effet de transformer les humains en des esclaves dociles, des Zergs.

Ces paroles provoquèrent un vent d'angoisse dans les gradins de l'amphithéâtre. Se faire contaminer était une chose effrayante. Cela voulait dire perdre son identité et sa personnalité pour devenir un monstre qui tuera tout ce qui n'était pas Zerg. Sans se soucier de la frayeur qu'il venait d'engendrer, le prof continua.

-Les symptômes sont clairement visibles. Votre corps se transforme en biomasse Zerg. Sachez qu'aucun remède connu n'existe car selon les experts, ce virus a la particularité de muter trop rapidement.
-Professeur, demanda Carla, comment ce virus est-il répandu ?
-Je suis content que tu le demandes, Carla, dit l'enseignant, on pense que ce sont des Zergs appelés infestateurs qui sont responsables de la propagation du virus. Des structures Zergs nommés Virophages participent à la contamination. La seule solution connue pour contrer ce mal est de tout brûler. Je sais que c'est horrible de tuer des gens mais je suis sûr qu'ils préféreraient mourir libres que contaminés et esclaves d'une armée de monstres.
-Et les Protoss, demanda Robert, ne sont-ils pas affectés par ce virus ?
-Non, ils en sont même immunisés. Au passage, ils prennent la menace de la contamination très au sérieux. Ils ne sont pas méchants mais la contamination est une trop grande menace pour qu'on puisse la laisser s'étendre. Et si les Protoss s'en mêlent, généralement, ils détruisent la planète.

Devant ce silence mortel, le professeur ne put s'empêcher de défendre les Protoss.

-Si d'aventure, on trouve un remède, je suis sûr qu'ils seront compréhensibles et cesseront de détruire des planètes. Le cours est terminé. La prochaine fois, nous parlerons des hydralisks.

En sortant de la salle de cours, les filles reçurent un appel du commandant, les sommant de venir. Sans plus tarder, elles arrivèrent immédiatement au centre de commandement où elles furent attendues par le professeur Kappa et le commandant.

-Mesdemoiselles, la situation est grave, dit le professeur d'un ton qui ne présageait rien de bon.
-Mais qu'est-ce qui se passe, Père, demanda Sylvie.
-Pas plus tard que ce matin, nous avons reçu un appel de l'espion de l'Alliance. Elle nous a informé que l'Essaim avait lancé une opération de contamination. Notre commandant n'a pas cru une seule parole de cet espion, ce qui a permis à l'Essaim de faire une percée et d'entamer sa contamination. Quand nous nous sommes rendu compte de la véracité des propos de l'espion, nous avons fait évacuer les populations aux alentours. Les autres fantômes sont déjà partis vers une des zones de contamination.
-Mais que devons-nous faire ? demanda Iris qui craignait le pire.
-Vous rendre au Nouveau San Francisco qui a été touché par le virus Zerg et enrailler la contamination, répondit d'un ton stoïque le professeur. Une armée vous accompagnera.

Les filles désapprouvèrent du regard les ordres du professeur qui n'appréciait pas non plus ces directives mais personne n'avait le choix. Autrement, c'était toute la planète qui serait menacée. Sans discuter et avec une tête d'enterrement, elles se changèrent pour ensuite partir vers Nouveau San Francisco, une ville connue pour ses plages et ses infrastructures de vacances. Il était triste de voir un aussi bel endroit se transformer en véritable enfer. Le capitaine, le même qui avait amené les filles lors de leurs deux premières missions, sentait leur chagrin et leur compassion pour les contaminés. Il s'assit à côté d'elles pour leur parler.

-Je sais que ça doit être dur pour vous de tuer ces malheureux mais on n'a pas le choix.
-Je ne le sais que trop bien, capitaine, dit Sylvie. J'aimerais tellement qu'on puisse trouver un remède.
-Tu connais le problème, jeune fille. Ce satané virus évolue trop vite. Le premier remède qu'on aura conçu sera inutile et inefficace. Moi aussi, j'ai eu le douloureux choix de tuer mes camarades qui ont fini contaminés. Et c'est comme ça que je suis devenu capitaine.
-En tuant vos hommes, demanda Carla avec ironie.
-Non, bien sûr, répondit le capitaine qui avait compris l'humour, mais parce que j'avais su prendre la bonne décision, et assez rapidement.
-Charmant, gémit Iris.
-Vous aussi, vous aurez à prendre ce genre de décision, dit le capitaine avec sagesse. Croyez-moi, ça ne sera pas facile mais il y a des situations auxquelles on n'aimerait pas être confronté.
-C'est clair, dit Jennifer.

Quelques minutes plus tard, les médivacs atterrirent à proximité du Nouveau San Francisco. Les troupes débarquèrent encerclèrent la ville contaminée pour assurer la quarantaine. A l'aide de banshees, ils cherchèrent d'éventuels survivants mais sans résultats positifs. Les fantômes restaient en retrait en attentant que le capitaine trouvait la solution pour éradiquer rapidement et efficacement la contamination. Elles pensaient aux agréables moments où elles étaient venues pendant les vacances d'été. Nouveau San Francisco avait été un endroit calme et chaleureux mais aujourd'hui, c'était une zone de contamination dont la destruction était imminente.

Comme c'était la dernière fois qu'elles verraient la ville et ses alentours encore intacts, elles partirent pour la plage pour se remémorer ces moments joyeux où elles s'amusaient à la plage. Des châteaux de sable en passant par des sculptures de sable, sans oublier des baignades dans la mer. Ce fut en arrivant à la plage qu'elles le virent. Une personne, vêtue d'un manteau noir, était assise sur un rocher et regardait la mer devant elle. Son visage était caché par une cagoule noire. Même si on le regardait de face, on ne pourrait voir sa face. Son manteau descendait jusqu'à ses pieds. Curieuses de voir une telle personne dans un tel contexte, les fantômes s'approchèrent à pas de loup. Sylvie fut celle qui allait entrer en contact avec l'inconnu pendant que Carla et Iris couvraient leur amie avec leur fusil C-10. Jennifer restait en retrait, prête à appeler des renforts. Sylvie s'approchait calmement, le manteau noir ne semblait pas percevoir sa présence. Il semblait jouer avec quelque chose dans ses mains. Soudain, il se tourna vers la gauche pour apercevoir Sylvie.
-Qui êtes-vous, demanda Sylvie avec politesse.
-Bonjour, lui répondit le manteau noir avec la même politesse. Les visiteurs se font rares ces derniers temps.
-Mon nom est Sylvie. Que faites-vous ici ? Vous êtes proches d'une zone de contamination.
-Je ne le sais que trop bien, dit l'homme au manteau noir. Et vous, vous voulez sauver ces malheureux, n'est pas ?

Sylvie acquiesça. La pensée de tuer des contaminés lui donnait la nausée. Elle s'assit à côté de son interlocuteur et regarda la mer. Le soleil commençait à se coucher.

-Cette plage est magnifique, commenta l'inconnu. Dommage que les Zergs soient là.
-C'est vrai, approuva Sylvie. Si seulement, on pouvait sauver les personnes qui ont été contaminées.
-Comment t'y prendrais-tu, demanda le manteau noir avec curiosité.
-D'abord, je collecterais un échantillon. Ensuite, je demanderais aux meilleurs scientifiques de trouver un remède. Pendant ce temps, on isolera les contaminés dans un solide enclos.
-Ha ! Ha ! Ha ! Ria de bon coeur l'inconnu. Ça frôle l'utopie. Désolé mais c'est impossible. Le Dominion n'acceptera jamais de réaliser ce genre d'opération. N'avez-vous pas vu aux infos que les réfugiés ne peuvent atteindre les mondes du noyau. C'est la contamination qui les attend. A cause de qui ? D'un empereur qui n'a que faire du peuple. Mais bientôt, ça va changer.
-Et peut-on savoir de quelle façon, demanda Sylvie qui commençait à le regarder d'un mauvais oeil.
-Trop tôt pour le dire, répliqua l'inconnu en cherchant un objet bien précis dans son manteau. Mais un jour peut-être, si tu survis.

Il sortit de sa poche un petit sifflet. Sa forme différait des sifflets habituels, ce qui signifie que le son émis sera différent. Il donna cet étrange sifflet à Sylvie mais c'est le capitaine qui l'intercepta.

-Dites donc, dit le capitaine d'un air inquisiteur, qu'est-ce que c'est que ça ? Et d'ailleurs, qui êtes-vous ?
-Ce sifflet appellera la solution pour votre problème de contamination mais ne la gâchez pas. Et surtout ne soyez pas surpris de ce qui va arriver.
-Vous n'avez pas répondu à l'autre question, dit le capitaine dont la rage commençait à monter.
-Ça ne sert à rien de se fâcher, répondit calmement l'inconnu. Quant à mon identité, je souhaite la dissimuler encore un peu mais je vous réponds de la façon suivante. Je ne suis qu'un engrenage de cette immense machine qu'on nomme l'Univers. Un rouage qui a le pouvoir de changer des choses.

Sur ces mots, le manteau noir se leva puis partit mais personne n'osa l'arrêter. De retour au barrage principal, tout le monde réfléchissait s'il fallait ou non utiliser le sifflet. Certains étaient contre car on ne savait pas ce qui se passerait. D'autres étaient pour mais c'était plus par curiosité. Devant cette cohue, Sylvie prit le sifflet et, sans la moindre hésitation, souffla dedans. Aucun son ne semblait sortir du sifflet mais il se passait bien quelque chose suite à cela. Un Vautour tirant une remorque arriva devant le barrage. A l'intérieur de la remorque, se trouvait une créature qui n'était pas inconnue aux fantômes. C'était Sylvestre.

Soudain, le Vautour se mit à accélérer puis à tourner à gauche pour aller droit dans un arbre. Sylvestre avait réussi à sauter avant l'accident. Le vautour explosa suite au choc. Une ombre parvint à s'extirper de l'appareil. Il était facile de deviner qu'il s'agissait de Ner'zhul. Ce dernier alla se cacher derrière un arbre puis revint quelques secondes après portant son manteau blanc et son voile blanc qui dissimulait son visage.

-Eh bien, qui aurait cru que quelqu'un oserait souffler dans le sifflet du maître, observa Ner'zhul qui n'osait pas avouer avoir confondu la pédale de frein avec l'accélérateur.
-Alors c'est vous qui allez résoudre notre problème, questionna le capitaine peu convaincu, un Zerg mutant et son mystérieux gardien.
-Pour votre information, c'est Sylvestre qui va vous aider. Quant à moi, je vais vous conseiller sur la marche à suivre si vous voulez que tout cela se termine bien.

Bien que réticents, les Terrans acceptèrent d'entendre ce que le gardien de Sylvestre avait à dire. Ce n'était pas comme s'ils avaient le choix.

-Pour commencer, vous allez protéger Sylvestre le temps qu'il puisse produire en grande quantité le remède au virus Zerg.
-Je croyais que c'était impossible de créer un remède, dit Carla, perplexe.
-Pour les Terrans, c'est très difficile mais ça reste possible, répondit Ner'zhul. Mais pour un Zerg comme Sylvestre, c'est une autre histoire. Ayant déjà absorbé le virus, le docteur Grégory Sylvestre House a su concevoir un nouveau type de bactérie. Cette bactérie est capable d'identifier et de phagocyter le virus Zerg. Pour les cellules contaminées, la bactérie peut produire des toxines qui purifieront l'ADN de toute impureté Zerg.
-En résumé, dit le capitaine qui n'est pas un scientifique, votre bactérie va guérir les contaminés.
-C'est exact. Seulement, Sylvestre aura besoin de votre aide. Pour produire suffisamment de bactéries pour toute la ville, il lui faudra du temps et une lourde protection. En effet, il sera vulnérable à la première attaque qui lui tombera dessus lorsqu'il commencera la synthèse. Aussi, je compte sur tout le monde pour le protéger.
-Bien sûr, répondit le capitaine, c'est tout naturel mais il lui faudra combien de temps pour faire sa petite chimie ?
-Environ une heure pour produire assez de bactéries. Ensuite, il faut ajouter le temps pour les répandre dans toute la ville et que ça fasse effet. En attendant, je conseille de faire venir davantage de vaisseaux de transport et des renforts. Les Zergs ne resteront pas inactifs devant cette contre-attaque.
-Bien, je vais faire le nécessaire, dit le capitaine, j'espère juste qu'on ne va pas faire une erreur en vous faisant confiance.
-N'ayez crainte, rassura Ner'zhul, cette bactérie a été testée et approuvée par le maître. J'aurais pu amener le certificat mais je n'ai pas trouvé l'endroit où ranger le document sur moi vu qu'il n'y a pas de poches dans mon manteau.
-Excusez-moi, monsieur Ner'zhul, demanda Iris, mais qu'arrive-t-il à Sylvestre ? Il s'est enfermé dans un énorme cocon.
-Messieurs, mesdemoiselles, proclama le gardien du Zerg Sylvestre, vous assistez à un événement que personne, à l'exception de moi et des créateurs de Sylvestre, n'ait jamais vu. La première capacité extraordinaire de Sylvestre, la première qu'on ait pensé à lui donner lors de sa création. Aucun autre Zerg ne peut réaliser cette prouesse.

Les Terrans observèrent avec effroi la chrysalide de Sylvestre dont sa sortie promettait d'être spectaculaire et inédite. Un évènement qui rentrera dans les annales de l'humanité en assistant à ce qui semblait être une transformation. C'est alors que le cocon commença à se fendre pour libérer...
C'est alors que le cocon commença à se fendre pour libérer un infestateur géant, soit deux fois la taille d'un infestateur ordinaire. L'autre différence notable était le cristal qui se trouvait maintenant sur le front de Sylvestre. Les Terrans furent ébahis de ce qui venait de se produire. En quelques minutes, un hydralisk s'était transformé en infestateur. Ce n'était pas une mutation comme lorsque les larves se transformaient pour devenir des créatures plus dangereuses ou quand certains Zergs évoluaient pour prendre définitivement leur nouvelle forme. Le terme « mutant » ne convenait plus à Sylvestre. Ce serait plutôt « polymorphe ». Alors que les Terrans se remettaient de leur stupeur, Carla osa prendre la parole.

-Alors Sylvestre peut prendre aussi l'apparence d'un...
-Tout ce qu'on peut trouver dans l'Essaim, compléta Ner'zhul. Si vous pensez que les capacités de polymorphe de Sylvestre se limitent à cela, vous vous trompez lourdement.

Une vague d'effroi se répandit à la vitesse de l'éclair dans l'esprit des Terrans. D'autres formes autres que celles des Zergs ? Jusqu'où Sylvestre était capable ? Ramenant tout le monde à la réalité, Ner'zhul donna les instructions pour assurer le succès de son plan pendant que Sylvestre alla se positionner en lieu sûr pour s'atteler à sa tâche.

Quelques minutes après, les renforts étaient en route. Ner'zhul fit venir les fantômes pour leur solliciter leur aide.

-J'aimerais que vous utilisiez vos pouvoirs psychiques pour sonder les alentours, demanda Ner'zhul. C'est une chose que vous serez amenées à faire fréquemment. En général, on ferme les yeux et on libère son esprit.

Les quatre fantômes s'exécutèrent et commencèrent à sentir l'environnement sur de grandes distances. C'était comme se trouver dans une autre dimension où on était omniscient. Sauf que la portée n'était pas aussi importante mais c'était suffisant pour repérer la présence d'une armée Zerg en approche. Et ce fut le cas à plusieurs centaines de mètres de la ville mais aussi dans le quartier avoisinant le barrage. Les quatre fantômes furent inquiètes d'un tel mouvement alors que Ner'zhul restait calme. Sans paniquer, il informa le capitaine qui fut pris de frissons quand il apprit la nouvelle.

-C'était prévisible, commenta Ner'zhul, il fallait bien se douter que les Zergs n'allaient pas laisser Sylvestre leur priver d'une force de frappe non négligeable.
-Que faire, demanda le capitaine, si je comprends bien, ces deux armées vont nous prendre en tenailles.
-En effet, dit Sylvestre via la télépathie.
-Tu parles enfin, répliqua Jennifer.
-Disons que Ner'zhul est ma bouche. Si je ne préparais pas ces bactéries pour la décontamination, j'aurais pu ralentir les contaminés en envoyant un ordre par télépathie.
-Attendez ! Tu es en train de dire que tu peux contrôler l'Essaim ? Pourquoi ne pas en avoir pris le contrôle dès le début ?
-Effectivement, je fais partie de la classe dominante de l'Essaim mais la Reine des Lames est bien plus puissante et plus expérimentée dans ce domaine que moi. Mon contrôle n'est donc qu'imparfait.
-Pour en revenir à notre problème, intervint Ner'zhul, leur offensive ne pourra se réaliser si et seulement si les deux groupes attaquent en même temps.
-Pourquoi de cette façon ?
-Dois-je vous rappeler ce qui s'est passé lors de votre première mission ?
-Non, bien sûr, déclara Carla, leur armée a beaucoup saigné avec les ogives nucléaires qu'on leur a envoyées.
-Exact. Et le but de cette contamination est de grossir les rangs pour pouvoir se défendre efficacement en attendant d'être à nouveau en position de force. Evidemment, tout en affaiblissant l'ennemi. Je reviens à ce que je disais, après avoir subi de lourdes pertes, la Mère des couvées en charge de l'invasion a dû contenir ses ardeurs sous peine de se faire annihiler. C'est pour minimiser les pertes lors du passage en force qu'elle va employer la stratégie que je viens d'énoncer. De plus, elle fera une pierre, deux coups. Elle fait ouvrir un passage pour ses recrues mais en plus, elle élimine une potentielle menace en la présence de Sylvestre. Est-ce bien clair ?
-Parfaitement, affirma le capitaine, dans ce cas, que faire pour éviter ce scénario ? On sera contraint de tuer les contaminés et ce n'est pas le but de l'opération.
-En effet, confirma Ner'zhul, mais cette stratégie a une faille qui grossit avec le caractère des Zergs. Si l'une des deux armées manque à l'appel alors l'attaque n'aura pas lieu car plus l'autre armée attend, plus elle prend le risque de se faire repérer puis se faire anéantir.
-Je vois, analysa le capitaine, à vous entendre, on croirait avoir affaire à un commandant ou un haut-gradé.
-Si vous saviez, dit Ner'zhul avant de détourner la conversation, ce canyon est l'endroit idéal pour tendre une embuscade aux Zergs.
-Pour cela, il faudrait que les Zergs passent par-là, remarqua Sylvie.
-Mais ils le feront, c'est la route la plus rapide pour rejoindre Nouveau San Francisco. Capitaine, nous aurons besoin de ces fantômes et de plusieurs chars de siège.
-Entendu, je vais mettre à votre disposition ces nouveaux jouets. Ne nous décevez pas.
-C'est loin d'être mon intention.

Quelques minutes plus tard, Ner'zhul partit à bord d'un médivac accompagné de ce qu'il avait demandé pour tendre le piège mortel aux Zergs. Arrivé au canyon, tous mirent en place l'embuscade. Les chars de sièges furent placés sur les hauteurs afin de canarder les Zergs sans risques d'être attaqué en retour. Les fantômes furent chargés de protéger les chars de siège d'éventuels attaquants qui chercheraient à les détruire. Ner'zhul descendit pour se rendre à l'entrée du canyon. Il avait donné des instructions lorsque les Zergs entreront de l'autre côté. Si son plan fonctionnait, alors Sylvestre pourra terminer son boulot en toute quiétude.

Soudain, des cris non humains se firent entendre. Les Zergs arrivaient, et en grand nombre. Majoritairement constituée de zerglings, de chancres et d'hydralisks, l'armée Zerg s'engouffra dans le canyon. Ce fut à ce moment-là que les chars de siège bombardèrent les Zergs. Ner'zhul fit apparaitre des champs de force devant lui, bloquant ainsi la sortie du canyon. Une chose surprit nos héroïnes de voir le gardien d'un Zerg utiliser des pouvoirs spécifiques aux Protoss. Qui était vraiment Ner'zhul ? Les Zergs, pris par surprise, tentèrent de faire demi-tour mais une pluie d'obus s'abattit sur eux. D'autres cris Zergs transpercèrent le ciel. Des mutalisks, les bêtes noires des véhicules de combat ne pouvant riposter contre les unités aériennes comme les chars de siège. Les fantômes étaient là pour les éliminer. Leurs tirs au sniper étaient d'une grande précision. Ner'zhul prit part à la défense en tirant des boules d'énergie psionique qui détruisirent leur cible en un coup.

Enfin, l'armée Zerg fut complètement annihilée. Il ne restait plus que les cadavres fumants des zerglings et des hydralisks. Les fantômes sondèrent les alentours pour savoir s'il n'avait pas une seconde armée Zerg. Un contact radio fit irruption dans leur concentration. Sylvestre agit différemment et était allé à l'intérieur de la ville. Ner'zhul consulta sa montre intégrée dans son manteau blanc avec laquelle il avait lancé le chronomètre. Cela faisait environ une heure, signe que Sylvestre avait terminé et est passé à l'action. Tous retournèrent au barrage pour voir que les renforts demandés étaient arrivés. Un immense nuage de spores apparut au centre-ville pour se répandre dans toute la ville, et même au-delà des alentours. Les soldats furent touchés par le nuage. Alors qu'ils tentèrent de se protéger mais Ner'zhul intervint pour les dissuader.

-Respirez-le, ça vous immunisera contre le virus Zerg.

Tous finirent par suivre le conseil. Les médecins prirent le soin de récolter ces nids de bactéries volants pour des analyses et préparer un remède. Soudain, une masse de gens arriva devant le barrage. Les marines se préparèrent à ouvrir le feu mais le capitaine leur ordonna de baisser leurs armes et il avait raison. Les habitants n'étaient plus contaminés. Leurs vêtements étaient déchirés dues aux mutations causées par le virus Zerg mais maintenant, ils étaient guéris.

-Eh bien, commenta Jennifer, qui aurait cru que Sylvestre était vraiment capable de créer un remède contre le virus Zerg ?
-C'est clair, dit Iris, maintenant on peut considérer Sylvestre comme un allié fiable.
-Je tiens à vous rappeler que Sylvestre est un Zerg, intervint Ner'zhul, même s'il sort du lot, il demeure un monstre dévoué à l'Essaim.
-Vraiment, répondit Sylvie d'un interrogatif, même si c'est un Zerg, il nous a apporté son aide. Chose qu'aucun autre Zerg n'aurait fait.
-Il l'a fait sur ordre. Nuance, répliqua Ner'zhul. Ce ne le rend pas si différent de ses congénères.
-Vous pourriez arrêter de le dénigrer, dit Carla, vous êtes son gardien. Vous êtes supposés le valoriser, le défendre.
-Mais c'est que vous commencez à l'apprécier, répondit Ner'zhul avec cynisme, n'est-ce pas ?
-Possible, répondit Iris ripostant devant le sarcasme du gardien avant de partir avec ses amies.

Les habitants du Nouveau San Francisco furent évacués par des Hercules, d'immenses vaisseaux de transport. Tous furent tellement occupés qu'on ne fit plus attention à Sylvestre et à Ner'zhul. Tous deux rejoignirent l'homme au manteau noir qui avait donné le sifflet aux Terrans. Ce dernier observa l'évacuation à quelques mètres et attendit qu'il n'y ait plus personne dans la ville. Quand cela arriva, il exécuta avec ses mains une incantation. Plusieurs points s'illuminèrent autour de la ville, formant un cercle. Puis une colonne de feu couvrant toute la ville apparut depuis le sol et détruisit la ville. A la fin, il ne resta que des ruines noircies par les flammes.

Cherchant le responsable d'un phénomène, les fantômes le trouvèrent rapidement, vu qu'il n'était pas loin. Elles braquèrent leur fusil sur le manteau noir, emplies de rage. Ce dernier invoqua des portails bleus où sortirent des xénomorphes prêts à se battre. Dans un élan de compréhension, elles demandèrent ses motivations. Le manteau noir donna sa réponse :

-Parce que vous l'aurez fait tôt ou tard. Même si ces gens ont été sauvés, leurs maisons sont toujours contaminées. La seule solution était de les brûler afin d'enrailler de façon certaine la contamination. N'ai-je pas raison ?

Elles baissèrent leur arme, comprenant mieux les raisons du manteau noir. L'important était que les habitants allaient bien. La destruction de leur maison n'était qu'un sacrifice mineur pour la survie de l'humanité. Des questions demeuraient encore dans leur esprit.

-Qui êtes-vous, demanda Sylvie, et cette fois-ci, on veut un nom, pas une métaphore philosophique.

Quelle impatience, cette fille. Mais bon, ça devait arriver un jour ou l'autre. Le manteau noir rappela ses xénomorphes, puis invoqua un bel homme aux longs cheveux argentés. Ce dernier amena avec lui un robot-caméra volant. Il attira l'attention de tous les Terrans, puis fit diriger la caméra vers le manteau noir qui fut rejoint par neuf autres manteaux noirs. L'aura qui se dégageait des manteaux noirs fut si écrasante que les Terrans se sentirent écrasés au point de tomber à genoux. Soudain, la pesante atmosphère s'apaisa et les Terrans purent se relever. Leur attention dirigée à présent sur les manteaux noirs, celui qui avait donné le sifflet s'avança pour tenir un discours des plus surprenants.

-Merci de votre attention. Vu que personne ne me connait, je vais devoir me présenter. Je suis le Général Mathio. Et voici mes confrères, dit-il en présentant les autres manteaux noirs, les 10 que vous voyez forment un groupe nommé la Boîte de Pandore. Notre groupe dirige la mystérieuse mais puissante organisation des Ténèbres que la plupart connaissent sous le nom de l'Alliance Démoniaque.

Une vague de frisson s'empara des fantômes. Ainsi, ces manteaux noirs étaient les dirigeants de l'Alliance Démoniaque qui semait le doute dans le Dominion. Ce fut la surprise la plus totale pour les civils qui ne comprenaient rien à ce qui se passait. Le Général poursuivit son discours :

-Ne vous attendez pas à en entendre parler sur l'UNN car l'empereur a fait censurer toute information sur nous. N'est-ce point la preuve d'un régime totalitaire mené par un homme obnubilé par le pouvoir ? Ce même homme qui abandonne des millions de personnes aux Zergs et qui dissimule notre existence aux yeux du public. Pourquoi ? Parce que nous venons en aide à ces malheureux mais aussi pour les propos peu élogieux que j'attribue à ce Père Fouettard qui ose se proclamer empereur. Soutenez-nous et nous assurerons un futur de paix avec les Protoss, avec les Zergs, pour vous. Un futur digne de ce nom et non un avenir plein de misère et de souffrance.

A la grande surprise des soldats, la population civile se mit à applaudir. Le discours avait touché plus d'un. Enfin, quelqu'un qui se souciait du peuple, c'était ce genre de personne qu'on avait besoin. Si en plus, il offrait une paix avec les races extraterrestres, c'était encore mieux.

Les fantômes se firent soudainement auscultées mentalement le cerveau par l'un des manteaux noirs. Ce dernier prit des notes de ce qu'il « observait » avant de leur annoncer qu'elles recevraient un colis de sa part. Un mystérieux brouillard noir apparut pour dissimuler la Boîte de Pandore. Quand le brouillard fut levé, la Boîte de Pandore, Sylvestre et son gardien avaient disparu.
La mission s'était terminée plutôt bien en dépit de l'apparition de la Boîte de Pandore qui avait su conquérir le coeur de la foule. Le commandant avait failli démissionner pour avoir « contribué à la contamination » s'il n'avait pas reçu un appel anonyme le convainquant de rester. Toute portait à croire qu'il s'agissait de Mathio. Comme il l'avait prédit, l'UNN ne fit aucun reportage sur ce qui s'était passé sur California. En revanche, on parla de contamination sur la planète Meinhoff, point de rassemblement des réfugiés Terrans tentant de rejoindre les mondes du noyau. Selon le reportage mené par Kate Lockwell, les réfugiés plaçaient leurs espoirs sur les Rebelles de Raynor. Reportage qui fut immédiatement interrompu par Donny quand les termes « Rebelles de Raynor » furent mentionnés avant d'enchaîner sur un éditorial sur la responsabilité des mondes du noyau envers les réfugiés.

Sur California, l'opinion public commençait à manifester des réactions anti-Mengsk mais contenues et non violentes. Les dernières nouvelles couplées avec le discours de la Boîte de Pandore avaient ébréchés la confiance du peuple envers l'empereur. En effet, ce discours qui avait été filmé par les subordonnés de Mathio fut donné à des civils qui diffusèrent l'enregistrement sur la planète. Grâce aux bactéries récupérées par les médecins, les scientifiques avaient pu créer un vaccin contre le virus Zerg. Une campagne de vaccination fut lancée pour prévenir une seconde contamination. La seconde zone de contamination avait été nettoyée mais ses habitants manquaient à l'appel. Leur sort était des plus préoccupants pour les autorités.

Quand à nos héroïnes, elles reçurent des dossiers écrits par un certain « Xezbeth, démon de la Tromperie et membre de la Boîte de Pandore ». Ces dossiers contenaient des méthodes d'apprentissage faciles à comprendre sur la maîtrise de pouvoirs qu'elles possèderaient. Sylvie eut le dossier « Electricité psionique », Carla « la téléportation », Iris « L'Aérokinésie » et Jennifer « la technopathie ». Se rappelant comment ce type avait procédé pour identifier leurs pouvoirs, sauf erreur de sa part, elles furent impressionnées du fait qu'il ait su identifier leurs pouvoirs alors qu'elles en ignoraient la nature exacte. Elles passèrent une partie du week-end. Le lendemain, elles durent aller aux cours du matin.

Au cours d'études des races extraterrestres, le professeur s'était vêtu de façon inhabituelle. Il portait un bandeau rouge au front et des vêtements d'un soldat en commando. Sur son bureau, était posée une mitraillette, sans munitions heureusement. Pour compléter ce portrait de Rambo, il parlait avec une voix grave d'homme viril.

-Alors aujourd'hui, nous allons...
-Mais que se passe-t-il, dit le doyen en entrant dans la salle. Professeur Stallone, pouvez-vous expliquer cet attroupement ?
-Et ben, mon colonel, c'est à cause de la mission. Il faut que j'apprenne à ces jeunots ce qu'ils devront faire pour survivre. C'est que j'ai pas envie de les voir mourir, mon colonel.
-Je comprends, soldat, répondit le doyen qui prenait part au jeu. Mais c'est la guerre, il y aura forcément des morts. Donnez-leur le maximum de conseils que vous pourrez présenter dans cette salle.
-Oui mon colonel, clama Michaël au garde-à-vous.

La « mission » dont ils parlaient était une mission attribuée aux étudiants de l'académie par le commandant. Ce dernier avait reçu un nouveau message de l'espion Zerg indiquant la construction d'une colonie secondaire et sa localisation. Méfiant mais se remémorant ce qui s'était passé la dernière fois, le commandant fit vérifier la véracité de ces informations. Il en reçut une réponse positive. Voyant que la colonie était peu protégée, le commandant vit l'opportunité de former les étudiants sur le terrain en leur ordonnant de détruire cette colonie secondaire. Lorsque la nouvelle tomba, beaucoup furent enthousiastes de se battre, voulant faire leurs preuves sur le terrain et espérer gagner une promotion assez rapidement. Pour assurer le succès de l'opération, il fallait une bonne préparation d'où le cours du professeur Stallone qui allait expliquer la structure d'une colonie Zerg et leurs stratégies de défense à l'aide de cartes et de photos fournies par l'état-major.

-Donc, la première chose qu'il faut faire pour attaquer une colonie Zerg, c'est...
-C'est de détruire leurs défenses, s'écria Marc, le neveu du commandant.
-Faux, répondit Michaël avec le même ton que son interlocuteur, le premier truc, c'est déjà d'arriver à la colonie. Pourquoi, me direz-vous ? Parce que les Zergs aiment bien jouer à cache-cache et généralement c'est dans le sol qu'ils se cachent. Avec ça, ils peuvent piéger des armées, les obligeant à battre en retraite après avoir perdu beaucoup d'hommes dans l'embuscade. Une vingtaine de chancres dans le sol et on pourrait éliminer un régiment de marines.
Les élèves furent pris de terreur. Dire qu'ils fonçaient vers la mort s'ils ne prenaient pas garde à ce qui se passait sous leurs pieds. Voyant l'effet escompté, le professeur continua.
-Une fois arrivés, vous pourrez commencer à attaquer, continua l'enseignant, détruire les défenses est une bonne chose mais encore faut-il les identifier. Les premiers bâtiments Zergs à détruire sont les aiguillons rampants et les sporuleurs rampants. Ces deux bâtiments peuvent se déplacer en se déracinant puis enfouir leurs pattes dans le sol. C'est à ce moment-là qu'ils sont le plus vulnérables. Après, ce n'est plus que du nettoyage mais restez vigilants car même dans leur propre base, ils peuvent se cacher dans le sol. Quand vous serez à l'intérieur de la colonie, vous trouverez forcément une couveuse, un terrier ou une ruche. C'est là que naissent tous les Zergs que vous devrez affronter. D'abord, ce sont des larves mais qui peuvent muter, alors prudence avec ces bestioles. Tuez-les avant qu'ils s'enferment dans des cocons super résistants. Prenez garde quand vous détruisez un bâtiment Zerg car de petites créatures nommées les vermines sortent des décombres pour vous sauter à la gorge. Tuez-les rapidement ou restez à distance car leur durée de vie est faible.

Le cours se termina sur une petite touche d'humour, Rambo voulut tirer en l'air avec son arme. Seulement, l'arme en question n'avait aucune munition. Rambo passa finalement pour un idiot. Les élèves sortirent dans la joie et la bonne humeur, la tête pleine d'informations qui allaient bien servir dans cette mission.

Le lendemain matin, tous les étudiants volontaires furent amenés au centre de commandement pour être attribués à un poste puis s'équiper. Les fantômes savaient déjà quoi faire. Elles furent les premières à être prêtes. Quand les autres arrivèrent, ils furent grandement surpris de découvrir que certains de leurs camarades étaient des fantômes. Les filles étaient jalouses et les mecs avaient de sacrés penchants pour les fantômes filles qui durent menacer de divulguer les petits secrets de ceux qui continueraient à faire des remarques déplacées.

Marc, le neveu du commandant, fut nommé à la tête de cette compagnie chargée de détruire la colonie secondaire. La compagnie est composée de 5 chars de sièges, 4 fantômes, 15 Goliaths, 5 médecins, 2 corbeaux et 24 marines. Evidemment, l'escouade de John ne prit pas part à l'opération. Alors que cette armée s'apprêtait à partir, Marc posa une question au groupe de Sylvie.

-Dites, quel est le nom de votre unité ?
-Maintenant que tu le dis, on n'en pas, répondit honteusement Sylvie.
-Ce n'est pas grave, rassura Marc, ça peut se trouver rapidement. Ah ! Le communicateur !
-Bonjour, cher ami, dit l'inconnu dont la voix n'était pas inconnue pour Sylvie et ses amies, j'ai entendu parler de ce petit problème. Je vous propose les Poltergirls.
-Pourquoi ?
-Eh bien, parce que c'est un mot-valise entre poltergeist et girl. Un poltergeist est un esprit frappeur, une sorte de fantôme.
-Ça sonne bien, dit Marc. Sylvie, tu en penses quoi ?
-Ma foi, c'est un nom qui nous va bien. Pas vrai, les amies ?

Ses amies acquiescèrent. Le nom de leur unité fut officiellement les Poltergirls. Sylvie scruta les alentours. Mathio devait être à proximité pour avoir pu épier la conversation. A peine qu'elle l'ait trouvé, il avait disparu lorsqu'elle fixa son regard sur sa dernière position. Ne voulant pas traîner, Sylvie rejoignit sa compagnie pour partir vers la colonie Zerg. Mais personne ne se doutait qu'ils étaient suivis par un mystérieux Zerg et un inconnu vêtu d'un manteau blanc.
La compagnie fraîchement constituée entama sa route vers une colonie secondaire où elle avait ordre de la détruire. Suivant les conseils de leur professeur d'études des races extraterrestres, ils prirent la peine de vérifier si la route n'était pas truffée de Zergs enfouis. Pour l'instant, tout allait bien mais les choses se corsèrent lorsque la colonie fut en vue. La route était parsemée de groupes de Zergs enfouis. Heureusement, grâce aux corbeaux, des vaisseaux de soutien dotés de détecteurs, la compagnie put les localiser et les éliminer pour continuer d'avancer. Arrivés à proximité de la colonie, la compagnie alla se cacher en hauteur en vue de préparer leur offensive. Par prudence, le capitaine demanda aux fantômes de faire une reconnaissance. En observant depuis les hauteurs, elles analysèrent la structure de la colonie.

La colonie Zerg était entourée d'hauteurs inaccessibles à l'homme et à leurs véhicules. Seules quelques hauteurs à proximités de l'entrée de la colonie échappèrent au caractère « inaccessible ». L'unique entrée était lourdement protégée par 10 aiguillons rampants et 6 sporuleurs rampants. Pas de Zergs à l'entrée, tout portait à croire qu'ils étaient enfouis. Quant à la garnison, elle se résumait qu'à des zerglings et des hydralisks. Sans oublier les dominants et les ouvriers qui ne constituaient pas une menace. Après avoir entendu le rapport de ses éclaireuses, le jeune capitaine réfléchissait à un plan pour détruire la colonie en minimisant les pertes humaines. Après mûre réflexion, il exposa enfin sa stratégie à ses hommes.

-Ok, les gars, on ne va pas se voiler la face. Un assaut frontal serait suicidaire. On va d'abord détruire les défenses à l'entrée. Ensuite, nous enverrons les corbeaux débusquer les Zergs enfouis. Après, on nettoie la colonie de ses occupants. Pour finir, on fera tout sauter avec des explosifs qu'on placera dans la couveuse. Est-ce bien compris ?
-Oui, capitaine !

Les chars de sièges se mirent en mode siège pour tirer sur les défenses de la colonie. Se voyant attaqués, de nombreux Zergs sortirent du sol puis de la colonie pour rechercher leurs assaillants. Ils furent soudain tués par une pluie de balles qui leur tombait depuis les hauteurs.

Les premiers Zergs éliminés et les défenses détruites, une grosse partie du groupe descendit pour détruire le reste de la colonie. Les Poltergirls restèrent en retrait pour couvrir les troupes en dessous. Les corbeaux entrèrent les premiers. Ils localisèrent les derniers Zergs enfouis pour permettre à leurs camarades au sol de les éliminer avant de pouvoir détruire la colonie. Ils détruisirent le bassin génétique, la chambre d'évolution, la tanière d'hydralisks et le nid de chancres. Comme leur avait averti le professeur Stallone, des vermines surgirent des restes des bâtiments Zergs pour éliminer un maximum d'intrus. Seulement, elles ne furent pas assez nombreuses. Au moment d'attaquer la couveuse, la terre se mit à trembler. D'énormes vers de terre sortirent du sol dans un rugissement à vous faire sursauter. Des Vers de Nydus. Au nombre de 3, ils crachèrent les Zergs qui avaient voyagé à l'intérieur de ces créatures. Devant ces renforts inattendus, les Terrans n'eurent pas d'autre choix que de se replier. Deux autres Vers de Nydus apparurent, hors de portée des chars de siège, pour couper la retraite de leurs ennemis. En l'espace d'un instant, la compagnie fut sur le point d'être submergée. Pour les fantômes, il fallait les aider.

-On ne peut pas les laisser se faire tuer, hurla Sylvie.

-Calme-toi, Sylvie, dit Carla qui tentait de contenir la furieuse envie de son amie d'aller secourir les autres. Marc, tu as une idée pour les tirer de là ?

-Hélas, je n'en ai aucune idée, avoua Marc.

-Incompétent, rugit Sylvie. Et c'est à nous d'aller les sauver.

-Vous ne comptez pas quand même pas descendre en sautant, demanda un camarade de classe. A cette hauteur ?

-Qui parle de sauter, dit Iris. On a mieux que ça. Carla.

Cette dernière acquiesça de la tête. Toutes les 4 se prirent la main pour disparaitre dans un nuage de fumée sous les yeux de leurs compagnons pour se retrouver en bas de la falaise. Sans perdre une seconde, les Poltergirls prirent leur fusil C-10 et commencèrent à tirer sur les Zergs. Ces ignobles créatures sentirent la présence des renforts Terrans inattendus. Plusieurs d'entre elles chargèrent sur les fantômes qui activèrent leur système de camouflage. Les Zergs stoppèrent alors dans leur élan, cherchant leurs ennemies. Des têtes volèrent en éclats sur l'impact de tirs provenant de tireurs invisibles. Du côté des troupes au sol, on gérait mieux les vagues Zergs mais le manque de munitions pouvait se faire sentir à tout moment et les Vers de Nydus devaient être détruits sur le champ s'ils voulaient survivre. Le problème, c'était les Zergs qui continuaient d'émerger des Vers de Nydus et maintenaient la situation à leur avantage.

Contre toute attente, un ultralisk, plus grand que la moyenne, déboula sur le champ de bataille en détruisant les Vers de Nydus. Dans sa lancée, il extermina les autres Zergs en les lacérant avec ses défenses. Sylvie, tout comme ses amies, avait déjà deviné qui était ce Zerg. C'était Sylvestre, évidemment. Devant l'apparition surprise du nouveau venu, les Terrans furent incapables de décider s'il fallait l'éliminer ou de l'aider. Les fantômes intervinrent pour les bouger un peu.

-L'ultralisk géant, on l'aide. C'est un... ami, s'écria Sylvie. Tirez sur les autres Zergs !

Se laissant guider, ses compagnons d'armes ouvrirent le feu sur les petits Zergs. Des ultralisks sortirent des Vers de Nydus et entravèrent la route de leur congénère géant. Ce dernier recula puis fut pris de convulsions avant de libérer un cocon qui retomba sur le sol aux côtés des Terrans. Le corps géant s'effondra sans vie puis disparut par décomposition comme une feuille de papier en feu.

Quant au cocon, il bougeait, animé de vie. Une main à quatre doigts transperça la paroi du cocon. Une autre vint l'aider à ouvrir le cocon en deux. Ce qui sortit du cocon surprit grandement les Terrans et encore plus les fantômes. La morphologie de cette nouvelle créature était semblable à un Protoss. Tous avaient déjà vu à quoi ressemblaient les Protoss via des photos et des hologrammes présentés en cours. Seulement, la couleur de peau était grandement différente. Au lieu d'être lisse et bleue, elle arborait les caractéristiques des Zergs. La forme du visage était semblable à celle d'un Protoss mais il comportait en plus des mandibules d'hydralisk. Sans oublier le cristal bleu incrusté dans sa poitrine. Avec un pouvoir inconnu des Terrans, Sylvestre fit apparaître un bâton. De chaque côté de l'arme, deux lames psioniques noires, semblables à des lames de faux, apparurent.

D'un bond qui en surprit plus d'un, Sylvestre se jeta sur les rangs Zergs et les extermina avec sa nouvelle arme qu'il maniait avec aisance. Les ultralisks furent découpés comme du beurre. Les zerglings décapités. Les hydralisks fauchés.

-C'est notre chance, fit remarquer Iris, feu à volonté !!

Les marines et les Goliaths ne se firent pas prier. Ils vidèrent leurs chargeurs sur les Zergs qui tombaient comme des mouches. Sylvie, pour évaluer les résultats de ses maigres entrainements, tenta une tempête psionique sur les Zergs. Le résultat fut un vrai fiasco. De petits éclairs inoffensifs apparurent au-dessus des Zergs sans les menacer. Sylvestre recula par un bond pour se placer à côté de Sylvie. Quelques conseils ne lui feraient pas de mal, pensa Sylvestre.

-Tu as besoin de pratique. Suis mes pensées pour bien lancer une vraie tempête psionique.

Sur ces mots, il bloqua l'avancée des Zergs avec des champs de force puis se concentra pour générer la dite tempête psionique qui élimina beaucoup de zerglings. Sylvie tenta sa chance avec plus de résultat. Sa tempête n'était pas aussi vaste et aussi puissante que celle de Sylvestre mais elle était suffisamment puissante pour causer des dégâts aux Zergs. Continuant à tirer sur les Zergs, ils commencèrent à s'approcher des derniers Vers de Nydus. Ils tirèrent dessus à pleine puissance jusqu'à la destruction de ces abominations. Ils détruisirent ensuite la couveuse avant d'éliminer froidement les vermines qui s'échappèrent des décombres de la couveuse pour tenter d'emporter un ennemi avec eux.

Une reine de l'Essaim observa la fin des hostilités à bonne distance. Voyant que la colonie ne pouvait plus être sauvée, elle partit avec son escorte rejoindre la colonie principale faire son rapport.

La bataille était enfin terminée. Sylvie regarda autour d'elle pour trouver Sylvestre mais ce dernier avait disparu. Le retour se passa sans encombre et dans la bonne humeur. Tout le monde semblait avoir oublié Sylvestre mais pas le capitaine.

-Dites, les filles, demanda Calos, quand vous avez dit d'aider ce Zerg, vous le connaissiez ?

-Un peu, répondit Iris, ce Zerg se nomme Sylvestre.

-Sylvestre ? Le Zerg polymorphe ?

-Lui-même, intervint Jennifer, déjà que le mystère qui l'entoure est assez épais mais on découvre en plus qu'il peut prendre la forme d'un Protoss et utiliser leurs pouvoirs.

-Voilà qui épaissit davantage le mystère de cette créature, fit remarquer Marc, si jamais on devait le recroiser, on l'attrapera.

-Comme si c'était possible, dit Carla, il est trop malin pour se faire avoir. Ce Zerg est aussi intelligent qu'un être humain. Il ne sera pas facile à piéger.

Dans la colonie principale Zerg, la Reine des couvées Névrosa hurla sa colère. La colonie secondaire qu'elle avait ordonnée de construire fut détruite. Les Zergs fuirent à son passage pour échapper à son courroux. Seules les simples reines de l'Essaim restèrent, penaudes. Névrosa ne décolérait pas.

-Creusez plus profondément dans les montagnes. N'arrêtez que lorsque vous aurez trouvé de nouvelles ressources. Maudits Terrans, je vous ferai payer le triple de ce que vous avez fait subir à mes enfants. Ma vengeance sera terrible !! Quant à leurs fantômes, je les capturais vivantes pour en faire mes esclaves contaminées.
Deux jours après l'opération sur la colonie secondaire, des avis de recherches représentant Arcturus Mengsk furent disséminés sur toutes les planètes du Dominion. La récompense était élevée : 1 milliards de crédits à celui ou celle qui éliminerait l'homme représenté sur l'avis de recherche. Evidemment, les troupes du Dominion reçurent l'ordre de récupérer les dits avis de recherche pour empêcher une éventuelle rébellion. La planète California n'avait pas échappé aux manigances des deux camps.

Un vaisseau en provenance de Tyrador VIII et portant le logo « Fondation Möbius » débarqua au spatioport du Nouveau Los Angeles. Deux hommes en descendirent. Le premier est un vieil homme aux cheveux blancs. Il portait une moustache blanche qui contournait la lèvre supérieure. Sous la lèvre inférieure, se trouvait une petite barbe blanche. De sa tenue blanche, on pouvait facilement deviner que c'était un scientifique. L'autre était un beau blond arborant un costume militaire avec une longue cape rouge. Les deux hommes se rendirent à l'université militaire pour participer à un cours. Celui du professeur Stallone. Ce dernier fut grandement surpris de la venue du vieux scientifique. Son compère était resté hors de la salle car il était encore trop tôt de révéler son existence au public. Pour assister au cours sans se faire remarquer, il écoutait derrière une porte se trouvant à côté du tableau géant qui faisait face à l'amphithéâtre.

-Très chers élèves, permettez-moi de vous présenter le professeur Emil Narud, le directeur de la Fondation Möbius. Il s'agit d'une organisation scientifique qui étudie les Zergs, les Protoss et les Xel'nagas. C'est avec grand plaisir que nous accueillons cette éminente personne.
-Merci, répondit l'intéressé fort flatté, mais je ne mérite pas de tels éloges.
-Oh que si, professeur. Le cours d'aujourd'hui parlera des Protoss. La raison de ce changement dans mon programme vient d'une histoire aberrante.
-Oh ! Je suis toute ouïe.
-Figurez-vous que durant une mission où certains de ces élèves furent chargés de détruire une colonie Zerg. Pendant l'assaut, un Zerg leur ait venu en aide.
-C'est une plaisanterie ?
-Pas du tout mais ce qui est encore plus surprenant, c'est que ce Zerg était capable de changer de forme. Dans le cas de cette bataille, il a pris la forme d'un Protoss et a même utilisé des pouvoirs spécifiques à cette race.
-C'est vraiment une histoire incroyable, s'émerveilla le scientifique. Nous devons trouver ce Zerg et l'étudier.
-Hélas, cette créature demeure introuvable. Si nous pouvions revenir au cours. Les élèves doivent s'impatienter.

En effet, les étudiants étaient assis et attendaient sagement le cours. Les Poltergirls étaient, comme à leur habitude, au premier rang. Leurs confrères masculins étaient au dernier rang afin de ne pas se faire remarquer par l'enseignant si l'envie de se dissiper les prenait.

-Bien, déclara l'enseignant, comme promis, nous allons étudier les Protoss. Cette race, qui est bien plus évoluée que nous, a beaucoup à nous apprendre. A commencer par leur « religion », le Khala. Cette philosophie consiste à partager ses sentiments et ses pensées aux autres.

Devant les différentes réactions, en passant du dégout à la fascination, le docteur Narud intervint.

-Mes enfants, sachez que cette idéologie a mis fin une longue période de conflits et unifié tous les Protoss. Evidemment, s'il y a des adeptes, il y a eu forcément des opposants. Ces derniers prônaient sur l'individualité et ne voulaient pas partager leurs pensées à leurs congénères. Ce qui leur a valu d'être bannis d'Aiur, leur planète-mère.
-Ces bannis prirent alors le nom de Templiers Noirs, continua le professeur Stallone. Ils puisèrent leur puissance du Vide. L'une de leurs capacités la plus connue est celle de se dissimuler dans les ombres.

Pendant que les deux hommes faisaient le cours à deux où une rivalité s'installa entre eux pour savoir lequel des deux était le plus grand connaisseur, Sylvie perçut la présence de l'inconnu qui accompagnait Narud mais elle fut incapable de lire dans son esprit. Sans traîner, elle prévint ses amies de la présence de cet inconnu. A la fin du cours, les Poltergirls profitèrent de la cohue dans la salle pour prendre la porte qui dissimulait l'inconnu. Elles le suivirent sans se faire remarquer pour arriver dans les jardins qui étaient déserts à cette heure-là. A côté du bâtiment administratif, deux personnes de l'entretien, un homme et une femme, nettoyaient un graffiti « Mengsk au trou » sur le mur. L'inconnu au costume militaire s'arrêta à côté d'eux. Les Poltergirls restèrent à bonne distance pour ne pas se faire repérer tout en écoutant la conversation.

-Ce soir, à 20h00, au Manoir du Pandémonium, dit le jeune homme en tenue d'entretien. Le Boss vous attendra au dernier étage.
-Compris, répondit le blond en costume avant de partir.

Les Poltergirls étaient intriguées par ce qui venait de se passer. On aurait cru que ces 3 personnes se connaissaient malgré l'écart social qui les séparait. Pour l'instant, elles devaient vite revenir en cours pour éviter d'être en retard. En partant, elles ne virent pas le chat qui les observait d'un air sournois. Comme il n'y avait pas de cours l'après-midi, les Poltergirls allèrent s'entrainer au centre de commandement pour maîtriser leurs pouvoirs psychiques. Sylvie tentait de produire des boules d'énergie psionique pour les lancer sur des cibles. Carla essaya d'atteindre des hauteurs qu'on ne pouvait accéder en grimpant par la téléportation. Iris créait des vents aussi tranchants que des lames de rasoirs. Jennifer faisait travailler des petits robots par la pensée. Seulement, elles ne parvenaient pas à se retirer de la tête cette histoire de rencontre. C'était louche, comme dans les histoires d'espionnage. Des espions qui se font passer pour des gens ordinaires communiquant des informations aux agents sur le terrain. Puis ils disparaissent sans éveiller les soupçons. Après cet entrainement ardu, elles rendirent visite au commandement pour lui apprendre ce qui se tramait.

-Commandant, nous avons découvert une chose inquiétante.
-Laquelle, demanda le commandant d'air curieux.
-Ce matin, lors du cours du professeur Stallone, quelqu'un était caché pour suivre le cours. A la fin du cours, nous l'avons suivi. Durant la filature, il s'est arrêté devant deux employés de l'entretien.
-Que sont-ils échangés, interrogea le commandant de plus en plus intrigué.
-D'un rendez-vous au Manoir du Pandémonium avec un certain « Boss », affirma Sylvie, si vous voulez mon avis, c'est louche.
-J'entends bien mais à quoi ressemblait-il ?
-Nous n'avons pas vu son visage, dit Carla. Il s'agit d'un blond qui portait une cape rouge. De ce que j'ai vu, je dirais que c'est un militaire haut-gradé. Ce sont ses bottes qui m'ont mise sur la voie.
-Tu as l'oeil Carla, dit Iris, admirative.
-C'est fort intriguant, fit remarquer le commandant, une personne qui occuperait une place importante dans notre armée va se rendre dans un lieu peu recommandable rencontrer une personne qui serait son supérieur. C'est en effet louche.
-Que faut-il faire ?
-Enquêter bien sûr. Nous avons encore du temps avant la rencontre. Allez voir cet hôtel et trouvez ce qu'il y a à savoir dessus. Si ce que vous dites est vrai, nous le découvrions assez vite. Rompez !!

C'est ainsi que les Poltergirls allaient réaliser leur première mission d'infiltration. Seulement, elles sont loin d'imaginer que cette mission allait les changer et les amener vers un futur dont elles n'auraient jamais imaginé.

Le Manoir du Pandémonium était un luxueux hôtel se trouvant à 20 minutes de l'université militaire. Il comportait un immense bâtiment de 3 étages avec une tour de 7 étages supplémentaires incrustée au centre, une piscine chauffante, une salle de sport et une station thermale. Il fut récemment construit peu avant l'arrivée des Zergs sur California. Sa splendeur fit le tour de la planète. Les personnalités notables du Dominion vinrent voir cette merveille pour savourer le confort que lui prêtaient les rumeurs. En l'espace d'une semaine, l'hôtel fut classé 5 étoiles.

Sylvie observait l'entrée de l'hôtel depuis un banc. Cachée derrière un journal comportant des trous pour les yeux, elle pouvait garder un oeil sur les allées et venues des clients sans se faire remarquer. Pour l'instant, l'inconnu à la cape rouge n'était pas encore passé. Peut-être qu'il était déjà à l'intérieur. Si d'aventure, il venait à sortir, elle le suivrait.

Jennifer restait au centre de commandement pour réaliser des recherches sur le Manoir du Pandémonium sur le Net. Grâce aux ordinateurs de l'armée du Dominion, elle put découvrir que l'hôtel était en activité depuis un mois. Le précédent propriétaire avait fait faillite et avait dû vendre son terrain à un acheteur encore inconnu à ce jour. L'hôtel fut ensuite construit en un mois. Son succès fut rapide, à la grande surprise de tous. Au premier abord, cet hôtel semblait être irréprochable. En apparence du moins. En effet, de nombreuses rumeurs courraient comme quoi de mystérieux camions arrivaient à l'arrière de l'hôtel pour livrer des choses. Seulement, personne, à part les employés qui affirmaient n'avoir rien vu, n'a vu l'ombre de ces chargements. Par conséquent, personne ne connaissait la nature exacte de ces livraisons. De quoi continuer les recherches sur le sujet.

Carla et Iris étaient à l'arrière de l'hôtel en tenue de fantôme et camouflage activé. Elles allaient entrer dans l'hôtel quand un camion arriva. Les choses se passèrent très vite. Un pan du mur s'ouvrit pour libérer un passage caché. Des hommes en noir avec un R rouge en sortirent pour prendre la cargaison du camion et l'emmenèrent à l'intérieur de ce qui semblait être une base secrète. De ce qu'elles avaient vu, l'Alliance Démoniaque était mêlée de peu ou de loin à la future rencontre entre ce « Boss » et l'inconnu à la cape rouge. Elles s'introduisirent à l'intérieur de l'hôtel car elles ne pouvaient entrer par l'entrée secrète qui s'était refermée. Le couloir était fort luxueux. Des couleurs vives et dorées parsemaient les murs et le sol était recouvert d'une douce moquette rouge flamboyante. Carla et Iris suivirent le beau couloir pour s'arrêter devant une fontaine murale. Si cette fontaine avait attiré leur attention, c'était en raison de la statue dont l'eau sortait de sa bouche. En effet, elle représentait un hydralisk sur un rocher. On pourrait croire que c'était un hydralisk comme les autres mais en l'observant de plus près, on pouvait s'apercevoir qu'il s'agissait de...

-Sylvestre, affirma Carla avec certitude quand elle vit le cristal à la poitrine du monstre.
-Comment est-ce possible, demanda Iris, comment ce Zerg a-t-il pu avoir une statue à son effigie ?
-Je l'ignore, répondit Clara, mais j'ai l'intuition que cette statue cache quelque chose.

Carla examina la statue avec un oeil d'experte. Elle appuya involontairement sur le cristal, ce qui ouvrit un passage secret. Iris entra pour explorer le passage secret qui semblait s'étendre dans tout l'hôtel. On pouvait même trouver des échelles amenant aux étages supérieurs. De l'autre côté du mur, il y avait un bouton permettant de refermer la porte secrète. Carla appuya de nouveau sur le cristal de la statue pour fermer la porte secrète. Ensuite, elles partirent pour découvrir davantage de choses sur l'hôtel.

18h00, elles se retrouvèrent au Centre de commandement pour faire le point et partager ce qu'elles avaient découvert. Sylvie fut la première à exposer ses trouvailles :

-Je n'ai pas vu l'inconnu entrer ou sortir. Soit il était déjà entré, soit il se trouvait autre part. Après, je n'ai rien vu de suspect. Des gens, tout ce qui avait de plus normal.
-Quand à moi, dit Jennifer, j'ai découvert pas mal de choses sur cet hôtel, alors accrochez-vous. D'abord, le terrain sur lequel se trouve l'hôtel, personne ne sait qui a acheté. Etrange, n'est-ce pas ?
-Surtout quand il s'agit du propriétaire d'un hôtel 5 étoiles, commenta Sylvie.
-Tout à fait. Ensuite, on a des rumeurs parlant de cargaisons qui entrent dans l'hôtel mais dont le contenu demeure encore inconnu. Il en va de même de leur location.
-J'ai bien une petite idée sur la question mais continue, Jennifer.
-J'ai récupéré les plans de l'hôtel mais il y a une chose assez étrange. Certains murs sont plus larges que la normale et je n'arrive pas à comprendre pourquoi.
-On pense avoir la réponse, dit Iris, dis-moi, Jennifer, tu en sais plus sur le lieu du rendez-vous ?
-Naturellement, répondit l'experte de la technologie, le dernier étage est une suite VIP. En plus des chambres, il y a même une salle de réception, une piscine privée, un jacuzzi, une salle de musculation et une salle de jeux. Une des chambres est réservée à un certain Monsieur V. mais impossible d'en savoir plus.
-Bien, je vais pouvoir exposer nos découvertes, dit Carla en redressant ses lunettes. D'abord, les cargaisons. Quand elles arrivent, les hommes en noir viennent la récupérer pour l'emmener dans un repaire se trouvant sous l'hôtel.
-Quand tu parles des hommes en noir, tu veux parler de l'Alliance Démoniaque, demanda Sylvie.
-En effet, confirma Iris, mais ce n'est pas tout. Quand Jennifer a parlé de murs trop épais, j'ai tout de suite pensé au passage secret que moi et Carla avons trouvé.
-Un passage secret ? Où ça ?

Carla indiqua l'emplacement de la porte secrète qui se trouvait dans un mur anormalement épais. Maintenant, le doute n'était plus permis : les murs épais dissimulaient des passages secrets. Un important réseau secret circulait dans tout l'hôtel, suite VIP incluse. Une idée germa dans l'esprit des Poltergirls. Une idée qui leur permettrait de trouver des réponses à leurs questions concernant l'inconnu à la cape rouge et son rapport avec l'Alliance. Elles présentèrent le rapport de leurs recherches au commandant qui prit une mine grave devant ces révélations. Après avoir lu le rapport dans son intégralité, il prit sa décision :

-Mesdemoiselles, si ce que vous avez vu est vraiment le fruit des activités de l'Alliance, nous ne pouvons ignorer cela. Vous avez donc mon accord pour infiltrer cet hôtel et épier cette rencontre. Qui sait, nous pourrions identifier une taupe. Maintenant, rompez.

Elles n'eurent pas besoin qu'on leur dise deux fois ce qu'elles ont à faire. Après un passage au vestiaire, elles partirent pour le Manoir du Pandémonium. En prenant soin d'activer leur système de camouflage, évidemment. Elles traversèrent la rue en prenant soin de ne bousculer personne. Elles évitèrent aussi de traverser la route lorsque le feu des piétons était rouge pour ne pas se faire renverser par une voiture. Quand elles arrivèrent à l'hôtel, elles entrèrent par l'entrée de service pour rejoindre la fontaine avec la statue de Sylvestre. Elles ouvrirent le passage secret et y entrèrent. Elles prirent la précaution de refermer la porte secrète pour ne pas éveiller de soupçons. Ensuite, elles prirent l'échelle et montèrent au dernier étage. Là-bas, elles trouvèrent des fentes leur permettant d'observer le salon de la suite et ainsi peut-être écouter la conversation de la rencontre, si elle avait bien lieu ici. Si on observait de l'autre côté du mur, on verrait un beau tableau représentant une quelconque personnalité du Dominion. De cet observatoire, ils le virent. L'inconnu à la cape rouge buvait un bon porto ambré, assis sur un luxueux fauteuil marron et tournant le dos aux Poltergirls. Il était 19h50 et l'impatience commençait à se sentir aussi bien chez l'inconnu que chez les Poltergirls. L'inconnu se leva pour aller admirer quelques oeuvres d'arts présentes dans la pièce. Les fantômes eurent l'occasion de voir enfin son visage. Inutile de dire qu'il était beau gosse. Carla avait les yeux pétillants à la vue de ce prince charmant au grand désespoir de ses amies. Enfin, 20h00 sonna. La porte d'entrée de la suite s'ouvrit et...

A suivre.
Enfin, 20h00 sonna. La porte d'entrée de la suite s'ouvrit et un homme vêtu d'un manteau noir entra dans le salon. Il était accompagné d'un trio composé d'un jeune homme, d'une jeune femme et d'un chat bipède, pour le moins étrange. Le jeune homme avait des cheveux bleus et tenait entre ses mains gantées une rose rouge. La jeune femme avait de longs cheveux rouges et portait des boucles d'oreilles vertes. Ces deux individus étaient vêtus d'uniformes blancs avec un R rouge. Quant au chat, il marchait sur deux pattes. Semblable à ces chats japonais, il portait sur son front une pièce dorée ovale. Le trio referma la porte et partit monter la garde. Les Poltergirls ne furent qu'à moitié surprises de cette arrivée.

-Alors, notre intuition était bonne, dit Sylvie.
-Oui, la Boîte de Pandore était bien impliquée dans ce rendez-vous, ajouta Carla.
-En attendant, j'aimerais bien savoir ce qu'ils vont se dire, intervint Iris.
-C'est vrai, dit Jennifer, on est là pour cela.

Dirigeant leur attention sur les deux hommes, elles écoutèrent pour ne pas manquer une miette de la rencontre. L'homme au manteau noir fut le premier à prendre la parole.

-J'aimerais connaitre l'avancement de l'opération.
-Soyez sans crainte, Général, dit son charmant interlocuteur, j'ai recruté un homme en relation avec celui que vous m'avez conseillé de demander ses services pour nous. Avec lui, tout se déroule comme sur des roulettes. Nous avons déjà récupéré deux pièces créées par les dieux.
-Excellent. Plus que trois et nous pourrons passer à la phase suivante. La Reine des Lames peut déjà trembler.
-Il est encore trop tôt pour crier victoire.
-Je crois en l'avenir, cher ami. Au passage, j'ai décelé un temple Xel'naga sur cette planète, dit Mathio en donnant une clé USB contenant les coordonnées du temple.
-Vraiment, répondit son invité en récupérant la clé. La Fondation Möbius sera ravie d'aller étudier ce temple.
-Je n'en doute pas. Mais je souhaite que ces fouilles restent secrètes. Je ne tiens pas à ce que votre père l'empereur vienne fourrer son nez et fasse capoter mes plans. N'est-ce pas, prince Valérian ?

Les derniers mots prononcés par le Général provoquèrent un choc aux Poltergirls qui ne s'attendaient pas à une telle révélation. Le mystérieux individu, le prince héritier du trône ? Les Poltergirls ne pouvaient s'empêcher d'être surprises d'apprendre que l'empereur avait un fils. Seule Carla demeurait toujours admirative. Si elle le voulait, elle chanterait « Un jour, mon prince viendra. » Ignorant les fantasmes de leur amie, les trois autres fantômes continuèrent d'épier la conversation.

-Cela m'amène à poser la question suivante : votre père est-il au courant de l'opération ? Sinon il n'aurait jamais mis en place la loi sur les artéfacts.
-Possible, répliqua Valérian, mais il n'en connait sûrement que les grandes lignes. Je suis quasiment sûr qu'il ignore tous des relations entre nous.
-Je l'espère, prince Valérian. En attendant, gardez un oeil sur votre assistant Charles Whittier. Je suis prêt à parier que c'est lui qui a vendu la mèche.
-C'est une possibilité. En tout cas, je suivrais votre conseil.
-Il vaudrait mieux parce que si l'empereur apprenait que son fils pactise avec une organisation des ténèbres, mes plans tomberaient à l'eau, ainsi que votre rêve de succéder au trône.
-Nous sommes dans le même bateau, Général. La réussite de votre plan de domination dépend de la réussite de l'opération dont j'ai la charge. Rassurez-vous, je ne compte pas la faire rater, autrement je perdrais tout crédit devant le Dominion et la possibilité de monter dans l'estime du peuple.
-Vous comprenez vite, répliqua le Général.
-Vous comprenez ce qui se passe, demanda Sylvie qui semblait perdue.
-Apparemment, le prince Valérian s'est associé avec le Général Mathio et son organisation. Ce dernier lui permettra d'accéder au trône en échange de son soutien dans ses plans de domination. La seule chose qui me chiffonne, c'est ce qu'ils veulent dominer.
-Carla, serais-tu en train que penser que c'est tout le secteur de Koprulu qu'ils visent ?
-Je n'en suis pas sûre à 100%, Iris mais c'est fort probable.
-Ce type est un vrai mégalomane, lâcha Jennifer
-Au fait, vous avez lu le dossier que je vous avais donné ?

Ça, le prince Valérian s'en souvenait, ainsi que de sa première rencontre avec Mathio. [Flashback ON] Ce jour-là, il faisait son habituel entrainement à l'épée. Soudain, un homme vêtu d'un manteau noir avait pénétré dans ses appartements, défiant les meilleures protections que le Dominion ait pu concevoir.

-Qui êtes-vous, demanda le prince qui détestait être dérangé.
-Un démon, répondit Mathio, qui souhaiterait vous défiait en duel à l'épée.
-Intéressant. Voyons voir comment se battre les démons.

Ce fut le duel le plus éprouvant pour Valérian. Son adversaire avait usé d'un grand nombre de fourberies pendant le duel. Usage d'une seconde épée, apparition d'une queue de xénomorphe, libération partielle de puissance, et encore ce n'était qu'une minuscule fraction de la puissance du démon. Le prince Valérian parvenait à contrer les attaques incessantes de Mathio mais il vint un moment où il dut capituler.

-Remarquable pour un humain, dit Mathio en lui tendant la main pour l'aider à se relever.
-Vous avez utilisé des coups bas, répliqua Valérian en acceptant cette main.
-Allons, si vous aviez réussi à me vaincre, votre gloire n'en sera que plus grande.
-Vil démon, répondit l'Héritier amusé par la flatterie.
-Appelez-moi Mathio. Prince Valérian, parlons affaires.
-Voilà donc votre véritable but, comprit l'intéressé. J'écouterais avec joie ce que vous avez à me raconter.

Les deux hommes prirent place dans des sièges luxueux. Mathio commença à abattre ses cartes :

-Je vais jouer franc jeu. Vous êtes le seul à pouvoir nous aider à sauver ce secteur.
-Pourquoi, interrogea Valérian, et de qui ? La Reine des Lames ?
-Pas elle mais elle aura un rôle important dans cette histoire. Il s'agit d'une menace plus ancienne que l'Essaim. D'ailleurs, c'est l'Essaim qui déterminera du sort de l'Univers. Pour vous le faire comprendre, observez.

Valérian fut frappé par une vision du futur où les Protoss étaient les derniers à combattre les Zergs contrôlés par des hybrides Protoss-Zerg. Ces derniers furent guidés par une entité qui se clamait être le commencement et la fin des Protoss. Malgré leurs nombre, les Protoss furent tous décimés. Puis ce fut le tour des Zergs d'être décimés. Tout cela parce que la Reine des Lames était morte.

-Qu'est-ce que cela signifie, demanda le prince revenu à la réalité.
-Un futur qui ne peut se produire que par la mort de la Reine des Lames, répondit Mathio. Vous comprendrez que je ne peux demander l'aide de votre père.
-Evidemment, il n'y croirait pas une seconde. De plus, lui et Kerrigan se détestent mutuellement.
-C'est pour cela que je viens à vous pour vous demander votre aide. Votre passion pour l'archéologique et votre position au sein du Dominion permettra à mon organisation l'Alliance Démoniaque de sauver le secteur de Koprulu.
-Je vois, répondit le prince honoré, mais une partie de moi exige des preuves de ce que vous affirmez. De plus, sauver le secteur de Koprulu cache un objectif plus sombre.
-Vous êtes perspicaces, flatta le démon. Effectivement, moi et mon organisation avons un but caché. Celui de dominer l'Univers. Quand à vos preuves, elles se trouvent à ces coordonnées. La Fondation Möbius ne devrait pas avoir trop de difficultés pour les trouver.

Bien que réticent, le prince envoya des scientifiques enquêter aux dites coordonnées. Quelques jours plus tard, la fondation Möbius rapporta des éléments qui confirmèrent la version du démon. La prophétie existait donc. Comme il s'attendait, le démon revint.

-Convaincu ?
-En partie, avoua le prince. Mais il en faut plus pour me convaincre.
-Je ne suis pas comme les gens de la même espèce que votre père ou ces Serviteurs des Ténèbres qui vivent que de la destruction. Je ne vis que pour un noble idéal qui perdure depuis des millénaires. Je suis l'incarnation de l'Espoir. Ce que les gens clament impossible, je le rends possible.

Le prince était fasciné par Mathio qui dégageait une aura de confiance. Quelque part, on sentait qu'il ne mentait pas. Valérian décida de lui accéder plus de crédit.

-D'ailleurs, il est temps de révéler ma propre prophétie.
-Votre propre prophétie, répéta l'Héritier.
-Oui, confirma Mathio. Actuellement nous arrivons à la quatrième partie. Elle annonce la fin du règne de terreur de la Reine des Lames qui retrouvera ce qu'elle a perdu grâce à 5 pièces créées par les dieux et à l'amour. Tout cela, 4 ans après ses dernières activités.
-Charmant, répondit le prince qui commençait à percevoir la signification des paroles.
-Evidemment, on pourrait trouver un plan pour vous élever au rang d'empereur avec ça. Associons-nous et nous ferons du Dominion un endroit meilleur pour les Terrans. Que dis-je, ouvrons la voie vers un nouvel avenir qui sera radieux pour tous. Sauf pour votre père, bien sûr. Cet homme n'a aucun scrupule, aucune confiance envers les autres. Il est indigne d'être un leader. Vous, vous êtes différents et je serais prêt à parier ma vie pour vous prouver ma confiance.
-Vous irez jusque-là ?
-Je peux aller plus loin : faire de vous un de mes commandants, une place importante de mon organisation. Sans parler des puissants pouvoirs qui vont avec et qui varient d'un utilisateur à un autre.
-Vous savez intéresser votre public, dit le prince impressionné par les « arguments » de Mathio. Vous jouez vraiment gros. Vous seriez dans une mauvaise passe si je vous trahis.
-Ça n'arrivera pas, répondit Mathio avec confiance. Car je sais choisir les personnes de confiance. De plus, vous avez beaucoup à gagner avec nous. Ce n'est pas votre père qui vous apportera ce que vous voulez. Acceptez mon offre et vous devriez empereur.
-Vous avez gagné, dit le prince qui avait fini par s'avouer vaincu. Je vais me laisser tenter par les forces obscures que vous dirigez.
-Vous avez le bon choix. Tendez votre bras.

L'Héritier s'exécuta. Mathio prit un fer rouge et l'appliqua sur le bras. Une marque démoniaque apparut sur l'emplacement du marquage. Le prince fut fasciné par les pouvoirs du démon.

-Dites, sans vouloir être indiscrets. Dans quel état sera la Reine des Lames quand elle sera vaincue ?
-Décontaminée, répondit simplement le maître de l'Alliance.
-Je vois. Voilà qui pourrait bien me servir. Je vois déjà un plan se mettre en place mais je ne sais pas par où commencer. Ces pièces créées par les dieux peuvent être n'importe où.
-Vous arriverez à les trouver, rassura Mathio, mais si vous voulez un conseil, vous trouverez tout ce qu'il faut pour bien démarrer l'opération sur Mar Sara. A très bientôt, commandant Valérian.

Le démon disparut par un portail des ténèbres, laissant derrière lui un épais dossier bleu avec une notice dessus demandant de le lire. [Flashback OFF]

Retour au présent où le prince sut que son supérieur parlait du dossier contenant le programme politique qu'il devrait présenter au Dominion après le succès de la seconde phase de l'opération. Le programme contenait des idées intéressantes que son père n'aurait jamais promulguées et qu'il aurait jugées trop idéalistes. Cet adjectif correspondait bien au prince qui désirait changer les choses et montrer à son père ce que le « rat de bibliothèque chétif et efféminé » valait. Le prince confirma son étude du dossier au Général.

-En effet, je l'ai lu dans son intégralité. Avec ça, on devrait pouvoir gagner le soutien du Dominion. Naturellement, l'Alliance apportera son soutien.
-Bien que oui, répondit Mathio. Au fait, vous n'avez pas peur des fantômes ?
-Non, pourquoi, demanda le prince très intrigué par cette question.
-Je vous dis cela parce que je crains que ce manoir soit hanté. Mais pas de panique, j'ai appelé un plombier nommé Luigi. Il va nous débarrasser de ces fantômes avec son aspirateur.

Le prince demeura perplexe devant les propos du Général. Pourquoi un tel revirement ? Il réfléchit rapidement pour trouver la réponse. Surtout rester naturel car il y avait des fantômes qui les épiaient.

Pendant ce temps, le commandant était resté dans son bureau pour terminer un dossier. L'espace d'un instant, il repensait au mystérieux monsieur V., ça lui disait quelque chose mais où ? Soudain un groupe de personnes entra dans le bureau pour une petite discussion « amicale ».

Dans la suite VIP, le prince restait calme. Un seul geste inconsidéré pouvait alerter les fantômes. En un éclair, Mathio tira une corde qui fit pivoter la partie du mur où se cachaient les Poltergirls. Ces dernières furent surprises de la tournure des évènements et tombèrent sur la moquette du salon.
En un instant, le Général Mathio avait réussi à débusquer les Poltergirls. Les Poltergirls n'en croyaient pas leurs yeux. On aurait presque cru qu'il avait anticipé leur venue. Soudain, des mains crochues les attrapèrent et les firent asseoir sur un large fauteuil. Elles purent ensuite voir leurs agresseurs, des xénomorphes. Devant elles, le prince Valérian et le Général Mathio les observaient calmement. Le prince osa briser le silence, abasourdi par la présence des fantômes :

-Comment avez-vous pu les laisser épier notre conversation ? Vous saviez qu'elles étaient là.
-Ce n'est pas moi qui s'est fait remarquer lors d'un cours, rétorqua le Général. Vous avez manqué de discrétion. Encore heureux que ce ne soit pas les agents de votre père.

Le prince resta silencieux devant cette réplique. Le Général avait raison, son manque de vigilance a bien failli compromettre l'opération. Mathio avait sûrement laissé ces fantômes venir ici pour le rappeler à l'ordre. Toutefois, Mathio ne semblait pas être dérangé. Pour les Poltergirls, une question leur brûlait les lèvres :

-Comment avez-vous su qu'on allait venir ?
-C'est simple, répondit Mathio. Vous voyez les deux personnes et le chat qui m'accompagnaient ? Eh ben, le chat vous a vu épier la conversation de ses deux compères quand ils parlaient avec le prince.
-Il devait être bien caché, dit Sylvie qui se souvenait de ne pas l'avoir vu.
-En effet, confirma Mathio. Maintenant, voyons ce que nous allons décider de nos invitées surprises. Oh ! Je crois que je sais. Que je le trouve dans mon manteau.

Le démon chercha dans ses poches d'où il sortit un pistolet, une épée, un fusil à pompe, des dossiers secrets, une photo de sa petite amie. QUOI !!!! Mathio reprit rapidement la photo et la cacha à la vue de tous. Enfin, il trouva ce qu'il cherchait : des contrats, des stylos et un fer rouge.

-Voici ce que je vous propose : vous devenez membres de l'Alliance Démoniaque et des fantômes au service du Prince Valérian.
-Quoi, s'écrièrent le prince et les fantômes surpris par la proposition du démon.
-Parce que vous croyez qu'on va accepter, répondit Sylvie avec agressivité.
-C'est vrai que ce serait difficile pour nous d'accepter, dit Carla. Vous êtes difficiles à cerner.
-Et forcément, on ne peut que ressentir de la méfiance à votre égard, compléta Jennifer
-Ou alors, vous allez donner une bonne raison de le faire, demanda Iris.
-Dans ce cas, qu'allez-vous faire, demanda le Général avec sang-froid. Tout raconter à l'empereur ? Je doute qu'il veuille écouter de jeunes filles comme vous. Et puis, même s'il acceptait de vous écouter, il vous enlèverait et vous fera connaitre les joies du lavage de cerveau.
-Je suis bien placé pour savoir que ça arrive pour les fantômes sujets à la révolte. Et je ne vous parle pas des inhibiteurs neuraux qu'on fait porter à certains fantômes pour s'assurer de leur docilité, affirma l'Héritier.
-Alors que si vous acceptez, compléta le démon, vous pourrez sauver votre planète, agir pour le bien de l'humanité et enfin revoir celle que vous admirez, Sarah Kerrigan.

Les Poltergirls sursautèrent à l'énonciation de cette femme. En effet, Sarah Kerrigan était une légende vivante du projet Fantôme. C'était grâce à elle si le projet avait si bien évolué. Ses pouvoirs psychiques étaient si puissants qu'il avait fallu recréer une nouvelle d'échelle pour l'IP. Au final, on lui avait attribuée un IP de 10. Les Poltergirls avaient pris part à une branche secrète du projet Fantôme, 14 ans avant les récents évènements qui frappèrent la planète California. Elles ignorèrent tout du projet dont elles avaient fait l'objet. Elles avaient connu des périodes de trous noirs et de vie normale observées par les savants de la Confédération. Il leur arrivait de rencontrer Sarah Kerrigan, une magnifique jeune fille rousse. Cette dernière avait montré une certaine sympathie pour ces enfants qui l'admiraient. Les scientifiques avaient laissé cette relation s'installer, estimant que ce serait productif pour eux. Mais un jour, elle disparut sans que l'on sache pourquoi. Les Poltergirls furent peinées de ne plus revoir celle en qui elles voyaient une grande soeur. Quelques années plus tard, les recherches de la branche secrète avaient fourni si peu de résultats satisfaisants que les dirigeants du projet Fantôme décidèrent de couper les fonds et de mettre fin à cette « stupide garde d'enfants ». Les cobayes furent renvoyés sur la planète California où elles étaient nées. Monsieur Charles Kappa qui était le chef de ces recherches avait promis que rien en rapport avec ce projet ne serait divulgué. Même les Poltergirls avaient promis de garder le secret.

Devant les charmants arguments du Général, les Poltergirls eurent beaucoup de mal à refuser l'offre de Mathio. Ce dernier était entouré de mystères mais quelque chose leur disait qu'il savait des choses qu'il ne voulait pas dire. La première à craquer fut Carla. Cela n'avait rien d'étonnant vu qu'elle avait craqué pour le beau blond. Ses trois amies acceptèrent à contrecoeur mais si cela leur permettait de retrouver leur idole. Elles signèrent alors le contrat. Le Général récupéra les contrats pour observer les signatures. Satisfait, il prit le fer rouge et ordonna à ce que les Poltergirls tendent leur bras. Elles le firent. Mathio les marqua avec son fer rouge. On ne sentait rien, pas même la chaleur du fer. Une marque violette représentant une sorte de larve de xénomorphe apparut sur l'emplacement du bras marqué. Le Général s'empressa d'expliquer le principe de ces marques :

-Ces marques sont le signe que vous appartenez à l'Alliance Démoniaque. Dans votre cas, vous ne l'êtes pas vraiment. En fait, vous n'êtes que des auxiliaires.
-Et pourquoi cela, demanda Iris.
-Le principal critère pour être un membre à part entière est la loyauté pour son organisation. Les compétences sont importantes, certes mais je sais que vous serez de vrais fantômes.
-Merci, mon Général, répondit Jennifer touchée et encouragée.
-Ensuite, continua Mathio, la marque fait aussi office de badge. Elle vous permettra d'accéder à des zones de l'Alliance. Elle indique même votre position dans l'organisation, ainsi que vos haut-faits. Par exemple, le prince Valérian est un commandant.

Le prince fit apparaître sa marque par sa simple pensée. De même couleur que celles des Poltergirls, le xénomorphe représenté était doté d'une « couronne ».

-Un détail très important, ajouta le Général. Cette marque est liée à votre loyauté envers l'organisation. Si pour une raison ou pour une autre, vous veniez à trahir l'Alliance, la marque disparaîtra. Cette disparition se fera sentir par tous les membres de l'Alliance qui traqueront les traîtres pour les exécuter.
-C'est horrible, répliquèrent les Poltergirls.
-Je comprends votre point de vue, clama le Général, seulement, essayez de comprendre le mien. On ne peut pas laisser les traîtres s'en tirer. De plus, cela apporterait la zizanie dans notre organisation s'il n'y a pas de châtiment à la trahison.

Les adjudants fantômes prirent la peine de réfléchir. Dans un sens, il fallait bien punir ceux qui osent trahir la confiance qu'on leur avait accordée. Le concept de débusquer les traîtres était ingénieux. Ce qui posait problème était la sentence qui était un trop brutale. Le Général coupa court au débat pour accorder la parole au prince qui put donner son opinion.

-Je n'ai aucune objection pour recruter des fantômes. Seulement, il est encore trop tôt pour qu'elles soient mes employées. D'abord, parce qu'elles n'ont pas fini leurs études. Ensuite, mon père finirait par les découvrir et se poserait des questions. Il y aura une enquête avec les conséquences fâcheuses que vous désirez éviter.
-Je suis d'accord avec monsieur Valérian, déclara Carla. Toutefois, nous aimerions savoir ce que vous comptez faire de nous.
-C'est tout naturel, répondit le Général. Vous allez terminer vos études et continuer votre formation de fantôme. Sur le plan des capacités physiques, je n'ai pas besoin d'intervenir. Par contre pour vos pouvoirs psychiques, c'est une autre histoire. Xezbeth sera ravi d'être votre professeur. Dans le même temps, vous réaliserez quelques missions pour l'Alliance, en plus des missions pour votre commandant. Ça vous va ?
-Oui, monsieur, répondirent les Poltergirls qui jugèrent la proposition assez honnête.
-Levons un verre pour nos nouvelles recrues qui vont sûrement apporter une aide précieuse à l'Alliance.
-Merci, Général, dit Sylvie très gênée, au fait, c'est quoi cette opération dont le prince a la charge ?
-En fait, il s'agit de récupérer 5 pièces d'un artéfact que l'on utilisera contre la Reine des Lames. Ainsi, nous libérerons Sarah Kerrigan, prisonnière de ce monstre sanguinaire. Cette dernière phrase est à prendre au sens figuré.

Les Poltergirls furent surprises d'entendre les deux dernières phrases de Mathio mais demander des détails serait inutile. Il y avait de fortes chances pour qu'il détourne la conversation.

-Ah, répondit Jennifer qui écoutait avec ses amies avec grand intérêt, pourquoi ne pas la tuer ?
-En fait, il y a deux raisons pour ne pas le faire. La première est que si la Reine des Lames meurt, Sarah Kerrigan mourra. Et la deuxième, c'est qu'elles ont un rôle capital dont le sort de plusieurs millions de vies dépend de la survie de la Reine des Lames. Voyez-vous, la véritable menace n'est pas la Reine des Lames mais une puissance encore cachée dans les ombres qui n'attend que sa mort pour agir.
-Je vois, fit remarquer Sylvie.
-Au succès de l'opération, s'exclama le Général en levant son jus d'orange.

Tous levèrent leur verre pour trinquer. Puis elles quittèrent l'hôtel par le passage secret. Elles rentrèrent chez elles, pensives de leur choix. Seulement, elles ne se doutaient pas que ce choix allait leur apporter bien plus qu'elles croyaient. En effet, une forme gigantesque s'approchait de la planète California et était porteuse de mauvais augure.
Le lendemain matin, les Poltergirls furent surprises d'apprendre ce qui s'était passé au centre de commandement. Un groupe de sbires de l'Alliance s'était introduit dans le centre de commandement et en avait pris le contrôle. A présent, l'armée de défense de la planète était soumise à l'autorité de l'Alliance. Le commandant conserva officiellement ses fonctions mais il lui était interdit d'avertir l'empereur ou autre autorité supérieure des faits et gestes de l'Alliance. Sinon, certains petits secrets compromettants du commandant pourraient finir entre les mains des supérieurs. Sans parler d'un soutien contre les Zergs si le commandant acceptait de fermer les yeux sur les activités de l'Alliance. Le ton employé pour exprimer ces « arguments » fut si convainquant qu'on pouvait aisément imaginer que l'Alliance tiendrait parole pour mettre ses menaces à exécution. Même si les troupes du Dominion venaient à débarquer, l'Alliance s'arrangerait pour faire piétiner l'enquête et sans nuire à la population. Du côté du commandant, difficile de refuser une telle offre pour protéger les habitants.

Comme il n'y avait pas cours le matin, elles allèrent prendre leur première leçon donnée par le nouveau professeur Xezbeth. Ce même individu que Mathio avait recommandé pour lui apprendre à maîtriser leurs pouvoirs psychiques. Se rendant dans la salle où elles avaient l'habitude de s'entraîner, elles le virent. Un homme vêtu du même manteau noir les attendait de pied ferme. Il avait amené avec lui des mannequins. A l'intérieur de leur crâne, on pouvait voir toute une petite machinerie permettant de simuler l'activité cérébrale. Voyant ses élèves, le démon se présenta :

-Bien le bonjour. Je suis Xezbeth, le démon de la Tromperie et également votre instructeur.

Devant la mine inquiète de ses élèves, le démon manipulateur tenta de calmer les choses.

-Allons, je ne vais pas vous jouer de mauvais tours ou vous tromper. Je suis vraiment ici pour vous apprendre des choses qui vous serviront dans votre boulot de fantôme. Notre première leçon portera sur la télépathie. Je sais ce que vous allez dire. Je le lis dans vos esprits. La preuve ? J'arrive à lire dans vos pensées sans forcer. Vous êtes peut-être douées pour lire mais nulles pour vous défendre.

A peine remise de leur surprise, les Poltergirls se concertèrent mentalement. Le démon avait raison. Elles n'avaient aucune expérience en termes de défenses mentales. Ce serait une faille qui pourrait s'avérer fatale dans un combat contre des adversaires possédant des pouvoirs psychiques. Reconnaissant cette lacune évidente, elles écoutèrent Xezbeth qui expliqua le fonctionnement du cerveau. Ensuite, il lui fit exercer avec les mannequins où elles devaient lire les pensées électroniques semblables à des pensées humaines. Il leur apprit également à protéger leurs pensées et à se dissimuler mentalement. Pour compléter ce cours, Xezbeth fit un discours imprégné de sa sagesse ?!

-L'esprit est semblable à l'eau. Lire dans les pensées, c'est comme se plonger dans cette eau. Se protéger dans les intrusions mentales, c'est rendre son esprit aussi solide que de la glace. Se dissimuler de l'esprit des autres équivaut à devenir de la vapeur d'eau.

Émerveillées devant cette comparaison, les Poltergirls ne virent pas leurs confrères masculins arriver. Ces derniers, furieux de voir un membre de la Boîte de Pandore, tentèrent de l'attraper mais ils passèrent à travers comme le démon n'était qu'en fait...

-Une illusion, dit fièrement Xezbeth, vous croyez m'avoir de cette façon ? Je suis quelqu'un de prudent. Une illusion de moi-même est suffisante pour gérer les affaires d'ici. Une dernière chose, cette planète est le contrôle de l'Alliance.
-Attends un peu qu'on raconte tout à Mengsk, menaça John, et après il te chassera d'ici.
-Je ne crois pas, répondit le maître de la manipulation, si vous le faites, vous devrez tout raconter : les Poltergirls, votre implication dans les opérations de l'Alliance, la raison de vos mensonges dans vos rapports. Les choses ne se passeront pas comme vous l'aurez prévu. Il est fort probable que l'on réquisitionne vos petites amies pour en faire des fantômes dociles, qu'on vous punisse pour avoir caché des choses au Dominion. Tout cela pendant que l'Alliance se tire sans perdre un seul homme. Qu'avez-vous à répondre à cela ?
-Vous nous le payerez, répondirent en même les fantômes masculins en brandissant leur poing.
-En attendant, vous devez aller manger, puis participer au cours d'arts martiaux et d'études des races extraterrestres.
-De quel droit vous vous mêlez de nos études, demanda Carla qui mettait un point d'honneur sur le sujet.
-Je ne faisais que détourner la conversation, répliqua le démon avant de faire disparaitre son illusion.

Comme il l'avait prédit, les fantômes commencèrent l'après-midi par un cours d'arts martiaux. Une matière où Sylvie excellait au point d'être la meilleure de sa promotion. Même John et ses amis qui venaient de l'Académie Fantôme étaient incapables de faire face à cette furie. Dès qu'elle était lancée dans un combat physique, rien ne pouvait l'arrêter.

Ensuite, vint le cours d'études des races extraterrestres. C'était naturellement le cours préféré des Poltergirls qui venaient toujours s'asseoir au premier rang. Aujourd'hui, le cours allait se montrer très instructif.

-Bonjour à tous, dit joyeusement le professeur Stallone, je vais vous parler de la classe dominante de l'Essaim. Si on observe l'Essaim, on pourrait les comparer à des insectes. Vous n'êtes pas sans ignorer qu'il existe des spécimens qui se distinguent des autres et possèdent des aptitudes pour commander dans une société d'insectes. C'est le cas pour les Zergs. Pour commencer, les dominants et les vigilants. Ces créatures volantes permettent d'accroître le contrôle sur une armée de Zergs. Plus il y en a, plus importante sera l'armée Zerg.

Les élèves repensèrent à ces créatures qu'ils avaient vues lors de l'attaque de la colonie secondaire. Pas une seule fois, ils n'avaient jamais pensé à les attaquer. Sûrement parce que les dominants ne présentaient aucun danger apparent.

-Avant la Reine des lames, poursuivit le professeur, l'Essaim était dirigé par le Maître-esprit, une créature immonde qui pouvait commander des millions de Zerg. Il était secondé par les Cérébrates, des sortes de cocons géants qui commandaient chacun une importante armée de Zergs. Les tuer était quasi impossible vu que le Maître-esprit les ramenait à la vie. Seul le pouvoir des Templiers Noirs pouvait l'empêcher en raison de la nature de leurs pouvoirs. Aujourd'hui, ces spécimens ne sont plus de ce monde.
-Dans ce cas, comment l'Essaim est-il dirigé, demanda Carla. La Reine des lames est-elle seule à le diriger ?
-Une excellente question, répondit l'enseignant, elle a aussi ses lieutenants qu'on appelle des mères des Couvées, suivies des reines de l'Essaim. Elles remplacent les Cérébrates.
-Pourquoi ne pas avoir gardé les Cérébrates, questionna Sylvie.
-Une autre bonne question. La Reine des Lames n'avait aucune confiance envers ces créatures. De plus, les Cérébrates auraient pu se révolter en créant un nouveau Maître-esprit, chose intolérable pour la Reine de l'Essaim. De plus, les mères des Couvées ont été conçues pour obéir à la Reine des Lames dès le début. Au passage, je vais vous faire part d'une théorie : on pense que ces reines sont de potentielles candidates au trône si la Reine des Lames venait à disparaitre. Enfin, on peut que spéculer au vu de leur autonomie et de leurs capacités intellectuelles.

Soudain une alarme sonna dans toute la ville. Une nouvelle attaque des Zerg. Au-dessus de California, un second Léviathan larguait des milliers de Zergs. Pendant ce temps, les Terrans préparèrent leurs défenses. Depuis la dernière attaque, ils avaient renforcé les défenses et fabriqué davantage de véhicules de combat. Prenant les mêmes positions défensives que lors de la première vague, les soldats attendaient la venue de ces saletés de bestioles.

Au centre de commandement, on était beaucoup plus inquiet qu'au début des hostilités. Le commandant demanda un rapport détaillé du terrain. Voici ce qu'il entendit :

-Un second Léviathan a récemment fait son apparition. Il est la cause de ces nouveaux renforts qui ont conjugué leurs forces avec les Zergs dans les montages. A l'heure où nous parlons, ils ont encerclé 10 villes. 8 autres villes sont sur le point de l'être aussi. Les défenses sont robustes mais de lourdes pertes sont à prévoir.

Le commandant était à présent dans un cruel dilemme. Soit il ordonnait de faire évacuer au risque de lourdes pertes civiles, soit affronter l'Essaim mais le risque que les défenses cèdent était élevé. Sur le seuil de la salle, le prince Valérian observa le commandant dans son dilemme. Soudain, il reçut un appel de son communicateur portable qu'il décrocha. Un hologramme du Général Mathio apparut.

-Tout est prêt, mon Général, demanda l'Héritier.
-Oui, au moment voulu, ils frapperont et répandront le chaos dans les rangs Zergs, jubila le Général qui ne cachait pas son impatience d'assister au spectacle qu'il avait préparé. Assurez-vous de minimiser les pertes humaines. Ça débutera votre campagne pour la succession de votre père.
-Compris, répondit le prince en esquissant un sourire devant la plaisanterie.

Puis il raccrocha. Des soldats en armure de marine arrivèrent derrière lui. D'un signe, le prince Valérian guida ses hommes vers la salle de commandement.
Le commandant était encore en pleine réflexion. Les lieutenants attendaient ses instructions pour les transmettre. Il fallait faire vite car les Zergs allaient attaquer d'une minute à l'autre. Soudain, une personne inconnue de la salle ordonna un ordre des plus inattendus :

-Faites donner l'ordre d'évacuer. Les soldats ne peuvent gagner ce combat.
-Qui êtes-vous, demanda le commandant avec colère, et que faites-vous ?
-Je suis là pour vous empêcher de prendre la mauvaise décision, répondit le prince calmement avant de s'adresser aux lieutenants, dites aux soldats d'escorter les civils vers les villes fortifiées.
-Vous êtes fous ? Les Zergs volants ne feront qu'une bouchée des transports aériens. Quant au réseau de train, les rails sont bloqués par les Zergs.
-Seulement, je connais quelqu'un qui a un plan qui permettra de faire diversion.
-Qu'attendez-vous pour le faire ?
-Le plan ne pourra se mettre en place que si l'évacuation est ordonnée. Et vous, qu'attendez-vous ? Dépêchons, des vies humaines sont en jeu.

Le prince Valérian avait hélas raison. Deux villes furent rasées par les Zergs. Le sort des habitants était évident : aucun survivant. Dans les autres villes attaquées, tout le monde évacuait. Les habitants montaient à bord amenant leurs biens les plus précieux. Les soldats formaient un périmètre de sécurité pour maintenir les Zergs hors de portée des civils. Pour l'instant, ça allait mais pour combien de temps ? Au centre de commandement, le commandant s'impatientait.

-Bon sang ! On a fait ce que vous avez demandé !! Où est votre diversion ??!!!

Névrosa observait par la télépathie l'avancée de sa couvée. Faire venir un second Léviathan fut une excellente idée. A présent, ces renforts avaient permis de renverser la situation. Deux villes détruites, c'était un bon début. Les Terrans essayaient de fuir ? Quelle naïveté ! Mais au moins, ça rendait les choses plus amusantes. Soudain une chose étrange se produisit et Névrosa la sentit. Certains de ses enfants se faisaient massacrer mais pas par des Terrans. Elle observa par les yeux d'un zergling pour chercher la cause de ce mal. Seulement, il fut tué pour une raison inconnue. Ce n'était pas par une arme Terran. On aurait dit que c'était une bête sauvage qui avait fait le coup. Impossible ! Les autres Zergs se seraient aperçu de la présence d'un corps étranger dans leurs rangs. A moins que... Non, c'était impossible ! Les Zergs étaient supposés obéir à leur reine. La possibilité que les coupables soient des Zergs sauvages était à écarter. En effet, ces Zergs étaient connus pour ne plus avoir de maître. Ce genre de créature était incapable d'établir des plans élaborés. L'unique possibilité serait que ces Zergs soient sous le contrôle d'une entité capable de diriger des Zergs. Ne connaissant pas la réponse, Névrosa chercha à identifier ses ennemis. Comme ça, elle pourra guider ses troupes. Hélas, elle ne parvenait pas à démasquer les renégats. Tous semblaient manifester une loyauté sans faille et tous avaient cessé de bouger. Paniquée, elle ordonna à ses enfants d'identifier les traîtres et de les tuer.

Ce fut une véritable mêlée. Les Zergs, étant incapables de démasquer les renégats, se massacrèrent sans distinction. Sur le champ de bataille, les Terrans furent grandement surpris de ce revirement. Ne pouvant trouver des réponses, ils profitèrent de la confusion pour terminer l'évacuation. Grâce au manque d'intention des Zergs, ils parvinrent à atteindre les villes fortifiées sans encombre. La Mère des couvées Névrosa fulminait d'assister à ce triste spectacle. Les Terrans qui avaient réussi à fuir, son armée qui se décimait d'elle-même en cherchant des traîtres qu'on ne pouvait identifier. A contrecoeur, elle ordonna la retraite. Ses troupes cessèrent de se battre partir rejoindre les colonies. Durant l'assaut, Névrosa avait fait construire de nouvelles colonies secondaires et tenu à l'écart ses meilleurs guerriers comme les seigneurs-vermines. C'était plus le plus important à faire. Avec ces renforts, détruire ses colonies sera plus difficile pour les Terrans. Il leur faudrait une véritable armée pour faire le ménage.

Au centre de commandement, tout le monde criait de joie. Malheureusement, ce succès avait coûté la vie des habitants de deux villes. Tous, le commandant compris, avaient été surpris de ce qui venait de se passer. Seul le prince Valérian semblait connaitre la raison pour laquelle les Zergs s'étaient battus entre eux. Le commandant se tourna vers le prince avec un mélange de honte et d'agacement.

-Je reconnais que votre plan a permis de sauver de nombreuses vies. Mais si le contraire s'était produit, je vous aurais fait payer cher, très cher.
-Aucun risque, répliqua l'héritier du trône. C'est le Général Mathio qui a conçu ce plan.
-Le Général Mathio ? Alors vous êtes...
-Un de ses subordonnés, vous faites erreur. C'est juste un associé comme entre vous et lui. Si vous avez la bonté de ne rien dire à...
-Oh ! Prince Valérian ! Que faites-vous ici, demanda Sylvie accompagnée de ses amies.
-Prince, s'écria le commandant qui ne s'attendait pas à rencontrer une telle personnalité.
-Comme le disait la demoiselle, je suis le prince Valérian. Vous devinerez sans peine que mon père est l'empereur. Aussi, j'aimerais qu'il ne sache rien que ce que j'ai fait et ce que je fais ici. Compris ?

Le commandant regarda le prince avec grande attention. Soudain, il prit ses jambes à son cou, paniqué, pour se réfugier dans son bureau. Mathio, qui avait observé la scène par les caméras de surveillance qu'il avait piratées, envoya un message télépathique aux Poltergirls pour leur demander à discuter ailleurs avant de les joindre par le communicateur du Prince Valérian :

-Je crois qu'il a été grandement surpris d'apprendre que l'empereur a un fils. Sinon, mes demoiselles. Votre premier cours avec Xezbeth, c'était comment ?
-Oh, il était excellent, répondit Carla. Il faut dire qu'il avait une sacrée présence en dépit de ne pas être sur place.
-Pardon, demanda le Général, mais je ne comprends pas ce que vous voulez dire.
-En fait, intervint Iris, c'est une illusion du professeur qui a fait les cours.
-C'est vrai, Xezbeth a toujours cette manie de se méfier de la parole des mortels, se rappela Mathio. Il craint souvent pour sa sécurité. Surtout quand il est seul.
-Dites, Général, demanda timidement Jennifer, on a entendu que vous avez réussi à repousser les Zergs.
-Vous voulez savoir comment ? Soit. Attendez que je vous montre ceci.

Le « ceci » n'est qu'autre qu'un zergling que Mathio ordonna de se placer sur une table. Une marque bleue représentant un xénomorphe s'illumina. De toute évidence, cette marque n'était pas là par hasard.

-Cette marque, présenta le Général, me permet de contrôler ces Zergs. Grâce à eux, j'ai pu semer la confusion dans leurs rangs. Pour prévenir les Zergs d'identifier les traîtres, nous avons équipés nos propres Zergs d'écrans psi que nous avons modifié pour émettre de fausses pensées. Evidemment, ce petit système est caché grâce à un mini-réacteur Möbius. La suite, vous la connaissez.
-Je ne sais pas pourquoi, dit Sylvie, mais s'il y a bien quelqu'un qui aurait trouvé un tel plan, c'est bien vous.
-Dites, mon Général, demanda Carla. Comment avez-vous eu ces Zergs ? Ça n'a pas dû être une chose simple de les marquer.
-En effet mais je ne peux répondre à la question pour le moment. Sinon, je devrais tout raconter et cela inclut Sylvestre. A bientôt.

Mathio raccrocha puis partit avec ses frères d'armes pour préparer un nouveau mauvais tour dont il avait le secret. Et la victime allait sévèrement déguster.
Profitant de ce week-end ensoleillé et paisible, les Poltergirls avaient décidé de passer l'après-midi au centre commercial. Elles avaient invité la bande des machos, comme elles aimaient les appeler, pour passer du temps avec eux. En théorie, ils ne devraient pas poser de problème. La seule personne qui allait causer des problèmes, c'était Iris. Sa passion pour la mode était si forte que ses achats d'une journée pouvaient remplir deux placards. Sans parler du soin excessif qu'elle portait à sa combinaison de fantôme. Heureusement, Jennifer, l'experte informatique, avait conçu un ingénieux système pour freiner les désirs ardents de son amie. Un compte contenant son budget lui a été donnée. Le reste de l'argent lui était interdite d'accès pour éviter de se retrouver sur la paille.

Le prince Valérian était reparti pour Korhal convaincre son père d'envoyer des renforts pour la planète California. La stratégie du Général Mathio était efficace mais ce n'était qu'une question de temps avant que les Zergs trouvent une parade. D'ailleurs, Mathio était parti pour une « opération de la plus haute importance » selon ses propres dires. Quant à Sylvestre, on ignorait encore où il se trouvait.

Carla était partie à la bibliothèque pour préparer les partiels qui allaient arriver. Jennifer était allée acheter du matériel électronique pour perfectionner une de ses inventions à ajouter sur sa combinaison de fantôme. Iris était partie rejoindre le centre commercial. Avec un budget restreint, elle devrait se montrer plus économe. Sylvie passa l'après-midi avec John. Tous deux allèrent faire les boutiques, s'amuser au parc d'attraction et enfin boire un verre au café. Tous deux buvaient un bon jus de fruits. John était angoissé de parler de sujets fâcheux. Il ne voulait en aucun cas ruiner la journée qui avait si bien démarré. D'un autre côté, il n'approuvait pas les méthodes et les activités du Général Mathio et de son organisation. Sylvie, de son côté, sentait ce qui tourmentait John. Elle ne pouvait lui révéler son « affiliation » à l'Alliance. Heureusement, les cours prodigués par le démon Xezbeth furent fort utiles car elle put mentalement dissimuler cette information à John. Enfin, John osa :

-Sylvie, j'ai longuement réfléchi à propos de l'Alliance. J'admets qu'ils ont apporté une aide précieuse mais on ne peut pas leur faire confiance.
-Pourquoi, demanda Sylvie qui l'écoutait avec grande attention.
-Vois-tu, on ne connait rien d'eux et de leurs intentions. Quand quelqu'un t'offre son aide, tu dois t'attendre à en payer le prix. De nos jours, l'humanité doit être unie pour faire face aux menaces extraterrestres.

La dernière phrase de John fit réagir Sylvie. De quelles menaces parlait-il ? Des Zergs et des Protoss ? Mathio avait parlé d'une menace plus dangereuse qu'eux. Seulement, il n'a pas donné de détails mais Sylvie en savait assez pour commencer à percevoir les plans de Mathio. Elle opta une approche amicale pour convaincre John à revoir ses positions.

-Tu n'as pas tort sur certains points. S'ils nous cachent des choses, c'est qu'ils ont sûrement une bonne raison.
-Vraiment ? Ce n'est pas moi qui prends des leçons avec un démon comme professeur.
-ça, c'est parce qu'il est meilleur qu'un mec qui a eu l'audace de demander de sortir avec moi en échange d'une aide à utiliser mes pouvoirs psychiques.

John fut pris d'un coup de déprime. Il savait de qui elle parlait. Le simple fait d'y penser réveillait en lui le souvenir des gifles douloureuses qu'elle lui avait administré. Soudain, dix personnes vêtues de manteaux noirs arrivèrent essoufflés au café. Ils prirent à une table voisine pour boire des bouteilles de 2 L qu'ils burent cul sec.

-Quelle journée, s'écria un démon de la Boîte de Pandore
-Dites, demanda John, on vous dérange ?
-Non, répondit Mathio qui sortit une seconde bouteille de son manteau. Quelle journée !! On n'a jamais couru aussi vite.
-Que s'est-il passé pour que vous ayez eu besoin de courir, interrogea Sylvie.
-En fait, nous sommes allés rendre une petite visite à une personnalité de Korhal, s'expliqua un démon.
-Nous avons eu une conversation « amicale » avec lui, continua un autre démon.
-C'est vrai ce mensonge, demanda Sylvie d'un air inquisiteur.
-Ok, on avoue, répliqua un troisième démon. Comme on n'aimait pas ce type, on s'est « amusé » avec lui.
-Ce type était ignoble, intervint un démon de sexe féminin, vous n'avez pas idée du peu d'intérêt qu'il a pour les autres.
-Ajoutez ses sinistres activités et ses crimes, ajouta un cinquième démon, et vous comprendrez qu'on ne peut lui accorder notre confiance. Par conséquent, il ne pourra jamais être membre de notre organisation.
-Tant mieux, répliqua John. Qui voudrait faire partir d'une telle organisation ?
-John, s'écria Sylvie en tapant ce dernier avec le coude. Tu devrais essayer de les connaitre. Ils ne sont pas si méchants. De plus, la loyauté est le mot d'ordre de l'Alliance. S'ils ne veulent pas de cette personne, c'est qu'il représenterait un danger s'il devenait membre.
-Merci, jeune fille, intervint Xezbeth. Je suis ravi de voir une de mes apprenties comprendre les raisons de notre refus envers cet homme. En effet, il nous trahirait sans la moindre arrière-pensée au moment qu'il jugera opportun. De plus, il est incompatible avec nos plans.
-Incompatible ? Que voulez-vous dire, demanda John.
-C'est simple, répondit Mathio. Nos plans dans le secteur de Koprulu se résument en ces points : un, recruter des alliés dans le secteur de Koprulu. Deux, vaincre une menace plus dangereuse que l'Essaim. Trois, dominer le secteur de Koprulu. La contradiction apparait dans le premier point. L'homme dont nous parlons n'accepterait jamais d'être aux côtés d'un futur allié que nous comptons intégrer dans l'Alliance. De plus, ce même allié voue une haine féroce envers celui que nous avons corrigé.
-Je vois, commenta Sylvie. C'est logique.
-Et qui avez-vous corrigé pour prendre la fuite aussi vite, interrogea John dont la question lui tenait tellement à coeur.
-Plutôt que vous le dire, regardez ces photos, dit un démon en tendant des photos.

Le couple de fantômes prit les photos et les regarda avec attention. Sur ces photos, on pouvait voir les membres de la Boîte de Pandore saccager un magnifique bureau. Derrière ce bureau, se trouvaient des écrans de surveillance qui connurent le même sort que le bureau. Sur les côtés latéraux, il y avait des vitres en guise de murs où on avait une belle vue sur Korhal. La pièce dans laquelle se trouvait le bureau était fort luxueuse et reflétait une certaine noblesse du propriétaire des lieux. En continuant à regarder les photos, Sylvie en trouva une qui représentait une situation douteuse. Une vitre était cassée. Un homme, probablement le propriétaire du bureau, était ligoté à sa chaise qui était en équilibre au bord de la vitre brisée. Une corde le retenait de tomber. La peur se lisait sur son visage. En regardant la malheureuse victime de ces démons, Sylvie avait une sensation de déjà-vu. En effet, elle avait l'impression d'avoir déjà vu cet homme. C'était normal au vu de ses vêtements de noble. Surement quelqu'un bien placé dans la hiérarchie du Dominion. Elle vit John pétrifié à la vue de la photo. Ce dernier fit par lâcher ceci :

-Vous avez osé attaquer l'empereur !?
-Ouais, répondirent les 10 démons qui jubilaient de joie pour ce qu'ils avaient fait.

Sylvie réalisa enfin la gravité des actes de ces dangers publics. Ils avaient attaqué Arcturus Mengsk pour des raisons personnelles. Mais le plus intriguant, c'était comment les démons avaient-ils fait pour s'introduire dans le palais de l'empereur, la place la mieux gardée de tout le Dominion. Soudain, la Boîte de Pandore se leva, reprit les photos et partit comme des gens ordinaires. John et Sylvie demeurèrent stupéfaits devant la nonchalance de ces démons qui venaient de défier l'empereur en personne. Pourtant, ils ne montraient aucun signe d'inquiétude. Surement à cause des cagoules qui dissimulaient leur visage. S'il y avait bien une chose que Sylvie était sûre : Ne jamais sous-estimer ces démons et de ne pas se fier aux apparences.

D'ailleurs, quelques heures plus tard, toute l'armée du Dominion apprit l'agression de l'empereur et que ses agresseurs étaient en fuite. Personne ne savait comment ils s'étaient introduits dans le bureau de Mengsk. La version officielle fut que des rebelles anti-Dominion s'étaient faits passer pour des techniciens de réparation. Beaucoup ne crurent pas à cette version des faits mais nul n'avait d'explications logiques.
Les Poltergirls commencèrent un nouvel entrainement : celui de maîtriser leurs pouvoirs personnels. Sylvie créait des boules d'énergie qu'elle lança sur des cibles mouvantes. Carla usa de téléportation pour atteindre divers points précis distants tout en traversant plusieurs obstacles. Iris manipulait l'air pour s'élever dans les airs. Jennifer travaillait avec Zabulon, le démon de la Folie, sur les combinaisons de fantômes. Son manteau noir dissimulait une intelligence qui frôlait le délire. Ils ajoutèrent divers équipements qui allaient se montrer utiles pour les prochaines missions. A la fin de l'entrainement, Zabulon présenta ses ajouts :

-Je commence avec les équipements communs. Vous possédez toutes un communicateur intégré dans votre combinaison. Cela vous permettra de communiquer avec des personnes dont il sera difficile de communiquer par télépathie. Pour des raisons de distances, par exemple. Ensuite, le système de camouflage, on ne change pas une équipe qui gagne.

Le démon de la Folie fit une pause avant d'entamer sa présentation sur les spécificités de chaque combinaison.

-Sylvie, ta combinaison a été modifiée pour être capable de stocker l'énergie psionique. Pratique pour réaliser des attaques plus puissantes. Carla, tu pourras élargir ton champ d'action. Tu n'as plus besoin de toucher les choses pour les téléporter avec toi. C'est avec ta combinaison améliorée que tu pourras réaliser cette prouesse. Iris, au niveau des poignets. Jennifer, ta combinaison possède, à présent, un ordinateur intégré et adapté à ta technopathie. Tu pourras pirater n'importe quel système informatique sans te trimballer du matériel encombrant.

Ensuite, Zabulon donna 4 bijoux aux Poltergirls, expliquant qu'il s'agissait en réalité des communicateurs dans le cas où elles ne portaient pas leur combinaison de fantômes. Iris craqua sur ces « petits bijoux » et voulut tous les prendre. Mais ses amies durent réfréner ses pulsions en la retenant. Les communicateurs reçurent un appel. Il s'agissait de Mathio qui voulait vérifier si les communicateurs marchaient. Soudain, une voix dans le haut-parleur demanda les Poltergirls de se rendre à la salle de commandement. Le commandant et le professeur Kappa les y attendaient. Arrivées sur place, elles purent connaitre leur nouvelle mission.

-Comme vous le savez, dit le commandant, les Zergs sont revenus en force. Le prince Valérian est parti convaincre son père de nous aider. Nous ignorons quelle sera l'issue de cet entretien. En attendant, nous avons besoin de nouvelles armes.
-Il se trouve qu'il existe un laboratoire de recherches, compléta le professeur Kappa. Il se trouve à environ 7 km des montagnes.
-Mais c'est dans le territoire Zerg, fit remarquer Carla.
-En effet, répondit le commandant, d'ailleurs nous avons perdu le contact avec ce centre de recherches. Nous pensons que le personnel ait été décimé ou pire. Votre mission sera simple : récupérer les plans des armes anti-Zerg sur lesquels ils travaillaient. Si vous le pouvez, essayez de récupérer les armes en question.

Sans perdre un instant, les Poltergirls allèrent se changer puis partirent pour le centre de recherches scientifiques à bord d'un médivac. Le ciel était dégagé, il était donc facile de repérer des Zergs volants aux alentours ? Par chance, il n'y en avait pas. Le voyage jusqu'à la base se déroula sans problème. Le médivac atterrit sur la piste d'atterrissage. Les Poltergirls en descendirent pendant que les marines mettaient en place un périmètre de sécurité. Elles entrèrent par la lourde porte d'accès pour entrer dans le hangar. La base où elles se trouvaient était un immense bâtiment entouré d'un mur épais et haut, empêchant les Zergs de s'y introduire. Du moins en théorie, car le personnel semblait avoir disparu. Soudain, les fantômes entendirent des cris non humains. Prudentes, elles fermèrent la porte et activèrent leur camouflage. C'était à ce moment qu'elles virent l'horrible spectacle : des marines contaminés. Ces marines étaient recouvertes de biomasses Zerg et avaient perdu toute humanité. Ils patrouillaient en titubant devant les Poltergirls qui étaient horrifiées. Se rappelant de la mission, elles progressèrent sans attirer l'attention des contaminés. Elles commencèrent par chercher les laboratoires où elles espèrent trouver des ordinateurs qui stockeraient les données qu'elles cherchaient. Heureusement, un plan du bâtiment les guida jusqu'à l'ordinateur central. Elles rejoignirent la salle en question. La salle était remplie d'ordinateurs mais un seul se distinguait des autres. De toute évidence, c'était l'ordinateur le plus important de la base. Jennifer s'approcha discrètement de l'ordinateur central. Son système de piratage nécessitant beaucoup d'énergie, Jennifer désactiva son camouflage et commença à pirater l'ordinateur. Ses amies surveillèrent les accès pour s'assurer qu'aucun contaminé ne s'approchait de Jennifer.

Seulement les choses allaient prendre une tournure inattendue. Deux contaminés qui étaient allongés dans la salle se réveillèrent. Ils virent Jennifer en train de pirater. Animés par leurs instincts de Zerg, les contaminés se jetèrent sur elles. Carla fut la première à s'apercevoir de la menace. En un quart de seconde, elle tira sur les deux contaminés. Ses tirs firent mouche et tuèrent les contaminés. Quand Sylvie se rendit compte de la situation, elle faillit laisser éclater sa colère. Ses amies connaissaient bien son sens de la justice et son opinion sur les contaminés. Hors de question de les tuer maintenant qu'on pouvait les sauver. Les autres Poltergirls pressentirent qu'il allait y avoir une sérieuse discussion sur le sujet après la mission. Pour l'instant, il fallait récupérer les dernières données. Quelques secondes plus tard, Jennifer avait terminé de charger les données. Sans perdre une seconde, les Poltergirls partirent à toute vitesse vers la sortie en espérant de ne pas tomber sur des contaminés.
Quand elles arrivèrent au hangar, elles eurent une mauvaise surprise. Les contaminés avaient formé une ligne devant la porte pour empêcher les intrus de s'échapper. Des vigilants volaient au plafond. C'était mauvais signe car ces créatures pouvaient détecter les ennemis camouflés. Il fallait donc éliminer ces saletés de détecteurs mais ce serait de révéler sa position aux contaminés qui se rapprochaient dangereusement des Poltergirls. Sylvie, refusant de laisser les choses tourner à leur désavantage, attrape le contaminé le plus proche et le projeta vers un groupe de contaminés. Profitant de la pagaille causée, elles tentèrent de fuir vers un endroit plus sûr mais plus elles avançaient, plus l'étau des contaminés se resserrait. Il vint un moment où toute possibilité de fuir était impossibilité.

-On n'a plus le choix, dit Carla. On doit les combattre, quitte à en tuer.
-Il en est hors de question, rugit Sylvie.
-C'est ça ou on se fait tuer, tenta de convaincre Iris.
-Si ça avait été de simples Zergs le problème aurait été vite réglé, dit Jennifer. Seulement, nécessité fait loi. Ces gens préféraient mourir que de tuer leurs camarades.
-Mais on peut les sauver, dit Sylvie obstinée.
-On aimerait bien, nous aussi, répondit Carla. Le temps que ça arrive, on sera déjà morte. Personne ne nous blâmera de tuer des contaminés.

Sylvie avait du mal à contredire ses amies. Elle savait qu'elles avaient raison mais elle désapprouvait cette idée. Toutefois, elle finit par lâcher un :

-On en reparlera.

Ses amies connaissaient ce ton et ça ne présageait rien de bon. Alors que les contaminés approchaient dangereusement de nos héroïnes. Ces dernières, sauf Sylvie, se préparèrent à ouvrir le feu. Soudain, des coups de feu retentirent. Des renforts arrivaient. Profitant de la confusion, les Poltergirls faussèrent compagnie à leurs poursuivants qui allaient rejoindre leurs camarades en difficulté par la venue des renforts. Quelle ne fut pas leur surprise de voir le groupe de John accompagné d'un important commando de flammeurs et de de marines. En l'espace d'un instant, les contaminés eurent le même sort que des saucisses grillées au barbecue.

-Salut, les filles, dit John. Je vois qu'on arrive à temps.
-Que faites-vous là, demanda Sylvie.
-Le commandant nous a envoyés pour vous aider, expliqua David. Quand il a découvert la présence de vigilants, il a vite dépêché un régiment pour nettoyer la zone.

Tout le monde repartit avant que les contaminés reviennent à la charge. Les médivacs partirent quand tout le monde fut monté à bord. Plus tard, les usines lancèrent la production des nouvelles armes anti-Zergs. Mais ce que peu de gens savaient, c'était qu'une colère avait éclaté et ça allait faire mal.
L'ambiance au centre de commandement était morbide. En effet, Sylvie, une des fantômes de l'escouade des Poltergirls avait jeté un regard glacial au commandant, à son père et à l'armée. La raison ? Avoir tué des contaminés alors qu'on pouvait les sauver. D'un côté, ce sentiment était compréhensible mais de l'autre, ils n'avaient pas eu le choix. C'était les contaminés ou les Terrans. Le commandant n'eut pas le courage de la contester. D'ailleurs, il aurait dû anticiper la présence de contaminés vu que la base militaire était dans le territoire des Zergs mais on ne peut changer le passé. Pour le moment, il fallait raisonner Sylvie que son entêtement était louable mais tournait au ridicule. Ses amies tentèrent le coup mais il en résultât une violente dispute qui se termina par le départ de Sylvie dans sa chambre. Les 3 Poltergirls étaient attristées de se fâcher avec leur amie. En 15 ans d'amitié, c'était la première dispute sérieuse qu'elles avaient eu. Carla, Iris et Jennifer ne purent s'empêcher de pleurer. Cette dispute les avait profondément blessées.

Du côté de la Boîte de Pandore, on aimerait intervenir mais ce serait prendre le risque d'empirer les choses.

-Général, demanda le professeur Kappa, j'aimerais que vous fassiez quelque chose pour calmer ma fille. Son grand coeur l'a souvent poussé à aider les gens quand ils avaient de gros problèmes. C'est sûrement pour cela qu'elle a accepté de devenir fantôme.
-J'aimerais bien, professeur, répondit Mathio, mais je ne suis pas doué pour ce genre de situation. Aucun de mes pouvoirs ne me permettra de résoudre cette crise.
-Comment, s'écria le père de Sylvie. Vous vous dites un puissant démon mais vous êtes incapables d'aider ma fille ?!
-Si c'était pour affronter la Reine des Lames, je l'aurais fait sans hésiter mais là, on parle d'un autre type de combat. Un combat auquel je n'excelle pas.
-Croyez-nous, monsieur, il est préférable d'attendre qu'elle se calme, dit Xezbeth. Peut-être qu'après, elle sera plus enclin à écouter.
-La connaissant, expliqua son père, ça risque de prendre un bon moment.

Dans sa chambre, Sylvie pleurait. Le fait de s'être disputée avec ses amies lui avait déchirée le coeur. Ce n'était pas une petite dispute comme la fois où Iris a tenté d'acheter en douce un vêtement onéreux. C'était bien plus grave et plus intense qu'habitude. On parlait de vies humaines. Certes, ils étaient contaminés mais on pouvait à présent les sauver grâce à un remède récemment créé à partir des spores de Sylvestre. A ses yeux, elle estimait avoir raison mais son coeur lui disait le contraire. Du moins, qu'il fallait faire ce que les autres avaient fait. Ce dilemme dans son coeur prolongeait son chagrin. Sylvie aimait beaucoup ses amies et détestait de se disputer. Généralement, elle essayait toujours de trouver une solution rapidement mais là, c'était elle la cause.

Alors que Sylvie continuait à noyer son chagrin dans les larmes, un portail des ténèbres s'ouvrit dans sa chambre. Une mystérieuse personne, vêtue d'un manteau semblable à celui que portaient les membres de la Boîte de Pandore mais de couleur pourpre, en sortit. Cette apparition n'avait pas échappé à la jeune fantôme.

-Qui êtes-vous, demanda-t-elle intriguée.
-Quelqu'un qui ne souhaite pas que cette situation perdure, expliqua l'inconnue d'une voix douce, amicale et rassurante.

Une telle voix ne pouvait que toucher Sylvie qui, sans le savoir, sentait qu'elle devait se confier à quelqu'un.

-Madame, j'ignore qui vous êtes mais pouvez-vous m'aider ?
-Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour apaiser ce vilain chagrin, affirma la charmante femme. Mais d'abord, raconte-moi ce qui s'est passée.
-Eh bien, commença Sylvie. Ça s'est passé pendant la dernière mission. On devait récupérer des plans dans une vieille base militaire. Elle était occupée par les Zergs qui avaient contaminé la totalité du personnel. Au cours de la mission, des contaminés ont failli tuer une de mes amies. Une autre de mes amies les a tués pour la sauver.
-Je vois, dit la mystérieuse femme, j'imagine qu'il fallait réagir au quart de seconde pour éviter.
-C'est ce qui s'est passé, confirma Sylvie. C'est là que j'ai commencé à m'énerver. En essayant de sortir, on a été attaquée par les contaminés. Si les renforts n'étaient pas arrivés à temps, je ne sais pas ce qui se serait passé.
-hm, pensa l'inconnue au manteau pourpre. Je pense que tu t'es emporté un peu vite.
-C'est possible, admit Sylvie, mais maintenant, mes amies doivent me détester. Je les ai blessées à cause de mon caprice.
-Je n'en suis pas aussi sûre, rétorqua la femme mystère. Tes amies s'inquiètent pour toi tu sais. Alors, il n'est pas trop tard pour se réconcilier.
-Vraiment, interrogea Sylvie.
-Et tu te dis télépathe, taquina la mystérieuse femme. Ecoute leurs pensées et tu sauras que malgré cette dispute, elles souhaitent plus que toute la réconciliation.

Sylvie suivit son conseil et vit que l'inconnue avait raison. Même si ses amies pleuraient, elles gardaient l'espoir de se réconcilier avec Sylvie. Cette dernière en avait les larmes aux yeux.

-Du calme, dit le manteau pourpre, si ça peut t'apaiser, je vais te chanter une chanson. Tu vas adorer.

Sylvie accepta et fut loin d'être déçue. Le chant de l'inconnue au manteau de pourpre était magnifique. Rien que l'entendre la mettait dans un état second. La colère et le chagrin la quittaient. Elle sentait qu'elle allait s'endormir. Dans la salle de séjour, les amies de Sylvie entendirent la douce chanson et en furent affectées. Le sentiment de crainte et de chagrin disparaissait comme un fantôme à la lumière du jour. L'espoir de renouer leurs liens avec leur amie devint de plus en plus fort. Cette chanson, si magnifique, se faisait entendre sur toute la planète. Tous qui l'entendaient étaient charmés sans savoir pourquoi. Carla, Iris et Jennifer se rendirent à la chambre de leur amie. Elles frappèrent puis ouvrirent pour voir la femme vêtue d'un manteau de couleur pourpre poser une couverture sur Sylvie qui dormait. S'apercevant de la présence des 3 autres Poltergirls, l'inconnue se tourna, ne manifestant aucune agressivité à leur égard. Seulement de la compassion et de la sympathie. Finalement, elle décida à parler :

-Vous avez une amie remarquable.
-Merci, répondit Carla touchée par le compliment en même temps que les deux autres.
-Vous devriez toujours chérir cette magnifique fleur appelée « amitié ». C'est ce qui vous permettra de survivre malgré les difficultés que vous devrez affronter. Et même si l'une d'entre vous venait à disparaitre, tant que vous ne l'oublierez pas, elle vivra pour toujours.
-C'est beau, répondit Iris, mais nous ne comptons pas mourir.
-Je le sais, dit l'inconnue, d'ailleurs, si je peux me permettre d'un bon conseil pour votre avenir.

Les trois Poltergirls furent soudainement intriguées par les paroles de cette femme. Serait-elle une voyante ?

-Votre avenir ne pourra être le plus radieux que si vous continuez à servir l'Alliance Démoniaque.
Ok ! Ça sentait la propagande à plein nez mais le manteau pourpre insista pour dire que c'était vraiment l'avenir qu'elle avait vu.
-Je ne mens pas. Sachez que nous allons nous revoir. Quand la reine de pique vous rendra une petite visite. J'oubliais aussi. Je ferais aussi une apparition à l'endroit le plus hanté du Dominion. Bye.

Elle disparut dans un portail des ténèbres, laissant les filles ébahies. Le lendemain matin, Sylvie se réveilla de bonne humeur à la grande joie de ses camarades. A leur grande surprise, elles entendirent leur amie s'excuser :

-Je suis désolée pour vous avoir hurlé dessus. Tout ce que je souhaitais, c'était d'aider ces malheureux. A présent, je ne veux plus qu'on se dispute pour quelque chose d'aussi puérile. Aussi, je ferais tout pour ne pas exploser la prochaine fois sur le sujet des contaminés. Je tiens trop à notre amitié pour la voir détruite pour des sentiments qui pourraient nous coûter la vie.

Touchées par la sincérité de Sylvie, ses amies l'entrelacèrent dans leurs bras, signant ainsi la réconciliation. Au centre de commandement, l'ambiance était devenue beaucoup sereine depuis que Sylvie avait retrouvé sa joie de vivre. Au manoir du Pandémonium, dans la loge VIP, la mystérieuse femme au manteau pourpre savourait un bon jus de fruits avant de réaccorder sa guitare. Soudain, un portail des ténèbres et Mathio en sortit, l'air fâché.

-Décidément, tu es irrécupérable. Qu'est-ce qui t'as pris de te mêler de cette dispute ?
-Et alors, demanda le manteau pourpre, l'important, c'est qu'elles se soient réconciliées. Ça t'aurait bien embêté si cette situation avait duré. Et puis, je refusais de voir une amitié aussi belle, aussi pure détruite pour pas grand-chose.
-Je l'admets, reconnut Mathio. Je n'étais pas très enthousiaste à t'appeler pour résoudre ce problème. Mais cet incident pourrait bien revenir un moment ou un autre.
-Allons, rassura l'inconnue, tu sauras trouver une de tes solutions miracles. Tu peux me faire confiance, moi celle qui apparait lorsque les 10 sont réunis et acceptent de faire qu'un.
-Je le sais mais pour l'instant, nous avons un plan de conquête sur les bras et je ne tiens pas à le voir rater.
-Pourtant, ces demoiselles seront tôt ou tard davantage impliquées dans nos opérations. Si le Dominion le découvre, que feras-tu ?
-On verra en temps et en heure, répondit Mathio qui tentait de conserver son calme. Je n'ai pas à recevoir de leçon venant d'une personne qui n'existe pas.
-C'est méchant, répliqua le manteau pourpre. Je ne pensais pas que tu irais jusque-là pour me blesser. Je te laisse gérer tout cela. Préviens-moi quand il y aura du nouveau.

Sur ces mots, l'inconnue disparut tel un fantôme laissant derrière elle Mathio qui réfléchissait de ce qu'il comptait faire des Poltergirls. Il viendra un moment où il devra les élever au rang de membres de l'Alliance Démoniaque. Il leur fallait un test qui prouverait qu'elles seront dignes d'intégrer de façon officielle l'organisation des ténèbres. En dépit de son incroyable intelligence, le démon séchait sur la question mais il avait encore le temps pour y repenser. Il prit alors son communicateur et appela un de ses commandants.
Dans leur appartement, l'équipe de John préparait un plan machiavélique pour atteindre leur rêve le plus cher : séduire les Poltergirls. Pour éviter de se prendre un râteau aussi gros qu'un ultralisk, il fallait bien fignoler la stratégie. La première étape était d'organiser un rendez-vous avec l'élue de leur coeur. Ensuite, d'après le livre « Comment gagner le coeur de votre vie », écrit par le Général Mathio (détail que les garçons n'avaient pas prêté attention.), qu'il fallait bien planifier le déroulement du rendez-vous amoureux. Toutefois, le plus important était que la fille ait apprécié le moment avec le garçon. Un cadeau pour la fille était souvent signe d'attention mais c'était l'intention qui comptait. Si la fille ne le voyait pas, c'était qu'elle ne mériterait pas l'amour qu'on lui portait. Tant de choses qu'il fallait prendre en compte pour assurer pour le rendez-vous qui allait jouer un rôle décisif dans le couple.

Les garçons avaient préparé leurs cadeaux soigneusement emballés avec amour. Leur rendez-vous était fixé sur tout un après-midi et avait été confirmé par leurs homologues féminins. La première étape était donc atteinte. Maintenant, assurer un max pour conquérir le coeur de leur bête, pardon, de leur belle. Se montrer patient car les filles aiment prendre leur temps. Vu que Sylvie venait de se calmer à la suite de la dernière mission, elle devrait être d'humeur pour passer un peu de bon temps avec son John.

11h50, la fin de la matinée. En passant devant le tableau des résultats du contrôle continu, le groupe de John s'arrêta pour consulter le classement scolaire. Quelle ne fut pas leur surprise de voir les Poltergirls occupaient les 4 premières places du classement. Intrigués, ils interrogèrent les autres camarades de promo qui leur répondirent :

-Elles ont juste une bonne mémoire. Certains disent qu'elles sont des surdouées.

Voilà qui inquiétait John qui comprit que Sylvie n'avait pas oublié sa première tentative de drague complètement minable. Cette révélation lui mit un coup de déprime. Ses amis, comprenant sa mélancolie, tentèrent de le rassurer.

-Eh, ce n'est pas parce qu'elle n'a pas oublié qu'elle ne va pas te pardonner, affirma David.
-Il a raison, confirma Sylvain, évite juste d'évoquer le sujet et tout devrait bien se passer.
-Si tu es gentil avec elle, elle te pardonnera, ajouta Robert.
-Ouais, je vais essayer de ne pas la froisser, répondit John.

Du côté des Poltergirls, elles furent surprises de recevoir une invitation pour passer un après-midi avec des garçons. D'ordinaire, elles auraient passé ce temps à s'entraîner mais leur mentor leur avait recommandé d'accepter pour qu'elles puissent se changer les idées suite aux derniers évènements. Si elles refusaient, elles n'auraient plus d'entrainements. Cédant au chantage, elles acceptèrent. Quelques heures plus tard, elles se rendirent sur le lieu du rendez-vous où elles trouvèrent les garçons les mains derrière le dos. Il était évident qu'ils cachaient des cadeaux mais ça touchait les Poltergirls. Au moins, ils faisaient attention. Ce qu'ils ne savaient pas, c'était que les Poltergirls avaient lu un bouquin intitulé « Comment gagner le coeur de votre petit ami » d'une certaine Jessonia. Si un garçon offrait un cadeau à une fille lors d'un rendez-vous, c'était un signe que le garçon s'intéressait à celle qu'il aimait. Evidemment, le cadeau était représentatif de la personne qui l'offrait. Il n'en tenait qu'à celle qui le recevait pour déceler les intentions derrière ce présent. Mais dans la situation, les Poltergirls savaient d'avance que les sentiments des garçons étaient sincères.

Chaque couple partit dans une direction propre à soi pour passer l'après-midi en couple. John et Sylvie partirent donc au parc d'attraction. Sylvie ne savait pas quoi faire devant cette situation. Ce n'était pas comme la journée shopping. D'ailleurs, elle avait le coeur qui battait à vive allure. Peu enthousiaste, elle se laissait guider par John qui proposa des montagnes russes.

-Heureusement que j'avais peu mangé avant de venir, pensa Sylvie qui connaissait bien cette attraction.

Et heureusement qu'elle avait l'estomac solide parce que c'était plus effrayant qu'une horde de Zergs. La vitesse était si grande que l'espace d'un instant, elle allait s'envoler. Par chance, Sylvie était solidement attachée. Bien qu'effrayée, elle avait apprécié ce moment de moment. La tension qu'elle avait commençait à tomber. Sylvie comprit alors la raison pour laquelle Xezbeth voulait qu'elle accepte l'invitation : se détendre pour souffler et reposer son esprit. Pensant avant tout à la protection de sa planète, elle en oubliait de s'accorder un peu de distraction. Sylvie ne pouvait que se dénigrer elle-même mais au moins, elle avait retrouvé intégralement sa joie de vivre. C'était grâce à John qui lui avait redonné le goût de la vie, se disait-elle. Alors, autant voir ce que John avait préparé pour elle.

Après les montagnes russes, ce fut les autos tamponneuses où les deux tourtereaux se rentrèrent dedans sans merci. Et heureusement qu'ils n'eurent pas d'autres tours sinon leurs véhicules auraient été sévèrement endommagés. Ensuite, ce fut le tour des stands de tirs d'être les victimes du couple de fantômes. Leur habilité au tir leur permit de découchait le gros lot. Sylvie eut un zergling en peluche, John un Arcturus Mengsk. Enfin, le passage au parc d'attraction se termina dans un tour de grande roue. La cabine où ils se trouvaient avançait lentement mais la vue de la ville était vraiment magnifique en plein jour. Pour profiter ce merveilleux moment, Sylvie se colla à côté de John qui devint rouge comme une tomate. Jamais une fille ne s'était approchée de lui aussi près. Son coeur battait à la chamade. Enfin, il osa parler :

-Sylvie, tu apprécies cette journée ?
-Beaucoup, répondit Sylvie. Je me suis amusée.
-Vraiment, demanda John ravi de voir que tout se passait bien.
-Et après, demanda Sylvie la tête sur l'épaule de John.
-Et tu me demandes ça, répondit son petit copain, alors que tu es télépathe.
-Pour la surprise. Sinon ça ne serait pas marrant.

Un bon point pour elle. Elle lui laissait carte blanche pour une suite qu'elle allait apprécier, se disait John. Plus tard, il l'amena au Manoir du Pandémonium où il avait réservé une table au restaurant pour la soirée. Quand ils arrivèrent, la salle était grandiose, digne d'un restaurant d'un hôtel à 5 étoiles. Sylvie était vraiment surprise.

-Comment tu as fait pour avoir une table ici ? Ça a dû coûter cher.
-Au diable l'avarice, répondit John, pour l'élue de mon coeur, je ferais pour rendre cette soirée mémorable.

Si John avait détourné la conversation du sujet, c'était pour ne pas raconter comment il avait eu cette place. Alors qu'il cherchait une idée pour compléter sa journée en couple, il fut approché par un démon au manteau noir.

-Eh bien, tu me sembles bien mélancolique, lui dit Mathio.
-Mêlez-vous de vos affaires, rétorqua le fantôme qui n'appréciait pas le démon.
-Quelle cruauté. Et dire que j'étais venu pour t'aider pour ton rendez-vous amoureux.

John s'arrêta interloqué. Comment ce type le savait ? Une partie de lui-même lui disait que cet individu était sincère. Voici que lui proposait Mathio : un repas en amoureux au restaurant d'un hôtel. Anticipant les réponses de John, Mathio le rassura en lui expliquant qu'il payerait tout et que la table serait au nom du fantôme romantique. Cherchant un éventuel piège, John fut incapable d'en trouver mais ce fut au moment du repas qu'il comprit l'entourloupe. Un buisson d'une taille humaine à côté du bar semblait observer le couple. Nul doute que Mathio s'amusait à les épier. John feignit l'ignorance. C'était sûrement le prix à payer pour cette table mais on n'allait pas s'en plaindre. Les deux fantômes passèrent un excellent moment à table pour prendre ensuite le dessert au balcon. Le soleil avait déjà commencé à se coucher. La vue du balcon était plus belle que dans la cabine de la grande roue. Les deux amoureux observaient l'astre solaire descendre lentement derrière les montagnes au loin.

Pour John, c'était l'acte final de son rendez-vous : la déclaration. Calmement, il respira lentement avant de s'exprimer.

-Sylvie, j'ai quelque chose à te dire.
-Quoi donc, demanda-t-elle en mangeant sa glace.
-Je voulais te dire que... Je... Je
Bon sang ! Il fallait le dire mais les mots étaient coincés dans ses cordes vocales. John avait peur, peur de voir ses sentiments rejetés, effrayé de se prendre une gifle. Finalement, il lâcha ce qu'il avait sur le coeur.
-Je t'aime !!!!

Pendant un instant, il crut que tout était fichu car Sylvie manifesta de la surprise. Puis John entendit un rire. Pas un rire moqueur mais un petit rire amical. Sylvie rirait mais pas pour se moquer mais parce qu'elle appréciait la situation.

-Tu...
-Gros bêta, répondit Sylvie. Il faut dire que je déteste les machos dans ton genre mais j'aime les mecs courageux dans ton genre et qui osent dire leurs sentiments.

Et avant que John ait pu répondre, Sylvie posa la glace qu'elle mangeait pour l'embrasser sur la bouche. John en fut si chamboulé par un tel revirement qu'il accompagna ce baiser avec le sien. Tels deux serpents qui dansaient, les deux amoureux continuaient à s'embrasser sous le merveilleux coucher de soleil.
John était aux anges depuis hier soir. Le moment du baiser resterait à jamais gravé dans sa mémoire. Ses copains lui demandèrent comment le rendez-vous s'était passé avec Sylvie. Le concerné répondit avec un sourire benêt, faisant clairement comprendre qu'il avait mieux réussi que les autres. De quoi provoquer une vague de jalousie mais le professeur ramena tout ce beau monde à la réalité des études. Aujourd'hui, le cours sur l'étude des extra-terrestres portait sur les Protoss et la façon de conserver leur savoir.

-Sachez que pour conserver leurs connaissances, les Protoss utilisent des méthodes assez particulières. Nous, on utiliserait des ordinateurs mais les Protoss font appel aux conservateurs. Grâce au Khala, les conservateurs Protoss peuvent récupérer les souvenirs des Protoss morts récemment. Le processus est quasi instantané.
-Mais ne sont-ils pas capables de créer des ordinateurs pour cela, demanda un étudiant.
-C'est une excellente question, répondit le professeur. Seulement, les Protoss ne pensent pas comme nous. De plus, le Khala faisait partie de leur culture depuis des millénaires et s'avérait plus efficace que des ordinateurs qu'on pourrait pirater.
-Et les templiers noirs, interrogea Carla en levant la main. Ils refusent le Khala. Alors comment font-ils pour stocker leurs connaissances ?
-J'attendais cette question, avoua le professeur Stallone. Ils utilisent des cristaux Khaydarin. Leurs usages sont très variées, à commencer par le stockage d'informations provenant de Protoss. On les retrouve également dans les technologies Protoss pour ses propriétés encore inconnus pour nous.

Ensuite, l'enseignant raconta une histoire forte intrigante et conta les aventures d'un archéologue Terran qui eut un destin incroyable. En fouillant un temple extra-terrestre, il avait découvert une conservatrice à l'article de la mort. Pour protéger ses connaissances, la Protoss n'eut d'autre choix que d'insérer son esprit dans la tête de l'archéologue. S'en suivit ensuite moult péripéties pour trouver une solution pour retirer l'esprit de la conservatrice qui menaçait de tuer son hôte par l'apparition des tumeurs. Finalement, grâce aux Protoss, il parvint à faire extraire son compagnon d'infortune de sa tête. Il fallut l'aide du Prince Valérian pour le sauver définitivement de la mort qui l'attendait.

A la fin du cours, les étudiants s'interrogeaient sur la véracité de l'histoire du prof qui était un peu extravagante. On se demandait même d'où il la tenait. Au moins, ça avait le mérite d'occuper le cours. Soudain, une alarme retentit. Tout le monde savait de quoi il s'agissait : les Zergs revenaient à la charge.

Au centre de commandement, on analysait la situation. Les Zergs se montraient plus prudents que d'habitude. Ils s'approchaient des villes tout en restant hors de portée des défenses. Névrosa avait sélectionné sur le volet les Zergs qui attaqueraient les Terrans. Elle avait remarqué l'absence de nombreux Zergs. Peut-être que leur maître leur avait ordonné de se retirer car ses subordonnés auraient fini par être démasqué. Ou bien parce que sa stratégie ne fonctionnerait pas une seconde fois. Tant de possibilités qui pourraient expliquer le départ des Zergs renégats mais on n'était jamais trop prudent au cas où il resterait des traîtres. De plus, les défenses des villes terranes étaient lourdement fortifiées mais ce n'était pas un problème vu le nombre de Zergs déployés. Bien qu'importantes, les troupes de la couvée n'étaient pas illimitées. La stratégie d'attaque était donc à choisir avec grand soin. Après réflexion, Névrosa opta pour un assaut frontal. Les Terrans avaient vaillamment résisté mais il y avait un moment où on finissait par céder. Une attaque de front était par conséquent la meilleure chose à faire. Envoyant son plan d'attaque à ses enfants par télépathie, Névrosa donna l'ordre à ses forces de passer à l'action.

Pendant ce temps, chez les Terrans, on mobilisa toutes les troupes pour se défendre. Même les étudiants de l'université furent appelés pour défendre la capitale. Les Poltergirls et l'escouade de John partirent sur le terrain pour une mission de reconnaissance. Des ogives furent préparées pour réduire le nombre de Zergs qui venaient attaquer Nouveau Los Angeles. Pour couvrir plus de terrain, les fantômes se séparèrent en groupes de 2. Sylvie et John partirent au nord. Carla et David, à l'est. Iris et Sylvain à l'ouest. Jennifer et Robert au sud. Alors que Sylvie et John progressaient sur les hauteurs, ils virent un important groupe de Zergs avancer en direction de la ville. Sylvie perçut au loin une autre armée en stand-by. De telles menaces ne pouvaient être ignorées.

-Ici, John, appela ce dernier, nous avons repéré une imposante vague de Zergs qui arrive par le Nord. Plus loin, se trouve une seconde armée de Zergs qui attend le moment opportun pour attaquer.
-Eliminez-les avec les ogives, ordonna le commandant, surtout visez bien car les missiles sont très longs à fabriquer et chers.
-Compris. Je vais leur en tirer une.
-Attends, John !

John guida immédiatement le missile sans se soucier des avertissements de sa petite-amie. Névrosa qui sentit l'ogive ordonna à ses troupes d'avancer. Lors de la première attaque, elle avait perdu un nombre important de Zergs parce qu'elle n'avait pas su ce que c'était. Maintenant, elle ne comptait pas laisser un tel scénario se reproduire. Alors que l'ogive de John tomba à côté des Zergs, une autre ogive tomba sur ces derniers qui furent calcinés par l'explosion. Névrosa fulmina de rage mais c'était prévisible. Les Terrans savaient changer leurs stratégies. Le fait qu'une ogive ait pu toucher signifiait qu'elle avait été guidée par une personne plus rusée que la Mère des Couvées, donc une des fantômes qui mettaient à mal ses plans. Voulant se venger, Névrosa envoya ses Zergs attraper la fantôme qui venait de tuer ses enfants. En l'attrapant, elle pourrait s'en servir comme appât pour attirer les autres. Quand les 4 seront entre ses mains crochues, elle les contaminera pour en faire de fiers soldats de l'Essaim. Sans trainer, une horde de zerglings et d'hydralisks foncèrent vers les hauteurs, accompagnée de vigilants. Sentant le danger, Sylvie et John se retirèrent. Mais très vite, le couple d'amoureux fut rapidement acculé vers une falaise. Impossible de sauter car d'autres Zergs les attendaient en bas. Leurs poursuivants commençaient à les encercler prêts à leur sauter dessus. Sentant leur dernière heure arriver, John fit alors sa dernière déclaration :

-Pour hier,... j'étais sincère pour...
-Tu n'as pas besoin de te justifier, répondit Sylvie, la main sur la bouche de John.
-Pourrais-je te dire quelque chose avant de mourir ?
-Tu auras tout le loisir de le dire quand on sera rentré parce que je n'ai pas la moindre envie de mourir ici.
-Tu as raison, comprit enfin John, mourons ensemble sur le champ d'honneur. L'un à côté de l'autre.

Au moment de s'élancer sur les Zergs, des bombes larguées s'abattirent sur ces abominations qui furent brûlés vifs. Les deux fantômes regardèrent le ciel pour comprendre que la flotte du Dominion était arrivée. Ses nombreux vaisseaux écrasèrent les Zergs avec facilité. Névrosa était furieuse. Elle ne s'attendait à l'arrivée de renforts providentiels. Devant la tournure des évènements, elle ordonna la retraite pour épargner à son armée des pertes inutiles même si pour cela elle devait renoncer à capturer une des fantômes. Sous son ordre, les Zergs se replièrent vers les montagnes.

Les Terrans crièrent de joie quand l'armée du Dominion débarqua pour repousser ces saletés d'extraterrestres. Quelques heures plus tard, les fantômes furent appelés au centre de commandement. Quelle ne fut pas leur terreur de voir l'empereur Arcturus Mengsk sur l'écran central. Les garçons étaient inquiets du sort qui les attendait pour avoir dissimulé la vérité. Les Poltergirls, quant à elles, craignaient d'être arrachées de leur planète natale pour servir le Projet Fantôme.

-Ainsi donc, voici les fameuses Poltergirls, s'exprima enfin l'empereur d'un air intéressé. Du peu que j'ai entendu sur votre compte, vous semblez être des fantômes prometteurs.
-Eh ben, répondirent les concernées gênées.
-Cela n'a aucune importance, continua Mengsk ignorant les protestations de ses interlocuteurs. Puisque vous allez partir pour l'académie fantôme dans l'heure qui suit.
-Ce n'était pas ce qui était convenu, père, dit le prince Valérian qui apparut sur l'écran.

Les Poltergirls retinrent leur souffle. L'Héritier serait venu les secourir ?!

-En échange de retrouver un peu de popularité devant le peuple, vous deviez m'accorder une chose : que les Poltergirls soient sous ma responsabilité.
-Mon garçon, ce que je fais est dans l'intérêt de ces jeunes filles, se justifia le père.
-Sauf que vous ne m'avez pas consulté sur le sujet, répliqua calmement le prince. Je souhaite qu'elles restent sur la planète California pour terminer leurs études et la protéger des Zergs.
-Mais l'académie leur permettra de maîtriser leurs pouvoirs psychiques. L'université n'a pas les moyens pour ce genre d'enseignement.
-C'est juste, concéda son fils, mais j'ai déjà résolu le problème. Elles ont un professeur particulier des plus compétents et les résultats sont déjà spectaculaires. De plus, l'université est bien meilleure dans les autres matières que l'académie fantôme. D'ailleurs, je comptais faire la comparaison entre les deux écoles pour améliorer l'académie fantôme.
-C'est un geste louable mais en quoi l'université est-elle importante ?
-J'espère que vous plaisantez, intervint un vieil homme en armure de marine blanche. La plupart de nos officiers sont diplômés de cette université. De plus, tous ceux qui reviennent d'études là-bas sont rapidement promus à d'importantes positions dans notre armée. Vous ne saisissez pas les conséquences que ça a sur les troupes ?
-Vous gagnerez aussi en popularité auprès de votre armée pour avoir aidé la planète California, expliqua l'Héritier. Et si d'aventure, vous persistez dans cette voie, j'aurais le soutien de tous ces officiers pour vous faire changer d'avis.

Mengsk réfléchit à vitesse grand V. Son fils avait tout prévu. S'il tentait de s'opposer à la demande de son fils, il aurait à affronter une grande partie de son armée. En temps normal, il n'aurait pas refusé le combat mais en raison des Zergs et de l'Alliance Démoniaque, cette guerre interne affaiblirait l'armée du Dominion. Ses ennemis profiteraient de l'occasion pour l'éliminer. Il détestait l'admettre mais son rejeton avait bien retenu ses leçons.

-Très bien, je vais accéder à ta demande, céda enfin l'empereur avant de se tourner les fantômes qu'il avait envoyés. Quant à vous, jeunes hommes.

L'escouade de John se mit au garde à vous, terrifiés à l'idée qu'un châtiment leur tombe dessus.

-En principe, je devrais vous punir pour avoir dissimulé la vérité. Mais comme aujourd'hui est jour de grâce, je vais vous gracier, non pas à cause de cette lettre écrite par la Boîte de Pandore et remplie d'insultes à mon égard. Je cite « Cher vieux patapouf, blabla, nous, la Boîte de Pandore, avons fait chanté les fantômes que vous avez envoyé sur la planète California, blabla, dans votre magnitude hypocrite. Si vous le faites, nous louerons vos qualités de politicien pourri. Mauvaise journée pourrie pour la tête à claques que vous êtes, la Boîte de Pandore. »

John et ses amis se retinrent de rire devant l'hilarité de cette lettre. Ils allaient éviter la punition grâce à l'Alliance, alors autant éviter la lèse-majesté maintenant. Valérian reprit la parole pour exposer ses projets.

-Mesdemoiselles, je souhaiterais que vous terminiez vos études. Quand ce sera fait et que les Zergs auront été boutés de ce monde, je vous engagerais comme gardes du corps.
-Tu auras un sacré harem, lui dit son père avec cynisme.

Les Poltergirls furent choquées devant de telles paroles. Seule Carla fut charmée par cette « idée ». Les garçons furent jaloux. Agacé, Mengsk coupa la communication ne laissant à l'écran Valérian et le vieux militaire.

-Merci, général Warfield.
-Vous savez, je n'ai fait que dire la vérité. Mais est-ce une bonne idée de laisser ces filles ici ? L'académie fantôme serait plus apte pour les former.
-Faites-moi confiance, général, rassura le prince. Vous verrez de quoi elles seront capables d'ici quelques semaines.

Les deux hommes raccrochèrent pour reprendre leurs activités. L'armée du Dominion repartit laissant derrière eux, des renforts pour permettre aux forces de California de mieux résister aux irréductibles Zergs. Le soir, les fantômes fêtèrent les récents évènements. Seulement les garçons avaient encore du mal à digérer la nouvelle du futur des Poltergirls : gardes du corps du futur empereur et ce n'était pas un petit boulot. Inquiets et jaloux, ils voulurent connaitre leur relation avec l'Héritier

-Dites, depuis quand vous connaissiez le prince ?
-Depuis le jour où le professeur Narud était venu, expliqua Sylvie. Le prince épiait le cours à côté.
-Sylvie l'avait senti, ajouta Carla, alors on l'a suivi.
-Seulement, il nous a vite repéré, mentit Iris qui ne voulait pas que les garçons sachent pour leur affiliation avec l'Alliance.-Mais il a vite vu le potentiel qu'on avait, termina Jennifer, alors il a décidé de nous recruter après nos études. Cela devait rester secret. Vous comprenez ?
-Bien sûr, dit John qui gardait de la jalousie, et à part ça, vous n'avez pas eu d'autres relations que ça ?
-Douterez-vous de nous ? Seriez-vous en train de penser que nous aurions eu des relations plus intimes ?
-Honte sur vous, s'écrièrent ses trois amies.

Les garçons n'insistèrent plus et continuèrent à passer la soirée avec elles. La fête se termina sans autre incident et tous rentrèrent chez eux pour se remettre des émotions de la journée. Après tout, l'avenir était imprévisible et allait leur réserver d'autres surprises.
Le lendemain de la 3ième vague, les Poltergirls eurent un entrainement très particulier. Un large bassin d'environ 10 cm d'épaisseur était placé au milieu de la pièce et était remplie d'eau. A l'intérieur, se trouvaient des petits poissons rouges. A côté, il y avait 4 bocaux avec un tas d'épuisettes formées d'un anneau en plastique rond monté par une poignée, avec un fin papier tendu sur l'anneau. Intriguées, les apprenties fantômes demandèrent à maître Xezbeth le but de cet entrainement.

-C'est simple, répondit le démon de la Tromperie. Vous allez attraper ces poissons avec ces poi (noms de ces épuisettes au Japon) et les mettre dans ces bols. Attention, les papiers des poi sont fragiles. Soyez rapides et douces quand vous attraperez ces poissons car ce ne sera pas simple.

Effectivement, la tâche se montrait plus ardue que prévue. Trop de force ou de vitesse trouait immédiatement le papier. Si on mettait trop longtemps, le papier cédait sous le poids du poisson. Mais comme toujours, les Poltergirls étaient tenaces. Après maints essais, elles finirent par attraper un grand nombre de poissons avant que le poi finisse par céder. Satisfait de ces premiers résultats, Xezbeth accorda une pause à ses disciples. Elles reprendraient leur entrainement dans une heure. Ce programme fut interrompu par l'arrivée d'un soldat porteur d'une mission pour les Poltergirls.

-Un scientifique rallié à notre cause est en vadrouille en plein territoire Zerg, lut Xezbeth. Accompagné d'un groupe de scientifiques et de soldats, il tente par tous les moyens de retourner à la civilisation.
-Et d'où provient-il, demanda Carla.
-De la base militaire où vous êtes allées chercher les plans des armes anti-Zergs, répondit le maître.
-Je vois, dit Sylvie qui essayait d'oublier les tristes évènements qui se sont produits là-bas.
-Et comment ont-ils fait pour survivre pendant tout ce temps, demanda Jennifer. C'est déjà un miracle qu'ils s'en soient sortis mais étrange qu'ils n'aient pas atteint une ville.
-Les Zergs restent généralement dans leurs colonies, expliqua Xezbeth. Toutefois, il arrive qu'il y ait des patrouilles pour repérer l'arrivée d'éventuels attaquants.
-Et ce sont ces patrouilles qui empêchent ce groupe de survivants d'arriver à bon port, supposa Jennifer.
-En effet, confirma le démon. Je vais essayer de vous mettre dans le coup. Vous irez chercher ces scientifiques.
-Pourquoi ne pas envoyer une armée, demanda Iris.
-Une armée serait trop peu discrète, expliqua Xezbeth. Les Zergs les verraient arriver et se mobiliseraient pour la détruire. Non, il vaut mieux envoyer un petit groupe.
-Et comment on va les retrouver, interrogea Sylvie, pour les ramener ? Ils doivent être au moins une dizaine.
-12 pour être exact, dit Zabulon qui entrait dans la salle. Pour ce qui est du moyen de transport, regardez à l'écran.

Sur le dit écran, était montré un vaisseau semblable à un médivac mais de couleur gris. Zabulon expliqua alors le fonctionnement de l'appareil.

-Le Busard a été spécialement conçu pour des missions en discrétion. Un système de camouflage, des tourelles sur des points stratégiques du vaisseau, une coque bien renforcée mais légère pour permettre une bonne maniabilité de l'appareil. Cerise sur le gâteau, il est possible de piloter ce vaisseau par la pensée.
Les Poltergirls eurent les yeux grands ouverts. Un vaisseau pilotable par la pensée ?! L'appareil idéal pour elles. Seulement, il y avait un hic.
-Le système de pilotage est en phase d'essai, avertit Zabulon. Bien que nous soyons sûrs à 92% de son succès, nous devons le tester. C'est la procédure habituelle.
-On peut l'utiliser, demandèrent les Poltergirls avec un regard attendrissant.
-Bien sûr, répondit Xezbeth d'un air sévère. Toutefois, vous devez être prudentes car le système de pilotage par la pensée est très sensible. Une pensée de travers et tout peut s'écraser.
-On a compris, râlèrent les Poltergirls qui n'apprécièrent guère la morale.

Les Poltergirls suivirent les démons sur une piste de décollage à part où se trouvait le Busard. Excitées à la vue du vaisseau, elles s'empressèrent de monter à bord comme des enfants qui se jetaient sur les cadeaux de Noël. La salle pour les passagers ressemblait à celle qu'on trouvait dans les médivacs mais la cabine de pilote était différente. Au centre, se trouvait une boule grise en lévitation sur un support. De toute évidence, c'était probablement le système pilotage par la pensée. Les Poltergirls tentèrent de le faire fonctionner mais rien ne se produisit. Amusé, Zabulon expliqua la raison :

-J'étais sûr que vous essaierez le nouveau système que j'avais conçu. Alors, j'ai pris la précaution de le désactiver. En attendant, nous devons officialiser votre ordre de mission. Normalement, ça devrait commencer.

En effet, les Poltergirls reçurent un appel du commandant qui leur demandait de venir. A la salle de commande, elles écoutèrent leur supérieur : un SOS avait été émis dans le territoire Zerg. Les auteurs, des scientifiques et des marines, chercheraient de l'aide pour rejoindre la civilisation. Une troupe armée manquant de discrétion, on estima alors l'intervention d'un petit groupe : les Poltergirls. Leur mission était de sauver ces gens. Pour ce faire, l'Alliance avait mis à leur disposition un nouveau vaisseau appelé le Busard avec pour particularité d'être piloté par la pensée. Pour l'officier du Dominion, cette nouvelle façon de piloter les vaisseaux était risquée. Cela signifiait que la moindre pensée hasardeuse pouvait provoquer le crash mais il n'eut guère le choix vu que l'Alliance maintenait la pression sur lui.

Les Poltergirls se rendirent de nouveau au Busard pour apprendre à le maîtriser. Zabulon, le concepteur de l'engin, dirigea la leçon. Il leur expliqua soigneusement les consignes à respecter pour utiliser correctement le Busard.

-Vous devez d'abord enregistrer vos pensées dans la base de données du système. Chaque individu possède une signature mentale. C'est aussi significatif que des empreintes digitales.
-En insérant notre propre signature mentale, le Busard réagira à nos pensées et non à celles des autres, dit Carla.
-Exactement, répondit Zabulon, mais votre emplacement sera aussi important. Le vaisseau réagira à un groupe d'ordres précis à une position spécifique. Par exemple, vous ne pouvez que diriger le vaisseau seulement quand vous êtes sur les sièges des pilotes.
-Compris, dit Jennifer qui était assise au poste de pilotage, donc si je lui ordonne de décoller.

Le Busard se mit alors de décoller. Il fit ensuite du surplace puis redescendit sous les directives de Jennifer.

-C'est génial, s'écria Carla.
-Dites, demanda Sylvie, il y a des armes à bord ?
-Evidemment, répondit Zabulon. Ce n'est pas une croisière que vous pilotez mais un vaisseau de transport qui va traverser le territoire des Zergs. Armes et munitions en réserve sous les sièges, premiers soins automatisées, tourelles automatiques positionnées, blindage léger mais résistant.
-Quel vaisseau, s'exclama Iris émerveillé.
-Naturellement, ajouta Zabulon, le système de pilotage n'est pas la seule chose à être expérimentée. D'autres équipements sont également testés. S'ils fonctionnent correctement, nous pourrons en fabriquer en masse.
-Et élargir leur panel d'utilisation, proposa Carla.
-Je suis ouvert à toute proposition, dit Zabulon. Maintenant, allez-y ! Vous avez des survivants qui attendent de l'aide.

Les Poltergirls ne se firent pas prier. Elles décollèrent et partirent vers une nouvelle aventure.
Dans une épaisse forêt, se cachait une douzaine de Terrans. Ce groupe était de 7 marines et de 5 scientifiques : 1 femme et 4 hommes. Tous s'étaient cachés dans les arbres pour échapper aux Zergs. Depuis des jours, ils s'étaient échappés de leur ancien lieu de travail attaqué par les Zergs. Ces saletés s'étaient introduits dans la base en creusant un tunnel jusqu'au hangar principal. De là, ils avaient envoyé leur virus par la ventilation où de nombreux Terrans furent contaminés. Seuls les 12 survivants échappèrent au funeste destin grâce à leur position isolée dans la base militaire pour travailler tranquillement. Leur rôle concernait des projets secrets sur la conception d'une nouvelle arme contre les Zergs. Sentant la menace de la contamination, ils avaient réuni le strict minimum pour survivre et leurs recherches. Ils s'enfuirent par des véhicules se trouvant à proximité de leur bâtiment. Seulement la panne sèche due à leurs nombreux détours face aux patrouilles Zergs les contraint à poursuivre leur odyssée à pied.

Pendant plusieurs jours, ils durent progresser de nuit pour ne pas être repérés par les Zergs pour afin atteindre la forêt où leurs provisions s'étaient épuisés.

-Que fait-on, demanda un des scientifiques.
-N'est-ce point évident, répondit la femme, trouvez de quoi se nourrir.
-T'es maligne, se moqua un troisième savant, comment veux-tu trouver de la nourriture avec les Zergs qui traînent dans les parages ? Le moindre coup de feu pourrait les attirer.
-On se calme, intervint un marine. Je sais que nous avons quelque difficultés avec la bouffe mais on doit se serrer les coudes. Sinon, les Zergs finiront par nous tuer au premier état de faiblesse venu.
-C'était la peine de lancer un message de détresse, se plaignit le quatrième scientifique. A moins d'un miracle, impossible de retourner à la civilisation.
-Quelle idée d'installer une base près des montagnes, gronda le cinquième cerveau qui s'avérait être à la solde de l'Alliance. On aurait dû évacuer à l'arrivée des Zergs.
-Chut, chuchota un marine, j'entends un bruit de moteur.
-Un véhicule, demandèrent les savants.
-Non, répondit le marine, je dirais un vaisseau. Soit il est loin, soit il est très silencieux.

En effet, un vaisseau quasi identique avec un médivac mais de couleur grise s'approchait de la forêt. Il atterrit à côté de l'arbre où s'étaient réfugiés les survivants. Deux jeunes fantômes descendirent de l'appareil et firent signe aux survivants de venir monter à bord.

-Je crois qu'elles viennent pour nous, dit un scientifique.
-Sans blague, ironisa la femme.
-Quoi qu'il en soit, c'est une chance qui ne se reproduira pas, dit le marine.

Les survivants descendirent de leur perchoir pour arriver devant le vaisseau et les demoiselles qui les accueillirent.

-Quelle chance que vous soyez là, dit un marine en donnant une tape amicale sur l'un des Poltergirls. On commençait à manquer de vivres.
-ça n'a pas été trop dur de vous trouver, expliqua Sylvie. Avec le vaisseau et ses détecteurs de vie plus la position du SOS que vous avez envoyé et la géographie du terrain, on avait une idée de la zone où vous étiez.
-Si vous voulez bien attacher vos ceintures, demanda poliment Iris, car le voyage du retour risque d'être mouvementé.
-Allons, il n'y a pas de Zergs dans le coin, déclara un autre marine. Dans deux heures, on sera à Nouveau Los Angeles.
-Ne vendez pas la peau de l'ultralisk avant de l'avoir vendu, avertit Sylvie. On n'est pas encore en sécurité.

Et elle avait malheureusement raison car un dominant avait repéré le vaisseau près de la forêt. Cette information ne passa pas inaperçu devant la mère des Couvées Névrosa.

-Des Terrans tentent de sortir de mon territoire ? Je crains de ne pas pouvoir accepter ça.

Elle contacta les colonies les plus proches pour envoyer des Zergs volants afin d'intercepter le vaisseau. Et pour faire bonne mesure, la reine envoya des Zergs de sa ruche en renforts. Pendant ce temps, Carla et Jennifer continuaient à guider mentalement le Busard au centre de commandement. Carla scruta les scanners. Rien. Bien que ce soit une bonne chose, cela ne présageait rien de bon. Soudain, le Busard fut secoué par plusieurs chocs. On aurait cru des attaques de mutalisks. Quand les Poltergirls regardèrent dans les radars, elles virent des points rouges se déplacer à grande vitesse vers leur vaisseau. Pas de doute que c'était des Zergs volants. Refusant de se laisser attaquer, Iris et Sylvie ouvrirent les meurtrières du Busard et activèrent les tourelles automatisées.

-J'espère que vous ne vous êtes pas rouillés pendant votre expédition en plein air, dit Sylvie aux marines.
-Tu veux rire, lui répondit un marine avec une balafre sur la joue. Et ce n'est pas avec un petit fusil que tu vas abattre des mutalisks.
-On parie, répliqua Sylvie qui avait visé un mutalisk.

Elle tira et sa cible explosa sous l'impact du tir. Impressionné, le marine balafré demanda des explications.

-C'est grâce à mes pouvoirs psychiques, expliqua la fantôme aux cheveux rouges. Je peux imprégner mes balles d'énergie psionique, ce qui rend mes munitions plus destructeurs que des balles explosives.
-Ce n'est pas du jeu, se plaignit le marine.
-On a peur, se moqua Sylvie.
-Sûrement pas, rétorqua le marine, je peux même descendre plus de Zergs volants que toi.
-Je relève le défi, dit Sylvie. 20 crédits pour la mise.
-Tenue.

Les deux rivaux dégommèrent beaucoup de Zergs mais hélas, le nombre de ces horreurs augmentait bien trop rapidement. Le vaisseau commençait à subir de nombreuses avaries malgré les acrobaties pour esquiver les attaques de masse. Des araignées métalliques de la taille d'un chat sortirent des parois pour se rendre sur les lieux des avaries. Certains des arachnides éteignirent les feux causés par les dégâts. D'autres fusionnèrent avec le vaisseau en se décomposant pour colmater les failles.

-Jennifer, cria Iris, tu as un truc pour nous tirer de là ?
-Il y en a un, répondit Jennifer, mais il faut avoir l'estomac solide. Aussi pour éviter de vomir, je vous demanderais de vous asseoir.
-Avec tous ces Zergs, s'écria Carla.
-J'ai lu le mode d'emploi, expliqua Jennifer. Je connais ce qui va se passer. Maintenant, faites ce que je vous dis.

Etonnés, les marines et les deux Poltergirls s'assirent et s'attachèrent solidement. Jennifer lança la procédure d'urgence.

-Bouclier enclenché, dit une voix mécanique.

Le Busard généra alors un bouclier pour lui permettre d'avoir assez de temps pour lancer la suite de la procédure.

-Redirection de l'énergie vers les propulseurs.
-Les propulseurs, pourquoi, demanda un scientifique.
-N'est-ce pas évident, lui répondit un marine qui se frottait les mains, ce vaisseau est équipé d'un turbo. Je sens qu'on va battre des records de vitesse.
-Mode turbo enclenché. Mise à feu dans 3, 2...
-Mon dieu, gémit la scientifique.
-1, 0 !!

D'un coup, le Busard fut pris d'une violente accélération qui surprit les Zergs. A l'intérieur, les passagers étaient solidement scotchés à leur siège et subissaient l'effroyable vitesse du vaisseau. Au moins, ils avaient réussi à échapper aux Zergs à la grande colère de Névrosa qui dut se défouler sur ses congénères.

C'était à bord d'un Busard endommagé que les Poltergirls amenèrent leurs passagers au Nouveau Los Angeles. Là-bas, les survivants furent contrôlés par les médecins pour s'assurer qu'ils n'étaient pas contaminés. Puis, ils furent envoyés dans leur lieu de travail respectif pour poursuivre leurs activités. Les savants furent envoyés dans un nouveau labo et les marines dans une caserne. Quant aux Poltergirls, elles avaient repris leurs études.
Furieuse de ses échecs, Névrosa cherchait un nouveau plan pour détruire les Terrans. Elle réfléchissait à un moyen de vaincre ses ennemis. Face à des ennemis trop puissants, il fallait les affaiblir avant de les attaquer, se disait-elle. De quelle façon on pourrait affaiblir les Terrans ? Les priver d'un atout majeur ? Ce serait une idée mais quoi ? D'énergie pour désactiver les défenses ? Non, les sources d'alimentation devaient bien protégées et de plus, Névrosa ignorait leur emplacement. De nourriture pour les affamer ? Difficiles de les trouver et les Terrans auraient vite fait arriver le ravitaillement par vaisseau. La contamination sur les grandes villes était à oublier depuis sa dernière tentative s'était soldée par un fiasco. D'armes pour les rendre plus vulnérables ? Qui sait s'ils n'avaient pas prévu des bunkers en attendant l'arrivée de renforts. De plus, ils auraient commandé d'autres armes provenant d'autres planètes du Dominion. Détruire une planète s'avérait plus difficile que prévu. Il y avait bien une solution pour annihiler les Terrans. Soudain, une idée lumineuse s'illumina dans l'esprit de la mère des Couvées. Quel plan machiavélique ! Avec ça, les Terrans devraient être démunis et il n'y aurait plus qu'à les vaincre à l'usure.

A l'université militaire, la classe des Poltergirls suivait une leçon du professeur Stallone qui avait le don de rendre ses cours vivants.

-La créature dont nous allons parler aujourd'hui est le zergling. Vous serez amenés à le rencontrer sur presque toutes les batailles contre les Zergs. En effet, c'est la force principale de l'Essaim. Ces créatures agissent souvent en groupe. Leur principale stratégie est d'attaquer en masse pour nous submerger. Vous comprendrez que bien qu'ils soient peu résistants, les zerglings constituent une menace à ne pas sous-estimer. Admirez leur agilité et leur rapidité.

Grâce à sa télécommande, l'enseignant montra une vidéo où des zerglings parvenaient à détruire un avant-poste du Dominion simplement grâce à leur nombre. Les étudiants étaient terrifiés. Un élève leva la main.

-Monsieur, et les chancres ? Je crois savoir que les zerglings peuvent évoluer en ces horreurs.
-Effectivement, ils le peuvent, confirma le professeur. Eux aussi sont dangereux mais ils sont pires que leur pré-évolution. Près de la moitié de leur corps renferme un dangereux acide qui est libéré quand ils meurent. Gare aux malheureux qui se trouvent trop près de chancres. Ils pourraient être aspergés de ce liquide corrosif. Laissez-moi vous dire qu'une forte quantité est mortelle pour l'homme. D'ailleurs, grâce à mes conseils, vous avez pu éviter les embuscades Zergs. Vous imaginez si c'était des chancres ? Et imaginez si vous aviez avancé sans vous soucier du chemin. Combien aurait survécu ?

Une fois encore, les étudiants furent pris d'un sinistre frisson. Ça aurait été un horrible massacre s'ils n'avaient pas vérifié qu'il n'y avait pas de Zergs enfouis lors de leur mission de la colonie secondaire.

-Mais rassurez-vous, tenta de calmer monsieur Stallone, tant que vous êtes assez loin d'eux, vous ne risquerez rien. Les hauteurs sont l'endroit idéal pour les massacrer sauf s'ils acquièrent la capacité de sauter comme les faucheurs.

En sortant du cours, les étudiants étaient encore terrifiés à l'idée d'affronter les zerglings, bêtes noires des troupes au sol. Les Poltergirls n'étaient pas inquiètes. Certes, elles avaient des frissons mais savaient comment se défendre face à la menace des chancres. Leurs pouvoirs psychiques qu'elles avaient commencés à maîtriser avec l'aide de Xezbeth le démon de la Tromperie devaient plus puissants. C'était dur à admettre mais ses enseignements étaient vraiment efficaces. Soudain, la voix du commandant se fit entendre par les haut-parleurs de l'université.

-La compagnie étudiante est priée de rassembler au centre de commandement, nous avons une mission pour vous.

Toutes les personnes concernées se dépêchèrent avec enthousiasme. Encore une mission où on allait ajouter un service pour l'humanité sur le dossier. Seules les Poltergirls s'en fichaient un peu de ces histoires vu qu'elles avaient déjà leur futur poste. A la salle de réunion, les soldats de la compagnie étaient assis. Devant eux, le commandant sur une estrade et un immense écran derrière lui. Tapi dans l'ombre d'un coin de la pièce, un espion de l'Alliance surveillait le commandant pour s'assurer qu'il ne révélait pas les sinistres activités de l'organisation des Ténèbres. Les Poltergirls furent les seules personnes à sentir sa présence du fait qu'elles soient habituées à percevoir les Ténèbres. Le commandant, bien que sachant qu'il était sous surveillance, exposa la mission.

-Messieurs, la situation est grave. Nous avons perdu le contact avec la mine de minerai d'Eldorado. Nous pensons que c'est l'oeuvre des Zergs.

Les étudiants foncèrent les sourcils. C'était mauvais. Cette mine de minerai était la principale source de minerai utilisé pour la fabrication d'armements. Privé de cet atout, les Terrans pouvaient tomber dans les jours qui viennent. Pour éviter pareil scénario, il fallait donc reprendre la mine de force.

-Evidemment, poursuivit le commandant, votre mission sera de nettoyer la mine de la menace Zerg. D'ailleurs, il n'est pas impossible que vous alliez rencontrer des contaminés.

Sylvie frissonna. Ses amies comprenaient car elle ne supportait pas de tuer des contaminés. La dernière fois, cette histoire avait engendré une violente dispute qui s'était heureusement bien terminée grâce à l'intervention d'une inconnue. Au moment de se préparer, les amies de Sylvie lui demandèrent :

-Tu penses que ça ira, lui demanda Carla.
-Ça va, répondit Sylvie. Je me doutais bien que ça arriverait de nouveau. Je me suis préparée au pire. Quand le moment viendra, je ferai ce que j'aurai à faire.
-Si c'est trop dur, on le fera à ta place, lui dit Iris.
-Merci Iris mais je saurais faire taire mes sentiments, rassura Sylvie.
-On l'espère, dit Jennifer qui ne cachait pas son inquiétude.

Les Poltergirls rejoignirent le reste de la compagnie pour partir en direction de la mine d'Eldorado qui se trouvait à proximité du territoire Zerg. Une colonie secondaire se trouvait à environ 20 km du gisement qui représentait 70% du minerai de la planète.

Le voyage se passa sans problème. Arrivés devant l'entrée de la mine, ils découvrirent une ville fantôme. Il n'y avait pas un zergling à l'horizon. Toutefois, on notait la présence de biomasse Zerg, signe qu'une contamination avait lieu. Angoissés, les apprentis soldats entrèrent dans le village à la recherche de rescapés mais en vain. Après deux heures de recherche acharnée, on finit par deviner où se trouver les mineurs : dans la mine. Courageusement, ils descendirent dans les sombres galeries de la mine où les attendait sûrement une armée de Zergs et de contaminés prêts à découdre avec les Terrans.
Névrosa jubilait de joie. Son plan était génialissime. Attaquer la plus importante mine de minerai des Terrans lui permettait de faire une pierre deux coups. Elle privait ses ennemis d'une ressource importante qu'elle utiliserait pour sa couvée. Evidemment, les Terrans n'allaient pas gentiment se laisser faire et allaient déployer une armée pour faire le ménage. Ce qu'avait anticipé la mère des Couvées. Pour contrecarrer cette riposte, elle avait déployé des troupes dressées pour le combat souterrain. Un festival sanglant s'offrirait à elle dans quelques minutes. Pour assister à la fête, la mère des Couvées décida d'observer les évènements par les yeux d'un Zerg présent sur les lieux.

La compagnie Terran sortit du grand ascenseur et commença son exploration de la mine. Les galeries étaient immenses. Les parois étaient incrustées de minerai qui attendait d'être exploité. On restait groupé et en cercle. A tout moment, une attaque Zerg pouvait arriver de nulle part. Ils étaient tellement concentrés qu'ils ne firent pas attention à deux rochers, un grand et un petit, qui les suivaient. La tension était si tendue que le moindre bruit pouvait effrayer les Terrans qui tireraient. Ces derniers continuaient d'avancer sous le rythme des gouttes d'eau qui tombaient des stalatiques. A un moment, la jeune compagnie arriva devant un petit campement où les mineurs venaient se reposer et se ravitailler. Comme pour le village à la surface, le campement était désert, pourtant l'ambiance semblait oppressante.

-C'est étrange, fit remarquer Marc le capitaine de la compagnie.
-Un problème, demanda un marine.
-On n'a croisé personne depuis notre arrivée. C'est comme si les Zergs s'étaient rassemblés pour nous tendre un piège.
-Trop parano, lui dit un médecin. Ils ont dû prendre peur à notre arrivée.
-Je n'en serais pas aussi sûre, dit Iris, je perçois des Zergs cachés dans les falaises autour du campement.
-Quel genre de Zerg, demandèrent les marines.
-Chancres, annonça Iris.

Effectivement, il y avait des chancres cachés qui descendirent du haut des petites falaises. Effrayés, les humains montèrent sur des hauteurs pour rester à distance de ces sacs à acide et commencèrent à tirer pour en tuer un maximum. Les Poltergirls étaient restées au sol pour combattre au front les chancres qui les encerclèrent.

-Vous êtes prêtes, les filles, demanda Sylvie.
-Prêtes, lui répondirent ses camarades.

Iris créa des vents qui renversèrent les évolutions des zerglings. Jennifer en souleva par télékinésie. Carla abattit les chancres volants. Sylvie faisait de même mais avec une méthode peu conventionnelle : formant des pistolets avec ses mains, elle créait des petites boules d'énergie psionique concentrée de la taille d'une balle de revolver qu'elle tirait vers les chancres. Chaque tir faisait mouche et tuait le Zerg sur le coup. Soudain, les assauts cessèrent et des grognements se faisaient entendre. D'autres Zergs arrivaient. En première ligne, les mineurs contaminés suivis des Zergs de souches pures. De l'autre côté du tunnel, une armée Zerg moins importante que la première arrivait. Pour les Terrans, on voyait déjà sa dernière heure sonner mais :

-Tout le monde sépare en deux groupes, ordonna Marc. Les Poltergirls, vous mèneraient les combats contre les Zergs qui arrivent de derrière nous. Les autres, on s'occupe des contaminés.

Mais, tenta de dire Sylvie.

-Ça vaut mieux de faire ainsi, expliqua le neveu du commandant qui savait pour le dégoût de Sylvie de tuer les contaminés.
-Soit mais ne mourrez pas, demanda-t-elle.

Les deux moitiés de la compagnie bâtirent leurs défenses avec les moyens du bord qu'ils trouvèrent dans le campement et se préparèrent à accueillir les Zergs. Quand ils arrivèrent, l'imprévisible se produisit. Ner'zhul apparut d'un rocher et créa des champs de force qui sépara les contaminés du reste de l'armée Zerg. Des spores tombaient du plafond sans raison apparente. Les Poltergirls reconnurent ces spores. C'étaient les mêmes spores que celles qu'elles avaient vues lors de leur mission au Nouveau San Francisco. Ce qui signifiait que Sylvestre n'était pas loin. Cherchant sa position, elles finirent par le trouver en haut d'une falaise sous la forme de l'infestateur géant. L'effet des spores fut immédiat. Les contaminés retrouvaient peu à peu leur apparence humaine. Voyant qu'ils étaient redevenus humains, les mineurs se dépêchèrent de rejoindre les fortifications pour se protéger des Zergs qui menaçaient de traverser les champs de force. Accueillant les ouvriers, le capitaine les interrogea :

-Tout le monde est là ?
-Je crois bien, répondit celui qui être le contremaître après avoir compté du regard ses hommes. Et encore merci de nous avoir sauvés.
-Je crois que vous devriez remercier ce Zerg, dit Marc un peu déçu de ne pas avoir réussi l'exploit.

Une masse imposante fit un bond impressionnant pour atterrir au beau milieu du campement. C'étaient Sylvestre, sous la forme d'un cafard, et Ner'zhul.

-Besoin d'aide, demanda Ner'zhul. Parce qu'avec ce nombre de Zergs, vous aurez du mal en venir à bout.
-Non merci, répondit froidement Marc qui n'appréciait guère le Gardien du Zerg polymorphe. On peut se débrouiller sans vous.
-Et encore merci pour avoir soigné ces gens, dit Sylvie qui venait d'abattre un hydralisk.
-Ce n'est rien, répondit Ner'zhul, on ne voulait pas que ces gens meurent. Parce que si on l'avait fait, qui serait descendu dans ces mines pour collecter le minerai ? Ça demande des gens qualifiés et courageux. De telles personnes sont souvent difficiles à trouver.
-On comprend votre logique, dit Carla. C'est louable.

Et pendant ce temps, l'irréductible compagnie continuait à résister à l'envahisseur Zerg qui ne cessait ses assauts. Certains tentèrent de passer par les falaises mais les Poltergirls percevaient leur présence et les éliminèrent avant qu'ils aient eu le temps de frapper. Néanmoins, malgré cette contre-mesure, les Zergs continuaient à gagner du terrain par leur nombre.

-Alors, demanda Ner'zhul, on ne veut toujours pas de notre aide ?
-Pourquoi le ferais-je, questionna Marc.
-Parce que vous êtes dans le pétrin, justifia le gardien de Sylvestre. Ce n'est qu'une question de minutes avant qu'ils déferlent sur vous et fassent un beau massacre.

Marc réfléchit. Il ne pouvait s'empêcher de donner raison à son interlocuteur. Finalement, il céda :

-Très bien, sortez-nous de ce guêpier.

Sur ces mots, Ner'zhul mit une flûte dans la bouche de Sylvestre qui se mit à jouer de l'instrument. Entendant le son de la flûte, les Zergs s'arrêtèrent et suivirent Sylvestre qui sortit du campement. A la ruche principale, Névrosa n'appréciait guère la tournure des évènements. Elle avait beau essayé d'ordonner à ses troupes d'attaquer mais tel un enfant qui avait perdu le contrôle d'un jouet téléguidé, la mère des Couvées demeurait impuissante.
A l'université militaire de California se trouvait un club récemment créé appelé le Club d'enquêtes sur l'Alliance Démoniaque. Le but de ce club était évidemment de découvrir ce que manigançaient les agents de l'Alliance. Seulement, L'organisation était douée pour brouiller les pistes. Sans parler du fait que leurs sbires ne faisaient que très peu d'opérations. Par conséquent, le nombre d'indices laissés était très faible. Pas assez pour démarrer une piste. Avec le temps, les membres du club perdirent la motivation de continuer. A la place, ils jouaient à des jeux vidéo ou autres activités qui n'avaient rien à voir avec leur club.

Aujourd'hui était une journée banale pour le Club d'enquêtes. Les 5 membres se divertissaient comme bon leur semblait. Soudain, la porte s'ouvrit violemment et un jeune binoclard entra. Les membres reconnurent le nouveau venu. Il s'agissait de Benjamin Onarap, un fervent défenseur de la théorie du complot. Chaque semaine, il publiait dans le journal de l'établissement une théorie extravagante qu'il défendait avec passion mais avec des arguments forts discutables. Voulant prouver à tous qu'il avait raison, Benjamin s'était alors tourné vers le club d'enquêtes où il vit le spectacle lamentable.

-Vous n'avez pas honte, s'écria-t-il. Vous devriez chercher, enquêter et non paresser.
-T'es marrant, lui répondit un membre du club. Comment veux-tu qu'on poursuive l'enquête si on n'a pas la moindre piste ?
-Vous n'avez sûrement pas bien cherché, répliqua le fan du complot. Montrez-moi tous vos indices. Je suis prêt à parier que je vais vous trouver quelque chose.

Sans grand enthousiasme, les membres du club lui donnèrent les indices collectés durant leurs chasses et les rapports d'enquêtes. Benjamin observa les diverses pièces à conviction. Les rapports étaient vraiment bien rédigés et apportaient une description remarque des lieux et du contexte où la preuve avait été trouvée. Seulement, difficile de trouver une piste car les indices ne menaient à rien. Benjamin comprenait mieux pourquoi le Club d'enquêtes avait du mal à avancer. Son attention fut attirée par une sorte de récepteur.

-Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il.
-Un récepteur capable de capter un large éventail de fréquences, expliqua le président du club. Au début, on pensait l'utiliser pour écouter des communications de l'Alliance mais on n'a pas réussi à en trouver une. Soit ils utilisent d'autres moyens de communications, soit ils les brouillent.
-ça doit avoir enregistré quelque chose, dit le parano du complot en observant que l'appareil est en mode enregistreur.

Il mit le casque à ses oreilles et écouta. Soudain, il écarquilla les yeux. Ce qu'il entendit le surprit. Il continua d'écouter pour approfondir cette piste. Après avoir écouté une bonne partie de la bande, Benjamin se leva et s'exclama en pointa le doigt vers le ciel :

-Nous avons une piste !! Suivez-moi !!

Les membres du club surpris et dépités d'avoir loupé une piste qui se trouvait sous leur nez. Ils accompagnèrent leur camarade. Ils furent grandement surpris de voir que la piste menait au centre de commandement. L'armée serait-elle alliée avec l'Alliance ? Ce fut la première question que posa Benjamin au commandant qui donna la réponse suivante.

-Mais pas du tout.

Un espion de l'Alliance qui surveillait le commandant fit un geste de la main pour confirmer ce que faisait le commandant. Enfin à condition de ne pas trop en dire.

-Dans ce cas, expliquez-moi avec qui vous étiez. Vous utilisez une communication non répertoriée pour parler avec quelqu'un. A part l'Alliance, je ne vois pas qui d'autre.
-C'est vrai que je reçois des appels de l'Alliance mais cela ne veut pas dire que nous soyons alliés. Ce ne sont juste que des fournisseurs.
-Des fournisseurs ? Que fournissent-ils ?
-Des informations sur les mouvements des Zergs, bien sûr, répondit le commandant. Comment croyez-vous que je sache à l'avance leurs attaques ? Un espion m'avertit du moindre fait et geste des Zergs, d'où les communications que vous avez repérées.

Ces révélations déroutèrent complètement les jeunes étudiants. La tournure ne plaisait guère à Benjamin qui pensait que le militaire dissimulait quelque chose mais garda cette remarque pour lui.

-Pourquoi avoir caché cette information ? demanda un membre du club.
-Je n'ai rien caché du tout, répliqua calmement le commandant. De plus, l'empereur est au courant et ferme les yeux.
-Comment ?! Mais c'est inimaginable, s'écrièrent les étudiants.
-Il s'est montré plus compréhensible que d'habitude, se justifia le commandant. Je suppose qu'il espérait que l'Alliance finisse par se révéler à nous avec le temps.
-Insensé !
-C'est la stricte vérité. Maintenant si vous me le permettez, j'ai du travail.

Le commandant partit alors pour préparer sa prochaine stratégie de défense contre les Zergs. Le club d'enquête et Benjamin furent choqués de voir le commandant de trouver normal d'accepter l'aide d'inconnus comme l'Alliance. Cette organisation avait forcément un but caché. Mais quoi ? Quel intérêt auraient-ils à prévenir les Terrans des attaques Zergs ? Tant de questions qui ne pouvaient trouver leur réponse que par une investigation poussée. En quittant la salle principale, ils tombèrent devant la salle d'entrainement des Poltergirls. Une affiche sur la porte portait la mention « Ne pas déranger, entrainement de fantômes ». Curieux, ils entrèrent et découvrirent les Poltergirls en plein exercice.

Quelques minutes auparavant, Xezbeth était présent dans la pièce avant de sentir la présence de fouineurs.

-Mon dieu, s'écria-t-il. Mesdemoiselles, je pense que vous pouvez continuer l'entraînement sans moi.
-Que se passe-t-il ? demanda Sylvie surprise de voir leur mentor filer aussi vite.
-Le Club d'enquêtes sur l'Alliance Démoniaque arrive, expliqua le démon manipulateur. Je ne souhaite en aucun cas qu'on nous découvre ensemble. Sinon, on vous accuserait de travailler pour l'Alliance. Qui sait ce qui arrivera après.
-C'est bon, on a compris, coupa Carla. On doit cacher cela même s'il s'agit de nos camarades de classe ?
-Evidemment, affirma Xezbeth, car ils pourraient n'avoir aucune hésitation à vous dénoncer et ce serait difficile pour l'Alliance de vous tirer de cette fâcheuse situation.
-Et alors ? répondit Iris, vous pouvez nous emmener avec vous et nous mettre en lieu sûr.
-Nous ne souhaitons pas perdre la position favorable dont vous disposez. Et puis, vous en savez beaucoup trop pour qu'on vous laisse entre les mains de l'ennemi.

Les arguments du démon de la Tromperie faisaient mouche. Inutile d'ajouter que les Poltergirls perdraient tout moyen de retrouver Sarah Kerrigan si elles se faisaient arrêter. De plus, elles n'avaient pas fini leur formation de fantôme à la sauce démoniaque dont elles avaient pu sentir les effets. Leurs pouvoirs avaient commencé à se manifester et à être maîtrisés. Sans l'aide d'un expert dans la matière, elles auraient du mal à progresser et à s'améliorer surtout quand leurs pouvoirs pourraient leur être d'une grande aide. Acceptant le départ de leur maître, les Poltergirls écoutèrent les instructions du démon Xezbeth pour contrer toute accusation à leur encontre. Puis son illusion disparut. Les Poltergirls reprirent l'entrainement comme si rien de cette conversation n'avait eu lieu. Elles perçurent la présence de 6 personnes s'approchant de la porte. L'un d'eux ouvrit la porte et entra.
-Mais qui voilà, s'exclama Benjamin qui ne s'attendait pas d'une telle rencontre. Les Poltergirls ! Que faites-vous ici ?
-N'est-ce pas évident, répondit Jennifer. On s'entraîne, on se forme.
-Où est le prof ? interrogea le défenseur du complot.
-Il est sorti, expliqua Iris qui avait retenu les consignes de Xezbeth. Il avait une course urgente à faire.
-Ça tombe bien car j'avais quelques questions, dit Benjamin.
-Laissez-moi deviner, dit Carla. C'est à propos de l'Alliance ?
-Comment avez-vous deviné, demanda Benjamin surpris.
-Ce n'est pas bien compliqué, répondit Sylvie. Tu es accompagné du Club d'enquêtes sur l'Alliance. La déduction est donc évidente. Même un non-télépathe pourrait deviner cela.
-Soit, admit Benjamin. Quoi qu'il en soit, j'aimerais connaître vos relations avec l'Alliance.
-Simplement professionnelles, dit Sylvie.
-Des alliés d'occasion, ajouta Carla.
-Fiables et efficaces, compléta Iris.
-Et aucun coup bas même après la trêve, termina Jennifer.
-Et c'est tout ?
-C'est tout, répétèrent les Poltergirls.
-Quand même, vous avez bien dû discuter avec ces gens, insista le dévoué à la théorie du complot.
-Ces gens sont du genre discret, expliqua Carla. Ils ne disent que peu de choses. Difficile de leur tirer les vers du nez.
-Tu ne vas quand même pas nous soupçonner d'être de mèche avec eux, questionna Sylvie.
-C'est fort probable, répondit Benjamin. Des gens dotés de pouvoirs psychiques sont rares. Celui qui ralliera le plus de personnes de cette catégorie aura un atout de taille dans une guerre.
-Sauf que nous ne sommes pas des armes, répliqua Iris. Mais où veux-tu en venir ?
-Que l'Alliance vous a recruté.
-La seule personne qui nous a recrutées est une personnalité dans la hiérarchie du Dominion, répondit Carla.
-Qui, demanda Benjamin qui demeurait intrigué.
-Il a demandé que son identité reste secrète, expliqua Jennifer. Au passage, sachez qu'il a l'accord de l'empereur en personne pour nous engager comme gardes du corps.
-Sérieux, interrogea un membre du club.
-Bien sûr, confirma Iris.
-Allez, dites-le nous, supplia un autre membre.
-Pas question, dit Sylvie. Si on vous le dit, ça sera dans le journal de l'université le lendemain. Vous avez vu ce qui s'était passé après l'attaque de la colonie secondaire.

Ça, le journal de l'université avait fait les choux gras sur la révélation que les Poltergirls étaient des fantômes. Tout le monde s'était jeté sur les héroïnes pour demander des détails de ce que ça faisait d'avoir des pouvoirs psychiques. Après plusieurs jours, les Poltergirls cédèrent et accordèrent un article pour le journal en échange de pouvoir retrouver la tranquillité. Personne ne pouvait blâmer les apprenties fantômes de protéger ce secret au vu de cette éprouvante expérience. Jennifer tendit une feuille où était un contrat de confidentialité. En échange de connaître ce secret, les signataires devaient garder le silence. Benjamin et le Club d'enquêtes signèrent puis demandèrent le nom du haut-fonctionnaire de l'empire.

-Regardez l'UNN, répondit Carla qui consultait sa montre.

Sylvie alluma la télé qui se trouvait dans la salle. L'habituelle figure de Donny Vermillion apparut alors à l'écran.

-Retrouvons Kate avec l'empereur Arcturus Mengsk pour une révélation pour le moins fracassante.

La caméra passa alors des studios de l'UNN à la salle de conférence où l'empereur Mengsk se tenait sur son pupitre. Derrière lui, se trouvait le prince qui attendait que son père le fasse venir.

-Mes chers concitoyens, dit solennellement l'empereur, j'ai le plaisir de vous présenter le futur empereur du Dominion, mon successeur. Mon fils, le prince Valérian Mengsk.

Tous les journalistes présents dans la salle furent surpris d'apprendre la nouvelle. L'empereur avait un fils. Quand on observait le blondinet, on ne trouvait aucune ressemblance physique avec son père. A la demande de son paternel, Valérian vint prendre sa place au pupitre.

-Messieurs les journalistes, ce que vient de dire l'empereur est la stricte vérité, expliqua l'Héritier. Pour des raisons de sécurité, il a choisi de dissimuler mon existence aux yeux du public. A présent, je me présente à vous avec la ferme attention de faire du Dominion un endroit sûr, prospère et paisible.

Le public applaudit alors le courage et la détermination du jeune homme qui succéderait à son père dans quelques années. Ce dernier reprit sa place à son noble pupitre.

-Je peux vous assurer qu'il saura diriger le Dominion. Grâce à aux enseignements prodigués par l'élite du Dominion, il deviendra un empereur aussi compétent que moi-même et peut-être même meilleur.

Le prince souriait. Son père ne croyait pas si bien dire. Et grâce à l'Alliance, il accéderait plus rapidement au trône. Il fallut d'abord que son plan réussisse. La Boîte de Pandore lui faisait confiance. L'échec n'était pas toléré. Il en allait de l'avenir du Dominion. La scène de la conférence fut ensuite réduite en un petit carré avec un retour dans les studios avec Donny.

-Nous sommes les premiers à le dire, déclara le journaliste corrompu, notre futur est assuré par l'Héritier.

Jennifer éteignit la télé par son pouvoir. Le Club d'enquêtes et Benjamin furent étonnés de la nouvelle. Une minute après, ils demandèrent :

-Votre futur employeur, ce n'est quand même pas...
-Si, confirmèrent les Poltergirls en même temps. C'est bien le prince Valérian.
-J'y crois pas, hurla Benjamin, il y a un truc qui ne tourne pas rond.
-Quand même, dit le président du club encore sous le choc, les Poltergirls qui vont devenir gardes du corps du futur empereur. Ça, c'est une nouvelle.
-Ça va faire un plus gros bruit que la dernière fois, s'exclama le vice-président.
-Sauf que vous avez signé un contrat de confidentialité, rappela Carla.
-C'est vrai, admit la fille du Club.
-Et c'est d'ailleurs le prince qui a nous trouvé un prof, ajouta Iris pour combler les trous.

Encore plus dépités qu'avant, le Club d'enquêtes quitta la salle d'entrainement.

-C'est frustrant, gémit Benjamin.
-Que veux-tu, lui dit le président du Club. Ça n'a rien d'étonnant de voir les meilleurs élèves de la meilleure université du Dominion travailler pour le prince Valérian. C'est plutôt une bonne chose. De plus, il est normal qu'on veuille garder cela secret.
-Du moins jusqu'à ce soit rendu publique.

En retournant à l'université, les détectives tombèrent sur quelqu'un qui provoqua une réaction chez Benjamin Onarap, comme une révélation. Il ne put s'empêcher de s'écrier :

-Ce type-là, il est suspect.
Le club d'enquêtes avait lâché l'affaire. D'abord, le commandant, puis les Poltergirls. C'était normal de les soupçonner d'intelligence avec l'Alliance au vu des contacts avec l'organisation des ténèbres. Mais Benjamin s'était montré encore plus déchaîné quand il avait désigné sa nouvelle victime : Le professeur Stallone. Selon l'accusateur, ce professeur était arrivé peu avant l'agitation des Zergs. Or, c'était au même moment où l'Alliance avait commencé à agir. N'importe qui aurait dit que c'était une coïncidence. Seulement, le mot « coïncidence » n'existait pas dans le vocabulaire d'un défenseur du complot.

Dans le local du Club, on se demandait ce qui allait se passer.

-Je le sens mal, dit un garçon du Club. Il va s'attirer des ennuis.
-Mais dans un sens, il n'a pas tort, rétorqua une fille. On ne sait pas grand-chose sur ce prof. Il cache sûrement quelque chose.
-Où est le rapport avec l'Alliance, intervint le président du Club.
-Il y en a probablement un, supposa un autre membre du Club.
-Encore faut-il le prouver, répliqua le président peu convaincu de l'idée d'accuser un professeur populaire.

Deux jours plus tard, un article fut publié. Une théorie fumeuse présentait des accusations à l'encontre du professeur Stallone d'être un espion au service de l'Alliance. Ayant eu vent de ces rumeurs, le doyen Sheppard convoqua l'incriminé dans son bureau.

-Vous êtes au courant, demanda-t-il d'un air grave.
-Et comment, répondit l'enseignant, le journal sous le bras, ce n'est qu'une idée de plus lancée par Monsieur Onarap. Dans une semaine, il publiera une autre idée.
-Sauf que celle-ci semble bien partir pour durer, dit le doyen qui agitait le journal. Prouvez-nous qu'il se trompe. Je tâcherais de vous soutenir mais si ces allégations s'avèrent fondées, vous aurez de graves ennuis.

Le professeur quitta le bureau pour retourner au sien. Là-bas, il lâcha un juron de colère. Ce gamin allait nuire au plan du maître. Son chat Pharaon s'approcha de lui pour lui réclamer des câlins. Apaisé au contact du félin, Michaël lui :

-Tu sais, cet Onarap est une vraie aiguille sous le pied. Ses accusations sont dérisoires mais peuvent prendre de l'ampleur si on ne fait rien. Le meilleur moment pour riposter est maintenant.

Le chat le regarda d'un air attendrissant puis miaula. Comme s'il avait compris ce que lui disait son animal de compagnie, le professeur sortit de son appartement pour lancer sa contre-attaque. Il convoqua le Tribunal de l'université.

Ce tribunal avait pour rôle de juger tout litige ayant lieu dans l'enceinte de l'université. Ce qui rendait ce tribunal si intéressant était le fait qu'on permettait aux protagonistes de l'affaire de s'exprimer sans retenue ou de pression. Les juges étaient des élèves reconnus pour leurs principes moraux pour des mandats de 6 mois. Il n'y avait pas de limites de mandats. Le Tribunal se trouvait dans le bâtiment principal de l'université. Quand on y entrait, on découvrait une salle semblable à celles qu'on voyait dans les séries policières. Comme pour le code pénal, le nombre de juges dépendait de la gravité du litige. Dans le cas actuel, trois juges furent appelés. A l'annonce du procès, toute l'université s'était rassemblée pour assister à l'évènement. Jamais un litige n'avait autant intéressé les étudiants. Chaque parti disposait d'une salle pour préparer leurs arguments et discuter en toute tranquillité. Les Poltergirls eurent le droit de rendre une visite à leur enseignant injustement accusé avant la séance.

-Vous êtes sûrs que ça va aller, demanda Sylvie.
-Mais oui, rassura le prof, je vais démonter les arguments de la partie adverse les doigts dans le nez. Enfin, si on peut appeler ça des arguments.
-Vous devriez vous méfier, avertit Carla. Benjamin me parait bien motivé. Il doit avoir quelques atouts pour appuyer sa thèse.
-Thèse qui aura droit à un beau zéro, répliqua monsieur Stallone avec humour.
-ça serait dommage que vous partiez, dit Iris, vous êtes un excellent prof.
-De la part d'une de mes meilleurs élèves, ça me touche beaucoup, répondit l'enseignant qui avait une grande estime envers les Poltergirls.
-Le procès va commencer, annonça un huissier.
-Une dernière question, demanda Jennifer, êtes-vous un espion de l'Alliance ?
-Non, répondit monsieur Stallone avant d'entrer dans la salle d'audience.

Cette réponse jeta un froid aux Poltergirls qui avaient un doute sur la réponse. Ou plutôt qu'il ne leur disait pas la vérité. Pour s'assurer que tout se passerait bien, elles prirent place dans les gradins. Les juges entrèrent et firent débutaient la séance.

-Je déclare la séance ouverte, proclama le juge au centre. Les deux partis sont-ils prêts ?
-Je suis prêt, répondit Benjamin avec confiance.
-Moi de même, répondit l'enseignant vêtu d'un large imperméable noir et d'un chapeau gris, tenue vestimentaire caractéristiques des espions.
-Mais pourquoi êtes-vous vêtus de la sorte, interrogea le jeune magistrat.
-C'est simple, on m'accuse d'être un espion, alors je m'habille comme un espion.
-C'est ridicule, enlevez ça.

Le prof s'exécuta avant que son accusateur commença son discours préliminaire.

-Votre honneur, j'accuse le professeur Michaël Stallone ici présent d'être un espion de l'organisation appelée l'Alliance Démoniaque.
-Eh bien, voilà des allégations assez lourdes, s'exclama un des juges.
-Avez-vous des preuves, questionna un autre juge. Vous devez bien mesurer la gravité de ces inculpations. Cela vous coûtera cher si vous vous trompez.
-J'en suis conscient, répondit l'accusateur, mes preuves seront plus des faits qui m'amènent le doute.
-Des doutes ne suffiront pas pour m'incriminer, dit monsieur Stallone avec amusement.
-Rira bien qui rira le dernier. En attendant, expliquez-nous pourquoi vous êtes si discrets sur votre passé ?
-En quoi est-ce une preuve ?
-C'est simple, expliqua Benjamin, vous dites avoir observé les Zergs, rencontré des Protoss pendant plusieurs années. Ce qui explique vos larges connaissances mais il y a encore des trous. Votre enfance, votre naissance. D'où venez-vous ?
-De la planète Agria, répondit l'enseignant accusé. Pour mes connaissances, je les dois à mes voyages. J'ai longuement observé les Zergs, gagné durement la confiance des Protoss pour accéder à leur culture. Quant au reste, ça ne vous regarde pas. J'ai droit à ma vie privée.
-Et comme par hasard, elle a été attaquée par les Zergs, répliqua Benjamin qui voyait que cette piste menait à un cul-de-sac.
-Que voulez-vous, dit monsieur Stallone en haussant les épaules. Les Zergs sont imprévisibles.
-Quoi qu'il soit, intervint un juge, je crains de devoir couper court. Monsieur Stallone a raison, nous devons respecter sa vie privée.
-Mais enfin, votre honneur, c'est justement là que nous devons fouiller, insista l'accusateur.
-Il suffit, coupa sèchement le juge. Il y a une limite à tout. S'immiscer dans la vie privée des autres est un grave délit. Avez-vous d'autres arguments ?
-J'en ai, votre honneur. De plus, l'accusé est arrivé récemment, peu avant que les Zergs.
-Et alors, demanda monsieur Stallone.
-Je suis prêt à parier que l'Alliance savait que les Zergs allaient frapper ou du moins, ils avaient une idée du moment.
-Charmante théorie, nargua le prof, mais alors pourquoi envoyer un espion ici ? Quelle est sa mission ? Ce sont des questions qui me paraissent évidentes à poser.
-C'est vrai, admirent les juges. Pouvez-vous répondre à ces questions ?
-ça me parait évident, répondit Benjamin, la raison d'envoyer un espion ici est liée à notre université. Tout le monde connait sa réputation. Sa mission est de connaitre l'organisation, les plans secrets de l'armée du Dominion.
-Elle est bien bonne, riait Stallone. Et vous croyez qu'un enseignant puisse trouver de tels renseignements. A votre place, j'aurais infiltré l'état-major pas une école.
-Seulement, on expérimente de nouvelles façons de se battre. Un prof, ça passe inaperçu. Je dirais même que c'est normal qu'un prof vienne contrôler le travail de ses élèves. Et si ces nouvelles méthodes sont intégrées dans le répertoire de stratégies du Dominion, l'Alliance le saurait et trouverait sur le champ une riposte.
-Je pense qu'on devrait arrêter la plaisanterie, dit monsieur Stallone.

Tout le monde fut surpris de la tournure des évènements. Le professeur Stallone avait un ton un peu plus sérieux.

-Voyez-vous, cette théorie comporte de grosses failles. D'abord, l'espion peut aussi être une taupe. Un de mes collègues pourrait être l'espion en question. Ou même le doyen en personne. Ensuite, vint le moment où il faut communiquer les informations collectées. Par quels moyens m'y serais-je pris ? De plus, je suis présumé innocent tant que ma culpabilité n'est pas prouvée. Par conséquent, si vous n'avez pas de preuves concrètes, je reste innocent et vos belles paroles ne sont que du vent.

Benjamin se sentait piégé. Dans sa précipitation, il avait négligé certains détails. Il n'avait pas de preuves et comprit le piège de son adversaire : détruire sa théorie devant tout le monde pour l'empêcher d'approfondir son enquête. Finalement, il accepta sa défaite.

-Je suis désolé, votre honneur. Je n'ai aucune preuve.
-C'est vraiment désolant, rétorquèrent les juges. Nous allons devoir vous sanctionner pour accusations calomnieuses.
-Laissez, votre honneur, intervint Michaël Stallone. Ce jeune homme est un peu tendu par la situation géopolitique en ce moment. L'Alliance Démoniaque, l'Essaim, les Rebelles de Raynor, il y a de quoi devenir parano.
-Si vous le demandez, dit le juge au centre. Nous gracions Benjamin Onarap et lui demandons de ne plus importuner le prof. La séance est levée.

Benjamin n'en revenait pas. Le prof qu'il avait accusé lui avait permis d'échapper à une sentence qui aurait coûté sa carrière dans l'armée. Maintenant, plus aucune enquête sur lui n'était autorisée. Pour les Poltergirls, monsieur Stallone devait sûrement cacher un gros secret. La façon dont il s'était pris pour prendre le contrôle du procès était forte intrigante. Ça dépassait les compétences d'un enseignant ordinaire. Mais qui était vraiment Michaël Stallone ?
Ça s'était passé dans une nuit sombre. Aussi sombre que les Ténèbres. Des ombres s'approchaient d'une caserne militaire. L'une d'elles s'agenouilla pour déposer un étrange colis devant le bâtiment. Son manège terminé, l'ombre prit la fuite avec ses compagnons. Quelques instants plus tard, le colis explosa, causant de lourds dégâts. Dans la même nuit, d'autres explosions se produisirent dans toute la ville.

Le lendemain matin, tous les médias parlaient de ces incidents. Leurs réactions étaient des plus virulentes en particulier chez l'UNN :

-Ici, Donny Vermillion, en direct de l'UNN sur Korhal, se présenta le journaliste à la solde du Dominion, Kate, vous êtes bien sur la planète California où se sont produits des attentats contre le Dominion ?
-Oui, Donny, répondit la jeune femme qui apparut sur les écrans de télé. Je suis devant un des lieux des attentats où les dégâts sur les infrastructures militaires sont très lourds. Par chance, aucune victime à déplorer.
-Kate, savons-nous qui est le responsable de ces crimes, demanda Donny.
-Les premiers éléments de l'enquête semblent indiquer les Rebelles de Raynor comme responsables des attentats.

Pour appuyer son propos, Kate guida la caméra vers un logo taggué du groupe paramilitaire à proximité de l'explosion. A la vue de cette preuve trop évidente, Donny s'emporta.

-Ça y est ! Jim Raynor est passé à la vitesse supérieure. Prenez toutes les dispositions pour protéger vos enfants et alertez les forces du Dominion si vous êtes témoins de faits suspects.

A l'université militaire, cet évènement faisait débat parmi les élèves. Pour les Poltergirls, l'opinion était toute faite :

-Je n'y crois pas une seconde, dit Sylvie persuadée de ce qu'elle disait.
-Je suis d'accord, ajouta Carla. Ce n'est pas parce qu'on a trouvé un tag symbolisant les rebelles de Raynor que c'est lui le coupable.
-Si ce n'est pas lui, alors qui est-ce, demanda Iris.
-Quelqu'un qui souhaite détourner l'attention sur un bouc émissaire, répondit Jennifer.

Soudain, un appel fit vibrer les communicateurs des Poltergirls qui allèrent se cacher pour décrocher. Sans surprise, l'hologramme miniature de Mathio qui apparut.

-Bonjour, mes demoiselles, vous avez vu les dernières nouvelles ?
-Et comment, répondit Sylvie, et nous pensons que Jim Raynor est innocent.
-Excellente réponse, dit le démon content d'entendre cette réponse. D'ailleurs, je compte vous mettre sur le coup.
-Vous voulez que nous enquêtions sur cette série d'attentats, demanda Iris.
-Tout à fait, acquiesça Mathio. Un de mes hommes vous apportera le soutien nécessaire pour que vous puissiez participer en toute légalité. Les sbires dans la base secrète vous aideront dans votre enquête. Sur ce, je vous souhaite bonne chance.

Les Poltergirls avaient vite compris de qui Mathio parlait. Leur intuition allait vite leur donner raison après les cours. En effet, elles furent convoquées au centre de commandement car quelqu'un voulait leur parler. A la demande du contact, la communication serait d'ordre privé. Le personnel partit pour ne pas écouter la conversation. Les Poltergirls furent à moitié étonnées de voir le prince Valérian sur l'écran central.

-Bien le bonjour, mesdemoiselles.
-Bonjour, prince, dit Carla, les yeux pétillants quand elle le voyait.
-Le Général nous a tout dit pour la mission, ajouta Jennifer.
-Je vois, répondit le prince, mais vous a-t-il parlé de la récompense ?
-Qu'est-ce que c'est, demandèrent les Poltergirls intéressées.
-Si vous réussissez à prouver l'innocence du rebelle Jim Raynor et à démasquer les véritables coupables, Mathio vous révèlera les relations entre Kerrigan et Jim Raynor et autres informations croustillantes.

Les Poltergirls se sentirent poussées des ailes. Sans la moindre hésitation, elles acceptèrent avec joie et c'était compréhensible. Elles allaient découvrir ce qu'il était arrivé à Sarah Kerrigan leur idole. Après la communication, elles allèrent se changer en prenant le soin de porter un masque pour dissimuler leur identité. Elles rejoignirent un des lieux des attaques en voiture. Grâce aux badges officiels fournis par Valérian, les Poltergirls purent accéder à la scène du crime. Elles firent la rencontre de la commissaire Ariane, une charmante femme aux cheveux rouges et à forte poitrine. Mais ce n'était qu'une couverture et les fantômes le savaient car Ariane était en réalité une des 4 Caïds de la garde personnelle de Mathio. De plus, les hommes en noir avaient infiltré la police scientifique pour collecter les indices. Telles des inspectrices, elles demandèrent plus de détails :

-Que pouvez-vous nous dire sur ce qui s'est passée, demanda Sylvie.
-Le coup classique mais efficace. Une bombe artisanale a été déposée devant cette caserne. Les caméras des alentours ont été recouvertes de peinture.
-La même qui a servi pour le tag, présuma Carla.
-Exactement, confirma la fausse commissaire. Oh, j'oubliais ! Les explosions se sont produites entre 23h et minuit.
-Donc, pas de témoins à cette heure, commenta Jennifer.
-Hélas, oui, répondit Ariane, Bien, je vais vous laisser participer aux recherches. Quant à moi, j'ai la presse à gérer.

En effet, Kate Lockwell faisait son reportage sur la série d'attentats, derrière les bandes « scène du crime ».

-Ici, Kate Lockwell, en direct sur California. Je suis devant les lieux d'un autre attentat. Actuellement, les enquêteurs sont en train de collecter le maximum d'indices pour identifier et retrouver les coupables. Ah ! Commissaire, quelques mots pour nos téléspectateurs ? Avez-vous des pistes ?
-Nous n'en sommes qu'au début de notre enquête. Veuillez partir et attendre. Nous vous contacterons quand nous aurons du nouveau.
-Le public doit savoir, répliqua Kate.
-Il n'en saura pas plus que maintenant, répondit la commissaire avec une agressivité contrôlée. Pour l'instant, laissez-nous faire notre travail.

Pendant ce temps, les Poltergirls cherchèrent le moindre indice qui pourrait disculper les rebelles de Raynor. En dépit d'être des pros, les coupables avaient forcément laissé des traces. Souvent de petits détails qui échappaient à la vigilance des criminels. Par chance, elles en trouvèrent plein : un mégot de cigarette près d'une caméra sabotée, des traces de semelle près d'un arbre, les débris de la bombe. Toutes ces preuves furent emmenées au commissariat central de la ville. Les sbires infiltrés analysèrent les indices trouvés sur tous les sites d'attaque. Voici le rapport d'enquête présenté au prince Valérian :

« Les attentats se sont produits entre 23h00 et 00h00 sur des infrastructures relatifs au Dominion. Les caméras n'ont pas pu filmer la scène car elles ont été repeintes. Personne n'a rien remarqué de suspect. Les bombes étaient artisanales, donc n'importe qui aurait pu commettre les attentats. Néanmoins, les indices comme les traces de semelles, le mégot de cigarette, les empreintes sur les débris des bombes, les débris de bombes eux-mêmes et bien d'autres, nous ont permis d'identifier de potentiels suspects : des membres du gang des Apaches. Il s'agit d'une bande de délinquants payés pour faire le sale boulot des personnalités corrompues. Les horaires où les caméras ont été sabotées étant proches, nous pouvons affirmer que ces attentats ont été réalisés par un grand nombre de personnes. »
-C'est un excellent, fit remarquer l'héritier du trône, seulement, ça ne suffira pas pour innocenter Jim Raynor. Mon père affirmera que ces types auront été engagés pour faire le boulot. Il faudra des preuves concrètes de leur complicité avec le commanditaire, s'il y en a un.

La nuit suivante, de nouveaux attentats se produisirent.

La journée commençait fort pour la police qui subissait une plus forte pression médiatique qu'hier. Pour les Poltergirls et la commissaire Ariane, il était temps de rendre une petite visite au gang des Apaches. Toutes, sauf Jennifer qui resta à la base secrète de l'Alliance pour des recherches, partirent en voiture. Seulement, elles étaient suivies par une autre voiture. Sentant cette présence, les trois fantômes avertirent leur alliée de cette voiture.

-Je sais, dit Ariane quand elle entendit parler de la voiture qui les suivait, je suis prête à parier que cette maudite journaliste de Kate Lockwell.

L'intuition de la commissaire s'avéra exacte quand les Poltergirls utilisèrent leurs capacités de télépathie sur la conductrice. Pour l'instant, la mission était le plus important. Elles arrivèrent dans les quartiers modestes du Nouveau Los Angeles pour atteindre le repaire des Apaches. Au premier regard, on pourrait croire à une maison comme les autres sauf que de nombreuses personnes viennent la fréquenter. Une forte odeur de tabac et d'alcool se dégageait du seuil de la porte d'entrée. Des Apaches montaient la garde de l'entrée. Quand ils virent la police, ils furent grandement intéressés par les formes des minettes. Seulement, les minettes n'étaient pas là pour batifoler mais pour avoir une discussion avec le chef de la bande, Big Pig. Big Pig était un homme d'une corpulence assez imposante. Son visage était semblable à celle d'un sanglier. Ses yeux roulèrent de joie quand leur propriétaire vit les nouvelles venues. Il leur adressa alors un ton fort amical.

-Tiens donc, que nous vaut la visite de ces beautés ?
-Pour votre information, nous sommes de la police. On aimerait vous poser quelques questions, répondit Ariane en montrant son vrai faux badge.
-De quoi ? Des attentats ?
-Dans le mille. Où étiez-vous, vous et vos hommes, hier soir entre 23h et minuit ?
-Ici même. On a passé une petite soirée calme.
-Je vois, dit la commissaire d'un ton soupçonneux, et comment expliquez-vous que certaines preuves pointent vos hommes comme étant les terroristes ?
-Vous savez, répondit le gros plein de soupe assez surpris de la révélation, il n'est pas rare que certains de mes hommes fassent cavalier seul. Après, je ne me mouille pas dans leurs affaires personnelles, vous comprenez ?
-D'une certaine façon, dit Ariane, ça ne vous dérange pas qu'on regarde dans votre maison ?
-Faites comme chez vous. On n'a rien à cacher.

Les Poltergirls fouillèrent de fond en comble le repaire des voyous. Quand elles repéraient une salle ou une porte secrète, elles feignirent de ne rien voir. De petits objets tombèrent de leurs mains durant la fouille. A la fin, les fantômes revinrent bredouilles devant Big Pig qui haussa les épaules, l'air de dire « je vous avais prévenu ». Prenant congé, elles montèrent dans la voiture et repartirent. Seulement, elles ne repartaient pas pour le commissariat mais vers une autre maison qui servait de planque pour la police pour surveiller les activités du gang des Apaches. Des sbires de l'Alliance avaient déjà investi les lieux.

Pendant ce temps, Jennifer tentait de comprendre les motivations des terroristes. Si Jim Raynor était innocent, alors les attentats étaient l'oeuvre d'usurpateurs. Dans ce cas, pourquoi ? Elle avait supposé que ces attentats servaient de diversion et faire accuser le Rebelle Jim Raynor. Le tag laissé sur les lieux des attentats devait servir à abattre tout doute sur la culpabilité de ces criminels. Des simples d'esprit tomberaient dans le panneau mais pas elle. En suivant son raisonnement, l'experte en informatique arrivait à la conclusion suivante : ces attentats avaient un but caché. Un but qu'on ne verrait pas au premier coup d'oeil, surtout si on était focalisé par autre chose. Afin de vérifier sa théorie, Jennifer conçut un programme où elle insérait toutes les données sur les attentats et leurs alentours. Elle avait beau mettre toutes les données qu'elle pensait en rapport avec l'affaire mais aucune concordance. Lassée de ces multiples échecs, Jennifer prit une pause pour se relaxer. Elle croisa le Caïd Lance à la machine à café. Ce dernier était d'humeur massacrante.

-Eh bien, monsieur. Que vous arrive-t-il, demanda la fantôme.
-Ce sont les clients de l'hôtel, répondit le Caïd, à cause de ces fichus attentats, ils ont quitté l'hôtel plus tôt que prévu. C'est mauvais pour nous.
-Tant que ça ?
-Evidemment, puisqu'une bonne partie de l'argent sert pour la base où nous sommes. Si ces attentats continuent, les clients n'oseront plus venir ici. On risque de baisser les prix, voire vendre l'hôtel mais ce sera dur de trouver des acheteurs avec les récents évènements.

Les paroles de Lance déclenchèrent chez Jennifer un déclic. Elle commença à comprendre. Sa nouvelle théorie semblait concorder. Il ne restait plus qu'à la vérifier.

-Monsieur Lance, dit-elle, vous ne le savez pas encore mais vous avez peut-être sauvé l'hôtel en me racontant tout.
-Vraiment, interrogea Lance surpris.
-Et comment. Avant la fin de la semaine, nous aurons déjà arrêté les coupables. Je file aller vérifier tout ça.

Sans perdre un instant, Jennifer retourna à son poste et inséra de nouvelles données et instructions. Son erreur fut de se concentrer uniquement sur les lieux des attentats. En réalité, les attentats ont eu un impact sur toute la ville. Quand les résultats tombèrent, un sourire se dessina sur les lèvres de Jennifer, contente de voir qu'elle avait vu juste. Elle appela ses amies pour leur faire part de sa découverte.

De leur côté, les 3 Poltergirls et Ariane eurent fort à faire avec Kate qui avait essayé de s'introduire dans la maison. Sa capture fut rapide mais elle fut relâchée avec pour consigne de ne pas s'approcher de ces gens au risque de se mettre en danger. Soudain, elles reçurent l'appel de leur amie. Elles décrochèrent.

-Les filles, j'ai du nouveau, s'écria Jennifer.
-Vraiment, demanda Sylvie, raconte.
-Je suis sûre à 95% de ce que j'affirme : Ces attentats visent l'immobilier.
-Tu peux développer parce que je n'ai pas compris, dit Iris.
-J'y viens, répondit son amie, ces attentats ont pour but de créer un sentiment d'insécurité. Ce même sentiment affecte aussi les acheteurs de biens immobiliers qui renoncent à acheter devant de tels évènements. De leur côté, les vendeurs doivent baisser les prix, vu que le nombre d'acheteurs diminuent. C'est ce qu'on appelle l'offre et la demande.
-Je commence à comprendre, réagit la commissaire, après, le commanditaire ou un de ses complices achète les biens à prix cassé. Ensuite, ils les revendront à prix d'or.
-Exactement, dit Jennifer d'une mine réjouie. Et j'ai même un suspect qui pourrait être le commanditaire des attentats. Il s'agit de...
-Les Apaches passent un appel, intervint un sbire.
-Désolée, Jennifer, dit Carla, mais on va devoir raccrocher.
-Je voudrais entendre l'appel, demanda Jennifer.
-Elle le mérite avec la piste qu'elle nous a montrée, dit la commissaire.

Tous se rendirent dans la salle de séjour où du matériel d'espion avait été installé. Durant la fouille, les Poltergirls avaient déposé des micros pour épier leurs conversations. En ce moment, Big Pig essayait de joindre quelqu'un. Le commanditaire, peut-être. Enfin, l'autre bout de la ligne décrocha.

-Oui, qu'est-ce qu'il y a, répondit une voix masculine.
-Monsieur Arpar Gond, on a des soucis, s'exprima le chef des Apaches.
-Et de quoi il s'agit, demanda son interlocuteur.
-C'est la police. Elle est venue ici il y a une demi-heure insinuant notre implication dans les attentats. A ce qu'elles disaient, il y aurait des preuves contre nous.
-Que cela tienne, répliqua avec agressivité l'autre homme, je vous payerais un bon avocat pour vous tirer de là. Pour l'instant, la police ignore que c'est moi qui vous ai ordonné de poser les bombes. D'ailleurs, ce soir, vous allez en poser d'autres.
-Où ça ?
-A l'université militaire et au centre de commandement.
-Vous êtes fous, monsieur Gond, hurla Big Pig, vous allez désorganiser l'armée qui ne pourra plus faire face aux Zergs.
-Si vous faites comme d'habitude, tout se passera bien. Le plus important, c'est que les gens soient effrayés et continuent de croire que le responsable est Jim Raynor. Comme ça, je pourrais racheter le Manoir du Pandémonium.
-Un chouette petit coin qui doit valoir son pesant d'or.
-Sur ce, exécution.

Monsieur Gond raccrocha ensuite. Les Poltergirls étaient horrifiées devant le comportement de cet homme qui ne reculait devant rien pour avoir ce qu'il voulait et se remplir les poches d'argent. Deux heures plus tard, elles firent un rapport au prince Valérian qui fut content des progrès de l'enquête. Mais devant la révélation des projets des criminels, il ordonna la contre-attaque et l'arrestation des coupables.
Dans le Manoir du Pandémonium, Kate était blasée. Elle avait découvert une piste intéressante qui l'aurait mené à un scoop mais la police l'avait vite repérée et lui avait demandé de ne rien révéler sur l'enquête. Mais elle n'avait pas à se plaindre, cette planète était très particulière. En effet, elle fut le théâtre de plusieurs activités de l'Alliance Démoniaque. Aucune autre planète n'avait eu autant de chance que California. Après le reportage sur les attentats, Kate pensa, si elle avait le temps, d'enquêter sur ce qui se passait sur cette planète. Soudain, elle vit des ombres se diriger vers l'université. Trouvant cela intriguant, elle sortit de l'hôtel pour observer leurs mouvements.

Les Apaches avançaient furtivement et rapidement. Les bombes sous leurs bras, ils approchaient de leurs cibles. Tout à coup, des projecteurs, placés sur les toits, s'allumèrent et furent braqués sur les Apaches qui furent éblouis. Une voix se fit entendre du toit du bâtiment de l'université.

-Rendez-vous, cria la commissaire Ariane dans un mégaphone, tout le quartier est bouclé.

N'ayant pas prévu la présence de la police, les bandits, qui étaient désarmés, prirent la fuite abandonnant leurs colis. Certains tombèrent sans raison apparente. Kate filma les évènements de loin mais elle ne vit pas la menace qui s'abattit sur elle.

Quand les derniers Apaches furent partis, les Poltergirls désactivèrent leur système de camouflage et firent venir les policiers qui ramassèrent les corps inanimés des Apaches que les fantômes avaient neutralisés. Le lendemain, les journaux parlèrent d'attentats avortés et de terroristes capturés pour interrogatoire. Les Poltergirls furent surprises de ne pas voir Kate sur les lieux. Inquiètes, elles demandèrent au personnel de l'hôtel ce qui lui était arrivée. Tout ce qu'elles surent, c'était que Kate avait quitté sa chambre au début de l'attaque d'hier soir mais qu'elle n'était jamais revenue. Cette nouvelle les inquiéta tellement qu'elles envoyèrent des policiers au repaire des Apaches.

Pendant que les Apaches capturés étaient interrogés dans les locaux du commissariat, les Poltergirls et la commissaire Ariane partirent pour l'agence immobilière de monsieur Arpar Gond, le supposé commanditaire des attentats, mandat en poche. Arrivées sur les lieux, les choses se passèrent vite. La police entra et pris le contrôle de l'agence en un éclair. Devant le bureau du PDG, les policières virent un trentenaire vêtu comme un homme d'affaires, cigare à la bouche, répondant violemment au téléphone.

-Incapables !! Vous avez échoué !! Et en plus, la police a réussi à mettre la main sur quelques-uns de vos hommes. Vous avez un plan B ? Alors mettez-le en place ! La police pourrait bien débarquer chez vous d'un instant à l'autre. Mais qu'est-ce que vous faites ici ?

La commissaire, qui en avait assez entendu pour confondre Arpar Gond pour les attentats, était entrée dans le bureau pour procéder à l'arrestation de l'individu et à la perquisition de son bureau. Elle prit le téléphone pour connaître l'identité de la personne qui était avec monsieur Gond avant l'arrivée de la police.

-Allô, appela une voix familière.
-Monsieur Big Pig, demanda la Caïd, désolée mais monsieur Gond n'est pas disponible pour le moment mais vous allez vite le revoir, après que la police vous aura mis les menottes.
-En êtes-vous vraiment sûres ? Parce que j'avais prévu l'issue des évènements suite au fiasco d'hier soir, j'ai pris un otage pour vous museler. Et pour vous prouver que je ne bluffe pas.
-Au secours !!!

Les Poltergirls se figèrent en entendant l'appel à l'aide de Kate. Leurs craintes étaient fondées, Kate avait été enlevée et servait d'otage. Par solidarité féminine, Sylvie arracha le téléphone des mains de sa « supérieure ».

-Je vous préviens, espèce de gros porc, si vous lui touchez un seul de ses cheveux, je jure que vous le payerez mais très cher.
-Oh ! Je vois qu'on a un tempérament enflammé. J'avoue que ce genre de fille ne me déplait pas.
-Ne croyez pas que vous pouvez m'avoir une flatterie assez petite.
-Quelles sont vos revendications, demanda Ariane en reprenant le téléphone.
-Voilà quelqu'un de sérieux ! Je souhaite que toutes les preuves nous concernant soient « perdues » et que mes hommes et mon commanditaire soient relâchés, en échange de l'arrêt des attentats et de la libération de l'otage.
-Mais vous êtes malades, s'écria l'homme d'affaire, comment pouvez-vous agir de la sorte ?
-Vous n'avez plus le contrôle de la situation, répondit avec sang-froid Big Pig, ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils mettent la main sur des preuves compromettantes sur vous. Dans le cas où vous l'aurez oublié, nous sommes dans le même bateau. Si l'un de nous coule, tout le monde coule. Pensez d'abord à votre liberté car ce n'est pas avec votre argent que vous allez vous en tirer.
-Où aura lieu le rendez-vous, demanda la commissaire. Pour apporter les preuves. Vos gars pourront sortir si la police n'a pas de preuves.
-Aujourd'hui à 16h00 dans mon repaire. Pas d'autres flics que ceux qui apporteront les preuves. Si vous tentez le moindre coup fourré, je ne peux assurer la virginité de votre journaliste ou même sa vie. A bientôt.

Le chef des Apaches raccrocha, fier d'avoir pu reprendre la situation qui commençait à dégénérer. Il n'avait plus qu'à attendre que la police lui livre les preuves promises. En attendant, il ordonna à ses hommes d'enfermer l'otage dans un cagibi.

A la base secrète de l'Alliance, les Poltergirls et les Caïds cherchèrent un plan pour sauver Kate. Pour eux, hors de question de céder aux criminels. Même s'ils faisaient ce que les ravisseurs demandaient, rien ne garantissait qu'ils n'allaient pas recommencer ou pire, continuer leurs sales magouilles. Pour l'instant, il fallait trouver une solution qui arrangerait en priorité la vérité : Jim Raynor était innocent mais sans les preuves qui le prouveraient, ils seraient obligés d'approuver la version des bandits. Finalement, ils trouvèrent un plan. Risqué mais ça valait la peine de le tenter.

15h55. Sylvie, Carla, Iris et la commissaire arrivèrent devant le repaire des Apaches. Cartons sur les bras, elles entrèrent, espérant que le plan allait marcher. Dissimulés par les buissons ou embusqués en civil, des sbires de l'Alliance attendaient le moment venu pour intervenir. Cachés dans une maison voisine, des ombres observaient les mouvements de la police. Intrigués par les récents événements, ils s'étaient déplacés jusqu'ici pour découvrir la vérité et corriger les malfrats qui avaient osé faire cela.
Kate était, depuis hier soir, enfermé dans ce petit placard. Ses ravisseurs l'avaient fait sortir pour l'amener devant leur chef qui parlait à la police par téléphone. Il lui retira le bâillon pour permettre à sa prisonnière de parler. Profitant de cet unique moment, Kate hurla à l'aide mais elle fut immédiatement bâillonnée. Elle entendit les menaces à l'encontre de Big Pig qui se riait de ces attaques verbales avant de donner un rendez-vous pour marchander la libération de l'otage.

15h55, Kate fut de nouveau dans le petit placard. Elle se demandait ce que comptait faire la police. Céder à leurs revendications ou lancer un assaut sans prendre compte de son existence. Quel que soit le choix, Kate les voyait tous deux comme contraire à ses principes. Soudain, elle entendit frapper. Un Apache ouvrit et lâcha un :

-Vous êtes à l'heure, les poulettes. Entrez, monsieur Big Pig vous attend.

Ainsi la police avait choisi de sauver sa vie. Kate ne les blâmait pas. Après tout, leur priorité était la sécurité de l'otage. Des bruits de pas venant de toutes parts se firent entendre avant de perdre en intensité. Il semblerait que tous les malfrats se soient réunis dans la salle de séjour où devait se tenir les négociations. Tout à coup, la porte du cagibi s'ouvrit comme par enchantement et Kate fut soulevée par une force invisible. Une voix douce et calme lui parvint aux oreilles.

-Pas un bruit ! Je viens vous sortir de là.

Kate comprit enfin. La police n'avait nullement l'intention de renoncer aux preuves mais elle avait fait le choix de prendre le risque d'aller la sauver. Elle fit un signe de la tête pour indiquer qu'elle avait compris. Dans la salle de séjour, Big Pig contrôlait chaque preuve. Tous ses hommes surveillaient du regard la commissaire et les 3 Poltergirls. L'occasion idéale pour fuir. Hélas, un Apache qui se réveillait d'une sieste vit l'otage s'envoler. Surpris, il alerta ses camarades ce qui se passait. Avant même que les Apaches aient eu le temps de comprendre, les Poltergirls attaquèrent les premières. Carla téléporta les cartons de preuves en lieu sûr. C'était grâce à des balises qu'elle pouvait localiser par télépathie qu'elle put réaliser cette prouesse. Jennifer, de son côté, se jeta par la fenêtre avec Kate en la protégeant avec son propre corps. Par chance, un buisson amortit leur chute. Sans trainer, Jennifer défit les liens qui retenaient Kate et lui demanda de se mettre à l'abri en attendant la police avant de rejoindre ses amies. Suivant ces consignes, Kate prit ses jambes à son cou pour trouver un téléphone pour appeler la police. Dans sa fuite, elle ne vit pas les sbires de l'Alliance sortir de leur cachette pour passer à l'attaque. A l'intérieur du repaire, les Poltergirls et la commissaire affrontaient leurs adversaires qui venaient de toutes parts. Elles démontrèrent d'excellentes capacités en arts martiaux. Les Apaches volaient dans tous les sens comme dans une bataille opposant Astérix et Obélix aux Romains. Fort heureusement, les sbires débarquèrent telle la cavalerie qui arrivait au bon moment. Les Apaches furent surpris par ces renforts imprévus et commençaient à fléchir. Big Pig, sentant la fin de son gang, prit une arme cachée dans une commode et la pointa vers les Poltergirls. Elles étaient trop dangereuses pour vivre. Il fallait les éliminer au plus vite. Au moment de tirer, une grosse main attrapa le poignet de Big Pig qui lâcha sous la douleur. Quand il tourna la tête pour connaître l'identité de son agresseur, son visage prit une expression teintée d'une blancheur semblable à celle d'un cachet d'aspirine. Il y avait de quoi car il s'agissait de... Jim Raynor !! Ce dernier manifestait une animosité envers le chef des Apaches et lâcha :

-Changement de programme !

Sur ces mots, Raynor envoya une bonne droite dans la figure de Big Pig qui fut sonné par le coup. Utilisant du peu de conscience qu'il lui restait, il tenta de fuir mais quelqu'un lui fit un croche-patte. Tombant sur le ventre, Big Pig se retourna pour savoir qui avait ce coup bas. Il fut surpris de découvrir son second riant devant lui mais il fut encore plus surpris quand il vit son bras droit retirer un masque et révéler un visage inconnu. Barbichette au menton, grosse mèche de cheveux et regard nonchalant et malicieux, il s'agissait de Lambda, le maître du déguisement et Caïd de la garde personnelle de Mathio. Lambda recula pour éviter 4 Apaches, projetés par les Poltergirls, qui atterrirent sur leur patron.

Enfin, tous les Apaches furent hors d'état de nuire. Ils furent attachés attendant sagement l'arrivée de la police. Raynor s'approcha des Poltergirls et leur tendit une main amicale.

-Merci d'avoir trouvé les coupables.
-C'est un honneur, monsieur Raynor, répondit Sylvie en lui serrant la main.
-Appelez-moi Jim, demanda le chef des rebelles.
-Bien sûr, Jim, répondit Carla.
-Sinon, vous me rappelez quelqu'un que j'avais croisé dans le passé, dit Jim avec nostalgie.
-Sarah Kerrigan, demanda Sylvie.

Devant la réaction surprise de Jim, Sylvie se ravisa.

-Oubliez ce que je viens de dire.
-Mais qu'est-ce qu'il fait, votre gars en armure, demanda Iris qui essaya de faire oublier l'incident.

En effet, un homme vêtu d'une armure de marine bleue piquait des cigares dans une boîte dans la salle. Sur l'épaulette gauche, était peinte une jeune femme à gros seins. La visière ouverte, le gros dur qui était caché dedans reniflait le cigare d'un nez expert.

-Tychus, s'écria Jim, ça ne va pas de voler ?!
-Relax, partenaire, répondit l'ancien taulard, ces cigares ne sont plus à personne maintenant que ses propriétaires vont finir en taule.
-Peut-être mais ce n'est pas une raison pour le faire, grogna le « partenaire » en question avant de revenir sur les Poltergirls. On parlait de quoi avant ?
-De ce qu'il allait vous arriver, intervint Carla. Après tout, vous êtes des rebelles. En toute logique, nous devrions vous arrêter.

Jim demeura pensif, ils n'avaient pas parlé d'une telle chose avant que Tychus chipe les cigares mais il était vrai qu'il s'était mis dans une sale situation.

-Seulement, dit Sylvie, on ne travaille pas pour le Dominion. Par conséquent, on va vous laisser partir.
-C'est exactement ce qu'aurait demandé notre patron, ajouta Ariane. Evidemment, nous souhaiterions que ce soit en toute discrétion pour éviter toute ambiguïté.
-Sans parler de la police qui va bientôt arriver, compléta Lambda.
-Bon sang mais c'est vrai, comprit enfin Jim. Très bien les gars, on se tire. Et merci de révéler la vérité au public.
-Nous n'y manquerons pas.

Quelques minutes après, la police avait investi les lieux. Les Apaches furent arrêtés et envoyés au commissariat. Les Rebelles de Raynor avaient déjà quitté la planète et la presse parla immédiatement de la conclusion de cette affaire.

-Ici, Donny Vermillion en direct de l'UNN sur Korhal, retrouvons Kate Lockwell dont nous étions sans nouvelles depuis quelques heures. Kate, vous allez bien ?
-Oui, Donny, je vais bien. Depuis hier soir, j'ai été retenue prisonnière par les terroristes mais libérée par la police.
-Etait-ce les Rebelles de Raynor ?
-Non, il s'agissait d'un gang local nommé les Apaches. Mais pour plus de détails, je vais interviewer les fantômes qui m'ont sauvé. Mesdemoiselles, pouvez-vous nous faire un résumé de l'affaire ?
-Avec plaisir, Kate, répondit Sylvie, comme vous l'avez dit, les attentats étaient l'oeuvre du gang des Apaches. Ces derniers avaient agi sur ordre d'un dénommé Arpar Gond, un promoteur immobilier.
-Quel rapport avec les attentats, demanda Kate qui ne s'attendait pas à cette révélation.
-Permettez, intervint Jennifer en se plaçant devant la caméra, c'est en fait la raison même des attentats. Je m'explique. Par ces actes terroristes, ils créaient un climat de terreur et d'insécurité qui fit baisser les prix de l'immobilier.
-Je crois comprendre, interrompit Kate. Ensuite, Monsieur Gond rachetait les biens immobiliers qui ont perdu de la valeur à petit prix pour ensuite les revendre plus cher.
-Exactement, confirma Iris, au final, les Rebelles de Raynor sont innocents de tout crime dans cette histoire.
-Et bien, nous pouvons dormir tranquilles ce soir, grâce aux fantômes du Dominion.

Les Poltergirls se retenaient de manifester leur opinion contre Mengsk (le père, pas le fils). Soudain, Kate fit une demande qui surprit plus d'un.

-Donny, vous avez autre chose à dire. Vous vous souvenez ?
-Bien sûr, répondit le journaliste d'un air gêné. Je tiens à présenter publiquement mes excuses à Jim Raynor pour l'avoir accusé à tort des attentats qui sont produits sur la planète California. Attention ! Ça ne veut pas dire que je vais faire de même pour les autres crimes.
-Et ben voilà, Donny. Quand tu veux, tu peux, dit Jim qui regardait dans le bar de l'Hypérion.
-Au fait, demanda Kate, où se trouve la commissaire Ariane ?
-On allait y venir, répondit Carla. Il s'est avéré que la commissaire Ariane n'était pas commissaire.

Devant la surprise de Kate, Carla enchaîna rapidement avant qu'une nouvelle question ne tombe.

-Pour faire simple, Ariane était une agente de l'Alliance Démoniaque qui avait infiltré la police pour pouvoir enquêter sur les attentats. D'ailleurs, elle n'était pas la seule, il y avait aussi d'autres sbires.
-Evidemment, on n'a appris la vérité quand on avait fini de neutraliser les Apaches. Ensuite, ils ont filé à la vitesse de la lumière.
-Je comprends. C'était Kate Lockwell en direct de California. A vous les studios.

Le soir, les Poltergirls se détendaient suite à cette éprouvante mais palpitante journée. Soudain, une sonnerie familière se fit entendre. Les Poltergirls décrochèrent et Mathio apparut en hologramme.

-Mes félicitations, s'exprima l'hologramme du leader de l'Alliance. Vous avez un excellent travail aussi bien pour l'enquête que pour la gestion des médias.
-Merci, répondit Sylvie qui était toute rouge, mais on nous apprenait la communication à l'université, ce n'était donc pas compliqué.
-Je vois, dit le Général, je pense que vous avez gagné ma confiance. L'heure de vous révéler une partie de la vérité est enfin venu.
-L'heure de vous révéler une partie de la vérité est venu, annonça Mathio d'un ton solennel.

Ce moment était grandement attendu par les Poltergirls qui allaient enfin apprendre ce qui était arrivé à Sarah Kerrigan, la fantôme qu'elles admiraient depuis presque 15 ans. Elles tendaient une oreille très attentive aux propos qui allaient suivre.
-Vous devez sûrement le savoir, à l'époque de la Confédération, les fantômes étaient soumis grâce à des inhibiteurs neuraux. Votre idole n'avait, hélas, pas échappé à la règle.
-Cela ne l'a pas empêchée d'éprouver des sentiments, répliqua Sylvie.
-Bien sûr, répondit le démon avant de reprendre, vint Arcturus Mengsk qui la délivra de l'emprise de la Confédération et fit d'elle son bras droit. Pendant 10 ans, elle le servira avec loyauté. Elle fera la connaissance de Jim Raynor avec qui elle aura une relation amoureuse.

Les Poltergirls écoutaient fascinées. Ainsi, Jim et Sarah se connaissaient et étaient amants. Ça expliquait comment ils se connaissaient mais alors ça voudrait dire qu'ils travaillaient pour Mengsk à l'époque où il menait sa révolution.

-Les choses se gâtèrent lorsque les Fils de Korhal attaquèrent Tarsonis. Mengsk ordonna l'utilisation d'émetteurs psi pour attirer les Zergs sur les confédérés et ce, malgré l'opposition ouverte de Kerrigan.

Ça n'étonnait point les Poltergirls d'apprendre que leur idole désapprouvait de telles méthodes. Ce qui les intriguait encore, c'était Tarsonis. Ainsi, c'était donc vrai, Mengsk serait responsable de la destruction de Tarsonis. Seulement, comment le prouver ? En entendant, il fallait écouter la suite de l'histoire.

-Peu de temps après, les Protoss arrivèrent et ils menaçaient les plans de Mengsk qui ordonna à Kerrigan de les éliminer. Elle accepta à contrecoeur mais quand elle s'acquitta de sa mission, les Zergs frappèrent. Alors qu'elle demandait de l'aide, Mengsk l'abandonna aux Zergs. Depuis ce jour, Jim Raynor mena sa révolution au nom de la femme qu'il aimait.
Les Poltergirls furent aux bords des larmes. Apprendre que Mengsk avait abandonné Kerrigan fut un gros choc pour elles. Le seul mot qui sortit de leur bouche fut « Pourquoi ? »
-Parce qu'il faut prendre en compte plusieurs raisons. D'abord, l'opposition de Kerrigan, signe qu'elle allait encore gêner Mengsk qui ne comptait pas faire les choses de façon correcte et douce. Ensuite, pour en faire un exemple devant ses hommes et leur montrer qu'il attend d'eux une obéissance aveugle. Enfin, il avait récemment découvert qu'elle faisait partie des assassins de sa famille qui avait manifesté des opinions qui déplaisaient à la Confédération.
-Ce qu'elle a fait est horrible mais elle était un pantin de la Confédération, un automate sans âme et soumis à cette époque-là, dit Sylvie, comme pour défendre Kerrigan.
-Et qu'est-ce qu'elle est devenu après, demanda Iris.
-Les Zergs l'ont capturée et depuis, elle est devenue leur prisonnière ou plutôt celle de la Reine des Lames.
-A prendre au second degré, dirent les Poltergirls pour montrer qu'elles n'avaient pas oublié.
-Bien, dit Mathio, je pense avoir fait le tour. A une prochaine fois.

Les Poltergirls ne demandèrent pas plus car elles se doutaient bien que Mathio aurait sorti une pirouette pour éviter ces questions. 3 jours plus tard, les dernières nouvelles sur l'affaire des attentats tombèrent. Le gang des Apaches et leur commanditaire furent condamnés. Les acheteurs qui s'étaient fait escroquer avaient repris leurs biens. Les réparations et les reconstructions étaient terminées. Le prince Valérian avait gagné de la notoriété en ayant soutenu la thèse de l'innocence de Raynor dans les attentats de California. Le groupe de John revint de sa mission. Pour fêter leur retour, les Poltergirls les invitèrent chez elles. Voulant profiter de cette occasion pour les draguer, les garçons acceptèrent. Le soir, ils purent admirer l'appartement de leurs bien-aimées. Propre et bien ordonné étaient ses qualités. Les Poltergirls leur firent visiter leur chambre. La chambre de Sylvie comportait un lit, un bureau, une armoire, deux équipements de sport. Celle de Carla ressemblait une chambre d'élève studieuse avec les meubles qui devaient contenir les cours des années précédentes. La chambre d'Iris était la plus grande en raison de l'armoire qui prenait beaucoup de place. D'adorables peluches étaient disséminées dans cette jolie chambre de couleur jaune. La dernière chambre appartenait à Jennifer. Sa particularité était la présence d'un second bureau servant pour les bricolages. Les tiroirs contenaient des composants électroniques et autres pièces. Les garçons n'étaient pas au bout de leurs surprises, surtout au moment du repas où ils purent admirer la qualité de la cuisine. Le repas se passa bien. Vinrent ensuite des jeux impliquant l'utilisation de pouvoirs psychiques. Puis ils discutèrent de leurs dernières missions. Les garçons devaient démanteler un réseau de trafic de drogues. Ils avaient réussi à attraper les leaders du cartel après une course-poursuite dans l'espace.

Un moment, Sylvie emmena John dans sa chambre. Une fois dans l'intimité, le corps des deux jeunes gens se rapprocha l'un contre l'autre. Caresses de l'un sur la peau de l'autre. Lèvres contre lèvres. Quand la fatigue leur vint, ils s'arrêtèrent pour parler de sujets plus sensibles.

-John ?
-Oui ?
-Tu fais confiance à l'empereur ?
-Un peu, quand même. Crois-tu que nous avons le choix ? Et toi, avec Mathio ?
-Plus digne de confiance que Mengsk.
-Je vois mais qu'a-t-il de plus ?
-Je dirais ce qu'il veille au bien-être de ses hommes. L'empereur se fout du sort des autres. Il se débarrasse de tous ceux qui lui sont inutiles ou trop dangereux de façon horrible. Sarah Kerrigan en a fait les frais.
-Je suis désolé, répondit John qui connaissait l'admiration de sa petite-amie pour Kerrigan. Mais il ne t'a pas dit ce que les Zergs lui ont fait ?
-On a notre petite idée sur la question mais on attend une confirmation. Et toi, que penses-tu de Mathio ?
-J'avoue que je ne l'aime pas trop mais je dois lui reconnaitre des qualités de leader et une puissance hors du commun. Il sait tant de choses mais ne veut pas tout révéler.
-Evidemment, répondit Sylvie le corps serré contre John, mais je suis sûre qu'il a de bonnes raisons pour d'agir de la sorte. Il viendra un moment où il devra tout dire, c'est juste une question de temps.
-Dis, interrogea John, tu ne trouves pas un peu bizarre que Mathio et son organisation soient apparus au même moment que les Zergs ? Comme s'ils savaient quand les Zergs allaient passer à l'action.
-Tu as raison, reconnut Sylvie. C'est louche. Il faudra que je pense à lui demander des réponses.
-Et ce n'est pas fini, poursuivit son petit-ami, qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Quels sont leurs buts ? Et j'en passe des questions qui me viennent à l'esprit.

Sylvie poussa un petit ricanement. John gardait toujours cette méfiance et ça amusait la Poltergirl. Les deux amoureux s'allongèrent dans le lit, puis reprirent leur petit jeu au lit.
Lors de la rencontre entre Mathio et la prince Valérian au Manoir du Pandémonium, le Général avait indiqué la position d'un temple Xel'naga. La fondation Möbius fut dépêchée sur les lieux, accompagnée d'une importante troupe armée pour se protéger des Zergs. Durant les fouilles, ils ne trouvèrent pas une des 5 pièces de l'artéfact qu'ils cherchaient. En revanche, ils n'allaient pas repartir les mains vides. Les reliques trouvées furent chargées dans des caisses puis dans un train lourdement blindé. Au stade actuel des choses, les fouilles venaient de se terminer. Les archéologues finissaient de charger leurs dernières trouvailles dans le train avant de partir. Le problème, c'était les Zergs. Ils avaient gagné en nombre depuis le début des fouilles et risquaient d'attaquer le train. Il fallait donc des renforts. Les scientifiques appelèrent alors le centre de commandement.

A l'université militaire, les Poltergirls et les garçons étaient encours. Ils écoutaient une des passionnantes leçons du professeur Stallone.

-Aujourd'hui, nous parlerons de l'ultralisk. Cette formidable créature semblable à un mammouth sans trompe est un cauchemar pour l'infanterie terran. En effet, ses défenses fauchent les malheureux qui se sont trouvés sur leur trajectoire.
-Monsieur, demanda un élève, comment vaincre un tel monstre ?
-Ce n'est pas compliqué quand on prend la peine de réfléchir au calme, répondit l'enseignant. Vous pouvez l'attaquer par les airs ou en hauteur. Mais dans le cas le plus défavorable, se disperser et tirer avec une puissante force de frappe. Méfiez des variantes de l'ultralisk car elles sont toutes aussi dangereuses. Nous avons l'omégalisk qui est la version géante et le porcalisk, sa version miniature.

L'omégalisk, les élèves s'en souvenaient. En effet, une créature de cet acabit était venue à leur secours lors de leur première mission militaire qui consistait à détruire une colonie secondaire Zerg. Evidemment, il s'agissait de Sylvestre et il avait démontré d'autres surprises à cette époque.

Après le cours sur l'étude des races extraterrestres, les élèves allèrent au cours de pilotage de véhicules de combat. Aujourd'hui, il s'agissait de conduire des crotales, de véhicules capables de tirer en mouvement. Ce qui était pratique pour les poursuites de cibles mouvantes ou affaiblir un poursuivant. La classe eut la surprise de voir le commandant en personne venir au cours pour lui donner une mission.

-Soldats, j'ai reçu un appel des archéologues de la Fondation Möbius.

Les Poltergirls sondèrent l'esprit du commandant mais découvrirent qu'en réalité, c'était Mathio qui avait reçu l'appel. Ensuite, il avait « demandé gentiment » l'aide du commandant qui n'avait pas pu refuser. Elles laissèrent le commandant terminer. La mission était d'escorter un train dans le territoire Zerg. Dernièrement, les Zergs étaient aussi nombreux. Passer à travers leurs lignes sans soutien était suicidaire. Pour l'instant, les Zergs ignoraient la présence des archéologues mais il ne faisait pas l'ombre d'un doute que si quelqu'un sortait du site de fouilles, il n'aurait aucune chance de rentrer sans échapper aux Zergs. C'était pour cette raison que les étudiants de l'université furent appelés. De plus, c'était une nouvelle occasion de les former sur le terrain.

La jeune compagnie partit à bord de médivacs après s'être changée. Ils ne partaient pas les mains vides. Avec eux, ils avaient embarqué des crotales et étaient accompagnés par des soldats expérimentés. Evidemment, les transporteurs étaient lourdement escortés par des vikings et des banshees. Les Zergs demeuraient calmes mais ne réagissaient pas devant les Terrans. Chose louche car les Zergs étaient connus pour tuer tout ce qui bougeait mais les Terrans ne firent point attention à ce détail. Le voyage se passa sans accrocs. Ils arrivèrent au site archéologique où la Fondation Möbius était prête à partir. Elle n'attendait plus que les renforts. Pendant le débarquement, les jeunes soldats furent admiratifs devant la beauté du temple Xel'naga. Son architecture et ses couleurs dégageaient une impression de grandeur et de noblesse restée intacte malgré les millénaires qui s'étaient écoulés. Mais l'heure était de préparer le voyage du retour qui promettait fort mouvementé par les Zergs. Un plan d'attaque était donc nécessaire pour face aux attaques Zergs à venir.

Une réunion fut tenue par le chef de l'expédition, le capitaine et Marc. Tous observaient une carte holographique et miniature de la zone pour déterminer la stratégie adéquate pour rejoindre Nouveau Los Angeles. Inutile de dire que c'était animé.

-Je propose que nous prenions le chemin le plus court, proposa le chef de l'expédition.
-Trop dangereux, répliqua le capitaine, on a récemment localisé une colonie secondaire Zerg à proximité de la ligne. Nous subirions une très grosse attaque. Voilà ce que je vous propose.

Il indiqua une route plus longue mais qui semblait plus sûre. Le chef de l'expédition fit une grimace de désapprobation. Il devait retourner sur Tyrador au plus vite pour les cacher du Dominion et de l'empereur. En effet, la détention d'artéfacts extraterrestres était illégale et passive de longues sentences. Plus on attendait, plus le risque de se faire prendre augmentait. Marc fit une proposition qui devait concilier les deux parties. On évitait la colonie secondaire mais on prenait un autre chemin, moins long que celui proposé par le capitaine. Le chef de l'expédition donna son approbation. Le capitaine aussi mais avec peu d'enthousiasme.

-Bien, maintenant à la formation de combat, demanda le scientifique, quelles sont vos idées ?
-On va utiliser les crotales, répondit le capitaine, ces véhicules sont les seuls engins capables de tirer même en mouvement. On déploiera deux groupes importants de crotales à l'avant et à l'arrière du train. Les flancs seront protégés par les étudiants à l'intérieur des wagons et quelques crotales. Les airs seront protégés par nos vaisseaux qui soutiendront les troupes au sol. En théorie, il sera difficile aux Zergs de prendre d'assaut le train.
-Je l'espère, capitaine, dit l'archéologue en chef, dans le cas contraire, nous aurons tous des problèmes.

Ses interlocuteurs acquiescèrent. Pas question d'échouer. Tous étaient mouillés dans l'affaire jusqu'au cou. Marc se tourna vers sa compagnie. Il avait dans ses rangs des fantômes qui avaient prouvé plus d'une fois leur valeur. Il avait entièrement confiance en eux et savait qu'ils feraient tout pour réussir la mission. Qui sait, ils pourraient étudier ces trouvailles au prochain cours du professeur Stallone.
Les Terrans se levèrent tôt. Il fallait agir pendant le début de la journée pour minimiser les affrontements avec les Zergs, si toutefois ils dormaient ou connaissaient la notion de dormir. Les soldats prirent la formation prédéfinie la veille. A 6h00 pile, le train se mit en marche. Les crotales le suivirent. Le convoi quitta le temple pour défiler en plein territoire Zerg. Pour l'instant, tout était calme. Trop calme. Ça cachait quelque chose de gros, de très gros. Un nuage de poussière fonça à toute allure vers le train comme si une armée courrait pour attaquer le train. Et c'était le cas. Une armée de zerglings et d'hydralisks chargea sur le convoi tel un tsunami. Ils furent accueillis par une pluie de balles. Beaucoup d'entre eux tombèrent comme des mouches mais certains parvinrent à atteindre le train. Les Terrans eurent tant de mal pour les déloger du train. Pour ne rien arranger les choses, un nuage noir composé de Zergs volants arriva. Les vikings attaquèrent pour protéger le train. Devant le nombre important de Zergs, le capitaine ordonna l'utilisation de nitro pour accélérer le train. Le pari était risqué car il pouvait y avoir plus de Zergs plus loin. Devant la situation actuelle, les mécaniciens déclenchèrent la nitro, comme demandé. Le train prit une soudaine accélération qui déstabilisa les Zergs. Les crotales durent accélérer pour ne pas être à la traine.

3 kilomètres plus loin, le convoi avait semé les Zergs mais pour combien de temps. Par chance, il y avait un point relais sur la route. Ce qui permit de faire les réparations nécessaires avant de continuer la route. Hélas, durant le trajet, il y avait eu des pertes : 3 crotales et 5 vikings détruits. Mais l'heure n'était pas aux lamentations, il fallait continuer malgré les Zergs. 90 minutes plus tard, le convoi repartit. Il ne fallut pas longtemps pour que les Zergs reviennent à la charge. Ils furent décimés par les tirs des crotales qui conservaient une bonne distance des attaquants. Les mutalisks attaquèrent le train à basse altitude. Par chance, le convoi passa dans un tunnel. Les Zergs volants foncèrent dans le décor pour ne pas avoir repris de l'altitude assez rapidement. En sortant du tunnel, le convoi traversa une importante ligne. D'autres rails suivaient parallèlement le rail emprunté par le train. Soudain, un train contaminé, conduit par des Terrans contaminés, apparut à côté du train. Couvert de biomasse Zerg, le train contaminé se mit à hauteur de son semblable. Les marines contaminées apparurent aux fenêtres et commencèrent à tirer. Les Terrans n'attendaient pas que le train adverse arrive pour riposter. Seule Sylvie essayait de contenir son refus de tuer des contaminés. Ses amies la comprenaient et se souvenaient que ce sujet avait engendré la plus violente dispute de toute leur amitié. Bien que Sylvie restait gênée à l'idée de tuer des contaminés, elle n'avait pas moins mûri.

-Ok, les filles, dit-elle à ses amies, j'accepte que vous tuiez quelques contaminés mais pas devant moi. Donc, je vais aller tuer des Zergs pure souche.

Sur ces mots, Sylvie partit dans un autre wagon. Les autres Poltergirls soupirèrent. Au moins, elle avait accepté que les autres tuent les contaminés. Les crotales continuaient de tirer sur le train contaminé. Le capitaine, qui assistait à la scène, fulminait. Il rageait de ne pas avoir anticipé ça. En même temps, qui aurait pensé à ça ? Pour Marc, il fallait improviser. Il ordonna aux crotales de tirer sur les machines de déplacement du train pour l'immobiliser. Sa tactique fonctionna. Les machines touchées par les tirs explosèrent, détruisant le train et ses passagers. Les Terrans exprimèrent leur joie, voyant le train contaminé brûlé dans les flammes purificatrices. Mais elle fut de courte durée. En effet, un second train contaminé, sur la même voie que le convoi mais en sens inverse, fonçait à pleine vitesse. Cette fois, il était plus difficile d'échapper à la catastrophe. L'avant-garde avait beaucoup de mal à faire dérailler le train contaminé. Soudain, le train Terran changea de voie. Quelqu'un avait manipulé pour provoquer ce changement de voie. Personne à bord ne comprenait ce qui s'était produit mais au moins, ils avaient échappé à la collision. L'arrière-garde appela pour leur apporter une nouvelle pour le moins surprenante :

-Capitaine, s'écria un pilote de crotale, vous ne devinerez jamais qui a dévié le train.
-Dites toujours, demanda Marc.
-C'est un Zerg qui a fait le coup, répondit le pilote.
-Dites, interrogea Sylvie qui passait par là. Ce ne serait pas un hydralisk avec une couleur inhabituelle ?
-C'est exactement ça. Comment avez-vous su ?
-Tu ne penses quand même pas que c'est...
-Sylvestre, compléta Sylvie, qui d'autre dans l'Essaim nous aiderait ?

Et c'était loin d'être la dernière action de Sylvestre car les Terrans le virent sous la forme d'un zergling courant aux côtés de Mathio. Tous deux essayaient de monter à bord du train. Seulement, le train allait à pleine vitesse et il ne pouvait s'arrêter en raison des Zergs qui attaquaient de toutes parts. Il en fallait plus pour les décourager. D'une forte poigne, Mathio attrapa sa création et fit un immense bond qui en surprit plus d'un pour atterrir sur le toit du train. Le choc se fit entendre en-dessous. Seulement, il y en eut d'autres car c'étaient les Zergs qui sautaient depuis des dominants. Sentant la menace, les Poltergirls montèrent pour prêter main forte au Général et à Sylvestre qui avait pris sa forme Protoss. Les 6 descendirent les Zergs qui descendaient des dominants. Seulement, les Poltergirls avaient du mal à se tenir debout car elles n'avaient pas l'habitude de se battre sur un train. Sentant les difficultés qu'éprouvaient ses subordonnées, Mathio invoqua des xénomorphes qui, par leur aptitude à s'accrocher aux parois comme les araignées, pouvaient tenir debout sur le toit d'un train en marche. Comprenant la présence des créatures fétiches de leur supérieur, les Poltergirls s'agrippèrent à eux et purent tirer avec précision. Mais avec les Zergs, on n'était jamais à court de surprises.

-Capitaine, s'écria un crotale en avant-garde, des ultralisks progressent sur la voie et se dirigent droit vers vous.
-Bon sang ! Dégommez-les, hurla le capitaine. Ils ne doivent pas s'approcher du train.
-On va faire le maximum.

Mathio avait écouté toute la conversation. Il serait fâcheux que ce train n'arrive pas à destination. Sans la moindre hésitation, il lança son épée cachée sous son manteau à Sylvestre qui l'attrapa au vol.

-Sylvestre, ordonna le démon en lui montrant un manga où on pouvait voir sur la couverture un homme aux cheveux verts armé de sabres, un garçon au chapeau de paille et un exhibitionnisme à la banane bleue, tranche dans le tas.
-Comment, s'interrogèrent les Poltergirls qui avaient du mal à comprendre.
-Reçu, répondit Sylvestre qui courut à l'avant du train. Ultralisks, ultime arme de l'Essaim, vous devez disparaitre pour que ce train puisse avancer.

Arrivé à la tête du train, Sylvestre exécuta des mouvements d'épée qui coupèrent en deux les ultralisks. Les moitiés de Zerg s'écartèrent pour laisser passer le train. Ses passagers furent grandement impressionnés de voir des Zergs tranchés comme du beurre mais c'étaient les Poltergirls qui furent les plus épatées par la prouesse de Sylvestre. Il les avait tranchés si facilement. Elles achevèrent les derniers Zergs.

Le convoi affrontât quelques petites vagues de Zergs pour enfin quitter leur territoire. Les Terrans purent enfin respirer car les renforts étaient arrivés pour escorter le train jusqu'au Nouveau Los Angeles. Dans l'optique de mettre une chute, Mathio se permit la réplique suivante :

-Heureusement qu'on n'a pas eu les frères Daltons.
Quand le train arriva en gare, Mathio et Sylvestre avaient disparu. Pour les Poltergirls, ça n'avait rien de surprenant car ils souhaitaient rester dans l'ombre pour ne pas attirer l'attention de l'empereur. Quant aux archéologues, ils n'allaient pas partir tout de suite car la planète Tyrador, où se trouvait le siège de la Fondation Möbius, fut attaquée par l'Essaim. La Reine des Lames avait participé en personne à l'attaque de la planète. Par chance, il n'y eut que peu de victimes. Selon le journal de l'UNN, les rebelles de Raynor aurait apporté leur aide à la Fondation Möbius. Et comme à son habitude, Donny interrompit Kate pour propager un nouveau mensonge du Dominion. En attendant, les reliques extraterrestres devaient rester sur California jusqu'à nouvel ordre. Le professeur Narud revint à l'université militaire pour étudier les artéfacts. Profitant de l'occasion, il supervisa le cours d'étude des races extraterrestres avec le professeur Stallone dans un laboratoire du campus.

-Mes chers enfants, dit Narud, comme vous le savez, il est illégal de détenir des artéfacts d'origine extraterrestre. Il est impératif de vous demander de ne pas nous dénoncer au Dominion.
-Celui qui désobéira verra un de ses secrets les plus honteux divulgué, compléta monsieur Stallone.

Une telle menace était inutile devant les étudiants qui avaient participé à la mission d'escorte des archéologues et de leurs recherches. Pour prévenir tout incident, les reliques étaient enfermées dans des salles hermétiques et étaient manipulées par des bras mécaniques. Le cours se passa donc sans soucis. Après le cours, les Poltergirls profitèrent de leur temps libre pour enquêter sur les récents évènements. La Fondation Möbius avait une relation avec Mathio, sinon, elle ne l'aurait pas appelé. De plus, quelle était la relation entre Raynor et la fondation Möbius ? Tant de questions qui trouveraient leur réponse auprès de Mathio.

Après une enquête rigoureuse, les Poltergirls se décidèrent enfin à appeler Mathio. Ce dernier décrocha immédiatement.

-Ah ! Les Poltergirls, vous tombez bien. J'allais justement vous appeler.
-il faut qu'on parle, mon Général, dit fermement Sylvie.
-Des évènements de Tyrador, d'accord.
-Mais comment avez-vous su, répliqua Iris aussi surprise que ses amies.
-Ce n'est pas difficile d'anticiper cela, répondit Mathio, de toute façon, il faudra bien vous mettre au courant de ce qui se trame ici. Mais allez-y faire moi part de vos questions.
-Et bien, voilà, commença Carla, depuis l'attaque de Tyrador, on s'est posée des questions. Pour que la Reine des Lames se soit déplacée jusqu'à Tyrador, il fallait que ce soit important.
-Ajoutons le fait que c'est sur cette planète que se trouve la Fondation Möbius qui appartient au prince Valérian, ajouta Jennifer. Plus l'Essaim qui attaque les mondes frontaliers sauf Tyrador, on devine que l'objectif de l'Essaim n'est pas d'attaquer le Dominion mais un but bien précis que vous connaissez, mon Général.
-Sans oublier les Rebelles de Raynor qui ont certainement leur part d'implication dans vos plans, ajouta Iris. En effet, ils ont apporté leur aide non négligeable alors que ça n'a rien à voir avec leur objectif qui est de renverser Mengsk. Et si en plus, on ajoute le fait que Möbius recherche des artéfacts Xel'nagas.
-Notre théorie, termina Sylvie, est que l'Essaim et vous recherchent des artéfacts bien précis. Ces mêmes artéfacts sont perçus comme une menace pour la Reine des Lames qui les recherche dans les mondes frontaliers car sinon, le Dominion les aurait déjà trouvé dans les mondes du noyau. Mais comme la loi sur le trafic d'artéfact entrave l'avancée du plan, vous avez fait appel aux rebelles de Raynor pour récupérer les artéfacts. Ce qui explique pourquoi il est intervenu sur Tyrador.

Le Général Mathio applaudit des deux mains, signe que ses subordonnées avaient vu juste.

-Bravo, s'écria-t-il, vous avez globalement deviné la première étape de mon plan. Comme vous l'avez supposé, elle consiste à récupérer les 5 pièces d'artéfacts qui formeront l'artéfact qui vaincra la Reine des Lames.
-Alors elle avait raison de s'inquiéter, dit Sylvie.
-En effet, répondit Mathio, mais je vous avoue que je suis en partie responsable des récentes activités des Zergs car il y a 4 ans, j'ai fait une prophétie à la Reine des Lames. Une partie de cette prophétie annonçait la fin de son règne grâce aux artéfacts.
-Vous êtes en train de dire que c'est à cause d'une prophétie que la Reine des Lames remue terre et ciel pour ces artéfacts, demanda Iris, vous auriez mieux fait de vous taire.
-Croyez-moi, ça n'aurait rien changé, expliqua le Général Mathio, avec ou sans la prophétie, la Reine des Lames serait passée à l'attaque un jour ou l'autre. De plus, ces artéfacts émettent des ondes qui attirent les Zergs.
-Pourtant, ils cherchent partout, fit remarquer Jennifer.
-C'est parce que la plupart des artéfacts qu'on cherche sont entre les mains d'une secte de Protoss appelés les Taldarims. Il s'agit de fanatiques qui vouent un culte aux Xel'nagas. Ils ont enfermé les artéfacts dans des temples lourdement blindés. Vous devinez assez facilement que le blindage de ces temples laisse difficilement passer les ondes.
-En conclusion, les Zergs sont obligés de fouiller chaque planète pour mettre la main sur les artéfacts, proposa Carla.
-Exactement, répondit Mathio. En passant, j'aimerais confirmer une autre partie de votre théorie. Jim Raynor travaille bien pour nous. Enfin, pour Möbius puisque l'Alliance la contrôle via le prince Valérian. Quand la Reine des Lames est venue sur Tyrador, elle voulait s'approprier la location des artéfacts restants. Par chance, le rebelle Jim Raynor a réussi à l'empêcher d'atteindre son but. En attendant, la Fondation Möbius doit se reconstruire.
-Pourquoi Raynor, demanda Sylvie.
-Parce que ça fait partie du plan que j'ai organisé avec le prince Valérian. En pacifiant la Reine des Lames avec l'aide du rebelle Jim Raynor qui est très apprécié par le peuple, il démontrera à tous qu'il est digne de succéder à son père. Quand la seconde phase du plan sera terminée, nous renverserons Mengsk pour placer son fils sur le trône. Ainsi, nous prenons le contrôle du Dominion et ...
-Vous préparez votre contre-attaque contre la véritable menace, compléta Sylvie.
-Tout à fait, confirma Mathio, mais nous rallierons aussi les Protoss. Sans oublier les Zergs qui seront d'une aide non négligeable.
-Naturellement, commenta Iris, car plus on sera nombreux, plus on sera fort.
-C'est bien, on voit que tu as compris, flatta le Général, sachez que si nous faisons cela, c'est à cause de la véritable menace. Sans la Reine des Lames ou/et Sarah Kerrigan, nous n'aurons aucune chance de les vaincre.
-Vous pouvez nous dire la relation entre la Reine des Lames et Sarah Kerrigan, demanda Carla qui trouvait étrange que ces personnes apparaissaient un peu trop en même temps.
-Il est encore trop tôt pour vous le révéler, dit Mathio pour ne pas à répondre à la question, la raison est simple : je ne souhaite pas vous faire souffrir.
-Nous comprenons, Général, répondit Carla. De toute façon, vous nous le direz un moment ou un autre, pas vrai ?
-En effet.

Puis Mathio raccrocha. Les Poltergirls demeurèrent pensives devant les révélations de leur supérieur. Cette « véritable menace », parce qu'elle revenait souvent, devait être vraiment importante pour que l'Alliance se montre aussi motivée dans ses actions. Pour les fantômes, une seule chose à faire : continuer à servir. Elles sentaient qu'agir dans ce sens allait être bénéfique non seulement pour elles mais aussi pour tout le monde. Sauf pour l'empereur. Quant à Kerrigan, elles imaginèrent tous les scénarios possibles après les évènements de Tarsonis d'après les renseignements de Mathio.

Le lendemain matin, les Poltergirls se rendirent à leur habituelle séance d'entrainement. Elles furent surprises de voir toute la Boîte de Pandore sur les lieux. Maître Xezbeth s'expliqua :

-Mesdemoiselles, nous allons passer à la vitesse supérieure. Préparez-vous car les entrainements qui vont suivre seront plus difficiles.

Les Poltergirls souriaient. Elles devinaient qu'elles avaient un rôle important dans leur plan de domination et que la Boîte de Pandore avait placé beaucoup d'espoir sur elles. Sans rechigner, elles commencèrent leur nouvel entrainement.
Aujourd'hui, entrainement spécial pour les Poltergirls. La Boîte de Pandore avait estimé que leurs apprenties devaient passer à la vitesse supérieure. Le premier démon à délivrer ses leçons fut Eligor, le démon de la Guerre. Du haut de ses 2.5m, il intimidait le premier venu avec son imposant corps musclé. Même les Poltergirls, en kimono, étaient tétanisées devant ce colosse. Ce dernier s'exprima tel un militaire :

-Soldates, vous êtes là pour apprendre ! Sachez que je maîtrise tous les arts martiaux qui puissent exister. Aucune arme, aucun véhicule de combat n'a de secret pour moi. D'ailleurs, je pourrais vous fabriquer n'importe quelle arme. Evidemment, je ne vais pas vous enseigner tous mes styles de combat. Ce serait trop longtemps. A la place, je vais vous montrer les arts martiaux des Ténèbres. Normalement, il faut être des membres de l'Alliance pour exploiter tout le potentiel de ce style de combat.

Les Poltergirls étaient impatientes de devenir des membres officiels de l'organisation de la Boîte de Pandore dans le but de retrouver Sarah Kerrigan. Elles avaient entendu quelques brides d'informations assez importantes mais un doute subsistait concernant la relation entre leur idole et la Reine des Lames. En attendant, elles devaient apprendre à se battre à la manière des serviteurs des Ténèbres. Eligor fit quelques démonstrations. C'était fascinant mais on sentait un côté fourbe et agressif dans cette façon de se battre. Dans une autre série de démonstrations, l'impression changea. On décelait à présent une noblesse dans les mouvements du démon. Quand ce dernier eut terminé, il s'inclina devant ses disciples avant de s'élancer dans les explications. Puis, il fit exécuter plusieurs mouvements de base aux Poltergirls qui durent répéter plusieurs dizaines de fois pour les maîtriser.

La leçon suivante fut dirigée par la démone de la Passion, Jessonia. Une voix douce et joviale sortait de la capuche du manteau noir. On distinguait difficilement les formes de la démone mais on pouvait aisément imaginer qu'elle avait un corps de rêve.

-Mesdemoiselles, je vais vous apprendre les petits trucs qui feront de vous de parfaites jeunes filles. La beauté est votre première arme. La séduction est un atout à ne pas négliger, ça peut vous être utile pour vos missions. Quand vous demandez quelque chose mais que la personne ne veut pas. Souriez, vous êtes trop mimis. Personne ne résiste à une fille qui sourit.

Pour leur apprendre à faire d'adorables sourires, Jessonia demanda aux Poltergirls de s'entraîner devant des miroirs. Elle donna quelques conseils pour se perfectionner. L'exercice final fut de charmer les autres membres de la Boîte de Pandore qui étaient tous de sexe masculin. Les 9 autres démons furent plus ou moins charmés. Seul Mathio était vraiment sous le charme mais c'était un coquin de pervers. Heureusement que Jessonia était là pour le remettre sur le droit chemin. Elle était jalouse, la petite. Personne n'avait le droit de draguer son petit ami. Quiconque tenterait de séduire Mathio aura à faire avec elle. Pour l'instant, celui qui souffrit le plus, c'était Mathio.

Au déjeuner, les Poltergirls assistèrent Zagan le démon de la Famine, grand chef cuisinier démoniaque de son état dans sa cuisine. Son talent et ses connaissances culinaires démontrèrent l'étendue de ses compétences. Il réalisa ses plats d'une agilité et d'une précision inégalée. Les apprenties fantômes observèrent avec admiration le travail du cuisinier. Quand arriva le repas, ce fut un festival de saveurs qui pétillèrent dans la bouche. En plus d'être succulent, ces plats avaient le mérite de nourrir son client.

Xezbeth fut le professeur suivant. Les Poltergirls le connaissaient assez bien pour savoir qu'il allait enseigner un nouveau tour de son cru. Et ce fut le cas.

-Mesdemoiselles, aujourd'hui, je vais vous enseigner un tour de magie très utile pour des gens comme vous. Il s'agit de jouer sur l'attention des gens. Tenez, regardez cette balle.

Les Poltergirls observèrent attentivement cette balle rouge. Xezbeth la lança en l'air avant de la rattraper mais elle avait déjà disparu.

-Comment est-ce possible, demanda Carla surprise.
-Un truc tout bête, expliqua le maître de l'illusion, j'ai simplement focalisé votre attention sur mon mouvement pendant que je cachais la balle dans ma poche. Mais ça a été tellement rapide que vous n'avez rien vu.
-Mais on aurait dû voir le faire, dit Iris qui n'avait pas encore saisi le truc.
-C'est vrai, approuva Jennifer, mais on l'a inconsciemment oublié vu la vitesse de l'action.
-Exactement, confirma Xezbeth, maintenant, vous allez voir comment on attire l'attention sans se faire repérer. Le bon timing vous permettra de réussir l'illusion.

Pendant deux heures, le démon de la Tromperie leur fit faire quelques exercices. Les Poltergirls firent ensuite une bonne grosse pause car tous ces exercices. Quand il fut l'heure du cours suivant, les apprenties fantômes furent surprises de voir Mathio en personne enseigner. Ce dernier fit un cours d'une heure où il faisait étalage de sa sagesse. Il expliqua comment faire les bons choix en cas de situation fâcheuse. Pour conclure cette leçon, il donna sa dernière phrase culte :

-Peu importe votre puissance, il y a des combats que l'on ne peut gagner avec les poings.
-Quel genre de combat, demanda Iris intriguée.
-Des combats psychologiques en général, expliqua Mathio. Sachez aussi que le vrai gagnant d'un combat n'est pas souvent le gagnant officiel. C'est celui qui a le plus gagné dans le combat mais il est vrai que gagner le combat apporte pas mal de gains. Seulement, perdre peut parfois être plus profitable que la victoire. Retenez-le bien.

Suite à ce cours qui fit réfléchir les Poltergirls, elles poursuivirent les leçons d'arts martiaux et manipulations dans les jours suivants. Ayant une excellente mémoire, elles progressèrent vite. Quelques jours plus tard, Mathio revint avec une immense boîte noire brumeuse. Ses dimensions étaient de 12 m pour chaque côté. 4 portes ouvraient vers des pièces de proportions égales. Son nom : la boîte des ténèbres. Les autres démons étaient surpris de voir un tel objet présent mais ce furent les Poltergirls qui étaient les plus impressionnées. Mathio annonça d'un ton solennel :

-Voici votre plus grand test et il va vous changer à jamais.
-Qu'est-ce que c'est, demanda Sylvie.
-Cette boîte, expliqua Mathio, est une arène très spéciale. Vous allez entrer dedans et affronter l'adversaire qui s'y trouve.
-ça sera un jeu d'enfant, dit Jennifer qui sentait bien cette épreuve.
-Je ne pense pas que ce sera aussi simple que ça, pressentit Carla qui ne voyait pas cette grosse boîte d'un très bon oeil.
-En effet, confirma le démon, car une fois à l'intérieur, vous vous retrouvez seules à seules face à votre pire ennemie. Et comme dirait Socrate ou Platon : « connais-toi toi-même ».
-ça fait peur, dit Iris qui n'aimait pas être séparée de ses amies.
-Pas de panique, rassura Mathio. Vos adversaires ne vous tueront pas, du moins pas physiquement.
-Vous êtes en train d'avouer qu'ils vont nous torturer mentalement, demanda Carla.
-Vous verrez cela à l'intérieur, répliqua Mathio pour éviter la question. Vous devrez être fortes ou vous ne sortirez pas de cette boîte.
-Charmant, se plaignit Sylvie. En fait, vous ne nous l'auriez pas proposé si on n'avait aucune chance de réussir.

D'un signe de la tête, Mathio confirma. Sans la moindre hésitation, chaque Poltergirl pénétra par une entrée de la grande boîte. Les autres démons assistèrent à la scène de loin. Puis ils s'approchèrent de Mathio.

-Tu as décidé de leur soumettre l'épreuve du miroir, demanda Bélial le démon du vice.
-C'était nécessaire, répondit Mathio. Elles doivent mûrir pour leur bien. Si elles réussissent cette épreuve, alors elles en sortiront plus fortes. Alors peut-être, je leur révélerais la vérité.
-C'est encore trop tôt, intervint Xezbeth. Attendons que la fin de la seconde phase pour le dire.
-Trop long, répliqua Jessonia. Il serait préférable de le dire avant la seconde phase.

Les autres démons approuvèrent. Xezbeth ne put contester cette décision. Pendant ce temps, chaque Poltergirl se trouvait dans un décor familier. Soudain, une masse d'ombre se matérialisa devant elle pour prendre la forme d'un parfait sosie de la Poltergirl vêtue de sa combinaison de fantôme sauf que pour les sosies, elle était noire. Devant de telles apparitions, les Poltergirls ne purent s'empêcher de s'écrier :

-Qui es-tu ?
-Je suis tes ténèbres, répondirent les doubles maléfiques en même temps. Ton épreuve consistera à me vaincre. Si tu n'y parviens pas, tu resteras emprisonnée jusqu'à ta mort.
La dernière phrase fit frissonner les Poltergirls terrifiées d'être enfermées dedans mais elles comprirent vite les paroles de Mathio. Pour réussir l'épreuve, elles devaient vaincre leur part d'ombre en elles. Un défi fort prometteur.
-Au fait, ajoutèrent les doubles, tu ne peux utiliser tes pouvoirs psychiques dans cette pièce. Ceci dit, je suis la seule à pouvoir m'en servir. Ça ne te dérange pas si je m'en sers contre toi ?

Pièce de Jennifer :

Des bras mécaniques apparurent des murs. Le double de Jennifer ordonna à ces bras de saisir l'originale. Cette dernière esquiva avec beaucoup de mal mais elle fut attrapée et plaquée au mur. Son double s'approcha d'elle et se dit à proférer des propos peu élogieux sur l'originale.

-Depuis que tu as acquis ce pouvoir de technopathie, tu t'es éloignée de tes amies pour te rapprocher des machines. C'est sûr que c'est beaucoup plus fidèle que des êtres organiques. Impossible que ces tas de ferraille te trahissent vu qu'elles n'ont pas de conscience et doivent obéir aveuglément aux ordres de leurs utilisateurs. Sans oublier ton attitude de geek qui s'est accentuée avec l'éveil de tes pouvoirs. Tu ne t'es pas gênée pour télécharger illégalement des musiques. Qu'as-tu à dire pour ta défense.

Pensant l'avoir brisée mentalement, le double maléfique reçut une attaque surprise d'un bras mécanique qu'elle pensait contrôler. Le coup la fit reculer sur un mètre. Elle vit alors Jennifer libre de ses mouvements et à ses côtés, ses alliés qui avaient retournés leur veste.

-Comment, s'écria le double, as-tu pu récupérer tes pouvoirs ? Les Ténèbres t'empêchaient. De plus, avec toute la vérité que je t'ai crachée dessus, tu aurais...
-Craqué, ne fais pas rire, répondit Jennifer. Il est vrai que je me suis éloignée de mes amies mais il y avait une bonne raison. Si je me suis rapprochée des machines, c'était pour pouvoir les comprendre et aider mes amies puis tous ceux qui auraient d'aide. Sache que ce n'est pas ce genre de distance qui va nuire à mon amitié envers les autres.
-Ne ramène pas ces salades, hurla de rage le sosie, l'amitié n'est qu'une chimère où tu es exploitée par les autres et quand tu ne serviras plus à rien, tu seras jeté comme un déchet.
-Vraiment ? Alors pourquoi tes anciens « subordonnés » t'ont-ils abandonnés ? A ta place, je ne cracherais pas sur cette chimère appelée amitié.

D'un simple mouvement, les bras mécaniques se jetèrent sur le double maléfique qui disparut sous les coups de ses anciens alliés. Jennifer put enfin respirer. Elle avait réussi à vaincre ses ténèbres. Une porte en bois apparut. Sans réfléchir, Jennifer l'ouvrit et sortit de la boîte.

Pièce d'Iris :

Iris était tétanisée. Son double détruisait de magnifiques vêtements en les lacérant avec son pouvoir d'aérokinésie.

-Admirez la beauté de la destruction, se moqua son double. A force de fréquenter les magasins, tu es devenue une petite nature. Une suiveuse du groupe, un joli petit toutou. Quand vous avez rencontré Sarah Kerrigan, tu avais peur d'elle. Il a fallu que tes amies te poussent pour que tu lui parles. Même pour entrer dans cette boîte, tu as suivi tes amies sans réfléchir par toi-même. En plus d'être une trouillarde, tu es aussi narcissique. La preuve, tu n'oses pas de me frapper car je suis toi. Par conséquent, ce serait abîmé ce beau visage. Et si on massacrait encore quelques fringues ringardes ?

Soudain, le double d'Iris vit son bras couper un courant d'air. Comme elle n'était pas faite de chair, il n'y eut aucun sang qui coulait. Il n'était pas difficile de comprendre que c'était une attaque d'Iris qui, pour une raison encore inconnue, avait retrouvé ses pouvoirs. Elle se leva et fixa un regard glacial sur son double qui fut pétrifiée de terreur.

-il est vrai que je suis une grande fan de la mode mais il y a une bonne raison à cela. Du temps où on était dans le projet fantôme, on devait porter des tenues ternes et peu élégantes. Même les adultes portaient de ces horribles vêtements. J'admets que je tiens à rester belle mais c'est dans ces moments que je me sens moi-même. C'est vrai aussi que j'ai cette fâcheuse tendance à acheter beaucoup mais c'est savoir quel genre de vêtement ira avec Sarah Kerrigan quand on l'aura retrouvée.
-Quoi, s'écria son sosie, juste pour ça ?
-Et c'est mon double qui dit ça ? Alors que tu es sensée tout savoir sur moi.
-Mais je ne suis pas Dieu !!
-Alors admire ma résolution sur mon narcissisme.

Sans la moindre peur sur son visage, Iris attaqua son double en la frappant au visage avec des poings enveloppés de petits vents lacérant. Pas une fois, elle n'aura dévié son regard sur son adversaire qui ressortit défigurée.

-C'est ma défaite, admit le double à son original. Tu as su me montrer que tu pouvais mettre de côté tes convictions pour remporter la victoire. Tu es libre de quitter ces lieux.

Le double disparut pendant une porte en bois faisait son apparition. Iris n'attendit pas pour ouvrir la porte. Elle eut la bonne surprise de retrouver Jennifer et la Boîte de Pandore mais fut inquiète quant au sort de ses deux amies qui étaient encore à l'intérieur de la boîte des ténèbres.
Pièce de Carla :

Carla avait beaucoup de mal à contrer les attaques de son adversaire. En effet, cette dernière abusait de son pouvoir de téléportation pour attaquer l'originale de toute part. Pour aggraver la situation, son double maléfique se moquait d'elle.

-Tu es trop prévisible. Trop logique, trop rationnelle, trop réaliste. Tu es un théorème humain. Tu ne cesses de réfuter l'irrationnel. Pourtant, tu as été témoin de ces phénomènes, de la sorcellerie de la Boîte de Pandore.
-C'est un fait, répondit Carla avec pragmatisme, mais je n'avais jamais pensé que leur magie était illogique. Seulement elle m'échappe.
-Avouer que tu ignores, ricana son sosie. Ne fais pas ton Socrate. Tu ne changeras rien à ta situation. La meilleure de toute sa promotion qui se montre tout le temps sérieuse. Les autres doivent te trouver ennuyeuse. Cerise sur le gâteau, tu as des sentiments pour le Prince Valérian et tu n'oses pas lui avouer tes sentiments. Tu devrais te dépêcher ou il jettera son dévolu sur Kate Lockwell.
-Tu as autre chose dans ton arsenal, demanda Carla, parce que c'est vraiment petit.
-Alors, madame Je-Sais-Tout veut faire sa crâneuse ? Dans ce cas, je vais attaquer avec plus de puissance.

Comme promis, le sosie de Carla s'élança avec plus de vitesse et plus de force. Carla avait plus de mal à riposter. Quand vint le coup final, Carla disparut du champ de vision de son adversaire qui s'arrêta dans son élan. Soudain, elle subit plusieurs attaques mais d'une précision qui la blessèrent lourdement. Elle comprit alors que Carla avait recouvert ses pouvoirs. L'originale apparut devant son sosie et l'attrapa avec une clé de bras.

-Tu sais, lui fait remarquer Carla, j'ai beau être studieuse et rationnelle mais j'ai aussi ma part d'irrationnel : ça s'appelle des rêves et des sentiments. Même la science ne peut apporter de réponse à cela et ce n'est pas aujourd'hui qu'on la trouvera. Ensuite, je rêve de retrouver Sarah Kerrigan et je chéris mes amies bien plus que tu le crois. Quant au prince, j'accepterais quoi qu'il arrive son choix.
-Mais tu dois bien te douter de ce qui lui est arrivée, lui rappela son double. Le Général Mathio l'a dit, elle a été capturée par les Zergs. A ton avis, qu'en ont-ils fait d'elle ? Il est évident qu'ils...
-Peu importe la vérité ! On y fera face, pour le meilleur et pour le pire.
-Un très grand courage, ma chère, dit son double qui ne cachait pas son admiration. Il est clair que tu as réussi ton test. Tu peux sortir et ne t'inquiète pas pour moi, je n'essaierais de t'attaquer en traître.

Carla sortit de la pièce par la porte de bois qui venait d'apparaitre. Son double tint parole et regarda son originale sortir, l'air satisfaite d'avoir accompli sa mission.

Pièce de Sylvie :

Sylvie et son double se battaient dans un combat au corps-à-corps sans merci. Seulement, le sosie avait l'avantage de pouvoir utiliser les pouvoirs de l'originale. Cette dernière se montrait plus coriace que prévu. Elle esquivait les attaques psioniques de son double qui, voyant que le manque de résultats satisfaisants, dut changer de tactique.

-Tu es très forte, flatta le sosie avant d'attaquer verbalement, mais tu restes une incapable.
-Vraiment, demanda Sylvie déterminée à ne pas se laisser faire.
-Tu es contradictoire, expliqua son double maléfique, tu te prétends fantôme mais tu refuses de tuer des gens. C'est le principal boulot du fantôme de faire ça. Si tu es incapable de faire ça, tu es inutile.

Sylvie grinça des dents. Ce refus de tuer des gens revenait encore et son double n'avait pas encore fini de frapper.

-A cause de cela, tu as blessé tes amies et bien d'autres gens pour ce caprice. Si la Boîte de Pandore n'avait pas été là, tu serais devenue incontrôlable. Tu sais ce qu'on fait à ce genre de personne ? On leur lave le cerveau ou les enferme. Sans oublier ton caractère impulsif, dès que ça te fâche, tu deviens aussi explosif qu'un volcan.

Ces remarques commençaient à agacer Sylvie mais elle ne pouvait se permettre de se laisser déconcentrer. Seulement, son double n'avait pas dit son dernier mot.

-Tu te proclames leader de ton groupe alors que tu laisses les autres dicter la marche à suivre. C'est mener le groupe à sa perte. Tu es indigne d'être le leader de l'escouade des Poltergirls.

Le double maléfique s'attendait à voir Sylvie craquer mais elle fut surprise de la voir rire. Elle sentit que l'originale se moquait d'elle. Furieuse, le sosie lança une énorme boule d'énergie psionique sur Sylvie qui ne fit rien pour esquiver. Sans que l'on sache pourquoi, l'attaque psionique s'arrêta à quelques centimètres de la cible. Sylvie avait retrouvé ses pouvoirs puis pris le contrôle de l'attaque de son adversaire.

-Impossible, s'écria son double ne comprenant pas ce qui se passait.
-Je t'avoue que j'ignore pourquoi je peux à nouveau utiliser mes pouvoirs mais j'imagine que j'ai fait quelque chose qu'il fallait faire.

Son double voulut lancer une seconde attaque mais Sylvie fut la plus rapide. Une tempête psionique s'abattit sur la fantôme noire qui fut clouée au sol. Boule psionique en main, la fantôme aux cheveux roux s'approcha de son sosie :

-Il est vrai que j'ai encore des progrès à faire dans mon comportement. J'admets avoir blessé mes amies pour une divergence d'opinion mais il en faudra plus pour détruire notre amitié. Je jure qu'à partir de maintenant, je vais tout faire pour devenir une fantôme digne de ce nom. Seulement, retiens bien qu'un fantôme est chargé de soutenir ses alliés, d'infiltrer des places fortes. Mais si je dois tuer des gens par ordre ou nécessité, alors je le ferais quelle que soit les conséquences. Si tu penses qu'un fantôme se résume à éliminer simplement la cible qu'on lui donne, tu te trompes lourdement. Quand à ce « statut » de leader, ce n'est qu'un titre pour moi. Pour chaque décision importante, nous discutons de la marche à suivre. Si on fait une erreur, on l'assume ensemble.
-Ne crois pas avoir gagné, juste pour avoir réalisé tes problèmes, répliqua son double, pour l'instant, ce ne sont que de belles paroles mais oseras-tu aller au bout ?
-Tu veux parier ? Alors déguste ça !

Sans manifester le moindre dégoût, Sylvie balança la boule d'énergie psionique grossie par son propre pouvoir sur son adversaire qui disparut dans un nuage de fumée. Voyant qu'elle avait enfin vaincu sa part d'ombre, Sylvie se laissa tomber de soulagement. Une porte en bois apparut. Comprenant qu'il s'agissait de la sortie, Sylvie se précipita vers cette porte et l'ouvrit. Comme elle s'y attendait, elle se retrouva hors de la boîte. Folles de joie, ses amies se jetèrent sur Sylvie qui faillit mourir étouffer.il fallut l'aide de la Boîte de Pandore pour la sauver. Une fois libre de ses mouvements, Sylvie alla voir l'auteur de cette épreuve pour lui faire de son opinion.

-Vous savez que vous êtes un grand malade ?
-Pourquoi, demanda Mathio à moitié surpris.
-Le principe de l'épreuve était sympa mais on a bien failli y rester. Nos doubles ne se retenaient pas pour nous détruire physiquement et mentalement.
-Que voulez-vous, répondit le Général, c'est comme ça. Vous auriez trouvé trop simple si vos côtés obscurs avaient fait preuve de gentillesse. Il vous fallait un bon électrochoc pour vous faire progresser. Evidemment, vous avez survécu.
-C'est vrai, admit Carla. C'était quelque chose d'assez intéressant.
-C'était dur, avoua Iris mais après, on se sent léger
-Apaisée, compléta Jennifer.
-C'est exactement le but de ce que vous veniez d'endurer, expliqua Xezbeth. Vaincre ses ténèbres comme vous l'avez fait vous a permis de gagner en maturité.
-Croyez-nous, c'était pour votre bien, ajouta Mathio. Dans le cas de Sylvie, sa réticence à tuer pouvait être un obstacle dans les missions à venir. Sans parler du fameux incident qui s'est produit, vous savez quand.

Les Poltergirls savaient de quoi Mathio parlait : la Dispute dont la cause était le fait de tuer ou non les contaminés. L'intervention d'une mystérieuse femme au manteau pourpre avait permis la réconciliation.

-Dites, Général, demanda Sylvie, vu que nous avons mûri, vous pourriez nous dire le fin mot de l'histoire sur Kerrigan.
-J'y ai pensé, avoua Mathio, mais c'est encore trop tôt.

Devant la déception, Mathio se devait d'enchaîner sur quelque chose de positif.

-Rassurez-vous. Avant que la seconde phase du plan commence, je vous révélerais tout.

Cette nouvelle redonna espoir aux Poltergirls qui retrouvèrent le sourire. L'entrainement étant terminé, les démons leur donnèrent la journée. Les 4 filles partirent renforcées par cette expérience, certes impressionnante, mais très instructive.
Aujourd'hui, les Poltergirls poursuivaient leur entraînement sous la tutelle de Xezbeth et de Mathio. Sylvie donnait des formes à son énergie psionique. Carla se téléportait avec des choses de plus en plus grandes. Iris créait des vents protecteurs pour se protéger d'attaques de différentes natures. Jennifer commandait plusieurs véhicules de combat par la pensée. Les deux démons observèrent les progrès fulgurants de leurs futures soldates.

-Dire qu'il y a quelques semaines, elles débutaient dans leur profession, déclara Mathio. Le prince Valérian aura la meilleure garde rapprochée qu'il puisse espérer.
-Il serait présomptueux de dire qu'elles pourraient vaincre la Reine des Lames, commenta Xezbeth.
-En effet, répondit son ami démoniaque, mais ça promettrait un combat remarquable. J'aimerais expérimenter quelque chose avec elles.
-C'est contraire à tes principes, Mathio, répliqua le manipulateur. Et que fais-tu des risques que cela pourrait engendrer ?
-J'ai déjà testé ce nouveau pouvoir. Il nécessite juste un esprit d'équipe très fort. Avec elles, c'est le succès garanti.

La conversation fut soudainement interrompue par la venue d'un androïde, porteur de mauvaises nouvelles. Les deux démons prirent alors une mine grave. Mathio était sur le point de paniquer, signe de l'ampleur gravissime de la nouvelle. Sans perdre une seconde, il appela les autres démons qui eurent des réactions semblables que celles de leurs frères d'armes à l'annonce de la nouvelle. Les Poltergirls interrompirent leur entrainement. Elles demandèrent ce qui passait mais elles n'eurent aucune réponse. N'insistant pas, elles partirent prendre part à leurs cours. Seulement, elles ne pouvaient s'empêcher de penser aux sentiments de terreur qu'elles avaient ressentis. Depuis qu'elles avaient rencontré la Boîte de Pandore, ils avaient toujours cette confiance inébranlable. Quel horrible évènement les avait amenés dans cet état ? Hélas, elles ne purent trouver une réponse. La seule solution était de retourner voir la Boîte de Pandore mais allaient-ils daigner répondre à leurs questions ?

Elles retournèrent à leur salle d'entrainement où les démons continuaient de parler. Les choses semblaient avoir avancé. Au centre du cercle formé par les démons, une maquette avait été construite. On pouvait reconnaitre le palais de l'empereur, la grande place à plusieurs mètres du palais et plusieurs immeubles autour. Dans l'un de ces immeubles, des figurines de soldats étaient positionnées et visant le centre de la place. Sur la grande place, on pouvait voir d'autres figurines de soldats censés représenter les soldats du Dominion. Au centre, il y avait deux bonhommes : l'un était l'empereur, l'autre portait la mention « cible ». S'apercevant de la présence des Poltergirls, ils les invitèrent à prendre part au plan qu'ils avaient préparé. Le Général Mathio fut le premier à s'exprimer.

-Désolé pour ne pas avoir répondu à vos questions au début. Seulement, la situation est grave et nous avons le devoir d'arranger ça.
-Que se passe-t-il, demanda Sylvie.
-Nous allons commencer par le début. Sachez que les Serviteurs des Ténèbres dissimulent un immense secret depuis la nuit des temps. Ce secret se nomme l'Histoire Interdite. Elle révèle un bon nombre d'informations qui, si connues des mortels, engendreraient des conséquences plus dévastatrices que l'Essaim.
-Pourquoi ne pas nous raconter cette histoire, demanda Sylvie.
-Tu ne comprends pas, dit Carla. Nous n'appartenons pas aux Ténèbres et eux doivent garder le silence pour préserver le secret.
-Tout à fait, Carla, fit remarquer Bélial le démon du Vice. Cette histoire attiserait la cupidité des mortels. Et dans leur soif de pouvoir, ils mèneraient l'univers à sa perte.
-Mon dieu, s'écria Iris, quelqu'un a découvert le contenu de votre histoire interdite ?
-Hélas, oui, répondit Xezbeth, et il est de notre responsabilité d'obéir aux lois ancestrales qui nous ordonnent de tuer tout Serviteur des Ténèbres qui divulguerait l'Histoire Interdite et tout mortel qui en connaitra ne serait-ce qu'un détail.
-Evidemment, les membres de l'Alliance sont considérés comme des Serviteurs des Ténèbres, dit Mathio. Donc, vous serez amenées à connaitre cette histoire mais nous souhaiterions que vous gardiez le secret même si pour cela, vous devrez y laisser votre vie.
-Nous comprenons, répondit Jennifer, mais pourquoi planifier votre meurtre sur Korhal ?
-C'est simple, expliqua Xezbeth, parce que Mr Roberto Wolf, la cible, compte vendre ces informations à l'empereur Mengsk.

Les Poltergirls faillirent s'étrangler devant cette révélation. Cet homme allait tout raconter à l'empereur pour de l'argent ?! Cet individu devait le pire être que l'on puisse rencontrer. Devant ces réactions, Mathio se sentit plus léger pour faire part aux Poltergirls une décision qui le déplaisait :

-Aussi, nous aimerions que vous participiez à l'opération comme snipers. Vous aurez la lourde tâche d'assassiner Roberto Wolf.

Cette fois-ci, les Poltergirls furent vraiment surprises. Carla, Iris et Jennifer regardèrent leur amie médusée. Elles savaient à quel point Sylvie était répugnée à l'idée de tuer des êtres humains. Cette histoire avait aboutie à une violente dispute qui s'est heureusement bien arrangée grâce à l'intervention d'une ravissante et gentille inconnue. Les 3 Poltergirls craignaient que leur amie aille refuser la demande de leur supérieur. Les poings serrés, elle donna sa réponse :

-J'accepte. Je le ferais.

Tous furent surpris de la décision de celle qui aurait refusé de tuer cet homme quelle que soit la raison.

-De toute façon, continua Sylvie avec détermination, quelqu'un doit le faire. Si ce n'est pas nous, ce sera quelqu'un d'autre. De plus, nous sommes des fantômes. Ça fait partie de notre boulot d'assassiner ceux qui menacent la paix. Enfin, j'ai juré devant mon côté obscur de changer tout cela. Alors vous pouvez nous envoyer éliminer l'armée du Dominion s'il le faut.

Un tel courage ne pouvait qu'impressionner la Boîte de Pandore qui accepta que les Poltergirls fassent le sale boulot. Mathio leur donna les dernières instructions :

-Pour vous alléger du remord qui pourrait peser sur vous, nous ferons de vous des membres de l'Alliance à part entière. Si vous parvenez à le tuer, bien entendu.
-Sérieux, s'écrièrent les Poltergirls qui rêvaient d'en faire partie depuis qu'elles portaient ces marques pour enfin accéder à des secrets dont on leur avait interdit l'accès.
-Bien sûr, répondit Bélial, ce haut-fait prouvera votre loyauté envers les Ténèbres. Dès lors, il n'y aura plus de raisons de vous refuser comme membres.
-Et naturellement, vous pourrez nous raconter l'Histoire Interdite après la mission, dit Jennifer.
-En effet, répondit Mathio. Au fait, j'aimerais vous apporter un équipement supplémentaire sur votre combinaison. Vous ne pourrez l'utiliser que lorsque vous serez promus membres de l'Alliance. Je tiens à avertir que ce pouvoir ne devra être utilisé que si vous êtes toutes d'accord pour l'utiliser. Sans oublier le fait que l'usage de ce pouvoir nécessitera un esprit d'équipe très fort.
-De quoi s'agit-il, demanda Iris toute ouïe.
-Surprise, dit Mathio avec un sourire sadique. Ce sera une expérience unique que vous allez adorer. A condition que vous vous ne cachiez rien n'entre vous.
-On est les meilleures amies de l'Univers, affirma avec fierté Jennifer. Ça me dérangerait pas de faire qu'une avec les autres.
-Bien, dit Mathio rassuré, et si vous regardiez la maquette pour qu'on explique le plan pour éliminer la menace de Mr Wolf.

Les Poltergirls écoutèrent attentivement les instructions de la Boîte de Pandore. L'enjeu était de taille et il ne fallait sous aucun prétexte faillir à sa tâche.
19 heures et 15 minutes après la réunion stratégique de la Boîte de Pandore, la rencontre annoncée par Mathio se produisit. Sur Korhal, un imposant cortège se rendait vers le palais impérial. Dans la limousine, se trouvait un homme, porteur d'informations qui pouvaient changer la face de l'Univers. Roberto Wolf était assis à l'arrière de la voiture déguisé pour échapper à d'éventuels assassins. Lorsqu'il avait découvert ce terrifiant secret, il avait jugé bon d'en parler l'empereur estimant qu'il aurait assez de sagesse pour exploiter sa découverte pour le bien de l'humanité. Seulement, depuis qu'il avait pris connaissance de ce secret, les troupes de l'Alliance l'avaient pris en chasse pour le réduire au silence. Sa position de dirigeant d'une planète lui permit de trouver la protection nécessaire pour échapper à ses poursuivants. Il prit rapidement contact avec l'empereur pour lui révéler comment il avait découvert le plus grand secret des Ténèbres sans en révéler les grandes lignes. Il n'oublia pas de marchander sur le prix car de telles informations valaient une fortune et il pourrait mener une belle vie. Ce qu'il ignorait, et l'empereur aussi, c'était que le prince Valérian était un membre de l'Alliance Démoniaque et qu'il avait immédiatement envoyé un soldat avertir la Boîte de Pandore de la situation. A présent, Roberto Wolf allait bientôt arriver devant le palais impérial. Il vérifia que son écran-psi était toujours opérationnel. Cet appareil permettait de protéger ses pensées de toute intrusion mentale. Ainsi il pouvait protéger ses secrets et obliger l'empereur à lui verser la somme demandée.

Les choses devraient aller vite. Quand la limousine sera arrivée devant le palais, Roberto devait sortir à toute vitesse de la voiture et rejoindre le palais afin d'échapper à d'éventuels tireurs embusqués. Le plus drôle c'était qu'il y en avait. Cachées à un étage élevé d'un immeuble se trouvant à proximité de la grande place, les Poltergirls préparaient leur matériel pour éliminer la cible. Dissimulés dans la foule qui fut intriguée par le cortège, des sbires de l'Alliance guettaient le moment d'entrer en scène. Leur rôle était de récupérer le corps de la cible après que les tireurs aient accompli leur oeuvre. Simple précaution pour ne laisser aucune trace. Si on observait la sécurité draconienne présente dans la place, à savoir les marines qui sécurisaient la grande place, soutenus par des chars de siège, des fantômes et un appui aérien, il semblait impossible de commettre un crime sans se faire pincer. Mais c'était insuffisant pour décourager la Boîte de Pandore qui avait anticipé cette importante sécurité. Leur plan était des plus osés.

Parmi les fantômes présents, se trouvait une jeune fille assez jolie. Elle se nommait Nova. Issue de famille aisée, elle avait connu une sombre période dans les bas-fonds de la société à la suite d'un tragique incident qui avait coûté la vie de sa famille et éveillé ses pouvoirs psychiques latents. Un agent de la Confédération du nom de Malcolm Kelerchian l'avait secourue pour l'intégrer de force au Projet Fantôme. Après la chute de la Confédération, elle fut intégrée à l'Académie Fantôme où elle devint la meilleure de sa profession. Son IP 10 en était la preuve et faisait d'elle une célébrité dans toute l'académie. Récemment, elle avait arrêté un grand nombre de spectres, des fantômes renégats qui avaient profité des recherches du projet Lame de l'Ombre pour devenir plus puissants. Toutefois, ce gain de puissance aurait des effets secondaires et pousserait les spectres à la révolte. Seulement, son ancien ami Tosh s'était allié avec le rebelle Jim Raynor. Nova avait déjà tenté de contacter les Rebelles en envoyant un message les avertissant de la menace que représentaient les spectres. Pour l'instant, ce premier contact fut sans succès. En attendant de tenter sa chance pour neutraliser définitivement la menace des spectres, Nova Terra continuait de réaliser d'autres missions pour le Dominion. Elle regardait les immeubles autour et ne voyait rien de suspect.

Les Poltergirls observaient la place depuis la fenêtre. Elles devaient attendre que la cible soit à l'air libre pour passer à l'acte. Pour cela, c'était le rôle des troupes en bas qui devaient le faire sortir de sa cachette, ce qui ne devrait plus tarder. Soudain, des gens parvinrent à passer la barrière de sécurité. Bousculant les marines chargés d'empêcher toute intrusion, les contestataires foncèrent vers la limousine. L'un d'eux sortit de son sac une grenade électrique qu'il mit dans le moteur. L'explosion immobilisa la voiture qui cessa d'être en lévitation. Profitant de cet instant, les manifestants renversèrent la limousine avant de la démolir à coups de barre en fer. Roberto qui fut secoué par ce qui venait d'arriver. Il sortit du mieux qu'il pouvait et tenta de rejoindre le palais mais un second groupe de contestataires se mit en travers de sa route. Devant l'agressivité des nouveaux venus, l'informateur s'arrêta à quelques centimètres d'eux. Il chercha une solution pour les contourner mais le premier groupe vint terminer l'encerclement. Les marines arrivèrent pour tenter d'éloigner les manifestants. Le général Warfield cria dans son mégaphone :

-Ok, laissez Mr Wolf passer et tout se passera bien pour vous. Si vous refusez d'obtempérer, nous ouvrirons le feu.

Mais la menace du général Warfield fut sans effet et inutile car quatre coups de feu retentirent. Roberto Wolf n'existait plus. Quatre balles dans la tête, il s'effondra au sol, mort. Les manifestants se retournèrent et sortirent des armes à feu qu'ils utilisèrent sur les troupes du Dominion. Les gens paniquèrent et prirent la fuite. Profitant de la panique, l'équipe de récupération se dirigea vers le cadavre de la cible pour la faire disparaitre. Devant un tel spectacle, l'empereur fut le seul à comprendre ce qui se passait.

-Warfield ! Eliminez-moi ces individus !! Ce sont des soldats de l'Alliance ! Ils ne doivent pas filer avec le corps.
-Unités au sol, aboya le vieux général, ouvrez le feu et pas de prisonnier !!

Les soldats du Dominion exécutèrent les ordres de Warfield. Dans l'affrontement, ils découvrirent l'effrayante vérité qui se révéla quand leurs balles touchèrent et détruisirent ce qui semblait être une seconde peau: Les manifestants n'étaient qu'autre que des androïdes noirs. De plus, les marines du Dominion ne furent pas assez rapides pour empêcher la récupération exécutée avec autant de rapidité que celle des mécaniciens de formule 1. L'équipe de récupération ouvrit un portail qu'elle utilisa pour s'enfuir. Les androïdes les suivirent. Quand le dernier androïde pénétra dans le portail, ce dernier se referma aussitôt.

Furieux de ce fiasco, Mengsk ordonna violemment qu'on retrouve les tireurs. Un fantôme l'informa que Nova les aurait localisés et était déjà en route pour les intercepter. En effet, Nova, accompagné de plusieurs fantômes, montait les escaliers à vive allure. Dès qu'elle avait entendu les coups de feu, elle avait instinctivement cherché l'origine. Ce n'était pas difficile vu que les coups de feu étaient forts. Logiquement, les tireurs se trouvaient à proximité de Nova et le seul endroit pour tirer était un immeuble se trouvant derrière Nova lorsqu'elle observait la grande place. Nova sonda chaque étage pour trouver des personnes qui pourraient être les tireurs mais à chaque fois, il n'y avait personne. L'entrée étant lourdement gardée, les coupables devaient être en haut de l'immeuble. Nova fonça vers le toit. Quand elle arriva, la porte était fermée. Elle l'enfonça sans la moindre hésitation. Elle parvint à ouvrir la porte mais tomba en avant suite à sa charge. Dans sa chute, elle sentit 4 balles passer au-dessus de sa tête. Ensuite, elle entendit les cris de douleur de ses camarades mais l'heure n'était pas aux sentiments. Nova se redressa et vit avec stupeur que les assassins n'étaient qu'autre que des fantômes. La fantôme n'arrivait pas à comprendre la raison qui ait poussé des gens comme elle à se battre contre le Dominion :

-Pourquoi, demanda Nova, pourquoi avoir tué cet homme ?
-Il était un danger pour l'Univers, répondit Carla avec froideur, vous pouvez nous croire sur parole : on n'a pas fait ce boulot avec plaisir.
-C'est vrai, ajouta Sylvie en serrant le poing. Même moi qui aurait refusé de tuer quelqu'un quelle que soit la raison a accepté de le faire.
-Charmant, ironisa Nova qui ne pouvait que la croire. Mais pourquoi soutenir l'Alliance ?
-Disons que le Général Mathio nous a fait une promesse, dit Iris, et que le Dominion est incapable de réaliser une telle promesse.
-De quoi s'agit-il, demanda Nova qui essaya de leur tirer les vers du nez.
-C'est personnel, répliqua Jennifer. Cette conversation est close. Laissez-nous partir et tout se passera bien. Sinon, nous devrons utiliser la force pour partir.
-Jamais, répondit Nova qui n'était pas impressionnée par le nombre d'adversaires.
-Dans ce cas, dit Iris, nous devrons utiliser tous nos atouts. Et nous allons utiliser le petit cadeau du Général.
-Tu es sûre de ça, s'interrogea Carla.
-Ce serait l'occasion de l'essayer, dit Sylvie. Je suis convaincue que ce sera génial. Vous êtes prêtes ?
-Oui, répondirent ses trois amies.

Les Poltergirls déclenchèrent le mécanisme qui allait activer un nouveau pouvoir. Soudain...
Plusieurs minutes avant la première utilisation de leur nouvelle capacité, les Poltergirls attendaient que les soldats de l'Alliance éloignent la cible de toute protection du Dominion. Après qu'il soit sorti de la limousine et encerclé, elles pointèrent leur fusil sur sa tête. Sylvie détestait tuer mais elle avait promis de le faire et de cesser ces jérémiades d'immature. Elle ferma les yeux et tira. Quand elle ouvrit les yeux, la cible était morte. Sylvie se sentait mal mais soulagée quand elle vit l'équipe de récupération partir avec le corps. Elle regarda le bras qui portait la marque des Ténèbres. Cette dernière avait changé. De larve, elle avait la forme d'un xénomorphe. Enfin, elles étaient devenues des membres de l'Alliance. Iris vint soudainement interrompre les pensées de son amie.

-Sylvie ! On doit partir ! J'ai senti la présence d'un IP10.
-Serait-ce Nova, demanda Carla qui avait lu le dossier de l'Alliance sur les soldats d'élite du Dominion.
-J'en ai bien peur, répondit Iris. On monte au toit et on se tire avec le taxi.

En arrivant sur le toit, elles découvrirent qu'un vaisseau du Dominion avait détruit leur vaisseau. Impossible de descendre au risque de tomber nez à nez avec le Dominion. La seule option était de tuer les ennemis quand ils arriveraient. Le plan marcha mais seul le fantôme le plus dangereux échappa à la mort. Sentant que la menace que Nova représentait était sérieuse, les Poltergirls déclenchèrent le mécanisme qui allait activer un nouveau pouvoir. Soudain un vortex apparut à leurs pieds. Progressivement, leur corps se changea en énergie qui fut attirée par le vortex. Les 4 énergies s'unirent pour n'en former qu'une. S'en suivit un flash fort lumineux. Par réflexe, Nova se couvrit les yeux. Quand le flash cessa, Nova vit une silhouette sortir du vortex qui se referma après. Elle fut fascinée par les évènements et le charme qui se dégageait de ce nouveau fantôme. On aurait cru que le meilleur, physiquement parlant, des Poltergirls avait été repris pour former ce nouvel être. Le détail le plus marquant était ses cheveux longs et argentés en queue de cheval.

Dans un espace noir, vide et sans gravité, les Poltergirls flottaient sans savoir où elles se trouvaient. Elles souhaitèrent un lieu où comprendre ce qui se passait. Soudain, une plateforme sur laquelle un panneau de commande pour 4 personnes apparut. Sylvie sauta sur le siège central et prit les commandes. Elle vit alors qu'elle se trouvait dans un autre corps qui pourtant lui semblait familier. Sylvie voyait bien qu'elle portait sa combinaison de fantôme. En consultant les données dans sa combinaison, Sylvie vit qu'elle possédait les équipements de ses amies en plus des siens. Elle fit part de sa découverte à ses amies qui tentèrent de comprendre ce qui se passait. Un appel provenant du communicateur se fit entendre. Sylvie décrocha. L'hologramme miniature de Mathio apparut. Ce dernier semblait satisfait de l'état des Poltergirls.

-Alors, comment trouvez-vous votre fusion ?
-Parce que c'est en fait une fusion, demanda Sylvie surprise.
-En effet. Ce qui veut dire que tu peux utiliser les capacités de tes amies. Bien sûr, tu peux aussi confier le contrôle de ce corps à un autre.
-Je vois, intervint Iris qui prit le contrôle assez brutalement. Mais comment on s'appellera ? Parce que même la fusion a un nom.
-Evidemment, dit calmement le Général. Et je l'ai déjà choisi. Ce sera Aurore, l'incarnation de l'aube vers un nouvel avenir.
-C'est très joli. Je prends, dit Iris qui adorait.
-Tu aurais pu nous demander notre avis, dit Carla. Mais c'est vrai que c'est bien mais quand même.
-Si vous me le permettez, s'exprima Sylvie avec politesse, je vais prendre les commandes. On a une Nova sur les bras.

En effet, il y avait Nova qui, depuis tout à l'heure, observait la récemment nommée Aurore pour apprendre tout de son nouvel adversaire. Quelle puissance pouvait avoir la fusion de 4 fantômes ? Quelles étaient ses faiblesses ? Le rapport de force entre les deux fantômes ? Tant de questions qui s'agitaient dans la tête de Nova. Soudain, Aurore s'élança vers Nova. Le temps que cette dernière réagisse, son adversaire était suffisamment proche pour asséner un coup de poing imprégné d'énergie psionique. Par réflexe, Nova esquiva l'attaque qui transperça le local de l'escalier avec des trous bien gros. Nova observa l'ampleur des dégâts : une attaque de ce genre suffirait à tuer un homme, donc pas question de se faire toucher. Le combat se poursuivit dans un affrontement au corps-à-corps. Nova riposta du mieux qu'elle pouvait mais son adversaire cognait plus fort. Quand elle tentait d'attaquer, Aurore esquivait avec légèreté avant de contre-attaquer. Pour Nova, il lui paraissait évident que son adversaire était meilleure qu'elle en arts martiaux. La meilleure solution serait de prendre une distance avec Aurore, récupérer son arme qu'elle avait perdue en tombant et tirer avec. Nova aurait aimé capturer Aurore vivante pour que le Dominion l'interroge et lui fasse cracher ses secrets mais nécessité faisait loi. Son adversaire, si on pouvait le dire, n'allait pas gentiment se rendre. Alors qu'elle croisait le fer avec Aurore, Nova recula spontanément et récupéra par télékinésie son fusil d'assaut qui se retrouva dans ses mains. En une fraction de seconde, Nova appuya sur la gâchette après avoir visé les épaules. Au moins, elle devrait pouvoir affaiblir son adversaire. Seulement, un phénomène étrange se produisit. Les balles ricochèrent à quelques centimètres de leur cible comme s'il y avait un obstacle. Nova n'en revenait pas.

-Surprise, pas vrai, demanda Aurore. Oublie les armes à feu car je possède une solide aéro-défense.

Des courants d'air violents entouraient la fusion des Poltergirls. Nova comprit alors : ces vents avaient dévié les balles. Une goutte de sueur perlait sur la joue de Nova qui commençait à douter de sa possible victoire. Pour la première fois de sa vie, elle avait peur. Ce n'était pas une peur comme elle avait connu, mais face devant un adversaire dont le fossé qui les séparait était trop grand. La peur était si forte que Nova en fut paralysée et incapable de penser correctement. Aurore s'approcha amicalement et calmement. Sa main droite se chargeait d'énergie psionique, prête à frapper Nova. Soudain, un escadron de Vikings vint interrompre le combat. Aurore dût reculer pour éviter les tirs aériens. Des marines arrivaient de toute part et encerclèrent Aurore. Quelques marines éloignaient Nova encore traumatisée de son combat. Bien que la situation soit mauvaise pour les Poltergirls, ces dernières ne paniquaient pas. Elles pouvaient s'enfuir en se téléportant sur le toit d'un autre immeuble. L'Alliance allait forcément venir les chercher. Ce ne serait pas leur genre d'abandonner leurs frères d'armes. Un marine vint poser un communicateur émetteur récepteur. L'hologramme de la tête de Mengsk apparut. Il paraissait imposant et inquiétant mais les Poltergirls avaient vu pire. Arcturus observait les alentours de s'adresser à Aurore :

-Mes félicitations, mademoiselle ! Mettre mon meilleur fantôme dans cet état relève de l'exploit. J'ignore où l'Alliance a trouvé un fantôme aussi redoutable que vous mais je suis sûr que vous feriez un excellent duo avec elle.
-Ce serait la pire chose à faire, répondit Carla qui avait pris le contrôle d'Aurore. Ça ne sera pas aussi simple que ça en a l'air. Cela nécessite un esprit d'équipe et un lien très fort entre nous. Nova ferait une excellente combinaison avec moi mais son tempérament sera néfaste pour le groupe. Je reconnais qu'elle est une soldate remarquable mais son esprit d'équipe est proche du zéro absolu. J'espère que vous me comprenez.
-Bien sûr, dit Mengsk en tentant de cacher sa déception de ne pas pouvoir voir un redoutable duo à l'oeuvre à cause du comportement imprévisible de Nova. A en juger de vos armes, je pense que vous avez assassiné mon invité d'honneur.
-Et si c'était le cas, répondit Carla/Aurore en feignant l'ignorance.
-Je vous aurais fait exécuter pour ce meurtre, dit Mengsk d'un ton menaçant avant de se montrer plus amical. Toutefois, ce serait du gâchis de vous faire disparaitre alors que vous pouvez apporter une aide précieuse au Dominion. Vaincre la Reine des Lames ne serait plus une utopie. Si vous acceptez, je vous protégerais de l'Alliance. Je veillerais à ce que vous ne manquez de rien.

Pendant que Mengsk s'était élancé dans un discours éloquent, les Poltergirls le trouvaient trop politique et ennuyeux.

-C'est ennuyeux, se plaignit Iris.
-Encore un de ses discours de politicien véreux. De belles paroles qui ne prendront jamais forme, dit Jennifer avec philosophie.

Sylvie n'attendait pas la fin du discours pour prendre les commandes.

-ça suffit, cria Sylvie dans le micro, ce qui correspondait pour le corps d'Aurore de crier haut et fort.

Mengsk fut si surpris qu'il s'arrêta net. Sylvie/Aurore poursuivit :

-Vos petits discours, vous pouvez les garder. On sait tous quel genre d'homme vous êtes, dit-elle en présentant sa marque démoniaque. Vous voyez cette marque ? Elle est la preuve que nous appartenons à l'Alliance. Si vous n'êtes pas fichus de protéger un malheureux individu, alors vous ne pourrez pas nous protéger du châtiment qui tomberait sur nous si nous acceptions votre offre. Et même si vous y arriverez, vous ne pourrez pas réaliser une demande en particulier : Retrouver quelqu'un.
-Et c'est tout, demanda Mengsk.
-Non. Je tenais à ajouter qu'il y a une énorme différence entre vous et la Boîte de Pandore : Eux, au moins, ils se préoccupent des autres et ne les sacrifient pas pour sauver leur peau ou parce qu'ils deviennent gênants.
-Parce que vous pensez que je suis ce genre d'homme ? Vous me rappelez cette stupide fantôme qui a eu l'audace de contester mes ordres. Alors, je l'ai laissée en charmante compagnie avec les Zergs. Seulement, je...

L'émetteur-récepteur se détruisit de l'intérieur avant même que l'empereur ait pu terminer sa phrase. Sylvie avait ordonné à Aurore d'utiliser les pouvoirs de Jennifer pour détruire l'appareil. Elle se rendit compte que ses amies avaient eu la même idée et qu'elles avaient déclenché avec elle la même commande. D'un air complice, elles surent qu'elles devaient partir. Aurore dut alors faire ses adieux :

-Bon, je dois partir. Vous apporterez ce dernier message de notre part : Un jour, vous payerez pour ces crimes.

Brusquement, Aurore s'élança vers le vide, passant outre les marines surpris d'un tel geste. Tous allèrent sur le bord du toit pour chercher la fugitive mais aucune trace d'elle. Personne n'aurait pensé qu'au moment de sauter, Aurore se serait téléportée. Allant de toit en toit, elle finit par trouver un transport de l'Alliance qui la ramena sur la planète California.

Dans la base secrète, les Poltergirls, les sbires et la Boîte de Pandore fêtèrent le succès de l'opération. L'Univers était sauvé, du moins jusqu'à ce qu'un autre humain découvre l'Histoire Interdite. Le prince Valérian ne pouvait hélas venir sous peine de se mettre en danger.

-Enfin, nous avons réussi, s'exclama Mathio. Ça a été facile.
-Parlez pour vous, mon Général, dit Jennifer la bouche pleine, nous, on a bien faillit de se faire attraper.
-Et alors, demanda un démon de la Boîte de Pandore, grâce au nouveau pouvoir qu'on vous a donné, vous avez réussi à battre un fantôme d'IP10. C'est un sacré exploit.
-C'est vrai, répondit Carla, mais vous avez une histoire à nous raconter.
-C'est vrai, dit Xezbeth, l'Histoire Interdite. Maintenant, nous pouvons vous le dire. Vous avez toute notre confiance.

Les démons racontèrent la terrifiante Histoire Interdite. Les Poltergirls furent médusées par le récit. A la fin, elles eurent un sentiment de compassion et de pitié pour les protagonistes de l'histoire. Elles comprirent enfin la raison de dissimuler une telle histoire au reste de l'Univers. La nature humaine a tendance à se laisser tenter et ce, sans se soucier des conséquences.
Le lendemain après l'assassinat de Roberto Wolf, les médias parlèrent de cet acte ignoble qui a choqué tout Korhal. Tous spéculèrent pour savoir qui étaient responsables de ce meurtre. A l'UNN, on fit des révélations des plus surprenantes.

-Ici, Donny Vermillion de l'UNN sur Korhal. Retrouvons Kate Lockwell pour les derniers événements qui viennent de frapper. Je veux bien sûr parler de la mort de Roberto Wolf. Kate, vous nous recevez ?
-Oui, Donny, confirma la jeune journaliste, je suis devant le palais de l'empereur sur Korhal. C'est ici où un homme a été tué sous les yeux de tous. Les forces du Dominion ont été impuissantes devant cette tragédie.
-Kate, demanda Donny, connait-on le responsable d'un acte aussi atroce ?
-D'après les quelques militaires qui ont accepté de répondre aux questions, les manifestants n'étaient pas les tueurs. Leur rôle était de mettre la victime à découvert pour permettre à des tireurs d'éliminer la victime.
-Pour qui travaillaient ces manifestants ?
-Je n'en sais rien mais j'ai trouvé un témoin qui a filmé la fuite du tireur.
-Vraiment, répondit le présentateur surpris. Dans ce cas, montrez-la nous !
-Toute de suite, Donny.

La vidéo en question apparut les écrans de télévision. On pouvait voir le combat opposant Aurore et Nova. Seuls le début du combat et la fusion étaient absentes de la vidéo. Ensuite vinrent les troupes du Dominion et la communication de Mengsk. Un moment, on pouvait distinguer sa marque démoniaque grâce à un agrandissement. Celui qui avait filmé était un pro de la caméra. La vidéo se conclut sur la fuite d'Aurore. Cette dernière passa à côté du caméraman inconnu sans le voir avant de disparaitre. Donny demeura stupéfait.

-Qu'est-ce que cela signifie ?
-Eh bien, Donny, je pense que l'Alliance Démoniaque est responsable de cet assassinat.
-Enfin, Kate ! Ce n'est qu'une légende urbaine.
-Donny ! Il serait peut-être temps que le Dominion reconnaisse que l'Alliance Démoniaque existe et qu'elle frappe le secteur de Koprulu pour des raisons encore inexpliquées. Mais nous verrons cette histoire en détail lors de la conférence de presse tenue par l'empereur dans quelques minutes.

Les Poltergirls furent surprises d'apprendre qu'elles avaient été filmées. Quelle chance qu'il n'avait pas assisté à la fusion. Soudain, elles reçurent un appel du Général Mathio. Elles décrochèrent :

-Général ! On est désolée, s'écrièrent les 4 filles.
-Ce n'est rien, répondit Mathio. De toute façon, ça serait su d'une manière ou d'une autre.
-Que comptez-vous faire, mon Général, demanda Sylvie.
-J'ai appris qu'il va y avoir une conférence de presse. Je pense que la Boîte de Pandore devrait y participer.
-Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée, se permit de commenter Carla.
-Je comprends vos inquiétudes mais il faudra beaucoup d'efforts pour nous attraper.
-Alors soyez prudents, supplia Iris.
-On le sera, répondit Mathio avec confiance.

Une heure plus tard, la conférence de presse commença. Les journalistes bombardèrent l'empereur de questions en rapport de l'attentat. Kate posa les questions les plus pertinentes.

-Que savez-vous de cette mystérieuse fantôme aux cheveux argentés, demanda un journaliste.
-Nous n'en savons pas grand-chose, répondit Mengsk, seulement qu'elle a tué Roberto Wolf et qu'elle se nomme Aurore. Soyez rassurées, les forces du Dominion la traqueront sans relâche. Puis nous la châtieront comme il se doit.
-Altesse, est-ce que cette fantôme appartient à l'Alliance Démoniaque, interrogea Kate.
-Ce que vous appelez l'Alliance n'est qu'une invention de geeks pour déstabiliser le gouvernement.
-Alors, comment expliquez-la présence d'une armée capable d'arrêter les Zergs ? Chose que vos troupes peinent à faire.
-Ce ne sont que des rumeurs sans fondements, inventées par des petits farceurs pour me ridiculiser.
-Alors, expliquez-nous la présence de cette marque, insista Kate. C'est le signe qu'elle appartient à un groupe qui existe.
-Juste un tatouage d'un groupe de pseudo-terroristes, répondit Mengsk en balayant la question.
-Une marque qui représente une créature inexistante, continua Kate.
-Sûrement inspiré des Zergs, répliqua Arcturus. Maintenant, mademoiselle, je vous prierais de cesser ces questions inutiles.
-Vraiment, demanda une voix derrière Mengsk.

L'empereur se retourna et vit un homme en manteau noir sur l'écran derrière lui. Comprenant ce qui se passait, Arcturus grinça des dents devant l'intervention de la Boîte de Pandore qui poursuivit son discours :

-Je suis le Général Mathio. Je fais partie de la Boîte de Pandore. Elle dirige la fameuse organisation des Ténèbres appelée l'Alliance Démoniaque. Voici les 9 autres membres de mon groupe.

La caméra pivota pour montrer les autres démons. Mathio continua son discours :

-Sachez que l'Alliance existe belle et bien. Nous revendiquons les sauvetages de plusieurs millions de personnes, l'arrestation de terroristes sur California et enfin, l'assassinat de Roberto Wolf.

Les journalistes furent choqués par cette révélation à l'exception de Kate admirative du courage de cet homme qui avouait devant l'humanité entière ses actes. Mengsk se laissait envahir par la colère mais il parvenait à se contrôler. Il pouvait exploser à tout instant. Warfield, qui était à ses côtés, ordonna aux soldats de localiser la Boîte de Pandore. Sautant sur l'occasion, Kate posa ses questions aux démons :

-Pourquoi avoir tué Roberto Wolf ?
-Voyez-vous, Kate, nous l'avons fait à cause d'une loi. Cette loi stipulait que nous devons tuer toute personne n'appartenant pas aux Ténèbres et qui découvrirait le plus grand secret des Ténèbres. Or, s'il s'est avéré qu'il a eu connaissance de ces informations. Alors, nous avons tenté de le tuer mais il a réussi à nous échapper. Quand nous avons appris qu'il allait tout raconter à l'empereur, nous avons dû opter pour un plan plus agressif. D'où cet assassinat, hier.
-Pourquoi avoir emporté le corps, interrogea un journaliste.
-Simple mesure de précaution. Qui sait si son cadavre ne dissimulait pas le secret qui nous concernait. Sachez au passage que l'Alliance a fait le ménage dans les appartements de Mr Wolf et autres endroits où il aurait pu cacher ses découvertes. Vous ne trouverez rien d'intéressant sur son compte, on a tout pris.

Cette fois-ci, la colère monta chez les journalistes. Ils étaient choqués de voir à tel point l'Alliance était déterminée à dissimuler la vérité. Mathio termina ses explications au plus vite :

-Vous vous demandez sûrement pourquoi empêcher que notre plus grand secret soit divulgué. La raison est simple : Si ça devait se produire, alors l'Univers serait perdu. Tout sera détruit dans les pires souffrances.

Cette fois, les journalistes furent terrifiés devant la révélation et le ton sérieux de Mathio. C'en était trop ! Mengsk laissa échapper sa colère et demanda à Warfield de retrouver ces maudits démons. Le général Terran trébucha en descendant de l'estrade et traversa un faux mur. Dix voix familières poussèrent un juron. De toutes les cachettes possibles pour communiquer leurs revendications, la Boîte de Pandore avait choisi de se cacher à côté de la salle de conférence. Découverts, la Boîte de Pandore choisit de sortir de sa cachette. Ils montèrent sur l'estrade, bousculant l'empereur au passage. Ce fut à leur tour d'être bombardé de questions. Ils ramenèrent le calme dans la salle. Les journalistes posèrent leurs questions à tour de rôle :

-Pouvez-vous vous présenter ? Nous ne connaissons pas vos noms.
-Soit, voici nos noms avec le mal qu'il incarne.

L'écran s'alluma pour afficher sous la forme d'un tableau les noms des membres de la Boîte de Pandore. Mathio : Espoir, Eligor : guerre, Axaphat : Misère, Uphir : Maladie, Jessonia : Passion, Bélial : Vice, Zagan : Famine, Zabulon : Folie, Xezbeth : Tromperie, Senectus : Vieillesse.

-Est-ce que ça a un rapport avec le mythe de la Boîte de Pandore ?
-Il y a un mais c'est une autre histoire. Une autre question ?
-Pouvez-vous nous dire un peu plus sur votre organisation ?
-Avec plaisir, l'Alliance Démoniaque est une organisation des Ténèbres. Ce qui veut dire qu'elle regroupe des gens peu fréquentables, enfin au premier abord. Nos premiers mots d'ordre sont loyauté et esprit d'équipe. On ne s'inquiète pas pour les compétences de nos membres. Tous sont marqués d'une marque apposée lors de leur premier jour au sein de l'organisation. Cette marque est très pratique. Elle sert à identifier les membres, connaitre leur rang et leurs exploits et à s'assurer de leur loyauté. Je m'explique. Si un membre trahit l'organisation. Sa marque disparaitra et envoie un signal qui avertit les autres membres de la trahison. Ces derniers doivent partir à la traque du traître et l'exécuter.

Les journalistes tressaillirent de terreur. On ne plaisantait pas avec l'Alliance.

-Général, demanda Kate en levant la main, quelles sont les conditions pour faire partie de l'Alliance ?
-Une excellente question, Kate, répondit Mathio qui s'attendait à la question. Je vais laisser Bélial répondre à ma place.

Le dénommé Bélial se détacha du groupe pour prendre la place de Mathio au pupitre. Il s'expliqua alors :

-Il faut tout d'abord savoir que pour intégrer une organisation des Ténèbres, il faut appartenir aux Ténèbres. Evidemment, chaque organisation a sa propre politique de recrutement. Chez nous, on ne se contente pas de recruter que des êtres démoniaques. On recrute aussi des mortels, enfin des humains. Dans ce cas, ils doivent appartenir aux « Ténèbres » de leurs sociétés. Par exemple, le rebelle Jim Raynor est un hors-la-loi. Il appartient donc aux « Ténèbres » que je vous ai décrites. Il est donc un potentiel membre de notre organisation mais rassurez-vous, il ne l'est pas.

Une vague de soulagement envahit la salle. Tous étaient rassurés de savoir que Raynor et la Boîte de Pandore ne travaillaient pas ensemble. Mais ce qui allait suivre n'allait pas leur plaire :

-Par contre, on soutient à fond les rebelles de Raynor ! Allez, bottez-nous les fesses de ce Père Fouettard.
-Raynor ! Raynor ! Raynor, s'écrièrent les autres démons de la Boîte de Pandore.

Dans l'Hypérion, vaisseau-amiral de Jim Raynor, ce dernier regardait la télé avec amusement. Au moins, on ne s'ennuyait pas avec l'Alliance Démoniaque. D'ailleurs, Mengsk n'appréciait pas la tournure des évènements. Il appuya sur un bouton d'une télécommande cachée dans son manteau. Kate se leva de nouveau pour poser une dernière question :

-Général, une dernière question. Quelles sont les motivations de l'Alliance Démoniaque ?
-Vous voulez le savoir, demanda Mathio qui reprit sa place au pupitre.
-Sûre, répondit Kate avec confiance.
-C'est votre dernier mot ?
-Oui.
-Dans ce cas, je vais vous révéler les ambitions de l'Alliance qui sont...

Mathio fit une pause. Tous furent suspendus aux lèvres du Général, tendant l'oreille pour entendre ces révélations de premier ordre. Un silence s'imposa puis le Général parla.

-... de dominer l'Univers tout entier. Faire régner les Ténèbres au nom des premiers serviteurs des Ténèbres mais j'en dis trop.

Les journalistes furent pris de panique. Certains joignaient leurs rédactions pour leur parler de la nouvelle. Pour Mengsk, c'était la goutte avait fait déborder le vase. Par chance, ses soldats arrivèrent pour arrêter ces fous. Le problème, c'était que les fous étaient imprévisibles.

-Arrière, menaça Mathio, laissez-nous partir ou nous utiliserons nos armes secrètes.

Les marines reculèrent inquiets mais leur empereur les poussa à avancer (Par la menace, bien sûr). En chargeant sur la Boîte de Pandore, les soldats du Dominion furent repoussés et balayés par... des balais ?! Maniant avec une main experte ces armes peu conventionnelles, les démons envoyèrent valser leurs adversaires impuissants sous les yeux ébahis des journalistes. Mathio profita de la confusion pour faire usage de son arme sur le visage de Mengsk qui avait bien besoin d'un bon petit nettoyage.

Warfield, qui avait été ligoté dans la salle à côté, arriva et pointa son arme sur la Boîte de Pandore. Voyant la menace que représentait Warfield, Mathio balança une souris informatique sur l'interrupteur de la lumière de la salle. Le tir fit mouche et le noir tomba dans la pièce. Ce fut une panique totale dans la salle. Quand la lumière revint, la Boîte de Pandore était déjà partie.
Suite à l'assassinat de Roberto Wolf, les Poltergirls furent soumises à des rendez-vous chez le psy. Un assassinat était souvent une expérience traumatisante surtout la première fois. Xezbeth fut chargé de cette lourde tâche de connaitre l'état mental de ses patientes. De ce qu'il en observa, ses disciples s'en remettaient plutôt bien. Soudain, une idée traversa l'esprit des fantômes.

-Dites, maître Xezbeth, demanda Sylvie, j'aimerais savoir une chose.
-Laquelle ?
-Maintenant que nous sommes des membres de l'Alliance Démoniaque, est-ce que... Non, d'abord, est-ce que l'Alliance possède un QG (Quartier Général) ?
-Mais bien sûr. C'est tout naturel que nous ayons une place forte où rassembler nos armées.
-Dans ce cas, dit Carla, où se trouve-t-elle et comment y accède-t-on ?
-Où, vous le découvrirez en arrivant, répondit le démon de la Tromperie. Pour y aller, vous pouvez utiliser les pouvoirs que vous confère la marque de l'Alliance et ouvrir un portail des ténèbres.
-On peut faire ça, demanda Iris grandement surprise.
-En effet. Mathio a dû oublier de vous parler de ce détail, commenta Xezbeth. Allez, je vais vous apprendre comment utiliser les Ténèbres.
-Génial, s'écrièrent les 4 filles ravies de cette leçon plus instructive.

La maîtrise de tels pouvoirs ne fut pas longue, surtout avec un excellent instructeur comme Xezbeth. Lorsque le week-end arriva, les Poltergirls se préparèrent au départ avec un courrier de la plus haute importance pour la Boîte de Pandore. Le prince Valerian, ayant eu vent du projet, leur avait donné une lettre à transmettre au Général Mathio, ne pouvant le faire lui-même sous peine de révéler son double jeu. A l'abri des regards indiscrets, elles ouvrirent un portail des ténèbres dans lequel elles s'engouffrèrent. En sortant du portail, elles entrèrent dans un monde empli d'obscurité : Le monde des Ténèbres. Ce monde était semblable à un monde en ruine et composé de plateformes rocheuses reliées par des ponts en pierre. Tout était noir. Des cristaux violets de tailles variées faisaient office de lampes et de soleil. Le ciel était couvert par de sombres cumulonimbus mais il n'y avait pas d'orage. Un peu effrayées par l'allure de ce monde inconnu, les Poltergirls cherchèrent des balises. Leur mentor leur avait dit que l'Alliance avait placé des balises pour indiquer la route vers le QG. Ensuite, elles devaient suivre le sens des signaux lumineux, ce qu'elles firent. Au bout du balisage, se trouvait un vortex noir qui, selon le démon Xezbeth, mènerait vers le QG de l'Alliance. Sans la moindre hésitation, les Poltergirls se jetèrent dans le vortex. Le processus fut si éprouvant qu'elles perdirent connaissance.

Lorsqu'elles se réveillèrent, elles virent un décor cauchemardesque. De la lave, des volcans, de la roche à perte de vue. On se croirait sur Char, la planète-mère des Zergs. Ce changement radical perturba les Poltergirls qui se mirent à douter. Soudain, une limousine noire s'arrêta à côté d'elles. Le temps de se remettre de leur surprise, elles comprirent enfin qu'elles étaient sur une route. La panique les avait « aveuglées ». La vitre teintée arrière se baissa pour permettre de voir un homme aux cheveux noirs très courts et au costume noir très classieux. On croirait avoir à faire à un mafieux italien.

-On dirait que vous êtes perdues, mesdemoiselles. Vous cherchez à rejoindre le QG de l'Alliance ?
-En effet, monsieur, répondit poliment Carla, si vous nous pouvez nous y emmener.
-Mais bien sûr. Montez, je vais justement au QG.

Sans plus tarder, les filles montèrent dans la limousine qui partit pour le QG. Pendant le voyage, elles purent admirer le monde dans lequel elles avaient débarqué. Des petites villes noires où on voyait des personnes à l'état de fantômes travaillaient sous la surveillance sévère des démons. Certains étaient armés de fouets terrifiants. En cas de rébellion, ils n'hésitaient pas à user de leurs armes pour ramener l'ordre. Un tel spectacle horrifiait nos héroïnes.

-C'est horrible ! On dirait de l'esclavage, s'écria Iris.
-Je comprends votre point de vue, dit calmement l'homme d'affaire, sachez que nous sommes en Enfer et que les lois et les morales humaines n'ont plus cours ici.
-En Enfer ? Vous voulez parler de cet endroit où l'âme des êtres mauvais repose dans d'atroces souffrances, demanda Carla.
-Tout à fait. Je pense que vous avez compris que ces horreurs sont légitimes en ces lieux. Si ça peut vous rassurer, certains peuvent changer leur vie en Enfer en s'enrôlant dans les armées de l'Alliance. S'ils sont jugés aptes, on leur donne un androïde comme réceptacle.

Les Poltergirls écoutèrent avec la plus grand attention leur bienfaiteur. Elles avaient déjà rencontré ces androïdes dans le passé et à maintes reprises. Ces êtres mécaniques animés par des âmes étaient conçus pour se battre dans toutes les conditions possibles, et ce n'était qu'une fraction de leur puissance. Le chauffeur ouvrit la vitre derrière lui pour informer ses passagers de leur arrivée imminente à Nécropolis. L'homme en costume noir manifesta sa joie.

-Enfin, nous sommes aux portes de Nécropolis, le QG de l'Alliance Démoniaque. D'ailleurs, pourquoi ne pas vous faire visiter la ville ?
-Nous serions ravies de le faire, répondit Jennifer, mais nous ne voulons pas vous causer des problèmes.
-Mais pas du tout, clama calmement l'homme, j'ai encore du temps devant moi. Et puis, je suis sûr que nous allons au même endroit.

Devant une telle insistance, les Poltergirls ne purent refuser. La limousine s'engagea vers la Zone Nord. Dans cette zone, il y avait des immeubles noirs à perte de vue, accompagnés de restaurants et d'autres infrastructures de divertissements. Ces immeubles étaient si hauts qu'il était difficile de voir le sommet depuis le sol. Les rues étaient remplies d'employés qui se déplaçaient de façon peu anxieuse. Il n'y avait pas de bousculade qui pourrait amener des bagarres. Comme pour présenter la zone, l'homme en noir s'exprima :

-Voici la Zone Nord. Elle est chargée de l'administration des mondes conquis par l'Alliance.
-Mondes conquis ? De quelle façon ?
-On va dire que c'est de façon amicale et peu violente. Vous savez, ce qui est le plus dur dans une domination, ce n'est pas la conquête du territoire mais l'occupation.
-Pourquoi, demanda Sylvie.
-Si tu écoutais les cours d'histoire, tu le saurais, dit Carla en réprimant son amie, conquérir, c'est rapide et facile mais ça l'est moins après. L'occupation est généralement mal vue par les habitants qui sont souvent sujets à la révolte ou à la résistance.
-Exactement, dit rapidement l'homme d'affaire, or, nous souhaitons dominer le plus longtemps possible. La seule solution est de rendre notre présence acceptable aux yeux de tous. La façon de conquérir le monde aide un peu mais après, il faut se rendre utile sans être dérangeant et en respecter un grand nombre de règles. Je vais vous en citer les plus importantes :
[liste]
[o]Respecter les cultures des populations
[o]Ne pas piller les ressources des mondes occupés
[o]Ne commettre aucun abus.
[o]Si tu prends quelque chose d'un monde occupé, tu dois lui rendre la pareille.
[o]N'intervenir que pour les plus graves affaires.
[/liste]-C'est vraiment bien pensé, commenta Iris.
-Merci, répondit avec fierté l'homme au costume. Les immeubles que vous voyez sont des bureaux administratifs où sont gérées les affaires de nos territoires. A intervalle de temps régulier, on reçoit un rapport venant de chaque territoire. Si d'aventure, on venait de découvrir un problème dans les rapports, une équipe de contrôleurs est dépêchée pour découvrir la cause. En général, les problèmes sont rapidement résolus.
-Très ingénieux, analysa Carla, de cette façon, vous montrez aux gens une attitude exemplaire. Ce qui doit leur donner un sentiment de sécurité.
-En effet. Vous remarquerez la présence de divertissements dans la zone pour permettre aux employés de se détendre un peu. Tout le monde sait que travailler dans un bureau est assez stressant. Chauffeur, emmenez-nous à la Zone Ouest.
-Compris, monsieur.

C'était déjà que le début de la visite que les Poltergirls étaient fascinées par la grandeur de Nécropolis et l'efficacité du système de l'Alliance. Et elles n'étaient pas au bout de leurs surprises.
La limousine noire dans laquelle les Poltergirls étaient roulait vers la Zone Ouest. Cette fois-ci, elle différait de la Zone Nord. D'abord, elle comportait d'immenses bâtiments blancs de nature et de technologies variées. Dans les rues, on pouvait voir des personnes vêtues de blouses blanches ou de combinaisons de décontamination. Derrière ces grandes infrastructures, se trouvaient de vastes terrains d'essai où on pouvait assister à des tests d'armes récemment mises au point. Des androïdes équipés de capteurs testaient les armes sous l'oeil attentif des scientifiques qui contrôlaient l'évolution de l'expérience. Comme pour la première zone, l'homme d'affaire se permit de présenter la zone.

-Voici donc la Zone Ouest. Comme vous avez pu le constater, cette zone est dédiée aux recherches. Ça peut aller aussi bien dans le domaine militaire que dans le domaine civil. Sans oublier les nombreux essais réalisés.
-Il y a tellement de scientifiques, ici, fit remarquer Jennifer. Dites, où les trouvez-vous ces savants ?
-Généralement lors des conquêtes ou des recrutements. Quand c'était des organisations, ils amenaient avec eux leurs savants. D'autres cas, c'étaient des scientifiques indépendants qui se joignaient à nous. Beaucoup d'entre eux venaient plus pour trouver suffisamment de fonds pour leurs recherches.
-Je présume que l'Alliance profite de ces recherches, affirma Carla avec cynisme.
-ça dépend lesquelles, répondit sans paniquer l'homme. Chauffeur, allons à la Zone Sud.
-Compris, monsieur.

La troisième zone était fort bruyante. Cela n'avait rien d'étonnant pour une zone industrielle. La zone entière comportait des usines et des fabriques en tout genre. Des armes, des équipements de combat, de vie, des androïdes inanimés, des matériaux transformés, on y trouvait de tout. Les personnes qui marchaient dans les rues étaient des ouvriers ou des ingénieurs. Les routes étaient fréquentées par d'imposants camions qui se rendaient à l'arrière des usines pour se remplir de cargaisons fraichement sorties de la fabrication avant de rejoindre une autre destination. Pour la troisième fois, l'homme intervint.

-Ceci est la Zone Sud, chargée de fabriquer tout ce que l'Alliance a besoin. Le seul souci est ce boucan de tous les diables provenant des machines et des camions. Il faudra en parler aux hautes-sphères de l'alliance.
-Je pensais la même chose, dit Sylvie. Ça apporterait plus de tranquillité dans Nécropolis.
-En effet, confirmèrent ses trois amies qui se bouchèrent les oreilles.
-Ne tardons pas à aller dans la Zone Est, ordonna l'homme en costume à son chauffeur.

A la vitesse de l'éclair, la limousine sortit de la Zone Sud. Les bruits des usines semblaient lointains et les oreilles des passagers purent respirer en paix. Ce qui n'allait pas être le cas pour les yeux devant le spectacle qui impressionna les Poltergirls. La quasi-totalité des infrastructures de la Zone étaient militaires. Les casernes étaient pleines de soldats venus des quatre coins de l'univers pour être formés et avaient leur propre terrain d'entrainement. Dans les bases aériennes et spatiales, on trouvait des vaisseaux et des avions de toutes les tailles et de technologies différentes sur les pistes. Dans les hangars, les mécaniciens travaillaient d'arrache-pied pour s'assurer que les machines de guerre soient au top de leurs performances. Dans les entrepôts, les soldats faisaient l'inventaire de l'armement. Comme à son habitude, l'homme qui accompagnait les Poltergirls présenta les lieux.

-La Zone Est est la zone militaire de Nécropolis. C'est ici que la majorité des forces de l'Alliance stationnées en Enfer se trouve.
-Que voulez-vous dire par « en Enfer », demanda Iris intriguée par ce détail.
-En fait, la majorité des armées de l'Alliance se trouve dans les mondes que nous avons conquis. Vous comprenez qu'il faut des troupes pour assurer l'ordre.
-Naturellement, répondit amicalement Sylvie.
-Une question me tourmente, avoua Jennifer, pourquoi n'y a-t-il pas de défenses autour du QG ? C'est quand même la place la plus importante de l'Alliance.
-C'est une excellente remarque, jeune fille, répondit l'homme au costume noir. Sachez qu'il existe des défenses naturelles en Enfer. D'abord, une magie ancestrale qui pèse depuis des temps immémoriaux sur l'Enfer. Cette magie se nomme Indebolire et affaiblit de 90% la puissance des vivants. Les seuls à ne pas être affectés sont les démons, les êtres des Ténèbres et les morts. Sans oublier bien sûr, ceux qui sont affiliés à l'Alliance. Vous l'avez peut-être remarqué mais je vous le dis : Nécropolis se trouve en hauteur. Si d'aventure, des ennemis trop puissants venaient à attaquer, nous pouvons faire monter le niveau de la lave et griller nos ennemis.
-C'est une défense assez cruelle, remarqua Iris.
-La fin justifie les moyens, répliqua le mafieux. D'un autre côté, ces prétendus « héros de la lumière » affirment être capable de prendre d'assaut notre QG alors qu'ils ne font rien pour le prouver.
-C'est sûr qu'entendre des grandes gueules, ça devient lourd, dit Iris.
-Sans parler du fait que la majorité d'entre eux n'a jamais eu un vrai combat de sa vie, ajouta l'homme au costume noir, rien à voir avec ces héros de pacotille que l'on voit dans les séries.
-Vous êtes durs, se plaignit Jennifer, vous portez atteinte à notre jeunesse et à nos rêves.
-Ha ! Ha ! Ha ! Ben voyons, rirait l'homme en costume. Comme disait le Général Mathio, les concepts de Lumière/Ténèbres et de Bien/Mal ne sont pas parallèles mais perpendiculaires.
-Encore des paroles de matheux, gémit Sylvie.
-Ce n'est pas si faux que ça, tu sais, commenta Carla.
-Je comprends bien mais au final, on se bat pourquoi ?
-Pour vos convictions répondit le mafieux. Je crois savoir que le Général vous a promis de rendre le secteur de Koprulu meilleur et de vous donner quelques informations sur votre idole.
-Vous êtes bien renseignés sur le sujet, analysa Jennifer, je suis curieuse de connaitre votre position dans l'organisation.
-Soyez patientes, vous le découvrirez quand nous serons arrivés au Palais Démoniaque.
-Qu'est-ce que le Palais Démoniaque, demandèrent les 4 fantômes.
-C'est le bâtiment où travaille la Boîte de Pandore. C'est donc le bâtiment le plus important de Nécropolis. On ne peut que le trouver qu'au Centre. C'est d'ailleurs notre destination. Chauffeur, amenez-nous au Palais, nous avons fort à faire.
-Oui, monsieur.

La limousine prit une direction pour rejoindre le Centre. Quelles autres surprises réserve ce Centre pour surprendre nos héroïnes ? Une seule solution pour le savoir : Lisez le prochain chapitre car de grosses révélations sont à prévoir.
La limousine noire partit de la Zone Est pour rejoindre le Centre, la dernière Zone de Nécropolis. Elle est composée de logements, d'hôpitaux, de la grande Place et de bâtiments politiques. Le mafieux ne manqua pas de les présenter. Lorsqu'ils arrivèrent devant un temple romain :

-Voici l'Assemblée Démoniaque. C'est ici où de nombreuses décisions sur la gestion des territoires conquis et les conquêtes sont prises. La Boîte de Pandore ou un groupe ayant au minimum 66 personnes peut présenter un projet de plan ou loi à l'Assemblée.
-Mais qui siège dans cette assemblée, demanda Carla.
-Tous ceux qui sont de rang Commandant de l'Alliance, répondit l'homme en costume.

Ensuite, ils passèrent devant un bâtiment plus moderne.

-ça, c'est le Syndicat. Son rôle est de représenter les armées de l'Alliance.
-Un peu comme les syndicats dans les usines.
-Tout à fait. Nous voilà à la Grande Place.

Grande ne serait pas adéquat pour qualifier la Place mais vaste conviendrait mieux. En effet, la superficie de la Place est aussi importante que celle du plus grand stade du monde. Au centre, se trouvait un arc de triomphe. La Place est entourée d'hôtels, de magasins et de logements avec un style sombre et ténébreux. Une fois encore, l'homme en costume intervint.

-Voici la Grande Place. C'est ici qu'ont lieu d'importants évènements comme les festins d'anniversaire, les cérémonies officielles, les parades et les festivals.
-Pour être grande, elle est grande, commenta Iris. Mais on le trouve où, ce Palais Démoniaque ?
-On y arrive. Dans la partie Est du Centre.

En effet, la limousine arriva devant un imposant portail gardé par de redoutables démons tous aussi effrayants les uns que les autres. L'un des gardes s'approcha de la vitre arrière pour toquer dessus à l'attention des passagers.

-Votre identification est requise avant d'entrer au Palais, dit le capitaine des gardes avec une voix sombre et grave.
-C'est moi, Giovanni, dit le mafieux. Je dois ramener une chose importante pour le Général Mathio.
-Votre identité est confirmée, monsieur Giovanni, affirma le capitaine, au tour des demoiselles.
-Ceci devrait répondre à votre demande, dit Sylvie en tentant un laisser-passer signé par le prince Valerian au capitaine.

Le chef des gardes prit le document et le lut. Son visage s'illumina à la lecture du papier qu'il rendit amicalement.

-C'est bon, vous pouvez passer. Le Général vous attend dans son bureau.

La limousine passa par le portail pour entrer dans une vaste cour. Ses passagers sortirent. Les Poltergirls furent admiratives devant la classe du Palais Démoniaque. Comportant un bâtiment principal et deux ailes, le Palais était semblable au palais de l'Elysée à la différence des couleurs. Les murs gris portaient des décorations dorées. Sur le toit violet bleuté, flottait le drapeau de l'Alliance où était représenté un xénomorphe qui formait un cercle avec son corps.

Monsieur Giovanni vint interrompre les rêveries des fantômes pour leur rappeler qu'ils devaient rencontrer le Général Mathio. Tous entrèrent dans le bâtiment principal où l'accueil les informa que le Général était à l'étage. Il leur fallut traverser une immense salle qui servait pour les réceptions et les fêtes pour trouver les escaliers. A l'étage, ils entrèrent dans une salle noire plus petite que la salle des fêtes au rez-de-chaussée. Au centre de la pièce, se trouvait une grande table ronde avec dix chaises, chacune pour chaque membre de la Boîte de Pandore. Si on exceptait la porte par laquelle les invités sont entrés, on pouvait apercevoir 10 autres portes, chacune menant à un bureau. Giovanni alla sans hésitation vers la porte où était marqué « Espoir ». Seulement un écriteau était suspendu à la poignée avec pour inscription « Parti voir la Maladie pour rendez-vous médical».

-Qui irait voir une maladie pour se faire soigner, demanda Sylvie.
-Vous n'avez pas compris, dit Giovanni, la « Maladie » fait référence à Uphir, le démon de la Maladie. Nous devons juste aller à son bureau.

Soudain, quelqu'un sortit du bureau voisin. Une magnifique jeune femme, capuche noire abaissée, se présenta devant les fantômes. Bien que partageant des points communs avec Carla pour les cheveux et les yeux, la démone semblait plus belle, plus mignonne. On croirait presque avoir en face une princesse.

-Ah, Dame Jessonia, vous êtes là, dit Giovanni, c'est encore un de ces rendez-vous pour son syndrome.
-En effet, répondit la ravissante démone.
-Excusez-moi, demanda Sylvie, mais c'est quoi, cette histoire de syndrome ?
-Elles ne sont pas au courant, s'interrogea la douce Jessonia.
-En fait, elles ne sont rentrées dans notre organisation que depuis quelques jours. Forcément, elles ne savent pas tout.

Alors que Jessonia allait répondre, la porte d'un bureau s'ouvrit. Un beau brun vêtu d'un manteau noir et affublé d'un masque argenté en sortit pendant que quelqu'un lui parlait.

-Surtout, n'oublie pas notre prochain rendez-vous. On finira par apaiser tes tourments.
-Merci. Je retourne à mon bureau, j'ai du travail qui m'attend, dit le jeune homme masqué.
-Vous tombez bien, maître Mathio, interpella Giovanni à son supérieur masqué, ces demoiselles auraient besoin d'explications à propos de votre syndrome.
-Les Poltergirls ? C'est vrai qu'elles ont intégré l'Alliance depuis peu, dit le Général masqué. Je suppose que je n'ai pas le choix. Bien, ce dont je vais vous parler est très peu connu dans la médecine et donc presque inconnu pour le grand public. Voyez-vous, j'ai le Syndrome d'Asperger.
-Mais qu'est-ce c'est, demandèrent les fantômes, intriguées.
-J'y viens. Le Syndrome d'Asperger est une forme légère d'autisme. Evidemment, ce syndrome se manifeste différemment selon les individus. Dans mon cas, je suis sujet à une forte émotivité et à une difficulté à comprendre les sous-entendus. Il m'arrive d'être direct, voire très direct. Néanmoins, je suis quelqu'un de confiance, serviable et rigoureux. En résumé, mon syndrome se résume à des difficultés dans les relations sociales.
-ça n'a pas dû être une vie facile, dit Sylvie pleine de compassion.
-En effet, mais j'ai trouvé des compagnons fiables en la présence de la Boîte de Pandore et de mon organisation. Un simple conseil : ne jamais me mettre en colère ou dans l'embarras, vous pourriez le regretter. Et si vous donniez ce rapport ?
-Euh, oui ! Veuillez nous excuser, mon Général.
-Ce n'est rien. L'important, c'est que vous ayez le rapport. Monsieur Giovanni, j'ai déjà récupéré ce que vous vouliez m'apporter

Le Général lisait les documents avec grande attention. Soudain, il appela les autres membres de la Boîte de Pandore qui sortirent de leur bureau pour aller s'assoir à la table noire.

-Mais que se passe-t-il, demanda Carla.
-Je pense que votre rapport lui a apporté de bonnes nouvelles.
-Au fait, vous nous n'avez toujours pas dit votre statut, monsieur Giovanni, dit Sylvie avec impatience. Quelle est votre relation avec le Général ?
-En fait, je suis le commandant de la Garde Personnelle du Général Mathio. Les sbires en uniforme noir sont mes subordonnés.

Les Poltergirls comprirent de qui Giovanni parlait. Ces hommes vêtus en uniforme noir qu'elles avaient rencontrés lors leur mission de reconnaissance. Depuis, il leur était arrivé de les rencontrer maintes fois. Plongées dans leurs souvenirs, elles oublièrent la Boîte de Pandore qui préparait un nouveau plan machiavélique.

-Eh ben, la fondation Möbius a terminé sa reconstruction. Maintenant, ils sont en voie pour trouver les dernières pièces.
-Excellent, Zabulon, dit Senectus, depuis le temps qu'on le prépare ce plan.
-Pour l'instant, tout va bien, intervint Jessonia, mais je me demande comment Raynor réagira quand il découvrira qui dirige la fondation Möbius.
-Quelle importance, répliqua Bélial, tant que nous ne sommes pas découverts, le plan peut suivre son cours. Le prince Valerian saura parfaitement convaincre ce rebelle de poursuivre le boulot.
-En effet, s'exprima Axaphat, ce nouveau commandant se révèle efficace. Les gains sont assurés.
-Un choix judicieux, commenta Zagan, l'ingrédient idéal pour cette recette de domination.
-En attendant, son rapport mentionne autre chose, remarqua Uphir.
-Je confirme, affirma Eligor, extasié devant des photos incluses dans le rapport. Matez-moi ces calibres. Ça envoie du lourd. Il faut que l'Alliance s'empare.
-On va mieux, dit le Général Mathio, on va réveiller l'Héritage.
-Déjà, dit Xezbeth surpris, c'est vrai qu'on pourrait faire une pierre, deux coups.
-Il n'y a pas à douter, affirma avec conviction Eligor, c'est la parfaite occasion pour le faire et vérifier la valeur de l'Héritage.

Les démons approuvèrent les propos d'Eligor. Mathio tapa dans les mains pour attirer l'attention de ses camarades pour ensuite prendre la parole :

-Parfait, nous allons pouvoir lancer l'opération Ragnarök. Et pour cela, nous allons avoir besoin de l'aide de ces fantômes.
Après la réunion de la Boîte de Pandore, les Poltergirls furent invitées à une conférence où étaient rassemblés des gens des quatre coins des territoires conquis par l'Alliance. Dans un immense amphithéâtre, les invités attendaient impatiemment les grandes révélations. Il fallait dire que l'Alliance était douée pour les secrets et ça prêtait à confusion. Aujourd'hui, la Boîte de Pandore allait tirer les choses au clair. Les 10 démons sortirent d'une porte au fond de la salle pour monter sur l'estrade. Mathio se plaça devant le pupitre pour entamer son discours préliminaire.

-Bonjour à tous et merci de votre patience. Comme vous le savez, vous êtes ici pour mieux connaître notre diabolique organisation qu'est l'Alliance Démoniaque. En raison de notre incroyable discrétion, peu d'informations circulent en dehors de notre organisation.
-C'est la raison pour laquelle on organise ces conférences, ajouta Bélial qui prit la place de Mathio au pupitre. Pour commencer, nous parlerons de nos motivations : la domination de l'Univers. Vaste projet. Très ambitieux vous me direz, pas vrai ?

Plusieurs personnes dont les Poltergirls approuvèrent. L'Univers était immense alors comment pouvait contrôler un territoire aussi immense. Il faudrait une éternité pour atteindre ce but. Mais la Boîte de Pandore semblait s'attendre à cela.

-Evidemment, nous sommes parfaitement conscients que c'est impossible et rien n'est éternel. Alors pourquoi persister ? Parce que c'est ce qui nous maintient à notre meilleur niveau et nous pousse à nous surpasser.

Cette fois, beaucoup de personnes eurent beaucoup de mal à comprendre. Xezbeth arriva pour expliquer la chose.

-Prenons un exemple. Un homme souhaite prendre le contrôle d'une planète. Il va tout mettre en oeuvre pour atteindre son objectif : lever une armée, rallier les populations à sa cause, etc. Supposons qu'il réussit c'est-à-dire qu'il parvient à dominer le monde, que va-t-il lui arriver après ? Généralement, il va sombrer dans l'arrogance et la paresse car il n'y aura plus personne qui soit assez fort pour l'affronter. Il pourrait même se ramollir. En résumé, avoir un but précis et ayant une fin possible est un bon choix mais vint la question suivante : Et quand on aura atteint ton objectif, que feras-tu après ?

Beaucoup admirent que c'était problématique. A l'instant qu'on était arrivé au bout du chemin, on ne savait plus quoi faire.

-Je pense que tout le monde commence à comprendre, dit Xezbeth qui s'empressa de conclure sur cette partie. En se battant pour un but sans fin, on se pousse à se surpasser et à ne pas se relâcher. Rester au top.
-Encore faut-il avoir assez de motivation, dit Sylvie dans un micro devant sa place.
-On sait en trouver, répliqua Zagan. La motivation, ça vient et ça revient. De plus, on ne manque pas de personnes motivées. Bref, passons à la suite. La domination. Déjà, on pense à une image négative du terme. En fait, on n'a pas trouvé mieux pour qualifier ce qu'on fait.
-Comment ça, hurla Sylvie, parce que ce n'est pas de la domination ?
-Pas dans le sens strict du terme, répondit le démon de la Famine. Notre façon de faire est très contradictoire. Mais pour vous l'expliquer clairement, on va vous développer comment nous prenons le contrôle d'un territoire. Je laisse la parole à Eligor.
-Merci Zagan, dit le démon de la Guerre. Etant donné que nous adoptons notre stratégie en fonction de plusieurs facteurs (taille du territoire, culture, situation géopolitique,...), on va vous donner une idée globale. D'abord, on étudie le terrain pour comprendre comment ça se passe.

Logique pensait le public. Personne irait attaquer tête baissée sans connaître celui qu'il va affronter.

-Ensuite, continua Eligor, on cherche des alliés sur place et qui sont susceptibles d'être compatibles avec nos idées. C'est à partir de ce moment-là qu'on planifie la conquête du territoire à conquérir. Et quand on passe à l'action, on agit avec plus ou moins de discrétion. On prend le contrôle de la région en gagnant le soutien de la population locale en les aidants dans les problèmes les plus graves. Enfin, on instaure notre « domination » par des lois adaptées au territoire et en plaçant au pouvoir des gens qualifiés et ralliés à notre cause.

Pour les Poltergirls, il n'était pas difficile de comprendre. Avec un plan pareil, beaucoup de gens allaient suivre l'Alliance que l'empereur Mengsk. Et avec le prince Valérian à leurs côtés, la domination s'en retrouverait renforcée. Un nouveau démon prit place au pupitre.

-La conquête n'était que la partie facile, dit Axaphat le démon de la Misère. Le plus dur arrive et c'est de contrôler ce territoire le plus longtemps possible. Mais pour y arriver, il y a des choses à éviter : pousser le peuple à la révolte. Pour cela, on s'assure que les gens nous acceptent et soient satisfaits de nous. Ça commence dès la conquête par notre façon de faire. Si on minimise le conflit et apporte une aide non négligeable à la population, on fait déjà un grand pas vers un contrôle du coin à long terme. Ensuite, on fait tout pour ne pas apparaitre comme une armée d'occupation. L'Histoire l'a bien démontrée. Les gens ont très souvent tendance à se révolter quand l'occupant se montre un peu envahissant.
-Et si le territoire n'a pas de problèmes, demanda Carla, que faites-vous ?
-Bonne question, répondit Axaphat. Dans ce cas, on fait un accord de paix avec eux. Ils font « officiellement » partis de notre empire et en échange, nous les protégeons des autres organisations des ténèbres. Et oui, l'Alliance Démoniaque n'est pas la seule organisation qui existe.

Ça paraissait évident mais maintenant qu'il le disait, le fait qu'il y ait d'autres organisations obscures était une réalité.

-Vous comprenez, développa Axaphat, que nos charmants confrères n'ont pas les mêmes idéaux que nous. Certains prônent sur la destruction, d'autres la domination au vrai sens du terme. Mais rassurez-vous, l'Alliance s'est vite faite un nom dans le milieu. Rares sont ceux qui nous défient.

Les Poltergirls avaient une meilleure opinion de l'organisation pour laquelle elles travaillaient. Au moins, elles avaient fait le bon choix. Néanmoins quelques doutes subsistaient. Alors, elles attrapèrent le micro pour poser leurs questions :

-S'il y a des gens dans les territoires conquis qui manifestent des sentiments anti-Alliance, que faites-vous ?
-Comme on pouvait s'y attendre de nos récentes recrues, dit Jessonia, vous avez le don de poser les bonnes questions. Dans ce genre de cas, nous tentons d'abord de discuter et de trouver une solution de façon pacifique. Sinon, matraque, tribunal, prison.
-En clair, vous corrigez les vilains à coup de matraque, puis vous les jugez et vous les enfermez, résuma Iris qui avait compris.
-Parfaitement, répondit la démone de la Passion. Une autre question ?
-Oui, se leva Jennifer. Si je comprends bien, l'Alliance Démoniaque peut être comparée à une mosaïque du fait de sa diversité de ses membres. Dans ce cas, comment parvenez-vous à créer une forte cohésion entre les membres ?
-C'est simple, dit Uphir. Mais pour bien comprendre, comparons l'Alliance avec une grande entreprise. Le personnel est évidemment aussi varié que nos armées. Donc pour maintenir une efficacité permanente et dans une bonne ambiance, nous leur inculquons des valeurs morales. Amitié, solidarité, respect des gens, des accords, loyauté. Evidemment, on s'assure que nos hommes ne manquent de rien et soient contents de ce qu'ils font. Mieux, on les amène à comprendre qu'ils ont plus à gagner en coopérant avec des camarades. Le contraire fonctionne aussi. Si quelqu'un tente de nuire à l'Alliance et sachant que sa destruction nuirait à leurs intérêts, ils feront tout pour empêcher un tel scénario.
-C'est machiavélique, fit remarquer Carla.
-Dites, intervint une personne dans l'assemblée, je crois savoir que vous êtes sujets aux secrets. Cela ne pourrait pas être néfaste pour vous ?
-Ce n'est pas bête, répondit Zabulon, seulement ces secrets finissent tôt ou tard par être dévoilés. Quand ça n'a plus lieu d'être, on le révèle à la population Evidemment, on doit se montrer discret pour mieux approcher les gens. On ne niera pas non plus qu'on vous cache des choses mais des raisons stratégiques. Enfin, c'est monnaie courante dans toutes les armées. Tant de précautions contre nos ennemis qui sont malheureusement nombreux.
-Dans le cas de nos opérations sur Koprulu, expliqua Mathio, nous faisons preuve de discrétion pour éviter les curieux et les gêneurs. Sinon cela nuirait au plan de conquête. Et quand je dis discrétion, je veux dire qu'on ne révèle pas la stratégie. A un moment bien précis, nous divulguerons la vérité sur nos projets.
-Et pour les interventions en public, demanda Sylvie.
-Déstabiliser Mengsk et rallier le peuple à notre cause, répliqua calmement Xezbeth. Bien sûr, les gens se méfient de nous, au début mais on finit par gagner leur confiance grâce à notre sincérité.

Des démons sincères ?! Les Poltergirls avaient un peu de mal à gober ça. Néanmoins, elles devaient admettre qu'ils avaient apporté une aide non négligeable à leur planète natale. Sans parler de la grande opération dont elles allaient participer et qui allait permettre à l'armée de California d'en finir avec les Zergs.

La conférence se termina alors sur les idéaux de l'Alliance : instaurer la paix dans leurs territoires, comme l'avaient tenté de faire les premiers Serviteurs des Ténèbres. Mais ça se sera une autre histoire.
Dans l'orbite de la planète Walhalla, des vaisseaux de transport pénétrèrent dans l'atmosphère de la planète. Ils s'approchèrent d'un centre militaire et atterrirent sur une piste d'atterrissage à l'extérieur du centre de recherche. Des marines vinrent accueillir les passagers de ces vaisseaux dont on ne s'attendait pas de leur venue. Soudain, ils furent tués sur le coup par un fusil employé par les fantômes du Dominion. Après avoir éliminé les gardes, Aurore descendit. Elle observa les alentours puis fit signe aux autres passagers de venir. Des marines au service du prince Valérian descendirent à leur tour des médivacs. Quelques-uns d'entre eux montèrent la garde. Les autres suivirent Aurore à l'intérieur de la base.

Quelques heures plus tôt, les Poltergirls avaient fusionné pour dissimuler leur identité. Si quelqu'un devait découvrir Aurore sur les lieux, elle pourrait neutraliser le témoin assez rapidement avec les pouvoirs des Poltergirls. Une semaine auparavant, la Boîte de Pandore les avait envoyées sur cette planète pour une mission de la plus haute importance.

Retour à la base où Aurore suivait de loin les marines qui l'accompagnaient. Ces derniers éloignaient les gardes prétextant être la relève. Ne posant aucune question, les soldats de la base quittèrent leur poste à de parfaits inconnus. Les gêneurs partis, Aurore put avancer jusqu'à l'ordinateur central. Les choses se passèrent vite. Aurore neutralisa les scientifiques présents dans la salle. 4 marines gardèrent la porte, devant empêcher tout intrus d'entrer. Pendant ce temps, d'autres marines partirent pour la salle de contrôle pour assurer les arrières et la fuite en cas de problème. Les dispositions prises, la mission des Poltergirls commença vraiment. La fusion des 4 fantômes connecta le mini-ordinateur intégré dans sa combinaison à l'ordinateur central et commença à le pirater. Leur mission était de voler des plans d'armes bien précises. Voler les armes en question aurait attiré l'attention, voilà pourquoi Aurore devait voler des plans. D'ailleurs, c'était plus facile et plus discret, surtout quand il s'agissait de fichiers informatiques. Soudain, une alarme se fit entendre. Paniquée, Aurore appela les marines dans la salle de contrôle ce qui se passait.

-Ce sont les Rebelles de Raynor, expliqua un des marines dans la salle de contrôle, et ils viennent de s'emparer de l'Odin.

L'Odin, la nouvelle arme du Dominion. L'empereur projetait de le faire défiler dans les rues de Korhal pour montrer au peuple la nouvelle puissance de son armée. Si les rebelles étaient là, c'était forcément pour jouer un mauvais tour à Mengsk. Rapidement, dans l'esprit d'Aurore, les Poltergirls se consultèrent pour réagir à ce nouveau problème.

-Que faisons-nous, demanda Iris. Ces rebelles pourraient nous découvrir et mettre en péril le reste de l'opération.
-Je n'ai rien contre eux mais j'aimerais qu'ils ne se mêlent pas de nos affaires, dit Sylvie.
-L'important, c'est la mission, on récupère les plans de l'Odin et on se tire, répliqua Jennifer pragmatique.
-Le mieux, c'est de connaitre la situation, proposa Carla en prenant les commandes. Sergent, la situation des Rebelles.
-Les Rebelles se sont emparés de l'Odin. Le pilote semble déchaîné. Il va sûrement vouloir attaquer les 5 bases du site de production afin de neutraliser toute force hostile et éviter toute fuite sur leur opération.
-C'est logique, répondit Aurore, leur ménage risque de prendre du temps. On devrait être tranquille pour un moment. Verrouillez tous les accès de ce bunker. Prétextez la sécurité des données pour empêcher quiconque d'entrer.
-A vos ordres.
-Bien, dit Carla qui donna les commandes à Jennifer. Maintenant, on se magne. Crack-nous cet ordinateur.
-Compris, répondit Jennifer qui craqua ses doigts avant de passer à l'attaque.

La technopathie de Jennifer lui permettait de communiquer avec tous les appareils électroniques. Dans le cas des ordinateurs, elle pouvait s'infiltrer dans leurs disques durs et connaître le contenu. Seulement, elle était incapable de stocker ou modifier certaines données comme des plans de machines de guerre. En clair, cela équivalait à « lire » les données. Pour modifier ou stocker des données, Jennifer avait besoin d'un autre ordinateur. Par chance, l'Alliance lui avait fourni un ordinateur miniature très puissant pour combler ses lacunes.

Aurore commença par faire « parler » l'ordinateur. Elle l'obligea à cracher les mots de passe et arriva à avoir gain de cause. Ensuite, elle passa les défenses de l'ordinateur sans la moindre difficulté. Puis, elle regarda rapidement les fichiers pour trouver ce qu'elle cherchait. Aurore tombait sur un fichier nommé Loki, un prototype de cuirassé. C'était intéressant mais l'Odin était le plus important. Finalement, elle trouva les fichiers sur l'Odin. Vu la taille des fichiers, l'Odin était un sacré morceau mais il fallait prendre le maximum de données. D'abord les plans de constructions pour pouvoir construire des Odin. Le téléchargement allait être long. Pendant ce temps, Aurore demanda les nouvelles sur les rebelles.

-L'Odin est en train de détruire la troisième base. Ce pilote est un vrai fou. Il écrase tout sur son passage. Il n'y a pas à dire. L'Odin déchire !! Et de votre côté, ça avance ?
-Je suis en train de charger les plans, ça va prendre du temps. En attendant, continuez à surveiller leur progression, on ne doit pas se faire repérer.

Du côté des rebelles, on assistait à un carnage. Les troupes du Dominion tentaient désespérément d'arrêter l'Odin piloté par Tychus qui s'amusait comme un petit fou. Même Matt Horner ne cachait pas sa surprise. :

-Trois bases au tapis. Ce repris de justice a peut-être son utilité après tout.

Tychus fit une pause. Plusieurs minutes plus tard, il repartit pour détruire la quatrième base. Une flotte de vaisseaux vint l'accueillir mais elle fut terrassée par les rebelles qui soutenaient l'Odin depuis la première base. Après avoir démoli l'avant-dernière base, il fit une dernière pause avant de foncer vers la dernière base. Des cuirassés tentèrent de l'arrêter mais ils furent détruits par les Ombres, des vaisseaux furtifs. Tychus venait de commencer à détruire quand il hurla comme s'il venait d'avoir une révélation :

-Bordel ! Mais comment j'ai fait pour rater le bouton avec une tête de mort dessus ?

Sans la moindre hésitation, l'ancien taulard appuya dessus, lançant une ogive nucléaire qui détruisit ce qu'il restait de la dernière base du Dominion.

Loin d'être calmé, Tychus s'amusa encore avec l'Odin pour manifester sa joie tandis que les rebelles tentèrent de l'arrêter et de le calmer. Au bunker, les marines étaient inquiets. Les rebelles avaient nettoyé le centre militaire plus rapidement que prévu. Le sergent appela leur chef qui était encore devant l'ordinateur central.

-Dame Aurore, où êtes-vous dans le chargement ? Les rebelles ont terminé le ménage. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils arrivent.
-J'en suis à 97%, déclara Aurore qui terminait de falsifier l'historique, s'ils arrivent, retardez-les par tous les moyens mais évitez les bains de sang. Nous sommes en infériorité numérique.
-Compris.

Comme ils s'y attendaient, les rebelles commencèrent à investir le site de production. Dans quelques minutes, ils allaient arriver devant le bunker et découvrir qu'il est fermé. Le sergent réfléchit. Comment se tirer de ce mauvais pas sans faire couler l'opération et celle des rebelles ? S'il trouvait un moyen de les rassurer, alors ils les laisseraient partir. Soudain, une idée germa dans l'esprit du sergent. Elle était audacieuse mais ça pouvait marcher.

Un groupe de rebelle mené par Matt Horner qui avait mis le pied sur terre arriva à l'entrée du bunker où se trouvait le groupe d'Aurore. Tout à coup, la porte s'ouvrit d'elle-même et....
Tout à coup, la porte s'ouvrit d'elle-même et le sergent sortit, l'air fâché, pour s'écrier :

-Qu'est-ce que ça veut dire ? Vous faites un essai en conditions réelles et vous n'en informez pas vos supérieurs !!

Devant cette déclaration, les rebelles furent abasourdis devant la « stupidité » du soldat qui ne semblait pas s'apercevoir qu'il parlait à des rebelles. Ces derniers se turent pour laisser le sergent continuer son délire.

-Regardez-moi ça, s'écria le sergent, un vrai champ de bataille ! Vous allez me réparer tout ça et en vitesse !! Je tiens à ce que ce soit propre quand le général Warfield viendra chercher l'Odin.
-Bien entendu, répondit le second de Raynor, nous allons nous en charger. Tout sera prêt pour le défilé.
-Je l'espère parce que vu l'étendue des dégâts, je vois déjà la presse qui nous fait des critiques pour dénigrer notre noble armée. Et qu'est-ce qui vous fait rire, le costard !?

Devant l'exagération du sergent, Matt eut beaucoup de mal à se retenir de rire mais la critique le ramena à la réalité. Ce soldat les prenait pour un des leurs, alors autant profiter de la situation.

-Excusez-moi, monsieur mais vous exagérez un peu trop.
-Comment ça j'exagère ?! Vous avez intérêt à tout remettre en ordre si vous ne voulez pas que j'en informe vos supérieurs pour insubordination. En attendant, mon régiment doit partir dans une mission classée secret défense. Je ne serais pas rentré avant le défilé. C'est donc à vous de gérer tout cela. Je compte sur vous pour que ce défilé soit mémorable.
-Vous ne croyez pas si bien dire, pensa Matt au plan pour porter un coup mortel à Mengsk.

L'intervention du sergent devait permettre à Aurore de terminer le chargement des données. Quand elle eut fini, elle appela les marines qui l'accompagnaient de rejoindre les médivacs. Recevant l'appel, le sergent comprit que la fantôme avait terminé son boulot.

-Bon, les taxis sont prêts. Je dois rejoindre mes hommes sur le champ. On se reverra après le défilé.

Le sergent partit sous les yeux des rebelles ébahis devant cet homme qui n'avait rien compris à la situation mais qu'importe. Ils avaient maintenant le champ libre pour agir à leur guise. Pendant ce temps, le commando au service du prince Valérian se rassembla autour des médivacs. Curieuse de savoir comment le sergent s'était pris pour gagner du temps, Aurore osa lire son esprit. Elle sourit quand elle vit qu'il avait joué la comédie devant les rebelles mais garda le silence.

Les médivacs partirent discrètement de la planète. Ils volèrent jusqu'au Bucéphale qui s'était caché derrière la lune de Valhalla, hors de portée des détecteurs de l'Hypérion. Quand les médivacs atterrirent dans le hangar, le cuirassé partit vers une destination inconnue. Les Poltergirls mirent fin à leur fusion et se rendirent dans un salon intégré dans le vaisseau où elles trouvèrent Amos. Cheveux bleus et costard blanc, Amos était le leader des 4 Caïds de la garde personnelle de Mathio. Dans l'opération Ragnarok, il était celui qui dirigeait tout. Quand il vit les Poltergirls arriver, il les invita à assoir pour entendre le rapport de la mission.

-Je vois, dit le Caïd après avoir entendu toute l'histoire, vous avez eu beaucoup de chance pour que les Rebelles de Raynor n'aient rien découvert. Autrement, ils auraient fouiné dans nos affaires et nui aux plans de l'Alliance.
-Tout cela grâce aux talents de comédiens du sergent, fit remarquer Iris.
-Oui, répondit Amos. Et à présent, nous pouvons passer à la suite de l'opération Ragnarok.

Sur ces mots, le Caïd donna aux Poltergirls un imposant disque dur, signe qu'il contenait beaucoup de données.

-Voici tous les plans des armes que nous avons réunies. Ils joueront un rôle capital pour notre opération. Alors, ne les perdez pas.
-Compris, répondirent les fantômes qui mirent l'objet en lieu sûr.

En attendant d'arriver à destination, les Poltergirls se détendirent. Elles regardèrent la télévision pour les dernières nouvelles de l'UNN.

-Ici Kate Lockwell, de la maison-mère de l'UNN à Korhal. Retrouvons Donny Vermillion en mission spéciale.

Le plan passa alors de la journaliste qui était en dehors des studios à Donny qui interviewait depuis les studios le général Warfield qu'on pouvait voir dans un coin en forme de carré de l'écran grâce à la magie du montage audiovisuel et à côté du journaliste.

-Kate, j'ai le grand plaisir d'être en compagnie du général Horace Warfield. Général, si je comprends bien, l'armée du Dominion va bientôt exhiber sa toute nouvelle arme, la machine de guerre appelée Odin ?
-C'est exact, Donny, confirma le général qui occupait maintenant tout l'écran. Nous allons vous montrer les images du Odin dans les rues de Korhal, puisque l'évènement est couvert en intégrité par votre chaîne.
-Général, ici Kate Lockwell, intervient la jeune femme qui apparut dans un coin de l'écran. On parle d'une grogne autour de problèmes logistiques liés à l'arrivée du Odin ?
-Voyons Kate, gémit Donny surpris de cette intervention.
-C'est vrai, Kate, admit Warfield en conservant son calme. La livraison du Odin a été retardée, et nous avons perdu le contact avec le site de production. Mais il est bien arrivé et nous pouvons donc poursuivre la cérémonie.

La caméra fit un plan sur Donny qui proclama :

-Nous sommes les premiers à le dire. Le Dominion dévoile ses nouvelles armes de destruction dans les rues de Korhal.

Suite à la déclaration, le générique de fin se lança mais on pouvait encore entendre Donny. Ce dernier, pensant que personne d'autre que le personnel de la maison n'écoutait ses paroles, laissa éclater sa colère.

-Qu'est-ce qui cloche chez cette fille ? Dites-lui de ne plus interrompre mes interviews !

Devant le ridicule de la situation, les Poltergirls ne purent s'empêcher de rire. Le personnel technique devait détester Donny pour lui faire ça. Elles riaient encore en imaginant la tête qu'il ferait quand il apprendrait que tout le Dominion avait entendu ce qu'il ne voulait pas qu'on entende.

-Eh ben, les rebelles ont su faire du bon boulot, fit remarquer Sylvie.
-Je pense que le défilé de l'Odin va être génial, affirma Iris.
-Vous pensez la même chose que moi, demanda Jennifer, sourire aux lèvres.
-C'est de voir ce qui va se passer, répondit Carla qui avait pensé la même chose.

Elles appelèrent le Général Mathio qui était déjà au courant des évènements mais accepta de les laisser regarder ce défilé qui allait devenir intéressant. Un soldat entra pour leur demander de venir à la salle des commandes sur ordre d'Amos. Les Poltergirls se rendirent place où elles étaient attendues par Amos et le navigateur Marcus Cade.

-Mesdemoiselles, annonça le Caïd, aujourd'hui est un grand jour pour les Ténèbres. Vous le savez peut-être déjà mais je vais le redire. Nous allons réveiller l'Héritage de l'Histoire Interdite au nom de l'Alliance Démoniaque et ainsi renforcer notre domination.
-On croirait entendre un méchant de vieux comics, chuchota Sylvie.
-Je vous ai entendu, répliqua Amos, au lieu de critiquer, vous feriez de vous préparer car « il » approche bientôt.

Les Poltergirls se placèrent sur un cercle noir dessiné sur le sol. Alors qu'elles se positionnèrent aux 4 points cardinaux, Amos se plaça au centre. Tous utilisèrent leur pouvoir des Ténèbres et se concentrèrent. Les marques démoniaques brillèrent et Amos prononça une incantation :

-Vestige du passé, montre-toi devant nous. Afin de nous apprendre sur les erreurs du passé et nous permettre de mieux servir les Ténèbres.
-Je le sens, s'écria Jennifer, à 11 heures !

L'énergie des 5 pouvoirs fusionna et partit dans la direction indiquée par l'expert informatique. La boule d'énergie ténébreuse traversa la paroi du cuirassé et ...
La boule d'énergie ténébreuse traversa la paroi du cuirassé et éclata dans l'espace comme si elle s'était cognée contre un objet invisible. Puis un immense vaisseau noir apparut. A première vue, ça ressemblait un cuirassé géant. Amos laissa éclater sa joie.

-Oui ! Nous avons réussi ! L'Héphaïstos accepte de nous recevoir. Nous allons pouvoir monter à bord. Qu'on nous prépare un vaisseau.

Une demi-heure plus tard, un médivac transporta les subordonnés des Ténèbres vers le super cuirassé. Quand ils débarquèrent dans le hangar, une sombre ambiance les accueillit. De petites brumes noires erraient dans le hangar. Les marines refusèrent de descendre pensant qu'ils se trouvaient dans un vaisseau hanté. Même les Poltergirls avaient froids dans le dos. Seul Amos demeurait impassif.

-Allons mes demoiselles, ne me dites pas que vous avez peur d'un lieu hanté alors que vous êtes des fantômes.
-Très drôle, grogna Iris qui était celle qui tremblait le plus.
-J'ai l'impression d'être observée, fit remarquer Sylvie qui frissonnait.
-Vous n'êtes pas les seuls, répondit Jennifer. Cet endroit est bien hanté.
-Dites, monsieur, demanda Carla. Ce cuirassé appartenait bien aux Ténèbres ? Si c'est le cas, qu'est devenu l'équipage ?
-Vous avez à fait raison, répondit Amos. Quant à l'équipage, il hante l'Héritage depuis l'époque de l'Histoire Interdite. Il n'est pas difficile de comprendre ce qui s'est passé. L'équipage est mort en restant dans ce vaisseau. Leur volonté de protéger l'Héphaïstos était si forte qu'ils sont devenus des fantômes.
-Charmant, commenta Jennifer.
-Qui êtes-vous ? Comment avez-vous pu trouver l'Héphaïstos ?
-Qui va là, demanda Sylvie aux aguets. Etes-vous les fantômes de l'équipage ?
-Oui, répondit une voix caverneuse, mes sbires et moi-même avons veillé sur cette merveille pendant des centaines de milliers d'années. Mais depuis la disparition de son bien-aimé créateur, nous avons choisi de mettre à l'abri ce cuirassé afin d'éviter qu'il tombe entre de mauvaises mains.
-C'est une cause louable, dit Amos. Même morts, vous continuez à protéger cet héritage. Maintenant, vous pouvez vous reposer. Nous prenons la relève.
-ça, c'est à moi d'en décider, répondit la voix caverneuse qui semblait appartenir au capitaine du vaisseau.

Une ombre se détacha du lot pour s'approcher des serviteurs des Ténèbres et prit une forme plus nette. Crochet à la place de la main gauche, jambe de bois au pied droit, barbe hirsute et sabre à la ceinture, le capitaine avait l'air d'un vrai pirate de l'espace.

-Yo, s'écria-t-il. Vous avez peut-être réussi à trouver l'Héphaïstos mais il va falloir me montrer votre valeur. D'abord, qui sont vos chefs ?
-La Boîte de Pandore, répondirent en même temps les Poltergirls.
-Alors, on a enfin trouvé des démons dignes de porter les pouvoirs de la Boîte ?
-En effet, confirma Amos au capitaine. Sachez qu'ils connaissaient l'existence de ce cuirassé de source sûre.

Amos s'approcha du capitaine et lui chuchota quelque chose, inaudible pour les Poltergirls, qui surprit ce dernier qui répondit devant cette révélation.

-Soit, vous m'avez presque convaincu. J'accepte de vous céder l'Héphaïstos mais vous devrez le remettre à neuf.

En effet, l'Héphaïstos était dans un piteux état. Les métaux qui composaient le vaisseau étaient rouillés. Tout était recouvert de poussière. Les machines ne voulaient plus fonctionner à cause du temps. Inutile de dire qu'un grand nettoyage était nécessaire.

-C'est d'accord, accepta Amos après avoir observé l'état du cuirassé. Mais d'abord, j'appelle des renforts.

Sur ces mots, Amos ouvrit un portail des ténèbres où des sbires en costume noir et des androïdes en sortirent avec une quantité impressionnante de matériel et de matériaux. Le capitaine de l'Héphaïstos mena les agents de l'Alliance à un point stratégique du cuirassé : la zone de stockage des ressources.

-C'est ici que l'on pose les matériaux, expliqua le capitaine, en appuyant ce bouton, vous faites numériser les matériaux.

Ensuite, il guida au poste de commandement qui s'étendait sur 2 étages. Le premier comportait le centre de pilotage de l'Héphaïstos. En descendant par un escalier, on pouvait rejoindre la seconde partie qui ressemblait à une salle de réunion. Dans la pièce à côté, se trouvait un imposant ordinateur. De tout le cuirassé, c'était les trois pièces qui avaient le moins souffert du temps.

-Cet ordinateur, dit le capitaine, permet de commander toutes les usines qui se trouvent dans l'Héphaïstos.
-Si je comprends bien, reformula Carla, ce cuirassé est une cité industrielle mouvante.
-Exactement, marin d'eau douce. Sachez qu'avec l'Héphaïstos, vous pouvez construire n'importe quoi. Des armes, des véhicules en tout genre, des produits ménagers, des vaisseaux, etc. A condition que vous avez les plans et les matériaux.
-Des plans, on en a, répondit Amos. Commencez à insérer les données dans l'ordinateur.

Les Poltergirls s'exécutèrent. L'ordinateur réalisa les tâches avec rapidité et efficacité, comme s'il comprenait les intentions des utilisateurs. Profitant de l'occasion, elles ordonnèrent la réparation du super cuirassé. Des petits robots s'activèrent et commencèrent leur tâche. Le capitaine demanda aux futurs propriétaires de sortir pour laisser travailler les robots. Quelques minutes plus tard, la pièce avait retrouvé sa grandeur d'antan. Sans perdre un instant, les robots se rendirent dans la pièce pour y accomplir le même travail.

-Ces petits gars auront besoin d'aide si vous voulez que l'Héphaïstos soit opérationnel assez rapidement.
-Bien sûr, affirma Amos, et encore merci pour votre aide. Je vais faire le nécessaire pour que nous ayons les matériaux qui nous manquent.

Puis il s'isola et appela le Bucéphale.

-Commandant, appela Amos, rendez-vous aux coordonnées que je vous ai indiqué pour récupérer les matières premières pour réparer l'Héphaïstos Vous n'oublierez pas d'utiliser les petits gadgets que je vous ai donné. Excellent.

Le Bucéphale entra en hyperespace. Dès qu'il ait disparu du champ de vision de l'Héphaïstos, Amos se tourna vers les Poltergirls.

-Je vais retourner au QG pour avertir la Boîte de Pandore de notre succès. Ils devraient venir avec ce qu'il faut pour redonner à ce cuirassé sa grandeur. Je vous laisse le commandement des troupes sur place. Assurez-vous que le Dominion ne soit pas averti de notre présence.
-Bien reçu, monsieur, répondirent les fantômes au garde-à-vous.
-Parfait. L'Alliance toute entière compte sur vous, avertit Amos qui disparut dans un portail des ténèbres.

Pendant deux jours, les Poltergirls dirigèrent les réparations du super cuirassé. L'aide de l'équipage fantôme fut d'un grand secours et facilitait les réparations. Les Poltergirls mettaient aussi la main à la tâche. Elles s'occupaient de refaire le poste de commandement qui manquait de confort, selon elles.

Soudain, l'alarme sonna. Les Poltergirls se rendirent au poste de pilotage pour apprendre qu'une flotte s'approchait de l'Héphaïstos. Elles furent grandement surprises qu'il s'agissait...
Soudain, l'alarme sonna. Les Poltergirls se rendirent au poste de pilotage pour apprendre qu'une flotte s'approchait de l'Héphaïstos. Elles furent grandement surprises qu'il s'agissait des Protoss, ces êtres dotés d'incroyables pouvoirs psychiques et dénués de bouche. De nombreuses questions secouaient les Poltergirls. Pourquoi étaient-ils ici ? Que comptaient-ils faire de l'Héphaïstos ? Comment éviter l'affrontement ? Un sbire vint interrompre leurs pensées.

-Mesdemoiselles, on reçoit une communication provenant de la flotte Protoss.
-Mettez-la sur l'écran principal, ordonna Sylvie. Avec un peu de chance, on devrait pouvoir les convaincre de nous laisser tranquilles.

L'écran s'alluma et une élégante Protoss vêtue d'une armure dorée apparut.

-En Taro Tassadar, jeunes Terrans. Je suis l'exécutrice Sélendis. Votre vaisseau a attiré notre attention et nous sommes venues voir.
-En Taro Tassadar, exécutrice, répondit Carla en s'inclinant légèrement. Nous sommes l'escouade de fantômes au service de l'Alliance Démoniaque. Comme vous l'avez sûrement constaté, ce cuirassé est dans un piteux état suite à sa léthargie. Actuellement, nous mettons tout en oeuvre pour lui donner une seconde jeunesse. Nous ne sommes pas une menace pour vous.
-ça, c'est à nous d'en décider, répondit l'exécutrice d'un ton légèrement autoritaire. Afin de m'assurer de la véracité de vos paroles, je vais monter à bord de votre vaisseau. Accompagnée d'une escorte, bien sûr.
-Nous comprenons, répondit Carla.

De toute façon, elles n'étaient pas en position de force pour lui refuser. Quelques tirs suffiraient à détruire l'Héphaïstos affaibli par le temps. Les soldats étaient paniqués de leur sort et de celui du vaisseau mais les Poltergirls surent ramener le calme. Un petit vaisseau Protoss débarqua dans le hangar. L'exécutrice en descendit avec un groupe de 10 zélotes et un haut templier à ses côtés. Les Poltergirls vinrent les accueillir personnellement.

-Si vous voulez bien nous suivre. Nous allons vous faire la visite de l'Héphaïstos.

Sélendis et ses hommes suivirent les fantômes à travers tout le cuirassé. Ils visitèrent les hangars, les logements, les usines et le poste de commandement. L'exécutrice écoutait avec une grande attention les explications des Poltergirls qui firent bien attention de ne pas divulguer des informations confidentielles. A la fin de la visite, tous furent dans la salle de réunion récemment rénovée.

-Dites-moi, demanda Sélendis, pourquoi avoir accepté de travailler pour l'Alliance ? Vous êtes pourtant Terrans.
-C'est vrai, confirma Sylvie mais la Boîte de Pandore nous a promis de réaliser un de nos rêves les plus chers.
-Sans oublier leur promesse d'instaurer la paix dans le secteur de Koprulu.
-La Boîte de Pandore, dit Sélendis surprise de ces révélations.
-Vous les connaissez, demanda Carla.
-Seulement des rumeurs, répondit l'exécutrice, il y a 4 ans, ils étaient venus Aïur aux côtés des Zergs. J'admets qu'ils n'avaient pas pris part au conflit mais ils n'inspiraient pas confiance à l'époque.
-Pourquoi, interrogea Jennifer, que faisaient-ils de mal ?
-Rien du tout, en fait, n'expliqua Sélendis, ils s'intéressaient beaucoup à notre civilisation et voulaient la connaitre. Nous avons refusé de nous ouvrir à eux parce que nous les soupçonnions des agents des Zergs.
-Je suis sûre qu'il y a une explication, intervint Iris. Ce n'est pas parce que la Boîte de Pandore est arrivée en même temps que l'Essaim qu'ils sont forcément alliés. On leur demandera, vous verrez.
-Soit, admit Sélendis, mais voyez-vous, nous avons observé ce qui se passait dans l'espace du Dominion. Les Zergs, les réfugiés Terrans qui tentent de leur échapper et l'Alliance dont nous ignorons tout de leurs motivations. A vous entendre, vous êtes persuadées que cette organisation oeuvre pour la paix ? J'avoue que j'ai du mal à y croire. Et avec les Zergs en plus, on nage en pleine utopie.
-Nous comprenons vos doutes, exécutrice, tenta Carla pour rassurer la Protoss, mais vous pouvez nous croire sur parole que l'Alliance ne cherche pas la destruction.
-Il est vrai que ce que propose la Boîte de Pandore semble irréalisable, ajouta Iris, mais attendez de connaitre les détails de leurs plans pour en juger.
-Vous semblez en savoir beaucoup sur les manigances de l'Alliance, fit remarquer Sélendis. Que projette la Boîte de Pandore ?

Les Poltergirls consultèrent leur marque démoniaque mentalement. Elles ne sentirent aucun changement de la marque, ce qui signifiait qu'elles pouvaient révéler certaines informations. Sans hésiter, elles s'élancèrent.

-Nous tenons à préciser que nous connaissons que des brides, avertit Jennifer, mais ça devrait suffire pour se faire une idée.
-La Boîte de Pandore a rallié à sa cause une personne importante dans la hiérarchie du Dominion., commença Carla. Cette personne est chargée de la première phase du plan : rassembler 5 « pièces créées par les Dieux » selon les termes de Maître Mathio. En assemblant ces 5 pièces, on peut en faire une arme qui servira pour la seconde phase.
-Cette seconde phase est la plus risquée, continua Iris, car elle vise à vaincre la Reine des Lames. Et grâce à l'arme secrète, on pourrait la pacifier sans la tuer.

Sélendis voulut savoir les raisons d'épargner la vie de la Reine des Lames mais Sylvie avait déjà anticipé la question de la Protoss.

-J'imagine que vous vous demandez « pourquoi ne pas la tuer après? ». Pour une raison très simple, c'est qu'on aura besoin d'elle pour faire face à une menace plus dangereuse que la Reine des Lames elle-même.
-Et de quoi s'agit-il, demanda l'apprentie d'Artanis de plus en plus intriguée.
-ça, on l'ignore, avoua Jennifer, Maître Mathio ne nous donne jamais de détails sur le sujet. Ce dont nous pouvons être sûres, c'est du sérieux. Autrement, l'Alliance n'exécuterait pas un plan aussi complexe.
-En effet, admit Sélendis qui semblait convaincue. Seulement, le doute subsiste encore dans mon coeur. Quant à ce vaisseau, je suis partagée. J'aurais aimé vous laisser agir à votre guise mais vous pourriez représenter une menace pour mon peuple. Comprenez bien qu'il n'y a rien de personnel.
-C'est tout naturel, répondit Sylvie. A votre place, j'aurais fait la même chose : S'assurer que ces inconnus ne constituent pas un danger. Si ça peut vous rassurer, l'Alliance ne projette, à ma connaissance, aucune attaque contre vous.

Soudain l'alarme sonna. Un soldat arriva dans la salle de réunion avec la nouvelle suivante :

-La flotte de l'Alliance est arrivée.

Les Poltergirls ne cachèrent pas leur joie. Sélendis n'allait pas avoir beaucoup de choix. Un affrontement était trop risqué pour elle. La retraite était la seule option envisageable. Alors que l'exécutrice s'apprêtait à partir, elle fut arrêtée par les Poltergirls.

-Nous n'avons jamais voulu le combat, expliqua Sylvie.
-Tout ce qu'on espérait, c'était de vous convaincre, ajouta Carla.
-Sinon, nous vous aurions pris en otage, compléta Iris.
-Mais ce serait un plan très risqué, termina Jennifer, vous auriez choisi de vous sacrifier plutôt que de céder à nos revendications. Et puis, il y a tant de choses à partager entre nos deux peuples. Alors autant profiter de l'occasion.
-Voilà une sage décision, proclama une voix provenant de nulle part.

Les fantômes avaient reconnu la voix inconnue alors que Sélendis cherchait dans tous les sens l'origine de cette voix. Soudain, un portail des ténèbres apparut et la Boîte de Pandore en sortit.

-Exécutrice Sélendis, nous avons beaucoup de choses à nous raconter.
-En Taro Tassadar, exécutrice, dit Mathio. Comment va ce cher Artanis ?
-Il va bien, répondit Sélendis d'un ton respectueux, il est devenu notre Hiérarque.

Sélendis avait senti que la puissance de la Boîte de Pandore dépassait de loin celle de la Reine des Lames. Un combat contre eux était trop risqué. Si l'autre côté souhaitait éviter le conflit, alors autant saisir l'opportunité pour en savoir davantage sur l'Alliance.

-Sélendis, juste par curiosité, demanda Xezbeth, vous n'avez pas fait de mal à mes apprenties ?
-Non, répondit la Protoss qui ne comprenait pas la question.
-Tant mieux, dit Bélial, parce que notre cher ami, Xezbeth de la Tromperie, serait allé se venger. Et croyez-moi, vous auriez souffert.

L'exécutrice prit peur en entendant cette menace. Les Poltergirls étaient gênées mais touchées d'entendre que leur mentor tenait à eux.

-Pour en revenir au vrai sujet, intervint Mathio, que comptiez-vous faire de l'Héphaïstos ? Parce qu'il appartient aux Ténèbres et donc à nous.
-A vrai dire, avoua Sélendis encore terrorisée, je pensais qu'il serait plus judicieux de le détruire mais au vu de vos intentions, je compte réviser ma décision.
-Bon choix, affirma Jessonia qui s'approcha de l'exécutrice, parce qu'on ne vous aurait pas laissé faire.
-Vous savez, dit Mathio, vous avez beaucoup à gagner avec nous. Pour commencer, vous nous demandez de fabriquer une flotte de vaisseaux. D'après mes informateurs, votre peuple connait des difficultés assez importantes. Les Zergs vous mènent la vie dure. Alors peut-être que nous pourrions construire des vaisseaux pour vous.
-C'est vrai, admit Sélendis incapable de mentir sur la question. Quant à votre offre, elle est assez intéressante mais pour l'instant, nous n'avons pas besoin de nouveaux vaisseaux.
-Dommage, dit Mathio qui était un peu déçu, mais si le besoin s'en fait sentir, vous savez où nous trouver. Au cas où vous aurez besoin de nous joindre, voilà notre carte de visite.
-Merci, répondit Sélendis en prenant la carte où était indiquée une fréquence de communication.
-Vous pourriez rester pour voir ces usines à l'oeuvre, proposa Zabulon le démon de la Folie. Ainsi, vous pourrez témoigner de l'efficacité de nos machines à votre Hiérarchie.
-Pourquoi pas, dit l'exécutrice qui n'avait pas vu les machines de fabrication en action. Mais avant, j'aimerais avertir ma flotte.
-Bien entendu, approuva Mathio.

Après que Sélendis ait informé sa flotte de la situation, elle fut laissée aux soins des Poltergirls. Son escorte était partie observer les usines en marche qui avaient reçu l'ordre de fabriquer l'Odin.

-Dites, demanda Sélendis. Sans vouloir être trop indiscrète, j'aimerais savoir ce qui vous a poussé à rejoindre l'Alliance ?
-On peut le dire, demanda Sylvie à ses amies.
-Nos marques démoniaques ne réagissent pas, dit Carla qui connaissait bien le règlement de l'Alliance, on a donc le droit de le dire.
-Vous êtes obligées d'interroger ces marques, s'interrogea la Protoss.
-Un peu, répondit Jennifer. La loyauté chez l'Alliance, c'est très important. Cette marque est le signe que nous avons la confiance de nos supérieurs. Si on trahit cette confiance, nous serions exécutées pour haute trahison.
-Quelle horreur, s'offusqua l'apprentie d'Artanis.
-On vous comprend, Sélendis, dit Sylvie, on avait eu la même réaction quand on l'a appris mais c'est une mesure de précaution pour protéger les secrets de l'Alliance. A notre connaissance, il n'y a eu aucune trahison.
-Mais en revenir à votre première question, intervint Iris, C'est que la Boîte de Pandore nous a promis de retrouver la personne qu'on admirait étant petites.
-Vraiment, dit l'exécutrice, et qui est cette personne ?
-Sarah Kerrigan, répondirent les Poltergirls en même temps.

Sélendis cacha son étonnement du mieux qu'elle pouvait. Ces filles admiraient la Reine des Lames !? Non, il y avait sûrement une explication. Le mieux était de demander des détails.

-Et dans quelles circonstances vous avez rencontré cette Kerrigan ?
-C'était il y a 15 ans, dit Sylvie après avoir cherché dans ses souvenirs. A l'époque, on était des cobayes de recherches scientifiques dans le cadre du projet fantôme. Toutes les personnes possédant des pouvoirs psychiques étaient recrutées pour devenir des fantômes.
-On était des gamines à cette époque, se rappela Carla. 4, 5 ans mais déjà surdouées.
-Et c'est dans cette période qu'on avait rencontré Sarah Kerrigan, ajouta Iris.
-Belle, effrayante mais brisée par la Confédération qui en avait fait une machine à tuer, dit Jennifer pour dresser un portrait de leur idole. Pourtant, elle avait conservé des sentiments humains malgré les inhibiteurs neuraux qu'on lui faisait porter. La preuve, c'est qu'on avait entretenu des rapports amicaux.

Sachant que la Reine des Lames existait depuis 4 ans, Sarah Kerrigan ne pouvait qu'être humaine à cette époque. Sélendis jugea de ne rien révéler sur le sort de cette femme à ses fans pour ne pas les blesser. Ces filles lui avaient accepté de révéler leur plus grand secret de leur plein gré. Chose que la Reine des Lames n'aurait jamais faite. Quelque part, Sélendis se sentit navrée pour Kerrigan pour la vie qu'elle avait vécu dans le projet Fantôme. Pour l'instant, l'exécutrice continua d'écouter l'histoire des Poltergirls.

-Kerrigan était une légende dans le Projet Fantôme, raconta Sylvie. La meilleure fantôme de tous les temps. Sur l'échelle d'indice psionique de 0 à 10, son niveau était de 10.

Cette fois, Sélendis ne cacha pas sa surprise. Pas étonnant de voir que les Zergs avaient capturé une telle personne pour en faire leur reine.

-Mais un jour, dit Carla d'un ton attristé, elle a disparu sans laisser de traces. Quelques mois plus tard, les responsables du Projet Fantôme ont mis fin aux recherches nous concernant et nous ont renvoyées chez nous.
-D'après le Général, expliqua Iris, Kerrigan avait été libérée par Arcturus Mengsk qui fit d'elle son bras droit. Pendant 10 ans, elle a combattu pour les fils de Korhal. C'est là qu'elle a rencontré Jim Raynor et qu'ils sont devenus très proches.

Sélendis devina que Jim Raynor avait des sentiments pour Kerrigan. S'il n'avait pas révélé cela aux Protoss, c'était sûrement par peur que les Protoss refusent de lui accorder leur confiance. La dernière révélation fut celle qui allait la surprendre le plus :

-Mais après 10 ans de loyaux services, une tragédie frappa Kerrigan par la faute de Mengsk, dit Jennifer, ce dernier avait orchestré la destruction de Tarsonis en plaçant des émetteurs psi qui ont attiré les Zergs. Inutile de dire ce qu'ont fait les Zergs une fois sur place.

C'était évident. Les Zergs avaient détruit la planète. Sélendis avait déjà entendu parler de ce qui était arrivé à Tarsonis mais jamais cette partie de l'histoire. Cet homme nommé Arcturus Mengsk avait commis un génocide pour prendre le pouvoir. Et ce n'était pas encore fini.

-Ce plan était évidemment inhumain, ajouta Sylvie. Kerrigan s'était ouvertement opposée à ces horreurs. Jim Raynor aussi, d'ailleurs.

Que Jim Raynor se soit opposé à de tels crimes, c'était normal mais que la femme, qui allait devenir la Reine des Lames, fasse de même, c'était assez surprenant de l'apprendre. Si ces affirmations s'avéraient vraies alors la contamination était vraiment plus dangereuse qu'on l'aurait cru.

-Seulement, ils furent impuissants devant la ferme décision de ce fou de Mengsk qui a choisi d'éradiquer ses ennemis par les Zergs, compléta Carla. Voyant que Kerrigan commençait à être gênante, il l'abandonna aux Zergs après qu'elle ait fait une fois de plus le sale boulot. Tout cela devant un Jim Raynor impuissant. Tout ce qu'on sait après, c'est qu'elle fut capturée par les Zergs.
-Et c'est tout, conclut Iris.

Encore une autre partie de l'histoire que les Protoss ignoraient tout. Le sale boulot, c'était d'éliminer la flotte de Tassadar venue sauver Tarsonis. Il n'était pas difficile de deviner que les Protoss gênaient les plans de Mengsk qui profita de l'occasion pour se débarrasser de ceux qui le dérangeaient. Quant à Kerrigan, elle devint la terrifiante Reine des Lames contre sa volonté. Si elle avait des larmes, Sélendis aurait pleuré de compassion. Pour les Poltergirls qui avaient perdu un être cher. Pour Jim Raynor qui avait perdu la femme qu'il aimait. Pour Sarah Kerrigan qui était sûrement celle qui avait le plus souffert dans cette histoire. Quelque part, l'exécutrice ne pouvait que ressentir de la sympathie pour cette femme qui avait autant de dignité que Jim Raynor. Soudain les Poltergirls tirèrent Sélendis de ses pensées.

-Vous allez bien, demanda Jennifer.
-Bien, rassura Sélendis, j'étais perdue dans mes pensées. Et sinon, comment se fait-il que vous soyez de bonnes amies durant tout ce temps et malgré les différences ?
-Comment dire, dit Iris un peu gênée.
-On s'est connue lors du Projet Fantôme, expliqua Sylvie, et on s'était vite entendu.
-Si mes souvenirs sont exacts, ajouta Carla, nos relations se sont améliorées à mesure que le projet avançait. On arrivait à se comprendre et à partager nos pensées.
-Tu ne te trompes pas, confirma Iris.

Ces dernières paroles attisèrent la curiosité de l'exécutrice qui ne put s'empêcher de sonder le cerveau des fantômes. Ce qu'elle découvrit la surprit grandement. Etait-ce possible ? Pour l'instant, elle devait le garder secret pour l'instant. Un homme en noir entra dans la salle demandant aux Poltergirls et à Sélendis de venir. Tous se rendirent dans les usines où la Boîte de Pandore les attendait.

-Exécutrice, annonça Mathio. D'ici quelques secondes, vous allez voir le résultat du travail des machines de l'Héphaïstos. Admirez ce qui va sortir !!

Ce n'était pas un mais deux Odin qui sortirent de l'usine. Tous sauf la Boîte de Pandore furent surpris de voir deux machines sortir. Le Général expliqua alors la raison de ce phénomène.

-Voyez-vous, ces usines ont la particularité d'avoir un rendement de 200%. En un mot, vous en gagnez deux pour le prix d'un.
-Fascinant, dit Sélendis, je pense qu'Artanis sera fortement intéressé de faire à vos services. Mais d'abord, il y a une chose dont j'aimerais vous faire part. En privé, si possible.
-Bien sûr, répondit Mathio, si vous voulez bien me suivre.

L'exécutrice et le démon quittèrent les usines pour discuter d'une chose qui allait bien surprendre Mathio. Pendant ce temps, les autres démons de la Boîte de Pandore ordonnèrent la construction de plusieurs véhicules de combat pour les donner à l'armée de California pour leur permettre d'en finir avec les Zergs.

Un sbire vient annoncer une nouvelle qui bouleversa le Dominion tout entier. Des révélations qui déstabilisèrent le pouvoir actuel : la révélation des crimes de guerre de Mengsk.
La nouvelle de l'attaque des Rebelles de Raynor fit le tour de l'espace du Dominion. Au moment de la cérémonie, l'Odin, sous le contrôle de Tychus, avait semé le chaos parmi les troupes stationnées sur Korhal. Non content d'avoir gâché ce grand évènement, les rebelles prirent d'assaut les tours de communication de l'UNN pour diffuser des preuves ô combien compromettantes sur Mengsk.

Voici les communications interceptées par un aide de camp confédéré.

« Duke : Ici Duke. Les émetteurs sont en place et fonctionnent.

Kerrigan : Qui vous a donné l'autorisation d'utiliser les émetteurs ?

Mengsk : C'est moi, lieutenant.

Kerrigan : Quoi ? Faire ça aux confédérés d'Antiga c'était déjà moche, mais utiliser les Zergs sur toute une planète, c'est de la folie

Raynor : Elle a raison, mec. Réfléchissez bien.

Mengsk : C'est tout réfléchi, croyez-moi. Vous avez vos ordres. Obéissez. »

Un bruit de neige se fit entendre de l'aide de camp qui révéla une phrase bien choquante.

« Mengsk : Personne ne m'arrêtera. Ni vous, ni les confédérés, ni les Protoss, personne ! Si je ne peux pas me rendre maître de ce secteur, qu'il disparaisse en flammes ! »

Devant de telles révélations, un sentiment envahit le coeur des habitants : de la colère. Beaucoup descendirent dans les rues pour exprimer ce qu'ils avaient sur le coeur à leur empereur bien-aimé. Pour Sélendis, ces révélations confirmaient ce que lui avaient raconté les Poltergirls. D'un autre côté, elle en vint à se demander qui était le pire : Mengsk ou le Reine des Lames ? Pour Mathio, il était à la fois content et angoissé. Content car ça arrangeait les affaire du prince Valérian qui pourrait rallier plus facilement l'opinion du peuple. Angoissé car il craignait que cette vague de révolte ne touche California et que ses habitants fassent preuve d'autant de violence qu'ailleurs.

-Je pense que je vais devoir partir pour la planète California. Mes dévouées fantômes m'en voudraient si je ne calme pas les habitants alors qu'il y a encore les Zergs.
-Vous êtes vraiment un homme qui prend soin de ses hommes, fit remarquer Sélendis, tout le contraire d'Arcturus Mengsk.
-Il y a longtemps que je ne suis plus humain mais mon coeur le reste encore. Et encore merci pour vos informations. Je ferais tout pour faire la lumière sur cette affaire. J'aurais dû m'occuper de cela beaucoup plus tôt.

Sans perdre un instant, le Général prit quelques troupes et les Poltergirls avec lui pour rejoindre la planète California. Arrivés sur les lieux, ils allèrent voir le commandant pour connaître la situation concernant les émeutes.

-C'est tendu, expliqua le commandant à l'Alliance, les gens se contentent de manifester dans les rues. La moindre action militaire pourrait conduire à l'émeute.
-Encore heureux qu'il n'y ait pas encore eu de violence dans les rues, fit remarquer Carla.
-Mais pour combien de temps, demanda Sylvie, si on ne fait rien, ils vont se croire tout permis et passer à l'acte.
-S'ils avaient quelque chose sur quoi passer les nerfs, proposa Iris, ça devrait aller.
-On pourrait utiliser les symboles du pouvoir en place, dit Jennifer qui estimait l'idée de son amie excellente.
-Si ça peut ramener le calme, dit le commandant peu convaincu, alors, je ne peux qu'accepter. Mais reste à savoir comment amener le peuple à se défouler puis de se calmer.
-Alors ça, je m'en occupe, clama Mathio.

Dans les rues, les gens marchèrent et hurlèrent leur colère contre l'empereur. Comment un tel homme en qui on faisait confiance pouvait avoir commis de telles horreurs et avoir seule ambition le pouvoir ? Les marines observaient la progression des manifestants, prêts à tirer. Seulement le moindre coup de feu pourrait engendrer la révolte qu'on souhaiterait éviter. Soudain, les écrans de télévision de toutes tailles furent piratés. De la neige apparut brusquement sur les écrans pour laisser place au Général Mathio. Surpris de cette apparition, les manifestants s'arrêtèrent pour écouter le démon qui prit enfin la parole.

-Habitants de California. Il y a quelques semaines, je vous avais parlé de la véritable nature de l'empereur. Et aujourd'hui, vous réclamez justice pour les victimes de Tarsonis. C'est louable mais vous risquez de perdre de vue votre objectif. C'est Arcturus Mengsk que vous voulez, pas ses soldats. Pourtant, ils vont s'en mêler. De plus, vous avez un petit problème de Zerg chez vous. Vous ne pouvez pas vous permettre de tout casser.

Les remarques du Général faisaient mouche. C'était trop risqué de détruire les infrastructures militaires quand les Zergs pouvaient attaquer à tout moment. Mais Mathio semblait avoir une solution.

-Bien sûr, vous ne voulez pas laisser ce saligaud de Mengsk s'en tirer à bon compte. Alors je vous propose une solution simple : on détruit tout ce qui se rapporte à lui et qui renvoie à une image positive de ce gros plein de soupe. En avant !

Guidant les manifestants vers différents endroits, le Général ordonna à ce que les symboles relatifs à l'empereur soient détruits avec le soutien de l'armée qui fut incapable de refuser. D'ailleurs, Mathio avait menacé les soldats de les suspendre s'ils avaient l'audace de désobéir aux ordres parce qu'il était général et par conséquent leur supérieur. Chose amusante puisque Mathio n'était pas leur chef. Quand les statues, les plaques de rue et les infrastructures sympathisantes avec l'empereur furent détruites, les manifestants se tournèrent vers les télévisions pour connaître le prochain mouvement de Mathio. Quelle surprise de voir Mathio dans les rues et non dans son repaire. Accompagné d'Aurore, il gravit les marches d'une statue représentant Mengsk, enfin il ne restait que ses pieds, et parla à la foule.

-Vous vous êtes bien défoulés, demanda-t-il aux manifestants.
-Oui, crièrent ces derniers.
-Je n'entends rien. Plus fort !
-Oui, hurlèrent les habitants en colère.
-C'est mieux, dit Mathio satisfait, je présume que vous en voulez plus.
-Oui, demandèrent haut et fort les manifestants.
-Vous allez trop loin, dit Aurore par télépathie, ne les encouragez pas à marcher sur Korhal.
-Pas d'inquiétude, je gère la situation, répondit Mathio par télépathie avant de s'adresser au peuple. Dans ce cas, on va se défouler sur quelque chose de bien précis.

Tous écoutèrent attentivement la suite du discours. Qui Mathio voudrait que les habitants de California aillent massacrer ?

-On va se déchaîner sur vos voisins les Zergs, annonça-t-il enfin.

A la grande surprise des Poltergirls qui avaient fusionné, le public approuva la proposition du Général sous un tonnerre d'applaudissements. Mathio se dépêcha de rallier définitivement le peuple à sa cause.

-Dans les jours qui suivent, vous recevrez les armes qu'il vous faudra pour bouter les Zergs de votre belle planète. Alors, soyez prêts pour ces affrontements qui promettent d'être sanglants et horribles. Des morts seront à déplorer dans ces combats qui vous opposeront à des créatures sans peur et sans pitié. Ne vous engagez pas dans cette voie sans connaissance de cause. Réfléchissez-y.

Devant un discours d'une telle sensibilité, les gens qui purent s'empêcher d'être émus. Pour la seconde fois, tous applaudirent, acclamant le Général quand il quitta la place. Les Poltergirls furent surprises de voir comment les choses ont pu se calmer. En plus, d'avoir canalisé leur rage, Mathio avait réussi à la diriger contre les Zergs. Dire que cet évènement allait changer le destin de cette planète.
Le lendemain, Mathio fut surpris d'apprendre que les gens s'engagèrent en masse dans l'armée. Tous semblaient décider d'en finir avec les Zergs. Quand il demanda aux Poltergirls si le discours d'hier était pour quelque chose. Ce que ses fantômes confirmèrent.

-Mais dites-moi, demanda le Général démoniaque, est-ce que ces gens seront qualifiés pour utiliser les véhicules de combat ? Je n'apprécie pas l'idée de les voir se battre sans être préparé.
-il n'y a pas à s'en faire, Général, rassura Sylvie.
-C'est vrai, ajouta Carla, les habitants de California sont bien plus forts que vous ne le pensiez.
-Ceux qui ne vont pas à l'université militaire doivent passer le service, expliqua Iris. Inutile de dire qu'ils en sortent formés.
-En résumé, conclut Jennifer, vous pouvez dire que chaque adulte de cette planète est un soldat en puissance.
-Je l'espère, mesdemoiselles, dit Mathio qui ne pouvait s'empêcher de rester sceptique. Car s'ils échouent, je ne pourrais plus rien pour eux.
-Vous n'avez juste qu'à regarder et vous verrez à quel point il ne serait pas judicieux de les sous-estimer, dit Sylvie avec assurance.

Dans la même journée, des vaisseaux de l'Alliance débarquèrent pour livrer les véhicules de combat et les armes promis. Les Terrans prirent rapidement possession des armes et vérifièrent de la fiabilité de la livraison. Puis ils ajoutèrent leurs nouvelles artilleries dans leur arsenal.

Pendant ce temps, les Poltergirls avaient rejoint leur université pour poursuivre leurs études. Soudain, une alarme connue de tous sonna pour la quatrième fois : les Zergs attaquaient.

Le commandant le savait de longue date par l'intermédiaire de l'espion. C'était pour cette raison qu'il avait demandé à l'Alliance des armes pour leur permettre de se défendre efficacement car selon l'espion, ce serait l'assaut le plus violent et le plus fourbe depuis le début du conflit. D'ailleurs, ça tombait bien que les Zergs arrivaient maintenant car ce serait l'occasion de tester les nouvelles armes. A l'université militaire, les étudiants eurent pour consigner de ne pas intervenir. A la place, ils pouvaient observer les combats via les écrans de télévision.

Sur le front, les marines attendaient de pied ferme les Zergs. Avec leurs nouvelles armes, ils ne pouvaient que triompher. Des hurlements bestiaux se firent entendre. Ils arrivaient. Sans perdre son sang-froid, le commandant dirigea les troupes qui ripostèrent. Une pluie d'obus s'abattit sur les Zergs terrestres qui tombèrent par centaines. Des Banshees virent soutenir leurs alliés au sol. Du côté Zerg, on envoya des mutalisks, des corrupteurs et des seigneurs-vermines. Pour les Terrans, c'était insuffisant pour les faire fléchir car des escadrons de vikings foncèrent droit sur la masse volante en face. C'était obus métalliques contre obus organiques. Les vaisseaux tombaient comme des mouches s'écrasant dans la marée de Zergs pendant que les Zergs en perdaient le décuple. Soudain les vaisseaux Terrans se replièrent. Croyant avoir l'avantage, les Zergs volants avancèrent sans se douter de tomber dans un piège. En effet, ils furent canardés par des tourelles anti-aériennes. Paniqués par cette attaque surprise, les Zergs se bousculèrent, devenant des cibles faciles. Au sol, la situation n'était guère mieux. Les Zergs n'arrivaient pas à s'approcher des murs. Le nombre de chars de siège était si important que seuls les ultralisks parvenaient à atteindre les murs. Mais les Zergs étaient tenaces et ils gardaient encore une carte dans leur manche.

La terre se mit à trembler à l'intérieur des villes. C'était le signe que des vers de Nydus allaient surgir du sol. Grâce à leur équipement de détection sismique, les Terrans suivaient la progression de ces couloirs souterrains et pouvaient ainsi anticiper leur sortie à la surface. Quand ces saletés de vers de terre géants furent le point de sortir, les scientifiques guidèrent les troupes en retrait la position de sortie. Leur plan de riposte fonctionna. Les vers de Nydus eurent à peine le temps de sortir qu'ils étaient déjà détruits.

Petit à petit, le nombre de Zergs se réduisait. La mère des Couvées Névrosa estima avoir perdu trop de troupes pour continuer les attaques. Réticente mais décidée à gagner, elle fit replier ses troupes pour une future attaque. Voyant les Zergs fuir, les Terrans comprirent qu'ils avaient gagné. Ils laissèrent éclater leur joie. Certains tiraient l'air pour exprimer leur joie. Au centre de commandement, on était satisfait du résultat malgré les pertes. Les armes fournies s'étaient avérées efficaces. Au moins, l'Alliance savait se montrer fiable. Le commandant fut surpris de voir le Général Mathio dans sa salle de commandement.

-Que nous vaut cette visite, demanda le commandant, vous êtes venues voir vos machines à l'oeuvre ?
-C'est plutôt les hommes que je suis venu voir, expliqua Mathio, les Poltergirls m'avaient dit que les récentes recrues savaient un tant soit peu se battre. Au moins, je ne suis pas déçu. Mais j'aurais aimé moins de pertes.
-On a fait ce qu'il était pour le mieux, se justifia le commandant, des pertes étaient inévitables. Voyez le résultat ! On a réussi à repousser les Zergs. Bientôt, nous pourrons contre-attaquer.
-Mais à quel prix, fit remarquer Mathio. Vos hommes sont certes compétents mais les jeter dans la bataille la tête première équivaut à une boucherie. Dans le cas de se défendre, ce genre de plan fonctionnerait mais c'est une autre histoire pour attaquer les Zergs. Gardez bien en tête ce conseil. Ça pourra sauver la vie de plusieurs milliers de soldats.

Mathio tourna les talons au commandant qui haussa les épaules. Ils s'étaient toujours bien sortis. Ce n'étaient pas des conseils donnés par un démon qui allaient changer la donne. Mathio quitta le centre de commandement agacé par le comportement du commandant. Cet homme avait pris trop d'assurance et ça allait lui jouer des tours. En attendant, il devait s'assurer si les inquiétudes de l'exécutrice Sélendis étaient fondées. Jusqu'à présent, il ne s'était jamais interrogé sur les Poltergirls et la nature de leurs pouvoirs. Maintenant, il fallait tirer les choses au clair, découvrir le secret de ces fantômes dont elles ignoraient sûrement tout. La vérité pourrait peut-être les blesser mais aux yeux du Général, elles avaient le droit et le devoir de savoir. Sans perdre une seconde, Mathio contacta Uphir le démon de la Maladie qui mit tout en place pour la visite médicale des Poltergirls.
Les Poltergirls furent surprises d'apprendre qu'elles devaient passer une visite médicale. En arrivant dans la base secrète de l'Alliance, elles furent impressionnées par le matériel médical déployé pour une simple visite médicale. Intriguées, elles ne manquèrent pas de demander la raison de tout cela.

-En fait, expliqua Mathio en dissimulant la vraie raison de cette visite médicale, c'est que normalement les nouveaux membres doivent passer une visite médicale. C'est la procédure habituelle dans n'importe organisme, entreprise. Mais vu que nous avons été occupés ces derniers temps, nous n'avons pas eu le temps pour la faire.
-Si vous voulez bien venir par ici, demanda gentiment Uphir, nous allons commencer les tests physiques.

Les Poltergirls furent soumises à une batterie de tests : de vue, d'audition, de respiration, sur la corpulence, le corps, les dents. Le dernier test fut d'examiner le cerveau des fantômes. L'usage de pouvoirs psychiques pouvant affecter le cerveau, il était donc naturel de faire ce test. Les Poltergirls s'allongèrent pendant que la plateforme les amenait sous les scanners qui sondèrent leur cerveau sous tous les angles. Uphir examina toutes les données. Il prit un scan réalisé il y a quelques heures et le compara avec les scans des Poltergirls. Le résultat fut sans appel : l'intuition de Sélendis était bonne.

-Que fait-on, demanda Uphir assez inquiet de la tournure des évènements.
-Examine l'état de leur cerveau, dit Mathio. Je veux m'assurer qu'elles vont bien. Après 14 ans à vivre avec ça, il me parait évident qu'elles pourraient vivre une vie normale. Mais sait-on jamais, nous devons vérifier qu'elles sont hors de danger.

Uphir avertit ses patientes par un micro que le test allait un peu longtemps que prévu. Là, les Poltergirls commençaient à se douter de quelque chose mais elles savaient que Mathio n'allait pas garder le secret éternellement. Il sera obligé de le dire. Uphir continua les tests. Grâce à la technologie avancée de l'Alliance, il fit diverses simulations pour s'assurer de la bonne santé de ses patientes. Il prit en compte les données obtenues par les scans, par l'ADN des Poltergirls et en tenant de compte de l'état de santé des fantômes pendant les 14 dernières années. Ce qu'il obtint le rassura. Les chances de se tromper étant très faibles, Uphir pouvait donner son diagnostic. Il autorisa les Poltergirls à se lever, le test étant enfin terminé.

Les Poltergirls attendaient impatiemment que les démons de la Boîte de Pandore viennent leur donner les résultats de la visite médicale. Enfin la porte s'ouvrit laissant entrer Mathio et Uphir. Mathio était le plus angoissé des deux. Finalement, il osa s'exprimer.

-Mesdemoiselles, annonça-t-il avec un ton de deuil, ce que je vais vous révéler pourrait vous bouleverser. Alors, je vous demanderais si vous souhaitez entendre la vérité.

Les Poltergirls sentaient que Mathio était sincère dans ses propos. Mais elles se doutaient bien qu'elles n'allaient pas apprécier ce qu'il avait sur le coeur. D'un autre côté, il avait le devoir de le dire car c'était d'une importance capitale.

-Dites-le, répondirent les Poltergirls déterminées et en même temps.
-Soit, dit Mathio en soupirant. D'abord, vos examens physiques sont excellents. Vous êtes donc aptes pour travailler pour nous mais c'était évident. Non, le vrai problème concerne votre cerveau.
-Ce n'est pas vraiment un problème, rectifia Uphir. Vous pouvez vivre une vie normale. En fait, c'est que...
-Vous avez du Protoss dans la tête, compléta brutalement Mathio.

Les Poltergirls furent incapables de comprendre ce que disait Mathio. Elles demandèrent dons des précisions.

-Nous pensons que le projet dont vous avez été les cobayes visait à greffer de la matière grise Protoss dans des cerveaux humains pour accroitre leurs capacités psychiques.

Cette révélation eut l'impact d'une gifle. Les Poltergirls furent si chamboulées que leur coeur battait à toute allure. En l'espace d'un instant, elles comprirent le sens des recherches dont elles avaient fait l'objet. Les moments de trous noirs, le rapprochement entre elles, tout s'expliquait. Pour se calmer, elles prirent un grand bol d'air avant de bloquer leur respiration. Puis elles expirèrent lentement avant de répéter cette technique de yoga deux autres fois. Enfin, elles se tournèrent vers leurs supérieurs qui craignaient le pire.

-Vous avez bien fait, dit Sylvie sans se fâcher. Et sinon, vous avez autre chose à dire ?
-Evidemment, répondit Mathio soulagé. L'exécutrice Sélendis avait senti cette part de Protoss en vous. Et parce qu'elle était inquiète pour vous. Elle pensait que ça vous tuerait si ça restait trop longtemps en vous.

Les Poltergirls furent touchées de l'attention que leur portait la Protoss. Restait à savoir si ces greffes constituaient une menace pour leur santé. Fort heureusement, Uphir expliqua qu'il n'y avait rien à craindre. Les personnes qui avaient réalisé les greffes étaient très compétentes pour avoir réussi ces multiples opérations qui auraient pu être mortelles. Bien que soulagées de leur sort, les jeunes fantômes avaient une certaine rancune contre une personne précise. Mathio eut vite compris qui il s'agissait.

-Je peux comprendre que vous en voulez au professeur Kappa mais serait-il pas judicieux de discuter avec lui calmement ?
-Pas moyen, répondit Sylvie qui avait la plus forte rancune des 4.
-Il faut la comprendre, expliqua Carla, parce que le professeur Kappa n'était pas seulement celui qui dirigeait le projet mais c'est aussi le père de Sylvie.
-Ah, comprit enfin le Général, je me disais bien qu'il y avait un lien de parenté entre ces deux Kappa.
-Et c'est maintenant que vous vous en rendez compte, fit remarquer Iris.
-Il n'est pas rare que Mathio soit tête en l'air, expliqua Uphir, ou manque de concentration sur les choses qui ne l'intéressent pas. Quoi qu'il en soit, nous devons aller voir ce professeur et lui demander plus de détails sur ces recherches.

Les Poltergirls approuvèrent. Tous partirent pour le centre de commandement. Ils furent surpris d'apprendre par les lieutenants que le commandant et le professeur Kappa avaient des jours de congés pour une durée indéterminée.

-Comme par hasard, ironisa Mathio. Je me demande bien comment ils ont su qu'on allait venir.
-Désolé, s'excusèrent les Poltergirls qui venaient de comprendre, on leur a parlé de la visite médicale.
-De là, ils ont deviné ce qui allait se passer, supposa Uphir, craignant votre colère, ils se sont enfuis le temps que vous vous calmiez.
-On est calme, clama Iris.
-C'est drôle que le commandant se soit aussi enfui, fit remarquer Jennifer, serait-il de mèche avec ton père, Sylvie ?
-C'est fort probable, répondit son amie aux cheveux roux, d'ailleurs, le commandant entretenait toujours de bonnes relations avec mon père.
-Donc il était de mèche, conclut Carla. Vous allez envoyer vos hommes les chercher ?
-Ce serait inutile, dit Mathio, de toute façon, ils seront bien obligés de revenir. La menace Zerg est bien trop importante pour qu'ils puissent maintenir leurs congés.
-Evidemment, nous ne les attendrons pas, ajouta Uphir. La meilleure chose serait d'enquêter sur ce projet. Même s'il a pris fin il y a plusieurs années, il doit bien rester des traces. Peut-être à l'académie fantôme
-On peut oublier Tarsonis, commenta Carla, la planète a été détruite par les Zergs il y a 4 ans. L'académie fantôme n'a pas dû échappée à la furie de l'Essaim.
-Qui a parlé d'aller sur Tarsonis, dit Mathio, Uphir faisait allusion à la nouvelle académie fantôme qui se trouve sur la lune Ursa.
-Mais c'est dans le système de Korhal, s'écria Sylvie.
-En effet, confirma Carla, je devine vos intentions, Général. Vous souhaitez qu'on infiltre l'académie pour des indices sur notre projet.
-Honnêtement, j'aurais eu la même idée, dit Sylvie.
-Mais ça implique qu'on doit y entrer, intervint Iris.
-Ce n'est pas faux, admit Jennifer, mais le prince charmant pourrait nous aider sur la question.
-Mesdemoiselles, dit le lieutenant, un message du prince Valérian !
-Quand on parle du loup, dit Mathio, mettez la communication, nous allons avoir une longue discussion.
Arcturus Mengsk était de très mauvais poil et il y avait de quoi. Récemment, les Rebelles de Raynor avaient révélé ses crimes de guerre sur Tarsonis. A présent, le peuple du Dominion hurlait sa colère dans les rues réclamant justice pour les victimes de Tarsonis. Alors qu'il avait tenté de calmer les choses lors de la dernière conférence de presse, Kate Lockwell l'avait tourné en ridicule en mettant en lumière sa vraie nature. Fort heureusement, ses soldats lui étaient fidèles et allaient mater les révoltes. Maudit Raynor, pensa Mengsk. Il se rendit compte qu'il avait eu tort de sous-estimer cet homme. Comme s'il n'avait pas assez de boulot avec les Zergs et l'Alliance, maintenant il doit en plus gérer la stabilité de son empire. En attendant, Mengsk avait d'autres zerglings à fouetter. En regardant dans ses dossiers, il en trouva un qui attira son attention. Après lecture, il fit venir son fils dans son bureau. Ce dernier arriva le plus rapidement possible.

-Vous m'avez appelé, Père ?
-En effet, confirma l'empereur. J'ai trouvé un dossier que nous aurions dû traiter il y a bien longtemps mais les circonstances ont fait que nous n'avons pas eu le temps. Tu te souviens de ces jeunes fantômes sur la planète California ?
-Les Poltergirls ?
-Exactement. J'ai vu leurs récents exploits et il est temps pour elles d'officialiser leur statut de fantômes. Pour cela, elles devront passer les examens à l'académie fantôme. Donc si tu souhaites que ces charmantes demoiselles soient à ton service, il faudra qu'elles obtiennent l'approbation de l'académie.
-Je comprends, Père, répondit l'Héritier qui n'avait guère le choix.
-Si tu pouvais m'aider, mon garçon, se souvint le maître du Dominion, ce sera toi qui leur annoncera la nouvelle car je suis très occupé en ce moment. De plus, je sais qu'elles ne m'apprécient pas beaucoup.
-C'est tout à normal, fit remarquer son fils, si vous aviez utilisé une autre méthode pour vaincre les Confédérés, vous ne seriez pas dans cette situation.

Mengsk grogna silencieusement mais il savait que son fils n'avait pas tort. En effet, Sarah Kerrigan ne serait pas devenue gênante pour lui et Jim Raynor serait resté à son service si Mengsk n'avait pas choisi d'utiliser les émetteurs psi. Sans négliger le fait que Kerrigan ne serait pas devenue la Reine des Lames dans ce scénario. Mais il avait fait ses choix et ne les regrettait pas. Il vaincra cette abomination quoi qu'il en coûte. Soudain, Mengsk se rappela d'une chose importante.

-Une dernière chose, j'aimerais que tu leur demande de faire quelque chose qu'elles seules peuvent faire.

Valérian écouta la demande de son père pour l'accepter bien qu'au fond, il la jugeait nuisible pour l'Alliance. Dès qu'il fut à son propre bureau, le prince contacta le centre de commandement de California où il tomba sur les Poltergirls et deux démons de la Boîte de Pandore.

-Mesdemoiselles, bonjour, dit le prince. Dites-moi, où se trouve le commandant ?
-Parti en vacances avec mon père, expliqua Sylvie, mais la vraie raison, c'est qu'ils ne voulaient pas nous faire face pour nous dire la vérité sur le projet dont moi et mes amies avons fait l'objet.
-Vous avez découvert quelque chose, demanda le prince intrigué.
-Et comment, répondit Mathio, mais avant de vous donner les détails. Lieutenants, ceci est une conversation privée. Je vous prierais de partir le temps de la communication. Et interdiction d'écouter aux portes ou vous aurez à faire à moi.

Devant une telle menace, les militaires n'eurent pas d'autre choix que d'obéir. Une fois seuls, Mathio put expliquer ce qu'ils avaient découvert dans le cerveau des Poltergirls. L'Héritier en fut bouleversé.

-C'est fascinant mais aussi terrifiant. En parlant de projet Fantôme, mon père souhaiterait que les Poltergirls aillent à l'académie fantôme pour passer l'examen.

La nouvelle eut l'effet d'une bombe. En l'espace d'un instant, les démons et les fantômes avaient trouvé un moyen de poursuivre leur enquête.

-Prince Valérian, dit Mathio, vous nous ouvrez une porte.
-Avec votre aide, ajouta Jennifer, nous pourrions trouver des indices sur notre passé.
-Je comprends bien, affirma le prince dans sa noble compréhension, mais vous devez vous attendre à ce que cette infiltration ne soit pas facile car l'académie est très bien gardée. Néanmoins, je ferais tout ce qui en mon pouvoir pour vous aider à découvrir la vérité. Pour l'instant, j'ai carte blanche pour votre inscription.
-Merci pour votre aide, prince, dit Carla toute rouge de voir son bien-aimé les aider.
-Faisons les choses dans l'ordre, dit Mathio, d'abord, l'inscription. Pour pouvoir récupérer les recherches, nous devons déjà pouvoir y entrer. Ensuite, localiser les archives car ce sera sûrement là où sont rangés les vieux dossiers de la Confédération. J'imagine que le Dominion a dû en récupérer un paquet.
-Sûrement, admit Valérian, mais certaines informations ont été perdues suite à l'attaque des Zergs. Et même si on les retrouverait, ne devons-nous pas nous attendre à ce que ce projet soit présent dans les vieux dossiers de la Confédération ? Parce que j'imagine qu'ils ont lu les documents sur vous, mesdemoiselles.
-Aucun danger, assura Iris, le projet en question était classé top secret même au sein du Projet Fantôme. Si quelqu'un devait lire nos dossiers, il découvrirait que notre parcours est classé secret défense.
-Donc aucun risque qu'on découvre quelque chose de compromettant à notre égard, finit Carla. Je suppose que seules les plus hautes sphères peuvent accéder à ces informations. Ça ne serait pas difficile pour quelqu'un comme vous, prince.

Devant cette flatterie déguisée, l'Héritier eut du mal à rester insensible.

-C'est possible. Oh, se souvint le prince, mon père voudrait aussi autre chose.

Il expliqua ce que l'empereur souhaitait de la part des Poltergirls qui manifestèrent leur manque d'enthousiasme.

-ça ne serait pas trahir l'Alliance, demanda Sylvie.
-Pas si nous donnons notre accord, répondit Mathio. Ne pas faire ce que demande ce type susciterait des soupçons sur vous. C'est pour cela que nous allons y travailler dessus pendant que Valérian fera le nécessaire pour vous inscrire. Au passage, essayez d'en savoir plus sur l'emplacement de ce que nous cherchons.
-Prétextez que les Poltergirls vous ont dit qu'elles ont fait partie du projet Fantôme et vous voulez consulter les documents les concernant, proposa Uphir.
-Soit, approuva Valérian, mais une question tourmente mon esprit : pourquoi la Confédération s'est-elle débarrassée de 4 fantômes prometteuses et les a renvoyées vers leur monde natal ? Parce que le projet n'ait pas donné de résultats satisfaisants, je peux comprendre mais elle aurait pu les faire muter sur un autre projet.
-Vous soulevez encore une question sans réponse, répondit Mathio. Le professeur Kappa doit avoir la réponse mais en attendant, concentrons sur l'académie.
-J'espère juste que je n'aurais pas d'ennuis, dit le prince qui souhaitait avoir le trône.
-Pas d'inquiétudes, rassura Mathio, mon plan ne vous nuira pas. Faites donc votre boulot et tout se passera.
-Bien entendu, Général, répondit l'Héritier avant de raccrocher.
Pendant que les Poltergirls et la Boîte de Pandore préparaient leur plan, le prince Valérian partit la lune Ursa. Le voyage fut très rapide étant donné qu'elle se trouvait dans le système de Korhal. En arrivant à l'académie fantôme, il fut accueilli avec tous les honneurs dignes de son rang. On l'amena devant les responsables de l'académie, Kevin Bick et Sarco Angelini.

Le directeur Kevin Bick était un homme chauve de taille moyenne. Vêtu de son simple costume militaire, il parlait avec une voix rugueuse. Côté personnalité, il était un vrai lèche-bottes qui exécutait à la lettre les ordres de ses supérieurs et était un habile politicien. Le surintendant Sarco Angelini était l'opposé de son supérieur, Troisième fantôme ayant un IP 10, il était plus grand et plus jeune. Il arborait un costume aussi tape-à-l'oeil que celui du prince. Dans l'académie, il était chargé d'assurer la formation des recrues et était plus proche des apprentis que son patron.

Le directeur fut le premier à accueillir le prince à bras ouverts.

-Prince Valérian, c'est un honneur de vous avoir entre ces murs.
-Merci, Bick, répondit le prince qui jugea prendre ses distances avec cet homme. Vous avez bien reçu les dossiers, j'espère.
-Et comment, confirma le surintendant, j'avoue que ces jeunes fantômes sont prometteuses. Un IP assez élevé, des capacités au combat exceptionnelles, des états de service remarquables, un esprit d'équipe qui frise la perfection, une mémoire extraordinaire. Les examens ne risquent pas d'être un problème pour elles.
-Je suis bien d'accord, dit Bick. On tient là une équipe équilibrée et soudée. Toutefois, j'ai aussi remarqué une demande d'entorse à la procédure « après la remise des diplômes ».
-En effet, ces demoiselles seront à mon service, expliqua le prince. Mon père a donné son accord pour que je les engage comme gardes du corps.

L'Héritier savait que Bick ne tenterait rien pour déplaire à l'empereur. Grâce à cette petite manoeuvre, il venait de sauver les Poltergirls d'un lavage de cerveau qui les aurait transformées en soldats dociles et dénués de scrupules, ce que le prince désapprouvait. Il avait réussi à convaincre son père de lui offrir un fantôme pour son 21ième anniversaire. Son choix tomba sur Devon Starke un ancien fantôme confédéré à qui il lui rendit sa liberté et sa vie d'homme avec. Depuis ce jour, Devon lui vouait une loyauté sans faille pour l'avoir sauvé. Seulement, pour aider son maître, Devon Starke se sacrifia pour permettre au prince de cacher Jake Ramsey un archéologue qui avait abrité l'esprit d'un conservateur Protoss. La raison ? Il avait fallu le soutien de l'empereur pour retrouver le chercheur mais Mengsk ne tint pas la promesse de laisser partir l'archéologue pour mieux s'approprier les connaissances qu'il détenait encore. Ce fut à ce moment-là que le fantôme se sacrifia pour voir son esprit détruit par les fantômes du Dominion. Depuis, l'Héritier ne vint plus réclamer de nouveaux fantômes en mémoire de cet homme qui avait donné sa vie pour lui permettre d'échapper à ce dilemme. Quant aux Poltergirls, elles lui rappelaient Sarah Kerrigan qu'il ne connaissait que par son père et l'apaisaient de par leur présence. Quelque part, le prince s'était pris de sympathie pour ces fantômes. A présent, il faisait tout pour empêcher qu'elles connaissent le même sort.

-D'ailleurs, il y a quelques informations dont j'ai eu connaissance il y a peu, se rappela le prince.
-Nous vous écoutons, répondit Bick tout ouïe.
-Eh bien, voilà, s'expliqua le fils de l'empereur, ces demoiselles m'ont révélé avoir pris part au projet Fantôme il y a de cela 15 ans.
-Vraiment, répondit Bick surpris de cette révélation, nous devrions consulter les anciens dossiers de la Confédération pour nous en assurer.
-J'aimerais bien voir ces dossiers, intervint le prince qui voyait une occasion de localiser les archives. Vous ne voyez pas d'inconvénients ?
-Pas du tout, répondit le directeur de l'académie qui souhaitait rester dans les bonnes grâces de l'empereur. Si vous voulez bien nous suivre.

Le prince accepta. Les trois hommes descendirent dans les sous-sols. Bick ouvrit la porte grâce à sa rétine. A l'intérieur de la salle des archives, se trouvait un immense ordinateur. Tout autour, il y avait plusieurs unités centrales qui tournaient au ralenti. A l'intérieur d'une de ces unités de données, se trouvaient surement les recherches sur les Poltergirls, pensa Valérian avant de se tourner vers les responsables de l'académie.

-Voyons voir, dit Sarco qui consulta le grand ordinateur. Ça y est ! Les voilà.
-4 ans, lut Bick sur l'écran, elles étaient vraiment jeunes. Il est surprenant de les voir reprendre du service après tout ce temps.
-C'est surement lié aux recherches dont elles ont fait l'objet, expliqua le surintendant, d'après le rapport, elles ont été écartées pour résultats insuffisants. En principe, les confédérés s'en débarrassent de façon radicale mais elles ont eu de la chance. Quelqu'un a demandé qu'on fasse exception à la règle mais les détails demeurent encore inconnus.

Voilà qui était intéressant, pensa Valérian. Il était fort probable que le professeur Kappa ou le commandant soit lié à cette fameuse demande. Mais pour l'instant, il devait encore connaître le nom du projet. Calmement, il s'approcha de l'ordinateur et regarda l'écran. Comme les Poltergirls lui avaient dit, leur parcours était « classé secret défense pour participation au projet Ascension ».

-Dites-moi, fit remarquer Bick au prince, vous intéressez aussi à leur projet ?
-Bien sûr, répondit calmement l'Héritier, elles seront mes employées. Il est donc normal que je sache le plus de choses sur elles.
-C'est tout naturel, répliqua Sarco, ce serait avec joie que nous vous confierons le dossier du projet Ascension mais il est crypté. Avec tout le travail que nous avons eu durant ces 4 dernières années, nous n'avons pas pu les faire décrypter mais ce n'est qu'une question de temps.

Le prince Valérian contrôla vite sa surprise. Il fallait donc faire vite pour éviter que le Dominion ne découvre la nature exacte du projet « Ascension ». Au vu des résultats apportés par les Poltergirls, il était évident que ces recherches allaient reprendre du service. Ce qui signifiait que de jeunes fantômes allaient sacrifiés et ça, le prince Valérian ne pouvait tolérer qu'une telle chose se produise.

Le directeur Dick reconduisit son invité à son vaisseau qui ramènerait le prince sur Korhal. Alors que le vaisseau s'envolait, Dick demanda à son subordonné :

-Qu'en pensez-vous du prince ?
-Il m'a semblé un peu louche, lui répondit Sarco, mais j'imagine c'est parce qu'il s'est attaché à ces fantômes.
-Il est jeune et idéaliste, justifia son supérieur. D'ici quelques années, il comprendra que l'univers n'est pas aussi rose qu'il le pense.

Sur California, On terminait le travail demandé par l'empereur. Le plan d'infiltration fut mis au point avec d'autres plans en vue de parer à tout imprévu dans le plan principal. A l'université militaire, la nouvelle de l'examen pour les Poltergirls s'était répandue comme une traînée de poudre. En effet, les lieutenants avaient malgré tout écouté aux portes mais n'avaient compris que l'histoire d'examen. Très vite, l'information était passée à des connaissances des lieutenants qui étudiaient à l'université. Devant l'insistance de presque toute l'université, les Poltergirls n'eurent pas d'autre choix de confirmer la rumeur. Au moment du départ, toute la classe était venue encourager les Poltergirls pour qu'elles réussissent l'examen.

-Faites honneur à l'université, demanda Marc, montrez-leur ce que des soldats formés sur la planète California sont capables.
-Comptez sur nous, répondit Sylvie.

Le vaisseau décolla et partit avec son bord 4 fantômes qui n'allaient pas seulement passer l'examen de l'académie fantôme mais aussi découvrir une vérité qui les bouleversera.
A l'académie fantôme, la venue des Poltergirls se répandit aussi rapidement qu'à l'université militaire pour leur examen. Tous voulaient rencontrer ces fantômes dont leurs exploits étaient connus de tous. Lors de la troisième vague Zerg sur California, le prince avait proposé une idée qui avait beaucoup plu au surintendant : reprendre des méthodes d'enseignement de l'université pour les intégrer à l'académie fantôme. Et pour appuyer l'idée, Sarco fit connaître aux recrues l'efficacité de l'enseignement par le biais des exploits des Poltergirls.

9h56, heure locale. Sarco Angelini attendait sur la piste d'atterrissage le vaisseau qui transportait les nouveaux espoirs de l'armée du Dominion. Avec elles, son patron allait s'en servir pour promouvoir davantage le projet Fantôme et inciter les gens à confier leurs enfants doués de pouvoirs psychiques à l'académie. Soudain, un bruit de vaisseau se fit entendre. Enfin elles arrivaient, et quand elles descendirent, le surintendant les accueillit à bras ouverts.

-Soyez les bienvenus. Je présume que le prince Valérian vous a averti de qui je suis mais je vais me présenter. Je me nomme Sarco Angelini et je suis le surintendant de cette académie. Veuillez excuser l'absence du directeur. Il est très occupé en ce moment. J'espère que vous avez fait un bon voyage.
-Disons qu'il n'y a rien eu de fâcheux, dit Sylvie.
-Un peu de repos nous ferait du bien, dit Carla dont le voyage lui avait paru trop long.
-Je comprends, répondit Sarco. Si vous voulez bien me suivre, je vais vous conduire vers vos chambres.

Les Poltergirls suivirent leur hôte vers les dortoirs. Sur la route, le groupe croisa des étudiants qui, à la vue des Poltergirls, regardèrent les nouvelles venues avec fascination. Les filles étaient jalouses de leur charme alors que les mecs craquaient. Ces réactions ne passèrent pas inaperçues pour nos héroïnes qui se sentirent flattées. Quand elles arrivèrent à leur chambre, elles furent épatées. S'attendant des appartements misérables, elles découvrirent quelque chose de modeste mais ça restait confortable.

-Ben dites donc, fit remarquer Iris, vous savez veiller sur nous.
-Cela n'a rien de surprenant, expliqua Sarco, car voyez-vous, j'ai été un élève de cette académie. A cette époque, ce n'était pas aussi bien qu'aujourd'hui mais grâce à mes idées et à mon expérience, l'académie a su améliorer les conditions de vie des recrues.

Pour les Poltergirls, il était évident que ces mesures de confort servaient plutôt à donner une meilleure image médiatique du projet Fantôme. Certaines pratiques du temps de la Confédération étaient sûrement restées. Mais elles notèrent une sincérité de la part de leur interlocuteur. Cet homme semblait oeuvrer pour le bien du projet Fantôme mais il ne fallait pas se laisser attendrir. Elles étaient là pour l'examen. Trop fatiguée, Carla s'écroula sur un lit pour s'endormir.

-Excusez-la, se justifia Jennifer, le voyage nous a tous épuisées.
-Je comprends, dit le surintendant en donnant un plan du bâtiment. Voilà le plan de l'académie. Vous trouvez la caféteria ici. Reposez-vous en attendant le repas.
-Merci, dit Sylvie. Et concernant l'examen ?
-C'est vrai, se rappela le second de Bick, mais j'attendrais que votre amie soit réveillée pour vous expliquer les détails. En raison des examens qui auront dans deux jours, les cours sont suspendus pour permettre aux apprentis à se préparer aux examens. Seuls les entraînements sont encore en activité.
-Si c'est possible, demanda Sylvie, lorsqu'on sera amenée à réaliser des épreuves en équipe, serait-il possible qu'on garde notre groupe ? Si ce n'est pas trop égoïste.
-Non, répondit Sarco d'un air amical, c'est normal quand on sait que vous êtes des amies de longue date. J'essaierais de vous mettre ensemble pour les épreuves collectives. Il me revient une chose. Vous l'avez sans doute remarqué mais tous les étudiants de l'académie ont eu vent de vos exploits. Vous risquez d'être assaillies de questions.
-On s'en débrouillera, rassura Iris en donnant une clé USB, d'ailleurs, nous avons notre rapport à vous donner.
-Je vois, dit le surintendant en prenant la clé. J'imagine que vous avez une copie pour me confier cette clé. Vous présenterez ce rapport après les examens et devant les dignitaires de l'armée du Dominion.

Le rapport en question était le rapport que Mengsk voulait que les Poltergirls fassent avant de venir à l'académie. Ce dossier rassemblait toutes les informations qu'elles auraient pu collecter sur l'Alliance Démoniaque. Si ce rapport allait être présenté devant un nombre important de personnes, c'était que l'organisation des Ténèbres était finalement reconnue comme étant aussi dangereuse que l'Essaim. Ayant tout dit, le surintendant laissa les nouvelles se reposer.

Après une bonne sieste de deux heures, les Poltergirls rangèrent leurs affaires et prirent un communicateur démoniaque. Cet appareil avait l'avantage de ne pas être détectable par les détecteurs du Dominion. Donc les conversations ne pouvaient pas être écoutées. Seulement sa portée était plus faible que celle des communicateurs habituels. Pour éviter d'être découvertes, le communicateur démoniaque ressemblait à un miroir. Ce qui n'avait rien d'étrange si on le trouvait dans les affaires d'une fille. Elles activèrent l'artéfact des ténèbres avec leur pouvoir. Le miroir s'enveloppa d'une sombre aura. Puis le reflet des Poltergirls disparut et une autre forme apparut sur la glace pour se révéler être le Général Mathio.

-Mesdemoiselles, comment s'est passée votre arrivée ?
-Très bien, affirma Sylvie.
-Personne ne soupçonne rien, ajouta Iris.
-On est même célèbre dans l'académie, compléta Jennifer.
-Les examens commencent dans deux jours, expliqua Carla, et ensuite on présentera notre rapport.
-Je vois, s'exclama Mathio. Essayez d'en savoir plus sur les examens et les évènements à venir. Il doit bien avoir une fête de promotion. Ce serait l'occasion idéale pour s'emparer de ce qu'on cherche.
-En effet, confirma Jennifer, seulement, d'après le prince, ces données sont codées et qu'il y aura bientôt quelqu'un qui viendra les décoder. Que fait-on ?
-Nous sommes en train de trouver un plan, répondit Mathio. J'aurais besoin de plus de données. Nous nous recontacterons dans la soirée.
-Compris !
-Une dernière chose, avertit le démon, j'aimerais que vous évitiez de vous faire remarquer. Avec votre notoriété dans l'académie, tous les regards seront pointés sur vous. Il parait même que Nova se trouve en ce moment à l'académie. Alors soyez prudentes avec elle.
-Ok, soupira Sylvie qui avait bien envie de mesurer à Nova. On essaiera de ne pas attirer son attention.
-Je l'espère car l'Alliance a dû intervenir pour altérer ses souvenirs de vous pour éviter qu'elle vous identifie comme Aurore. On se revoit ce soir. Terminé.

Le reflet de Mathio disparut et les Poltergirls rangèrent le miroir en lieu sûr. Elles se rendirent à la cafétéria où comme l'avait prédit Sarco, elles virent une horde d'apprentis fantômes leur sauter dessus pour leur demander des détails de leurs exploits. Le nombre de fans était si important que les Poltergirls ne pouvaient plus avancer pour aller manger. Il fallut l'intervention de monsieur Angelini pour ramener l'ordre et laisser les nouvelles tranquilles. Devant l'excitation devenue difficile à gérer, Sarco proposa qu'une conférence soit organisée après le repas à 13h30 dans un amphithéâtre. La proposition eut l'effet escompté puisque la masse de fans se désagrégea d'elle-même. Les Poltergirls purent enfin manger. Sarco se joignit à leur table pour s'assurer que d'autres personnes ne viennent importuner ses nouveaux espoirs de l'académie.

-Désolé pour ce qui vient se passer, s'excusa le surintendant, je n'aurais jamais cru que ça arriverait jusque-là.
-Ce n'est rien, répliqua gentiment Sylvie, vous avez pris la bonne décision de faire cette conférence. Ça devrait les calmer le temps des examens.
-Et si vous présentez les modalités des examens pendant la conférence, proposa Iris.
-Ma foi, pourquoi pas, répondit Sarco qui trouvait l'idée assez bonne.

A 13h, les Poltergirls suivirent leur supérieur dans un amphithéâtre. Là-bas, ils préparèrent la salle pour accueillir ceux qui voulaient rencontrer les Poltergirls. D'ailleurs le nombre de personnes ayant cette idée en tête était élevé. En l'espace d'un instant, la salle était pleine à craquer. On était à deux sur une même chaise tellement que le nombre de places était insuffisant pour accueillir tout le monde correctement. 13h30, les Poltergirls demandèrent le silence pour pouvoir commencer la conférence. Au seuil d'une porte, se trouvait une jeune femme blonde qui observait les Poltergirls avec dédain.
-Bonjour et bienvenue à cette conférence dédiée à nous, les Poltergirls.

Sylvie animait la dite conférence avec joie et bonne humeur. Elle et ses amies ressentaient la joie dans la salle. Continuant dans leur lancée, Carla prit le relais :

-Nous répondrons à toutes les questions dans la mesure du possible. Mais sachez que nous présenterons un rapport sur l'Alliance Démoniaque après les examens. Les grandes lignes nous seront expliquées par monsieur Angelini, ici présent. Vous pouvez poser vos questions.

De nombreuses mains se levèrent presqu'en même temps. Au hasard, Iris choisit une personne qui posa la première question.

-Pourquoi avez-vous travaillé pour l'Alliance ?
-Je pense qu'il y a méprise, répondit Sylvie, nous n'avons pas travaillé pour eux. Ce sont eux qui sont venus à nous pour nous aider.
-Pourquoi ?
-On l'ignore, répondit Iris, mais l'important, c'est que le boulot soit bien fait.
-D'autres questions, demanda Sylvie avant de désigner une autre personne.
-On raconte qu'il existe un Zerg mutant. Est-ce vrai ?
-C'est la vérité, confirma Carla. Il se nomme Sylvestre et il a été créé par la Boite de Pandore dans un but qui demeure encore inconnu. Aux dires de ses créateurs, il serait plus puissant que la Reine des Lames. Enfin, en termes de puissance.
-Croyez-nous sur parole, insista Iris, ce Zerg n'est pas un adversaire à sous-estimer. Ses capacités et ses pouvoirs font de lui l'un des Zergs les plus dangereux du secteur de Koprulu.
-Cette Boîte de Pandore est-elle si dangereuse ?
-Et comment, répliqua Jennifer. Rien n'arrête ces timbrés ! Mathio, le chef du groupe, a détruit une ville à lui tout seul. Ils ont créé un Zerg doté d'une puissance phénoménale, attaqué l'empereur dans son bureau sans que la sécurité s'en rende compte, tourné en ridicule l'armée du Dominion avec des balais. Si ce ne sont pas des exemples de leur dangerosité, je vous le demande ce qu'il vous faudrait.
-Et encore, ils n'y allaient pas à fond, ajouta Sylvie. Ce que nous voyons de l'Alliance n'est qu'une petite partie de leur puissance. On raconte que cette organisation a des galaxies sous son contrôle.

Cette révélation provoqua une vague de terreur. Leur ennemi serait bien plus puissant qu'il en a l'air. Plus fort que les Protoss et plus sournois que les Zergs, voilà ce qu'était l'Alliance. Une personne familière à nos héroïnes se leva et posa sa question.

-Excusez-moi mais comment pouvez-vous être aussi bien informées ?
-Kate, dit Iris quand elle et ses amie se rendirent compte de sa présence, que faites-vous ici?
-Mon boulot, bien sûr, expliqua la journaliste. Un reportage sur l'Académie Fantôme, pour être précise.
-Je vois, dit Carla. Pour répondre à votre question, Kate, c'est que l'Alliance nous a donné un petit livret contenant des informations générales de leur organisation. Evidemment, pas d'explications sur leurs projets ou sur l'identité de leurs membres.
-Et vous avez déjà croisé la Boîte de Pandore, demanda un fantôme dans les gradins.
-Une ou deux fois, estima Jennifer, mais je ne vous cache pas qu'ils avaient l'air assez sympathiques.

Sarco toussa en guise d'avertissement. Jennifer tenta de corriger le tir.

-Enfin, ce n'est que mon avis. Ils peuvent très bien cacher leurs vraies intentions derrière des sourires comme d'autres personnes que nous connaissons.
-Pourquoi ne pas avoir arrêté les agents de l'Alliance, interrogea une fille au premier rang. Je peux comprendre pour la Boîte de Pandore qui doit être trop forte pour vous mais leurs sbires ?
-Pour une raison très simple, répondit Iris, c'est qu'ils étaient malins. Ils assuraient leurs arrières avec le chantage. Du genre « nous avons quelque chose qui vous intéressent. Laissez-nous partir et vous l'aurez ». Difficile de refuser dans ces conditions. Après qu'ils aient fui, il devient impossible de les poursuivre. Ou encore parce que nous n'étions pas en position de force.
-Parlons plus de vous en termes privés, demanda Kate. Dans quelles circonstances, votre groupe s'est-il formé ?

Le public réagit assez vivement. Voilà qui devenait plus intéressant. Gênées, les Poltergirls finirent par répondre.

-Comment dire, bredouilla Sylvie.
-La réponse est simple, répondit Carla en redressant ses lunettes, nous avions fait partie d'un même projet dans le cadre du Projet Fantôme il y a de cela 15 ans.
-Et comme le courant passait bien entre nous, compléta Iris, on est vite devenue amies.
-Et il vous est arrivé de vous disputer, demanda quelqu'un dans la salle.

La question était plus embarrassante que la première. Ne voulant pas parler de ce sujet tabou, les Poltergirls se contentèrent d'un :

-On passe. D'autres questions ?
-Explique-nous ce qui vous ait arrivées durant ces dernières années, interrogea Kate.
-Pour faire simple, expliqua Sylvie, les responsables du projet Fantôme ont coupé les fonds des recherches dont nous faisions l'objet pour résultats insuffisants. Puis on nous a renvoyées sur California.
-C'est un peu gros comme explication, dit Kate qui trouvait cela assez étrange.
-Je vous assure que c'est la vérité, intervint Sarco. De ce que j'ai lu de leurs dossiers, c'est ce qui s'est passé. Par contre, je suis surpris que vous ayez repris du service.
-En fait, c'est à cause des Zergs, justifia Iris, et comme ils se préparaient pour une attaque de grande envergure, le commandant de California a fait appel aux personnes les plus qualifiées pour larguer des ogives.
-C'est-à-dire des fantômes, donc nous, compléta Carla.
-Et c'est après que vous avez rencontré Sylvestre, demanda un autre apprenti fantôme.
-En effet, confirma Jennifer. Il était même accompagné de deux hydralisks et de Ner'zhul son gardien. A ne pas sous-estimer car il est aussi dangereux que le Zerg. Mais vous le découvrirez lorsque nous présenterons notre rapport sur l'Alliance après les examens.
-Une dernière question, dit Kate, votre but dans la vie ?
-Protéger l'humanité des menaces qui veulent la détruire, répondit Sylvie.
-Plus personnel, ajouta Carla, nous souhaitons retrouver une amie que nous avons perdue de vue depuis le projet Fantôme. C'est notre plus grand rêve.
-Et ne demandez pas qui c'est car c'est privé, dit Iris prévoyante.
-Merci de vos questions, conclut Jennifer. Monsieur Angelini va maintenant nous présenter les modalités des examens.
-Merci, dit le surintendant en prenant place au pupitre. Comme vous le savez déjà, les examens auront lieu dans deux jours. Ce seront des épreuves pratiques qui viseront à tester vos capacités de fantôme. Vous devrez avoir un score de 70% de réussite pour valider votre examen. Les résultats vous seront envoyés par mail 24 heures après la fin des examens. Comme les Poltergirls vous l'ont dit, elles présenteront un rapport de la plus haute importance. Présence obligatoire pour tous. Enfin, un bal de promotion sera organisé le soir même de cette présentation. L'empereur Mengsk sera présent à la cérémonie. Alors ne le décevez pas.

La pression était énorme car l'empereur pouvait changer la vie d'une personne même si les récents évènements avaient sali son image. Tout le monde voulait faire honneur à l'empereur, quitte à jouer les lèches-bottes. Soudain, la jeune femme qui était au seuil de l'entrée de la salle monta sur l'estrade pour faire un discours, pour le moins, méchant.

-Un beau tissu d'âneries, s'exprima méchamment la blonde, votre conférence. Juste pour montrer à tous votre incompétence à arrêter ces criminels de l'Alliance et à faire votre boulot correctement.
-Mademoiselle Nova, je vous prierais de modérer vos paroles, tenta Sarco pour éviter le pire.
-Que dire de votre chimère que vous appelez votre rêve, continua froidement Nova, oubliez ça et revenez à la réalité. Votre amitié est aussi répugnante qu'un contaminé. Quant à cette amie, je crois savoir de qui il s'agit. Et je dirais même qu'elle méritait de mourir.

Devant de telles moqueries, les Poltergirls ne pouvaient rester insensibles. En l'espace d'un instant, elles se jetèrent sur Nova et lui assainirent chacune un coup de poing à différents endroits du corps pour maximiser les dégâts. Le surintendant détourna les yeux, main au visage, pour ne pas assister au spectacle qu'il craignait arriver.
Sous ces 4 attaques simultanées, Nova s'envola sur plusieurs mètres. Dans la salle, tous furent surpris de la tournure des évènements. On s'attendait à une réaction des Poltergirls mais pas aussi violente et aussi rapide. Kate voulut revoir le passage sur sa caméra robotique mais la scène n'avait pas été filmée comme si la caméra avait cessé de fonctionner d'elle-même. Pour Sarco, qui se souvenait des capacités des Poltergirls, avait compris qu'avant les coups de poings, Jennifer avait demandé à la caméra de se désactiver. Ce geste avait sauvé l'académie d'un nouveau scandale mais il fallait résoudre ce nouveau problème. Nova s'était ouvertement moquée des Poltergirls qui l'avaient très mal pris. En toute logique, Sarco devrait réprimander Nova pour avoir été l'origine de ce problème mais il craignait de subir les foudres de ses supérieurs. D'ailleurs, le directeur de l'académie en personne arriva dans la salle.

-Mais enfin, Sarco ! Que se passe-t-il ?
-Eh bien, bégaya le surintendant trop effrayé de dire la vérité.
-C'est un peu à cause de nous, expliqua Sylvie.
-Mais nous avions une bonne raison, ajouta Carla.
-En fait, Nova nous a insultées, compléta Iris.
-Alors, on l'a frappée, termina Jennifer.

Bick regarda d'un air sévère les Poltergirls. Au moment de donner une réponse, Nova se leva, folle de rage :

-Vous n'allez pas les laisser s'en tirer comme ça ! Après m'avoir frappé devant toute l'Académie.
-Il faut dire, se justifia le directeur, que vous êtes responsables de ce désordre. Il apparait normal de vous sanctionner.
-C'est vrai, confirma Sarco content que le directeur soit du même avis que lui. Votre attitude commençait à nuire à l'Académie. Nous avons fermé les yeux mais maintenant, vous avez dépassé les bornes.
-On verra ce qu'en dira l'empereur qu'il aura vent de toute cette histoire.

Sarco fut pris d'un frisson de terreur. Les choses pourraient mal tourner si l'empereur venait à intervenir. L'affaire prenait une ampleur plus importante.

-Que penseront les médias s'ils apprenaient cet incident ?
-Ils n'en sauront rien, répondit le surintendant avant de s'expliquer. Avant de vous agresser, les Poltergirls ont pris la peine de neutraliser la caméra de la journaliste.
-Mais ça ne change rien au fait que ces gamines m'ont frappé au visage, répliqua Nova, j'exige réparation.
-Pourquoi ne pas faire un combat officiel, proposa Bick. Si les Poltergirls gagnent, Nova sera suspendue pour une semaine. Dans le cas contraire, les Poltergirls seront renvoyées.

Les deux partis acceptèrent prétextant qu'ils ne comptaient pas perdre. Dans les vestiaires, les Poltergirls se préparèrent. Elles se rappelèrent de ne pas utiliser le pouvoir des ténèbres pour ne pas être découvertes. Soudain la porte s'ouvrit et Sarco entra. Cette arrivée surprit les fantômes qui ne s'y attendaient pas. Bien que gêné pour parler, le second de Bick parla enfin.

-Je suis désolé pour ce qui vient de se passer. J'aurais dû être plus sévère avec Nova. J'aurais dû intervenir.
-Ce qui est fait est fait, dit Sylvie.
-On va corriger cette mégère, affirma Carla avec conviction.
-Et après, on passera nos examens, ajouta Iris.
-Et enfin, on retournera chez nous pour en finir avec les Zergs, termina Jennifer.

Devant autant de confiance, Sarco Angelini jugea de ne rien ajouter d'autre et quitta les vestiaires. Il partit rejoindre son supérieur dans une loge donnant une vue sur l'arène où allaient combattre les 5 fantômes. Le lieu du combat était une reconstitution d'un désert avec du sable et des rochers. Quand les combattantes furent toutes présentes, le surintendant parla dans un microphone pour expliquer les règles.

-Vous allez combattre dans cette arène. Vous serez autorisées à utiliser vos pouvoirs psychiques. Des armées chargées en munitions non-létales sont disséminées sur le champ de bataille. La victoire reviendra à l'équipe qui vaincra l'équipe adverse. Toute personne qui sera « éliminée » ne devra intervenir dans le combat sous peine de disqualifier son équipe. Je serais habilité, en tant qu'arbitre, à interrompre le match si je le juge nécessaire. Tout refus d'obéir à mes ordres sera sanctionné. Est-ce bien clair ?

Les fantômes acceptèrent les règles, attendant le signal. Enfin, Sarco donna le début des hostilités, espérant la victoire des Poltergirls. Nova s'élança sur ses ennemies pour les attaquer la première. Sylvie fut la première à réagir. Elle attrapa l'IP 10 et la projeta en l'air. Profitant de ce moment, les Poltergirls se téléportèrent vers une position inconnue de Nova. Cette dernière n'allait pas être un adversaire ordinaire. Elle se rétablit rapidement pour retomber sur ses jambes. Devinant les intentions des Poltergirls, Nova chercha des armes pour prendre l'avantage. Bien que l'arène ne soit pas si grande, elle eut beaucoup de difficultés à trouver une arme chargée car il semblerait que quelqu'un se soit amusé à chiper les munitions. Comprenant enfin les véritables motivations de ses Némésis, Nova chercha mentalement ces dernières pour les localiser au centre. Quand elle arriva sur place, elle vit que les Poltergirls l'attendaient. Les chargeurs étaient derrière elles.

Nova n'eut pas le temps d'aller récupérer les chargeurs car Sylvie s'était élancée sur elle, lançant des attaques physiques imprégnées d'énergie psionique. Nova esquiva tant bien que mal les assauts mortels de son première adversaire. Voyant une ouverture, Nova riposta pour toucher Sylvie au visage. Mais cette attaque ne fut pas sans conséquence car le bras droit de Nova fut affecté par un champ psionique qui blessait tout attaquant au corps-à-corps. La dernière attaque de la fantôme d'élite, bien qu'efficace, ne fit pas tomber Sylvie qui contre-attaqua immédiatement en portant un coup chargé d'énergie psionique sur le ventre de son adversaire qui fut projetée dans les airs. Carla se téléporta immédiatement derrière celle qui les avait insultées pour la projeter sur le sol. Soudain un courant d'air généré par Iris propulsa Nova vers Jennifer qui lui asséna un enchaînement de coups dignes d'un Street Fighter. Dans la loge, les responsables de l'académie observaient avec grande attention ce combat de titans.

-Fascinant, lâcha Bick impressionné par la performance des Poltergirls.
-C'est le moins qu'on puisse dire, répondit Sarco tout aussi impressionné.

De ce qu'il voyait, le surintendant pensa que ses nouveaux poulains avaient une chance de vaincre la meilleure fantôme du Dominion. Ses pensées furent interrompues par Bick qui semblait avoir deviné les pensées de son subordonné.

-Tu souhaites vraiment la victoire de ces filles, demanda Bick.
-Oui, répondit Sarco après avoir hésité à répondre. Les Poltergirls ont un grand potentiel. Il serait dommage de refaire les mêmes erreurs que la Confédération. Parfois, je me demande si effacer la mémoire des fantômes est vraiment nécessaire.
-Tu connais les ordres de l'empereur, Sarco, dit le directeur, c'est le meilleur moyen de s'assurer de la loyauté de nos agents. De plus, ils n'ont pas besoin de bagages émotionnels encombrants.

Pour Sarco, son avis était partagé. Si c'était pour leur faire oublier des évènements compromettants ou des souvenirs douloureux, soit mais la pratique était poussée un peu trop loin et c'était contradictoire avec sa façon de faire. Il suffisait de voir les résultats avec Nova Terra pour comprendre ce qui n'allait pas.

Dans l'arène, Nova se relevait des dernières attaques. En dépit d'être assez amochée, elle perdait le contrôle d'elle-même comme si elle préparait un sale coup.

-Pas mal, admit Nova en essuyant le visage, mais la partie est terminée. Je vais conclure ce combat avec cette attaque.

Sur ces mots, elle concentra une quantité d'énergie psionique importante. Les Poltergirls comprirent ce que manigançait leur adversaire. Elles prirent de la distance et allèrent se mettre à l'abri. Nova les voyait fuir. Peu importe où elles allaient, l'attaque psionique allait les toucher de toute façon. Quand elle eut terminé de charger, elle lança sa plus puissante attaque sur l'arène. Elle fut si éblouissante que les personnes présentes dans la loge se couvrirent instinctivement les yeux. Le choc de l'explosion fut si violent qu'elle secoua l'arène. Les murs vibrèrent mais tinrent bon.

Quand la fumée causée par l'explosion se dissipa, on ne vit que Nova. Les Poltergirls semblaient avoir disparu. Sarco les chercha partout mais les trouva pas. Satisfaite, Nova voulut revendiquer sa victoire mais quelque chose sortit du sable. Une grosse bulle d'air qui libéra les Poltergirls qui s'étaient cachées à l'intérieur. Le « vice-directeur » fut soulagé de les voir saines et sauves. Seule Nova était furieuse de les voir s'en tirer aussi peu de dégâts mais la façon dont elles s'étaient prises pour échapper à son attaque avait dû les éprouver mentalement. De son côté, elle était sonnée par l'utilisation de son pouvoir. La prochaine offensive décidera de l'issue de ce combat. Décidées à lui rendre la pareille, les Poltergirls lui lancèrent sur un ton de défi:

-A ton tour de morfler ! Tu vas goûter à la puissance de notre esprit d'équipe.

Sur ces paroles emplies de détermination, les Poltergirls aux 4 points cardinaux de Nova qui pressentait un danger imminent de cette formation et elle avait raison. Iris et Jennifer foncèrent sur le chien de garde du Dominion à une très grande vitesse qui surprit Nova. Un spectateur croirait les voir glisser. A quelques centimètres de leur adversaire, les deux Poltergirls exécutèrent un double lariat qui coupa le souffle à leur victime. A l'observatoire, on était surpris par la tournure des évènements.

-Diable, lâcha Bick encore plus impressionné qu'avant. Comment font-elles ce tour de magie ?
-Le vent, expliqua le surintendant qui connaissait les pouvoirs des nouvelles recrues, Iris a dû utiliser son vent psionique pour créer des bulles d'air sous leurs pieds. Ce qui élimine les frottements avec le sol. Pour simple, c'est le même principe qu'un aéroglisseur.
-Je vois, comprit enfin le directeur, elle exploite vraiment bien ses capacités. Sans parler de Sylvie qui a su créer un champ autour d'elle pour dissuader d'éventuels assaillants. Si elles montrent autant de talents pour ce combat que pour l'examen, ces tests ne seront qu'une formalité.
-En effet.

Au même moment, Carla se téléporta près de Nova, se retourna et posa ses mains sur le sol. Tel un ressort qu'on venait de comprimer, elle donna un puissant coup de pied qui fit voler sa cible. Mais ce n'était pas fini car Carla se téléporta par derrière et projeta Nova vers Sylvie qui vint l'accueillir avec son poing gauche. Le coup au ventre plaqua Nova au mur. Ce fut au tour du poing droit de Silvie de frapper. Chargé d'énergie psionique, il fonça droit vers la tête de l'ignoble cabot de l'empereur. Au même moment, le coup dévia de lui-même pour toucher le mur qui se fissura sous l'impact. Les spectateurs furent surpris de voir la fantôme dévier son coup pour épargner son adversaire. Seul Sarco comprenait les raisons qui ont poussé Sylvie à faire ce geste. Il prit alors le micro et annonça enfin :

-C'est terminé ! Les Poltergirls remportent le combat !!

Folles de joie, les héroïnes se lâchèrent. Elles venaient de battre un fantôme qui pouvait se prétendre être l'égale de leur idole. C'était un pas de plus vers leur but. Elles rendirent à l'infirmerie pour soigner leurs blessures où Sarco en personne vint les féliciter :

-Mes félicitations ! Pendant un instant, j'ai bien cru qu'elle vous avait eues.
-C'est que vous nous connaissez mal, répondit Sylvie qui recevait des soins pour les coups qu'elle avait pris.
-Au moins, Nova a eu ce qu'elle méritait, ajouta Carla.
-Il y a quelque chose qui m'intrigue, avoua Iris, pourquoi Nova était-elle toujours comme ça ?
-A vrai dire, elle était dans sa mauvaise humeur, expliqua le surintendant. Depuis sa défaite contre Aurore la fantôme de l'Alliance, elle est devenue plus agressive. Mais la vraie cause est liée au fait qu'elle n'arrive plus à se rappeler de certains souvenirs, comme s'ils avaient été scellés.

Sarco ne croyait pas si bien dire. Quand Nova fut vaincue par la fusion des Poltergirls, elle s'était évanouie suite au choc qu'elle avait eu lorsqu'elle vit qu'elle ne pouvait battre son adversaire. Pendant que les troupes du Dominion encerclaient l' « assassin » de Roberto Wolf, les médecins emmenèrent Nova en lieu sûr pour lui prodiguer les soins nécessaires. Alors qu'elle était encore évanouie, deux démons de la Boîte de Pandore s'étaient déguisés en docteurs et scellèrent certaines parties de la mémoire de Nova concernant le combat contre Aurore comme la fusion des Poltergirls et leur présence sur le toit. Evidemment, les Poltergirls avaient été informées de la situation de Nova pour qu'elles ne soient pas inquiètes de penser que Nova les identifierait comme celles qu'elle avait rencontrées le jour où elles avaient prouvé leur valeur de membres.

En sortant de l'infirmerie, les Poltergirls se rendirent dans leur chambre où elles appelèrent le Général Mathio. Elles lui parlèrent du programme des examens et avouèrent aussi l'incident avec Nova et le combat qu'elles avaient remporté avec brio. Mathio eut une réaction mitigée mais se contenta de dire :

-Je peux comprendre ce que vous avez fait. Il faut dire que vous avez eu beaucoup de chance que votre adversaire ait fait preuve de beaucoup d'arrogance. Ça a été la cause de sa défaite.
-Merci, Général, dirent les Poltergirls soulagées de ne pas être réprimandées.
-Grâce aux nouvelles informations que vous m'avez apportées, je vois déjà le plan d'action qui se dessine. Vous avez tous les atouts en main pour réussir les examens et l'opération. Je n'ai pas besoin de vous rappeler de ne pas échouer sur ces deux domaines.
-Bien sûr que non, répondirent les fantômes déterminées à découvrir la vérité.
-Dans ce cas, proclama Mathio, édifions le plan d'action.
Les deux jours qui suivirent se déroulèrent sans incident. La victoire des Poltergirls sur Nova s'était répandue comme une trainée de poudre dans l'académie. On avait vite désigné des favoris dans la réussite de l'examen. La conférence avait permis de calmer les ardeurs des recrues qui avaient vite compris que les Poltergirls n'étaient pas des adversaires à prendre à la légère. Les concernées eurent enfin la paix qu'elles souhaitaient pour préparer les examens et le plan machiavélique qu'elles avaient planifié avec Mathio. Quant à Nova, elle fut suspendue après avoir pris tout le blâme de l'incident. Etant la meilleure de sa profession, on lui permit de reprendre du service après sa suspension.

Lorsque le jour de l'examen arriva, les candidats furent appelés à la grande salle où le directeur Kévin Bick leur tint le discours suivant :

-Mes chers élèves, aujourd'hui est un jour important puisqu'il s'agit de l'examen des fantômes. Cet examen, si vous le réussissez, vous ouvrira les portes de la gloire que vous acquerrez au cours des nombreuses batailles que vous prendrez part. Des batailles dont le sort de l'humanité sera mis en jeu. Des batailles où vous devrez affronter les ennemis de l'humanité. Je veux bien sûr parler des Zergs, des rebelles, du Directoire, des Protoss et enfin l'Alliance Démoniaque.

La simple énonciation de l'Alliance provoqua une vague de frisson chez les candidats qui étaient effrayés de croiser le fer avec ces ennemis aux pouvoirs inconnus. Bick continua dans sa lancée.

-Face à ces menaces, nous avons plus que besoin de vous pour protéger le Dominion. Rendez-nous fiers et montrez-leur la puissance de la meilleure défense du Dominion : les fantômes.

Ce fut sous un tonnerre d'applaudissement que son discours fut accueilli. Satisfait, Dick vint se rassoir pendant que Sarco prit sa place au pupitre.

-L'examen se composera de 3 parties. La première consistera à évaluer vos capacités de fantômes. Durant la seconde partie, vous devrez réaliser une infiltration selon les résultats de la première partie. Enfin, vous participerez à une vraie bataille contre les Zergs. De vos performances, vous serez notés selon vos réactions en conditions réelles. Maintenant, rompez !

Les participants à l'examen furent chacun un emploi du temps des examens leur indiquant dans l'ordre les épreuves à réaliser selon le principe d'une tournante. Pendant deux jours, les candidats furent soumis à plusieurs tests : conduite de plusieurs véhicules terrestres, assemblage de fusils C-10, simulations de combat contre les Zergs...

Les Poltergirls estimèrent avoir globalement bien réussi cette partie de l'examen qui paraissait bien facile. Mais le vrai défi commença avec l'infiltration. D'abord, on forma les équipes de 4 fantômes. Les Poltergirls ayant demandé d'être ensemble ne furent pas séparées. Ensuite, le capitaine de chaque équipe vint tirer au sort une boule numérotée. Du numéro tiré, on découvrait l'infiltration et les objectifs à accomplir. Dans le cas des Poltergirls, elles devaient infiltrer une base rebelle. Le campement était situé dans une forêt vierge (l'examen avait lieu sur une autre planète.). Les Poltergirls avaient donc pour objectif de voler les plans de ces « rebelles » (Des soldats du Dominion déguisés pour le test, en fait) et de revenir sans être repérées. En objectif bonus, elles devaient tuer le chef des « rebelles ».

L'épreuve commença avec le débarquement des fantômes à environ 1 km du campement. N'ayant pas le droit d'utiliser le système de camouflage, les Poltergirls durent progresser furtivement dans les arbres. En avançant de 800 mètres, elles virent les premiers gardes qui patrouillaient, évitant les pièges qu'ils avaient posés au sol. Seulement, ils n'avaient pas prévu que des intrus infiltreraient le camp par les arbres. Utilisant la téléportation de Carla, les Poltergirls sautèrent d'arbres en arbres. Quand elles atteignirent l'immense clairière où les « rebelles » avaient installé leur camp, elles cherchèrent un moyen d'atteindre la tente du chef sans se faire remarquer. Sans le système de camouflage, il était plus difficile de s'introduire dans le camp sans se faire repérer. A la périphérie du camp, se trouvait une tente avec une croix rouge signe que c'était l'infirmerie. Un sourire se dessina sur les lèvres des fantômes qui venaient de trouver un moyen de circuler dans le campement sans attirer les regards. Elles scannèrent la tente en question pour s'assurer qu'il n'y avait personne à l'intérieur. Ensuite, elles se téléportèrent dans l'infirmerie où elles trouvèrent des uniformes d'infirmière. Après s'être changées, trois d'entre elles sortirent de la tente pour rejoindre les appartements de a cible. La quatrième, Carla, restait pour cacher leurs combinaisons de fantômes et assurer leurs arrières. Sylvie et Jennifer furent chargées d'infiltrer le repaire du chef des rebelles et chiper les plans pendant qu'Iris patrouillait autour prétextant vouloir contrôler l'hygiène du camp.

Trouver la tente de la cible fut un jeu d'enfant. C'était la plus grande de tout le camp. A l'intérieur, il y avait deux pièces séparées par une cloison en tissu mais le propriétaire des lieux était absent. Profitant de l'occasion, Jennifer chercha l'ordinateur qui devait contenir les données recherchées. Ce fut dans la seconde pièce qu'elle le trouva. Elle l'alluma puis commença à le pirater. Sylvie se mit hors de vue de quiconque passerait devant la tente. Elle posa les médicaments destinés au leader des « rebelles » afin de justifier sa présence dans la tente. Iris continuait à examiner les tentes. Les « rebelles » ne manifestèrent aucune objection à laisser une jolie infirmière examiner le camp pour s'assurer de leur santé. Ça les touchait beaucoup. La fan de mode se garda d'exprimer sa rage devant tout le monde pour ne pas être découverte. Soudain, elle le vit : le chef des « rebelles » en train de discuter avec ses lieutenants. Quelque part, cela rassurait Iris qui savait où se trouvait la cible. Maintenant, il fallait garder un oeil sur lui pour avertir à temps ses amies qui cherchaient les plans. Soudain, le commandant « rebelle » se détacha du groupe pour rejoindre ses appartements. Sans perdre son calme, Iris avertit par télépathie le retour de la cible. Seulement Jennifer n'avait pas fini de copier toutes les données et avait besoin de plus de temps. C'était donc à Sylvie de gagner du temps pour sa camarade. Le chef des « rebelles » entra dans sa tente pour avoir la surprise de voir une infirmière assez jolie.

-Qui êtes-vous et que faites-vous ici ?
-Moi, répondit innocemment Sylvie, je ne suis qu'une infirmière. J'apportais vos médicaments mais comme vous n'étiez pas là, je vous ai attendu pour être sûre que vous les preniez bien.

Le commandant jeta un oeil sur la table et reconnut les médicaments qui lui avaient été prescrits. Ne voulant pas avoir de problèmes avec le médecin, il prit ses médicaments comme il avait l'habitude de faire. Il but quelques gorgées d'eau pour passer le goût infect des médicaments. Soudain, il se sentit fatigué et serait tombé à terre si la charmante Sylvie ne l'avait pas rattrapé. Cette dernière l'amena à son lit puis prit l'arme de la cible et le « tua » (c'était une arme chargée de balles paralysantes.). Afin de s'assurer qu'il s'agissait d'un suicide, elle posa l'arme dans la main de sa « victime ». La Poltergirl se retourna. Jennifer avait enfin terminé son boulot. Il fallait à présent quitter le camp. Les deux fausses infirmières quittèrent discrètement la tente mais tombèrent sur deux marines qui demandèrent la raison de leur présence dans la tente du chef, ce qu'elles justifièrent assez simplement :

-Nous venions vérifier que le commandant prenne ses médicaments. Maintenant, il doit se reposer. Nous vous prierons donc de le laisser dormir.

Ne voulant pas déranger le patron, les marines obéirent et laissèrent passer les infirmières qui retournèrent à l'infirmerie. Quand les 4 furent réunies, les Poltergirls remirent leur tenue de fantômes et quittèrent le campement par téléportation. Elles rejoignirent le vaisseau où un précepteur les félicita de la réussite du test. A l'académie, les responsables avaient observé depuis les caméras la progression des Poltergirls lors de leur « mission ». Inutile de dire que la façon de faire de ces candidates avait impressionné leurs spectateurs.

-Fascinant mais effrayant, commenta Bick pour résumer la chose.
-En effet, confirma Sarco, mais il faut bien des soldats dangereux pour nos ennemis. C'est le pari à prendre pour chaque soldat.
-Je sais mais là, elles font passer James Bond pour un amateur.
-Elles n'ont fait que ce que l'on a demandé : infiltrer ce camp sans être repérées. C'est mieux que d'abattre la cible au sniper.
-C'est clair mais ce n'est pas ce que je voulais dire. Le talent qui leur a permis de réaliser ce test dépasse celui de nos meilleurs fantômes.
-Au moins, ça montre que l'université militaire de California est vraiment au point pour former des soldats compétents et disciplinés.
-C'est vrai, admit Bick qui repensait à ses débuts difficiles de directeur, et ça aiderait beaucoup notre académie.
-En attendant, voyons voir ce qu'elles vont donner lors de la dernière épreuve de l'examen.
Le lendemain, les Poltergirls furent emmenées par un cuirassé du Dominion avec d'autres candidats vers une planète infestée de Zergs. Dans cette dernière partie de l'examen, les aspirants fantômes devaient coopérer avec les marines pour éradiquer la menace Zerg. Généralement, les marines n'appréciaient guère les fantômes qu'ils voyaient comme des aliens. La planète où se déroulerait le test était enneigée toute l'année. Ce climat hostile était le principal facteur qui avait poussé les Terrans à renoncer à coloniser cette planète. Le second facteur était les Zergs qui, depuis 4 ans, occupaient la planète. Or il s'avérait que ces Zergs étaient soumis à Mathio et approvisionnaient l'Héphaïstos en matériaux. Cela inquiétait les Poltergirls. Si jamais elles devaient affronter les Zergs, cela leur ferait mal au coeur vu que c'était grâce à eux que la seconde vague sur California fut stoppée. Voulant apaiser leurs craintes, elles appelèrent Mathio.

-Général, on aimerait savoir...
-Si vous vous dirigez vers le repaire secret de ma couvée, Sylvie ? Hélas, oui.
-Que faire, demanda Carla, si on n'attaque pas vos Zergs, on se fait démasquer. Si on les attaque, ce serait trahir l'Alliance.
-Ne vous inquiétez pas, rassura le démon. Je vais ordonner l'évacuation. Mais vu que ça nuirait à votre examen, je vais apporter mon grain de sel à votre dernière épreuve. L'Alliance va s'amuser.
-Et nous, interrogea Iris, qu'est-ce qu'on fait ?
-Agissez comme si vous étiez au service du Dominion. Vu les adversaires que je leur enverrais, les troupes du Dominion vont avoir du mal à faire des morts dans nos rangs.

Calmées, les Poltergirls suivirent les instructions de leur véritable supérieur. Quelques heures plus tard, un instructeur fit rassembler tous les fantômes pour les instruire de la mission qui constituait la dernière partie de l'examen.

-Ecoutez-moi bien car ce que je vais dire est très important. Ceci est un exercice dans des conditions réelles où vous serez confrontés à de vrais ennemis, de vrais Zergs. Alors ne prenez pas ces combats à la légère. Concernant l'ordre de mission, vous serez accompagnés de troupes du Dominion pour éradiquer les Zergs présents sur la planète. Je resterais en contact avec vous m'assurer de votre avancée. Maintenant, rompez !

Les apprentis fantômes partirent se changer et s'équiper avant de rejoindre les marines dans les médivacs. Une immense flotte de ces petits vaisseaux descendit sur la planète pour y larguer leurs passagers. Quand les troupes terranes eurent mis pied sur le plancher des Zergs, ils avancèrent dans la forêt enneigée. Plusieurs groupes montèrent en hauteur pour couvrir leurs alliés en cas de danger.

Des androïdes noirs observaient la progression des Terrans qui, par leur présence, constituaient une menace non négligeable. L'un d'eux prit un communicateur et informa le central de la position des forces ennemies. A la colonie principale, un jeune homme vêtu d'une combinaison noire et d'une cape de même couleur attendait les nouvelles de ses éclaireurs. Le masque noir qu'il portait recouvrait toute sa tête. Impossible de dire si c'était un homme ou une femme. A ses côtés, se trouvaient le 4 Caïds venus l'aider dans les opérations d'évacuation. Soudain, un sbire en uniforme noir arriva à la dépêche pour livrer un rapport pour le moins intéressant.

-Maître Néant, les guetteurs ont repéré les troupes du Dominion à l'ouest de la colonie principale. Ce n'est qu'une question de minutes avant qu'ils arrivent aux premières colonies secondaires.
-Dans ce cas, réagit le dénommé Néant en se retournant vers le sbire et les Caïds, faites ordonner l'évacuation à toutes les colonies. Priorité aux colonies à l'ouest. Les androïdes doivent retarder nos ennemis. Peu importe la méthode ou les moyens déployés, nous devons sauver le maximum de Zergs.
-Et le laboratoire, demanda Ariane, doit-il être évacué ?
-Oui, confirma Néant, nous ignorons quand ils arriveront ici. Alors autant commencer maintenant.
-Monsieur, je tenais à vous avertir que le chef de la couvée était parti sur le front.
-Tel créateur, telle créature, répondit Amos d'un air réjoui, on peut difficilement les arrêter quand il s'agit de protéger les siens.

Au même moment, les Zergs soumis quittèrent leurs colonies. Les sporuleurs et les aiguillons se déracinèrent pour suivre le mouvement. Quelques minutes plus tard, les Terrans entrèrent dans les colonies abandonnées, surpris de ne pas trouver une larve. Cette anomalie intrigua fortement les marines qui appelèrent leur supérieur pour les informer de la situation.

-Commandant, on a trouvé les premières colonies Zergs. Seulement, on n'a pas trouvé un seul Zerg. C'est comme s'ils s'étaient enfuis.
-Les Zergs ne sont pas du genre à fuir le combat, répliqua le commandant de flotte. Trouvez ce qui les a poussés à fuir. En attendant, détruisez les colonies que vous croiserez.
-Fantômes, dit l'instructeur, les scanners ont repéré d'importants déplacements de Zergs vers la colonie principale. Partez en reconnaissance pour découvrir ce qu'ils mijotent.

Les candidats à l'examen s'enfoncèrent dans la sombre forêt. Ils avancèrent malgré le froid et l'épaisse neige. Mais ce qu'ils ignoraient, c'était un danger qui se déplaçait sous la neige, prêts à frapper. Les fantômes progressèrent sans se soucier de la menace qui les guettait. Soudain d'immenses ombres noires à longue queue sortirent de la neige pour sauter sur les fantômes. Des xénomorphes. Leurs malheureuses victimes hurlèrent de peur devant ces créatures qu'ils voyaient pour la première fois. Même les Poltergirls n'échappèrent pas à cette attaque. Grâce à leurs pouvoirs, elles les repoussèrent avant de prendre la fuite. C'était la panique chez les fantômes. Ils courraient dans tous les sens pour fuir leurs nouveaux agresseurs. Certains furent blessés dans l'embuscade. Dans la panique générale, les fantômes étaient maintenant dispersés. Désespérés, ils appelaient à l'aide, terrorisés à l'idée de croiser de nouveau ces monstres. Dans les communications, un message d'espoir vint dissiper les ténèbres qui s'étaient jetés dans le coeur des candidats de l'examen.

-Comment osez-vous vous appeler des fantômes si vous chialez comme des gamines à la première imprévue, blâma Sylvie.
-Elle a raison, approuva Carla, bien que son amie soit allée un peu fort, un fantôme est là pour soutenir les troupes du Dominion.
-De plus, nous sommes toujours en examen, ajouta Iris, il est vrai qu'ils n'avaient pas prévu ça mais c'est l'occasion de faire nos preuves en écrasant ces créatures.
-Alors, vous vous bougez vos fesses et vous ripostez, clama Jennifer.

Les fantômes sourirent devant les remarques de leurs aînées. Le pire, c'était qu'elles avaient raison. Séchant leurs larmes, ils se relevèrent et guettèrent la venue des xénomorphes. Les Poltergirls commencèrent alors leurs explications.

-Ces créatures ne sont pas des Zergs, expliqua Carla, ce sont des xénomorphes. Leur première particularité est l'absence d'yeux. Ils sont donc aveugles. Pour repérer leur environnement, ils se fient à la chaleur des corps.
-Essayez de refroidir vos corps pour échapper à leurs sens, ajouta Jennifer.
-Ou cachez-vous dans la neige, proposa Iris.

Les apprentis fantômes suivirent les conseils et parvinrent à passer malgré la présence des xénomorphes qui ne virent que du feu. Au cuirassé, l'instructeur qui suivait les évènements depuis là-haut fut impressionné par la prestance des Poltergirls qui avaient ramené le calme dans les rangs.

A la colonie principale, on continuait à observer la progression des fantômes.

-On ne peut pas blâmer les Poltergirls d'aider le Dominion à avancer, dit Lance.
-Je le sais que trop bien, répondit le Néant, le Général Mathio me l'a expliqué.
-Que faisons-nous, demanda Lambda en caressant sa barbichette.
-Vous continuez à gérer l'évacuation, ordonna le Néant, tous les Zergs doivent être là. Moi, je pars sur le front avec plusieurs androïdes pour ralentir le Dominion.
-Entendu, comprit Ariane, nous allons ouvrir les portails des ténèbres.
-Soyez prudents, dit Amos avant de partir vers un laboratoire de recherches qui se trouvait à proximité de la colonie principale.

Le Néant rassembla des soldats et partit vers le seul passage que l'armée du Dominion devait prendre pour atteindre la colonie principale. Il fit préparer des pièges pour les fantômes qui allaient bientôt arriver. Quand tout fut prêt, il se plaça avec ses troupes à un point stratégique pour accueillir ses adversaires comme il se devait.

Enfin, les fantômes arrivèrent.
Les fantômes avançaient calmement vers la colonie principale Zerg. Depuis un moment, ils n'avaient plus rencontré de xénomorphes. C'était inquiétant. Peut-être qu'ils étaient partis attaquer les marines. Ces derniers avaient été avertis au cas où. Ils arrièrent devant une forte pente. Au sommet, se trouvait un col. C'était là que les troupes de l'Alliance attendait de pied ferme les fantômes. Quand ces derniers furent à vue, le Néant prit un mégaphone et parla.

-Pas un pas de plus ou vous serez abattus.

Par réflexe, les fantômes se mirent à couvert, cherchant leur ennemi.

-Qui êtes-vous, demanda un fantôme haut et fort.
-Je suis le Néant, se présenta ce dernier, et je suis le bras droit du Général Mathio, un des 10 démons de la Boîte de Pandore qui dirige la puissante Alliance Démoniaque.
-Que vient faire l'Alliance sur cette planète, interrogea un autre fantôme.
-Je vous retourne la question, répondit le second de Mathio.
-On est venu pour un examen où nous devions éradiquer des Zergs, expliqua un troisième fantôme. Au lieu de ça, on tombe sur l'Alliance.
-Et ben, vous ne risquez pas d'en trouver des Zergs puisqu'on les évacue en lieu sûr.

Les Poltergirl riaient de la situation. Ce conflit tournait à une simple dispute mais pour combien de temps. Elles contactèrent l'instructeur pour savoir l'avancée des marines. La nouvelle tomba au mauvais moment.

-Hélas, les marines sont bloqués par un Zerg et une armée de xénomorphe. Depuis un château de neige, ils bombardent nos forces avec des boules de neige. Certains véhicules sont ensevelis par les boules. Vous allez devoir agir seuls.
-Vous nous demandez de passer ces défenses, demanda Sylvie.
-Exactement, confirma l'instructeur, nous ne pouvons laisser les Zergs filer. Si nous parvenons à en capturer, nous pourrions découvrir des choses qui pourraient s'avérer intéressantes. Au passage, tentez de capturer vivant ce Néant. Terminé.

Recevant tous le même message, certains fantômes gravirent la pente, camouflage activé. Seulement, ils avaient oublié qu'il était possible de les repérer avec leurs traces de pas dans la neige. Voulant effrayer les assaillants, l'Alliance activa des détonateurs qui firent exploser des bombes. De ces explosions, une avalanche se produisit ramenant les fantômes en bas. Les Poltergirls arrivèrent pour aider leurs « camarades » ensevelis.

Pendant ce temps, Sylvestre s'amusait comme un petit fou. Balançant des dizaines de boules de neige à la minute, il arrêtait à lui tout seul les Terrans. Les xénomorphes se contentaient de fabriquer les boules et de les amasser à côté de Sylvestre. Ner'zhul observait avec gêne cette pseudo-bataille avec son habituel commentaire :

-Les Terrans ont vraiment de drôles de jeux.

Retour aux fantômes n'arrivaient pas à avancer. Les androïdes tiraient à vue et bénéficiaient d'un avantage certain. Les Poltergirls cherchaient une solution pour forcer l'Alliance à se replier. Soudain, un message télépathique de Mathio leur vint. Il leur conseilla d'utiliser une ogive. Ne voulant blesser le Néant puisque les androïdes étaient déjà morts, les Poltergirls refusèrent. Mathio les rassura en affirmant de ne pas s'inquiéter. Bien peu convaincues, les fantômes de l'Alliance acceptèrent.

-Instructeur, demanda Iris, nous avons besoin d'une ogive pour ouvrir le col.
-Mais le Néant, s'offusqua l'instructeur, il risque de laisser sa peau dans l'explosion.
-On n'a pas le choix, répliqua Jennifer. Les Zergs sont en train de fuir. C'est maintenant qu'on doit frapper.
-Je comprends, se laissa convaincre l'instructeur, vous pouvez utiliser une de nos ogives. Utilisez-la avec parcimonie.

Carla se téléporta pour trouver un endroit où diriger le missile nucléaire sans être menacée. Quand elle le trouva, elle pointa avec son fusil vers l'emplacement du Néant, espérant que ce dernier s'en sorte. Après avoir eu la confirmation que l'ogive allait bien se diriger sur la position indiquée, Carla alla se mettre à l'abri.

Averti de l'arrivée imminente d'une ogive, les androïdes se replièrent. Seul, le Néant resta sur place sans être inquiet. L'ogive arriva et explosa la zone. Les fantômes avaient le soin de s'écarter pour être pris par l'explosion. Quand ils revinrent, ils eurent la désagréable surprise de voir que le Néant n'avait pas souffert de l'ogive. Au lieu de se tordre comme n'importe quel humain le ferait, il riait de sa puissance.

-Ha ! Ha ! Ha ! Voyez à point les Ténèbres m'ont rendu aussi puissants. Je dois admettre que je ne m'attendais pas à ce que vous utilisiez votre meilleure arme contre nous. Des adversaires ordinaires auraient succombé mais pas des démons. Aucune arme humaine ne peut nous détruire. Vous ne pouvez pas vaincre.

Cédant à la provocation, tous les fantômes, sauf les Poltergirls, vidèrent leur chargeur sur le Néant. Ce dernier stoppa les balles en plein vol avec nonchalance. Devant le regard terrifié de ses ennemis, il laissa tomba les balles dans la neige avant de s'approcher d'eux.

-Vos attaques étaient pathétiques, nargua le démon. Sachez une chose. Les seuls qui devraient tirer sont ceux qui sont prêts à être tués. A présent, vous allez connaitre l'étendue de ma puissance.

Au moment de s'élancer, le Néant reçut un appel. Il décrocha.

-Maître Néant, dit l'hologramme miniature d'Amos, l'évacuation est terminée. Nous pouvons partir sur le champ.
-Parfait, répondit le démon masqué. Je vous rejoins immédiatement.

Il raccrocha et se tourna vers ses adversaires.

-Vous avez eu de la chance pour aujourd'hui. Mais la prochaine fois que nous nous rencontrerons, je me battrais à pleine puissance.

Sur ces mots, le Néant disparut dans un portail des ténèbres. Les fantômes furent soulagés de ne pas avoir à l'affronter. Ils gravirent la pente pour trouver la colonie principale déserte, comme les autres colonies. Quelques heures plus tard, les marines les rejoignirent. Les xénomorphes avaient fini par partir d'eux-mêmes. Pendant que les soldats détruisaient la dernière colonie Zerg. Les fantômes découvrirent un laboratoire à deux pas d'ici. Prudemment, ils visitèrent chaque pièce du bâtiment. Ils trouvèrent d'immenses salles contenants des cellules de stage pour réaliser des expériences sur les Zergs, étant les seuls spécimens à portée de main. La question était : quel genre d'expériences était réalisé ? Les résultats ? Pourquoi ? Dans quel but ? L'ordinateur central, qui avait été effacé de fond en comble, ne pouvait apporter de réponses à ces questions. Déçus, les fantômes retournèrent au cuirassé pour rentrer à l'académie. Les équipes de fantômes furent ensuite interrogées sur ce qui s'était passé sur la planète. Après étude des rapports, le directeur vint donner sa décision sur l'examen.

-Très chers fantômes, nous sommes sincèrement désolés de ne pas avoir anticipé la présence de l'Alliance sur la planète. Aussi, nous avons décidé de valider vos performances dans votre examen.

Les postulants furent soulagés d'apprendre qu'ils ne feraient pas une seconde mission. Toutefois, Bick continua son discours :

-Les imprévus font partie de la mission d'un fantôme. Ils peuvent aussi être bénéfiques pour vous que néfastes. A vous de savoir exploiter la situation à votre avantage ou de vous en tirer de là. Dans 48 heures, vous recevrez vos résultats par mail. Personne, à part le personnel, ne connaitra vos notes. Sur ce, bon repos.

Pendant que les recrues reprirent leurs activités normales, les Poltergirls allèrent voir le surintendant pour connaitre l'opinion sur leurs performances. Ce dernier se montra évasif mais assez rassurant :

-Vous serez bien notées, dit-il, vous avez été les meilleurs éléments de ce groupe.
-Vraiment, demanda Sylvie, même si l'utilisation de l'ogive nucléaire n'avait servi à rien ?
-Vous avez au moins tenté de bouger les choses, faire avancer la situation à notre avantage. Dans un autre scénario, nous aurions pu atteindre la colonie principale si nous avions agi plus tôt.
-Avec des si, on referait le monde, dit Carla.
-Maintenant, on doit mettre à jour notre rapport, ajouta Iris. Les récents évènements nous ont apportées de nouvelles informations.
-C'est compréhension, approuva Sarco. Vous aurez tout le temps pour le faire avant la date de présentation. J'espère que vous aurez votre diplôme de fantôme car vous avez vraiment les compétences pour aller loin.

Sur ces mots, il partit pour des affaires urgentes. Les Poltergirls se sentirent rassurées mais bientôt, l'heure de passer à l'action approchait à grands pas. D'ici là, elles devaient encore jouer le jeu.

Pendant les 2 jours qui suivirent la fin de l'examen des fantômes, les Poltergirls s'étaient montrées discrètes. Sous prétexte qu'elles terminaient le rapport demandé par l'empereur en personne, elles préparaient l'opération d'infiltration pour s'approprier le dossier Ascension. La veille de leur départ à l'académie, le prince leur avait raconté sa visite de l'académie et du nom du dossier auquel elles avaient l'objet il y avait 15 ans. Au matin du second jour, les résultats tombèrent :

Sylvie : 92.51% Carla : 96.08% Iris : 91.74 % Jennifer : 94.87%

Ces résultats, bien qu'attendus, provoquèrent une vague de joie chez nos héroïnes qui voyaient que leur rêve avançait d'un pas de géant. Après s'être calmées, elles appelèrent le prince Valérian pour lui informer de la nouvelle.

-C'est une excellente nouvelle, répondit l'Héritier quand il apprit la réussite de ses futures employées. En même temps, on s'y attendait tous.
-C'est vrai, avoua Jennifer, mais on était inquiète après la dernière partie de l'examen.
-Ils ont choisi une planète où était cachée l'Alliance, expliqua Iris.
-Ce n'est pas de chance, répondit le prince. Tout est prêt pour le « rapport » ?

Le mot « rapport » fut énoncé d'un ton légèrement différent. Cela signifiait que Valérian parlait du plan pour récupérer le dossier Ascension. Les Poltergirls qui comprirent le message approuvèrent.

-Bien, dit le prince Valérian, nous nous retrouverons au bal de promotion. Terminé.

Le poste s'éteignit. Les Poltergirls sortirent de leurs bagages les dispositifs que le Général leur avait donnés pour qu'elles puissent réaliser leur mission sans soucis. Ça ressemblait à un bracelet doré avec un saphir incrusté. Après le repas de midi, elles se rendirent dans la salle de conférence où devait avoir lieu la présentation du rapport sur l'Alliance Démoniaque. Sarco leur avait donné l'accès pour qu'elles puissent préparer avant l'arrivée du public qui viendrait de tout le Dominion pour y assister. Inutile de dire que cette salle était beaucoup plus grande que celle où les Poltergirls avaient tenu leur conférence avant l'examen. S'assurant que personne ne les épiait, qu'aucun moyen d'espionnage était présent dans la pièce, les Poltergirls activèrent les appareils de Mathio par la pensée. Une fumée noire sortit du saphir qui s'ouvrit en deux. Les fumées prirent des formes humaines avant de prendre l'apparence des Poltergirls. Ces dernières comprirent à qui elles avaient à faire : leur côté obscur.

-Allons, dit le double de Sylvie, on sait que vous nous portez pas dans votre coeur mais avez-vous le choix, étant donné que nous sommes celles qui vous connaissent le plus.
-Non, admit Sylvie. Mais comprenez bien qu'on ne sait pas si vous n'allez pas faire rater l'opération.
-Oh là ! Oh là, répondit le double de Carla. Seulement, nous voulons nous aussi connaitre le contenu du projet Ascension. Il faut bien qu'un groupe aille le chercher.
-De plus, ajouta le double d'Iris, depuis que vous nous avez battues lors de l'épreuve de la boîte noire, nous sommes maintenant à vos ordres.
-C'est trop beau pour être vrai, fit remarquer Jennifer qui avait du mal à y croire.
-C'est la stricte vérité, affirma le double de Jennifer, grâce à nous, un nouveau pouvoir s'offrira à vous et vous serez des légendes.

Fascinées, les Poltergirls furent convaincues mais Sylvie voulut s'assurer de leur loyauté et leur donna des instructions.

-Vous n'êtes pas sans ignorer que nous allons présenter ce rapport, puis aller au bal de promotion pour y recevoir notre diplôme. Vous devez nous remplacer durant ce laps de temps pour que personne ne sache que nous travaillons pour l'Alliance. Vous devez agir comme si vous étiez nous. Est-ce clair ?
-Parfaitement, répondit son double.
-Nous n'échouerons pas, dit le double de l'intello.
-Personne ne verra la différence, ajouta le double de la fan de mode.
-De votre côté, n'échouez pas, ordonna le double de l'experte en informatique, ou on ne vous pardonnera pas.
-On a compris, répliqua Iris.
-On y va, clama Carla qui fit apparaitre un portail des ténèbres où elle s'engouffra avec ses amies.

Dès que le portail fut fermé, les doubles terminèrent le travail commencé.

-Elles sont parties, dit le double de Sylvie chagrinée.
-Tiens, taquina le double d'Iris, je ne savais pas que tu étais attachée aux originales.
-C'est comme ça, justifia son interlocutrice.
-Dites, demanda le double de Carla, le prince Valérian va venir au bal de ce soir ?
-Oui, confirma le double de Jennifer. Mais si tu penses pouvoir le séduire, c'est que tu oublies que l'empereur sera présent à la cérémonie. De plus, il saura que tu n'es pas la vraie Carla.
-Bouh, gémit la concernée.

Pendant ce temps, les véritables Poltergirls tentaient d'infiltrer le réseau informatique de l'académie. Sans succès, c'était plus sécurisé que le centre de production de l'Odin. Même un technopathe ne pouvait faire fléchir les portes d'accès. Elles fusionnèrent espérant qu'Aurore aurait plus de succès. Hélas, les machines de sécurité étaient incorruptibles. Epuisée, Aurore arrêta ses tentatives de hacking pour souffler. Soudain, elle sentit la présence de 3 personnes s'approcher. Se mettant en garde pour se défendre, elle rendit compte qu'elle connaissait les arrivants : le Trio, un groupe d'agents qui faisait partie de la garde personnelle de Mathio. Ils étaient ses plus proches agents. Etrangement, le troisième membre du Trio n'était pas humain mais une créature féline qui pouvait parler.

-Dites donc, se plaignit Jessie, c'est comme ça qu'on accueille les gens ?
-Désolé, j'ai cru que vous étiez des ennemis, s'excusa Aurore.
-Ici, il n'y a que les Ténèbres et ce sont nos amis, expliqua le chat parleur.
-Tenez, dit James en donnant une mallette à Aurore, voilà le virus pour pirater l'ordinateur des archives. Avec en bonus, quelques gadgets.
-Merci.
-Vous ne serez pas seules à l'académie, ajouta Jessie, le Néant sera là pour vous couvrir.
-Bonne chance pour votre mission, dit James avant le Trio s'envole vers d'autres cieux avec leurs jet pack.

Aurore chercha une solution pour pénétrer dans les archives. Si le piratage mental ne fonctionnait pas, alors il n'y avait qu'une solution. Mais pour l'employer, il fallait attendre le bal pour frapper.

A la salle de conférence, les fantômes ainsi que de nombreux officiers du Dominion entrèrent pour prendre une place. Les doubles avaient le trac. Jamais elles n'avaient eu autant de monde. Si ça avait été les originales, elles auraient eu les mêmes sensations. De nombreux robots-caméras arrivèrent devant le premier rang pour retransmettre la présentation à des gens qui ne pouvaient venir jusqu'à Ursa.

Quand toutes les places furent occupées, la conférence commença.

-Bienvenu à tous, commença le double de Sylvie. Nous vous remercions d'être aussi nombreux car ce que nous allons parler est d'une importance capitale.
-Il s'agit d'une menace plus puissante que les Protoss, plus dangereux que les Zergs et plus vicieux que les traîtres et les rebelles, ajouta le double de Carla. Nous parlons bien sûr de l'Alliance Démoniaque.

Une vague de frisson envahit la salle. Tous craignaient l'Alliance qui constituait une sérieuse menace. Satisfaites d'avoir l'attention du public, les doubles lancèrent le diaporama.

-L'Alliance Démoniaque est une organisation des Ténèbres, dit le double d'Iris, bien que nous ne sachions pas ce qu'est une organisation des Ténèbres, nous pouvons dire qu'elle provient d'un coin reculé de l'Univers. Ses motivations sont des plus simples : la domination de l'Univers.
-Leurs méthodes de conquête demeurent encore inconnues, poursuivit le double de Jennifer, mais d'après une brochure offerte par l'Alliance, leur territoire s'étenderait sur des galaxies.

Cette fois, c'était la surprise qui envahit la salle. Ça dépassait tout ce que l'on pouvait imaginer sur leur compte. Sarco ramena le silence pour que les doubles des Poltergirls puissent continuer.

-Si nous voulons les vaincre, nous devons d'abord les connaître pour ensuite déterminer leurs faiblesses, dit le sosie de la rousse. Pour commencer, les androïdes noirs.

Plusieurs diapositives défilèrent pour montrer les caractéristiques de ces soldats. Le double de Sylvie poursuivit sa présentation.

-Ils constituent la première force de frappe de l'Alliance. Mais prenez garde car ces soldats sont en réalité des mort-vivants. Je m'explique. Ce nous voyons sont des corps artificiels fabriqués par des matériaux inconnus. Pour fonctionner, ils sont alimentés par une âme qui vient prendre possession du corps. Quand ils deviennent H.S., les âmes quittent les corps pour en contrôler un autre.

Le public fut alors terrorisé d'apprendre qu'ils allaient devoir affronter des ennemis immortels. Arcturus Mengsk écoutait la conférence depuis son bureau avec la plus grande attention qui soit. Dans leur élan, on passa aux hommes en noir avec un R rouge.

-Ces individus, expliqua le double de Carla, sont les membres de la garde personnelle du Général Mathio. Ils sont souvent chargés de missions impliquant l'espionnage. Ils ont dirigés, en plus du Général, par un commandant dont l'identité demeure encore inconnue à ce jour et des 4 Caïds (on présenta une diapo sur le quatuor). Ils ont pour nom Lance, Lambda, Ariane et Amos. Ces trois-là (Diapo sur le Trio) sont les plus proches agents du Général. Si on les rencontre, c'est qu'ils sont déployés pour une mission de la plus haute importance.
-Ensuite, poursuivit le double d'Iris en montrant les xénomorphes, nous avons les xénomorphes. Ces créatures n'ont aucun lien de parentés avec les Zergs malgré quelques similitudes. Du peu qu'on sait d'eux, ils n'ont pas d'yeux donc aveugles. Pour se repérer, ils se fient à la chaleur des corps et aux odeurs. Inutile de dire que ce sont de véritables machines à tuer sous les ordres directs de Mathio.

Mengsk eut une grande fascination pour ces monstres. Il ne cacha pas une certaine admiration pour Mathio pour être capable de contrôler de telles créatures. Il continua à regarder et à écouter la suite de la présentation qui parlait maintenant du Néant.

-Voici le Néant, dit le double de Jennifer en montrant le second du supérieur de l'originale. C'est le bras droit de Mathio. Ses capacités sont assez terrifiantes du fait qu'il ait survécu à une explosion nucléaire et qu'il soit capable d'arrêter des balles en plein vol.

Pendant que le public était médusé par les performances du Néant, les sosies des héroïnes passèrent aux clous de la présentation.

-Cette organisation ne prendrait pas la dimension qu'on lui connait sans ses leaders qui forment la Boîte de Pandore.

Le silence s'imposa de lui-même. Tout le monde voulait connaître le plus de détails sur ces fauteurs de troubles.

-Ces 10 démons sont les êtres les plus puissants que l'on ait jamais connus. Chaque démon incarne un mal mentionné dans le mythe de la Boîte de Pandore. Un seul d'entre eux serait capable de vaincre la Reine des Lames en personne.

Une nouvelle vague de frisson envahit la salle. Ces types étaient de vrais monstres pour être en mesure de terrasser la reine des Zergs.

-Pour identifier un membre de cette organisation, il y a plusieurs signes. D'abord, la marque démoniaque. Elle indique le grade et octroie des pouvoirs à celui qui la porte comme ouvrir des portails des ténèbres. Comme vous le pouvez constater, elles représentent des xénomorphes. Seuls les membres de la Boîte de Pandore ne portent pas la marque. Ensuite, les pouvoirs des ténèbres qu'ils possèdent par leur marque. La couleur prédominante est le noir. Tout pouvoir de couleur sombre est forcément issu des ténèbres.

Les spectateurs étaient subjugués par les révélations. Tous attendaient à présent les dernières informations. Satisfaites de leur travail, les doubles montrèrent des diapos sur Sylvestre.

-Pour terminer, dit le double de Sylvie, voici l'arme secrète de l'Alliance, Sylvestre.
-En dépit d'un caractère joueur et jovial, ce Zerg n'est pas à prendre à la légère, ajouta le double de Carla. A lui tout seul, il arrête un régime du Dominion avec des boules de neige.

De tels propos ne pouvaient que provoquer l'hilarité du public mais pour Arcturus, cet animal semblait être plus dangereux qu'il en avait l'air.

-Ses diverses capacités font de Sylvestre un redoutable adversaire à ne pas sous-estimer, compléta le sosie d'Iris. Etant une création de la Boîte de Pandore, il peut utiliser le pouvoir des Ténèbres mais ce n'est qu'une partie de sa puissance. C'est aussi un être polymorphe qui peut prendre l'apparence de n'importe quel Zerg qui puisse exister. De plus, cette capacité ne s'arrête pas là. Il peut aussi prendre la forme d'un Protoss et utiliser leurs pouvoirs. Il a même démontré des capacités de commandement de Zergs et une intelligence égale à celle d'un être humain.
-Son gardien Ner'zhul demeure encore un grand mystère, termina le double de Jennifer. Il détient des pouvoirs Protoss d'une puissance phénoménale. Il ne quitte jamais le manteau blanc qu'il porte dissimulant sa nature exacte.
-En conclusion...

Soudain l'écran fut couvert de neige et une personne vêtue d'un manteau de couleur pourpre apparut sur l'écran. Les doubles des Poltergirls reconnurent l'inconnue qui s'exprima alors :

-Bien le bonjour, soldats du Dominion. Je suis....
Soudain l'écran fut couvert de neige et une personne vêtue d'un manteau de couleur pourpre apparut sur l'écran. Les doubles des Poltergirls reconnurent l'inconnue qui s'exprima alors :

-Bien le bonjour, soldats du Dominion. Je suis Pandore, le plus puissant membre de l'Alliance Démoniaque.

Le public fut troublé de voir l'Alliance interférer dans la conférence. Sarco s'approcha discrètement de celles qu'il prenait pour les vraies.

-Comment une telle personne a bien pu échapper à votre vigilance ?
-Mais on n'y peut rien, expliqua le double de Sylvie, c'est juste que c'est la première fois qu'elle apparait.
-Je me posais la question vous concernant, demanda Pandore, pourquoi vous restez fidèles à cet abominable homme des neiges malgré les crimes qu'il a commis ? Et encore, vous n'avez encore rien vu.

L'empereur s'offusqua devant les paroles de la démone mais une perle de sueur glissa sur sa joue craignant pour ses secrets. Voulant éviter le pire, il ordonna de couper la communication. Pendant ce temps, Pandore continuait à débiter ses critiques sur l'horripilant personnage qui dirigeait le Dominion.

-Alors ? Quelqu'un a une réponse à me donner ?
-Moi, répondit Kevin Bick, notre empereur est un homme sage qui a dû prendre ces lourdes décisions pour le bien de l'humanité. De plus, il est le seul à savoir faire face aux menaces extraterrestres.
-Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha !
-Qu'est-ce qu'il y a de drôle, demanda le directeur de l'académie.
-Votre naïveté, répondit Pandore, Arcturus Mengsk, un bienfaiteur de l'humanité ? Elle est bien bonne celle-là ! Tout ce que je vois de lui, c'est un homme stupide et obnubilé par le pouvoir. Cet homme est responsable de la douleur du Dominion durant ces 4 dernières années. Et je l'affirme par le fait qu'il ait grandement contribué à la création de la Reine des Lames.

Les doubles des Poltergirls, de même que le public, furent médusés par les révélations de Pandore. Mengsk serait alors complice des crimes de la Reine des Lames. Aurore, qui observait la conférence depuis le monde des Ténèbres, fut aussi stupéfaite que les doubles. Tous se demandaient avec fracas ce que cela voulait dire. Mengsk apparut sur la moitié de l'écran et tenait d'apaiser les tensions.

-Tout ceci n'est que pure calomnie afin de me discréditer. Elle n'a aucune preuve de celle qu'elle affirme.
-En êtes-vous sûrs, demanda Pandore, je détiens la preuve suprême de votre crime. Si un aide de camp confédéré a permis de dévoiler le génocide sur Tarsonis. Un autre apportera la preuve que vous exigez.

Cette fois-ce, Mengsk était au bord de l'explosion. Le poing serré à s'en briser les os, il tentait tant bien que mal à se contenir. Pandore montra à l'écran sa « preuve » mais garda ses secrets pour le suspense avant d'ajouter quelque chose de plus sérieux :

-Mengsk, si vous voulez avoir une chance de rédemption, suivez mes conseils. Un, détruisez ce que vous faites dans vos laboratoires secrets. Deux, abdiquez.
-Jamais, hurla l'empereur qui n'avait que faire de la compassion d'un ennemi. Pourquoi ferais-je de telles choses ?
-Parce que vous commettriez le même genre d'erreur qui a engendré la Reine des Lames, expliqua calmement Pandore, mais cette fois-ci, les conséquences seront beaucoup plus graves car vous contribuerez à la destruction de l'Univers.
-Mensonges, aboya le père de Valérian.
-Vous êtes libres de me croire ou pas, dit Pandore. Mais si ça peut vous rassurer, l'Alliance fera tout pour empêcher un tel futur.
-Qui croira un tel bobard, rugit Mengsk, personne ne vous laissera agir à votre guise.
-Personne ne m'arrêtera. Ni vous, ni les Zergs, ni les Protoss, personne ! Je serais le maître de ce secteur ou je le laisserais brûler en flammes.

Ce fut la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase. Arcturus ne put s'empêcher de lâcher un :

-Allez au diable !!
-Pour un démon, c'est très flatteur, répondit Pandore sur le ton de l'amusement. Prenez garde, il vous reste moins de 9 mois à vivre. Adieu.

Pandore éteignit son écran dans un grand éclat de rire. Voyant que tout était terminé, l'empereur essaya de se calmer et de rallier l'opinion de sa cause mais avec un succès mitigé.

Quelques heures plus, l'empereur et son fils débarquèrent à l'académie fantôme pour le bal de promotion des fantômes. Ils furent accueillis par le directeur de l'académie et du surintendant.

-Votre excellence a fait bon voyage, demanda Bick avec courtoisie.
-Parfaitement, répondit l'empereur qui avait entre temps retrouvé son calme habituel, et encore merci pour m'avoir défendu.
-C'était la moindre des choses, justifia le directeur. Si vous voulez bien nous suivre. Le bal aura lieu dans une heure.
-Bien entendu, nous suivons.

Pendant que l'empereur et partirent vers le bâtiment principal, Sarco s'approcha du prince pour lui chuchoter des paroles qu'il souhaiterait connues que de son interlocuteur.

-Prince Valérian, j'aimerais savoir une chose.
-Laquelle, monsieur Angelini ?
-C'est à propos des accusations de Pandore à l'encontre de votre père, expliqua à voix basse Sarco. Depuis toute à l'heure, je me posais des questions sur le bien-fondé de ces accusations.
-Elles le sont, monsieur Angelini, confirma le prince.
-Comment ?! Mais si l'opinion publique l'apprenait, ce ne serait plus une révolte mais une révolution.
-L'Alliance ne divulguera rien, rassura l'Héritier, ces informations rendrait la situation plus difficile à gérer même pour eux.
-Ah, répondit Sarco rassuré, mais que faire ? Je m'interroge sur ma loyauté en votre père. Depuis ma prise de fonction à l'académie, votre père nous a souvent causé des problèmes d'ordre administratif. D'ailleurs, je commence à en avoir marre.
-Dans ce cas, pourquoi ne pas me soutenir, proposa le prince qui vit une occasion de gagner du soutien.
-Vous, répliqua le surintendant surpris, il est vrai que vous êtes différents de votre père mais serez-vous capables d'assurer la lourde tâche qui vous incombe ?
-J'en suis persuadé, affirma le prince avec confiance. De plus, j'ai des amis puissants qui accepteront de nous aider. Et croyez-moi, vous pouvez gagner gros avec eux.
-Serez-vous en train de planifier un coup d'état ?
-Ce ne sera pas nécessaire. Faites-moi confiance, vous verrez.

Les deux hommes rejoignirent à leur tour le bâtiment central pour se préparer à la fête qui se préparait. Le prince Valérian profita de sa venue pour aller apporter les robes aux Poltergirls ou plutôt à leurs doubles. Ces dernières reçurent avec joie les ravissantes robes réalisées par les meilleurs couturiers de Korhal. De son côté, Aurore, par les yeux des doubles de celles qui la composaient, était admirative devant la beauté de ces robes. Elle aimerait revêtir ses robes qui semblaient si douces mais elle avait une mission très importante. C'était la seule opportunité pour récupérer le dossier Ascension. Mais pour parvenir aux archives, elle avait besoin de l'aide de quelqu'un. Il suffisait de l'attraper au moment opportun et quand il serait seul.

A l'académie, tout le monde, étudiants et personnel, travaillaient pour décorer l'établissement et préparer la salle de bal. On avait besoin d'oublier ce qui s'était passé avec Pandore et ce bal arrivait à point nommé. Quand l'heure du bal arriva, les invités affluèrent pour y participer. Pour Aurore, c'était le moment d'agir. Elle sortit du domaine des Ténèbres. Elle activa son système de camouflage et se rendit au bureau de sa cible. Par chance, il sortait justement de son bureau pour aller au bal, vêtu d'un beau costume. L'occasion était trop belle pour la laisser s'échapper. Avec la rapidité d'un fauve, Aurore captura par derrière le malheureux qui fut immédiatement neutralisé.

-Qui êtes-vous, demanda Bick impuissant.
-Cela n'a aucune importance, répondit sèchement le fantôme de l'Alliance. Ce qui compte, c'est vous.
-Que voulez-vous alors, interrogea le directeur de l'académie inquiet de son sort.
-Nous allons faire un tour aux archives mais j'aurais besoin de votre collaboration. Au premier coup fourré et je ne pourrais assurer que vous vous en tirerez vivants.

Effrayé, Bick n'eut d'autre choix que d'obéir. Il guida son agresseur vers les archives ouvrant toutes les portes. Arrivée dans la salle, Aurore attacha son prisonnier à côté de l'ordinateur avec des chaînes des ténèbres qu'elle invoqua. Bick put alors voir le visage de son kidnappeur.

-Vous êtes Aurore !? Que fait l'Alliance ici ?
-ça ne vous regarde pas, répliqua Aurore qui commençait à pirater l'ordinateur central. Et je vous conseille de vous taire.

Bick tenta discrètement d'observer ce que cherchait Aurore mais les chaînes étaient trop courtes et il dut renoncer. Aurore trouva facilement le projet Ascension. Elle pourrait le prendre et partir avec mais ce serait donner une piste aux enquêteurs sur son identité. Fort heureusement, Mathio lui avait donné un conseil judicieux : prendre plusieurs dossiers de même importance que celui qu'on cherche pour brouiller les pistes. Sur le moteur de recherche, Aurore demanda des dossiers de même niveau sécurité que celui qui la concernait. Ensuite, elle brancha son ordinateur intégré à sa combinaison et téléchargea tous les dossiers. Sentant que ça allait durer, Bick la menaça :

-Ne croyez pas vous en tirer après ça ! L'armée du Dominion et les fantômes vous traqueront jusqu'à l'autre bout de l'Univers s'il le faut. J'ignore ce que vous avez pris mais on vous attrapera.
-Comme si vos menaces pouvaient m'intimider, répondit la fusion des Poltergirls qui ne manifesta aucune inquiétude. S'il le faut, j'irais me cacher au QG de l'Alliance. Je vous souhaite bon courage pour y arriver.

L'ordinateur bipa pour indiquer la fin du téléchargement. Aurore sortit alors de son sac le CD que lui avait donné le Trio. Elle l'inséra ensuite dans l'ordinateur central et lança le programme contenu dans le disque. Bick parvint après de douloureux efforts à voir ce qui se passait à l'écran. Ce fut un spectacle horrible. Les fichiers qu'Aurore avait téléchargés furent effacés sous l'action d'un puissant virus informatique. Choqué, Bick s'indigna :

-Qu'avez-vous fait ? Ce savoir, ces recherches devaient servir à faire progresser le Projet Fantôme.
-Des vies humaines ont été détruites pour le bien de votre « Projet ». J'espère juste que vous comprendrez ce que signifie « oeuvrer pour l'humanité ». En attendant, nous allons au bal. Avancez !

Aurore poussa Bick pour l'obliger à avancer vers la grande salle où se tenait le bal de promotion. Une belle pagaille en perceptive était à prévoir quand Aurore fera son entrée.
Retour à quelques minutes avant l'agression de Bick, au moment où le bal débutait. Les doubles des Poltergirls arrivèrent dans la salle, vêtues de leur ravissante robe. La salle était somptueuse. Les tables étaient disséminées dans la pièce. Dessus, on pouvait trouver un buffet fort appétissant. Au centre, était posé un immense gâteau préparé par les meilleurs cuisiniers du Dominion. Elles cherchèrent du regard le prince qui attira leur attention en agitant son bras. Il portait un magnifique costume noir militaire. Kate Lockwell avait troqué son look habituel pour une jolie robe rouge de style chinois.

-Vous êtes de toute beauté, Kate, fit remarquer le sosie d'Iris.
-Merci, répondit la journaliste, vous aussi
-Vous nous flattez, ricana le double de Carla. Oh ! Prince Valérian.
-Mesdemoiselles, vous êtes toutes là ! En tout cas, excellente présentation malgré l'intervention de Pandore.
-A ce propos, intervint la reporter, j'aimerais interviewer votre père concernant les féroces accusations à son encontre.
-Oubliez cette idée, avertit Valérian, mon père est allé se cacher dans la foule pour vous éviter. Je crains que vous lui ayez laissé un cuisant souvenir.
-Je m'en souviens, se rappela Kate concernant la conférence de presse sur les crimes de l'empereur sur Tarsonis.
-D'ailleurs, ajouta le fils d'Arcturus Mengsk, votre reportage risque fort de subir des censures. Mais que cette conversation reste entre nous. Si ça venait à se faire savoir, nous aurons de sérieux problèmes.
-Je vous écoute, dit Kate qui prêtait une oreille attentive.
-Les accusations de Pandore sont fondées, dit le prince à voix basse. Mon père m'avait raconté ce qui s'était passé à cette époque. Je ne vous cache pas que je désapprouve ce qu'il a fait. C'était une décision stupide pour ma part.
-Dans ce cas, demanda Kate, pourquoi ne pas le révéler aux gens ? Avec les dernières révélations, votre père serait achevé.
-Si c'était aussi simple que ça, l'Alliance l'aurait déjà montré.
-Alors pourquoi ils ne le font pas, interrogea la journaliste perplexe.
-Surement à cause des conséquences que cela engendrerait, supposa l'Héritier, ce serait l'anarchie, le pire désordre dans une situation où nous devons nous unir.
-Je comprends votre point de vue mais le public a le droit de savoir.
-Vu la situation, intervint le double de Jennifer, ces révélations devront attendre.
-Vous écoutiez, dit Kate qui avait complétement oubliée les doubles des Poltergirls.
-Depuis le début, dit le double de Sylvie, mais rassurez-vous, on gardera le secret.
-Mais on ne peut pas laisser l'empereur s'en tirer comme ça, s'indigna Kate
-Le problème, c'est que personne parmi nous n'est en position de force pour faire tomber mon père, expliqua le prince, mais ça va changer. Dans peu de temps, je lancerais une importante opération qui m'assurera la gloire. Bien sûr, vous serez la première informée, Kate.
-Merci. Je vais donc me promener un peu en espérant trouver votre père.

Sur ces paroles, Kate s'éloigna du groupe. Mengsk apparut presque par enchantement. De toute évidence, il avait tout observé. D'ailleurs, il était de mauvaise humeur.

-Mon garçon, j'espère que tu es conscient des conséquences de tes actes.
-Rassurez-vous, père. Kate connait les risques qu'elle encourt si elle parle. Elle gardera le silence. S'il le faut, vous n'avez qu'à lui effacer la mémoire.
-Evidemment, répondit l'empereur avant de rendre compte de la présence de celles qu'il prenait pour les vraies, mesdemoiselles ! Toutes mes félicitations pour votre succès.
-Merci, dirent les doubles avec un mélange de gêne et de mépris pour Arcturus.
-J'ai vu votre combat contre Nova. Remarquable esprit d'équipe. Que dire de vos performances à l'examen ? Plus qu'exceptionnel. Vous avez fait preuve d'une finesse pour l'infiltration et d'un leadership pour la mission de nettoyage. Je comprends mieux l'intérêt de mon fils à votre égard.
-A ce propos, demanda le double d'Iris, vous l'auriez défendue pour l'incident ? Parce qu'elle a eu le culot de nous insulter.
-Les deux parties auraient été sanctionnées, donna comme réponse Mengsk.
-Effrayant, fit le double de Sylvie qui eut des frissons.
-Des projets, interrogea l'empereur pour donner l'impression qu'il s'intéressait à ses interlocutrices.

Seulement, elles n'eurent pas le temps de répondre qu'un officier, pistolet au poing, visa l'empereur. Une ombre avec des cheveux blonds se jeta sur l'assassin et le neutralisa.

-Nova, s'écria le prince qui avait reconnu celle qui avait sauvé son père d'une mort certaine.

Beaucoup avaient reconnu l'officier fou mais n'arrivaient pas à comprendre les raisons qui l'avaient poussé à agir de la sorte. Seule Nova semblait avoir une petite idée sur la question.

-Ne vous fiez pas à ce que vous voyez ! Cet homme a été hypnotisé !
-En effet, confirma une voix inconnue.

Un beau gosse en uniforme militaire apparut derrière Nova braquant sur la tempe. Sa corpulence lui donnait une allure frêle et peu athlétique. Ses cheveux bruns et ses beaux violets lui donnaient son charme de joli garçon. Un rapide scan de Nova lui permit de comprendre à point cet inconnu était dangereux.

-Ne le regardez pas dans ses yeux ! C'est comme ça qu'il a eu cet officier !
-Jolie défense mais je suis libre de vous éliminer. Le Général ne me blâmera pas d'éliminer Nova Terra.
-Arrête ça, hurlèrent les fantômes récemment promus.
-Ce type est dangereux, dit le double de Carla. Et pour cause, c'est le Néant !!
-Quelle perspicacité, répliqua le Néant, je suis bien le bras droit de Mathio. J'espérais éliminer l'empereur dans la soirée mais je vais devoir partir bredouille.

Au moment où la sécurité allait intervenir, les lumières s'éteignirent. Tous étaient paniqués mais restaient sur place. Soudain des projecteurs s'allumèrent et se braquèrent sur des invités que nul n'aurait pensé à voir venir : Aurore. Derrière elle, se trouvait un Bick enchainé. D'autres projecteurs s'allumèrent pour braquer Sylvestre, sous forme zergling, et son gardien Ner'zhul qui le tenait en laisse. Tous étaient tétanisés par la présence des nouveaux arrivants. Sylvestre, dans un élan d'affection, réclama des câlins à une jeune recrue qui prit peur. Ner'zhul la rassura.

-Pas d'inquiétude, il veut juste de l'affection.
-Eloignez-le de moi, gémit la jeune fille.
-Allons, il est gentil, insista le gardien, il ne mange pas les humains.
-J'ai faim, se plaignit le Zerg mutant avant de voir le gros gâteau. Manger !

En l'espace d'un instant, il changea de forme pour devenir un Terran contaminé de la même manière que la Reine des Lames. Il prit un couteau à proximité et découpa une part qu'il mit sur une assiette. Puis il s'assit pour dévorer sa part avec un appétit de Gargantua.

-Sylvestre, gronda Ner'zhul.
-Quoi, gémit le Zerg. De toute façon, le gâteau va être à jeter.

Pendant ce temps, Aurore continuait d'avancer en direction de Mengsk. Au passage, elle lança la chaîne vers le Néant qui la rattrapa au vol. Valérian et les doubles reculèrent intimidés par la forte présence d'Aurore qui approchait dangereusement de l'empereur. Quand elle fut devant lui, ce dernier lui demanda avec arrogance :

-Que me voulez-vous ?
-Nous n'avions pas fini notre petite discussion sur Korhal, dit Aurore à voix basse mais audible. La fantôme que vous avez « laissé en charmante compagnie avec les Zergs », était-ce Sarah Kerrigan ?
-Et si c'était le cas ?
-Répondez à la question.
-Oui.

Immédiatement après cette réponse, Mengsk reçut un violent coup de poing à la figure. Dans l'esprit d'Aurore, Sylvie avait ordonné de donner le coup de poing. Mais ce geste n'avait pas plu à ses amies.

-Sylvie, s'écria Carla. Tu n'as pas honte ?
-Pourquoi, demanda son amie, il le méritait.
-Ce n'est pas ce que je voulais dire, expliqua Carla. Le problème, c'est que pourquoi ce serait toi la seule à frapper cette ordure. Je veux ma part.

Et appuyer ses propos, Carla prit les commandes et frappa Mengsk qui se prit un second coup. Ce qui provoqua la jalousie d'Iris.

-Ce n'est pas normal qu'il y en ait que pour vous deux. Je veux moi aussi corriger cette pourriture.

Troisième coup de poing pour l'empereur.

-Sérieux les filles, se plaignit Jennifer. Vous auriez pu me laisser participer. Je vais vous montrer un vrai coup de poing.

Quatrième coup de poing.

-Maintenant, proposa Sylvie, le final mais cette fois, tous ensembles.
-D'accord, approuvèrent ses amies.

Toutes ordonnèrent à Aurore à donner le coup final. Sous la puissance du coup, Mengsk s'envola vers d'autres cieux pour retomber sur le gâteau. C'était à ce moment où Ner'zhul réprimandait Sylvestre pour sa gloutonnerie. Quand la catastrophe arriva, le Zerg lâcha un :

-Tu vois. Je te l'avais dit.
-Le hasard, se justifia son gardien.

Du côté du public, tous étaient choqués par ce qui venait de se produire. Personne n'avait osé lever la main sur l'empereur. Non content d'avoir frappé l'empereur une fois, son agresseur l'avait cogné cinq fois. Soulagée, Aurore attrapa un micro et s'exprima :

-Ecoutez-moi. Comme vous l'avez constaté, aucun endroit n'est sûr. Quelles que soient les défenses installées pour arrêter l'Alliance, elle passera. Si vous souhaitez que cela cesse, chassez Arcturus du pouvoir. Personne ne voudrait de quelqu'un qui nous crée des problèmes qui vont retomber sur nous. Alors, faites ce que je vous demande. Messieurs, on part.
-Entendu, répondit le Néant qui n'avait pas raté une miette du spectacle.
-Pareil pour nous, ajouta Sylvestre la bouche couverte de gâteau. Bon appétit avec ce Mengsk frappé et enrobé de gâteau.

Les projecteurs s'éteignirent plongeant de nouveau la salle dans l'obscurité la plus totale. Quand la lumière revint, le Néant, Sylvestre et Ner'zhul avaient disparu. Quant à Aurore, elle avait fissionné pour que les vraies Poltergirls prennent la place de leur double. Tout cela dans l'obscurité et après avoir une bombe psi qui bloquait temporairement les capacités de perception mentale des fantômes présents. La foule était sous le choc des derniers évènements mais le prince ramena le calme. Il fit emmener son père à l'infirmerie pendant qu'il assurait la remise des diplômes.

-Très chers fantômes, en raison des récents évènements dans la soirée, mon père sera absent pour le reste de la soirée. C'est donc à moi de gérer la remise des diplômes. Comme vous avez pu le constater, l'Alliance peut s'introduire partout. Par chance, ils n'ont tué personne mais ils nous ont montré de quoi ils étaient capables. Imaginez si c'était une armée qui s'introduisait dans l'académie de la même façon de ces gens. Je vous prie de ne pas défier cette organisation de manière inconsidérée. Maintenant, les diplômes.

Les uns après les autres, Valérian appela par ordre alphabétique les fantômes qui avaient réussi l'examen. La soirée se termina par un bal sans autre incident.

Le lendemain, la salle de réception fut fermée pour les besoins d'une enquête. De leur côté, les Poltergirls rangeaient leurs affaires pour pouvoir rentrer sur la planète California. Kate fut contrainte de se taire sur certains évènements pour éviter des ennuis. Nova fut réhabilitée pour avoir sauvé l'empereur. Bick ne fut pas poursuivi étant donné qu'il fut impuissant face à Aurore mais il eut droit à un sacré interrogatoire. Les Mengsk repartirent rapidement sur Korhal pour reprendre les affaires d'état.

Quelques heures plus tard, les Poltergirls furent rentrées chez elles. Quelle ne fut pas leur surprise de voir leurs camarades de classe les accueillir à bras ouverts tels des héros qui venaient de sauver l'univers. Les journalistes de l'université vinrent les interviewer pour connaitre les détails de leur examen. Fidèles à l'accord de confidentialité, les Poltergirls racontèrent tout sauf les incidents qui s'étaient produits lors de la conférence et le bal de promotion.

Parvenant enfin à s'échapper de la masse d'étudiants, les Poltergirls rentrèrent dans leur bon vieil appartement où elles purent respirer un peu. Le lendemain, elles se rendirent à la base secrète de l'Alliance pour découvrir les secrets du Projet Ascension.
Dans le repaire secret de l'Alliance, les sbires et les Poltergirls travaillaient d'arrache-pied pour décoder le dossier qu'elles avaient volé sur Ursa. Malgré le matériel performant de l'Alliance, ce n'était pas facile de décrypter ces données mais les Poltergirls étaient tenaces. Elles étaient à deux doigts de découvrir la vérité sur le projet Ascension et ses sombres secrets.

Pendant ce temps, le Trio était parti à l'université pour trouver des pistes sur l'emplacement du professeur Kappa. Mais pour s'introduire dans son bureau, il fallait éviter d'attirer l'attention. Déguisés en agents d'entretien, ils approchèrent du bureau sans éveiller les soupçons. Profitant qu'il n'y ait personne dans les couloirs, le Trio entra avec leur matériel d'entretien et purent admirer le lieu de travail du père de Sylvie. La pièce comportait deux étagères, une commode et un bureau. Le bureau était soigneusement rangé mais une fine couche de poussière recouvrait tout, signe que le propriétaire des lieux n'était pas revenu depuis un moment. Les 3 agents fouillèrent toute cachette potentielle où le professeur aurait pu cacher des informations concernant le projet Ascension. Les livres sur les étagères ne traitaient que de médecine. Les commodes contenaient d'anciens cours datant de plusieurs années. En revanche, le bureau semblait garder quelques secrets. En effet, un des tiroirs était fermé à clé mais la clé avait mystérieusement disparu. Mais il en fallait plus pour décourager les agents les plus dévoués de la garde personnelle de Mathio. Ils crochetèrent la serrure du tiroir suspect. Soudain, la poignée de la porte se baissa. Paniqués à l'idée d'être découverts, le Trio alla se cacher sous le bureau. Le doyen entra mais ne vit personne. Alors il repartit. Le Trio souffla de soulagement et reprit sa sinistre activité.

Retour au repaire secret où les dossiers commençaient à parler. Les Poltergirls proposèrent une pause car la tension due à la difficulté de percer les défenses informatiques était montée assez vite. On avait donc besoin de respirer un peu. Les Poltergirls prirent leur pause dans un coin.

-C'est bizarre, dit Sylvie.
-Pourquoi, demanda Carla.
-Parce que je n'ai pas vu le Trio de la journée, expliqua Sylvie.
-Maintenant que tu le dis, dit Iris, c'est que ces trois-là sont absents.
-Sûrement pour aller jouer un mauvais tour ailleurs, supposa Jennifer. Mais on a du boulot. La vérité est à portée de main. Alors, on ne va pas lâcher maintenant.
-Evidemment, répondit Carla.

Une demi-heure plus tard, elles reprirent leur travail. Finalement, elles parvinrent enfin à décoder l'intégralité du projet Ascension. Elles commencèrent alors à le lire.

« Projet Ascension

But : Rendre les fantômes plus puissants en termes de pouvoirs psychiques en leur greffant de la matière grise Protoss.
Statut : Arrêté pour manque de fonds en raison de résultats insuffisants.
Scientifique en chef : Charles Kappa.
Nombre de cobayes utilisés : 24.
Notes particulières sur les cobayes : 20 d'entre eux sont morts suite au rejet de la greffe. Les 4 derniers ont supporté la greffe mais ont été écartés du Projet Fantôme pour manque de résultats. Elles ont été renvoyées sur la planète California suite à la demande du professeur Kappa.

Historique :
1er jour : Etude des Protoss et de leurs capacités psychiques.
186ième jour : Premières greffes sur 10 cobayes d'âges différents.
196ième jour : mort des cobayes des plus âgés.
220ième jour : mort des derniers cobayes.
221ième jour : Etude des causes de la mort
230ième : Greffes sur 10 nouveaux cobayes
324ième jour : mort des cobayes des plus âgés
401ième jour : mort des derniers cobayes.
402ième jour : Etude des causes de la mort et perfectionnement des techniques de greffe.
431ième jour : Premières greffes sur 4 cobayes.
436ième jour : Secondes greffes sur les 4 cobayes
441ième jour : Troisièmes greffes sur les 4 cobayes
444ième jour : Rencontre des cobayes avec Sarah Kerrigan. Des liens très forts se sont créés. A surveiller de près.
589ième jour : Grande série de tests. Résultats léger progrès par rapport aux derniers.
632ième jour : Disparition de Sarah Kerrigan. Les cobayes sont démoralisés.
735ième jour : Derniers résultats officiels. Ils ne sont pas des plus meilleurs.
740ième jour : Réunion des supérieurs pour décider du sort du projet
750ième jour : Fin du Projet Ascension. Les cobayes sont renvoyés vers la planète California.

Conclusion : Un projet au grand potentiel qui a dû être stoppé pour des résultats trop longs pour être observés. Toutefois, ces jeunes filles pourraient être des fantômes assez intéressants. Leur esprit d'équipe était hors norme. »

A l'intérieur du dossier, on pouvait trouver le nom des 20 autres cobayes. A leur mort, leur dossier fut détruit pour effacer les traces des «meurtres». Il y avait aussi des vidéos qui montraient l'évolution des opérations chirurgicales, des examens médicaux, des radios des cerveaux. Les Poltergirls étaient choquées de voir ce que les Confédérés avaient fait à leurs prédécesseurs. Il était fort à parier qu'on les avait laissés mourir par pur sadisme. Sylvie allait même se demander comment son père avait pu prendre part à toutes ces horreurs. Soudain la Boîte de Pandore arriva.

-Eh bien, dit le Général après avoir lu rapidement le dossier. Quelle horreur !
-Vous ne croyez pas si bien, répondit Sylvie. Je demande comment mon père a pu être complice de ce massacre ?
-Il n'avait sûrement pas le choix, supposa Xezbeth. Ses supérieurs l'ont obligé à commettre ces actes inhumains pour approfondir les recherches. Vous savez tous les genres de pratiques auxquels la Confédération se livrait pour ses expériences. Les cobayes n'étaient rien pour eux.
-Pourtant, ajouta Jessonia, ton père a demandé à ce que vous soyez exclues du Projet Fantôme. N'est-ce pas le signe qu'il désapprouvait le projet Ascension ?
-C'est possible, admit Sylvie. Mais j'aimerais l'entendre de sa bouche.
-Oh ! Sylvie, fit Iris en tentant de consoler son amie.
-On peut comprendre que tu cherches à comprendre les motivations de ton père, dit Jennifer. Mais pour l'heure, on doit le retrouver.
-Nous sommes de retour, s'écria le Trio. On dérange ?
-Vous tombez bien, dit Mathio. Où étiez-vous passés ?
-On était parti une enquête et on ne revient pas bredouille. Regardez !!

Sur ces mots, le Trio sortit de leur sac un petit livre contenant des informations de la plus haute importance.
Le Trio sortit de leur sac un petit livre rouge avec pour titre «Notes personnelles sur le projet Ascension». Mathio l'observa avec grande attention pour dire.

-C'est très intéressant.

Puis, il lut à grande vitesse pour donner une conclusion :

-C'est vraiment intéressant.
-Qu'y a-t-il, demanda Sylvie.
-Lis ça, répondit Mathio en lui tendant le livret.
-Ça appartient à mon père, comprit Sylvie en reconnaissant l'écriture de son géniteur. Vous n'avez pas honte de l'avoir volé ?
-Tu voulais savoir ce qu'il pensait de tout cela ? Voilà ta réponse.

Sylvie admit que Maître Xezbeth avait raison. Maintenant, elle avait entre ses mains tout ce qu'elle voulait savoir. Sans réfléchir, elle commença à lire. Ses amies s'approchèrent pour lire ce que le professeur Kappa avait écrit.

«Quelques jours avant le début du projet Ascension, on m'avait proposé une fortune pour diriger le projet. J'ai eu du mal à refuser une telle offre. Il fallait bien gagner sa vie pour élever ma fille depuis la mort de ma femme. Mes connaissances en matière de neurologie allaient être utiles pour le projet Ascension. J'admettais que ce projet était assez horrible mais cela permettrait de faire des progrès scientifiques.
Jour 1 : J'ai rencontré mon équipe. En apparence, ils avaient l'air normaux. « Avaient l'air » n'était pas une expression quand nous vîmes les Protoss qu'on nous demandait d'étudier vivants. Je me sentis alors mal à l'aise devant le malin plaisir de certains de mes collègues à torturer les malheureux aliens pour comprendre comment fonctionnait leur cerveau. Par moment, j'avais de la compassion pour les Protoss.
Jour 182 : Après 6 mois à étudier l'anatomie cérébrale des Protoss, nous avions décidé de passer à l'étape suivante : greffer la matière grise Protoss dans des cerveaux humains. Nous avions sélectionnés des fantômes âgés de 10 à 25 ans pour élargir notre champ d'études. Avant de commencer les opérations, nous réalisions des simulations sur ordinateur pour savoir où placer la greffe.
Jour 188 : Les opérations s'étaient bien passées. Tous les patients s'étaient réveillés. Certains avaient mal à la tête mais c'était sûrement temporaire. Nous allions à présent commencer à observer les effets des greffes sur des sujets humains.
Jour 195 : Les patients les plus âgés avaient de plus en plus mal à la tête. Ils avaient rejetés la greffe et étaient sur le point de mourir. Alors que je demandais des moyens pour les sauver, mes supérieurs exigèrent de continuer l'expérience jusqu'à son terme. S'ils devaient mourir, ils mourraient pour le projet et on pourrait examiner leur cadavre pour comprendre la cause du décès, voilà leur réponse. Je n'avais pas insisté. Mais le pire était à craindre.
Jour 210 : C'était le 6ième patient à mourir suite à l'opération. Si je voulais, j'aurais mis fin à ce spectacle mais j'avais mes ordres.
Jour 220 : Le dernier patient vient d'expirer. Un gosse de 10 ans qui n'avait rien demandé. Quand les supérieurs eurent vent de la mort de tous les cobayes, ils demandèrent qu'on examine les cadavres avant de les incinérer et qu'on efface toute trace d'eux après les autopsies.
Jour 228 : Les ordres avaient été exécutés à la lettre. Je ressentais un sentiment de malaise et m'interrogeais si j'avais eu raison d'accepter ce travail. Ce sentiment s'accentua quand on nous ordonna de recommencer. Donc 10 personnes allaient donner leur vie pour la science de la Confédération.
Jour 232 : Les greffes s'étaient déroulées sans accroc. Les patients s'étaient réveillés. Personne n'eut de mal de tête. C'était bon signe, le sacrifice des premiers patients n'aura pas été vain. Puisse cela durer encore longtemps.
Jour 296 : Pas de mort aujourd'hui. L'ambiance était au mieux. Je continuais d'espérer que la grande faucheuse ne vienne prendre la vie de ces gens.
Jour 324 : Ce que je redoutais était finalement arrivé. Les patients les plus âgés furent les premiers à mourir. Cette fois-ci, on n'avait rien vu venir.
Jour 402 : Le dernier patient venait de mourir la veille. Comme pour la première fois, on chercha la cause du décès. Cette fois-ci, les prochains survivront quel qu'en soit le prix.
Jour 425 : Une terrible nouvelle s'abattit sur moi comme la foudre qui frappa : ma fille venait d'être intégrée dans le Projet Fantôme. Je savais qu'elle sortait de l'ordinaire de par son génie mais pas au point d'être une télépathe. Mais le pire, c'était qu'elle fut désignée pour être un des prochains cobayes du projet. Apparemment, les jeunes cobayes avaient une espérance de vie plus importante que leurs aînés. J'avais beau protesté contre cette décision voire menacer de démissionner. Comment pourrais-je faire ça sur ma propre enfant ? Les supérieurs ont proposé de quadrupler mon salaire. Ma faiblesse l'emporta sur la raison.
Jour 429 : Depuis 3 jours, j'ai travaillé sans relâche pour empêcher que la même tragédie se reproduise. Je suis allé jusqu'à passer des nuits blanches. Mais au bout du bout, j'ai réussi à trouver une solution qui permettra à ma fille et aux autres cobayes de vivre une existence normale.
Jour 431 : Après une bonne journée de repos, j'ai pris part aux opérations. J'étais pétrifié à l'idée de voir ma fille opérée et inquiet à l'idée de la voir mourir dans les mois qui suivront. Cette fois, nous avons décidé de faire la greffe en plusieurs opérations. Aujourd'hui avait lieu la première opération.
Jour 442 : Trois opérations se sont succédés sans problèmes, à ma plus grande joie. Je constatais même que Sylvie avait sympathisé avec les trois autres filles. Je souhaite plus que tout que ces 4 filles s'en sortent vivantes.
Jour 444 : Ce jour-là fut très particulier car les filles avaient rencontré Sarah Kerrigan. Cette jeune femme était réputée pour être la meilleure fantôme que nous possédions. Elle dégageait une impression de peur à dissuader quiconque s'approcherait d'elle. Pourtant, elles se sont approchées de Kerrigan et lui ont parlé. Si jeunes et déjà un grand courage. Et le plus surprenant dans tout cela, c'était qu'elles étaient devenues de bonnes amies. Tout le monde proposait de laisser cette relation continuer estimant que ces filles deviendraient les nouveaux espoirs du Projet Fantôme.
Jour 589 : J'avais entre les mains les derniers résultats des derniers tests. Ils étaient meilleurs que les précédents. Pour des IP 5, elles avaient à présent un IP5.5. De plus, ça faisait presque un an depuis les opérations. Il semblerait que mon travail acharné avait finalement payé. Les filles allaient pouvoir vivre comme des personnes ordinaires mais étais-je satisfait ? Si le projet venait à être un succès, alors il y aurait d'autres fantômes qui subiraient l'opération. D'autres Protoss qui souffriront de la folie des hommes, d'autres fantômes qui mourront car ils ne seront pas compatibles avec la greffe. Je devais faire quelque chose.
Jour 632 : Sarah Kerrigan était portée disparue depuis quelques jours. Selon des sources fiables, elle aurait été enlevée. Les filles étaient chagrinées de ne plus la revoir. Même Sylvie m'avait demandé quand Kerrigan reviendrait. Je tentai de la rassurer en lui disant qu'elle était encore en vie et qu'un jour elles se reverraient. Ce qui avait eu l'effet escompté mais pour combien de temps ?
Jour 735 : Le dernier rapport avait été livré aux supérieurs. J'avouerai que j'avais contribué à le rendre plus mauvais qu'en réalité. Les filles étant déprimées, cela arrangeait mes affaires. Avec ce rapport, le sort du projet Ascension ne pouvait qu'être scellé.
Jour 740 : Ce qui devait arriver arriva. Une réunion a été organisée pour décider du sort du projet. J'en profitai pour obtenir la garde de ma fille et de ses amies. Pour parvenir à mes fins, je fis appel à un officier qui prenait part à la réunion pour me soutenir dans ma demande.
Jour 745 : La décision est finalement tombée. Les responsables avaient demandé de couper les fonds pour le projet Ascension. Ce fut un coup dur pour les collègues mais pour moi, c'était un soulagement. De plus, j'avais obtenu gain de cause pour ma demande.
Jour 750 : Tout fut détruit, démantelé. Les rapports brûlés, le matériel démonté, les salaires versés. Je fus congédié mais cela m'importait peu puisque j'avais assez d'argent pour vivre avec ma fille et ses amies. Je souhaite plus que jamais que ce dossier reste enterré à jamais»

A la lecture de ce journal, les Poltergirls eurent les larmes aux yeux. Les agissements du professeur Kappa prenaient tout leur sens. Cet homme, en dépit de ses crimes, avait consacré sa vie pour les filles qu'il avait faites souffrir. Pandore arriva de nulle part pour donner des mouchoirs.

-Tenez.
-Merci, dit Sylvie en prenant le mouchoir.
-Au fait, demanda Carla, où est la Boîte de Pandore ?
-Ils ne sont pas loin, rassura Pandore. Je sais à quel point il est difficile de faire face à cette vérité mais vous ne devrez jamais oublier le sacrifice de cet homme pour votre bonheur. D'ailleurs, on les a retrouvés.
-Qui, demandèrent les Poltergirls.
-Le commandant et le professeur Kappa, répondit Pandore. Ils étaient revenus à cause de l'effraction du Trio. Mais malheureusement pour eux, l'Alliance les a vite attrapés. A l'heure où je vous parle, ils doivent être au centre de commandement.

Les Poltergirls ne traînèrent pas pour aller retrouver les deux fugitifs dans le bureau du commandant. Quand elles furent face à eux, ces derniers étaient honteux et terrifiés de la colère des fantômes. Sylvie balança sur le bureau le livret rouge qui tomba comme une pierre. Charles détourna les yeux, l'air de penser que le moment était venu.

-Je pense que tu sais tout, dit le père à sa fille. J'aurais aimé que les choses se passent autrement. Même quand le commandant voulait faire appel à vous pour votre première mission, j'étais contre. Tu peux me haïr, me tuer, me renier, je n'aurais aucun regret.
-N'espère pas subir ça, répondit Sylvie sans rancune, après tout ce que tu as fait pour nous sauver, nous donner une vie normale, qui viendrait blâmer quelqu'un comme toi ?
-Personne, je suppose.
-Exactement et tu avais même emmené les autres.
-Je ne voulais pas te voir seule, se justifia son père, tu semblais tellement attachée à tes amies que je n'ai pas eu le courage de vous séparer.
-C'est gentil, répondirent les autres Poltergirls touchées par tant de bonté.
-Une question me vint, intervint Pandore, pourquoi avoir usé d'un tel stratagème ? Vous auriez pu utiliser d'autres méthodes.
-C'est vrai, admit Charles Kappa. Je ne craignais pas ce qui pouvait m'arriver. Seulement il y avait ma fille et je ne pouvais pas la laisser seule. Elle avait besoin de son père. Alors, j'ai pensé que détruire le projet de l'intérieur serait plus efficace et plus discret avec les résultats que vous connaissez.
-Papa, s'écria Sylvie en se jetant sur lui.
-Aie !! Quelle force !!
-Ha ! Ha ! Ha, riaient l'assistance devant cette scène.
-Dites, Pandore, demanda le professeur Kappa en se relevant, j'aurais un service à vous demander.
-Je vous écoute.
-Maintenant qu'elles connaissent la vérité, j'aimerais que vous me fassiez.... (Chuchotements)
-Bien sûr et c'est avec plaisir que j'exaucerais votre voeu.
Javert Valjean était un homme de 21 ans. Le genre de personne qu'on qualifierait de « chien né dans une couvée de loups ». Né à Korhal, Ses parents étaient des criminels de la pire espèce et furent vite resocialisés pour être envoyés au front quand il avait 8 ans. Il dut aller survivre par ses propres moyens où il fit plusieurs petits boulots. L'un d'eux fut de travailler comme mécano pour les Fils de Korhal. Ces années dans le groupe terroriste avaient fait de lui un homme habile de ses doigts. Quand le Dominion fut créé, Javert s'inscrivit à l'école de la police mais il trouva que la police était limitée en termes de pouvoir et de champ d'action. Il se fit alors détective privé après son diplôme. Son esprit de déduction, son oeil de lynx et son intelligence égalant celle de Batman firent de lui le meilleur détective de Korhal avec pour surnom le Batman de Korhal. Le jour où Roberto Wolf vint voir l'empereur et fut assassiné, Javert était sur le toit d'un immeuble pour observer les défenses pour protéger l'invité de l'empereur. Il devina que cet homme était menacé en raison des moyens déployés par l'Alliance pour l'éliminer. Il fut dépité de voir comment les troupes du Dominion avaient échoué dans leur mission. Cherchant la position de l'assassin, Javert regarda les alentours. Soudain, son attention fut attirée par un flash lumineux. Regardant en direction de la source, il vit par ses jumelles deux femmes en tenue de fantômes. Sous le coup de l'intuition, le détective prit sa caméra haute gamme et filma le combat. Quand la gagnante du combat sauta du toit pour échapper aux soldats du Dominion et se téléporta sur le toit où se trouvait Javert, elle passa à côté de de ce dernier sans s'apercevoir de sa présence. Le détective était intrigué par cette jeune femme qui lui apparaissait comme un mystère. Ses cheveux argentés, son corps de rêve, ses pouvoirs et la mystérieuse marque sur son bras.

Le lendemain, il envoya la vidéo à l'UNN, espérant qu'on lui apporterait des réponses. Ce qu'il obtint dépassa ses espérances. La Boîte de Pandore avait fait son apparition lors de la conférence de presse organisé par l'empereur. Leurs révélations avaient plus qu'intriguer le détective qui voulut en savoir plus sur leur compte. Son rêve devint réalité quand les troupes du Dominion frappèrent à sa porte pour l'emmener voir l'empereur Mengsk qui le reçut dans son bureau.

-Vous êtes bien Javert Valjean, le meilleur détective de Korhal, le Batman de Korhal ?
-Le meilleur, c'est un peu exagéré.
-Ne faites pas votre modeste, dit Arcturus avec une flatterie dont il avait le secret.
-Vous ne me blâmez pas pour avoir donné la vidéo à l'UNN ?
-ça se serait su d'une manière ou d'une autre, répondit l'empereur qui connaissait assez bien Kate Lockwell pour son opinion anti-Mengsk et son professionnalisme. Mais si je vous ai fait venir, ce n'est pas pour parler de ça mais de l'Alliance.
-Et d'Aurore, compléta Javert.
-Effectivement, il est difficile de ne pas parler de l'un sans parler de l'autre, admit Mengsk qui avait de la rancune à l'encontre d'Aurore. Votre mission, si vous l'acceptez, sera d'enquêter sur l'Alliance Démoniaque.
-Ce boulot ne devrait-il pas être celui de vos espions et de vos fantômes, demanda l'enquêteur.
-Si, avoua Mengsk, mais un visage inconnu passera plus facilement inaperçu que mes hommes. De plus, vous êtes un homme débrouillard qui ne connait pas de limites.
-En effet, répondit Javert touché en plein coeur par le compliment.
-Alors, j'ai votre soutien ?
-Bien sûr. C'est un mystère qui ne doit pas rester secret. Vous pouvez compter sur moi. Mais je souhaite avoir accès à toutes les informations concernant cette organisation. Qui sait quelles informations intéressantes vous auriez pu rater.
-Entendu, je vais vous faire transmettre les papiers nécessaires pour votre enquête. Mais soyez prudents car on ne sait qui travaille pour l'Alliance.

Pendant les jours qui suivirent, Javert consulta tous les rapports, tous les documents, toutes les vidéos sur l'organisation des ténèbres. La masse d'informations était si importante qu'il fallut une autre approche. Un programme informatique résolut le problème. En cherchant des points communs, Javert découvrit que grand nombre d'opération de l'Alliance avait lieu sur la planète California. Ce n'était pas un hasard. Il fallait donc enquêter là-bas pour découvrir ce qui se passait. En regardant les dernières infos sur l'UNN concernant l'Odin, le détective fut intrigué par les problèmes logistiques énoncés par Kate. Son intuition lui disait que c'était louche. Il partit alors immédiatement pour Valhalla pour découvrir les causes exactes du retard de l'Odin. Ne faisant confiance à peu de personnes, il prit son vaisseau personnel pour arriver à destination.
Les gens qu'il croisait semblaient être terrorisés par quelqu'un ou quelque chose. Pas de doutes, il s'était passé des choses ici. Grâce aux papiers de l'empereur, Javert put accéder à la salle de contrôle. En fouillant la base de données, il découvrit que quelqu'un avait manipulé les caméras. De plus, quelqu'un d'autre avait brouillé les communications. Sur les caméras du hangar de l'Odin, un groupe d'individus s'emparait de la machine de guerre. Cette même machine détruisit les 5 bases militaires avec facilité. Javert était horrifié. Les Rebelles de Raynor étaient venus ici pour s'approprier l'Odin pour une opération qu'il ignorait encore les conséquences. Soudain, alors qu'il regardait les caméras du bunker, le détective découvrit un passage qui n'avait pas été effacé : Aurore devant l'ordinateur central. Javert fut encore plus surpris. Que faisait-elle ici ? Était-elle là pour l'Odin ? Inquiet et sentant une menace planer sur sa tête, l'enquêteur retourna sur Korhal pour avertit l'empereur de ses découvertes.

Mais quand il arriva sur la planète-capitale du Dominion, c'est une vision d'anarchie qui l'accueillit. Une foule en colère attaquait les troupes du Dominion. Craignant pour sa vie, Javert se barricada chez lui et regarda les news. Tous les médias parlaient des dernières révélations des crimes de guerre de l'empereur. Javert n'en croyait pas ses oreilles. L'homme qu'il admirait un criminel ?! Difficile d'y croire mais il fallait admettre que c'était la vérité. Pendant plusieurs jours, il ne put aller voir l'empereur en raison des soldats qui réprimaient dans les rues les émeutiers. Quand il le put, il alla au palais. Devant la porte du bureau de l'empereur, il croisa le prince Valérian, dossier sous le bras, qui sortait.

-Vous êtes, demanda le détective qui semblait avoir déjà vu cet homme.
-Prince Valérian, répondit ce dernier. Si vous voulez rencontrer mon père, il est très occupé.
-ça ira, répliqua Javert, j'ai des choses d'une importance capitale à lui dire.

Et sans qu'il s'en rende compte, le prince plaça un mouchard de la taille d'un insecte sur le manteau du détective. Javert entra dans le bureau de Mengsk caché par des piles de dossiers. Le prince avait raison. Son père était débordé. Osant déranger son client, Javert parla :

-Votre excellence ?
-Ah, monsieur Valjean, réagit l'empereur à la présence de son invité. J'espère que c'est important parce que je dois gérer tous ces problèmes.
-ça l'est, confirma le détective. Je ne vous apprendrais rien en vous disant que les Rebelles de Raynor avaient attaqué le centre de production de l'Odin.
-On s'en doutait, répondit Mengsk qui l'écoutait d'une oreille.
-Mais que l'Alliance ait frappé au même moment qu'eux et volé les plans de l'Odin par l'intermédiaire d'Aurore, ça c'est important.

Cette fois, Mengsk redressa la tête, les yeux sortant des orbites. Visiblement, il ne s'attendait pas à ça.

-Mon dieu, finit-il par lâcher. On est mal.
-C'est le cas de le dire. S'ils parviennent à s'en fabriquer. Un seul assaut leur suffirait pour envahir tout le Dominion.
-Sûrement, répondit l'empereur après un temps de réflexion au calme, mais on ne les verra pas attaquer comme les Zergs.
-Pourquoi ?
-Mais parce que ces gens de l'Alliance aiment bien s'offrir en spectacle, expliqua l'empereur. S'ils voulaient nous attaquer, ils l'auraient dès le début avec ou sans l'Odin. Je pense plutôt qu'ils ont un autre objectif qui les oblige à retarder leur domination.

Javert était impressionné. Pas étonnant que l'homme qui était assis devant lui soit devenu empereur avec un sens de la stratégie aussi développé. Son maître était devant lui. Profitant de l'occasion, il lui fit part de l'avancée de son enquête.

-J'ai découvert que l'Alliance concentrait la plupart de ses activités sur la planète California.
-Vraiment ? Les Poltergirls qui vont passer leur examen de fantôme viennent de cette planète.
-Vous voulez parler de ces jeunes fantômes qui ont arrêté les terroristes, demanda Javert qui avait entendu parler des évènements en question. Très jolies filles.
-En effet, confirma Arcturus. D'ailleurs, elles feront un rapport sur l'Alliance vu qu'elles ont fréquenté plusieurs de ses agents.
-Et ça ne vous dérange pas, questionna l'enquêteur. Je veux dire, vous ne vous êtes pas demandé si elles travaillaient pour l'Alliance ?
-Peu probable, rétorqua Mengsk, mais si vous êtes vraiment convaincus de cette idée, alors prouvez-le. L'opinion publique est très favorable à leur égard et n'hésitera pas à les protéger de toute diffamation.
-Je comprends, dit Javert, avec votre accord, j'aimerais assister à la conférence.
-Vous l'avez mais prévoyez une tenue de fête pour le bal de promotion.

Quelques jours plus tard, il assista à la conférence mais aussi à l'apparition de Pandore qui lança ses lourdes accusations. Javert fut bouleversé. D'abord Tarsonis puis la Reine des Lames. Ça commençait à faire beaucoup. Le soir même, il fut naturellement témoin des 5 coups de poings d'Aurore sur l'empereur. Le lendemain, il commença sa nouvelle enquête en interrogeant l'empereur mais ce dernier était déjà parti. Il se tourna alors vers le directeur de l'académie Kevin Bick.

-Monsieur Bick ? J'aurais quelques questions à poser.
- Vous êtes, demanda l'interrogé.
-Javert Valjean, dit le dénommé en présentant un document signalé par l'empereur, je suis ici pour enquêter sur l'Alliance sur ordre de l'empereur en personne.
-Je vois, comprit Bick qui ne voulait pas se froisser avec l'empereur. Je ferais tout pour collaborer avec vous.
-J'entends bien. Pouvez-vous me raconter ce qui s'est passé dans la soirée d'hier ?
-Eh bien, raconta Bick, en sortant de mon bureau, Aurore m'a neutralisé puis emmené à la salle des archives pour que je lui ouvre l'accès. Ensuite, elle m'a attaché avec des chaînes noires avant de pirater l'ordinateur qui se trouvait dans la pièce.
-Et ensuite ?
-Elle a téléchargé plusieurs dossiers avec son ordinateur intégré à sa combinaison de fantôme. Enfin, elle a mis un CD dans l'ordinateur pour envoyer un virus qui a détruit les fichiers qu'elle avait volé. Après, on est allé à la salle du bal où vous connaissez sûrement la suite.
-Bien sûr, répondit le détective, mais avez-vous remarqué un détail qui vous a marqué ? Même insignifiant.
-Je crois, se souvint Bick, que son vrai but était de trouver un seul dossier. Pendant un moment, elle était restée inactive comme pour lire quelque chose.

Evidemment, c'était logique. Le vol de ces documents n'avait que pour dessein de dissimuler le dossier voulu pour brouiller les pistes. Javert demanda à examiner l'ordinateur. Quand il fut devant la « victime », il sortit ses petits gadgets faits maison pour trouver des traces du virus qui a servi d'effacer les dossiers volés. Un écran noir s'ouvrit et une écriture d'une langue inconnue apparut. Inutile de dire c'était le virus mais son origine demeurait inconnue. Ce qui terrifiait Javert qui se demandait combien d'alliés l'Alliance comportait dans ses rangs.
Quelques jours après les évènements de l'académie, Javert arriva sur la planète California. Il voulait absolument savoir si oui ou non les Poltergirls étaient alliées avec l'Alliance. Ses doutes s'étaient renforcés lorsqu'il apprit que le projet Ascension se trouvait parmi les dossiers volés par Aurore. Coïncidence ou hasard ? Seule l'enquête pourra le dire. Pour commencer, il se rendit au Manoir du Pandémonium où une exposition organisée par le Prince Valérian avait lieu. Ayant appris que les Poltergirls étaient les gardes du corps de l'Héritier, Javert estima que c'était une bonne occasion de les observer. Mais pour participer à la soirée, il fallait être invité. Ou avoir de bonnes relations. Sans plus tarder, il contacta l'empereur pour lui trouver une invitation. En peu de temps qu'il ne le fallait, il eut son laisser-passer dans les heures qui suivent.

Quand il arriva à l'entrée de l'hôtel, Javert fut surpris de la grandeur du bâtiment. Mais quand il entra à l'intérieur, il sentit une ambiance de luxe mêlée à quelque chose de sombre qui se dissimulait derrière ces beaux décors. Mettant ce sentiment sur le compte de la première fois, Javert monta au dernier étage où se trouvait la loge VIP. Dans le hall, une myriade de marines montait la garde. L'un d'eux contrôla l'identité du nouvel arrivant qui entra dans la salle de séjour. Un magnifique spectacle l'accueillait. La salle était joliment décorée. Des vitrines contenant des artéfacts extraterrestres parsemaient la pièce. Comme on pouvait s'y attendre, le prince Valérian était présent accompagné de ses gardes du corps, les Poltergirls. Plusieurs personnalités de la noblesse étaient venues voir ces merveilles des 4 coins du Dominion. On croisait la baronne de Nephor une grande femme grassouillette accompagnée de son mari. Cet homme était l'opposé de son épouse : petit et mince à tel point que qu'il arrivait à hauteur du menton de sa femme. Il y avait aussi le comte de Dylar, un jeune et élégant homme de 24 ans qui passait son temps à séduire toute femme qu'il croisait. Ses premières tentatives de conquêtes furent les Poltergirls qui le rejetèrent. Malgré ce quadruple râteau, le comte poursuivit son jardinage ailleurs. Ensuite vint madame la marquise de Brontes, une ravissante femme brune de 30 ans qui paraissait en avoir 20. Enfin, le duc de Tyrador, un des proches amis de l'Héritier et son ainé de deux ans. Il arborait un splendide costume gris et une cravate marron. Quand il vit son vieil ami, il alla dans sa direction.

-Valérian, quelle joie de te revoir, s'écria le duc.
-Tristan, dit le prince, toujours aussi joyeux.
-Plaisantin, disait le noble ami de Valérian. Et voici donc tes dévouées gardes du corps, les Poltergirls.

Pour faire la promotion des fantômes et du projet Fantôme, les Poltergirls avaient été utilisées comme icônes. Résultat, tout le Dominion connaissait les Poltergirls pour leurs réussites. La baronne et son mari vinrent à leur tour s'approcher de l'Héritier.

-Prince Valérian, cette soirée est une réussite !! Je suis tellement contente que j'aimerais vous acheter un de vos artéfacts.
-Je suis désolé mais la réponse est non.
-Mais enfin, pourquoi ?

Le prince ne donna pas de réponse, ce qui fâcha la baronne qui partit. Javert, intrigué, demanda au duc :

-La baronne semble furieuse.
-Vous savez, la baronne est une grande collectionneuse. En particulier en ce qui concerne les artéfacts extraterrestres. Seulement, le prince refuse chacune de ses offres lors qu'ils se rencontrent.
-Alors pourquoi continue-t-il de l'inviter ?
-Vous croyez qu'il a vraiment le choix, dit le duc par une question rhétorique. Les nobles de nos jours sont susceptibles. En refusant de l'inviter, il s'exposerait à une vendetta de la baronne et dieu sait de quoi elle serait capable.
-Effrayant, commenta le détective.

Après le départ de la baronne, le Prince Valérian se tournait vers ses Poltergirls où il pensa la chose suivante :

-Maintenant.
-Mon dieu, s'écria la baronne, la relique que je préférais s'est envolée !!
-Calmez-vous, calmez-vous, intervint le prince Valérian. Voyons d'abord qui est cet homme.

Les Poltergirls saisirent l'inconnu devant la vitrine qui se révélait être le comte de Dylar.

-Alors le comte de Dylar serait Arsène Lupin, supposa Javert qui avait entendu parler de ce criminel.
-Qu'est-ce que vous pouvez être naïfs, critiqua la marquise de Brontes, c'est sûrement un déguisement. Il n'est pas rare qu'un gentleman cambrioleur usurpe l'identité d'une personne pour s'infiltrer du lieu de son larcin.
-Evidemment, admit le détective, mais il n'est pas impossible que le comte soit vraiment Arsène Lupin.

Les Poltergirls avaient solidement menottés le voleur et commencèrent à le fouiller. Quelques minutes plus tard, elles revinrent avec quelques outils de cambrioleur : un cristal pour ouvrir la vitrine, des gants, un mini-ordinateur pour pirater la sécurité, des fumigènes mais aucune trace de l'artéfact volé. Tous se demandèrent ce qui se passait. Pour le prince, il fallait vite reprendre le contrôle de la situation :

-Mes gardes du corps vont fouiller chaque personne ici présente que ce soit physiquement ou mentalement.
Cette mesure provoqua une vague de colère. Tous refusèrent de voir leur esprit fouiller. Seul le détective les convint d'obtempérer :
-Vous voyez bien que ce n'est pas Arsène Lupin qui a la relique. Elle peut être n'importe où dans la salle. Au cas où vous l'ignorez, cette pièce est scellée. Tous les accès sont verrouillés. Et au vu du temps pendant lequel la pièce a été dans l'obscurité, celui qui a volé la relique doit être encore dans la salle, de même que le butin.

Les gens étaient calmés mais certains lancèrent des accusations sans fondements.

-Et vous, demanda la baronne encore choquée de la disparition de la relique, qui êtes-vous ? Qui nous dit que vous n'avez pas volé la relique ?

Coincé, Javert n'eut d'autre choix que de révéler son identité :

-Je suis Javert Valjean, plus connu sous le nom du Batman de Korhal.

Tous furent choqués mais rassurés de voir en chair et en os le célèbre détective qui s'était fait un nom dans la planète-capitale du Dominion. Ce dernier fut fouillé par les Poltergirls qui le déclarèrent clean.

-Et pour votre information, je ne manque de rien, ajouta-t-il. Donc je n'ai aucun intérêt à voler un artéfact extraterrestre.

Ce fut ensuite au tour de la baronne de Nephor et de son mari. Le couple fut outragé d'être fouillé.

-C'est un scandale, s'écria-t-elle, et pourquoi vous ne soupçonnez pas le prince ?
-ça me parait évident, expliqua Javert. Parce qu'il est l'organisateur de la soirée et le propriétaire des reliques. Par conséquent, il n'a aucune raison de les voler. Si vous dites pour de l'argent, je vous réponds qu'il bénéficie du soutien de son père. Il a donc des fonds illimités.
-D'accord, admit le baron, mais ses gardes du corps ? Elles sont étudiantes et un besoin d'argent peut vite être comblé par la vente de cette relique.
-Hé, s'écria Iris qui lui tira les oreilles.
-Le raisonnement me parait infondé, dit Sylvie. On ne manque de rien, nous non plus. De plus, avec les postes qu'on occupe, la rémunération n'est pas une petite somme.
-De plus, avec le poste qu'on va occuper après nos études, ajouta Carla, voler cette relique serait contre nos intérêts.
-ça pourrait être le Duc, affirma la marquise pendant qu'elle était fouillée, les Zergs lui ont causé la perte de ses terres. Une rentrée d'argent ne sera pas de trop pour réparer les dégâts.
-Ma chère, répondit le concerné soumis à la fouille en même temps que son accusatrice, si j'avais besoin d'argent, j'en aurais demandé à mon ami le prince. Au fait, marquise, ces soins que vous appliquez sur vous doivent valoir une petite fortune. Dans combien de temps, allez-vous continuer ce manège avant de vous retrouver sur la paille ?

Javert se gratta la tête. Décidément, beaucoup de gens avaient envie de voler des artéfacts pour de l'argent. Seulement, qui était le voleur ? N'importe qui aurait pu voler la relique et la cacher dans la salle. Ce qui expliquait la raison pour laquelle les Poltergirls sondaient l'esprit des invités. Après avoir fouillé tous les convives, les Poltergirls annoncèrent leur pronostic :

-Aucun d'eux n'a volé la relique.
-Impossible, s'écria Javert, quelqu'un a forcément volé la relique.
-Douterez-vous de nos compétences de fantômes, interrogea Jennifer d'un air agacé. Nous avons sondé l'esprit de ces gens avec grand soin. Aucun d'eux n'avait volé la relique.

Le prince renvoya ses invités dans leurs chambres pour pouvoir comprendre les évènements dans le calme.

-Résumons, déclara Javert, pendant environ 60 secondes, la pièce a été plongée dans le noir. Lupin tente de voler ka relique mais il est neutralisé par le vrai voleur qui s'en empare. Pourtant, les portes et les fenêtres sont verrouillées avant l'extinction des feux et le sont encore. Donc le voleur est encore ici.

La seule chose qu'ignorait Javert était l'existence des passages secrets dans la pièce mais par mesure de sécurité, ils furent eux aussi verrouillés. Quant à la sécurité de l'hôtel, elle avait été renforcée mais le matériel utilisé n'était pas d'origine militaire. En conclusion, il n'était pas aussi performant que les détecteurs de l'armée.

-Or, ajouta Carla, nous avons fouillé tout le monde sauf le prince. Mais personne n'avait l'artéfact.
-Ce qui nous laisse qu'une seule hypothèse, dit Sylvie, qu'il y a un invité imprévu.
-Mais alors où est-il, demanda le détective.
-Sûrement camouflé, supposa Iris, mais il doit cacher bien sa présence. Nous ne pouvons donc le repérer.
-Quoi qu'il en soit, ajouta Jennifer, il a forcément laissé des traces. Alors autant chercher des indices.

Les Poltergirls cherchèrent dans toute la salle toute piste qui mènerait au voleur. Soudain, Sylvie trouva quelque chose :

-Regardez ce que j'ai trouvé.

Elle retira un morceau de tissu coincé dans la porte. Iris le toucha et donna son analyse assez simpliste.

-ça vient sûrement d'une cape.
-Comment pouvez-vous en être aussi sûres, interrogea Javert.
-Sachez pour que ce soit arraché, expliqua Iris, ce morceau de tissu devait provenir d'un vêtement très long comme une cape. Seulement, le tissu est léger. C'est pourquoi ça s'est déchiré.
-Donc ça s'est produit au dernier passage, dit Jennifer, quand les serveurs sont arrivés.
-Exact, confirma Iris. Vous comprendrez donc que ça n'appartient pas à un des invités.
-ça pourrait être un complice, proposa Javert.
-Dans ce cas, on l'aura su au moment de lire dans l'esprit des invités, répondit Sylvie. Et n'allez pas accuser les serveurs car ils sont cleans.

Le personnel travaillait évidemment pour l'Alliance. Par conséquent, aucun d'eux n'irait voler un artéfact Xel'naga. Admettant l'explication de la Poltergirl, le détective se tourna vers la vitrine restée intacte et sans le moindre signe d'effraction. Il la saupoudra avec une poudre blanche cachée dans son costume.

-Vous aviez sur vous un équipement d'enquêteur, demanda le prince surpris.
-Je ne vois pas le problème, dit Carla qui examinait une partie de la moquette mouillée par le contenu d'un verre tombé. Un crime peut frapper à n'importe quand et il faut avoir les outils sur soi sinon, on perd du temps et des indices. En attendant, regardez cette empreinte de pas.
-C'est une trace de pied nu, observa l'Héritier.
-Et alors, questionna Javert, notre voleur a oublié de se chausser.
-Je pense que notre grand détective a négligé un détail important, affirma Carla.

Le prince riait à l'idée de voir la tête de Javert quand il découvrira qu'il était passé à côté d'un indice important. Du côté de la vitrine, on ne releva aucune empreinte digitale. Soit le voleur portait des gants, soit il n'avait jamais touché la vitrine. D'ailleurs, Javert demanda des détails sur les vitrines et les sécurités employées.

-En fait, expliqua le prince Valérian, les verrous qui verrouillent les vitrines sont commandés par la pensée. Une personne dotée de pouvoirs psychiques peut les ouvrir ou les fermer. Evidemment un mot de passe est requis.
-Ce qui explique la présence du mini-ordinateur en possession d'Arsène Lupin, déduit Javert, il devait s'être préparé à cela.
-D'après les verrous, dit Jennifer qui sondait la sécurité, ils ont lâché durant l'obscurité. Quand Lupin les a crackés, le voleur a profité de cette occasion pour prendre la relique.
-ça se tient, accepta le détective, mais ça ne répond pas à la question sur l'identité du voleur.
-Peut-être que ce bijou nous mènera à la réponse, dit Iris en présentant un petit anneau doré.

Javert examina avec soin l'objet en question. Il est vrai qu'aucun invité ne possède un tel ornement durant la soirée, il fallait admettre qu'une seule hypothèse : son propriétaire ne serait qu'autre que le voleur. Soudain, il vit Sylvie exécuter plusieurs signes que l'Héritier répondit par un hochement de tête. Sans traîner, les Poltergirls rassemblèrent les invités qu'elles firent assoir. Le Prince Valérian prit place au centre de son auditoire pour annoncer la chose suivante :

-Mes amis, je tiens à vous annoncer que nous avons résolu le mystère de la relique disparue. Et je vous l'affirme avec certitude.

Les convives étaient surpris de la révélation. Tous s'interrogèrent sur la véracité des propos de leur hôte. Ou alors c'était du bluff. De son côté, le voleur tremblait intérieurement. Serait-il découvert ?

Et toi, ami lecteur ? As-tu découvert l'identité de ce lui qui s'est emparé de l'artéfact ? Les indices sont maigres mais si tu as bien lu le chapitre, tu devrais pouvoir découvrir l'identité du voleur. Les grands connaisseurs devraient pouvoir y arriver. Alors qui a volé la relique ?

-Un invité sous hypnose ?
-Un fantôme ?
-Un Templier Noir ?
-Un spectre ?
-Un sauvageon ?

Attention à ne pas tricher. La réponse au prochain chapitre.
-Mesdames et messieurs, déclara le Prince Valérian, mes dévouées gardes du corps vont faire toute la lumière sur cette histoire. Alors écoutez-les attentivement.
-Je commence, dit Sylvie. Nous allons d'abord expliquer ce qui s'est passé pour mieux identifier le voleur. La soirée a commencé il y a quelques heures déjà. Les invités, c'est-à-dire vous, entraient après avoir passé un contrôle. Arsène Lupin passe lui aussi le contrôle sans éveiller les soupçons. La soirée se déroule sans incident jusqu'à 21h00. Peu avant l'heure fatidique où Arsène Lupin devait frapper, les serveurs arrivent accompagné du voleur.
-Enfin, s'écria la marquise, j'ai vu les serveurs entrer et personne ne sortait du lot. A moins que le voleur fasse partie des serveurs.
-Le raisonnement est logique, répondit Carla, mais incorrect. Car notre voleur s'est introduit ici en étant camouflé.
-Mais alors, demanda le duc, comment a-t-il fait pour entrer sans être repéré par la sécurité ?
-Hélas, expliqua Carla, c'est du matériel civil. Ça ne peut que détecter les réacteurs Möbius qui, comme vous le savez, sont utilisés par les fantômes et les spectres pour se camoufler. Seulement notre voleur n'utilise pas un tel équipement.
-Ensuite, vint la panne, poursuivit Iris, Arsène Lupin, qui s'était approché de la relique, s'est vite dépêché de pirater les verrous de la vitrine. C'est là qu'entre en scène le véritable voleur qui assomme Arsène Lupin après qu'il ait déverrouillé la sécurité puis s'empare de l'artéfact. Puis la lumière revint et notre voleur dissimule son butin sous son camouflage pour mieux nous échapper.
-C'est une histoire intéressante, dit le gentleman cambrioleur, mais savez-vous qui est le responsable et où se cache-t-il ?
-Nous avons les réponses à vous questions, dit Jennifer. D'abord, observez les indices. Pour commencer, un morceau de tissu coincé dans la porte d'entrée et qui n'est pas fabriqué dans le Dominion. Ensuite, une empreinte de pas nu. Puis, l'absence d'empreintes digitales sur la vitrine. Enfin, ce petit bijou. Alors avez-vous trouvé ?
-J'ai bien ma petite idée, dit le duc qui semblait sincèrement avoir trouvé.
-Si vous pouviez nous donner la réponse, ordonna la baronne impatiente, je ne peux plus supporter ce suspense.
-C'est ce qu'on va faire, annonça Sylvie.

Jennifer mit en route la ventilation par sa pensée. Iris se concentra comme si elle tentait de percevoir les perturbations des courants d'air. Soudain, elle localisa un vide que le vent contournait. Prévenues, Sylvie et Carla se saisirent de l'intrus avant qu'il ait pu réagir. Les Poltergirls trainèrent le voleur devant un tableau en face des invités. Découvert, le voleur n'eut d'autre choix que de se révéler à tous. L'assistance fut surprise de découvrir qu'il s'agissait en fait d'un...

-Templier Noir ?
-Et oui, dit Sylvie. Qui d'autre possédait le don de se camoufler et laisserait des empreintes de pieds non humaines ?
-De plus, qui n'est pas humain et possède de puissants pouvoirs psychiques, ajouta Carla. Ajoutons les précédentes questions, on répond : un templier noir.

Les geôlières relâchèrent leur prisonnier qui savait qu'il aurait du mal à s'enfuir. Ne pouvant nier les faits, il sortit la relique qu'il avait volée.

-Dites quel est votre nom, demanda poliment le Prince.
-Parce que vous ne saviez pas son nom, s'écria le baron.
-On savait juste que c'était un templier noir, justifia l'Héritier, mais en raison du peu de contact avec les Protoss, il est naturel d'en connaître que quelques-uns.
-Mon nom est Lassatar, se présenta le templier noir, et je suis ce qu'on appellerait un chercheur de reliques Xel'nagas. Je tentais de mettre la main sur les reliques de cette planète mais je découvris le temple pillé. En menant mon enquête, j'ai appris l'existence de cette « exposition ». Quant à la suite des évènements, tout s'est passé exactement comme l'ont expliqué ces jeunes fantômes.

Carla lança l'anneau doré à son légitime propriétaire qui le rattrapa au vol. Ce même anneau qui ornait ses cheveux était tombé pendant la panique dans l'obscurité.

-Je suis surpris que vous ayez réussi à me débusquer aussi rapidement, ajouta Lassatar.
-Peu importe la méthode pour se cacher à la vue de tous, votre présence physique reste perceptible à d'autres sens.
-Je vois, répondit Lassatar.

Javert n'en revenait pas. 4 jeunes filles avaient réussi à débusquer un voleur invisible. C'était blessant mais que comment aurait-il pu le savoir ? Il ne savait presque rien des Protoss. Il ne possédait pas de pouvoirs psychiques mais il avait failli à ses devoirs et à ses principes d'enquêteur. Son arrogance l'avait conduit à négliger des indices importants. Toutefois, une dernière question devait être posée :

-Pourquoi avoir volé l'artéfact ?
-C'est que ce n'est pas évident pour tous, intervint le comte qui semblait plus cultivé. Je suis sûr que monsieur Lassatar a pris la relique car il estimait que nous n'étions pas dignes de la garder. Et quelque part, il n'a pas tort au vu des sombres désirs de certains et ce qu'ils comptaient en faire.
-Quel malotru, riposta la baronne qui se sentait visé.
-Vous êtes marrants, gémit Arsène Lupin, draguer toutes ces filles coûte une fortune.

Lassatar ignora les jérémiades de ces humains, dont il tenait leur race en basse estime, pour se tourner vers l'hôte de l'exposition :

-Et maintenant, que comptez-vous de faire de moi ?
-Je pense, dit le prince, que je vais vous laisser partir avec l'artéfact.

Tous, le templier noir inclus, furent surpris de la décision de l'Héritier. La première personne à reprendre la parole fut la baronne :

-C'est outrageant !! Vous refusez de me vendre cette merveille mais vous l'offrez à un parfait inconnu.
-Le parfait inconnu est un Protoss qui possède une plus grande connaissance que mes scientifiques de la fondation Möbius. J'estime que l'artéfact sera entre de bonnes mains.
-Je ne vous laisserais pas le temps, s'offusqua la Baronne, je vais faire appel à tous mes contacts pour vous faire tomber.
-Et d'ici là, je serais hors de votre juridiction, compléta Lassatar qui visualisait déjà un plan pour s'échapper.

Pendant que tout le monde se concentrait sur le templier noir, Arsène Lupin mettait en place son plan d'évasion. Il avait anticipé sa capture. D'ici quelques secondes, une nouvelle panne se produirait. Les Poltergirls intervinrent pour arrêter la baronne et l'empêcher d'arracher la relique à Lassatar prêt à se défendre. Soudain, la seconde panne se produisit. Tout le monde gardait son calme mais on avait peur. Une minute après, la lumière revint mais Arsène Lupin s'était enfui ne laissant derrière lui que ses entraves. Lassatar avait lui aussi disparu.

Reprenant la situation en main, le prince annonça :

-Mes amis, je vous demanderais d'aller dormir dans vos chambres. La soirée a été éprouvante pour nous tous. Nous ferons le nécessaire pour rattraper Arsène Lupin

Bien que réticents, les invités n'eurent d'autre choix que d'obéir. Le templier noir s'étant enfui, difficile de le rattraper avec son camouflage. De plus, le prince ne fera rien pour l'arrêter. Quant au gentleman cambrioleur, cela relevait des forces de l'ordre. Quelques heures plus tard, 4 ombres s'approchèrent du tableau devant lequel le Protoss se trouvait. Elles actionnèrent un passage secret qui libéra Lassatar.

-Fascinant, dit-il à voix basse, je n'aurais jamais cru que vous ferez ça.
-C'était les ordres du prince, expliqua Sylvie sur le même ton. Et quelque part, je le comprends et j'approuve.
-Au moins, ça vaut mieux que la voir dans une vitrine, ajouta Carla. Du gâchis quand on sait que ces artéfacts sont plus que de simples oeuvres d'art.
-Telles que l'exécutrice Sélendis vous a décrites, répondit Lassatar. Rares sont les humains qui font preuve d'autant de sagesse.
-Et vous n'avez pas fini d'en voir d'autres, dit Iris avec philosophie.
-Sûrement, admit Lassatar avec amusement.
-Des agents de l'Alliance vont venir vous chercher et vous faire quitter la planète en toute tranquillité, avertit Jennifer.
-Mes remerciements, mesdemoiselles, répondit le templier noir, ainsi qu'à votre supérieur.
-Et une dernière chose, dit Sylvie. Cette conversation n'a jamais eu lieu.
-Naturellement, dit le chercheur de reliques qui comprit le message. Nous n'avons jamais tenu de conversation amicale.
-Si vous voulez bien nous suivre, intervint un homme en costume noir qui avait atteint le sommet de l'échelle.

Le Protoss suivit l'agent en descendant l'échelle et disparaît dans l'obscurité des Ténèbres. Épuisées par cette soirée captivante, les Poltergirls retournèrent dans leur chambre où des lits bien douillets les attendaient.
Le lendemain, Javert se leva après une grasse matinée bien méritée. Après tout, la soirée d'hier fut mouvementée. Un templier noir était parti avec une relique Xel'naga avec l'accord du prince. Arsène Lupin avait réussi à s'enfuir mais il avait les forces de l'ordre à ses trousses. De son côté, Javert était blasé pour son manquement à ses principes. Toutefois, il avait un boulot donné par l'empereur en personne et il devait l'accomplir.

Javert se rendit donc à l'université militaire où le festival annuel du campus avait lieu. Ce festival avait été créé dans le but de développer la débrouillardise et l'esprit d'équipe des étudiants. Pour une durée de 3 jours, le festival offrait une grande variété de stands. Inutile de dire qu'il allait s'en passer des choses cette année. Le détective se rendit sur place pour observer ses suspectes. Peut-être qu'elles auront des contacts avec l'Alliance. Quand Javert fut à l'entrée, ce qu'il vit le surprit grandement. Malgré les Zergs sur la planète, malgré la situation géopolitique du Dominion, on arrivait encore à faire la fête car ce festival était très festif et actif. Parcourant les stands, le détective chercha ses cibles et finit par les trouver. Les Poltergirls avaient ouvert un stand de jeu vidéo. A partir de matériels de récupération, elles avaient remis en marche des vieilles télés et de vieilles consoles. Le jeu vidéo sur lequel on pouvait jouer était une création originale. Basé sur leurs propres aventures, le jeu proposait aux joueurs d'incarner les Poltergirls et de jouer jusqu'à 4 en même temps. Devant une telle réalisation, leur stand eut un succès fou. Tout le monde voulait y jouer et être dans la peau d'un fantôme.

Javert monta sur le toit pour observer les Poltergirls avec des jumelles. Il espérait que quelqu'un de louche s'approcherait du stand pour rencontrer les Poltergirls. Ce qu'il ne savait pas, c'était qu'il était surveillé par des sbires en uniforme noir. Depuis que leur première rencontre, le prince Valérian avait eu des soupçons concernant cet individu. Craignant que cet homme ait été envoyé par l'empereur et nuise aux plans de l'Alliance, il informa l'Alliance de la situation. Grâce au mouchard, l'Alliance put suivre ses mouvements et connaitre l'avancée de son enquête. Afin de ne pas éveiller les soupçons de Javert, les équipes de filature tournaient à tour de rôle. Aujourd'hui, ce fut le tour de Mathio et de Jessonia qui localisèrent le détective.

-Ce type risque de devenir gênant, dit le jeune démon.
-On croirait que c'est un pervers obsédé, ajouta sa petite-amie.
-Allons le neutraliser, proposa Sylvestre qui arriva à l'improviste.
-Sûrement pas, rétorqua le Général, nous risquerions d'accentuer ses soupçons si nous l'attaquons. On doit juste détourner son attention des Poltergirls.
-Mais on ne peut pas les laisser dans l'ignorance, répliqua le Zerg polymorphe. Si elles ne sont pas averties, elles feront des erreurs que ce fouineur exploitera pour prouver leur affiliation à notre organisation.
-Je suis d'accord, approuva Jessonia. Et je crois que j'ai une idée.

Elle proposa son plan machiavélique que ses deux compères acceptèrent. Sylvestre descendit du toit pour avertir ses alliées de la menace qui planait. Se glissant derrière les stands, tel un félin il approchait du stand des Poltergirls. Ces dernières sentirent sa présence. Surprises, elles demandèrent par télépathie ce qui l'amenait.

-Attention, mesdemoiselles. Il y a le détective d'hier qui vous épie.
-Quoi, s'écrièrent mentalement les gardes du corps de l'Héritier.
-Il se trouve sur le toit du bâtiment C.

Les Poltergirls sondèrent la zone indiquée pour effectivement trouver quelqu'un mais il portait un écran-psi, ce qui était difficile même pour elles de lire dans son esprit. Quoi qu'il en soit, la présence de quelqu'un sur le toit était louche. Maintenant, il fallait surveiller ses mouvements et éviter les contacts avec l'Alliance. Seulement, Bélial était supposé venir leur apprendre un nouveau pouvoir des ténèbres qui semblait vraiment intéressant. Fort heureusement, Sylvestre les rassura :

-On va vous l'éloigner. Vous verrez.

Le lendemain, un nouveau stand avait fait son apparition. L'Alliance avait installé un ring avec pour champions Ner'zhul et Sylvestre. Ces derniers invitaient les gens à se battre contre eux à mains nues. Beaucoup d'audacieux tentèrent leur chance mais Sylvestre les faisait mordre la poussière alors qu'il était sa forme zergling. Grâce à la vitesse et à l'agilité que lui conférait sa forme, il n'était pas difficile pour le Zerg de neutraliser tous ses adversaires. Javert fut très intrigué par la venue de l'Alliance au festival mais au moins, il y avait des sbires donc une piste à explorer. Il quitta son observatoire pour aller s'approcher de cette nouveauté. Il s'inscrivit espérant convaincre les sbires de l'Alliance de parler. Quand son tour de monter sur le ring, il se dévêtit pour se mettre des protections puisqu'il affrontait un Zerg. Un sbire en costume noir vint assurer l'arbitrage. Javert n'avait guère confiance en cet arbitre qui allait favoriser Sylvestre.

L'arbitre donna le top au gong qui sonna pour lancer le début du match. Sylvestre, par son expérience sur le ring, tourna autour de son adversaire pour le juger avant de passer à l'attaque. Il sentait que son nouvel adversaire sortait du lot. Il commença à par se jeter sur Javert qui esquiva par un pas latéral. Mais c'était loin d'être suffisant car à l'instant où Sylvestre allait poser ses pattes avant sur le ring, il les fit plier pour bondir en arrière sur son adversaire qui se le prit dans le dos. Le coup combiné à l'effet de surprise renversa le détective qui ne s'attendait pas à ça. Ce Zerg sortait de l'ordinaire et pouvait constituer une menace sérieuse pour le Dominion. Après s'être relevé, Javert assaillit la créature qui lui servait d'adversaire de coups appris à l'académie de police et pendant ses années de jeunesse où il avait dû se battre pour survivre. Sylvestre esquiva avec grâce avant de charger dans le ventre de son adversaire qui fut une fois encore renversé. Comme pour porter le coup final,
Sylvestre sauta sur un pilier à un des coins du ring pour bondir sur son adversaire. Il tournait verticalement pour donner plus de force au coup de queue qu'il allait administrer. Hélas, Javert n'était pas aussi simple à vaincre. Il roula sur le ring pour éviter l'attaque du Zerg qui fit trembler le terrain.

-Costaud pour un monstre de ton espèce, lâcha Javert en se relevant.
-Toi de même, répondit Sylvestre en montrant les crocs.

D'un coup de regard à son gardien, Sylvestre ordonna qu'il entre en scène. Pour la première fois, Ner'zhul allait prendre part au combat. A la grande surprise, les Poltergirls incluses, Ner'zhul fouetta Javert avec une serviette utilisée pour essuyer Sylvestre de sa sueur. Puis il la déposa sur un siège avant d'enlever pour la première fois le manteau qu'il portait. Tous furent surpris de découvrir ce qui se cachait sous ce manteau : un Protoss.
Nul ne s'attendait à une telle tournure des évènements, pas même les Poltergirls qui comprirent soudainement certaines paroles du gardien de Sylvestre, la raison de ses pouvoirs de Protoss, la forme Protoss de Sylvestre, tout était lié à Ner'zhul. Ce dernier était vêtu comme un haut-templier, ce qui semblait être son rang. Toutefois, il arborait des attributs des Templiers noirs comme la cape noire. Mais ce qui intriguait le plus chez ce Protoss, c'était sa forme fantomatique. En effet, Ner'zhul était transparent comme un fantôme. Ce qui signifiait que c'était...

-Un revenant, pensèrent les Poltergirls.

Javert n'échappa pas à la surprise de l'évènement mais il se ressaisit estimant qu'un fantôme n'était pas une menace.

-Comme si un fantôme allait changer quelque chose.
-Ne nous sous-estime pas, répondit Ner'zhul avec sa voix caverneuse. Tu vas vite découvrir la véritable puissance de Sylvestre.

Sur ces mots, Ner'zhul se changea en brume qui s'introduisit dans Sylvestre. Ce dernier fut pris par des convulsions et commença à se transformer. Les changements furent si effrayants que sa nouvelle forme n'en fut que plus terrifiante. Une tête d'hydralisk à taille humaine affublée du visage de Ner'zhul et des mandibules d'hydralisk. Un corps de Protoss dans les bras et les jambes étaient pourvus de griffes de Zergs. Une queue de xénomorphe longue de 1.5 m dansait paresseusement sur le ring. Sa peau était lisse et de couleur bleue. Sur son dos, se trouvaient des ailes Zerg sous forme d'énergie lumineuse.

-Es-tu prêt, demanda Sylvestre/Ner'zhul, parce que j'arrive.

Sans laisser le temps à Javert de réagir, Sylvestre attrapa au cou son adversaire et le souleva. Respirant difficilement, le détective tenta de se libérer de l'étreinte en s'attaquant au bras qui l'emprisonnait mais en vain. Soudain, Sylvestre jeta violemment Javert et s'envola pour foncer en piqué comme une fusée. Par chance, il percuta à un demi-mètre de son adversaire où il fit écrouler le ring. Dans le chaos causé par cette destruction, les sbires de l'Alliance prirent la fuite. Sylvestre s'échappa des lieux en creusant un trou. Il ne restait plus du stand de l'Alliance qu'un tas de planches. Javert s'était sorti presque indemne de l'effondrement. En sortant des débris, il vit un objet laissé par un agent de l'Alliance dans sa fuite qui attira son attention. Voilà un indice qui relançait son enquête et il serait bête de passer à côté de cela. L'Alliance n'avait qu'à bien se tenir.
-Aujourd'hui, nous allons parler d'un nouveau pouvoir, annonça Bélial. Vous l'avez éveillé suite à l'épreuve de la boîte noire.

Les Poltergirls s'en souvenaient de cette épreuve ô combien éprouvante. Leur nouveau professeur leur enseignait à contrôler cette nouvelle puissance.

-Sachez que les êtres doués de conscience n'utilisent pas 100% de leurs capacités pour diverses raisons : scellement, ignorance, incapacité mentale ou psychologique... Chez nous les ténèbres, on a trouvé une solution pour gagner en puissance. Et ça commence par ce petit exercice.

Le «petit exercice » avait pour but d'invoquer son côté sombre. Les Poltergirls désapprouvaient cette idée mais elles obéirent et sans leur appareil spécial. Après plusieurs essais, elles parvinrent à matérialiser leurs doubles maléfiques qui manifestèrent leur reconnaissance.

-Vous devriez les accepter, dit Bélial, car vos doubles sont la clé de votre nouvelle puissance.
-Et la boîte noire, c'était quoi, demanda Sylvie.
-Elle représentait la moitié du travail à faire, expliqua Bélial. Résister à vos ténèbres et les soumettre. Maintenant, vous devez apprendre à les exploiter à votre avantage. C'est la façon de faire des Serviteurs des Ténèbres.

Les Poltergirls écoutaient attentivement le démon du Vice. Sa nature de démon lui conférait d'immenses connaissances sur les forces obscures des Ténèbres. Il expliqua aussi comment les êtres humains succombaient aux tentations et aux Ténèbres parce qu'ils doutaient d'eux-mêmes ou étaient trop faibles d'esprit. Pour démontrer ses théories, Bélial proposa aux Poltergirls une démonstration.

Pendant ce temps, Javert se trouvait devant l'un des casinos de la ville, le Mammon. Tout comme le manoir du Pandémonium, ce casino avait été construit dans les mêmes circonstances que l'hôtel et avait eu un succès aussi fulgurant que le Manoir. Comme tout casino qui se respectait, le Mammon était tape-à-l'oeil pour attirer les joueurs. Le décor à l'intérieur était d'une ambiance démoniaque. Si Javert s'était retrouvé, c'était parce qu'il avait trouvé une carte de visite du casino dans les débris du ring. Alors qu'il allait entrer, il eut la surprise de tomber sur Kate Lockwell. Quand il lui demanda la raison de présence, cette dernière lui répondit :

-Je m'ennuyais. Et vous ?
-C'est pour le boulot, expliqua sans donner les détails le détective.
-Si je venais avec vous, proposa le journaliste qui devinait que quelque chose se tramait ici, ça pourrait être intéressant.

Javert eut beaucoup de mal à refuser. Kate était connue pour une curieuse de première. Les deux entrèrent enfin dans le casino. On trouvait dans ce casino tout ce qu'on pouvait trouver dans un casino ordinaire : roulette, poker, black jack, bandits manchots, jeux de dés et autres jeux de hasard. Mais ce qui rendait ce casino si particulier était sa zone VIP où les gains étaient connus pour être peu ordinaires. Pour y accéder, il fallait trouver l'entrée secrète et donner le mot de passe pour pouvoir y entrer. Pour un détective comme Javert, ces informations ne furent pas difficiles à trouver. Dans un salon, il trouva deux statues d'étranges créatures. Haut d'environ 2 m, pourvus de dreadlocks et de mandibules, ces monstres ressemblaient à des chasseurs avec leurs griffes aux poignets et leur lance. Javert s'approcha d'elles et leur dit comme si elles étaient vivantes :

-La chasse est ouverte.

Une des statues se mit à bouger et indiqua avec sa lance une direction. Suivant cette direction, Kate et Javert trouvèrent une statue de xénomorphe. Javert donna un nouveau mot de passe :

-Il y a un huitième passager à bord.

La statue et son socle se déplacèrent latéralement pour ouvrir un escalier secret caché par la statue. Les deux espions descendirent pour découvrir un lieu plus sombre et plus sinistre qu'en haut. Un orgue accueillait les visiteurs en musique. Deux créatures semblables aux premières statues agissaient comme agents de sécurité et laissèrent passer les nouveaux visiteurs. Kate avait froid dans le dos. Cet endroit lui donnait la chair de poule. Soudain, les lumières s'éteignirent, pétrifiant la journaliste et le détective de peur. Des projecteurs s'allumèrent pour illuminer le Trio qui semblait les attendre.

-Vous êtes finalement venus, dit la jeune femme aux cheveux rouges.
-Mais vous n'aurez pas ce que vous cherchez, compléta le jeune homme avec une rose à la main. Rendez-vous tous ou ce sera la guerre, guerre.
-Oui, la guéguerre, ajouta le chat qui sautillait.
-Vous n'y êtes pas, nia Javert, je suis simplement venu jouer.
-Ne mentez pas, s'écria la femme du Trio, nous avons volontairement laissé cette carte pour vous attirer ici vu que nous savons que vous travaillez pour l'empereur.
-Est-ce vrai, demanda Kate.
-Je pensais garder cela secret, admit le détective. Mais je suis surpris que vous m'ayez piégé de la sorte.
-ça n'a aucune importance, puisque vous allez disparaitre de la circulation, dit l'homme du Trio, du moins pour un temps.
-Attendez !!

Tous se tournèrent vers la mystérieuse voix pour découvrir les Caïds.

-Sérieusement, vous auriez pu avertir Maître Mathio de votre petite manoeuvre, dit Amos avec un sourire.
-Désolé, s'excusèrent le Trio.
-Quant à vous, dit le chef des Caïds en se tournant vers Javert. Puisque vous dites que vous venez pour jouer, je vous propose une partie de poker assez spéciale. Prédators, apportez la tables de jeu.

Les dits Prédators apportèrent la table en la portant. D'autres amenèrent des chaises et des jetons. Amos expliqua alors les règles.

-Je suppose que vous connaissez les règles du poker. Donc je vais expliquer les règles complémentaires. Vous et votre adversaire aurez les même nombre de jetons et vous devez gagner les jetons de l'autre. Bien sûr, la victoire offrira des récompenses aux vainqueurs. Pour vous, ce sera des secrets de l'Alliance que vous achèterez avec les jetons que vous gagnerez au cours de la partie. Seulement, vous ne connaitrez les secrets achetés qu'à la fin de la partie. Mais si vous perdez, votre âme appartiendra aux Ténèbres.
-ça me va, répondit Javert qui ne comptait pas perdre. Qui sera mon adversaire ?
-Monsieur Valjean, vous ne pouvez pas parier votre âme comme ça, dit Kate. Et si vous perdez ?
-C'est gentil de vous inquiéter mais ne me sous-estimez pas. A une époque, j'étais invaincu à ce jeu. Alors ils peuvent envoyer qui ils veulent, je le battrais.
-C'est ce qu'on verra, ricana Amos. Faites entrer notre championne.

Quelle ne fut pas la surprise des invités de découvrir Aurore. Ainsi, le fantôme de l'Alliance sera l'adversaire de Javert au poker. Ce dernier esquissa un sourire. Les choses allaient devenir intéressantes mais par prudence, il demanda :

-Je souhaite qu'elle n'utilise pas ses pouvoirs psychiques pendant la partie.
-C'est tout naturel, approuva Amos. Je peux vous assurer qu'elle ne le fera pas. Commencez !

Les deux parieurs se firent face. On leur donna 1500 jetons puis on commença la partie. Les joueurs posèrent leur mise initiale. Ensuite, le Prédator, qui distribuait les cartes, envoya 5 cartes à chaque joueur qui regarda sa main. Aurore ouvrit les hostilités avec une mise de 50 jetons. Javert jeta un vif regard sur son adversaire. Elle ne manifestait aucune réaction qui indiquerait la qualité de son jeu. Par son caractère stoïque, Javert avait un visage impassible et ne souriait que lors que la victoire lui était complètement acquise. Par sécurité, Javert joua la même mise. Aurore suivit. Les mises montèrent à mesure que le jeu avançait. Déjà 700 jetons sur le tapis. Le distributeur demanda si les joueurs souhaitaient échanger des cartes. Les joueurs acquiescèrent. Javert demanda 3 cartes et Aurore 2. Javert consulta sa nouvelle main : 3 as et deux rois, un full. C'était une excellente combinaison au poker mais un carré de cartes permettrait à son adversaire de remporter la manche. Confiant, le détective mise 150 jetons. Aurore relança avec 300 jetons. Javert suivit. La tension devenait de plus en plus palpable. Aurore, avec la plus grande sérénité qu'elle ait, fit la chose la plus insensée qu'il soit : Tapis. Javert regarda son adversaire ébahi. Comment pouvait-elle tout miser sur cette manche à moins d'avoir une bonne main. Néanmoins, les probabilités de tirer un carré étaient faibles mais pas improbables. Son coeur battait à vive allure, incapable de prendre la décision de suivre ou non. Mais Aurore était devenue un démon, pensa Javert. Et les démons sont des manipulateurs qui mentent à leurs victimes. Fort de ce préjugé, Javert prit la lourde décision de suivre. Puis il fit quelque chose dans sa poche droite.

-Les jeux sont faits, dit Amos, vous devez être confiants pour être allé jusqu'au bout. C'est une qualité remarquable mais qui a ses limites. Surtout dans la défaite.
-Ceux qui perdront, ce sera vous, répliqua Javert confiant de sa victoire.
-Alors, révélez vos jeux qu'on sache enfin le vainqueur.

Au moment de révéler sa main, Javert entendit une explosion puis des cris.

-Armée du Dominion, les mains en l'air.
-Fumier, s'écria Aurore qui venait de comprendre, il a révélé la cachette.
-Je le sais, dit Amos qui ne semblait pas être dérangé par la situation. Ça devait bien arriver un jour ou l'autre. Partons.

Sur ces mots, les agents de l'Alliance s'échappèrent par des portails des ténèbres qu'ils invoquaient à leur position. Aurore restait encore ici, regard furieux vers son adversaire de jeu.

-Vous êtes pathétiques. Vous avez fui le résultat, juste parce que vous aviez eu peur de perdre. N'avez-vous aucun honneur, aucune fierté ?
-Pourquoi faire preuve d'honneur devant des criminels, demanda Javert. Vous êtes une menace pour l'humanité alors tous les coups sont permis.
-J'espère que vous avez la conscience tranquille car l'argent que l'Alliance gagnait dans ce casino servait à financer les aides aux réfugiés. Puisse le bon dieu Mengsk vous protéger.

Aurore disparut dans les ténèbres dépitée du comportement du détective. Rapidement, le casino fut sous le contrôle de l'armée qui fouilla chaque recoin du repaire pour trouver des indices. Javert tomba sur un laboratoire avec un grand cylindre en plastique. Divers équipements médicaux entouraient le cylindre. En consultant l'ordinateur, Javert découvrit une terrifiante « vérité » : Aurore serait une création de l'Alliance à partir de l'ADN de plusieurs fantômes. Pendant des semaines, Aurore avait subi de lourdes modifications pour devenir le meilleur assassin qu'il n'ait jamais existé.

Pendant ce temps, au centre de commandement, on prenait mal la situation du casino vue par des caméras bien cachées.

-C'est quoi ce bobard que notre fusion soit le fruit d'expériences inhumaines, demanda Sylvie qui se sentait blessée.
-Elle a raison, ajouta Carla, mais ce type a été ignoble d'interrompre cette partie de poker.
-Et en plus, vous avez perdu ce casino, commenta Jennifer.
-Je comprends vos ressentis de la situation, dit Bélial, mais sachez que ce sacrifice est dérisoire pour nous. Il n'était qu'un moyen pour brouiller les pistes. De toute façon, nous avons d'autres moyens de venir en aide aux réfugiés. Quant au laboratoire, il ne s'agit que d'un leurre pour tromper le Dominion de la nature exacte d'Aurore et de faire diversion pour vous. Après tout, il vous surveillait.
-Mais qui allait gagner, demanda Iris.
-La fusion de vos doubles, dit Bélial, ce type avait un full. Vos doubles avaient un carré de dames et un as de coeur.
-Quel tricheur, se fâcha Sylvie. Je suis sûr qu'il a appelé ses renforts pour invalider ce match. Puisse qu'il poursuive dans cette piste.
-En attendant, qu'avez-vous pensé de vos doubles ?
-Aussi efficaces que nous, répondit Carla avec pragmatisme.
-Oui et c'était le but de cette démonstration. Dans peu de temps, tout sera clair.
Javert réfléchissait aux récents évènements dans sa chambre au Manoir du Pandémonium. Il repensait au blâme que lui avait fait Aurore pour ce coup bas. Il pensait aussi à ce qu'il avait découvert au laboratoire dans le casino. Aurore serait un super soldat créé par l'Alliance. Ça expliquerait son incroyable puissance et pourquoi l'Alliance s'était approchée des Poltergirls. Au final, Aurore ne serait qu'un amas de matière génétique. Au moins, il aurait moins de remord quand il la livrera à Mengsk. Il alluma la télé pour connaître les dernières nouvelles :

-Ici, Kate Lockwell, en direct du centre de commandement de California en compagnie du commandant. Il y a deux jours, l'armée du Dominion a pris d'assaut un casino qui servait de repaire à l'Alliance Démoniaque.
-Voilà qui devrait affaiblir l'influence de l'Alliance, commenta Donny qui semblait s'être remis des évènements du scandale Mengsk car il était troublé d'apprendre que l'empereur était responsable de la mort de son frère sur Tarsonis.
-C'est plutôt les réfugiés qui souffriront le plus car les gains du casino leur...
-Bien sûr, Kate, coupa Donny, mais vous n'aviez pas une interview avec le commandant local ?
-Evidemment, Donny, répondit Kate agacée par l'intervention de ce dernier. Commandant, si je comprends bien, la contre-attaque de votre armée contre les Zergs est en marche.
-Tout à fait, Kate, confirma le chef des armées de la planète California. L'Alliance vient de nous livrer le dernier arrivage de machines de combat. Nous allons donc bientôt partir à la chasse aux Zergs.
-Commandant, questionna Donny, pourquoi demander à l'Alliance ? Vous disposez d'usines pour fabriquer vos armes.
-C'est exact, Donny mais l'Alliance nous les fabrique beaucoup plus rapidement et en mieux. Difficile de ne pas refuser une telle offre. Et nous avons même contrôlé et testé la livraison. Je peux vous assurer qu'ils sont fiables. Si vous le voulez bien, je vais partir pour l'université militaire. Les étudiants vont se joindre au combat.
-N'est-ce pas criminel de faire cela, demanda la journaliste.
-Disons que ce sera pour eux un exercice pratique en conditions réelles. Vous comprendrez qu'il faut de cela pour avoir des soldats qui sauront protéger ceux qui sont incapables de se défendre. De plus, nous avons la fameuse escouade de fantômes les Poltergirls à nos côtés. La victoire ne peut nous échapper.
-Bien parlé, commandant, encouragea Donny. Tout le monde veut des soldats compétents. Nous sommes les premiers à le dire : Le Dominion contre-attaque. Les Zergs n'ont qu'à bien se tenir.

Pour Javert, cette situation était gênante. Les Poltergirls allaient sûrement partir pour le front affronter les Zergs. Il ne pourra donc pas aller les surveiller. Cela l'importait peu car sa piste lui avait permis de se rapprocher de l'Alliance. Il lui fallait donc continuer à creuser. Enfin à condition de ne pas être dans une chambre remplie de micros et de caméras.

A l'université militaire, le commandant vint annoncer la nouvelle aux étudiants.

-Recrues, l'heure de notre revanche a sonné. Bientôt les Zergs payeront pour les gens qu'ils ont tués ou contaminés. Les dernières armes livrées par l'Alliance sont arrivées. Nous pouvons maintenant partir à l'attaque des Zergs.

Ses paroles furent accueillies par une pluie d'applaudissements. Tous étaient contents d'apprendre la fin des Zergs. Mais le commandant avait autre chose à dire.

-Dans le cadre de vos examens et donc de vos études, vous allez prendre part aux combats. Ce sera horrible mais nécessaire pour vous préparer pour les batailles à venir. Dans quelques minutes, nous allons préparer notre première offensive contre les Zergs. D'ici là, allez-vous préparer.

Après ce discours, les jeunes soldats partirent se changer. Les Poltergirls mirent leur combinaison de fantôme qu'elles détenaient depuis leur première mission et modifiée par l'Alliance. Enfin, leur combat sur California allait bien se terminer mais ça voulait dire qu'elles auraient d'autres combats dans d'autres endroits du secteur de Koprulu. Une heure plus tard, tous les soldats de tous âges se rassemblaient pour connaître la stratégie de la première offensive de leur contre-attaque.

-Soldats, je serais bref, annonça le commandant. Pendant des semaines, nous n'avons fait que nous défendre mais aujourd'hui est le début de notre riposte. Pour notre première attaque, nous allons détruire toutes les colonies secondaires pour couper tout vivre à la colonie principale. Je laisse au professeur Stallone le soin d'expliquer la suite.
-Merci, commandant. Bonjour, je suis le professeur Michaël Stallone et j'enseigne l'étude des races extraterrestres à l'université militaire. Le plan du commandant semble parfaitement génial mais nous devrons faire face à un problème appelé Vers de Nydus. Ces horreurs assurent le déplacement rapide des troupes terrestres. Un atout à la fois défensif et offensif puisqu'il permet de passer outre les défenses un peu trop solide de l'adversaire.

Pour les étudiants, les Vers de Nydus étaient un cauchemar. Certains avaient bien failli mourir à cause d'eux lors de l'attaque de la colonie secondaire. Le professeur continua ses explications.

-La solution à notre problème est de détruire le réseau de Nydus à sa source. Ainsi, les Zergs ne pourront plus envoyer des renforts à leurs colonies secondaires ou lancer des attaques surprises quand nous tenterons de prendre d'assaut la colonie principale.
-Et que se passera-t-il s'ils en font un autre, demanda u soldat.
-C'est simple, répondit le commandant, on le détruira mais le temps que ces saletés en fassent un autre, nous aurons bien progressé pour notre contre-attaque.

Les soldats furent rassurés et manifestèrent leur approbation. Le commandant montra une carte de la montagne où se cachaient les Zergs.

-D'après l'espion de l'Alliance, le réseau de Nydus se trouve en dessus de cette crevasse, expliqua le commandant en présentant la dite crevasse. Le problème, c'est par cette même crevasse que les unités volantes Zergs sortent. Il sera donc difficile d'envoyer une ogive à l'intérieur de la grotte. La seule solution serait de placer une charge sur la cible. Ce devrait être facile vu que la garde autour du réseau de Nydus est quasi inexistante. Cette mission sera attribuée à nos meilleurs fantômes.

Les Poltergirls sentirent la pression sur leurs épaules. Toute la contre-attaque allait dépendre du succès de cette mission. Elles acceptèrent la mission et partirent à bord d'un médivac. Agissant avec discrétion et à basse altitude, le médivac approchait du lieu de la mission. Trouvant une corniche pour se cacher, le médivac largua ses passagers qui partirent avec une lourde charge nucléaire. Pour économiser l'énergie du réacteur Möbius utilisé pour se camoufler, les Poltergirls progressaient en se cachant derrière les rochers. Enfin, elles virent la crevasse. Comme l'avait dit le commandant, un nuage de Zergs volants stationnait au-dessus de la crevasse. Des vigilants patrouillaient escortés par des mutalisks. Avec de telles défenses, il paraitrait impossible pour des fantômes d'approcher la crevasse mais c'était sans compter l'ingéniosité de nos héroïnes qui avaient anticipé la présence de détecteurs volants. Elles prirent des draps aux couleurs de la montagne et se couvrirent avec pour avancer jusqu'à la crevasse.

La ruse, bien qu'insensée, fonctionna. Les Zergs volants ne perçurent pas la présence des Poltergirls qui s'approchaient tranquillement de la crevasse. Cette grande fissure était très large, suffisamment large pour permettre à un missile nucléaire de passer mais la présence des Zergs volants constituait une gêne. Il n'était pas improbable qu'ils soient utilisés comme boucliers pour bloquer l'attaque nucléaire. L'effet de surprise n'aurait plus fonctionné et le réseau de Nydus deviendrait plus difficile à approcher. Arrivées au bord, elles jetèrent un oeil au fond. La faille était si profonde qu'on voyait difficilement le fond. Impossible de savoir où se trouvait précisément le réseau de Nydus et la position des Zergs qui pourraient surveiller dans le secteur. Une seule solution : descendre la paroi sans équipements d'escalade. C'était de la pure folie mais elles n'avaient pas le choix. Elles commencèrent à descendre doucement. Leur constitution naturelle leur permit de progresser sur les petites falaises de la faille. Iris, par sa perception par le vent, localisait les passages pour avancer et descendre. Un seul faux pas et c'était la chute mortelle assurée.

Soudain, Jennifer glissa. Ses amies furent si surprises qu'elles ne surent pas quoi faire. Iris, sans la moindre hésitation, se jeta dans le vide pour rattraper son amie. Tel un parachutiste, elle parvint à atteindre Jennifer qui fut bien contente de la voir venir l'aider mais qui ne put s'empêcher de dire :

-On va s'écraser !!
-Ce n'est que du vent, lui répondit Iris qui utilisa ses pouvoirs psychiques.

Le vent vint entourait les deux fantômes qui ralentirent dans leur chute. Elles descendirent doucement jusqu'au fond sans la moindre blessure. Alors que Jennifer se remettait de ses émotions, Iris appela Carla et Sylvie qui étaient encore en haut.

-Carla, Sylvie ? C'est bon, on est en bas. Utilisez le téléportation pour nous rejoindre.

Carla et Sylvie suivirent ce conseil. Ensuite, elles cherchèrent dans la caverne la position du réseau de Nydus. Elles trouvèrent rapidement un indice non négligeable.

-Du mucus, gémit Iris.
-S'il y a du mucus, il y a des infrastructures Zergs, dit Carla.

Carla avait raison car à quelques mètres plus loin, elles trouvèrent ce qu'elles cherchaient : le réseau de Nydus tel qu'il était représentait dans les photos présentées par le professeur Stallone. Profitant de l'absence des gardes, Jennifer et Carla allèrent poser les charges pendant que Sylvie et Iris montaient la garde camouflées. Seulement, un hydralisk passait par là et vit les charges. Tentant de les détruire, Sylvie le repoussa sur plusieurs mètres, puis l'acheva avec des boules d'énergie psionique.

Sentant la mort d'un de ses subordonnés, Névrosa comprit qu'il se passait quelque chose du côté du réseau de Nydus. Elle envoya la moitié de sa ruche pour aller neutraliser la menace. De leur côté, les Poltergirls étaient mal. Les Zergs volants pénétrèrent dans la grotte pour localiser les intrus. Des cavernes, sortaient des Zergs de toutes tailles. Devant un tel nombre, il était impossible de vaincre tous ces ennemis. Sylvie leva la tête pour s'apercevoir d'une erreur qu'avaient commise les Zergs. Voulant mettre son idée en marche, elle contacta le commandant.

-Monsieur, nous avons besoin d'une ogive nucléaire à tirer sur le champ.
-Mais les Zergs volants vont l'intercepter, rétorqua le commandant. Sans parler de vous qui êtes encore à l'intérieur.
-Sauf que les Zergs sont dans la grotte, dit Sylvie qui plaçait une balise pour guider une ogive. Ils n'auront pas le temps de réagir si on tire maintenant. Si on le fait, on pourra anéantir une grande partie de l'armée Zerg dont la quasi-totalité des Zergs volants. Ne vous inquiétez pas pour nous. On arrivera à s'échapper avant l'explosion.
-Ok, j'ai compris, répondit la commandant convaincu. Je vous cède à ce caprice. Puisse que vous arrivez à sortir d'ici. L'ogive arrivera dans 5 minutes.

Comme promis, le commandant lança le missile qui suivit le signal de la balise posée par Sylvie. Cette dernière avertit ses amies de la situation.

-C'est de la folie, s'écria Jennifer choquée.
-Tu aurais nous en parler, gronda Iris.
-L'occasion était trop belle, désolée, s'excusa Sylvie.
-C'est vrai que l'explosion combinée avec celles des charges pourrait décimer l'armée présente en plus du réseau, admit Carla. Je devrais pouvoir nous faire sortir de là.
-Vous voyez, dit Sylvie fière. Je n'aurais jamais mis en place ce plan sans avoir un moyen de s'échapper. Maintenant, tenons un peu avant de filer.

Au moment de se défendre, les Poltergirls entendirent une voix Zerg leur parler par télépathie :

-Rendez-vous, vous êtes cernées.
-Qui est là, demanda Iris.
-Je suis la mère des couvées Névrosa, se présenta la chef de la couvée, et je dirige cette couvée. Capitulez car vous ne pouvez vaincre un aussi grand nombre de Zergs.
-Ben, voyons, comme si on allait se rendre, dit Carla. Pour votre information, on a placé des charges nucléaires dans cette grotte. Laissez-nous partir ou nous déclencherons les charges.
-Vous n'oserez pas, défia Névrosa.
-On parie, répliqua Sylvie avec un ton de défi.

La tension était forte. Aucun des deux camps ne passait à l'acte. Névrosa tenait à les attraper vivantes pour les contaminer et ainsi renverser le cours de la guerre contre les Terrans. Les Poltergirls essayaient de gagner pour permettre au missile d'arriver sur les lieux et anéantir l'armée Zerg.

Soudain un bruit de moteur se fit entendre et un gros point noir était visible de par la crevasse et grossissait rapidement.
Les Poltergirls comprirent ce qui se passait. L'ogive était enfin arrivée. Elles déclenchèrent les charges nucléaires au cas où le missile n'atteindrait pas sa cible. Carla attrapa ses amies et utilisa son pouvoir de téléportation pour sortir de la caverne. Névrosa rageait de sa naïveté. Sous le coup de la colère, elle ordonna à ses troupes de sortir de la grotte le plus vite possible. Seulement, il était déjà trop tard. L'ogive explosa au contact du sol, provoquant l'explosion des charges. Les explosions furent violentes surtout dans un endroit restreint comme une grotte. Tous les Zergs qui s'y trouvaient furent brulés et calcinés. Quant au réseau de Nydus, il fut détruit. Les Poltergirls étaient hors de danger et courraient vers le médivac. Elles sentirent que leur coup avait réussi dû aux tremblements de terre.

Du côté de l'armée Terrane, on détecta les explosions. Tout portait à croire que les fantômes envoyés sur place avaient réussi. Mais il fallait encore avoir la confirmation. Une communication du médivac chargé de transporter les Poltergirls.

-ici le pilote du médivac MED-00354, les Poltergirls sont revenues à bord. Elles affirment que le réseau de Nydus a été anéanti. Les forts tremblements qui se sont produits semblent le confirmer.

Pour les troupes Terrans, c'était la confirmation qu'elles attendaient. Comme leurs adversaires, ils fondirent sur les colonies Zergs comme une coulée de lave. Névrosa perçut les attaques des colonies secondaires et comprit le véritable but de l'attaque dans la grotte : la destruction du réseau de Nydus pour empêcher toute arrivée de renforts. Privée de troupes aériennes, sa couvée était incapable de faire face à plusieurs assauts et à plusieurs endroits. Une seule option s'offrait à elle : la retraite. Les Zergs quittèrent les colonies secondaires pour rejoindre la ruche principale. Pendant que les troupes terrestres de California faisaient le ménage, les banshees traquèrent les Zergs qui fuyaient. Beaucoup réussirent à atteindre les montagnes. Privés de Zergs pour les défendre, les colonies furent rapidement détruites et brûlées. Forts de leur succès, les Terrans avancèrent vers les montagnes pour monter le siège et établir leur base stratégique pour les futurs affrontements qui les opposeront aux Zergs.

En attendant, les soldats félicitèrent les Poltergirls pour la réussite de leur mission. Mais en plus, elles avaient dans le même coup annihilé une grande partie de la couvée. Les combats devraient être plus faciles. Les Poltergirls allèrent à leur tente pour se remettre de leurs émotions. Les missions commençaient à devenir de plus en plus dangereuses mais c'était normal vu la nature des missions. Elles discutèrent de ce qu'elles allaient faire avant les prochaines attaques.

-Que faisons-nous, demanda Iris.
-Nous entraîner, proposa Sylvie, pour le vous-savez-quoi.
-C'est un peu tôt, dit Carla.
-Seulement, on ne sait pas ce qui va se passer, rétorqua Jennifer. Nous devons être prêtes à tout.
-De plus, ajouta Sylvie, nous avons formulé une théorie dessus. Nous devons la vérifier. Si elle s'avère exacte, alors nous pourrions devenir plus fortes.

Ses amies acquiescèrent. Elles devaient le faire. Sans rechigner, elles sortirent du camp pour aller s'entraîner. Estimant d'être assez loin du camp et des regards indiscrets, les Poltergirls invoquèrent leurs côtés obscurs qui devinèrent l'intention des originales.

-Alors, vous voulez vraiment le faire, demanda le double de Sylvie.
-En effet, confirma Sylvie. De toute façon, il viendra un moment où nous devrons quitter cette planète. Alors autant le faire maintenant.
-Un noble geste de votre part, dit le double de Carla. J'espère que vous avez pris en compte les conséquences de vos actes.
-On s'y est préparée, coupa court Carla. Faisons-le et nous pourrons sauver cette planète.
-Vos désirs sont des ordres, dirent les doubles avant de commencer le plus important entrainement des Poltergirls.

Pendant ce temps, les garçons réfléchissaient à propos de leurs petites-amies. Depuis un moment, elles avaient gagné en notoriété et en puissance mais ils avaient subi qu'elles s'éloignaient d'eux. Ce qui les amenait à se poser des questions.

-Depuis que la Boîte de Pandore est arrivée, commença Robert, elles n'ont pas cessé de les fréquenter sous prétexte de les entrainer. Certes, elles sont devenues plus fortes mais il y a quelque chose entre eux. Je ne sais pas quoi mais je le sens mal.
-Tu ne vas pas quand même pas supposer que ...
-Si, David, ce ne serait pas surprenant de les voir membres de l'Alliance, dit Sylvain.
-Tu te rends compte de ces accusations, demanda David. Tu insinues qu'elles ont trahi l'humanité.
-Tu admettras que c'est louche, affirma Robert. Des incidents se produisent quand elles sont là. Des incidents qui impliquent l'Alliance.
-Vous allez un peu vite en besogne, tenta David pour calmer le jeu. Vous n'avez aucune preuve qu'elles fassent partie de l'Alliance.
-Des rapports qui frôlent l'amitié et tu dis qu'elles ne sont pas de l'Alliance, répliqua Sylvain. Et toi, John, ton avis sur la question.

John était resté silencieux sur le sujet. Dans le fond, il se doutait bien des agissements des Poltergirls mais étaient-elles en tort ? Ne voulant pas faire attendre ses camarades, il donna sa réponse :

-Très honnêtement, j'ai le sentiment qu'elles sont de mèche avec l'Alliance mais je réponds. Et alors ?
-Comment ça, demanda Robert.
-Parce que si on regarde bien, l'Alliance a apporté plus de soutien que l'empereur à la population.
-C'est un fait indéniable, admit Sylvain, mais il y a encore des zones d'ombres à leur encontre. Si les filles travaillent pour l'Alliance, tu ferais quoi ?
-Peu importe si Sylvie et ses amies font partie de l'Alliance, répondit John, je soutiendrais ses choix quoi qu'il arrive car je sais qu'elle n'aurait pas accepté de travailler pour eux sans avoir quelque chose en retour de ses employeurs.
-Toi, tu es vraiment amoureux de cette fille, dit David avec une once de jalousie. Tu vois le bien partout.
-Non, je lui fais confiance, rétorqua John, ce n'est pas comme si en devant membre de l'Alliance, elle m'avait oublié.
-Un cas désespéré, soupira Robert devant la passion de son ami.

A la fin de la journée, les Poltergirls rentrèrent au camp pour se reposer. Le lendemain, elles apprirent qu'une nouvelle opération allait avoir lieu. Une opération pour affaiblir encore plus les Zergs et s'assurer d'une victoire totale.
Depuis la seconde vague, les deux Léviathans avaient disparu des radars. Bien que les vaisseaux qui venaient sur la planète affirmaient n'avoir vu aucun bâtiment Zerg, l'armée de California savait qu'ils n'étaient pas loin. En raison des attaques sur le sol de la planète, ils n'eurent pas le temps de rechercher les Léviathans. Mais à présent, la situation exigeait qu'on s'occupe de ces Léviathans pour éviter qu'ils viennent interférer dans les affrontements contre la ruche principale. Le problème était évidemment de les localiser mais avec l'aide de l'espion de l'Alliance, la chose devenait plus facile. Les Léviathans étaient cachés derrière la face cachée de la lune de California, une ruse vieille comme le monde. Toujours, selon l'espion, l'escorte des cuirassés Zergs ne comportait qu'une poignée de Zergs volants. Toutefois, la prudence restait de mise car même dépourvues de solides escortes, les Léviathans étaient des adversaires à ne pas sous-estimer, capables d'en venir à bout de plusieurs escadrons de vikings et d'ombres.

Le commandant avait décidé d'organiser une opération d'attaque avant d'aller attaquer la colonie principale. Pour ce faire, il organisa un recrutement dans son armée pour recruter plus de pilotes pour l'offensive. Les Poltergirls répondirent présent à l'appel. Le commandant avait bien refusé, prétextant la nécessité de leur présence aux côtés des troupes au sol mais finit par céder devant la détermination de ses soldates. Le groupe de John prit aussi part à l'assaut du fait de leur expérience de pilotage à l'académie. De leur côté, les Poltergirls avaient appris à piloter des vaisseaux par des simulateurs à l'université. Seulement, elles n'avaient pas eu l'occasion de piloter de vrais chasseurs. Une nouvelle opportunité pour les garçons pour séduire les Poltergirls.

-Alors, ça c'est le volant pour diriger le vaisseau, expliqua John avec passion.
-Non, sérieux, demanda Sylvie d'un air benêt.

Comprenant l'ironie, John jugea bon d'arrêter la drague. Ses camarades eurent aussi des râteaux et durent renoncer. Quelques heures plus tard, tous se retrouvèrent dans l'espace où ils pilotèrent leurs vaisseaux afin de se familiariser avec les commandes. Les garçons ne cachèrent pas leur admiration devant la danse gracieuse des ombres pilotés par les Poltergirls.

-Quelle élégance, dit John fasciné.
-Tu m'étonnes, lui répondit David.
-Après tout, ce sont celles qui ont les meilleurs résultats de l'université, ajouta Robert.
-Il y a de la chance que pour les mêmes, dit Sylvain.
-Jaloux, va, dit John avant d'appeler sa petite-amie. Sylvie, j'aurais une faveur à te demander.
-Je t'écoute.
-En fait, j'ai eu peur quand tu étais parti pour détruire le réseau de Nydus. C'était très courageux et ingénieur d'envoyer une ogive mais c'était aussi dangereux. Alors si tu pouvais réfréner ton agressivité, ça éviterait de te faire tuer.
-Tu ne serais pas inquiet pour moi ?
-Si. Je sais que tu es douée mais ça ne veut pas dire que tu vas t'en sortir de cette bataille. J'ai l'expérience de ce genre de combat et c'est très différent des combats terrestres.
-Tu as raison, John. Je crois que je ferais mieux d'aller doucement. Ne t'en fais pas. Je ne compte pas mourir ici.
-Que c'est mignon, dit Iris qui écoutait la conversation. Le garçon le plus macho qui s'inquiète pour toi, Sylvie. Si ce n'est pas adorable.
-Bien d'accord, ajouta Carla.
-Attendez, demanda John, ne me dites pas que vous avez tout écouté.
-Ben si, confirma Jennifer.
-Alors, restez en vie, ordonna le petit-ami de Sylvie. Sinon Sylvie sera attristée par votre mort.
-John, dit Sylvie, je t'adore.

Devant de tels mots, John fut touché par cette marque d'affection. Soudain, 10 cuirassés de classe minotaure arrivèrent. Une communication émana du cuirassé principal vers tous les chasseurs.

-Ici, le colonel, annonça l'officier, nous allons partir en route vers la lune. Notre mission sera de détruire un des deux Léviathans qui se cacheraient derrière la lune. Selon l'espion de l'Alliance, le second fuira par instinct et les Zergs devraient se sentir plus acculés que jamais. Ce qui devrait aboutir à une retraite. En route !

La flotte partit pour la face cachée de la lune. A mesure qu'elle s'approchait, on voyait deux immenses formes dissimulées par l'ombre de la lune. Pas de doute, c'était bien eux. L'espion avait raison. Avant de commencer l'assaut, le colonel donna ses instructions.

-Chasseurs, attaquez toute unité hostile provenant des Léviathans. Restez hors de portée des tentacules de ces horreurs, vous pourriez y laisser la vie. Les affrontements entre chasseurs devront avoir lieu sur les flancs. Les cuirassés utiliseront leur canon Yamato pour détruire un Léviathan. Ne cessez de combattre qu'à la mort de nos ennemis. En avant !!!

Sous l'injonction de leur supérieur, les chasseurs s'élancèrent vers les Léviathans. Ces derniers, percevant le danger, envoyèrent des mutalisks et des corrupteurs qui chargèrent sur les petits vaisseaux Terrans. Ce fut l'une des plus grandes batailles que les Poltergirls aient assistée. Les vikings et les ombres tirèrent tout en esquivant les tirs ennemis qui chargèrent tête baissée mais le nombre était du côté des Zergs. Et comme dirait le diction, « une forêt de chasseurs, aussi mauvais soient-ils, finit toujours par atteindre sa cible ». De nombreux chasseurs explosèrent sur sous une pluie de tirs Zergs qui déferlaient dans tous les sens. La peur commençait à s'emparer du coeur des Poltergirls.

-Quelle horreur, s'écria Iris.
-Je comprends mieux les inquiétudes de John, dit Sylvie. C'est un tout autre genre de combat.
-C'est vrai, confirma Carla, les attaques ennemies peuvent venir de n'importe où mais en plus, on peut être touché par des tirs amis.
-Restez groupés, conseilla Jennifer. On a un rêve et on ne peut pas se permettre de mourir bêtement ici.
-Bien parlé, Jennifer, dit Sylvie.

Pendant que les Poltergirls combattaient les Zergs, les cuirassés avançaient selon une formation de deux lignes. Leurs batteries de tirs descendaient les Zergs volants par dizaines. Le colonel, fort de son expérience dans le combat spatial, avait ordonné aux cuirassés d'avancer vers un des 2 Léviathans. Quand ils furent à portée de tir, le colonel lança le signal d'utiliser le canon Yamato. Dix tirs Yamato partirent des cuirassés pour frapper de plein fouet le Léviathan le plus proche. Lourdement blessé, le cuirassé Zerg commençait à chanceler. Profitant de cet instant de faiblesse, plusieurs chasseurs foncèrent et lui tirèrent dessus. Le Léviathan tentait tant bien que mal de riposter mais ses réflexes étaient amoindris par son état. Ses attaques perdaient en précision et en vitesse. Quant à l'autre Léviathan, il essayait de venir en aide à son congénère mais il avait des difficultés à intervenir dans la bataille. Son semblable posait inconsciemment des gestes qui gênaient son avancée. Les forces Zergs commençaient à faiblir. Ils commençaient à être en sous-nombre, devenant des cibles faciles. Les cuirassés achevèrent le Léviathan avec une seconde valse de tirs Yamato. Comprenant sa position, le second Léviathan jugea que la fuite était la seule option. Il fit un saut dans l'hyperespace pour fausser compagnie aux Terrans qui manifestèrent leur joie devant la retraite de leur ennemi.

Les Poltergirls étaient heureuses que le plan ait fonctionné à la perfection. Tous les vaisseaux se rassemblèrent et on fit les compter : environ 23% des chasseurs avaient été détruits. Les Poltergirls étaient tristes de voir à quel prix elles avaient remporté cette bataille. John sentit leur chagrin et tenta de les apaiser dans un éclair de sagesse et de philosophie :

-Vous savez, des combats comme ça, on aura dans chaque bataille. Mais une bataille où on ne subit aucune perte n'est réalisable que dans deux cas : soit on a un bon leader, soit on a vraiment une chance de tous les diables.

Les Poltergirls comprenaient ce que voulait dire John. Chaque bataille amenait son lot de soldats morts au combat. Ce fait était indéniable, quelle que soit la nature du combat. Calmées, les Poltergirls suivirent la flotte pour rejoindre le camp. Là-bas, elles s'amusèrent à dessiner les plans d'un vaisseau pour se préparer à la prochaine offensive qui visera la colonie principale.

Depuis la seconde vague, les deux Léviathans avaient disparu des radars. Bien que les vaisseaux qui venaient sur la planète affirmaient n'avoir vu aucun bâtiment Zerg, l'armée de California savait qu'ils n'étaient pas loin. En raison des attaques sur le sol de la planète, ils n'eurent pas le temps de rechercher les Léviathans. Mais à présent, la situation exigeait qu'on s'occupe de ces Léviathans pour éviter qu'ils viennent interférer dans les affrontements contre la ruche principale. Le problème était évidemment de les localiser mais avec l'aide de l'espion de l'Alliance, la chose devenait plus facile. Les Léviathans étaient cachés derrière la face cachée de la lune de California, une ruse vieille comme le monde. Toujours, selon l'espion, l'escorte des cuirassés Zergs ne comportait qu'une poignée de Zergs volants. Toutefois, la prudence restait de mise car même dépourvues de solides escortes, les Léviathans étaient des adversaires à ne pas sous-estimer, capables d'en venir à bout de plusieurs escadrons de vikings et d'ombres.

Le commandant avait décidé d'organiser une opération d'attaque avant d'aller attaquer la colonie principale. Pour ce faire, il organisa un recrutement dans son armée pour recruter plus de pilotes pour l'offensive. Les Poltergirls répondirent présent à l'appel. Le commandant avait bien refusé, prétextant la nécessité de leur présence aux côtés des troupes au sol mais finit par céder devant la détermination de ses soldates. Le groupe de John prit aussi part à l'assaut du fait de leur expérience de pilotage à l'académie. De leur côté, les Poltergirls avaient appris à piloter des vaisseaux par des simulateurs à l'université. Seulement, elles n'avaient pas eu l'occasion de piloter de vrais chasseurs. Une nouvelle opportunité pour les garçons pour séduire les Poltergirls.

-Alors, ça c'est le volant pour diriger le vaisseau, expliqua John avec passion.
-Non, sérieux, demanda Sylvie d'un air benêt.

Comprenant l'ironie, John jugea bon d'arrêter la drague. Ses camarades eurent aussi des râteaux et durent renoncer. Quelques heures plus tard, tous se retrouvèrent dans l'espace où ils pilotèrent leurs vaisseaux afin de se familiariser avec les commandes. Les garçons ne cachèrent pas leur admiration devant la danse gracieuse des ombres pilotés par les Poltergirls.

-Quelle élégance, dit John fasciné.
-Tu m'étonnes, lui répondit David.
-Après tout, ce sont celles qui ont les meilleurs résultats de l'université, ajouta Robert.
-Il y a de la chance que pour les mêmes, dit Sylvain.
-Jaloux, va, dit John avant d'appeler sa petite-amie. Sylvie, j'aurais une faveur à te demander.
-Je t'écoute.
-En fait, j'ai eu peur quand tu étais parti pour détruire le réseau de Nydus. C'était très courageux et ingénieux d'envoyer une ogive mais c'était aussi dangereux. Alors si tu pouvais refréner ton agressivité, ça éviterait de te faire tuer.
-Tu ne serais pas inquiet pour moi ?
-Si. Je sais que tu es douée mais ça ne veut pas dire que tu vas t'en sortir de cette bataille. J'ai l'expérience de ce genre de combat et c'est très différent des combats terrestres.
-Tu as raison, John. Je crois que je ferais mieux d'aller doucement. Ne t'en fais pas. Je ne compte pas mourir ici.
-Que c'est mignon, dit Iris qui écoutait la conversation. Le garçon le plus macho qui s'inquiète pour toi, Sylvie. Si ce n'est pas adorable.
-Bien d'accord, ajouta Carla.
-Attendez, demanda John, ne me dites pas que vous avez tout écouté.
-Ben si, confirma Jennifer.
-Alors, restez en vie, ordonna le petit-ami de Sylvie. Sinon Sylvie sera attristée par votre mort.
-John, dit Sylvie, je t'adore.

Devant de tels mots, John fut touché par cette marque d'affection. Soudain, 10 cuirassés de classe minotaure arrivèrent. Une communication émana du cuirassé principal vers tous les chasseurs.

-Ici, le colonel, annonça l'officier, nous allons partir en route vers la lune. Notre mission sera de détruire un des deux Léviathans qui se cacheraient derrière la lune. Selon l'espion de l'Alliance, le second fuira par instinct et les Zergs devraient se sentir plus acculés que jamais. Ce qui devrait aboutir à une retraite. En route !

La flotte partit pour la face cachée de la lune. A mesure qu'elle s'approchait, on voyait deux immenses formes dissimulées par l'ombre de la lune. Pas de doute, c'était bien eux. L'espion avait raison. Avant de commencer l'assaut, le colonel donna ses instructions.

-Chasseurs, attaquez toute unité hostile provenant des Léviathans. Restez hors de portée des tentacules de ces horreurs, vous pourriez y laisser la vie. Les affrontements entre chasseurs devront avoir lieu sur les flancs. Les cuirassés utiliseront leur canon Yamato pour détruire un Léviathan. Ne cessez de combattre qu'à la mort de nos ennemis. En avant !!!

Sous l'injonction de leur supérieur, les chasseurs s'élancèrent vers les Léviathans. Ces derniers, percevant le danger, envoyèrent des mutalisks et des corrupteurs qui chargèrent sur les petits vaisseaux Terrans. Ce fut l'une des plus grandes batailles que les Poltergirls aient assistée. Les vikings et les ombres tirèrent tout en esquivant les tirs ennemis qui chargèrent tête baissée mais le nombre était du côté des Zergs. Et comme dirait le diction, « une forêt de chasseurs, aussi mauvais soient-ils, finit toujours par atteindre sa cible ». De nombreux chasseurs explosèrent sous une pluie de tirs Zergs qui déferlaient dans tous les sens. La peur commençait à s'emparer du coeur des Poltergirls.

-Quelle horreur, s'écria Iris.
-Je comprends mieux les inquiétudes de John, dit Sylvie. C'est un tout autre genre de combat.
-C'est vrai, confirma Carla, les attaques ennemies peuvent venir de n'importe où mais en plus, ont peut être été touché par des tirs amis.
-Restez groupés, conseilla Jennifer. On a un rêve et on ne peut pas se permettre de mourir bêtement ici.
-Bien parlé, Jennifer, dit Sylvie.

Pendant que les Poltergirls combattaient les Zergs, les cuirassés avançaient selon une formation de deux lignes. Leurs batteries de tirs descendaient les Zergs volants par dizaines. Le colonel, fort de son expérience dans le combat spatial, avait ordonné aux cuirassés d'avancer vers un des 2 Léviathans. Quand ils furent à portée de tir, le colonel lança le signal d'utiliser le canon Yamato. Dix tirs Yamato partirent des cuirassés pour frapper de plein fouet le Léviathan le plus proche. Lourdement blessé, le cuirassé Zerg commençait à chanceler. Profitant de cet instant de faiblesse, plusieurs chasseurs foncèrent et lui tirèrent dessus. Le Léviathan tentait tant bien que mal de riposter mais ses réflexes étaient amoindris par son état. Ses attaques perdaient en précision et en vitesse. Quant à l'autre Léviathan, il essayait de venir en aide à son congénère mais il avait des difficultés à intervenir dans la bataille. Son semblable posait inconsciemment des gestes qui gênaient son avancée. Les forces Zergs commençaient à faiblir. Ils commençaient à être en sous-nombre, devenant des cibles faciles. Les cuirassés achevèrent le Léviathan avec une seconde valse de tirs Yamato. Comprenant sa position, le second Léviathan jugea que la fuite était la seule option. Il fit un saut dans l'hyperespace pour fausser compagnie aux Terrans qui manifestèrent leur joie devant la retraite de leur ennemi.

Les Poltergirls étaient heureuses que le plan ait fonctionné à la perfection. Tous les vaisseaux se rassemblèrent et on put les compter : environ 23% des chasseurs avaient été détruits. Les Poltergirls étaient tristes de voir à quel prix elles avaient remporté cette bataille. John sentit leur chagrin et tenta de les apaiser dans un éclair de sagesse et de philosophie :

-Vous savez, des combats comme ça, on en aura dans chaque bataille. Mais une bataille où on ne subit aucune perte n'est réalisable que dans deux cas : soit on a un bon leader, soit on a vraiment une chance de tous les diables.

Les Poltergirls comprenaient ce que voulait dire John. Chaque bataille amenait son lot de soldats morts au combat. Ce fait était indéniable, quelle que soit la nature du combat. Calmées, les Poltergirls suivirent la flotte pour rejoindre le camp. Là-bas, elles s'amusèrent à dessiner les plans d'un vaisseau pour se préparer à la prochaine offensive qui visera la colonie principale.

Névrosa était dans un état de rage meurtrière. Un des deux Léviathans avait été tué, le second avait pris la fuite. Par chance, il était encore à portée d'une communication télépathique. Une possibilité de fuite était donc envisageable. Après s'être calmée, elle fit venir ses lieutenants pour tenir un conseil de guerre.

-Mes soeurs, dit Névrosa, je ne vais pas vous mentir. Nous sommes dans une fâcheuse situation. Les Terrans nous assiègent depuis l'extérieur. Nos ressources commencent à manquer. Bientôt, nous serons exterminés comme de vulgaires insectes. Des suggestions ?
-Aussi simple que bonjour, proposa la reine au service de l'Alliance, nous enfuir. Le Léviathan pourrait revenir nous chercher. Ensuite, nous retournerions sur Char pour revenir avec d'autres couvées. Un nombre important sera plus que suffisant pour contaminer cette planète.
-Pourquoi ne pas appeler du renfort, demanda une autre reine. Trois Léviathans plein à craquer suffiraient.
-Ce serait trop long, répliqua la reine-espion. Le temps que les renforts arrivent, nous serons tous annihilés.
-Et fuir comme des lâches, dit Névrosa. L'Essaim n'a pas pour vocation de fuir mais il est vrai que nous sommes trop peu nombreux pour tenter une riposte. Et je ne serais pas surprise de voir les Terrans attaquer dans l'heure. Fort heureusement, nous avons transformé cette montagne en une véritable forteresse. Nous devrions tenir assez longtemps jusqu'à l'arrivée de renforts. Préparez les défenses, je compte gagner cette guerre.

Pour Névrosa, vaincre les Terrans alors qu'elle était dans une situation critique lui attribuerait une immense gloire devant la Reine des Lames. Elle avait juste besoin de renforts. Une fois l'armée Terrane vaincue, contaminer la planète sera un jeu d'enfant. Seule dans son coin, elle émit un message télépathique vers le reste de sa couvée leur demandant de venir. Malheureusement pour elle, l'espion l'avait suivie et donné l'ordre d'intercepter le message. Un satellite de l'Alliance en orbite autour de la planète fut chargé de cette lourde tâche. Captant le message, il manipula Névrosa qui crut avoir contacté sa couvée. Pensant que des renforts allaient arriver, la mère de Couvées partit organiser les défenses de sa ruche.

Au campement Terran, les Poltergirls revenaient de leur entrainement. Elles virent un attroupement de marines autour du centre de commandement. En effet, le commandant venait de recevoir une communication venant de l'espion de l'Alliance. Tous voulaient voir à quoi ressembler celle qui renseignait l'armée de California. Ils furent surpris de voir qu'il s'agissait d'un Zerg. Le commandant laissa ce public imprévu écouter la conversation.

-Vous dites que votre supérieure refuse de s'en aller malgré le désavantage ?
-Exact, confirma la reine de l'Essaim. J'ai beau tenté de la convaincre de faire partir la couvée mais sans succès.

Le public hua la Zerg. On voulait se battre contre les Zergs, pas les voir s'enfuir. Le commandant fit imposer le silence par son autorité. La reine de l'Essaim le remercia et expliqua les raisons de son choix.

-Comprenez bien que les prochains combats vont être les plus difficiles que vous ayez jamais livrés. Cette montagne est devenue une forteresse lourdement bien défendue. Ces tunnels sont de vrais pièges mortels pour vous. Sans parler du labyrinthe de galeries que vous devrez traverser pour atteindre la colonie principale. Elle pense que ce sera suffisant pour que des renforts arrivent à temps. Ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'aucune aide n'arrivera car l'Alliance a intercepté son message.

Les marines soupirèrent de soulagement. Ces renforts Zergs auraient été une gêne si on avait les laissés venir ici. Mais l'espion n'avait pas fini.

-En ce moment même, la mère des Couvées prépare ses défenses. Je vais tenter de vous transmettre toutes les informations sur ces défenses. Donnez-moi juste le temps d'identifier ce qui vous attendra à l'intérieur.
-Entendu, dit le commandant. Nous attendrons votre prochain appel.

Le lendemain matin, le commandant reçut l'appel promis. Devinant son contact, il décrocha.

-Je vous écoute.
-J'espère que vous êtes prêts à sacrifier des troupes, dit la reine de l'Essaim paniquée, parce que Névrosa s'est surpassée. Les petits couloirs sont piégés par des chancres et des contaminés. Les carrefours sont lourdement défendus par d'importants groupes de Zergs. Les couloirs les plus larges sont bloqués par des ultralisks. D'autres tunnels ont été creusés pour préparer des embuscades.
-Y a-t-il des détecteurs dans les défenses, demanda le commandant.
-Seulement aux bifurcations par des sporuleurs rampants, répondit l'espion de l'Alliance. Je vous envoie un plan du réseau de tunnels pour vous puissiez vous y retrouver.
-Merci, dit le commandant qui reçut la carte détaillée du château fort de Névrosa par un agent de l'Alliance.
-Surtout, restez prudents, avertit la reine, nous ne sommes pas à l'abri d'un changement de dernière minute.
-Je retiendrais le conseil, répondit le commandant avant de mettre fin à la communication.

Réunissant ses meilleurs hommes, le commandant chercha avec eux la meilleure stratégie pour percer les défenses Zergs. Finalement, il opta une approche assez sournoise. Jamais les Zergs ne verraient le pot aux roses. Rassemblant son armée, le commandant exposa sa stratégie.

-Soldats, écoutez bien car la ruche est bien protégée. Nous allons attaquer et faire saigner les Zergs à blanc. Un assaut frontal pourra en venir à bout des défenses improvisées. Je tiens à accueillir nos scientifiques qui viennent nous montrer leurs dernières découvertes.

Les Poltergirls se souvenaient d'eux. Une de leurs missions avait consisté à secourir ces gens poursuivis par les Zergs pour leurs connaissances. Apparemment, ils avaient mis au point une nouvelle arme qu'ils présentèrent devant les soldats ébaudis.

-Vous recevrez les consignes pour faire face à toutes les situations et la carte de la montagne, ajouta le commandant. Sur ce, je vous souhaite bonne chance et bon massacre.

Les Poltergirls ne voyaient pas ce plan d'un bon oeil. Ça sentait la boucherie à plein nez. Il était vrai que les Zergs étaient acculés mais c'était dans ces moments-là qu'ils étaient les plus dangereux. Mathio aurait trouvé un plan plus excentrique mais plus efficace. Seulement, il n'était pas là et il fallait s'attendre au pire dans cet assaut.

Elles accompagnaient un groupe de marines, dirigé par le capitaine qu'elles avaient rencontré lors de la plupart de leurs missions, dans un couloir bien trop petit pour permettre le passage d'ultralisks. Tous observaient les parois pour percevoir à temps une éventuelle embuscade. Soudain, des cris de Zergs se firent entendre. Un premier groupe de Zergs approchait. Les marines se mirent en position pour accueillir leurs adversaires et tirèrent. Surpris par cette attaque, un hydralisk et 10 zerglings succombèrent. Reprenant leur route, le groupe arriva à un embranchement. Comme l'avait dit l'espion, un sporuleur rampant était présent. Des cafards, un ultralisk, un infestateur et des zerglings entouraient le bâtiment Zerg. Une telle armée ne pouvait être vaincue que par le soutien de fantômes mais avec la nouvelle arme des Terrans, les Zergs allaient passer un sale quart d'heure. Les techniciens placèrent un appareil qu'ils mirent en marche. Le capitaine pointa l'appareil vers l'ultralisk et lança. L'ultralisk passa sous le contrôle des Terrans et attaqua ses congénères qui ripostèrent. Profitant de cette diversion, les marines canardèrent les Zergs. En quelques minutes, le croisement fut nettoyé.

-Parfait, dit le capitaine. Au moins cet émulateur d'esprit de ruche fonctionne à merveille. On va pouvoir avancer.

Après avoir consulté la carte, le capitaine désigna une voie qui amena le groupe dans les profondeurs de la montagne.

Névrosa suivait les évènements depuis la ruche principale par l'intermédiaire de ses Zergs. Maudits soient ces Terrans ! Ils avaient créé un dispositif qui leur permettait de contrôler ses enfants. Maintenant, ses ultralisks pouvaient se retourner contre elle. Il fallait agir vite car les Terrans progressaient vite. Le temps des embuscades était venu. D'un claquement de doigt, la mère des Couvées donna l'ordre de passer à l'action. Au même moment, les parois furent transpercés par des Zergs cachés de l'autre côté. Ce phénomène se produisit à plusieurs endroits du labyrinthe. Les Terrans pris par surprise, contre-attaquèrent. Le groupe des Poltergirls n'échappaient pas à ce sinistre destin. Sylvie et Iris tenaient en respect les Zergs d'un côté avec leurs pouvoirs psychiques pendant que les marines ouvraient le feu de l'autre côté. Hélas, des Zergs sortirent du plafond et tombèrent sur leurs ennemis. Plusieurs marines furent tués par cette attaque surprise. Carla et Jennifer utilisèrent l'émulateur d'esprit de ruche pour rallier des Zergs à leur cause. La ruse fonctionna. Les Zergs se battirent entre eux, permettant au groupe de se rétablir et de riposter. Quand tous les Zergs furent éliminés, on fit le décompte des morts. A l'horreur des Poltergirls, elles virent que le capitaine était gravement blessé. Elles tentèrent tout ce qu'elles pouvaient pour le sauver mais le mourant les arrêta :

-Ce n'est pas la peine, dit le capitaine. De toute façon, je vais mourir sur le champ d'honneur. Le seul regret que j'ai, c'est de ne pas voir ces saletés quitter notre monde.
-Vous ne mourrez pas ici, s'écria Sylvie. Essayez de tenir le coup. On va vous tirer de là.
-C'est gentil mais il est trop tard pour moi, répondit le capitaine. Quand je pense que de simples fantômes qui savaient à peine manier leur fusil sont devenus de véritables fantômes, héros du peuple, je me dis que je suis heureux de vous avoir rencontrées.
-Ce n'est pas fini, dit Carla qui appliquait les premiers soins sur les blessures les plus graves. Vous pouvez encore voir des choses.
-Toujours aussi tenaces, dit le capitaine plongé dans sa nostalgie, et aussi gentilles aussi. Vous désapprouviez de tuer les contaminés mais au final, vous avez fini par en tuer. Enfin, personne ne vous blâmera pour cela.
-Restez en vie, ordonna Iris aux bords des larmes.
-Merci pour tout, mesdemoiselles, dit le capitaine alors que les ténèbres commençaient à s'emparer de son corps. Et promettez-moi que quoi qu'il arrive de protéger cette planète.
-On le fera, capitaine, promit Jennifer.
-Me voilà rassuré, riait le capitaine, adieu.

Le capitaine ferma les yeux pour la dernière fois, le sourire aux lèvres. Les Poltergirls furent aux bords des larmes. Elles venaient d'assister à la mort d'un camarade. C'était une douleur au coeur à vous faire hurler de rage et de chagrin. Pourtant, elles séchèrent immédiatement leurs larmes, prêtes à repartir. C'était la guerre et les émotions pouvaient être un obstacle. Une communication parvint à leurs oreillettes : le commandant donna l'ordre de la retraite. Les défenses Zergs avaient suffisamment saigné. Approuvant cet ordre, le groupe des Poltergirls rentra à la base où elles virent qu'elles n'étaient pas les seuls à avoir subi des pertes. Par chance, John et ses amies avaient survécu, ce qui apporta un profond soulagement. Epuisées, les Poltergirls retournèrent à leur tente. A leur grande surprise, elles tombèrent nez-à-nez avec Pandore qui les attendait.

-Vous, s'écrièrent les fantômes en même temps, que faites-vous ici ?
-Vous consoler, répondit Pandore, parce que vous avez vu la mort de plusieurs compagnons d'armes. Et croyez-moi, j'ai vu beaucoup de gens mourir sous mes yeux et c'était horrible.
-C'est très gentil à vous, dit Sylvie qui appréciait l'intention, mais on s'en remettra.
-Vraiment, demanda Pandore, vous allez vous allonger sur vos lits et tout me raconter.
-Vous n'êtes pas obligées, dit Carla.
-J'insiste, répliqua Pandore avec une teinte de menace amicale.
-Ok, on obéit, dirent Iris et Jennifer qui s'empressèrent de s'allonger, ainsi que leurs amies.

Ensuite, les Poltergirls racontèrent leur ressenti de la journée. Pandore écoutait avec grande attention. L'état psychologique de ces fantômes devait être au top si elle voulait qu'elles se battent pour sauver leur planète natale.
Le commandant était satisfait des résultats de l'attaque. Son armée avait su attirer l'attention des Zergs pour préparer sa grande offensive. Mais il devait attendre qu'elle se remette des lourdes blessures qu'elle avait subies lors des affrontements contre les Zergs. Son ordinateur de bord sonna : une communication. Enervé d'être dérangé, il décrocha. Il vit alors la reine de l'Essaim qui servait d'espion à l'écran.

-Que me vaut cette visite, demanda le commandant.
-J'aimerais avant tout vous donner mon avis sur votre façon de faire lors de votre assaut : une boucherie. Vous avez choisi la force brute au lieu de la finesse pour percer les défenses. Et à quel prix !
-Croyez bien que j'aurais évité ce scénario si je l'avais voulu, répliqua le commandant. Tout ceci n'était qu'une diversion pour les préparatifs de la vraie offensive.
-Une diversion, s'interrogea la reine de l'Essaim.
-En effet, confirma le commandant, pendant que les deux armées s'affrontaient, j'ai fait creusé un tunnel directement vers la ruche principale.
-Pure folie, s'écria l'espion de l'Alliance, si Névrosa le découvre, elle s'en servira à son avantage.
-Elle n'en saura rien et ne le sait pas encore, rétorqua le commandant, sinon vous me l'auriez dit.
-Effectivement, admit la reine, mais vous devrez être prudents. Névrosa a fait rassembler ses dernières troupes dans la ruche principale. L'affrontement sera sanglant. Aussi je vous conseillerais d'éliminer la mère des Couvées Névrosa, si vous voulez gagner.
-Quel intérêt, demanda le commandant.
-Eh bien, cela causera une grande pagaille dans les rangs Zergs. Ensuite, je pourrais prendre le contrôle de ce qui reste de cette couvée pour la faire partir d'ici. Enfin, si vous m'en donnez le temps.
-C'est un plan à étudier, dit le commandant qui estimait que ce plan lui apporterait gros. Peut-on vous localiser ?
-J'émets des ondes facilement repérables pour des fantômes mais difficiles à déceler pour des Zergs, expliqua l'espion. Vos fantômes n'auront aucun mal à me trouver.
-Pourquoi ne pas utiliser notre appareil de contrôle mental, demanda le commandant. Nous pourrions lui ordonner de faire le boulot.
-L'idée est bonne, concéda la reine de l'Essaim, mais la volonté de Névrosa est bien trop forte pour être contrôlée.
-Dans ce cas, suivez la mère des Couvées et ne la quittez pas d'une semelle.
-Bien entendu, répondit la reine. Il y a encore une dernière chose à savoir avant de lancer votre assaut.

Le lendemain, les Poltergirls sortirent de leur tente l'esprit léger. La séance de psychologie de Pandore leur avait fait le plus grand bien. La douleur au coeur était toujours présente mais atténuée. Elles voulurent aller s'entraîner mais le commandant, par des écrans, informa à l'armée de California qu'elle devait se préparer pour un nouvel assaut qui pourrait bien être le dernier. Lassés mais motivés d'en finir, les soldats acceptèrent de se préparer. Le commandant expliqua ensuite son nouveau plan.

-Grâce à vos efforts, nous avons pu creuser une voie directe vers la ruche Zerg en toute discrétion. Vous allez l'emprunter pour attaquer les Zergs. Toutefois, notre véritable but ne sera pas d'éradiquer les Zergs mais de tuer la mère des Couvées.

Les marines se regardèrent du regard. Pourquoi tuer la mère des Couvées ? Le commandant s'empressa de s'expliquer.

-En éliminant cet obstacle, notre espion pourra prendre le contrôle de la couvée et lui ordonner de partir d'ici.

Les soldats manifestèrent leur joie. Voilà un plan devrait coûter peu cher en vies humaines. Seulement, les détails arrivèrent bien vite.

-Seulement, elle sera protégée par son armée avec un brutalisk dans leurs rangs.

Une vague de frissons se répandit dans l'assistance. Un brutalisk était une puissante et immense créature Zerg. Très résistant, il demeurait un formidable adversaire pour une armée Terrane mais une bonne stratégie permettrait d'en venir à bout. D'ailleurs, le commandant semblait avoir la solution au problème.

-Nous utiliserons notre dernier modèle de robot de combat. Equipé d'armes anti-blindage, il terrassera le brutalisk au terme d'un combat de titans.

Les soldats sentirent leur motivation monter. Ce plan leur plaisait de plus en plus. Le menu fretin ne serait pas un problème vu qu'ils se battraient sur un terrain plus large que les couloirs qu'ils avaient traversés la veille. Pour les Poltergirls, le commandant avait fait un gros progrès. Soudain, le commandant vint interrompre ces réjouissances.

-Pour éliminer la mère des Couvées, nous aurons besoin de fantômes. Alors, je compte sur la pleine participation des Poltergirls.

Les concernées sentirent les regards se pointer sur elles. Pendant un instant, elles crurent que quelque chose de mauvais allait se produire. Au contraire, elles eurent droit à un tonnerre d'applaudissement et d'encouragement. Ce soutien leur apporta une motivation supplémentaire d'accomplir la lourde tâche qui leur incombait. Plus vite elles élimineront la cible, moins long sera l'affrontement et moins importantes seront les pertes.

Pendant ce temps, Névrosa repensait à tous ses échecs. Elle cherchait à comprendre comment les Terrans avaient fait pour en venir à bout de ses attaques. Ses 4 grosses attaques avortées, ses contaminations nettoyées, ses escarmouches contrées, son armée décimée. Les Poltergirls étaient sûrement impliquées dans ses échecs mais pas seulement. L'Alliance Démoniaque n'était pas étrangère aux évènements. Pourtant malgré ces échecs, Névrosa estima que ses ennemis auraient dû subir plus de pertes. Comment avaient-ils pu éviter le pire scénario qui soit ? Auraient-ils des pouvoirs de prévoyance ? Peu probable. Un espion ? Si c'était le cas alors comment s'il était pris pour connaitre ses plans et les transmettre aux Terrans ? Difficile de croire que ce soit un Zerg car le terme trahison n'existait pas dans leur vocabulaire. Ni même la pitié ou la compassion. Et puis quel intérêt un Zerg aurait à renseigner les humains des plans de l'Essaim ? Névrosa avait beau s'interroger sur la question mais n'arrivait pas à trouver de réponse. Soudain, elle eut une sensation qu'elle n'avait encore jamais expérimenté. Un sentiment de crainte et d'insécurité malgré la présence de ses troupes. Comme si un traitre se cachait parmi ses dévoués subordonnés. Impensable, pensait Névrosa qui commençait à développer une névrose. Les Zergs existaient pour évoluer et tuer pour survivre. Il pouvait y avoir des Zergs qui échappaient au contrôle de leur maître mais qui ne pouvaient pas agir aussi intelligemment. Névrosa avait beau se rassurer mais elle ne parvenait pas calmer cette peur inexpliquée. C'était comme si elle pressentait un terrible évènement allait la frapper. Ce qu'elle ne se doutait pas, c'était qu'elle avait raison. La reine de l'Essaim au service de l'Alliance surveillait la mère des Couvées de loin. Elle attendait que les Terrans passent à l'action pour pouvoir avoir un prétexte de l'approcher.

Du côté des Terrans, on terminait les derniers préparatifs avant l'assaut contre la ruche. Le robot de combat était contrôlé par 10 mécaniciens qui s'assuraient que cette machine de guerre serait opérationnelle contre le brutalisk. Les Poltergirls avaient fini de nettoyer leur combinaison salie lors des affrontements dans le labyrinthe. Quand elles eurent fini, elles rejoignirent le reste de l'armée qui stationnait devant le pied de la montagne.
L'entrée du tunnel se trouvait à une centaine de mètres de la base. Des mines parsemaient la distance pour éliminer les Zergs dans le cas où ils découvriraient le tunnel. Par chance, cette situation ne s'était pas produite. L'armée de California prit la galerie pour entamer une immense montée accompagnée de Goliaths, de chars de sièges, de tourmenteurs et du robot de combat. Arrivés au bout, les marines virent les foreuses qui avaient servi à creuser le tunnel. A quelques centimètres au-dessus, se trouvait la ruche. Si on regardait la carte de la montagne, le tunnel aboutissait à l'arrière de la ruche, de l'autre côté des défenses. On lança les foreuses qui terminèrent le travail commencé hier. Le bruit des moteurs attira l'attention des Zergs qui chargèrent. Mais les Terrans avaient prévu le coup. Un capitaine appuya un détonateur qui déclencha des explosifs placés sur les foreuses qui explosèrent. Le souffle de l'explosion tua plusieurs Zergs. Névrosa qui entendit le bruit sentit la menace.

-Les Terrans nous attaquent !! Protégez la colonie !!

Les Zergs affluèrent vers la nouvelle entrée pour repousser les envahisseurs qui avaient déjà positionné leur chars de siège en mode siège. Les marines accueillirent leurs « hôtes » par une pluie de balles de fusil Gauss. Un puissant rugissement se fit entendre. Le brutalisk arrivait. Sans perdre un instant, les marines envoyèrent le robot de combat pour terrasser le danger que représentait le brutalisk pour les simples soldats qu'étaient les marines. Le choc des titans allait commencer. Le robot tira 3 obus qui firent mouche. Le brutalisk recula puis revint à la charge en assénant des coups de griffes à son adversaire métallique. Les coups furent violents mais le robot tint bon et riposta avec des roquettes qui mutilèrent le monstre d'un bras. Ivre de douleur, le brutalisk oublia toute prudence et fonça tête baissée. D'un coup de mâchoire, il attrapa la tête du robot. Voyant que la situation leur échappait, les marines et les Goliaths ouvrirent le feu pour tenter d'abattre le brutalisk avant qu'il ait le temps de détruire le robot. Sylvie tira une balle imprégnée de ses pouvoirs psychiques sur les pattes du monstre qui s'effondra avec le robot. Profitant de ce moment de faiblesse, les soldats descendirent le brutalisk à la tête. Ce dernier cessa de vivre en poussant un formidable hurlement.

Névrosa sentit la mort de son plus puissant guerrier. La panique s'empara d'elle. Fuir ! Pas la fuite où elle devait quitter la planète mais la fuite où elle se cacherait dans les montagnes avec son escorte. Une fois les poursuites terminées, elle rassemblera tous les survivants pour se cacher le temps que les renforts arrivent. Sans perdre une seconde, elle appela les Zergs qu'elle jugea fiable et partit. Se mêlant à l'escorte, la reine de l'Essaim au service de l'Alliance partit avec Névrosa. Percevant que l'espion se déplaçait, les Poltergirls comprirent que la cible tentait de fuir. Elles traversèrent le champ de bataille camouflées. Les détecteurs Zergs étant positionnées aux entrées de la colonie, aucun Zerg ne perçut la présence des fantômes. Elles coururent en suivant les ondes émises par la reine-espion. Le problème, c'était qu'elles s'enfonçaient dans un réseau de galeries creusés par les Zergs pour trouver de nouveaux matériaux pour la couvée. Au bout d'un moment, les Poltergirls commencèrent à avoir des difficultés à s'y retrouver dans ce labyrinthe.

Chapitre 84 : La dame de Pique.

Alors que la Reine des Lames cherchait désespérément les artéfacts Xel'nagas qui pouvaient constituer une menace pour elle. Soudain, elle reçut un appel télépathique d'une mère des Couvées mourante. Devinant l'identité de son contact, elle comprit quelque chose se tramait sur la planète California. Quelque chose avait mis en danger une mère des Couvées pour qu'elle appelle à l'aide. Ce qui signifiait qu'un danger pour l'Essaim se trouvait là-bas. Oubliant ses objectifs et estimant que sa route l'amènerait à croiser celle de son ancien amant Jim Raynor qui était impliqué dans la chasse aux artéfacts, la Reine des Zergs partit pour California tirer les choses au clair.
Au campement, on se remettait de la très joyeuse fête de la veille. Les canettes et les bouteilles jonchaient le sol. Presque tout le monde était fatigué car ils avaient festoyé pendant presque toute la nuit. Quelques marines encore sobres montaient la garde autour de la base. Pendant, aucune nouvelle de la colonie Zerg ne parvint à la base Terrane. De toute évidence, l'espion avait des difficultés à convaincre les survivants de partir. Ou alors, il fallait du temps pour préparer le temps. Pour les Terrans, une éventuelle riposte des Zergs était improbable dans leur situation. La fuite devait donc être leur seule issue. Au soir du lendemain de la mort de Névrosa, 3 Léviathans arrivèrent dans l'orbite de la planète. L'un d'eux largua une capsule de débarquement à proximité du camp. Trois marines aux abords du camp patrouillaient quand ils virent la navette Zerg s'écraser au loin. Intrigués, les 3 hommes allèrent voir. Ils s'approchèrent du lieu du crash en rampant pour éviter de se faire repérer par un Zerg dangereux et ils avaient raison car la Reine des Lames sortit du cratère et respira l'air pur de la planète.

-Oh bon sang ! C'est la Reine des Lames, faillit s'écrier un des soldats pour ne pas attirer l'attention de la Zerg sur eux. Qu'est-ce qu'on fait ?

-On ne tente rien sur elle, répondit le plus gradé du trio. Si on ne fait rien, elle nous laissera tranquille.

Ce conseil fut excellent car la Reine des Lames avait senti la présence des marines. Ce serait trop facile de les éliminer mais une perte de temps inutile. Elle pourra toujours les éliminer un autre moment. En attendant, elle devait rejoindre la colonie principale au plus vite. Laissant les voyeurs derrière elle, la fantôme contaminée rejoignit la colonie par la galerie creusée par les Terrans en évitant les pièges. Voyant la destination de la nouvelle arrivante, les soldats prirent la direction du centre de commandement avertir le commandant de ce qui venait de se passer. La chef suprême de l'Essaim venait d'entrer dans la colonie pour voir un désolant spectacle. La moitié de la colonie avait été dévastée par le dernier assaut. Les défenses avaient été décimées. Les infrastructures Zergs étaient lourdement blessées. Quant aux survivants, soit ils étaient blessés et s'étaient remis de leurs blessures, soit leurs blessures étaient trop graves pour leur permettre de bouger et ils attendaient la mort. Tout bougeait dans tous les sens. On aurait dit des fourmis agitées suite à un coup de pied dans la fourmilière et encore, la métaphore n'était pas si éloignée de la réalité. Les Zergs qui pouvaient encore bouger préparaient le départ de ce qui restait de la couvée de la défunte Névrosa. La Reine des Lames soupira puis se montra devant ses subordonnés

-Où se trouve la mère des Couvées en charge de cette couvée ?

-Ma reine, s'inclina une reine de l'Essaim. Pardon de ne pas vous avoir remarquée plus tôt mais la mère des Couvées Névrosa est morte lors du dernier assaut des Terrans.

-ça, je m'en doutais, répondit la Terrane contaminée en observant l'état de la colonie. Dans quelles circonstances la reine Névrosa a-t-elle trouvé la mort ?

-Je l'ignore, avoua la reine de l'Essaim, mais nous avons senti son message de détresse. Suite à cela, les Terrans sont partis.

Le message qui l'avait amené vers cette planète, pensa la Reine des Lames. Pour le moment, elle devait comprendre pourquoi une couvée avait été mise en difficulté. Elle commença alors son enquête.

Dans le camp Terran, la venue de la Reine des Zergs avait le tour de la base. Tous étaient effrayés de devoir faire face à l'invaincue Reine des Lames. Même les Poltergirls étaient angoissées à l'idée de l'affronter.

-Qui aurait cru que la Reine des Lames viendrait ici, dit Carla.

-J'en ai des frissons, ajouta Iris.

-Qu'est-ce qu'on fera si on devait l'affronter, demanda Jennifer.

-Pas d'inquiétudes, rassura Sylvie. On la battra grâce à notre entrainement secret.

-Je me pose la question, dit une voix familière.

Les Poltergirls dirigèrent leur attention vers l'origine de la voix pour découvrir un homme avec de longs cheveux argentés. Il portait le même masque que Mathio. Cet homme, les Poltergirls l'avaient déjà vu lors de la mission de décontamination après que Mathio ait détruit Nouveau San Francisco. Il filmait le discours de Mathio. L'inconnu reprit alors la parole.

-Je suis bel et bien ce cher Général Mathio. Pour des raisons de discrétion, j'utilise le corps d'un de mes familiers. Le masque signifie que je contrôle personnellement son corps.

-Ce n'est pas très discret avec un masque pareil, fit remarquer Iris.

-Pas faux, admit Mathio qui avait eu de la chance, mais je suis ici pour vous parler de votre... désir d'affronter la Reine des Lames.

-Vous ne voulez pas qu'on l'affronte, demanda Carla.

-En partie, avoua Mathio. Il serait trop risqué pour vous de l'affronter à votre niveau actuel. Mais ce qui pourrait faire la différence, c'est votre entrainement secret.

-Vous en savez quelque chose, demanda Jennifer surprise.

-J'en ai ma petite idée, répondit Mathio, moi-même et la Boîte de Pandore avons pris une décision.

Les Poltergirls gloussèrent d'inquiétude. Elles craignaient que Mathio les éloigne d'ici pour les protéger. Mais la réponse fut toute autre.

-Connaissant votre caractère, il serait difficile de vous empêcher de combattre ce monstre. Alors, nous vous donnons les instructions suivantes : si l'affrontement avec la Reine des Lames est inévitable ou nécessaire, alors utilisez toute votre puissance contre elle. Fusion, pouvoirs des ténèbres, pouvoirs psychiques, tout ! Mais garder en tête que vous ne devez pas tuer la Reine des Lames.

Les Poltergirls respirèrent. Plutôt que les mettre sur la touche, ce qui les aurait poussées à se révolter, la Boîte de Pandore leur octroie la possibilité d'affronter celle qui « détiendrait » Sarah Kerrigan.

-Merci beaucoup, maître Mathio, remercia Carla, mais nous n'aurons pas d'ennuis avec Arcturus Mengsk et nos compatriotes. Utiliser tous nos pouvoirs revient à révéler notre affiliation avec l'Alliance.

-Tout a été prévu, assura Mathio. Et puis, les derniers examens approchent. Quand vous aurez votre diplôme, vous pourrez quitter cette planète et vous consacrer pleinement à nos opérations contre la véritable menace. Cela impliquera aussi Sarah Kerrigan.

Les arguments de Mathio étaient logiques et convaincants. De plus, les Poltergirls avaient atteint un niveau où elles pourraient gérer leurs combats toutes seules. Finalement, le familier se leva.

-Vous partez, Général, demanda Sylvie.

-Il le faut, se justifia le démon, nous avons beaucoup de travail. Monsieur V va bientôt passer à l'acte.

-Alors, la seconde phase du plan, devina Carla.

-Ne va pas tarder à commencer, compléta Mathio. Pour cela, la Reine des Lames doit impérativement retourner sur Char. Encore faut-il lui faire comprendre sans que Mengsk le sache.

-Et pour les Léviathans, interrogea Iris qui s'inquiétait de la possibilité de renforts.

-La flotte est positionnée entre eux et la planète, répondit Mathio. 15 cuirassés en tout, plus 10 autres en patrouille.

-Et ben, lâcha Jennifer. Vous vous lâchez.

-Normal vu que nous sommes proches du tournant le plus important du plan de l'Alliance, répliqua Mathio. Hors de question d'échouer maintenant. D'ailleurs, c'est vous qui commanderez les troupes au sol en cas de besoin. Il vous suffira de contacter le commandant qui dirige la flotte.

-Merci, Général, dirent les Poltergirls qui pensèrent que ce soutien allait leur être utile.

Le familier de Mathio disparut dans un portail des ténèbres. Les Poltergirls partirent immédiatement s'entraîner. Si leur supérieur estimait que cet entrainement secret leur permettrait de vaincre la Reine des Lames, alors autant en profiter des derniers instants avant ce combat qui pourrait avoir lieu à n'importe quel moment. Et les ennuis de l'armée de California ne faisaient que commencer car une flotte de 3 cuirassés en provenance de Korhal arrivait en orbite de la planète avec à son bord une vieille connaissance des Poltergirls.

Nova était fâchée. Le rebelle Jim Raynor avait choisi de venir en aide à Tosh dans son entreprise. Elle s'était révélée au grand jour pour convaincre le célèbre hors-la-loi de ne pas soutenir le spectre. Malgré cela, Raynor fit le choix d'aller libérer les prisonniers de Néo-Folsom, la plus grande prison du Dominion. Opération qu'il réussit avec l'aide de son nouvel allié Tosh. Nova n'eut pas le temps de déguster sa défaite car une nouvelle mission lui fut attribuée : la Reine des Lames avait été repérée à California. L'ordre de mission était évidemment de la tuer. Si elle désapprouvait cette mission, ce n'était pas à cause de la Reine des Lames mais des Poltergirls en raison des relations peu amicales qu'elles entretenaient entre fantômes.

En arrivant, Nova fut surprise de voir les vaisseaux de l'Alliance en dessous des Léviathans. Elle demanda alors au capitaine du cuirassé un rapport de la situation.

-Il y a 15 cuirassés de l'Alliance qui semblent former un barrage pour empêcher tout renfort Zerg au sol. Nous avons également détecté une dizaine de cuirassés en patrouille.

25 cuirassés qui pourraient être gênants pour le Dominion. Seulement, ils représentaient un atout non négligeable : ils neutralisaient donc les Léviathans et les Zergs qui s'y trouvaient à bord. La Reine des Zergs était donc seule avec une poignée de Zergs sur la planète. On ne pouvait pas mieux trouver de meilleure occasion d'éliminer la pire menace de l'humanité. Encore fallait-il avoir le soutien des troupes locales. Nova monta à bord d'un médivac pour rejoindre la base Terrane.

Quand elle posa le pied sur le plancher des zerglings, Nova demanda à voir le commandant. On lui répondit qu'il était occupé. Passant outre, la fantôme entra en force dans la salle de réunion pour découvrir les invités : un Caïd et un commandant de l'Alliance. Elle reconnut le Caïd Lance mais pas l'autre homme. Vêtu d'un costume d'un salarié lambda et d'apparence chétive mais soigneuse, le commandant de l'Alliance semblait être un rigolo du fait qu'il riait en redressant ses lunettes. En face d'eux, le responsable de l'armée de California. Une telle situation ne pouvait rester impunie, Nova braqua son arme sur les membres de la sinistre organisation des Ténèbres.

-Que font des gens comme vous ici, demanda-t-elle aux intrus.

-Notre travail, expliqua l'homme au costume, nous étions en train de réclamer à cet individu une faveur des plus importantes.

-De laisser la Reine des Lames partir d'ici, ajouta Lance.

-Folie, rétorqua Nova, nous ne pouvons pas la laisser partir comme ça. On peut la tuer ici et maintenant.

-Le problème, c'est que vous n'êtes pas en position d'imposer quoi que ce soit, expliqua le haut-gradé de l'Alliance. Le commandant nous doit beaucoup de choses. Nous lui avons apporté beaucoup d'aide pour en venir à bout des Zergs.

-En résumé, c'est grâce à nous si vous êtes en position de force, compléta Lance. Vous comprenez donc que vous nous êtes redevables.

-De plus, tuer la Reine des Lames serait une erreur monumentale dont vous ne mesurez même pas les conséquences, ajouta son confrère de l'Alliance.

-Au diable, vos mensonges, coupa Nova. Vous allez vous rendre sur le champ. Vous aurez tout le temps de préparer vos histoires à dormir debout derrière les barreaux.

Soudain, le commandant de l'Alliance se leva. Avec une agilité surprenante, il passa derrière Nova et la neutralisa avec une clé de bras. Pour accentuer la menace, il sortit une lame de la manche de son costume qu'il plaça sur une artère au cou de la malheureuse.

-Je ne me suis pas encore présenté, s'excusa le commandant de l'Alliance. Je me nomme Jack Scythe et je suis commandant de l'Alliance et second meilleur assassin de cette même organisation. Estimez-vous heureux que ça ne soit pas mon grand frère Kira. Il vous aurait tués de façon plus horrible.

Les Terrans présents dans la pièce furent terrifiés d'avoir en face un dangereux assassin mais aussi d'apprendre qu'il y avait plus dangereux que celui-là. Dans sa clémence, l'éventreur relâcha Nova avant de rassoir. Nova fit de même en se massant le bras endoloris. Le commandant Terran prit alors la parole.

-Je suis un homme de parole, messieurs. Seulement, comprenez ma situation. Laisser partir la Reine est facile à dire mais concrètement, comment va-t-on s'y prendre ?

-Il est tout à fait normal de se poser la question, répondit Jack. Pour s'assurer que les choses se passent comme nous le souhaitions, nous devons d'abord connaître ses agissements par le biais de notre espion.

-Vous avez un espion, s'écria Nova.

-Oui, avoua le commandant, et c'est grâce à elle que nous avons pu connaitre les mouvements des Zergs à l'avance et à leurs tenir tête.

-Vous devriez avoir honte, réprimanda la fantôme. Jusqu'où vous êtes tombés pour parvenir à vos fins ?

-C'est l'hôpital qui se moque de la charité, se moqua Lance, alors que vous étiez prêtes à vous associer avec des criminels pour arrêter les spectres. Je me trompe ?

Nova émit un grognement pour indiquer que le Caïd avait vu juste. Elle commençait à se rendre compte que sa mission était lourdement entravée. Elle ne pouvait avoir le soutien du commandant qui allait accepter si l'Alliance répondait à ses attentes. Il fallait vite renverser la situation pour les obliger à exécuter la Reine des Lames. Elle quitta la réunion pour chercher du soutien. Elle trouva le groupe de John pour leur réclamer leur aide mais ces derniers répondirent :

-ça ne va pas être possible, répliqua Robert.

-Pourquoi, demanda Nova.

-Parce qu'on ne veut pas se frotter à l'Alliance, expliqua David.

-Ces types ont apporté des véhicules de combat plus efficace que ceux qu'on utilisait ici, ajouta Sylvain.

-De plus, compléta John, ils sont beaucoup plus fiables que l'empereur.

Folle de rage, Nova quitta le camp pour évacuer sa colère sur quelque chose. Les Poltergirls sentirent cette fureur et devinèrent la source de ces sombres sentiments.

-Nova.

Voulant éviter de la croiser sur leur route, elles prirent un autre chemin pour rentrer de leur entrainement. Du côté de Nova, elle commençait à se calmer. Elle avait du mal à accepter qu'on s'associait avec l'Alliance. Et pire encore, laisser s'enfuir la Reine des Lames allait dans un sens complètement illogique. Soudain elle reçut un appel. Nova décrocha.

-Nova Terra.

-Mademoiselle Nova, demanda une voix qui lui était inconnue.

-C'est bien moi. Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ?

-Javert Valjean, répondit le détective. J'ai eu vent de votre arrivée. Je devine que vous êtes dans une impasse.

-Comment savez-vous cela ?

-C'est parce que j'ai été recruté par l'empereur en personne pour enquêter sur l'Alliance. J'ai découvert que les autorités sont à la botte de cette organisation.

-Comme si vous m'apprenez quelque chose. Ils ont demandé au commandant de laisser partir la Reine des Lames sous mes yeux.

-Quoi, s'écria le détective. Ils sont fous de faire une chose pareille.

-Je ne vous le fais pas dire, monsieur Valjean, dit Nova. Que proposez-vous ?

-Enquêtons ensemble. Avec un peu de chance, on pourrait trouver quelque chose.

Nova accepta. C'était toujours mieux que rien. De plus, la Reine des Lames ne devrait pas bouger pendant un moment au vu de sa situation. Ça devrait nous laisser du temps devant nous. Je vous rejoins au plus vite.

Voilà comment Nova partit pour Nouveau Los Angeles afin de s'associer avec le meilleur détective pour percer les secrets de l'Alliance. Que découvriront-ils là-bas ?
Nova avait rejoint Javert devant l'université militaire. Elle ne manqua pas d'observer à quel point l'académie fantôme était différente de l'université. Il y avait un sentiment de liberté plus large, des centres d'activités extra-scolaires et c'était plus joyeux. Mais elle était ici pour un travail plus important. Elle se tourna alors vers son nouvel associé.

-Que savez-vous sur l'Alliance ?

-Pas grand à vrai dire mais leur Zerg Sylvestre est une vraie machine de combat. Lorsqu'on s'était affronté, il m'a montré à tel point il était dangereux.

-Dangereux, demanda Nova.

-Oui. Et je ne vous parle pas du Protoss qui lui sert de gardien.

-Parce que Ner'zhul est un Protoss ?!

-En effet, confirma Javert, et quelle entente entre ces deux-là.

-C'est ridicule, contesta Nova. Les Protoss et les Zergs sont ennemis. Il ne peut y avoir d'amitié entre ces deux créatures.

-On parle de l'Alliance, rétorqua Javert. Ces gens font des miracles que même l'empereur est incapable de faire. De plus, Sylvestre est lui-même un spécimen hors du commun. Ses capacités de raisonnement diffèrent d'un Zerg ordinaire.

-Seriez-vous en train de dire qu'il a été créé artificiellement ?

-C'est fort possible quand on regarde ses capacités.

-Autre chose ?

-Une intuition, répondit le détective. Je soupçonne les Poltergirls d'être des membres de l'Alliance.

Cette idée plaisait beaucoup à Nova. Cette dernière avait de la rancune envers les Poltergirls qui l'avaient humiliée devant l'empereur qui avait maintenant une grande estime à leur égard. A présent, une occasion de les plonger en disgrâce s'offrait à elle.

-Voilà une idée intéressante, pourquoi ne pas chercher sur cette piste ?

-Je n'ai aucune preuve à leur encontre, justifia Javert. Et ce n'est pas parce que le dossier Ascension a disparu lors de l'attaque de l'Alliance dans l'académie fantôme, qu'elles sont impliquées dans cette histoire.

-Mais pourtant, ça ne devrait pas accentuer les soupçons, insista Nova.

-Si c'était le seul dossier, j'aurais dit oui, répondit Javert. Seulement il y a d'autres dossiers qui ont disparu.

-Donc d'autres suspects. Toutefois, ça ne coûte rien d'enquêter là-dessus.

-Puisque vous le demandez, soupira le détective.

Les enquêteurs partirent visiter tous les lieux que les Poltergirls avaient l'habitude de côtoyer. L'université où ils découvrirent qu'elles étaient d'excellentes élèves sans histoires. Ensuite, le centre de commandement de la ville où ils consultèrent les rapports. Ce qu'ils ignoraient, c'était que l'Alliance Démoniaque était passée avant eux pour effacer toute trace compromettante comme la mission d'infiltration du Manoir du Pandémonium. Tout ce que Nova et Javert trouvaient étaient les exploits palpitants des Poltergirls mais rien qui pouvait une quelconque affiliation avec l'organisation des Ténèbres. En sortant du bâtiment militaire, ils virent alors le professeur Kappa. Nova qui avait lu l'esprit du scientifique s'approcha de ce dernier.

-Professeur Kappa ?

-On se connait ?

-Nova Terra, fantôme du Dominion, répondit la jeune femme. J'aurais quelques questions à vous poser à propos de votre fille.

-Soit. De toute façon, il n'y a rien à se dire.

-On le saura quand vous aurez répondu à nos questions, répondit Javert. Nous serions mieux dans votre bureau.

-Si vous voulez bien me suivre.

Les deux agents de Mengsk suivirent l'ancien chef du projet Ascension dans son bureau et purent commencer leur interrogatoire.

-Je vais aller droit au but, dit Javert avec honnêteté, les Poltergirls sont-elles affiliées à l'Alliance Démoniaque ?

-Ma foi, répondit le professeur surpris d'une telle question, j'ai du mal à y croire. D'autant que je sache, je ne les ai pas vues oeuvrer pour ces gens ou alors ils sont vraiment discrets.

-Pourtant, elles ont coopéré avec eux, répliqua Nova.

-ça ne veut rien dire, rétorqua le père de Sylvie. Coopérer ne veut pas dire être affilié. Et puis, l'aide qu'ils ont apporté n'a pas été inutile et nous a permis de résoudre plus d'un problème.

-Pour votre information, le dossier du projet Ascension a été volé, intervint Javert.

-Et vous pensez que c'est ma fille et ses amies qui ont fait le coup. N'est-ce pas Aurore qui avait le coup ?

-Comment le savez-vous, demanda Nova.

-Le commandant est un vieil ami à moi, répondit calmement Charles Kappa. Grâce à son grade, il a pu accéder à ces informations. De plus, ce n'était pas le seul dossier volé. Donc, ça peut être d'autres personnes.

-Bien sûr, admit Nova, mais pouvons-nous nous donner des détails sur ce projet ?

-ça va être difficile, dit le professeur d'un ton amer.

-Comment ça ?

-Voyez-vous, le projet Ascension était un projet que j'ai dirigé, expliqua l'ancien savant. Mais en raison des douloureux souvenirs que j'en ai tirés et des horreurs commises, j'ai demandé à Pandore de sceller mes souvenirs.

-Quoi, s'écrièrent les enquêteurs outragés par l'attitude du scientifique.

-Vous êtes malades, hurla Nova, pour des remords ?!

-Vous pouvez parler, répliqua Charles, mais pouvez-vous rester insensibles devant des gens qui souffraient lentement ?

-Certainement pas, répondit Javert qui avait un peu de compassion.

Nova tentait de s'introduire dans l'esprit du professeur mais les souvenirs qu'elle essayait d'atteindre étaient protégés par une force invisible qu'elle ne pouvait traverser. Pendant ce temps, Javert contempla le bureau. Une photo attira son attention. 4 enfants et une jeune femme apparemment du même âge que les Poltergirls étaient représentés dessus. Curieux, le détective présenta la photo à son propriétaire.

-Qui est cette personne avec les Poltergirls ?

-Il s'agit de Sarah Kerrigan.

-Sarah Kerrigan !? CETTE Sarah Kerrigan, demanda Nova surprise.

-En effet, confirma le détenteur de la photo.

-Qui est-ce, interrogea Javert qui ne savait rien du Projet Fantôme.

-Il s'agit de la meilleure fantôme, expliqua Nova. IP 10. Une vraie légende dans le service.

-Tant que ça, dit l'enquêteur surpris des révélations.

-Et comment, authentifia le savant, c'est grâce à elle que les évaluations de l'IP ont été refaites. Je me souviens encore de ce jour. Les filles venaient de la rencontrer pour la première fois. Bien que Kerrigan paraisse effrayante, elles l'avaient quand même approchée. Je ne sais pas ce qui s'était passé mais le courant est vite passé entre elles. De notre côté, on avait estimé que cette amitié serait bénéfique car ça leur donnait un but. Seulement, Kerrigan disparut au grand chagrin de ses amies.

-Je vois, dit Javert. Merci pour votre coopération.

Les enquêteurs sortirent pour rejoindre le centre de commandement où ils contactèrent l'empereur. Ils lui racontèrent l'avancée de leur enquête et de l'influence grandissante de l'Alliance dans California.

-Voilà qui est fort embarrassant, déclara Mengsk.

-Pourtant l'Alliance se donne tant de mal pour épargner la vie de la Reine des Lames. C'est à croire qu'ils ont besoin d'elle.

-Dans ce cas, il suffit de la tuer pour mettre à mal leurs plans, expédia Mengsk.

-Ce n'est pas ce que je voulais dire, répliqua Javert. Ma question était : pourquoi vouloir la garder en vie ? Ils sont assez forts pour la vaincre et la tuer. Or, ils ne le font pas. C'est étrange.

-Et alors ?

-A mes yeux, il me parait important de découvrir la réponse à cette question. Je suis persuadé que nous pourrions découvrir des motivations cachées ou des secrets encore inconnus.

-Certes, admit l'empereur. Cherchez si ça vous chante mais la Reine des Lames ne doit pas quitter cette planète vivante.

-Au fait votre excellence, demanda Javert, connaissez-vous une dénommée Sarah Kerrigan ?

-Je ne vois pas de qui vous voulez parler, répondit Mengsk en feignant l'ignorance. Préoccupez-vous de ce qui est important.

-Soit, mais retenez bien qu'elle entretenait de bonnes relations avec les Poltergirls. Sur ce, nous vous laissons.

La communication se coupa ne laissant qu'un écran noir. Pour Javert, Mengsk savait plus de choses qu'il ne voulait dire. Mais il serait difficile de lui tirer les vers (De Nydus) du nez, surtout si c'était celui de l'empereur. En sortant du centre de commandement, ils virent quelque chose qui attira leur attention.


-Javert Valjean, répondit le détective. J'ai eu vent de votre arrivée. Je devine que vous êtes dans une impasse.

-Comment savez-vous cela ?

-C'est parce que j'ai été recruté par l'empereur en personne pour enquêter sur l'Alliance. J'ai découvert que les autorités sont à la botte de cette organisation.

-Comme si vous m'apprenez quelque chose. Ils ont demandé au commandant de laisser partir la Reine des Lames sous mes yeux.

-Quoi, s'écria le détective. Ils sont fous de faire une chose pareille.

-Je ne vous le fais pas dire, monsieur Valjean, dit Nova. Que proposez-vous ?

-Enquêtons ensemble. Avec un peu de chance, on pourrait trouver quelque chose.

Nova accepta. C'était toujours mieux que rien. De plus, la Reine des Lames ne devrait pas bouger pendant un moment au vu de sa situation. Ça devrait nous laisser du temps devant nous. Je vous rejoins au plus vite.

Voilà comment Nova partit pour Nouveau Los Angeles afin de s'associer avec le meilleur détective pour percer les secrets de l'Alliance. Que découvriront-ils là-bas ?

Nova et Javert virent un homme accompagné de son chat. Les bras chargés de copies, l'enseignant retournait à son appartement pour corriger des copies. Son chat le suivait docilement comme un chien. Javert les ignora alors que Nova semblait intriguée par cet inconnu. Elle sonda l'esprit de cet individu mais ne trouva que les pensées d'un enseignant ordinaire. Chemin faisant, elle demanda son compagnon des informations sur la personne qu'ils avaient rencontrée.

-Il s'agit de Michael Stallone. Il enseigne l'étude des races extraterrestres avec son chat Pharaon. Il est très apprécié par ses élèves pour la qualité de ses cours. C'est tellement bien fait que certains se demandent s'il n'avait pas été allé jusqu'à la source. Ce qui n'a rien d'étonnant puisqu'il est dit qu'il avait beaucoup voyagé.

-Et vous trouvez ça normal ?

-Ben, il lui a bien fallu étudier de près. Pourquoi ?

-Parce que je le trouve assez étrange. Je ressens des ondes qui émanent de lui.

-Un psychique, interrogea le détective.

-Peut-être, supposa Nova, quoi qu'il en soit, il est louche.

-Si ça peut vous faire plaisir, on va enquêter mais ce n'est pas comme s'il était un membre de l'Alliance.

-On verra, rétorqua Nova qui sentait que son intuition était la bonne.

Le lendemain, les agents de Mengsk se rendirent aux archives de l'université pour trouver des informations sur l'enseignant mystère. Apparemment, il serait originaire d'une planète de la périphérie du Dominion aujourd'hui détruite par les Zergs. De plus, il fut ouvertement accusé d'être un partisan l'Alliance. Hélas, il fut relaxé, faute de preuves. Ces maigres renseignements incitèrent les enquêteurs à chercher ailleurs. Ils allèrent interroger le doyen Sheppard pour en savoir davantage sur Stallone.

-Comment je l'ai rencontré, dit le doyen quand on lui posa la question. En fait, c'était lors d'une conférence sur Tyrador. J'avais vu ce jeune homme qui présentait une thèse sur l'évolution de l'Essaim. Inutile de dire que ça a fait scandale mais il eut beaucoup de partisans. De nombreuses écoles et organismes scientifiques avaient tenté de le recruter. Ce n'est que par chance que j'ai réussi à l'engager. Et ce dès la première offre.

-Vraiment, dit Javert. Vous n'avez pas trouvé bizarre ce genre de comportement ?

-Vous savez, recruter un grand connaisseur des Zergs et des Protoss était une aubaine pour moi, expliqua le vieil homme. Et puis, il devait connaître l'université de California pour avoir accepté le poste.

-Probablement, répondit Nova peu convaincue. Toutefois, nous aimerions visiter son appartement.

-Si vous comptez fouiner dans sa vie privée, je m'y oppose, répliqua le doyen qui devinait les sinistres intentions de ses interlocuteurs. Si vous soupçonnez quoi que soit alors enquêtez proprement.

-C'est ce qu'on fait, rétorqua Nova. La loi nous autorise d'enquêter sans restriction sur une personne soupçonnée d'être liée à des individus représentant une menace pour l'humanité. Avec ou sans votre accord, nous irons fouiller sa vie de sa naissance jusqu'à aujourd'hui s'il le faut.

-Alors pourquoi m'avoir demandé l'autorisation, demanda le vieux Sheppard.

-Simplement pour savoir si vous êtes de mèche avec lui, répondit Nova, mais vous êtes clean.

-Merci de votre coopération, dit le détective un peu gêné avant de partir avec la jeune femme.

Paniqué à l'idée de perdre un élément aussi remarquable, le doyen appela son employé soupçonné de de crimes bien graves. Pendant plusieurs secondes, l'autre côté de la ligne ne répondait pas. Sheppard croyait qu'il avait été arrêté. Enfin, monsieur Stallone répondit. Dès qu'il apparut sur l'écran, le doyen débita un flux de paroles impressionnant.

-Michael !! C'est horrible !!! L'armée du Dominion fait une enquête sur vous !! Ils pensent que vous travaillez pour l'Alliance !!!

-On se calme, dit calmement le suspect. De ce que je comprends, je suis dans la mouise.

-C'est cela, confirma le doyen. En ce moment, ils se dirigent vers votre appartement.

-Alors ils vont trouver des preuves pour appuyer leurs accusations.

-Comment ?!

-Si vous le permettez, je vais vous l'expliquer.

Le professeur Stallone révéla à son supérieur des vérités qui le médusèrent. Jamais il n'aurait cru pareil scénario. Et pourtant, il sentait que c'était la vérité.

-Quel dommage, soupira l'ancien. Dire que vous étiez l'un des meilleurs de mes enseignants.

-Merci.

-Que vais-je raconter aux élèves ? Les pauvres auront le coeur brisé quand ils apprendront la nouvelle.

-Dites-leur la vérité, ordonna l'enseignant qui allait bientôt perdre son poste. Au fait, vous avez toujours les enregistrements que je vous avais donnés ?

-Oui, certifia le doyen, ils sont en sécurité dans mon coffre-fort.

-Parfait. Alors quand l'Alliance vous recontactera, vous les montrerez aux élèves. Il en va du sort de l'humanité, que dis-je, de l'Univers.

-Compris, répondit le doyen qui se demandait ce que voulait dire son interlocuteur.

-Je dois vous laisser. A l'heure qu'il est, ils doivent avoir des preuves compromettantes.

En effet, Nova et Javert avaient des preuves assez convaincantes pour inculper le professeur déchu ; Quand ils arrivèrent, ils trouvèrent un appartement bien rangé mais vide toute personnalité. Pas de posters, pas de babioles ou d'autres choses qui puissent indiquer les goûts du locataire. D'ailleurs, en dépit d'avoir un chat, on ne trouvait ni de litière, ni de nourriture pour chat, ni de gamelle. Mais le plus intéressant fut l'ordinateur. Certes, il y avait des commentaires sur des élèves, des cours et des mails adressés à des élèves ou des collègues. Après tout, c'était un prof. Seulement Nova, qui piratait l'ordinateur, trouva un dossier à part qui menait un logiciel de communication vers des destinataires inconnus. L'historique révéla que les contacts n'étaient qu'autre que les membres de la Boîte de Pandore. Par chance pour Stallone, les messages étaient codés. La moindre erreur de craquer le cryptage conduisait à la destruction des données. Pour les enquêteurs, c'était suffisant pour arrêter le suspect. Nova appela ses hommes leur intimant l'ordre d'arrêter l'individu Michaël Stallone. Au camp, on prit très mal la nouvelle. Le prof, un agent de l'Alliance ?! On réclama à entendre l'accusé, à le voir pour lui demander la vérité. Les Poltergirls contactèrent Mathio pour demander des explications.

-Hélas, oui, confirma le démon. C'est bien un membre de l'Alliance.

-Pourquoi ne pas nous l'avoir dit plus tôt, demanda Sylvie vexée d'avoir été mise dans l'ignorance.

-Les raisons étaient simples. D'abord, parce que vous n'étiez pas prévues dans le plan initial. Ensuite, la mission qu'il devait accomplir était de la plus haute importance. Tous les agents sur place devaient rester dans l'ignorance pour ne pas le trahir.

-Et quelle était cette mission pour qu'elle soit si importante, interrogea Carla.

-Pour mieux comprendre, dit Mathio, voyez cette vision.

Un flash frappa les Poltergirls qui virent une image terrifiante. Des hybrides Zerg-Protoss avaient soumis les Zergs et détruisaient tout. L'humanité fut annihilée, seuls les Protoss continuaient à se battre. Malgré leur nombre, leur force et leur courage, les Protoss et leurs leaders Zeratul, Udun, Mohandar, Sélendis et Artanis succombèrent devant le tsunami de Zergs sous les yeux d'un mystérieux être à la voix sombre qui se clamait l'origine et la fin de la race des Protoss. Il se moquait de ses « créations » pour leur stupidité d'avoir pris la Reine des Lames pour la véritable menace. Après cette bataille, les hybrides éliminèrent froidement les Zergs. Tout ne restait du secteur de Koprulu, c'était rien. Le Vide.

Les Poltergirls revinrent la réalité, époustouflées et tétanisées devant cette vision. Mathio s'empressa alors d'expliquer.

-Ce que vous avez vu était une vision du Maître-Esprit. Un futur qui ne pourra se produire que si la Reine des Lames meure.

-C'est pour cela que l'Alliance souhaitait la garder en vie, dit Iris, pour empêcher cette apocalypse.

-Appelons ça l'Armageddon, répliqua Mathio. En fait, les hybrides n'ont pu contrôler les Zergs que parce que la Reine des Lames, qui les gênait, est morte.

-On comprend bien, répondit Jennifer, mais comment avez-vous pu connaitre toute cette histoire ?

-Pour vous dire la vérité, expliqua Mathio, c'est le Maître-Esprit lui-même qui nous l'a dit.

-Quoi, s'écrièrent les Poltergirls surprises d'apprendre que leur leader ait eu des contacts avec le premier chef de l'Essaim.

-C'était il y a 4 ans, raconta Mathio, il nous avait invoqués pour un travail. Pendant qu'il créait la Reine des Lames pour prévenir ce funeste destin, nous étions chargés du plan B : créer un Zerg capable de rivaliser avec la Reine des Lames et qui puisse la remettre sur le droit chemin.

-Laissez-moi deviner, c'est Sylvestre, supposa Sylvie.

-Exact, certifia Mathio. D'une simple larve, on lui a doté des pouvoirs que vous lui connaissez et d'une conscience humaine.

-Pourquoi une conscience humaine, demanda Iris.

-Pour qu'il ne soit pas soumis à la conscience collective de l'Essaim, justifia Mathio. Cette capacité a été renforcée par un retour aux sources mais je vous en dirais plus un autre jour.

-Effrayant, s'exclama Carla. Au fait, qui était celui qui tirait les ficelles et dirigeait les hybrides ?

-Il s'agit en fait d'un Xel'naga déchu nommé Amon, répondit sans hésitation Mathio.

-Un Xel'naga, s'écrièrent les Poltergirls devant cette nouvelle révélation.

-Je pensais que cette race était pacifique, s'offusqua Jennifer.

-Celui-ci est différent, dit Mathio, et il projette de détruire l'univers et de le recréer à son image.

-C'est un fou, rugit Iris scandalisée. On ne peut le laisser faire.

-C'est justement pour ça que nous suivons le plan concocté par le Prince Valérian, rétorqua le démon.

-Que de révélations, souffla Sylvie. On n'est pas déçu, Général. Mais vous ne nous avez toujours pas expliqué le rapport avec Mr Stallone.

-C'est vrai, se rappela Mathio, alors...

Les dernières révélations surprirent encore plus les Poltergirls. Décidément, la Boîte de Pandore avait fait fort avec ce plan machiavélique.

Pendant ce temps, les troupes du Dominion avaient rattrapé le suspect et l'avaient encerclé dans une clairière. Pourtant, il ne semblait pas paniquer. Son chat ronronnait calmement aux côtés de son maître.

-Eh bien, soupira le fugitif, je crois que je n'ai plus le choix. Messieurs, ce n'est pas personnel mais vous avez droit à la plus horrible mort qui soit.
Les étudiants de l'université avaient quitté pour retrouver leur enseignant bien-aimé. Les accusations des agents de Mengsk n'étaient que des mensonges. Sûrement pour les punir d'avoir accepté l'aide de l'Alliance. Tout le monde était là. Le groupe de John, Marc, les jeunes recrues, les Poltergirls. Enfin, c'était qu'ils croyaient car ce n'étaient que les doubles des Poltergirls. En effet, les vrais fantômes avaient fusionné pour retrouver le professeur Stallone. Ses incroyables capacités lui permirent de retrouver sa cible avant ses camarades de l'université. Un effroyable spectacle s'offrit à Aurore. Les marines qui avaient tenté d'arrêter le professeur déchu furent tués. Du sang coulait de partout. Les cadavres découpés, fauchés, déchiquetés. Au centre du désastre, une pile de corps sur laquelle Stallone reposait. Les mains et les vêtements couverts de sang, il savourait ces instants de calme après le combat. Soudain, il vit Aurore.

-Aurore, quel bon vent vous amène ?

-Adun Toridas, répondit Aurore qui donna le mot de passe pour mettre fin à cette comédie.

-Je vois, dit l'agent de l'Alliance, Mathio a tout raconté.

-Tout, répéta la fusion des Poltergirls.

-On ne peut pas le blâmer vu votre caractère.

-Peut-être mais ça fait mal au coeur d'apprendre ce qu'il a caché à nous et aux autres membres. Toutefois, on s'en remettra avec pour consolation la noblesse du but de votre mission.

-Je suis désolé mais l'enjeu est de taille. Vous comprendrez que c'est pour rester discret que je n'ai rien dit.

-Monsieur !!!

Les deux membres de l'Alliance se tournèrent pour voir les étudiants arriver en trombe dans la clairière. Ils ralentirent pour constater le carnage.

-C'est vous qui avez fait ça, demanda un étudiant à Aurore.

-Non, se défendit Aurore, c'est le prof le coupable.

-Yep.

-Pourquoi, demandèrent plusieurs élèves. Etes-vous de l'Alliance comme le disent ces ordures ?

-Hélas oui, confirma leur ancien professeur d'un air faussement désolé.

Les étudiants se posèrent des questions, gémirent attristés par la nouvelle. Aurore fit une demande.

-Pourquoi ne pas tout dire ? Vous n'avez plus rien à perdre maintenant.

-ça risque de leur faire un plus gros choc que maintenant.

-De toute façon, la vérité finira par éclater. La cacher encore longtemps pourrait nuire à l'Alliance.

-De quoi vous parlez-vous, demanda Marc.

-De vous dire que Michaël Stallone n'a jamais existé, expliqua Aurore après une profonde respiration. Ce n'est qu'une couverture pour un agent de l'Alliance qui n'est pas humain.

-Et c'est la stricte vérité, confirma Stallone. Voyez par vous-même !

L'ex-prof se concentra puis entama sa transformation pour révéler sa véritable apparence. La métamorphose fut indescriptible mais au final, il se montra sous la forme d'un hydralisk à la peau bleue et au cristal incrusté à la poitrine : Sylvestre.

-Impossible, s'écrièrent plusieurs recrues dont plusieurs d'entre eux furent choqués, voire traumatisés.

-Et pourtant, ce que vous venez de voir est bien la réalité, trancha le Zerg polymorphe qui descendit de la pile de ses victimes. Depuis le début, j'enseignais tous les secrets des Zergs et des Protoss tel un humain ordinaire.

-Alors expliquez-nous pourquoi vous avez fait cela, demanda Marc qui ne comprenait pas la logique de Sylvestre.

-C'est plus simple que vous le croyez, répondit Sylvestre. Ça vous paraitra invraisemblable mais croyez en votre cher professeur. Il y a actuellement une menace plus dangereuse que l'Essaim qui se cache dans les ombres. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils passent à l'attaque.

-Et de quoi s'agit-il ?

-Des créatures qu'on croirait sortir de l'imagination de fous : des hybrides Protoss-Zerg.

-ça existe, demanda une fille qui travaillait comme médecin.

-Oh que oui, insista le Zerg, ces ennemis ne doivent pas être pris à la légère. Leur but est de soumettre les Zergs pour ensuite détruire l'univers et le récréer à leur image.

-C'est... C'est ridicule, lâcha Robert.

-Vous êtes libres de me croire, dit Sylvestre qui se doutait qu'on ne le croirait pas quelle que soit la forme qu'il aurait pris. Mais vous ne pourrez nier les raisons pour lesquelles je suis ici.

Tous écoutèrent avec grande attention les révélations qui allaient suivre.

-L'Alliance pourrait affronter ces ennemis, qu'on appelle la meute du Vide, seule mais l'Essaim pourrait être une gêne non négligeable pour nous. Il fallait donc des alliés. Le Dominion étant le premier à se faire massacrer, on commença par eux. Dans le but de préparer l'humanité contre la meute du Vide, je fus envoyé dans la plus prestigieuse école militaire du Dominion pour que les meilleurs officiers soient parés à faire face aux hybrides.

Tout devenait clair. Apprendre comment fonctionnaient les Zergs et les Protoss permettrait, selon Sylvestre, de trouver le moyen de vaincre des créatures issues de la fusion entre ces deux races. Le raisonnement était juste mais en pratique, cela fonctionnera-t-il ? Pour l'instant, il y avait encore d'autres questions en attente.

-Pourquoi ne pas faire appel à l'empereur ?

-Vous plaisantez, se moqua le Zerg. Ce bouffon ne mérite aucune confiance. De plus, il ne nous croirait pas. Enfin, il ...

Soudain, une pluie d'obus de char de siège s'abattit sur Sylvestre. Effrayés, les Terrans reculèrent pour ne pas être pris sous les tirs. Quand les tirs cessèrent, il ne restait de Sylvestre qu'un cadavre explosé. Nova et Javert entrèrent dans la clairière accompagnés d'un important régiment de marines.

-Qu'avez-vous fait, demanda le neveu du commandant, vous l'avez tué alors qu'il allait révéler des choses importantes.

-C'est vrai, approuva Javert. C'est à croire que vous ne vouliez pas qu'il dise des choses compromettantes sur l'empereur. Déjà, un Zerg qui enseigne dans une école de Terrans, du jamais vu.

-Et si c'était vrai, répliqua Nova avec dédain. Maintenant, on va pouvoir récupérer ce corps pour l'étudier. Je suis sûr que les scientifiques du Dominion seront ravis d'analyser ça.

-Dans vos rêves, s'écria Aurore.

-Ah oui, c'est vrai, dit Nova. Aurore, je n'ai toujours pas digéré mes derniers échecs. Je tiens à reprendre ma revanche.

-Malheureusement, il n'y aura pas de combat, rétorqua Aurore. Pas vrai, Sylvestre ?

-Ce n'est pas marrant, gémit la voix du Zerg. Je pensais faire une surprise mais il faut comprendre que c'est urgent.

Une énorme sphère noire gazeuse se forma autour des restes de Sylvestre. Quelques secondes plus tard, le Zerg polymorphe en sortit réincarné. La sphère noire s'évapora aussi vite qu'elle était apparue. Les Terrans furent surpris de ce miracle. Le chat arriva pour aller câliner l'hydralisk qui expliqua le truc.

-Pas mal, hein ? C'est pratique de posséder l'ADN du Maître-Esprit et ses pouvoirs. Avec ça, je peux revenir à la vie autant de fois que je veux. Mes chers élèves doivent le savoir.

Et comment, ils le savaient. Ils l'avaient appris en cours. Le Maître-Esprit possédait le pouvoir de se réincarner peu importe la puissance des attaques de ses ennemis. Par conséquent, la seule arme qui puisse vaincre définitivement Sylvestre était le pouvoir des Templiers Noirs. Seulement, personne ne possédait un tel pouvoir ou avait de relations avec les Protoss. Sylvestre se tourna alors vers son animal de compagnie.

-Ner'zhul, sors de là ! On se tire !

Le chat ouvrit sa gueule et une fumée bleue en sortit. Elle prit alors la forme de Ner'zhul, dépité que leur couverture soit percée à jour. Tout ce qui resta de Pharaon n'était qu'un chat robotique recouvert d'une fourrure synthétique plus vraie que nature. D'un signe de tête, le revenant attaqua les marines avec sa tempête psionique. Aurore repoussa tout adversaire qui s'approchait trop d'elle par télékinésie. Sylvestre, de son côté, entama une nouvelle transformation. Une seconde sphère noire entoura Sylvestre qui revint une minute après sous une nouvelle forme. Cette fois-ci, il était beaucoup plus impressionnant avec sa nouvelle apparence car il ressemblait maintenant à un dragon. Un dragon semblable aux contes de fées mais doté de plusieurs attributs de sa race d'origine comme les mandibules d'hydralisk, la peau semblable à celle de sa forme d'hydralisk mais aussi blindé qu'un ultralisk. En guise de flammes, il crachait des boules d'énergie psionique. Après avoir semé la panique dans les rangs de ses ennemis, Sylvestre prit son envol avec à son bord Aurore et Ner'zhul.

Au camp, les recrues s'interrogèrent sur la véracité des propos de Sylvestre. Beaucoup avaient encore du mal à encaisser la sinistre vérité. De leur côté, Javert et Nova étaient sur le point d'appeler l'empereur.

-Pour cette histoire d'hybrides, on lui dit ?

-Pourquoi encombrer l'empereur avec ces mensonges, demanda la fantôme avec agressivité.

-Justement, parce que ces « mensonges » me paraissent bien trop importants pour que l'Alliance y prête attention. Dans ce cas, ils n'auraient pas envoyé Sylvestre enseigné là-bas.

-Je crois plutôt qu'ils voulaient utiliser l'université pour leurs sinistres projets.

-Mais enfin, c'est ridicule. Pourquoi faire une chose aussi insensée ?

-Parce qu'ils sont du genre insensé, pour mieux nous brouiller, dit Nova pour couper court à la discussion.

Allumant le communicateur, Nova exposa à l'empereur Mengsk sa vision des faits, réduisant au silence son supposé allié. Le grand manitou du Dominion fut surpris d'apprendre que Sylvestre et Stallone ne faisaient qu'un seul être. Félicitant ses agents pour leur travail acharné, l'empereur leur demanda de poursuivre leur travail sans oublier d'éliminer la Reine des Lames et qu'importe l'avis de l'armée locale. Ce qui rappela à Javert le fait que l'Alliance souhaitait que la Reine des Zergs reste en vie. Y aurait-il un rapport entre la Reine des Lames et ce qu'avait dit Sylvestre ? Pour le détective, l'empereur était une personne bornée. Mais pour l'instant, il allait continuer à enquêter et de faire la lumière sur cette sombre histoire d'hybrides.



Pendant que les Terrans s'agitaient autour de Sylvestre, la Reine des Lames venait de terminer son enquête. Elle avait appris comment la couvée de Névrosa avait sombré, de la première vague jusqu'à la mort de Névrosa. Elle se tint à l'écart des Zergs pour réfléchir aux causes de la dégringolade de cette couvée. Les échecs de sa mère des Couvées n'étaient pas le fruit du hasard. Quelqu'un avait veillé à ce que ça tourne en faveur des Terrans. Seulement, qui avait fait le coup ? Comment arrivait-il à connaitre les plans de Névrosa et à les transmettre aux Terrans ? Ces 2 questions étaient la clé pour démasquer un espion ou un traitre. Si ça avait été une mère des Couvées, elle n'aurait pas été capable de trouver la réponse par manque de connaissances. La Reine des Lames était une Terran contaminée, la solution lui apparut presque instantanément. Mais en entendant parler de 4 jeunes filles qui combattaient comme fantômes, elle eut comme un sentiment de nostalgie. Des souvenirs ? Elle ne parvenait pas à s'en souvenir clairement car elle pensait plus à résoudre le mystère qui frappait la couvée de Névrosa. Elle rassembla alors toutes les reines de l'Essaim pour leur faire part des résultats de ses investigations.

-Mes reines, moi la Reine des Lames certifie avoir découvert la cause des malheurs de cette couvée.

L'espion de l'Alliance trembla. Aurait-elle été percée à jour ? La Reine des Lames regarda autour d'elle pour observer les réactions de ses subordonnées. Beaucoup furent prises de frisson. Pour d'autres, c'était la surprise. Soudain, la maître de l'Essaim crut voir quelque chose bouger dans l'obscurité mais ne perçut aucune présence. Probablement une chauve-souris. Elle reprit ses explications.

-Pendant votre invasion, grand nombre d'offensives furent avortées par les Terrans qui semblaient avoir anticipé vos attaques. Des positions stratégiques détruits alors qu'ils ignoraient tout, jusqu'à leur emplacement. Pensez-vous que tout ceci soit dû à la chance ? Pour ma part, j'ai une autre idée sur la question. Je pense qu'il y a un espion dans cette couvée.

Cette révélation provoqua un mouvement de contestation. Un espion ici ? Impossible !! On l'aurait forcément vu.

-Seulement, cet espion agissait sous le nez de tous et se comportait comme n'importe Zerg. Et pour cause, l'espion est un Zerg.
-Avec tout le respect que nous vous devons, intervint une reine, êtes-vous sûres de ce que vous dites ? Il est impossible qu'un Zerg puisse faire une chose pareille. Nous vous sommes tous dévoués.
-Pourtant, il y avait des Zergs qui ont interféré lors d'une attaque. Sans parler ce mystérieux Zerg mutant et aux grands pouvoirs. Ce qui veut dire qu'il existe quelqu'un d'autre que moi qui soit capable de contrôler les Zergs.
-Pourquoi ne pas avoir pris le contrôle du reste de l'Essaim, demanda une autre.
-Parce qu'il ne le peut pas. Il doit utiliser un autre moyen pour contrôler son armée de Zergs. Quant à ce Zerg inconnu, il semble agir de sa propre volonté. J'ai bien ma petite idée de ceux qui tirent les ficelles mais pour l'heure, concentrons-nous sur cette couvée.

Ensuite, la Reine des Lames fit le tour avant de mettre devant celle qu'elle soupçonne d'être l'espion. Elle s'écria alors :

-L'espion qui a révélé tous les plans de Névrosa, c'est toi !!!

Le doigt crochu pointé sur la reine-espion, cette dernière se défendit.

-Ma reine, il est vrai que j'ai pu connaître les plans de la mère des Couvées Névrosa de par ma position. Dans ce cas, comment aurais-je pu communiquer ces informations aux Terrans ?
-Cette question m'a été la plus difficile à répondre mais j'ai trouvé la réponse. En arrivant sur la planète, j'ai remarqué une antenne accrochée à un arbre. Etrange, non ? Si on fait le lien avec les capacités psychiques d'une reine, alors on a notre solution.
-Soit, admit la reine-espion, mais comment expliquez-vous que les Terrans me fassent confiance, si je suis vraiment l'espion.
-Tu as sûrement des complices humains, répondit la Reine des Lames. Ils ont servi de contact avec les dirigeants et leur ont fourni le matériel pour assurer la communication. C'est vrai qu'au début, ils ne vous ont pas fait confiance mais le temps a permis de renforcer ce lien.
-Vous avez démontré qu'une reine de l'Essaim était l'espion, répliqua la reine-espion qui commençait à se sentir acculée. Néanmoins, ce raisonnement peut s'appliquer à d'autres reines.
-Et qui a proposé de partir d'ici ? Qui était avec Névrosa avant sa mort ? Qui disparaissait pendant des temps indéterminés, interrogea la Reine des Lames. Toi ! Ne mens pas car j'ai de nombreux témoignages qui le prouvent.
-ça pourrait être le mystérieux Zerg rebelle. Il aurait pu prendre mon apparence.
-Belle théorie mais j'ai senti sa présence il y a quelques heures. Il avait infiltré les Terrans. Donc ce n'est pas lui l'espion.
-C'est vrai, approuva la reine-espion. Seulement, ce n'est pas suffisant. Il vous faudra des preuves pour prouver que je suis bien l'espion.
-Ha ! Ha ! Ha !

La Reine des Lames riait aux éclats. Jamais elle n'avait vu quelqu'un se trahir aussi facilement.

-Des preuves ? Tu viens de me la livrer. Et sur un plateau d'argent, en plus. Comment un Zerg peut-il parler de preuves comme s'il était dans un tribunal ? Un Zerg de souche pure ne peut connaitre de telles choses à moins d'avoir des relations avec quelqu'un d'extérieur à l'Essaim.

La reine-espion lâcha un juron. Elle était mal. Maintenant, elle était découverte mais si elle devait mourir ici, elle devait encore accomplir une dernière mission.

-Je ne pensais pas être percée à jour aussi vite. Enfin, c'est la Reine des Lames mais pas une mère des Couvées.
-Finalement, tu avoues.
-En ai-je le choix ?
-Pas vraiment, répondit la Reine des Zergs, je présume que tu as fait partie du Projet Régence.
-Je vois que vous êtes au courant de ce projet, dit la reine-espion qui ne cachait pas sa surprise.
-Disons que je l'ai découvert par hasard, avoua la Reine. Je l'ai laissé se poursuivre car je pensais que ça me serait profitable. Au vu des résultats, on peut dire que je ne suis pas déçue. Tu as même su tromper une mère des couvées pendant tout ce temps.
-Je suis flattée mais qu'allez-vous faire de moi maintenant ?
-Te faire examiner par Abathur, répondit la Reine des Lames avec un ton sadique. Ainsi, il saura comment ils t'ont modifiée et recréera des reines aussi efficaces que toi mais plus dévouées.
-Vous savez, expliqua la reine-espion, si j'ai renseigné les Terrans ce n'est pas seulement sur ordre mais aussi pour l'Essaim.
-Comment ça ?
-L'Essaim a perdu ce qui le caractérisait : l'évolution par absorption de l'essence. Aujourd'hui, il se réduit à détruire tout ce qui bouge. Cerise sur le gâteau, notre très chère Reine des Lames souhaite livrer l'Essaim à sa destruction en commençant par sa propre mort.
-Où est le problème ?
-Le problème se trouve dans le fait qu'on va être contrôlé par une entité ayant pour but la destruction. Et ce, sans pouvoir se défendre car privée de notre Reine. Et terminer ce misérable tableau, nous n'aurons que la mort comme cruel salaire de la part de cette entité. Ce n'est pas le destin que l'Essaim aspire.
-Beau discours, applaudit la Reine des Lames, mais qui ne changera rien à ce que j'ai décidé de faire. Il est temps de servir de cobaye pour...

Soudain, la Terrane contaminée sentit la sensation d'être lacérée par derrière puis qu'une main plongeait dans son corps. Quand elle se retourna, elle vit un jeune homme, vêtu comme un ninja, qui reculait pour se mettre à côté de la reine-espion, une boule lumineuse dans sa main gauche. Aucune pensée n'émanait de cet individu des ombres.

-Qui es-tu, demanda la chef de l'Essaim qui sentait qu'elle ne portait aucune blessure.
-Je suis Kid Scythe, se présenta le ninja, troisième meilleur assassin de la remarquable organisation des Ténèbres, l'Alliance Démoniaque.

L'Alliance, se disait-elle, cette organisation qui entravait ses plans en évacuant les habitants de plusieurs planètes. De par leurs mouvements assez complexes, elle ne parvenait pas à déceler leurs buts. A aucun moment, elle n'eut l'opportunité de les affronter dans un vrai combat. Parce que la Reine des Lames était trop occupée à rechercher les artéfacts, elle n'eut pas le temps d'enquêter sur ces nouveaux adversaires.

-Si je peux vous donner un conseil, reprit Kid, quittez cette planète.
-Pourquoi ?
-Parce que vous ne pouvez appeler de renforts. Ensuite, l'armée que vous avez ne pourra pas faire long feu devant les Terrans. Enfin, il y aura bientôt une attaque sur Char. Si vous ne revenez assez rapidement, l'Essaim pourrait perdre sa principale force.
-Comme si j'allais vous croire.
-Vous savez, informa l'assassin de l'Alliance, vos adversaires ont en leur possession un atout qui peut éradiquer tous les Zergs de la surface. Sur ce, nous partons.
-Comme si j'allais vous laisser sortir d'ici vivants. Arrêtez-les !!

La reine-espion claqua des doigts et les Terrans contaminés ouvrirent le feu sur les Zergs. La Reine des Lames, d'abord surprise, comprit ce qui se passait. Ce n'étaient pas de vrais contaminés. La reine-espion riait fièrement de son coup.

-Pas mal ces déguisements de contaminés. Avec de la vraie biomasse et un cerveau électronique, on crée un beau costume pour infiltrer une ruche sans être repéré. Une dernière chose, nous avons disséminé des bombes dans la grotte. Vous savez ce que vous devez faire pour éviter un éboulement.

La Reine des Lames grinça des dents. Elle n'était plus en position de force. Elle laissa donc partir ses ennemis qui prirent le chemin vers la base Terran. Avant d'atteindre le seuil de la base, les sbires et l'assassin de l'Alliance disparurent dans des portails des ténèbres laissant l'espion seul. Alertés par l'arrivée d'un Zerg, les Terrans arrivèrent de tout le campement pour croyant à une attaque Zerg.


-Plus un geste ou on tire, s'écria un marine braquant son fusil sur la reine-espion qui gardait son calme.
-Baissez vos armes, aboya le commandant, c'est l'espion de l'Alliance. Il n'y a rien à craindre d'elle.

Les soldats s'exécutèrent même s'ils n'appréciaient guère cet ordre. Le commandant conduisit son invitée au centre de commandement pour discuter des évènements à suivre. La reine-espion raconta comment elle fut démasquée et dût fuir pour échapper à une mort douloureuse.

-Je vois, dit le commandant après avoir entendu l'histoire, il est fâcheux que vous ayez été découvertes avant d'avoir pu connaître les plans de la Reine des Lames.
-C'est gênant, en effet, confirma la reine-espion. Toutefois, j'ai ma petite idée de ses prochains mouvements.
-Je serais curieuse d'entendre ça, dit Nova qui entrait dans la salle.
-Vous, s'exclama le commandant, que comptez-vous d'elle ?
-La faire parler, répondit froidement Nova, puis la livrer à des scientifiques qui l'étudieront soigneusement.
-Vous êtes ignobles, s'offusqua le haut-gradé, alors qu'elle nous a aidés à vaincre ses congénères et à sauver des vies humaines.
-Ordre de l'empereur, répliqua Nova, et estimez-vous heureux qu'il ne nous ait pas donné l'ordre de vous arrêter. D'ailleurs, c'est nous qui tuerons la Reine des Lames. Ainsi vous tiendrez parole devant l'Alliance.

Pour le commandant, c'était inacceptable. Oser jouer sur les mots pour ne pas respecter les accords. Il n'aimait pas la Reine des Lames mais il devinait que l'Alliance avait besoin d'elle pour une chose importante. Probablement pour neutraliser la véritable menace qu'il avait entendue parler par les étudiants. Ce qui sonnait logique. A sa grande surprise, la reine-espion révéla des informations intéressantes au chien de garde qui servait de fantôme du Dominion.

-Privée de renforts, la Reine des Lames n'aura pas d'autre choix que de partir. Elle tentera une diversion pour quitter la planète. Une partie des dernières troupes attaqueront la base pendant que le reste accompagnera leur reine. Il y a des tunnels encore inachevés qui mènent à l'autre bout de la montagne. D'ici, elle prendra les dominants qui la ramèneront à sa flotte. N'essayez pas d'attaquer les dominants, l'Alliance les protégera.
-Comme s'ils pouvaient m'en empêcher, moquait Nova. Je vais préparer mes hommes pour le combat. En attendant, vous serez consignées dans une cage.
-J'attends de voir ça, répondit la reine-espion qui se voyait déjà dans la nature.

Nova partit, ignorant la remarque du Zerg. Le commandant s'approcha de la reine car il sentait que quelque chose ne tournait pas rond.

-Vous lui avez menti ?
-Pas totalement, expliqua la reine de l'Essaim. J'ai seulement menti sur le lieu de son départ. Il y a des tunnels qui mènent à une vieille base militaire. Cette place fortifiée constitue l'endroit idéal pour attendre tranquillement le moyen de quitter cette planète.

Le commandant comprenait. Ce Zerg avait mis Nova sur une fausse piste pour permettre à la Reine des Lames de s'enfuir en toute tranquillité. Seulement, le neveu du commandant avait épié la conversation et il n'avait pas de bonnes intentions.

Plus tard, il rassembla sa compagnie pour lui exposer son plan.

-Mes amis, j'ai appris que la Reine des Lames va se rendre à la vieille base militaire à proximité d'ici. Nous allons nous y rendre et la tuer. Ainsi, nous serons grandement récompensés.

Un tonnerre d'applaudissement accueillit cette idée. Seules les Poltergirls désapprouvaient. Elles savaient ce qui se passerait si leurs camarades éliminaient la Reine des Lames. Mais ce qui était plus inquiétant, c'était comment ils allaient s'y prendre pour la vaincre. Marc répondit rapidement à la question :

-Grâce à un inhibiteur psy, nous pourrons neutraliser les pouvoirs de notre ennemie et la tuer à notre aise.
-Un tel stratagème ne fonctionnera pas sur la Reine des Lames, fit remarquer Sylvie. Vous courrez à votre perte en faisant cela.
-Tu n'es pas obligée de venir, répliqua sèchement Marc. Tous ceux qui veulent se dégonfler peuvent rester ici comme des idiots. Ceux qui viendront auront la gloire. Ainsi nous accèderons à des postes importants au sein de l'armée du Dominion pour ensuite changer les choses de l'intérieur.

Mais qu'ils étaient stupides de défier la Reine des Lames. Comme si elle allait se laisser faire. Quant à leurs rêves, ce n'étaient que des chimères qui ne se réaliseront jamais avec Arcturus Mengsk au pouvoir. Les Poltergirls se jurèrent de les empêcher de commettre ce suicide collectif. Elles contactèrent les cuirassés de l'Alliance pour qu'ils envoient des troupes afin de les arrêter.

Hélas, ce qu'avait prédit la reine-espion arriva plus vite que prévu. Les Zergs lancèrent un ultime assaut. Des dizaines de ces bestioles chargèrent sur les défenses de la base sans la moindre considération du danger. Profitant de la bataille, la compagnie de Marc partit sur le champ. Les Poltergirls auraient pu les arrêter mais sans le soutien de l'Alliance, c'était chose impossible. De plus, elles estimaient qu'il était encore trop tôt de révéler leur affiliation avec l'Alliance. Elles assistèrent donc impuissantes au départ de la compagnie vers l'ancienne base militaire où elles avaient eu de mauvais souvenirs là-bas. Le commandant arriva espérant trouver des renforts mais ne trouva que les Poltergirls qui lui expliquèrent la situation.

-C'est de la folie pure, s'écria-t-il. Mengsk n'est pas quelqu'un en qui on peut avoir confiance. Avec cette idée d'aller affronter le Zerg le plus puissant de l'Univers, ça va se transformer en boucherie.
-On a essayé de les dissuader, expliqua Carla, mais ils ont refusé de nous écouter.

Le commandant prit alors sa radio pour appeler son neveu qui ne décrocha pas.

-L'idiot, paniqua l'oncle de celui qui menait sa compagnie vers une mort certaine. Ne le blâmez pas mais il a toujours voulu punir la Reine des Lames pour ses crimes.
-On le comprend, répondit Iris, seulement la tuer n'est pas une bonne idée.
-Que faire, se demanda le commandant. Toutes mes troupes sont en train d'affronter les Zergs. Mais le temps de rejoindre la compagnie après la bataille, ils seront déjà morts.
-Alors, nous irons les sauver, intervint Jennifer.
-Vous ?! Mais...
-On sait à quel point la Reine des Lames est forte mais si on ne fait rien, elle décimera la compagnie de Marc, dit Sylvie.
-Ne vous inquiétez pas pour nous, on saura s'en sortir, rassura Iris.
-Très bien, répondit le commandant, je vous donne carte blanche. Seulement, ils doivent être loin maintenant. Ce sera difficile de les rejoindre.
-On a tout prévu, clama Carla qui pensait aux portails des ténèbres. On saura arriver à temps.
-Dans ce cas, je vous fais confiance, dit le commandant calmé. Par pitié, sauvez-les.

Retournant au centre de commandement, le commandant laissa les Poltergirls derrière lui. Ces dernières appelèrent Mathio pour lui informer de la situation.

-Voilà qui fâcheux, dit Mathio après avoir entendu toute l'histoire. Vos camarades ont vraiment perdu la raison. Voilà pourquoi je déteste les humains. Ils sont faciles à manipuler quand il s'agit de richesse, de gloire et de grandeur. Enfin tout le monde n'est pas comme ça.
-Evidemment, confirma Jennifer, mais vous comprendrez que nous devons les rejoindre pour arrêter la Reine des Lames. Il n'est pas impossible que le combat contre elle soit inévitable.
-Si vous le pensez vraiment, dit Mathio, alors j'aimerais vous dire la dernière vérité concernant Sarah Kerrigan. Il s'agit de la vérité que je vous ai longtemps cachée car j'estimais que vous n'étiez pas encore prêtes. Aujourd'hui, je vois à quel point vous avez mûri et êtes devenues fortes. Toutefois, le serez-vous face à la Reine des Lames aussi bien que physiquement et mentalement ?

Les Poltergirls écoutaient silencieusement leur supérieur. L'heure de vérité était enfin arrivée.

-J'espère que oui car la Reine des Lames est en réalité une Terrane contaminée du nom de ...
-Sarah Kerrigan, complétèrent les Poltergirls.

Pour Mathio, c'était une surprise. Pas une surprise à laquelle on s'attendait mais à la vraie surprise dont on ne s'attendait pas.

-Alors, je n'ai plus rien à vous dire. Vous savez tout. Me pardonnerez-vous de vous l'avoir caché ? Pardonnerez-vous à Sarah Kerrigan pour les crimes qu'elle a commis ?
-Qui vous critiquerait pour cela, demanda Sylvie. Si vous nous l'avez dit lors de cette fameuse nuit, je crois qu'on ne vous aurait pas cru.
-On l'aurait même mal pris, ajouta Carla.
-Et puis, la Sarah Kerrigan qu'on connait n'aurait jamais fait ça, dit Iris.
-Je dirais même plus, c'est Mengsk le coupable, dit Jennifer avec philosophie.
-Dans ce cas, allez-y, encouragea Mathio. La Boîte de Pandore vous rejoindra dès que possible. Nous avons encore un atout à préparer. Donnez le meilleur de vous-même.

Les Poltergirls acquiescèrent et partirent sur le lieu de leur combat de leur vie.


Peu avant l'attaque sur les Terrans, la Reine avait quitté la colonie avec une poignée de Zergs. Elle avait pris les tunnels qui menaient à la vieille base militaire où avaient lieu des recherches sur des armes anti-Zerg. Sur le chemin, elle contacta par télépathie sa flotte.

-Izsha, envoie-moi des dominants vers ma position.
-Je crains que ce soit difficile, ma reine, expliqua sa servante. Les Terrans abattent tout dominant qui tente d'entrer dans l'atmosphère. En revanche, les vaisseaux qui nous barraient la route larguent des chasseurs qui nous protègent.
-Alors, envoie les mutalisks détruire la flotte Terran. Les autres vaisseaux devront être épargnés. Leurs leaders tiennent à ce que je parte d'ici au plus vite et ce que je compte faire.
-Bien ma reine, répondit la dénommée Izsha. Vos ordres seront exécutés à la lettre.

Au moins, l'Alliance faisait l'effort de l'aider à partir. D'ailleurs, la Reine des Lames se demandait pourquoi l'Alliance se donnait tant de mal pour la faire partir d'ici au plus vite. Qu'avaient-ils à gagner ? Rester sur cette planète ne l'aiderait pas à trouver les réponses à ses questions. Enfin, elle atteignit le bout du tunnel pour atteindre la base contaminée. Quelle ne fut pas sa surprise de voir une armée de Terrans dans la salle.

-C'est terminé, cria Marc dans son mégaphone. Votre règne de terreur se termine ici et maintenant.
-Ben, voyons, se moquait la Reine des Lames qui n'avait que faire d'une bande de jeunots qui ne connaissaient rien à la guerre.
-Ne nous sous-estimez pas, continua Marc. Nous disposons de puissantes armes pour vous détruire. Nous avons même une arme secrète.
-Ne vends pas la peau du Zerg avant de l'avoir tué, fit remarquer John qui était venu avec ses amis pour s'assurer que tout se passerait bien.
-Intéressant, répondit la Reine des Lames qui venait de trouver un divertissement en attendant son taxi. Alors, essayez donc de m'avoir si vous le pouvez.

Comme répondre au défi lancé, les chars de sièges tirèrent. La femme Zerg esquiva les obus avec un pas latéral. Elle prit le soin d'ordonner à ses troupes de rester en retrait. Les marines exécutèrent un tir de barrage que la Reine évita en s'enfouissant. Puis, elle chargea à sa sortie du sol. Elle se jeta au milieu des rangs ennemis et les fit valser avec tout son savoir-faire de fantôme. Trois adversaires tentèrent leur chance avec leur maîtrise des arts martiaux. La Reine des Lames les repoussa immédiatement. A l'écart des hostilités, Marc guida ses troupes.

-Ecartez-vous et laissez les Goliaths faire le boulot.

A côté de lui, deux techniciens terminaient de préparer l'inhibiteur psy. Il fallait compter sur le soutien des autres pour gagner du temps. Les machines bipèdes canardèrent en direction de la Reine des Lames qui se protégea en utilisant un ennemi comme bouclier.

-Mike, s'écria un de ses amis.
-Butez-la, s'écria un autre ami du défunt Mike.

Une rafale de balles fonça sur la Reine des Lames qui la balaya avec ses pouvoirs psychiques. Elle attrapa un autre marine qui eut la stupide idée de tenter de l'assassiner avec la lame intégrée dans son fusil Gauss pour venger son camarade. Au lieu de le tuer, elle l'utilisa comme otage.

-Si vous voulez sauver votre ami, tuez-moi votre crétin de chef.

Tous regardèrent Marc qui fut pris d'une peur bleue. Ses compagnons allaient-ils le sacrifier pour sauver un camarade. Il fut agréablement surpris de la réponse.

-Jamais, hurlèrent les soldats. On s'était déjà préparé à mourir pour vous voir crever pour tous vos crimes.
-Tant pis, soupira la Reine des Lames qui mit sa menace à exécution.

Grâce à une puissante télékinésie, elle lança son prisonnier dans les airs. Ce dernier chuta et se rompit le cou. La peur commençait à envahir la compagnie. Le doute s'immisçait dans l'esprit des Terrans qui se demandèrent s'ils pouvaient encore gagner. Marc demeurait inébranlable.

-Ces pertes étaient prévisibles dans le sens où on perd son calme. Faisons en sorte à ces morts ne soient pas vaines.

Son bref discours eut l'effet escompté. Tous retrouvèrent le courage perdu. La Reine des Lames souriait, au moins ça prolongeait le plaisir du combat. Un char de siège fonça à pleine allure sur la maitre de l'Essaim. Cette dernière stoppa la machine en la soulevant dans les airs, puis l'envoya dans un mur espérant écraser quelques ennemis au passage. Les soldats parvinrent s'écarter juste à temps. Le pilote sortit de l'engin encastré dans le mur. Bien qu'un peu secoué, il était sain et sauf. Reprenant le combat, les marines tirèrent une nouvelle série de tirs groupé et soutenu avec les Goliaths. Cette fois, la Reine des Lames esquiva au pas de course puis réalisa une roulade dans les rangs ennemis qui se retinrent de tirer pour éviter un tir ami. Soudain un cri de joie se fit entendre. L'inhibiteur était enfin prêt. Marc activa l'appareil qui allait assurer leur victoire. La Reine des lames poussa un hurlement de douleur. Les ondes émises semblaient avoir neutralisé ses pouvoirs et la faisaient souffrir. Gesticulant de douleur, la chef de l'Essaim mit ses mains sur la tête comme si elle avait un mal de crâne horrible. Quant au groupe de John, ils subissaient les mêmes effets mais en beaucoup moins douloureux. Pensant qu'une opportunité s'offrait à eux, Marc donna ses ordres :

-La Reine des Lames est vulnérable !! Frappez-la avec toute la puissance de feu qu'il vous reste !

Les marines ne se firent pas priés et chargèrent pour porter l'attaque finale. Soudain, leur ennemie se rétablit et les repoussa grâce à ses pouvoirs psychiques. Marc fut perplexe de voir que malgré l'inhibiteur psy la Reine des Lames pouvait toujours utiliser ses facultés. Finalement, le neveu du commandant comprit son erreur. L'appareil utilisé était conçu pour neutraliser des individus d'IP 10 et en dessous. Or, la Reine était au-delà de cette échelle. Par conséquent, elle était trop puissante pour être affectée par l'inhibiteur psy. Voyant l'échec de leur plan, tous furent désespérés. Tout ça pour rien et maintenant, ils allaient mourir. Les Poltergirls avaient eu raison de s'opposer de ce plan. Elles savaient ce qu'il allait se passer.

Lassée de ce spectacle désolant, la Reine des Lames envoya ses Zergs terminer le travail. Refusant de capituler, des marines ripostèrent avec ce qui leur restait de munitions. Les autres avaient tout espoir. Ils n'attendaient que leurs bourreaux viennent appliquer leur punition pour avoir défié ce qu'on ne pouvait vaincre. Soudain, des tirs de roquettes stoppèrent les Zergs dans leurs élans. Tous levèrent la tête pour découvrir les androïdes de l'Alliance sur les passerelles. Lourdement armés, ils braquèrent leurs armes sur les belligérants. Un des soldats hurla dans le mégaphone :

-Cessez le combat immédiatement ! Contre nous, c'est une bataille perdue d'avance. A l'intention de la Reine des Lames, un vaisseau de transport vous attend. Prenez-le pour quitter cette planète.
-Pourquoi le ferais-je, demanda l'intéressée.
-On vous a déjà dit les raisons, répliqua le soldat au mégaphone. C'est ça ou vous mourrez ici et votre Essaim disparaitra.
-Je saurais me débrouiller, dit la Reine des Lames avec amusement. En attendant, c'est vous qui devrez partir.
-Quelle arrogance, s'écria une voix féminine.
-Elle mérite une bonne correction, dit une seconde voix de même sexe.
-Et aussi une bonne fessée, compléta une troisième voix féminine
-Iris, gronda la quatrième voix féminine.

Les Poltergirls sautèrent de la passerelle et s'écrièrent en pointant du doigt la reine des Lames.

-Nous sommes tes prochains adversaires !!

La Reine des Lames fut surprise de rencontrer les 4 fantômes qui avaient mis à mal aux plans de Névrosa. Pourtant, elles lui semblaient familières. Mais où et quand elle les avait rencontrées ? Quoi qu'il soit, ce n'étaient pas des adversaires à prendre à la légère. Elle vit la fille aux cheveux de feu aller voir le capitaine de la compagnie et lui donner un coup de poing. Un coup pareil ne pouvait avoir de valeur sans une bonne leçon de morale.

-Idiot ! Comment as-tu pu croire que tu pouvais vaincre la Reine des Lames ? Tout ça pour obtenir une promotion de la part de l'empereur. Une illusion, voilà ce que tu gagneras.
-Je peux vous confirmer que Mengsk est une ordure, affirma la Reine des Lames qui ne trouvait rien de mieux de s'en mêler.
-On ne vous a pas sonnées, rugit Sylvie avant de reprendre sa leçon de morale.
-Pour la peine, dit un androïde de l'Alliance en tendant un fruit, une bonne amande pour vous.
-Excusez-la, dit Carla. Dans le fond, elle a bien raison de se mettre en colère. En attendant, je vous propose la chose suivante.
-Je vous écoute, répondit la Reine des Zergs qui manifestait une sympathie inhabituelle.
-Un combat entre vous et nous 4, expliqua Carla. Si vous êtes mises hors combat pendant 10 secondes, vous quittez cette planète. Dans le cas contraire,.... Je ne sais pas.
-Vous devenez mes esclaves, proposa la cruelle Reine des Lames.
-D'accord, répondit Carla, après avoir consulté ses amies par télépathie. Mais le combat devra avoir lieu ailleurs.
-Alors guidez-moi.

Les 5 combattantes partirent vers une salle plus petite mais plus tranquille pour permettre aux soldats de l'Alliance s'occuper de la compagnie de Marc. Arrivés sur le lieu de leur futur affrontement, les Poltergirls se consultèrent par télépathie. Leur combat prédestiné arrivait enfin. Plus question de faire machine arrière. Au moment, la Reine des Lames arrivait et entrait à son tour dans la salle. Les Poltergirls faisaient maintenant face à l'alter ego de Kerrigan avec un sentiment de nervosité. La Reine des Lames finit alors de se rappeler.

-ça fait un bail, dit-elle.
-15 ans pour être exact, répondit Sylvie qui saisit les paroles de la Reine.
-Je n'aurais jamais cru que les jeunes filles que j'ai rencontrées il y a longtemps devenir des fantômes.
-ça a été un rêve depuis cette rencontre, expliqua Carla.
-Sans oublier notre second rêve, ajouta Iris, vous battre dans un combat contre vous.
-Evidemment, se rappela la Reine des Lames en faisant craquer ses doigts. Ce serait dommage de vous tuer, vu ce que vous avez accompli. Rassurez-vous, quand je vous aurais battues, je ferais de vous mes dévouées lieutenants mais contaminées.
-Tu peux toujours courir, s'écria Sylvie qui chargea sur l'alter ego de Kerrigan, le poing prêt à cogner.

Malheureusement pour elle, la Reine des Lames stoppa facilement l'attaque. Pourtant, Sylvie gardait le sourire car une seconde attaque, énergie psionique au poing. Percevant la menace, la Reine des Zergs esquiva l'attaque, en reculant la tête, qui se prolongea au plafond avec un bel impact.

-Je l'ai échappé belle, pensa la Reine des Lames qui ne cachait pas sa surprise.

Mais Sylvie n'avait pas fini son offensive. Elle reprit avec un coup de genou dans l'entrejambe puis enchaîna avec un coup de boule sur la tête de son adversaire qui s'était avancée suite à la précédente attaque. Folle de rage, la Reine des Lames riposta par ses ailes qui finirent par transpercer de l'air. Carla était intervenue et avait utilisé son pouvoir de téléportation pour sauver son amie.

-Quelle inconscience, gronda Carla. Evite de recommencer. On est une équipe.
-Désolée, s'excusa Sylvie, mais c'est elle qui a commencé.

Les 3 autres fantômes soupirèrent. Quelle mauvaise foi. Mais il y avait important : le combat. Iris utilisa ses pouvoirs sur le groupe qui s'élança sur la Zerg. Cette dernière utilisa ses puissants pouvoirs pour soulever les meubles présents dans la pièce et les envoyer sur les Poltergirls. Grâce aux poches d'air psionique sous les pieds, ce fut une chose aisée d'éviter les projectiles. Elles commencèrent alors à assaillir la Reine des Lames de tous les coups et techniques qu'elles connaissaient. Leur adversaire parait avec le soutien de ses ailes. Très peu d'attaques des Poltergirls parvenaient à atteindre leur cible et à causer de légers dégâts malgré l'incroyable synchronisation. Voyant le peu de résultats, les fantômes s'éloignèrent de la Reine des Lames pour trouver un nouveau plan. Il fallait se rendre à l'évidence. Leur opposant était d'un tout autre niveau que Nova.

-Coriace, commença Sylvie par télépathie.
-Que fait-on, demanda Iris.
-Attaquer en même temps n'est pas la meilleure solution, analysa Jennifer.
-Faisons une attaque en chaîne, proposa Carla.

Une attaque en chaîne était une succession d'attaques sur un même adversaire. A la différence d'attaquer en même temps, cette tactique offrait plus de marge de mouvement. Carla fonça la première. Au moment où les ailes de la Reine des Lames furent sur le point de la faucher, la Poltergirl se téléporta derrière son adversaire et saisit la base des ailes pour les immobiliser. Au même moment, Iris et Jennifer entrèrent en scène et neutralisèrent chacun un bras de la maitre de l'Essaim. Enfin, Sylvie arriva par la voie des airs et envoya un bon coup de pied imprégné d'énergie psionique. La vitesse d'exécution fut si rapide que la Reine des Lames n'eut pas le temps de riposter. Elle recula, sonnée par l'attaque de Sylvie. Un être humain normal aurait été tué par le coup mais la Reine des Lames n'était plus humaine et sa peau de Zerg était plus résistante que celle d'un Terran. Reprenant vite ses esprits, elle lâcha :

-Impressionnant mais insuffisant pour me vaincre. Pour l'instant, j'ai été gentille mais maintenant, je déclare la récréation terminée.
-Cause toujours, lui répondirent les Poltergirls.

Soudain, la Terran contaminée chargea sur les Poltergirls qui furent prises par les mouvements de la Reine des Lames devenus un peu plus rapides. Minimisant les blessures, les Poltergirls esquivèrent les attaques furieuses de la Reine des Lames. Guettant une opportunité pour contre-attaquer, elles esquivèrent les imprévisibles assauts de la reine des Zergs. Soudain, elle donna un coup de pied que Sylvie encaissa et attrapa. Un simple regard suffit à donner la directive d'attaquer. Visant les parties sensibles, les 3 Poltergirls jetèrent toutes leurs forces dans les coups qu'elles portèrent. La Reine des Lames serra les dents pour endurer la douleur.

-Pas mal pour m'avoir infligé 3 coups à la suite, lâcha-t-elle.
-5, corrigea Sylvie.

Profitant de la surprise de la Reine des Lames, Sylvie cogna violemment puis tira sur la jambe qu'elle avait attrapée pour en chaîner un coup de boule.

Pendant ce temps, les troupes de l'Alliance s'affairaient de soigner les blessés Terrans. Ces inconscients avaient défié la Reine des Lames et n'eurent qu'en récompense le désespoir et la mort qu'ils avaient échappé de peu. D'autres soldats tenaient les Zergs en respect. Soudain, une explosion se produisit en haut. Les Poltergirls continuaient d'affronter la Reine des Lames dans airs. Toutes atterrirent sur le sol grâce à leur télékinésie. La tension devenait palpable. La première à attaquer prendra le risque d'être contrée. Finalement, ce fut les Poltergirls qui prirent l'initiative de passer à l'attaque. Agitant ses ailes, la Reine des Lames tenta de neutraliser ses précieux adversaires qui se téléportèrent derrière elles pour lancer une attaque sournoise qui échoua. La Reine des Lames grinçait des dents esquivant l'attaque.

Pour les Terrans, ce combat était vraiment incroyable. Alors qu'une compagnie fut incapable de vaincre la terrifiante Reine des Zergs, 4 fantômes arrivaient à lui tenir tête. Tous retenaient leur souffle pour ne pas perturber les Poltergirls dont la concentration était capitale pour faire face à un ennemi de ce calibre. La Reine des Lames commençait à manifester des signes de fatigue. Bien que plus forte que ses adversaires, elle sentait qu'elle était désavantagée. Si elle voulait gagner, elle devrait utiliser quelques coups bas. Voyant les blessés, elle eut une sombre idée. A l'improviste, la Terran contaminée créa des boules d'énergie psionique qu'elle lança sur les blessés. Dans son plan, les Poltergirls tenteraient de sauver leurs camarades, les amenant à baisser leur garde. Durant ce laps de temps, elle en profiterait pour les attaquer. Ce qui se produit fut différent de sa prévision. Sylvie, Iris et Jennifer regardèrent Carla qui comprit le message par le regard. Sans hésiter, elle se téléporta auprès des cibles et utilisa le pouvoir des ténèbres pour envelopper tout le monde d'un voile de ténèbres. Les boules d'énergie traversèrent le voile d'obscurité comme si c'était du brouillard. Un autre voile apparut ailleurs dans la salle pour se dissiper et révéler Carla et les gens que la Reine des Lames avait pris pour cible. Les étudiants furent choqués de ce qui venait de se passer.

-Serait-ce...

A suivre
-Serait-ce le pouvoir des ténèbres, demanda un marine.
-Oui, confirma Carla avant de revenir vers ses amies.

Plusieurs Terrans de la compagnie huèrent les Poltergirls pour s'être alliées à l'Alliance. Les androïdes n'appréciant guère ce comportement tirèrent quelques coups en l'air pour ramenant le silence.

-Vous n'avez pas honte, s'écria un capitaine androïde, ces filles vous sauvent la vie et c'est comme ça que vous les remerciez ? Bravo l'éducation !! Le Général Mathio avait raison, la discrimination finit toujours par se résoudre par les armes.

Les soldats concernés de la compagnie Terran gardaient en eux cette animosité envers les Poltergirls. Sentant cette colère envers les fantômes, les androïdes réagirent au quart de tour.


-Ne tentez rien à notre encontre ou vous pourriez le regretter, disait le capitaine en rechargeant bruyamment son arme.

Les autres androïdes mirent en place des boucliers pour se protéger de nouvelles attaques de la Reine des Lames qui demeurait impassive devant la situation.

-Eh bien, finit-elle par s'exprimer, qui aurait cru que vous finiriez aussi bas.
-C'est l'hôpital qui se moque de la charité, répliqua Sylvie. Après le coup bas que vous avez tenté de faire.
-C'est par choix que nous avons accepté de joindre cette organisation, ajouta Iris. Bien sûr, ils nous ont promis des choses en contrepartie.
-J'ai bien ma petite idée sur la question, dit la Reine des Lames qui comprit qu'elle était l'objet des accords. Et vous êtes contentes de vous ?
-Aucun regret, répondit Jennifer.
-D'une certaine façon, l'Alliance a rempli sa part du contrat, compléta Carla. Et nous ne regrettons rien.
-Parfait, alors reprenons notre petit combat, dit la Reine des Lames qui venait de trouver une nouvelle motivation.
-Dans ce cas, nous utiliserons toute notre force pour vous vaincre, annonça Sylvie.
-Tu penses à ce nous pensons, demanda Iris.
-Au point où on en est, ça ne fera pas beaucoup de différences, dit Carla.
-En avant, s'écria Jennifer.

Elles firent apparaitre des chaines noires qui ligotèrent la Reine des Lames qui fut incapable de bouger. En essayant de forcer, elle sentit les chaînes qui cédèrent. Soudain, elle fut violemment tirée par 3 Poltergirls. Sylvie, qui était la seule à ne pas tirer les chaînes, frappa la Reine des Lames d'un puissant coup de poing imprégné d'énergie psionique et de ténèbres. La puissance propulsa la Zerg sur plusieurs mètres et détruisit les chaînes qui l'emprisonnaient. Mais la Reine des Lames se rétablit rapidement et deux séries d'attaques de nature différente fonçait droit sur elle. Par instinct, elle s'enfouit dans le sol et commença se déplacer sous terre. Devinant les sinistres intentions de la Reine des Lames, les Poltergirls se rassemblèrent et se tinrent prêtes à sauter quand leur adversaire surgira du sol. Finalement, elles le sentirent arriver sous leurs pieds. Carla fit téléporter elle et ses amies à bonne distance de la Reine des Lames qui sortit partiellement régénérée.

-C'est cette fois, on sort le grand jeu, déclara Sylvie.
-Ok, répondirent les 3 autres qui savaient de quoi parler leur camarade.

Elles activèrent le système spécial offert par Mathio. Un vortex noir s'ouvrit et les Poltergirls se changèrent en énergies qui s'engouffrèrent dans le vortex. Une lumière éblouissante se produisit et Aurore, la fusion des Poltergirls, sortit du vortex. Tous semblaient avoir compris ce qui venait de se passer. Pour leurs camarades Terrans, les réactions furent de nouveau partagées. Certains furent impressionnés, d'autres outragés en comprenant que les Poltergirls étaient coupables de nombreux crimes envers l'empereur. Une nouvelle fois encore, les androïdes de l'Alliance ramenèrent le calme par les armes. La Reine des Lames était impressionnée.

-Fascinant, finit-elle par lâcher. L'Alliance vous a octroyées de puissants pouvoirs. Ça montre à quel point vous avez de la valeur.

Sans répondre, Aurore chargea avec une attaque du style de combat de Sylvie : un coup de poing imprégné d'énergie que la Reine esquiva à la dernière seconde en raison de l'inhabituelle vitesse du coup. L'impact dans le mur était beaucoup plus important que la première attaque de Sylvie au début de l'affrontement. Par instinct et pour éviter un autre coup, la Reine des Lames recula pour analyser la situation à froid.

Son adversaire était la fusion des 4 fantômes. Il était logique de penser qu'elle pouvait utiliser les pouvoirs des Poltergirls. Avec ce niveau de puissance, Aurore devrait avoir un IP d'une valeur de 10 voire plus. Un élan d'excitation monta en la Reine des Lames. Jamais elle n'avait ressenti cela depuis 4 ans mais en beaucoup plus fort. Exaltée, la maitre de l'Essaim fonça sur celle qu'elle avait désignée comme son plus grand Némésis. Les coups s'échangèrent à une vitesse hallucinante. Du point de vue des spectateurs, on croirait qu'elles avaient plusieurs bras. Soudain, la Terran contaminée attaqua sournoisement avec ses ailes. A la vitesse de l'éclair, Aurore attrapa une des ailes avec les dents puis donna un coup de tête en arrière pour dévier l'autre aile.

-Ce n'est pas passé loin, commenta un soldat de l'Alliance.
-Qu'est-ce que tu crois, lui demanda un autre soldat. Elles ont été formées par la Boîte de Pandore.

Les combattantes avaient pris du recul pour lancer leur prochaine offensive. Aurore lança des boules noires, probablement créées par le pouvoir des ténèbres. De son côté, la Reine des Lames riposta avec des boules d'énergie psionique. Contre toute attente, les boules noires absorbèrent l'énergie psionique et gagnèrent en volume. Le choc fut violent pour la Reine des Lames qui tint bon malgré les explosions. Pour un Zerg, elle était vraiment résistante. Ensuite Aurore, lames psioniques aux poignets, et la Reine des Lames s'élancèrent l'une sur l'autre, telles deux chevaliers lors d'une joute. Au dernier moment, Aurore se téléporta derrière la Reine des Lames pour l'attaquer avec le tranchant de la main sur la nuque. L'alter ego de Kerrigan fut envoyé sur le sol sous la puissance du coup. Quand elle se releva, on pouvait ressentir une colère noire mélangée à un désir de combattre un puissant adversaire. La Reine des Lames fit tomber une sombre tempête psionique qu'Aurore se protégea avec son vent psionique. Ne voulant laisser aucun temps mort à son ennemie, la Reine des Zergs assaillit son adversaire d'une pluie de coups. Aurore tenta tant bien que mal à minimiser les dégâts. Elle exécuta des mouvements de main forts étrange. Ne comprenant la signification de ces gestes, la Reine des Lames profita de cette ouverture pour frapper au ventre d'Aurore qui fut propulsée contre un mur. Voyant une opportunité, la Reine des Lames fonça pour lui porter le coup final mais elle fut arrêtée par une autre Aurore vêtue d'une combinaison noire. Cette dernière envoya valser la Zerg d'un violent coup de pied. Elle alla vite relever l'Aurore à la combinaison blanche.

-ça va, dame Aurore ?
-Je vais bien, répondit la vraie Aurore endolorie par le coup et la chute. Il est temps d'en finir maintenant.
-Vous comptez utiliser ce pouvoir, demanda son double des ténèbres.
-Au vu de la situation, oui.
-Mais enfin, qu'est-ce qui se passe, interrogea la Reine des Lames secouée par le coup.
-Ceci est mes ténèbres, expliqua Aurore. Ma part d'ombre que j'ai donnée vie. Avec elle, je vais terminer ce combat.

Par un claquement de doigt, le côté obscur d'Aurore se changea en brouillard noir qui fusionna avec l'originale. Des changements s'opérèrent sur le corps d'Aurore : Les canines se firent un peu plus longues, une queue de démon apparut et les muscles gagnèrent un peu plus de volume. Ces modifications n'affectèrent en rien le charme qui se dégageait d'Aurore. La Reine des Lames observa avec une grande admiration la forme finale de son adversaire.

-Eh bien, on va de surprise en surprise, dit-elle avec amusement. Vous me plaisez de plus en plus. Vous êtes vraiment devenues très fortes.

Dans l'esprit d'Aurore, on était affectée par les remarques de la Reine des Lames.

-Elle a fait un compliment, dit Iris flattée.
-Ne te laisse pas avoir, gronda Carla. C'est sûrement une ruse pour nous faire baisser notre garde.
-En attendant, on la termine, ajouta Jennifer.
-On sort le grand jeu, dit Sylvie qui prit les commandes.

Sous les commandes de Sylvie, Aurore lança une violente attaque sur la Reine des Lames qui n'eut pas le temps de réagir. C'était une pluie de coups, d'attaques psioniques et de vents psioniques qui s'abattit sur la Zerg. Déstabilisée devant tant de puissance, la Reine des Zergs commença à paniquer. Elle tentait de contre-attaquer mais Aurore contrait ces offensives avec facilité pour enchaîner une attaque qui faisait reculer son adversaire de quelques mètres. Tous étaient impressionnés par la toute-puissance d'Aurore qui dominait celle qui avait tant inspiré la terreur dans le secteur de Koprulu.

Soudain, un ouragan commença à se faire autour de la Reine des Lames. Il paraissait évident que cet ouragan était l'oeuvre d'Aurore. Les vents furent si violents qu'ils soulevèrent la Reine des Lames. Cette dernière fut propulsée en haut de la bourrasque où l'attendait Aurore. La fusion des Poltergirls lança une ultime attaque psionique fit descendre à grande vitesse la Reine des Lames qui s'écrasa au sol. La tornade se dissipa immédiatement et Aurore atterrit délicatement sur le sol. Voyant que la Reine des Lames ne bougeait plus, bien que vivante, un androïde fit le décompte.

-10, 9.

Aurore s'effondra d'épuisement après l'incroyable enchaînement d'offensives sur son adversaire. Elle reprit immédiatement son apparence humaine puisqu'elle ne pouvait plus maintenir sa forme ultime. Elle pouvait à peine rester consciente.

-8, 7.

Les androïdes s'approchèrent de la Reine des Lames et se préparèrent à l'embarquer mais cette dernière se réveilla et les repoussa. Prenant Aurore par surprise, elle l'attrapa par télékinésie avant de l'attirer vers elle et l'attraper physiquement.

-C'était vraiment impressionnant, admit la Reine des Lames qui contenait sa rage. Vous m'avez prouvé que vous étiez vraiment fortes. Vous pouvez constituer une menace pour moi mais ce serait du gâchis de vous tuer. Alors je vous emporterais sur Char pour faire de vous mes subordonnées.
-Mais vous n'avez pas encore gagné, rugit Aurore qui tentait désespérément de se libérer.
-Qu'importe puisque tu ne peux plus me résister. Je considère donc que c'est ma victoire, riposta la Reine des Lames qui commença sa macabre attaque psychique. En attendant, je vais vous soumettre à ma volonté avec un petit cadeau de ma part, une récompense pour m'avoir battue.

Les Poltergirls sentirent cette « récompense ». Douloureuse et lente. Cette douleur affectait toutes les Poltergirls puisqu'elles ne formaient qu'une. La Reine des Lames sentit la particularité du cerveau d'Aurore.

-Fascinant, dit-elle quand elle découvrit la vérité. Voilà donc le but du projet Ascension. Vous avez vraiment eu de la chance d'échapper à la Confédération. Je vais devoir accélérer mon petit présent.

Les androïdes allaient s'apprêter à intervenir mais les Zergs avaient profité de la confusion pour entrer dans la salle. Depuis le début des combats, ils étaient restés dans le tunnel. Maintenant, ils protégeaient leur reine. Les soldats de l'Alliance étaient bien gênés. Difficile de tirer sans blesser Aurore mais ils ne voulaient tuer la Reine des Lames qui était sévèrement amochée par son dernier combat. De leur côté, les Poltergirls commençaient à s'habituer à la douleur mais elles perçurent autre chose : une autre attaque qui visait à les soumettre à la Reine des Lames. Cette dernière voulait les tromper par le cadeau pendant que la vraie offensive s'introduisait dans leurs esprits. Refusant le funeste destin que leur réservait cette attaque psychique, les fantômes résistèrent. Mais elles entendirent la voix de leur adversaire les narguer :

-Inutile. Vous finirez bien par céder. Bientôt vous deviendrez mes esclaves. Qui sait, vous deviendrez mes successeurs.
-Dans ce cas, ce sera en gardant notre humanité, rugit Sylvie qui n'avait pas encore abandonné.

Dans la réalité, Aurore tentait de se libérer de l'emprise de la Reine des Lames qui grinçait des dents cette résistance. Elle avait terminé de délivrer son cadeau mais sa prise de contrôle peinait à avancer face à la résistance des Poltergirls. Pressée, elle accéléra le processus. Devant une telle montée de puissance, Aurore hurla de douleur. Elle pouvait craquer à tout moment mais elle refusait de perdre. Soudain, elle aperçut que quelqu'un se jeter dans les rangs Zergs et d'envoyer un violent coup de poing à la Reine des Lames. Ce coup salvateur interrompit alors la tentative de manipulation mentale. Bien que toujours prisonnière, Aurore vit l'audacieuse personne qui avait osé attaquer la Reine des Lames : John. La Reine des Zergs était vraiment furieuse. C'était la première fois qu'un être aussi faible l'avait eue par surprise. Elle lâcha d'un air féroce :

-Toi, tu vas le payer.

Au moment de tuer son agresseur, un autre coup de poing, plus puissant et imprégné d'énergie psionique, l'envoya vers le tunnel. Les androïdes profitèrent de cette aubaine pour descendre les Zergs. 4 d'entre eux allèrent chercher Aurore et John pour les mettre en lieu sûr.

-Merci, dit Aurore à John.
-Ce n'est rien, répondit le jeune fantôme. Je ne pouvais pas laisser tomber celles qui nous avaient sauvés.

Les Poltergirls étaient touchées. Au moins, John était quelqu'un de confiance. Toutefois, elles devaient rester conscientes. La dernière attaque avait pratiquement épuisée les dernières forces d'Aurore. A tout moment elle pouvait perdre connaissance. La Reine des Zergs profita de ce moment de faiblesse pour frapper. Tout à coup, quelqu'un la frappa avec un aspirateur puis la fit reculer. 11 ombres surgissant de nulle part atterrirent au beau milieu de la salle. Les Zergs reculèrent de terreur. Les androïdes hurlèrent de joie. La Reine des Lames grinça des dents devant l'arrivée des nouveaux venus. Ces gens allaient changer le cours des évènements et révéler des choses inimaginables.

A suivre
Les 12 ombres qui débarquèrent n'étaient qu'autre que les 10 démons de la Boîte de Pandore, Sylvestre et un androïde assez spécial. Spécial dans le sens où il portait des plaques de protection supplémentaires. Face à de vieilles connaissances, la Reine des Lames fit une grimace de colère.

-Ainsi, c'était donc vous qui tirez les ficelles, grogna la Zerg.
-On vous avait prévenues qu'on reviendrait et pour vous jouer un mauvais tour, dit Mathio. Et pour commencer, vous aurez une bonne amande bien salée pour exhibitionnisme.

Son regard se porta sur Aurore qui se remettait de son épuisement. D'un signe de tête, le démon de l'Espoir ordonna à Xezbeth d'examiner Aurore avant de donner un fruit qu'il avait trempé dans du sel dissous dans un seau d'eau. Son confrère s'exécuta et scruta le cerveau de la fusion des Poltergirls. Quelques secondes après, il donna son diagnostic :

-Tout va bien. Il n'y a plus aucune trace du contrôle psychique. Par contre, le cadeau est resté dans son intégralité.
-Ce n'est pas grave, dit Mathio. On a eu droit à un beau spectacle.
-Beau spectacle, répéta Aurore, vous voulez dire que vous observiez mon combat depuis le début ?
-Ouais.
-Pourquoi ne pas être intervenu quand j'avais des problèmes ?
-Parce que c'était ton combat, répondit Mathio. Et puis, vous n'auriez pas apprécié qu'on vous aide. Enfin, l'important, c'est que vous ayez eu ce que vous vouliez, pas vrai ?

Aurore acquiesça. Elle comprenait les raisons qui avaient poussé la Boîte de Pandore à ne pas agir. Soudain, elle vit une petite table avec plein de bons petits plats que Zagan sortait de son manteau noir.

-Vous feriez mieux de mettre fin à la fusion, conseilla Mathio, ce sera mieux.

Aurore suivit ce conseil. Les Poltergirls se jetèrent ensuite sur les mets. Chaque bouchée leur redonnait des forces. Ces aliments, si bons et si appétissants, semblaient leur redonner une force nouvelle. Pendant ce temps, la compagnie Terran fut évacuée par ordre du Général Mathio. Ce dernier semblait anticiper de futurs évènements qui pourraient menacer ces jeunes gens.

-Cela va faire 4 ans, reprit-il. Et vous pouvez constater qu'on n'a pas traîné pour préparer notre armée.
-Je vois cela, répondit la Reine des Lames qui sortit du tunnel, les ailes dégoulinant de sang Zerg.
-Répugnant, dit Jessonia qui comprit que la Reine des Lames avait absorbé le sang de ses serviteurs pour récupérer l'énergie perdue.
-Je me doutais bien que vous étiez derrière cette armée qui interférait avec mes couvées.
-Et ce n'est pas fini, dit Bélial, car nous avons prévu un plan génialissime qui nous permettra de réaliser notre ambition et les Zergs sont primordiaux au bon déroulement du plan.
-A propos de Zerg, coupa la Reine des Lames, je constate un drôle de Zerg à vos côtés. Est-il en rapport avec votre projet secret ?
-En effet, confirma Mathio d'un air malicieux. Il est enfin prêt. Si vous saviez comme c'était dur de le préparer. Voyez ceci.

Un flash frappa tout le monde qui fut plongé dans les souvenirs de Mathio. C'était comme si on était des fantômes et qu'on ne pouvait qu'être les témoins du passé.

[Flashback ON]

Char, une immense planète volcanique où le Maître-Esprit avait établi sa ruche principale pour favoriser le développement de son plus puissant agent. A proximité de la sinistre créature, des contaminés exécutèrent un rituel des ténèbres et 10 démons vêtus de manteaux noirs apparurent : La Boîte de Pandore, 4 ans avant. Ils n'avaient pas encore créé l'Alliance Démoniaque mais ils travaillaient sur les règles qui régiraient leur future organisation.

-Bon sang, c'est quoi cet endroit, s'écria Mathio.
-Regardez-moi ceux qui nous ont invoqués, ajouta Uphir, on dirait qu'ils sont atteints d'une sévère maladie.
-Tuons-les, proposa Eligor. Je ne tiens pas attraper leur maladie.
-Ouais, s'écrièrent de joie ses compagnons.

Les contaminés n'eurent aucune chance. Après avoir massacré leur invocateurs, les démons eurent du remord.

-C'est malin, on a tué nos clients, dit Axaphat. Comment on va faire pour connaitre leur demande ?
-En fait, c'est moi votre client, dit une voix sombre et caverneuse.

Les démons se tournèrent vers la masse géante et gélatineuse avec un immense oeil rouge à l'intérieur.

-Qui êtes-vous, demanda Mathio.
-Je suis le Maître-Esprit, se présenta leur supposé client, et je suis la raison de votre venue ici. J'ai demandé à ces Terrans de vous invoquer car j'ai entendu dire que vous pouviez réaliser des choses que les Terrans sont incapables de faire.
-Et que souhaite une abomination de la part de démons comme nous ?
-En fait, je souhaiterais que vous créez un Zerg.
-Un Zerg ? Vous voulez dire comme ceux qui nous encerclent, demanda Zabulon.

Des Zergs avaient encerclé les démons mais gardaient une distance de peur d'être tués.

-En effet, confirma le Maître-Esprit, mais il devra être différent des autres et aussi puissant que l'agent que je prépare et qui me servira.

Et pour appuyer ses propos, le Maître-Esprit montra des images par télépathie sur Sarah Kerrigan qu'il comptait la contaminer.

-C'est ignoble, dit Jessonia outrée.
-Et pourquoi s'en prendre à elle, demanda Mathio. Qu'a-t-elle de si particulier ?
-Ses pouvoirs sont puissants, expliqua le maître de l'Essaim. Elle apportera la puissance qui manquait à mon Essaim.
-Quelque chose me dit qu'il y a autre chose, dit Xezbeth qui avait percé le Maître-Esprit à jour. Vous feriez mieux de nous dire toute la vérité ou nous refuserons de vous aider.
-Soit, avoua le Maître-Esprit qui comptait les manipuler. Si j'avais tant besoin d'elle, c'était pour protéger l'Essaim de celui qui me contrôle.
-Quelqu'un vous contrôle, répéta Mathio.
-Oui, il s'agit un Xel'naga issu de la race qui nous a créés. Il m'a soumis à divers entraves psychiques pour prévenir toute rébellion. Mais j'ai su habilement les détourner pour mettre en place ce plan.
-Et que compte faire ce Xel'naga, demanda Senectus.
-Il souhaite détruire l'Univers. Voyez ceci.

Cette fois-ci, ce fut la vision de l'Armageddon que la Boîte de Pandore vit. A la fin de la vision se termina :

-Effrayant, lâcha Mathio qui tremblait encore.
-Pourtant, fit remarquer Bélial, votre meilleure agent s'est faite tuer dans cette vision. Alors pourquoi la créer quand même ?
-Parce qu'elle est une menace pour les hybrides, riposta le Maître-Esprit. D'ailleurs, vous êtes là pour le plan B.
-Celui de créer un Zerg puissant et autonome, demanda Zagan.
-Exactement, confirma le Maître-Esprit. Il devra guider mon meilleur agent sur la voie de sa destinée par tous les moyens. Sinon, dans le pire des cas, prendre le contrôle de l'Essaim
-Très bien, dit Mathio, mais pouvez-vous nous laisser un peu de temps pour nous concerter entre nous ?
-Allez-y !

Les 10 démons formèrent un cercle éloigné de leur client. Tous étaient partagés à l'idée de travailler pour un quémandeur aussi étrange.

-D'emblée de jeu, je refuse son offre, dit Jessonia. Après ce qu'il a fait à cette femme.
-Je comprends, lui répondit Mathio, mais nous sommes tous d'accord qu'il nous dit la vérité sur cette vision du futur ?
-Bien sûr, dirent ses égaux.
-Bien, je vous avoue que je n'approuve pas ce qu'il fait, expliqua Mathio. Toutefois, ce n'est pas un être humain, il pense donc différemment. Aussi, je vous propose d'accepter sa demande.
-Toi, tu as une idée derrière la tête, dit Eligor.
-En effet, confirma Mathio. Nous nous doutons bien que cette créature se fiche du sort des autres races. Ce qui l'intéresse, c'est l'avenir de l'Essaim. C'est là que nous jouerons notre fourberie.
-On t'écoute.
-Et bien voilà, poursuivit Mathio. On va créer un Zerg puissant mais qui aura nos idéaux. Il nous sera même fidèle et dévoué à notre cause.
-ça servira à quoi, interrogea Xezbeth.
-On pourra rallier l'Essaim de notre côté et utiliser sa puissance pour nos projets de conquête et de domination.
-Machiavélique, estima Bélial. Et pour l'humaine contaminée ?
-Justement, intervint Jessonia, parlons-en. Je refuse de prendre part au projet si on ne fait rien pour elle. Ce monstre implique cette femme pour des histoires qui ne la concernent pas.
-Je comprends ce ressentiment, dit Mathio dans un élan de compréhension, mais je pense et je crois qu'il existe un moyen de la sauver.
-C'est l'Espoir qui te le dit, Mathio, questionna Zagan.
-Oui. D'ailleurs, Uphir pourrait la guérir par ses pouvoirs de la Maladie.
-ça devrait être possible, confirma Uphir, mais j'ai besoin de connaitre les Zergs.
-Si on accepte, nous aurons tout le loisir de les analyser, osa Mathio.
-Mathio, demanda Jessonia, promet-moi de trouver un moyen, peu importe ce que c'est.
-Je te promets. Donc tout le monde est d'accord, alors allons-y.

Les démons retournèrent voir le Maître-Esprit pour lui donner leur réponse.

-Maître-Esprit, dit Mathio, nous acceptons ce travail mais à plusieurs conditions.
-Je vous écoute.
-Premièrement, exposa Mathio, que vous nous fournissez tout ce que nous aurons besoin pour créer notre super Zerg. Deuxièmement, que toutes nos activités soient tenues secrètes. Personne dans votre armée ne doit savoir ce que nous manigançons. Sinon, votre meilleur agent et vos lieutenants tenteraient d'entraver le plan B. Troisièmement, qu'aucun Zerg ne menace nos vies et nuise à ns intérêts. Quatrièmement, qu'un contrat soit signé pour officialiser l'accord.
-C'est entendu, répondit le Maître-Esprit, je m'engage à respecter vos conditions.

Mathio écrivit le contrat qu'il lut devant le client qui signa par l'intermédiaire d'un contaminé qui fut ensuite éliminé pour garder le secret. Enfin, la création du plus puissant Zerg allait pouvoir commencer.
Le lendemain après la signature, la Boîte de Pandore avait commencé la construction du laboratoire. Mathio était parti récupérer des échantillons d'ADN Zerg pour les recherches.

-Tu penses que ça suffira, demanda Eligor qui avait terminé la construction.
-Tu veux rire, lui répondit Zabulon, t'as fait les chambres, le laboratoire, la salle de réunion, la salle de stockage, la salle de séjour, la cuisine, la salle des machines, la buanderie. Qu'est-ce que tu veux de plus ?
-En fait, rien, finit par avouer le démon de la Guerre. On aurait pu mettre des défenses pour se protéger. Je sais que nous sommes puissants mais une attaque surprise finirait par avoir raison de nous.
-T'en fais pas, lui dit Bélial, j'ai posé des pièges qui ne s'activeront qu'au contact de tout être n'étant pas affilié aux ténèbres. Les gêneurs n'ont qu'à bien se tenir.

Soudain, Mathio arriva avec une impressionnante quantité d'ADN, le tout transporté par ses fidèles xénomorphes.

-Voilà pour Uphir et Zabulon. Avec ça, il y a matière à préparer une armée.
-En attendant, dit Bélial, ce serait bien qu'on décide comment il sera notre Zerg.

Tous se rendirent dans la salle de réunion pour définir les caractéristiques de leur future création. Comme toujours, c'était Mathio qui commença :

-Je propose que notre Zerg ait plusieurs formes.
-Tu veux dire qu'il puisse changer de formes à volonté, demanda Axaphat.
-Exactement, confirma Mathio. Imaginez qu'il puisse devenir une de ses petites créatures quadrupèdes pour aller plus vite. Ou encore les monstres volants pour voler dans les airs.
-Et pourquoi il ne pourrait pas créer aussi ses propres formes, ajouta Zabulon dans un de ses délires de génie.

Tous les démons éclatèrent de rire. Apparemment l'idée plaisait et on la retint. Senectus intervint pour exposer un fait important.

-C'est bien beau de proposer une capacité intéressante mais de quelle façon on va le libérer de la conscience collective ?
-Pourquoi ne pas le demander au Maître-Esprit, proposa Eligor, il nous a promis de nous aider.
-J'ai mon idée pour la question, intervint Zabulon. Si nous voulons que notre Zerg soit libéré de l'emprise de l'Essaim, il devrait être son propre chef, vous êtes d'accord ?
-C'est logique, admit Uphir.
-Or, il s'avère que c'est à peu près le cas pour le Maître-Esprit. Donc, nous devrions insérer ces caractéristiques dans notre propre Zerg.

L'idée sembla prometteuse et on alla voir le concerné pour lui prélever de l'ADN. Le Maitre-Esprit fut d'abord réticent mais il finit par céder en raison du contrat qu'il avait juré de respecter. Deux jours après, la chrysalide arriva accompagnée d'une armée de Zergs. Armée qui était dirigée par un jeune cérébrate. Il mena à terme sa mission de protéger la chrysalide de l'armée du Dominion puis des Rebelles de Raynor. Ces deux évènements furent suivis de très près par la Boîte de Pandore.

-Effrayant, dit Eligor qui observait les combats avec des jumelles.
-Tu l'as dit, confirma Axaphat, ces Zergs sont vraiment productifs en terme de destruction. Celui qui parviendra à les contrôler pourrait devenir le maître d'une bonne partie de l'Univers.
-Ne parles pas de malheur, intervint Xezbeth, ça pourrait nous porter malheur.

Enfin, la chrysalide s'ouvrit pour révéler la Reine des Lames. Cette dernière mena les Zergs à la destruction du centre de commandement des rebelles. Etrangement, elle laissa partir les rebelles.

Du côté de Mathio et Jessonia, le charmant couple était parti pour une ruche trouver des larves qui serviront de cobayes pour leurs expériences. Arrivés devant le lieu de leur objectif, ils commencèrent à examiner les larves. Jessonia était répugnée de ces horreurs mais elle finit par mettre de côté sa coquetterie pour ramasser les larves et les poser sur le dos d'une reine xénomorphe. Mathio, quant à lui, était fasciné par une larve qui se distinguait de par son comportement. Elle semblait posséder une remarquable intelligence et s'approchait amicalement du démon, allant même jusqu'à s'accrocher au bras de ce dernier. Sentant sa particularité et un glorieux destin qui l'attendait, Mathio prit la larve avec lui. Les deux démons ramenèrent les larves au laboratoire où Zabulon et Uphir avaient commencé à examiner les échantillons d'ADN.

-Vous avez fait une bonne cueillette ?
-Et comment, répondit Mathio, j'ai même une larve prometteuse. Je ne saurais dire pourquoi mais elle sort vraiment du lot. Je pense qu'on devrait en faire notre Zerg.
-Vraiment, demanda Uphir, enfin, ça ne me pose aucun problème mais je dois vérifier si elle ne sera pas un problème pour nous.
-Aucun risque, intervint le Maître-Esprit par télépathie, car c'est moi qui ai fait créer cette larve. Je lui ai déjà conféré tous mes pouvoirs mais il lui faudra muter.
-Je comprends, répondit Uphir, nous le traiterons avec soin.
-Allez dans le nid spécial, dit Zabulon qui prit la larve d'élite pour la mettre dans un bocal à part.
-Au fait, demanda Jessonia, Bélial et Senectus sont déjà partis pour le monde des ténèbres ?
-Oui, confirma Uphir, ils doivent revenir avec de l'ADN de polymorphoïde et de démon, de l'essence d'âme et les maillots de bain.
-ça fonctionnera, interrogea Mathio.
-Si tu savais avec quelle facilité les Zergs absorbent l'essence, tu ne te poserais même pas la question, lui dit Uphir.
-Vivement qu'ils reviennent qu'on aille se baigner dans la lave, dit Mathio qui jubilait, elle a l'air bonne.
-Sois patient, lui dit Jessonia qui pensait passer un agréable moment avec Mathio.

Quelques jours plus tard, les démons de la Vieillesse et du Vice revinrent au laboratoire avec les éléments capitaux pour la conception de l'ultime Zerg que Mathio avait choisi d'appeler Sylvestre. Pendant que les grands experts scientifiques menaient leurs premières expériences, les autres démons s'attelaient à d'autres tâches. Eligor construisit une piscine naturelle de lave à proximité du laboratoire pour permettre à tous de se relaxer. Bélial, Axaphat et Senectus étaient partis pour aller observer les Zergs. Les autres se reposaient. Mathio était aux petits soins avec Sylvestre qui ne comprenait pas la signification de tous ces soins. Soudain, on sonnait. Devinant qui était-ce, les démons gémirent :

-Oh non ! Pas elle !

La « Elle » n'était qu'autre que la reine des Lames qui revenait de son infiltration du vaisseau scientifique Amerigo. Elle était intriguée par la présence d'un laboratoire et surtout à proximité du Maître-Esprit. Alors, elle alla sonner devant l'entrée de la propriété. Xezbeth, l'expert en communication répondit à l'interphone.

-A l'intention de mademoiselle, vous êtes priées de partir. Ceci est un laboratoire travaillant pour le compte du Maître-Esprit. Tout ce qui se passe à l'intérieur est classé Secret Défense. Pour plus de renseignements, demandez au grand manitou.
-Qui êtes-vous, demanda la Reine des Lames qui ne voulait pas repartir sans réponses.
-La Boîte de Pandore, finit par avouer le démon de la Tromperie. Maintenant, partez avant que vous ayez de sérieux problèmes.

A moitié satisfaite, la Reine des Lames partit. Plus tard, Uphir et Zabulon firent l'exposé de leurs premières découvertes.

-Grâce à nos recherches, nous avons appris manipuler l'ADN des Zergs. A présent, il est temps pour Sylvestre d'évoluer.
-Je suis inquiet pour le petit, dit Mathio qui ne voulait pas le voir mourir.
-Grâce à l'ADN de polymorphoïde, continua Uphir, Sylvestre deviendra un Zerg polymorphe. L'essence d'âme lui conférera une conscience humaine et par conséquent des émotions propres aux humains.
-Vous êtes sûrs de ce que vous faites, demanda le Maître-Esprit qui suivait l'évolution du projet. Parce que je ne vois pas l'utilité de lui donner des sentiments humains.
-Vous verrez, lui répondit Zabulon, à quel point il sera plus efficace que n'importe Zerg de votre Essaim.

La Reine des Lames qui ne se trouvait pas loin du laboratoire n'arrivait pas à épier la conversation. Elle pouvait le faire mais le Maître-Esprit lui avait interdit. Les cérébrates étaient curieux de ce qui se tramait dans le laboratoire, mais ils furent incapables de s'immiscer dans la conversation. Et pendant ce temps, une flotte Protoss débarquait sur la planète Char.
Malgré les réticences du Maître-Esprit, les démons avaient commencé à doter Sylvestre de ses nouveaux pouvoirs. D'abord, ils l'avaient fait muter en hydralisk. Durant la transformation, ils avaient commencé à insérer les différents ingrédients : les ADN Zergs, démon et polymorphoïde, l'essence d'âme. Mathio surveillait l'évolution de Sylvestre avec la plus grande attention qui soit. Jessonia qui partageait ce sentiment resta aux côtés de son bien-aimé. Ils durent attendre la journée pour que Sylvestre soit génétiquement stable. Avant même qu'il ait pu faire ses premiers pas, on le fixa à un appareil où le Zerg fut coiffé d'un casque relié à un ordinateur.

-Grâce à cet engin, expliqua Zabulon, nous pourrons transmettre des connaissances par ce casque à Sylvestre.
-Mais cette masse d'informations ne va pas l'affecter, demanda Jessonia.
-Tu as raison de poser la question, dit Uphir, c'est pour cela qu'il dormira pendant ces phases de transfert. Il assimilera mieux les informations.
-Vous êtes au courant de la nouvelle, dit Bélial en arrivant. Les Protoss sont aux portes de l'Essaim. La Reine des Lames souhaite de se mesurer à eux. Un dénommé Tassadar l'a défiée.
-Il a du cran, dit Mathio admiratif. Mais sera-t-il assez fort pour la vaincre ?
-Je ne sais pas, répondit Eligor qui entrait à son tour dans le labo, mais de notre côté, on a terminé les préparatifs sur le Maître-Esprit.

Les préparatifs en question étaient un système relié au cerveau du maître de l'Essaim. A la demande de la Boîte de Pandore, le concerné avait accepté de confier toutes ses connaissances à Sylvestre afin qu'il sache ce qu'il devait faire. Mais d'un autre côté, cela permettait à des inconnus de connaître les grands secrets des Zergs et ô combien ils allaient être intéressants.

-Très bien, annonça Senectus, le processus de copie et de chargement est lancé. Il n'y a plus qu'à espérer que ça se passe bien.
-En attendant, je pars sur le champ de bataille, déclara Mathio. Ces Protoss pourraient se révéler intéressants. Que ceux qui veulent me suivent.

Accompagné de Jessonia, d'Axaphat, de Zagan et d'Eligor, Mathio rejoignit le campement de l'alter ego de Kerrigan qui guidait ses troupes au combat.

-Finalement, dit-elle en voyant arriver les démons, vous sortez de votre trou.
-Les plaisanteries douteuses, tu te les gardes, grogna Eligor qui semblait vouloir cogner sur cette peste de contaminée.
-On est là pour attraper des Protoss, expliqua Zagan, alors ceux qu'on voudra devront être épargnés.
-Allez les chercher, nargua la Reine des Lames.

Les démons de la Boîte de Pandore assistèrent au terrifiant carnage des Zergs sur les Protoss. Pas un seul n'échappa à la furie de ces monstres mais l'exécuteur Tassadar était introuvable. Soudain, il se manifesta et défia la Reine des Lames en combat singulier. L'affrontement fut très bref puisque le templier qu'elle affrontait était en réalité qu'une hallucination. Furieuse d'une telle humiliation, la Reine des Lames retourna à la ruche principale où elle apprit que Zasz était mort et ne pouvait être réincarné. Suite à l'attaque de Zératul le templier noir, le Maître-Esprit était entré dans un coma psychique. Daggoth prit alors le commandement de l'Essaim et ordonna au cérébrate qui était à la charge de la Reine des Lames d'annihiler les Zergs, anciennement sous le commandement de Zasz, devenus sauvages. Après le départ du cérébrate, la Boîte de Pandore se daigna à se montrer.

-Pardonnez notre intrusion, s'excusa Mathio poliment, mais nous avons une requête à vous demander.
-Je vous écoute, dit Daggoth peu confiant envers les nouveaux venus.
-Voilà, nous avons entendu sur ce qui se passe, expliqua Mathio, et au nom du contrat qui nous lie à l'Essaim, je demande le feu vert pour recruter ces Zergs sans maître.
-Etes-vous en train de tenter quelque chose contre nous ?
-Rien de cela, tenta de calmer Jessonia. Je suis sûre que vous serez gagnants. On réduit les effectifs à détruire et vous vous donnerez une bonne image envers votre patron pour nous avoir aidés pour le projet....
-Grosminet, ajoutèrent les autres membres de la Boîte de Pandore.

Devant un nom pareil, la Reine des Lames eut du mal à ne pas rire. Daggoth réfléchit longuement avant de donner sa décision.
A leur arrivée sur Aiur, la Boîte de Pandore avait ordonné qu'on largue le laboratoire loin des zones de conflit. Le Maître-Esprit accéda à leur demanda. Le repaire fut déposé dans une vaste prairie verdoyante. Au loin, on pouvait apercevoir une cité Protoss. Dès le premier jour, Sylvestre ne put s'empêcher de vouloir sortir respirer l'air pur. Il s'amusait comme un chien resté trop longtemps enfermé. La boîte de Pandore l'observait tendrement. Leur petit protégé avait bien grandi. En attendant, on devait rencontrer les Protoss pour comprendre et étudier leurs pouvoirs. Xezbeth, Bélial et Senectus partirent vers la ville pour collecter des informations. Eligor enseigna à Sylvestre l'art de se battre. Mathio et les autres discutaient de la mystérieuse prophétie.

-C'est du sûr, demanda Jessonia qui tenait à savoir si les évènements prédits allaient se produire.
-Si on en croit la prophétie et les visions que j'ai eu, dit Mathio en se remémorant du moment où il était devenu prophète, alors il est possible de la sauver.
-On peut déjà deviner ce que ça veut dire, intervint Zabulon. La prophétie désigne une Zerg. Le maître fait référence au Maître-Esprit qui mourra sur Aiur la « terre de ses ennemis jurés ». Seulement quelqu'un mourra pour détruire ce monstre.
-En toute logique, il y aura un second, dit Mathio, mais tombera sous le contrôle des humains.
-Toutefois, la Reine des Lames fera sûrement tout pour prendre le contrôle de l'Essaim, ajouta Zagan avec un bon gâteau au chocolat. Quant aux 16 saisons, cela équivaut à 4 années où il pourrait bien se passer des choses vraiment intéressantes.
-4 ans, dit Axaphat, on aura tout le temps pour planifier notre invasion. Une fois, notre future organisation créée et prête, on se lancera à la conquête du secteur de Koprulu.
-Il faut encore terminer le règlement de l'organisation que nous allons créer, dit Mathio d'un ton sévère. Et puis, je ne sais pas si elle aura du succès. Les démons qui vivent dans les territoires infernaux se rallieront facilement à notre cause mais les autres mondes ?
-On a pensé à tout, calculé, planifié, rassura Jessonia en serrant son bras, il n'y a aucune raison de douter.
-Je sais, répondit Mathio, mais quelque part, j'ai un peu peur.
-Et c'est le démon de l'Espoir qui doute, se moqua Uphir. On fait confiance à ta prophétie. Si ce qui va arriver est vrai alors, on sera en mesure de favoriser les choses qui nous conviennent. Quoi qu'il arrive, on te fera toujours confiance.
-Merci, les gars.

Les démons partis en ville étaient revenus avec de mauvaises nouvelles. La méfiance avait pris le dessus sur les habitants qui avaient refusé l'accès à leurs bibliothèques. Seule solution : entrer par effraction. A la nuit tombée, ils entrèrent avec facilité grâce aux pouvoirs des Ténèbres et partirent sans laisser de traces. Grâce à l'ADN Protoss prélevé sur des cadavres sur les champs de bataille, les démons purent renforcer Sylvestre qui développa des pouvoirs psychiques.

Les 3 jours qui suivirent l'opération, Sylvestre commença à disparaitre pendant plusieurs heures pour finir par revenir pour le repas du soir. Au matin du 4ième jour, la Boîte de Pandore voulut savoir où se cachait Sylvestre. Au moment où le Zerg polymorphe disparut, les 10 démons quittèrent leur labo pour suivre leur protégé. Au bout de plusieurs kilomètres, Sylvestre arriva devant une maison Protoss où il frappa à la porte. Le propriétaire ouvrit et laissa entrer son visiteur bien qu'appartenant à la race ennemie. Intrigués de ce qu'ils venaient de voir, les démons s'approchèrent à pas de zergling et regardèrent par les fenêtres sans se faire remarquer. Ce qu'ils virent les surprit encore plus. Un Protoss, probablement un Templier au vu de son élégante tenue, discutait amicalement avec Sylvestre sous forme Protoss. Ensuite, il lui enseigna à comment utiliser ses pouvoirs psychiques. Touché par ces scènes, la Boîte de Pandore versa quelques larmes.

-Ce petit ira loin, dit Mathio.
-Oui, confirma Bélial, on croirait voir un humain aux commandes d'un corps Zerg.
-Il faudra suivre son évolution, rappela Eligor.

Les jours qui suivirent cette découverte, on surveilla Sylvestre avec discrétion. Le jeune Zerg se révélait aussi bon élève pour les enseignements du Protoss que pour ceux de la Boîte de Pandore. Mais un jour.

-Mathio, s'écria Zabulon chargé de surveiller Sylvestre lors de sa visite chez le Templier, les Zergs attaquent !

Si l'Essaim se trouvait ici, cela voulait dire qu'ils avaient élargi leur champ d'action. Pour l'instant, il fallait sauver le Templier. Courant à une vitesse surhumaine, le reste de la Boîte de Pandore arriva à la maison du Protoss maintenant dévastée. Ils virent le Templier et Sylvestre combattre courageusement les Zergs.

-Mes amis, dit Mathio, on ouvre une boucherie à viande de Zerg.

Les autres approuvèrent avant de se lancer au secours de Sylvestre et de son nouvel ami. La bataille fut déchaînée. Les Zergs furent impuissants devant la puissance des démons qui écrasèrent tout sans la moindre pitié. Quand le dernier Zerg fut tué, ils allèrent Sylvestre qui pleurait. Le Templier était allongé gravement blessé. Il pouvait mourir à tout moment. Plusieurs démons s'apprêtaient à administrer les premiers soins mais Uphir les arrêta.

-Je suis navré, dit-il, mais j'ai vu l'ombre de la Faucheuse au-dessus de ce Protoss. Il ne lui reste moins de 2 heures à vivre.

Sylvestre, insatisfait de ce diagnostic, saisit Mathio par le bras en grognant comme pour dire : « Sauvez-le ou il en cuira pour son bras ». Uphir était vraiment embêté. Voir la Mort était une conséquence d'avoir acquis le pouvoir de la Maladie. Le pourcentage d'échapper à cette sombre destinée était d'environ 2.5%. Soudain le Protoss parla.

-C'est vous qui avez créé ce Zerg ?

Mathio acquiesça. Ce Protoss allait bientôt mourir, il emporterait ses secrets dans la tombe.

-Il est vraiment remarquable, différent de ses congénères. Quand je l'ai vu pour la première fois, j'ai été surpris de le voir exprimer des réactions inexistantes chez les Zergs. J'ai découvert en lui un être exceptionnel et ouvert. Des qualités absentes dans la plupart des Protoss, à commencer par mon apprenti Aldaris. Bien qu'il occupe une place importante, il demeure toujours un esprit étroit. Dans l'état actuel des choses, mon peuple court à sa perte.
-ça n'arrivera pas, rassura Mathio. En attendant, je compte bien trouver une solution pour vous sauver. Parce que je veux récupérer mon bras gauche.
-Pourquoi ne pas utiliser la nécromancie, proposa Senectus.
-Le problème, expliqua Mathio, c'est qu'une véritable résurrection est très difficile à exécuter et je ne vous parle pas même des « ingrédients » pour réaliser une telle opération. Tous les sortilèges que je connais réduisent mes morts-vivants à l'état d'esclaves. J'imagine que ce n'est pas ce que veut Sylvestre.

Le concerné fit un signe de la tête pour confirmer ce que disait Mathio.

-Tu peux changer des gens en liches, dit Jessonia.
-Seulement, s'ils possèdent une magie très puissante. Or, les pouvoirs des Protoss sont de nature psychique, ce qui n'est pas de la magie.
-Alors, il n'y aucun espoir, demanda le Templier.
-Il y a bien un moyen de contourner la mort, dit Mathio.
-Lequel, demandèrent ses confrères.
-Ceci, répondit le démon de l'Espoir en faisant apparaitre un cristal bleu dans sa main.
-Qu'est-ce que c'est, demanda Xezbeth.
-Un Nécro-cristal, expliqua Mathio, il permet d'enfermer l'âme d'une personne à l'intérieur mais laisse une liberté de mouvement à l'âme qu'il accueille mais à l'état de fantôme.

A ces moments, Sylvestre lâcha le bras de Mathio, signe qu'il acceptait cette solution. Le Protoss hocha la tête. Il acceptait lui aussi. Sans perdre un instant, la Boîte de Pandore emmena le corps du Templier à leur repaire où Mathio lança le rituel de transfert d'âme. Le cadavre fut mis dans un frigo pendant que le Nécro-cristal allait être greffé à Sylvestre.

-Ce cristal possède d'autres propriétés, dit Mathio à l'esprit du Templier, si on greffe la pierre à une arme ou un autre objet, l'objet en question se verra octroyé les pouvoirs de l'âme de son vivant. Mais si c'est sur un être vivant, l'âme est liée à celle du patient et devient son gardien. Les deux êtres pourront partager leurs pouvoirs et leurs connaissances.
-Mais d'où vient cette différence, interrogea le Protoss éthéré.
-Du contact direct entre les âmes, répondit Mathio. Dans un objet, le contact est faible. Pour le renforcer, il faut des mois, voire des années à se synchroniser avec l'objet ensorcelé. Alors que greffé dans un corps, la maîtrise est quasi instantanée et l'apport d'énergie plus rapide.
-Je vois, comprit enfin le Protoss, je vais découvrir les mémoires de mon hôte.
-En effet, confirma Mathio.

Le lendemain, Sylvestre put admirer le cristal qu'on lui avait greffé. Il fut heureux de retrouver son ami bien qu'il soir devenu un fantôme. Soudain, la Boîte de Pandore arriva avec un manteau blanc et ordonna au Templier de revêtir ce vêtement. A sa grande surprise, le Protoss arrivait à toucher ce manteau malgré le fait d'être un fantôme.

-Ce manteau est fait d'un tissu très spécial qui permet aux âmes qui hantent le monde des vivants de toucher ce qui est matériel. A présent, tu es Ner'zhul, gardien de Sylvestre.

Ner'zhul s'inclina pour montrer sa reconnaissance envers ceux qui lui avaient offert une nouvelle vie. Mathio fit relever son nouvel allié et annonça :

-Dans 5 jours, nous partirons pour une nouvelle planète et ce sera la dernière pour le projet Grosminet.

-Quelle planète, demanda le gardien de Sylvestre.
-Patience, mon ami. Ce sera une grande révélation.
La veille du départ prévu par la Boîte de Pandore, Ner'zhul enseignait à son protégé Sylvestre la maîtrise du Vide, source de pouvoir des Templiers Noirs. La raison pour laquelle ce Templier soit capable d'une telle chose était liée à une rencontre avec les Templiers Noirs vieille de plusieurs dizaines d'années. Ouvert d'esprit, Ner'zhul avait su se faire apprécier par ses semblables bannis. Sur Shakuras où il apprit les arts secrets des Templiers Noirs, il rencontra Raszagal la chef des Bannis et matriarche. De retour sur Aiur, il occupa une place au sein du Conclave tout en dissimulant ses relations jugées hérétiques. Après des années au pouvoir, Ner'zhul démissionna, lassé de l'obscurantisme du Conclave, pour vivre une vie en ermite jusqu'à sa rencontre avec Sylvestre.

-Sylvestre, Ner'zhul, hurla Uphir, l'heure du départ est pour bientôt. Nous devons rendre visite au Maître-Esprit. Après, on ne pourra plus le voir.

Retournant vite au laboratoire, les deux compères se dépêchèrent de rentrer à la base transformée en vaisseau spatial grâce au génie de Zabulon. Tous partirent pour la ruche principale d'Aiur où le Maître-Esprit transmettait ses ordres à l'Essaim.

-Ah, la Boîte de Pandore, dit le Maître-Esprit en sentant la présence de la Boîte de Pandore, que me vaut cette visite ?
-Plusieurs choses, répondit Mathio qui volait par ses ailes de démon au-dessus du Maître-Esprit. Mais d'abord, écoutons les réclamations de Sylvestre.

Soudain, Sylvestre apparut de nulle part et attaqua froidement le dirigeant de l'Essaim qui hurla de douleur malgré son immortalité.

-Pourquoi, s'écria la Maître-Esprit assailli de toutes parts.
-Je dois vous avouer que je ne vous aime pas, déclara Mathio. Même si vous êtes soumis à des entraves, vous gardez une marge de mouvement non négligeable. A partir de maintenant, nous agissons pour notre propre compte.

Le Maître-Esprit restait silencieux et souhaitait connaitre les véritables desseins de la Boîte de Pandore. Les cérébrates à proximité écoutèrent ce qui se disait.

-Dès l'instant où vous nous avez ouvert votre porte, les Ténèbres sont devenus maîtres de l'Essaim. Mais pour l'instant, nous allons laisser l'Essaim agir à sa guise, puis nous reviendrons récupérer notre dû. Vous vous souvenez de notre accord ?
-Oui, répondit le Maître-Esprit, parce que vous n'avez pas su à ce moment-là vous avez demandé ce que vous voulez de la part de l'Essaim. Et alors ?
-Ce qui signifie que la Boîte de Pandore peut réclamer l'Essaim lui-même.

Les cérébrates tremblaient de peur. Leur maître avait signé un accord qui allait les soumettre sous l'autorité de parfaits inconnus. Alors qu'ils allaient se mettre en colère, le maître suprême de l'Essaim fit entendre son autorité.

-Silence !!! Même si ce démon dit la vérité, il ne pourra pas s'en emparer aussi facilement. Il doit d'abord remplir sa part du contrat. N'est-ce pas ?
-En effet, confirma Mathio. Nous devons terminer le projet Grosminet et aider l'Essaim à vaincre la meute du Vide. Ce n'est qu'après que nous pourrons réclamer notre salaire. En attendant, subissez ce châtiment pour avoir souffrir Sylvestre et ne pas avoir respecté l'accord de ne pas attaquer la zone où nous étions.

Sylvestre frappa de nouveau le Maître-Esprit qui hurlait de douleur. Apparemment, un de ses cérébrates avait lancé un assaut vers les terres où se trouvait la Boîte de Pandore. Mais en même temps, il était surpris de la puissance de Sylvestre et de sa récente acquisition de pouvoirs Protoss. Pourtant, Mathio avait dit qu'il n'était pas encore prêt, alors quelle sera sa puissance quand il le sera ?

-Il est temps de partir, annonça Mathio. Je vous garantis que l'Essaim aura la liberté que vous espérez. Après tout, les démons tiennent toujours leurs engagements. Dommage que vous ne viviez pas assez longtemps pour le voir. Maintenant, la Boîte de Pandore va partir là où les Zergs sont nés pour la toute première fois.
-Vous ne pensez pas à...
-Oh que si, confirma de nouveau Mathio, D'ailleurs, même si vous deviez mourir, ce sera votre successeur qui devra nous payer pour le boulot que nous aurons exécuté. L'option Héritage a été sélectionnée. Quel dommage que vous ne l'ayez pas vu.

Sous les yeux impuissants de l'Essaim, la Boîte de Pandore et Sylvestre quittèrent Aiur pour partir vers une destination inconnue.

[Flashback Pause]

Les Poltergirls étaient fascinées par ce qu'avait vécu la Boîte de Pandore. Bon nombre de questions venaient de trouver leur réponse dans cette histoire. La Reine des Lames fut celle qui fut la plus intéressée. Un tel Zerg était bien trop précieux pour le laisser en liberté. Surtout quand il portait en lui les pouvoirs et les connaissances du Maître-Esprit.

[Reprise du Flashback]

Le voyage fut long mais la Boîte de Pandore atteignit la fameuse planète où les Zergs étaient supposés être nés. Seulement, le décor fut obscurci. On n'arrivait à pas distinguer les formes de la végétation. Pourtant, cela ne gênait pas les protagonistes de ces souvenirs.

-Fascinant, dit Ner'zhul qui prenait la peine d'observer le paysage. Tellement beau. Ça n'a rien à voir avec Char.
-Mes amis, annonça Mathio d'un ton solennel, vous ne le savez peut-être pas mais nous sommes les premiers à mettre le pied sur la véritable planète-mère des Zergs. La genèse de l'Essaim a eu lieu ici. Qui sait quelles découvertes nous allons faire.
-Un Zerg géant, dit Eligor en pointant du doigt la tête d'un monstre endormi mais aussi obscurci que le décor.
-Par exemple, dit Mathio.
-Regardez-moi ça, dit Uphir en tâtant la bête, il doit être immense.
-Le reste du corps doit être sous terre, supposa Zabulon.
-C'est vraiment incroyable, s'écria Ner'zhul qui sondait l'esprit du Zerg. Cette créature a vécu depuis fort longtemps. Il a assisté à l'époque où les Xel'nagas étaient venus, la naissance de l'Essaim et du Maître-Esprit.
-Au moins, ce voyage pourrait s'avérer rentable, dit Axaphat.
-Mais quoi d'autre, demanda Senectus, vu son âge, il doit savoir beaucoup de choses de cette planète.
-Et comment, confirma Xezbeth qui sondait lui aussi l'esprit du Zerg endormi. Il y a un endroit susceptible de nous intéresser. Ça en vaut le coup d'oeil.

Suivant Xezbeth, la Boîte de Pandore et Sylvestre partirent pour le mystérieux lieu. Evidemment, leur route fut semée d'embûches. Des Zergs (obscurcis) attaquèrent les nouveaux arrivants qui les taillèrent en pièces avec une facilité déconcertante. Soudain, un Zerg apparemment plus grand surgit mais n'attaquait pas. Mathio s'avançait vers lui.

-Il semble que vous ayez pris la bonne décision.

Le Zerg répondit mais ses paroles furent brouillées. Mathio qui semblait comprendre dit :

-Je suis navré pour votre meute mais c'est elle qui a ouvert les hostilités. Quoi qu'il en soit, nous devons rejoindre un endroit bien précis et ce n'est pas vous qui nous arrêterez.

Le chef de meute posa une question que Mathio répondit par l'affirmative :

-C'est bien de cet endroit-là. Mais si vous voulez nous suivre, on ne dira pas non. Néanmoins, à la moindre trahison, vous serez éliminés sans pitié.

Le Zerg terrifié obéit sans discuter et la charmante troupe poursuivit son odyssée. Pendant cette excursion, la Boîte de Pandore sympathisa avec le Zerg. Quand ils arrivèrent à leur destination, ils découvrirent un spectacle assez dégoûtant à leur goût.

-Bon, dit Mathio, tu sais ce que tu as à faire, Sylvestre.

La création de la Boîte de Pandore descendit dans le bassin pour s'enfermer dans une chrysalide. Ner'zhul entra à l'intérieur pour mieux aider celui dont il avait la charge. Des minutes passèrent et semblaient interminables. Soudain, des Zergs arrivèrent de tous les côtés. L'allié des démons semblait connaitre la raison de leur venue et l'expliqua à ses nouveaux amis.

-On comprend, répondit Bélial, mais on ne les laissera pas manger Sylvestre.

Ce fut une bataille sanglante dans laquelle les Zergs furent impuissants face à une dizaine de démons déchainés. Tout à coup, la chrysalide s'ouvrit et Sylvestre en sortit sous l'apparence de l'hydralisk qu'on lui connaissait. La puissance qu'il dégageait était si phénoménale que les Zergs reculèrent de terreur. Satisfaits du résultat, la Boîte de Pandore utilisa ses pouvoirs démoniaques pour quitter cet endroit et rejoindre instantanément le vaisseau. Alors qu'ils quittaient la planète, les démons et Sylvestre dirent au revoir au Zerg qui les avait guidés sur la planète.

De retour sur Char, la Boîte de Pandore rendit une petite visite à la Reine des Lames.

-Vous revoilà, dit-elle en les accueillant. Vous êtes bien les dernières personnes que je m'attendais à voir.
-Que voulez-vous, répondit Mathio, en attendant, nous sommes là pour vous annoncer notre départ. Nous quittons le secteur de Koprulu.
-Charmante nouvelle, dit la Reine des Lames très peu affectée par la nouvelle.
-Seulement, on va revenir, avertit Jessonia, pour vous jouer un très vilain tour.
-J'ai peur, ironisa la Terran contaminée avec amusement.

Plus tard, les démons firent venir Sylvestre pour lui annoncer une triste nouvelle.

-A partir de maintenant, nos chemins vont se séparer ici.

Refusant cette décision, Sylvestre attrapa le bras de Mathio pour lui faire comprendre qu'il ne voulait pas le quitter. Mathio demeurait impassible bien que cela le déchirait.

-Tu dois apprendre des choses par toi-même, expliqua Mathio, des choses qui te permettront de découvrir ce que nous ne pouvons t'enseigner. Essaye de comprendre.

Finalement, Sylvestre lâcha les larmes aux yeux. Il ne supportait pas d'être séparé de ses créateurs mais il savait que Mathio avait raison. Il avait besoin de mûrir. Bien sûr, Les démons apaisèrent son chagrin.

-Ce n'est qu'un au revoir, pas un adieu. On se reverra. Surtout pour notre grande opération.

Sylvestre retrouva la joie de vivre. Il partit avec Ner'zhul à bord d'un vaisseau créé par la Boîte de Pandore.

Tout devint flou, puis la scène se reforma pour faire apparaître la salle de réunion de la Boîte de Pandore. Du temps s'était écoulé depuis. L'Alliance Démoniaque était sûrement à ses débuts. Tous les 10 membres étaient assis à leur place. Sylvestre était présent. Dans l'ombre, se trouvait une créature bipède violette qui suivait la réunion de loin. Mathio démarra la réunion.

-Mes amis, comme vous le savez, les divers évènements qui se sont produits dans le secteur de Koprulu se sont déroulés comme ma prophétie le disait. La mort du Maître-Esprit par le sacrifice de Tassadar, la venue du Directoire et l'ascension de la Reine des Lames.
-Par conséquent, le reste de la prophétie va se réaliser, demanda Eligor.
-Exactement, répondit Mathio. Il est maintenant temps de préparer notre plan de conquête si nous voulons contrôler l'Essaim et le secteur de Koprulu. Moi, je ne pourrais pas car j'ai une mission de la plus haute importance à accomplir avec qui vous savez. On verra si je pourrais prendre part à l'opération.

Il fit un geste de la main pour indiquer qu'il parlait de la créature violette derrière lui.

-Concernant les Terrans, j'ai quelques infos, intervint Xezbeth, la planète California possède la meilleure académie de tout le Dominion. L'endroit parfait pour former les jeunes soldats face à la meute du Vide.
-Excellent, dit Mathio, on devrait garder ça sous le coude.
-Quant à moi, dit Bélial, j'ai trouvé quelques alliés potentiels. Mais regardez celui qui se trouve en tête de la liste. Il n'a pas été facile à trouver.

Les démons consultèrent le dossier fourni par le démon du Vice pour lancer des signes d'approbations.

-Je l'aime bien celui-là, dit Mathio, avec lui, ce sera rapide de prendre le contrôle du Dominion.

[Flashback OFF]

Les Poltergirls et la Reine des Lames revinrent immédiatement à la réalité. Tant de révélations leur étaient tombées dessus et il fallait faire le tri. Mais pour l'heure, des affaires plus urgentes pressaient et un affrontement pouvait éclater à tout moment.


Les Poltergirls se remettaient du passé de la Boîte de Pandore relatant la création de Sylvestre. Seulement, une partie fut brouillée par les ombres. Elles demandèrent alors la raison :

-Pourquoi avoir caché la planète d'origine des Zergs, demanda Sylvie.
-Parce qu'on était épié par cette satanée Nova, répondit Mathio. On s'en est rendu compte de sa présence au moment où on arrivait à la naissance de la Reine des Lames.
-Maudits démons, lâcha Nova qui désactiva son système de camouflage. Et dire qu'on aurait pu savoir des choses sur les Zergs.
-Ne croyez pas avoir réussi à récupérer le plus important. Vous avez beau savoir comment nous avons créé Sylvestre mais vous serez incapable de faire aussi bien que nous.
-Vraiment, répondit une voix familière.

Un hologramme de la tête de Mengsk apparut de l'émetteur-récepteur que Nova avait apporté. Au même moment, une importante armée du Dominion entra par la porte principale. Des chars de siège, des Thors, des tourmenteurs et des Goliaths cernaient la base militaire.

-Il est vrai que recréer Sylvestre soit impossible, poursuivit l'empereur, mais nous pouvons toujours le cloner.
-Ha ! Ha ! Ha, riaient les démons. Ça ne changera rien à ce qu'on a dit.
-D'ailleurs, ajouta Zabulon, il y a des choses que vous ne pourrez jamais recréer même par clonage.
-Mais le plus important, c'est ce contrat, coupa Mengsk. Donnez-moi ce contrat et j'accepterais de vous épargner.
-Elle est bonne, celle-là, disait la Reine des Lames. Arcturus, penses-tu vraiment pouvoir contrôler l'Essaim avec un bout de papier ?
-Le problème, expliqua Axaphat, c'est que nos contrats sont frappés d'un sortilège qui contraint le signataire ou son héritier à respecter sa part du marché.
-Mes amis, dit Mathio qui tenait une boule noire dans les mains, Pandore souhaite prendre part aux évènements.

D'un air d'approbation, les 10 démons formèrent un arc de cercle et récitèrent une incantation :

-Nous offrons nos existences afin de faire revenir à la vie la source des maux. Viens à nous pour répandre les maux sur nos ennemis, toi qui as ouvert la Boîte qu'on ne devait ouvrir.

Mathio lança la boule noire qui se changea en trou noir. La Boîte de Pandore se changea ensuite en énergies qui furent absorbées par le trou noir qui prit la forme d'une sphère noire. Cette dernière se fissura pour libérer un être démoniaque que tout le monde connaissait : Pandore. Vêtue de son manteau pourpre, elle atterrit sur le sol en s'étirant comme s'échauffer avant le combat. Pour les Poltergirls, on enchaînait les surprises.

-Tiens donc, dit Mengsk, qui aurait cru que Pandore serait la fusion de ces 10 démons.
-Cessez ce sarcasme, dit Pandore d'un ton menaçant. Pour en revenir au contrat, seule la Boîte de Pandore est concernée. De plus, pour contrôler l'Essaim, il faut remplir deux conditions : créer un Zerg aussi puissant que la Reine des Lames et aider l'Essaim à vaincre ce qui le menace.
-Très amusant, répondit Mengsk qui aimait le challenge.
-Vous êtes navrants, soupira Pandore. Quoi que vous fassiez, vous n'aurez pas assez de temps pour remplir cette part du marché. Parce que vous mourrez dans les mois qui suivent.
-Encore votre maudite prophétie, rugit l'empereur en serrant le poing. Et en plus, vous avez réussi à la dissimuler de Nova.
-Nous ne tenons pas à ce que l'avenir soit compromis, justifia Pandore. Il faut bien réajuster cet échec appelé Reine des Lames.
-Comment ?!

Folle de rage de s'être faite appelée de la sorte, la Reine des Lames se jeta sur Pandore qui l'arrêta avec le pouce. Malgré toute la force qu'elle pouvait déployer, la Terran contaminée n'arrivait pas à briser ce doigt qui lui faisait obstacle.

-Si faible, dit Pandore la peine au coeur. L'Essaim a vraiment perdu ce qui le caractérisait. Résultat, il est devenu faible.

Les Terrans qui assistaient à la scène demeuraient bouche bée. La Reine des Lames qui faisait trembler le secteur de Koprulu tout entier se faisait humilier aussi facilement. Seules Les Poltergirls et Nova percevaient l'incroyable puissance de la fusion de la Boîte de Pandore.

-Si faible, répéta Pandore, mais ne t'inquiètes pas. Quand tu auras retrouvé ce que tu as perdu, ça ira mieux.
-Non merci, répondit la Reine des Lames qui n'accordait guère de confiance à Pandore.
-Pourtant, ça te permettra de devenir plus forte, dit Pandore, mais tant pis.

D'une pichenette, la démone repoussa la Reine des Lames sur plusieurs mètres. L'atterrissage fut douloureux mais la Reine des Lames commença à comprendre à quel point ses ennemis de l'Alliance Démoniaque étaient dangereux. Mais Pandore semblait en demander encore :

-Je crois oublier ta punition que tu mérites grandement pour les coups bas que tu as commis.
-Ma punition ?
-Elle consiste à affronter cet androïde, dit Pandore en montrant l'androïde lourdement blindé. Et je te préviens que ça sera un vrai calvaire parce que j'envoie Sylvestre l'aider.
-C'est ce qu'on peut appeler une punition.
-En effet, confirma Pandore.
-Mettez une culotte, s'écrièrent les soldats de l'Alliance à Pandore.
-C'est fini, interrogea Mengsk qui s'impatientait. Si je...
-Ne peux pas me rendre maître de ce contrat, qu'il disparaisse en flammes, compléta Pandore.

Furieux de cette parodie de sa propre réplique, Mengsk serrait le poing comme s'il voulait contenir sa colère.

-Vous rirez moins quand vous n'aurez plus le contrat. J'ai des hommes prêts à s'emparer de votre petit bout de papier.
-Père Fouettard, dit Pandore, je crains que vous vous trompiez sur toute la ligne mais les faits parleront d'eux-mêmes.

Comprenant les paroles de Pandore, les Poltergirls se levèrent et prirent des fusils pour tirer. 4 coups de feu résonnèrent dans la salle et 4 marines tombèrent. Tous, même l'empereur Mengsk, furent surpris et choqués de voir les Poltergirls retourner leur veste.

-Comment osez-vous faire une chose pareille, hurla Mengsk.
-Eh bien, essaya de dire Sylvie gênée.
-C'est très simple, dit plus clairement Carla.
-Nous travaillons, ajouta Iris.
-Pour l'Alliance, compléta Jennifer.

Et pour appuyer leur propos, elles firent apparaitre leur marque démoniaque. Les soldats du Dominion furent choqués et désespérés de voir des soldats de qualité comme les Poltergirls ralliées à l'Alliance.

-Pourquoi, demanda l'empereur dont la rage commençait à le consumer.
-Je crois savoir, dit Javert qui sortit des rangs. Tout est lié à... Sarah Kerrigan.
-Oh, fit Pandore. Quelle perspicacité ! Enfin, cela n'a rien d'étonnant, vu que c'est le Batman de Korhal qui a fait cette découverte.
-Expliquez-vous, ordonna Mengsk.
-C'est simple, expliqua le détective, j'ai découvert une photo de ces jeunes filles aux côtés de Sarah Kerrigan. Cette dernière a disparu sans raison. Cela a dû attrister les Poltergirls qui ont sûrement accepté l'offre de l'Alliance qui leur a fait la promesse de la retrouver. Je me trompe ?
-Non, répondirent les Poltergirls.
-Je n'arrive pas à y croire, se désola l'empereur pour n'avoir rien vu venir.
-Et pourtant, c'est la vérité, dit Pandore. Et puisque que nous sommes dans les aveux, montrez-leur le petit pouvoir qu'on vous a offert.

Les Poltergirls s'exécutèrent et fusionnèrent pour former Aurore. Nova sentit le sceau mental se briser de lui-même. Pandore avait décidé de le retirer. Le désespoir s'agrandit dans le coeur. Comme si ce n'était pas assez de voir les Poltergirls alliées à l'Alliance mais en plus, elles étaient Aurore. Mengsk fut au bord de l'explosion de colère. Nova avait déjà craqué.

-Soyez maudites, les Poltergirls. Vous payerez pour cette trahison.
-Je me pose la question, commenta Pandore. Parce que je ne crois pas que le vrai traître de l'humanité soit les Poltergirls. Je penserais à quelqu'un d'autre.
-Du genre, Mengsk, supposa Javert qui repensait aux accusations de Pandore.
-Dans ce genre-là, confirma Pandore.
-Vous payerez pour ça, menaça Mengsk à l'intention du détective.
-Je n'ai fait qu'éclaircir les sous-entendus de la partie adverse, se défendit le détective. Toutefois, il reste encore une zone d'ombre.
-Pour les alibis, coupa Pandore. Voyez-vous, les Poltergirls ont pris part à leur insu au projet Polymérisation Obscure. Il s'agissait de trouver le moyen d'exploiter sa part d'ombre. Jusqu'à maintenant, on avait réussi à dominer son côté obscur et à lui donner une forme matériel mais jamais au-delà. Mais aujourd'hui, elles ont atteint l'apogée du projet même si la maîtrise n'est pas encore au point. Mais une démonstration vaut mieux que 1000 explications.

Aurore invoqua alors son double maléfique qui fit un charmant clin d'oeil pour draguer les marines. Nova serrait les poings, comprenant le stratagème. Javert ressentait la même chose car il connaissait ce sentiment de ne pas avoir su voir l'évidence. Mais l'Alliance était douée pour dissimuler ses secrets. Soudain, Arcturus posa une question qui aurait pu être gênante :

-Et mon fils ? Est-il au courant ?
-Qui sait, répondit Pandore en faisant planer le doute. Tout ce que je sais, c'est qu'il n'a jamais vu leur marque démoniaque.

Pour les Terrans, cette réponse était assez ambiguë. Et pendant ce temps-là, les troupes de l'Alliance sortaient de portails des ténèbres pour porter assistance pour Aurore et les soldats qui l'accompagnaient. A leur tête, on retrouvait Kid et Jack Scythe précédé par un géant baraqué vêtu d'un costume assorti à celui du plus jeune du trio. Une aura meurtrière émanait de ce colosse.

-Humains, déclara le Goliath, je suis Death Scythe, commandant de l'Alliance et meilleur assassin de cette même organisation. Je m'adresse à vous. Ceux qui veulent rester en vie n'ont qu'à quitter cette planète avant le début du combat. Passé ce délai, il n'y aura plus d'échappatoire.
-Je vous conseille d'écouter mon frère ainé, avertit Jack, car il est du genre à tuer de façon très brutale et horrible.
-Les seuls qui vont mourir, c'est vous, répondirent haut et fort les soldats du Dominion. On ne fuira pas face à vous.
-Vous avez des couilles de dire ça, dit Death avec un sourire de sadique.
-Qu'on ne vienne pas se plaindre qu'on ne vous avez pas averti, soupira Pandore avant de se tourner vers l'androïde spécial. Quant à toi, prend ta vraie apparence, ce sera mieux.

L'androïde s'exécuta pour prendre sa véritable apparence. Ses cheveux rouges, maintenant apparus, flottaient sous le vent généré par la puissance de Pandore. La Reine des Lames surprise demanda alors des explications :

-Qui c'est celle-là ?
Des lumières de projecteurs s'allumèrent et pointèrent une tribune avec pour commentateurs connus de tous. Le tout avec une musique.

-Bonsoir, je suis Mathio. Ha ! Ah ! Et je suis en compagnie de ma Jessonia adorée.
-Salut tout le monde. Ici, Jessonia accompagnée de mon adorable et magnifique Mathio.
-Avant que nous commençons, dit Mathio, quelques explications sur notre présence. Pandore étant là, nous ne pouvons être ici, vous vous dites ?

Eh bien, voyez-vous, quand nous avons fusionné, Pandore a hérité de nos pouvoirs. Logique, vous me direz. Sachez que je suis un invocateur et que je possède le Musée des Monstres, un pouvoir qui me permet d'invoquer toute créature dont j'ai absorbé l'ADN. La fusion est considérée comme une absorption.

-Ce qui veut dire que Pandore peut nous invoquer, compléta Jessonia, mais revenons au combat où nos deux participantes attendent le signal.
-Tout à fait, Jessonia, confirma Mathio. A ma gauche, nous avons la Reine des Lames, l'ange déchu tristement célèbre pour ses manipulations dans la première grande guerre qui lui ont permis de s'élever au rang de maître incontesté de l'Essaim. On dénombre plusieurs millions de victimes mais le bilan aurait pu être plus lourd sans notre intervention.

La Reine des Lames bonda fièrement la partie supérieure de son corps malgré les huées de la Boîte de Pandore. Néanmoins, elle gardait un oeil vigilant sur son adversaire qui ne lui était pas inconnu.

-Et à ma droite, ajouta Mathio, se trouve son pire adversaire. Celle qui pourra recadrer l'échec qu'est la Reine des Lames, lui montrer à quel point elle est faible. J'ai nommé la véritable Reine des Lames, l'ange destructeur, Sarah Kerrigan.

Cheveux rouges en queue de cheval, tenue de fantôme, les yeux d'émeraude, l'androïde sous les traits de Sarah Kerrigan observait la Reine des Lames d'un air sévère. Cette dernière regardait son adversaire perplexe avant de demander :

-Qu'est-ce que ça veut dire ? Si c'est une farce, elle n'est pas drôle.

Même Aurore était surprise de voir Sarah Kerrigan faire face à son alter-ego Zerg. Mais les explications ne tardèrent pas.

-Je comprends vos interrogations, dit Zabulon qui jouait l'expert, mais le jour où vous avez démasqué notre espion Zerg, un de nos assassins vous a volé quelque chose qui a permis à cet androïde de se mouvoir et de prendre cette apparence.

-Non, s'écria La Reine des Lames qui comprit, ne me dites pas que vous m'avez pris...
-Et si, confirmèrent les dix démons.
-Qu'est-ce qu'ils lui ont pris, demanda Aurore.
-Son humanité, expliqua Pandore par télépathie. Elle était enfouie au plus profond d'elle suite à sa contamination. Mais grâce aux sortilèges de la Boîte de Pandore, nous avons pu la récupérer et lui permettre de se manifester dans cet androïde.
-Ouah, lâcha Aurore impressionnée.
-Mais cerise sur le gâteau, termina Pandore, c'est qu'à la fin des combats, je vous laisserais parler avec elle.
-Oh, dame Pandore, dit Aurore les larmes aux yeux.
-Du côté du second combat, dit Mathio, il opposera les troupes du Dominion à l'Alliance Démoniaque. Monsieur Javert, quelle armée pourrait sortir vainqueur de cette bataille.

Le détective avait été téléporté à la tribune avec l'émetteur-récepteur pour être mis à l'abri des combats dans la tribune des spectateurs.

-Ma foi, répondit Javert un peu gêné, je ne saurais donner de réponse précise. Les deux armées se valent.
-On comprend votre hésitation, dit Jessonia. D'ailleurs, je tiens à informer que les Poltergirls viennent d'être promues capitaines de l'Alliance. Une promotion qui pourrait s'avérer utile dans la bataille.
-Il est vrai que ces filles sont de redoutables alliées, admit Javert, mais il y a Nova en face.
-Auriez-vous oublié qu'Aurore a déjà battu Nova, rappela Mathio.
-Bon, les commentateurs. Il commence notre combat, s'écrièrent en même les deux alter-egos de Kerrigan.
-Désolé pour cet oubli, s'excusa Mathio, mais nous faisons commencer le combat maintenant. Et pour équilibrer le combat, Kerrigan aura un allié de taille en la présence de Sylvestre. Notre fierté, notre chef d'oeuvre.

Eligor qui faisait l'arbitre frappa dans un gong pour lancer le début du combat. Sylvestre, sous forme zergling, fut le premier à partir à se jeter sur la Reine des Lames qui se défendit. D'un coup de poing, elle repoussa le Zerg polymorphe qui riposta en crachant des toiles d'araignée.

-On assiste déjà au premier échange d'armes, commenta Mathio. La Reine des Lames est paralysée par les toiles d'araignée. Sacré Sylvestre. Son voyage dans l'univers lui a permis d'acquérir de nouveaux pouvoirs.
-Mais à quel prix, dit Jessonia, il a perdu sa corne droite dans le combat.
Sylvestre bondit en arrière à côté de Kerrigan. Une lumière bleue sortit du cristal pour prendre la forme de Ner'zhul.
-Parfait, dit-il en voyant la Reine des Lames empêtrée dans les toiles. C'est le moment d'utiliser notre pouvoir spécialement créé pour vous. J'espère que vous nous faites confiance, ma Reine.
-Je ne suis pas votre Reine, répondit Kerrigan agacée. Enfin, si cela peut me permettre de lui régler son compte.
-Et comment, confirma Sylvestre.
-Oh ! Oh ! Je sens qu'ils vont utiliser ce pouvoir, dit Mathio excité.
-Je confirme, ajouta Jessonia. Mais passons à la grande bataille où les deux armées se livrent un combat sans merci.

En effet, les troupes de l'Alliance Démoniaque avaient chargé sur celles du Dominion. Les commandants avaient opté un affrontement de front et de combat rapproché. Les androïdes avaient suivi le mouvement. Armés de boucliers pare-balles, la première ligne protégeait les troupes derrière. La seconde ligne se cacha derrière les défenses pour canarder leurs ennemis à côté de leurs terrifiantes armes de classe Akuma. Du côté Dominion, on se défendait derrière les véhicules lourds comme les chars de siège. On déploya les maraudeurs pour détruire les boucliers qui se révélaient assez résistants. Gare aux balles ennemies car ces munitions pouvaient percer les armures de combat au bout de plusieurs tirs. Sans parler de leur terrifiant pouvoir de causer une mort instantanée au malheureux qui entrerait en contact direct avec les balles qui contenait un virus mortel. Tout ce qui resterait de la victime serait de la poussière et ses vêtements, d'où la nécessité de posséder une solide armure. Sur les passerelles, les faucheurs tentaient de prendre à revers les androïdes. Seulement, ce terrain était sous contrôle de l'Alliance qui abattit au sniper les agiles unités adverses. D'autres soldats de l'Alliance tirèrent du haut de leur perchoir sur les chars de siège pour les mettre hors d'usage. Sur une autre passerelle, Aurore affrontait Nova dans un combat acharné.

-Toujours persistante, nargua Aurore, tu sembles plus coriace depuis notre dernier affrontement.
-Je me suis entraînée jour et nuit depuis ces défaites dans l'unique but de vous vaincre. Néanmoins, je n'aurais jamais cru à un tel scénario. Toi ou devrais-je dire, les Poltergirls travaillant pour l'Alliance.
-Qu'est-ce qu'on y peut, rétorqua Aurore amusée. En tout cas, tu as bien besoin d'une bonne correction.
-Vraiment ?
-Quand je te regarde, expliqua Aurore, j'ai l'impression de voir la Reine des Lames. Façon de penser semblable, même froideur. C'est presque effrayant.
-Je ne veux pas de ta pitié. Meurs !!
Le duel reprit de plus belle. Les trois assassins observaient les combats du haut de leur perchoir.
-Sacrée baston, dit Death qui craquait ses doigts avant de se battre.
-Père, soupira Kid, dès que ça chauffe un peu, il faut toujours que vous soyez surexcités. Et après, ça termine par un horrible massacre.
-Il n'y a rien de tel qu'un bon combat pour maintenir la forme.
-Tu dis ça parce que tu as dû faire une pause dans tes activités d'assassin pour fonder une famille.
-Hé, grogna Death qui n'appréciait guère les remarques de son jeune frère.
-Que de combats magnifiques, dit Mathio. On sent la fougue chez ces braves soldats. J'aime quand ils se donnent à fond.
-Mais revenons au clou du spectacle, intervint Jessonia. Où Kerrigan, Sylvestre et Ner'zhul ont entamé une fusion semblable à celle de templiers pour former un archonte.
-Je trépigne d'avance de voir cette nouvelle fusion, s'agita Mathio excité. Et pendant ce temps, la Reine des Lames n'est toujours pas sorti des toiles d'araignées. Oh ! Je crois qu'on a du nouveau.

En effet, la fusion venait de se terminer. Kerrigan apparut avec un nouveau pouvoir. Sa combinaison de fantôme ne faisait qu'une avec la peau de Zerg qui recouvrait les parties sensibles du corps. Un casque de nature Protoss reposait sur sa tête mais avec une ouverture en arrière pour laisser sortir sa queue de cheval. Sur son dos, se trouvaient des ailes semblables à celles de la Reine des Lames. A l'épaule droite, la tête de Sylvestre servait d'épaulière. Au centre de la poitrine, le Nécro-cristal était présent et incrusté. Ses yeux étaient emplis d'une énergie de couleur bleue. Au bras droit, une lame psionique était greffée au poignet. Sur le bras gauche, une griffe de Zerg était ajoutée dessus comme une lame d'assassin.

-Quelle pu-pu-puissance, s'écria Mathio. Cette fusion est une réussite.
-Le match devrait prendre une tournure intéressante, dit Javert avec pragmatisme.

Kerrigan s'élança vers son double Zerg qui riposta par un coup de pied sur les côtés. Mais l'ancien fantôme l'attrapa pour attirer son adversaire vers elle et lui asséna un violent coup de poing. La Reine des Lames esquiva au dernier moment mais son adversaire pivota pour placer son épaulière en avant. La tête de Sylvestre tira des boules d'énergie qui frappèrent de plein fouet leur cible. La Reine des lames recula, blessée. Mais sa capacité de régénération se mit immédiatement en marche et soigna les blessures causées.

-Quel combat palpitant, s'écria Mathio, que d'enchaînements !! Je suis impressionné par la rapidité de Kerrigan à maîtriser ses nouveaux pouvoirs.
-Et quelle grâce dans leurs mouvements, ajouta Jessonia. Même si j'ai une préférence pour Kerrigan.

Le choc des reines se poursuivit avec un violent échange de coups de poing qui furent déviés par les poings de l'autre. La vitesse des coups était grande qu'on croirait voir plusieurs bras. Loin d'être épuisées, les deux reines s'éloignèrent et se tirèrent des boules d'énergie psionique qui s'entrechoquèrent, provoquant des explosions de fumée.

-Décidemment, dit Javert qui avait le souffle coupé, c'est un sacré combat. Pas vrai, votre excellence ?
Mengsk ne disait rien. Deux Kerrigan, ça faisait trop pour lui mais au moins, on ne pensait plus à lui. La Reine des Lames esquiva un coup de griffe destructeur qui laissa des traces sur le mur derrière.

-Quelle force, s'écria Javert. Quelle vitesse de réaction. Un coup pareil aurait fait de gros dégâts.

La Terran contaminée riposta avec ses ailes que Kerrigan trancha avec sa lame psionique mais il ne fallut que quelques secondes pour récupérer ces pertes. Soudain, une attaque psionique fonça droit sur la Reine des Lames qu'elle renvoya vers une passerelle au-dessus et deux fantômes tombèrent en roulant pour atterrir au beau milieu de la mêlée.

-Maintenant, Nova et Aurore viennent de tomber dans l'arène. Les paris sont ouverts. Qui survivra à ce choc des titans ?
-Rah, soupira Kerrigan, il est agaçant.
-C'est drôle, lui répondit la Reine des Lames, je pensais exactement la même chose.
-J'ai entendu, cria Mathio qui avait d'excellentes oreilles. Quoi qu'il en soit, soucions du sort de Nova. Elle doit faire face à 3 adversaires qui n'ont certainement pas envie de la laisser agir à sa guise. Ensemble, encourageons-la.

Les membres de la Boîte de Pandore respirèrent un grand coup avant de hurler des « Meurs ! Meurs ! Meurs, Nova !! ». Aurore avait presque pitié de son adversaire. Quant aux reines, cette intervention ne dérangeait pas leur combat qui reprit aussitôt. Soudain, Kerrigan trouva une faille dans la défense de son ennemie jurée qui parada en utilisant Nova comme bouclier.

-Quelle lâcheté, dit Aurore qui grinçait des dents.
-Tu peux dire ce que tu veux, lui dit Kerrigan, mais dans ce genre de combat, la seule règle est qu'il n'y a pas de règles.
-En effet, confirma la Reine des Lames en jetant au loin une Nova blessée.
Tout à coup, une explosion se produisit près des reines et des troupes du Dominion arrivèrent par le trou causé par l'explosion.
-C'est bas, hurla Mathio. Ils vont entraver le match du siècle. Sécurité !!!

Une corde tomba devant la Reine des Lames qui monta par réflexe. Deux soldats de l'Alliance l'aidèrent à monter sur la passerelle pendant que Kerrigan et Aurore accédaient au même endroit par la téléportation. En bas, des troupes de l'Alliance sortirent de portails des ténèbres pour stopper l'avancée des renforts du Dominion. Des médecins approchèrent de Nova pour la soigner. Cette dernière se rétablit rapidement mais avait une rage contre ses ennemies en haut. Accompagnée d'un escadron d'une vingtaine de fantômes, elle rejoignit les Reines et Aurore qui les accueillirent à coups d'attaques psioniques.

-Tuez la Reine des Lames et Kerrigan, hurla l'empereur depuis son émetteur-récepteur.
-Mengsk, s'écria Kerrigan.
-Mengsk, s'écria la Reine des Lames avec un temps de retard.
-Un jour, on te fera la peau, s'écrièrent les Reines en même temps.

Bien qu'à des années-lumière de ses ennemies, Mengsk eut un mouvement de recul. Soudain, Death se jeta sur les troupes du Dominion et commença à les massacrer.

-Il semblerait que le commandant Death se soit jeté dans le combat, commenta Mathio. Il a finalement cédé à ses envies de massacre.
-En effet, confirma Jessonia qui redoutait le pire. La mutilation est son principal mode opératoire pour éliminer ses victimes. Ames sensibles, ne regardez pas.
-Quelle horreur, s'écria Javert qui voyait les pauvres soldats du Dominion se faire mutiler avec violence.
-C'est une organisation des Ténèbres, rappela Mathio, ne pensez pas rencontrer des anges. Et encore, ces gens subissent un châtiment clément. Dans le pire des cas, les victimes se feraient mutiler à petit feu en commençant par les doigts. Et ça, c'est pour ceux que Death voue une haine féroce.
-D'accord, répondit le détective d'un air gêné.
-En attendant, intervint Jessonia, revenons du côté des Reines qui semblent avoir fait une trêve pur s'occuper des gêneurs.
-C'est judicieux de leur part, dit Mathio en exécutant des sortilèges en douce. Se battre entre elles sera difficile avec le Dominion dans les parages.

Alors que les fantômes du Dominion affrontaient leurs ennemies avec rage, des boules lumineuses apparurent de nulle part dans le champ de bataille. Leur grand nombre fut si important qu'on ne pouvait plus les ignorer. Elles se rassemblèrent pour en former une plus grande. Deux fils sortirent l'immense boule lumineuse pour aller se coller sur Aurore et Kerrigan. La fusion des Poltergirls ressentit une multitude de sentiments, de volontés. Elle se tourna vers son idole pour découvrir un étrange spectacle. Le fil doré ne parvenait à se lier avec Kerrigan qui tentait de l'empêcher de s'approcher par ses pouvoirs psychiques. Sylvestre faisait tout son possible pour que le contraire arrive. Aurore se demandait ce qui se passait.

-C'est un coup de Mathio, expliqua Pandore par télépathie, il a appelé la volonté de tous ceux qui ont été tués par la Reine des Lames et qu'il a changé en espoir.
-C'est possible, demanda Aurore par la pensée.
-Seul Mathio peut réaliser ce miracle. Bien sûr, je pourrais en faire autant. En attendant, vous devez aider Kerrigan à surmonter ses remords.
-Ses remords ?
-Oui, confirma Pandore, car elle est consciente d'être la Reine des Lames et une telle chose lui pèse sur le coeur. Et parce que ce sont les volontés de ses « victimes », elle les refuse par peur de leur faire face. Alors...
-C'est inutile de nous le dire, répondit Aurore, on va l'aider et on l'aidera quoi qu'il arrive.

Sur ces mots, Aurore traversa la mêlée pour rejoindre Kerrigan et entrer dans son esprit. Comprenant le but de son alliée et amie, Sylvestre créa une barrière Protoss pour protéger les deux fantômes. Le côté sombre d'Aurore et le commandant Jack intervinrent comme renforts pour aider la Reine des Lames contre les agents du Dominion.

-Vous croyez qu'à trois vous pourrez vaincre vingt-et-un fantômes, interrogea un fantôme confiant du nombre.
-Non, dix-neuf, répondit le N°2 de l'assassinat.

Deux fantômes s'écroulèrent au sol, couteau au coeur.

-Effrayant, commenta la Terran contaminée.

Pendant ce temps, les Poltergirls cherchaient dans l'esprit de leur amie dans ce mystérieux espace vide censé être l'intérieur du cerveau de Kerrigan. Finalement, elles la trouvèrent en train de bloquer une porte. Des sentiments de même nature que ceux qu'Aurore avait ressentis émanaient de derrière la porte.

-Mais enfin, s'écria Sylvie, ce n'est pas une bonne idée d'empêcher leur espoir d'entrer.
-Je ne veux pas, dit Kerrigan qui pleurait. Pas après ce que je leur ai fait car je suis la Reine des Lames.
-On peut comprendre, répondit Carla. Seulement, la Reine des Lames serait du genre à commettre des massacres gratuits. Sarah Kerrigan s'est opposé à un génocide.
-Pourtant, ce sont mes mains qui ont causé ces morts.
-C'est faux, hurla Iris. Si on doit blâmer quelqu'un, c'est Mengsk. Il laisse des gens mourir et ne fait rien pour les aider. De plus, c'est à cause de lui que la Reine des Lames est née.
-C'est vrai, admit Kerrigan, mais ça ne change rien au fait que je les ai tués.
-Encore une fois, dit Jennifer, tu ne cesses de toi fourvoyer. Toi et la Reine des Lames sont deux entités différentes. La preuve est que tu peux te combattre, agir indépendamment.
-Mais le lien qui nous lie reste fort, répliqua Kerrigan. Vous l'avez bien remarqué.

Les Poltergirls ne pouvaient s'empêcher de se rappeler la manie des Reines de dire la même chose et en même temps. Mais il fallait aider Kerrigan qui persistait à refuser l'aide qu'on lui offrait.

-Je peux, demanda Sylvie qui semblait avoir une idée.

D'un signe de tête, ses amies approuvèrent. A la grande surprise de Kerrigan, Sylvie envoya un violent coup de poing à la figure avant de lui faire une leçon de morale dont elle avait le secret :

-Franchement, faire une fixation sur ses remords est pitoyable. Ce n'est pas comme ça que tu te relèveras. Où est passée cette femme qui se serait battue jusqu'au bout ? Ce n'est pas en fuyant « ses » crimes qu'on se sentira mieux mais c'est en les acceptant et en vivant avec. Même nous, nous devrons faire face au Dominion pour avoir accepté de travailler pour l'Alliance. Et je ne parle même pas ce que nous avons fait.

-Et c'est quoi, demanda Kerrigan.
-Le pire est d'avoir cogné l'empereur, expliqua Jennifer.

Kerrigan pouffa de rire. Lever la main sur Mengsk, il fallait le faire. Ces filles, alors. Elles lui donnaient une bonne leçon.

-Qu'il en soit ainsi, dit Kerrigan, je vais affronter ceux que j'ai tué.

Elle ouvrit la porte et des fantômes lumineux entrèrent. On distinguait des Terrans et des Protoss. La chaleur qu'ils émettaient était douce et chaleureuse.

-Pourquoi, demanda Kerrigan, pourquoi ne me haïssent-ils pas ? Je suis pourtant celle qui les a tués.
-On te l'a déjà expliqué, soupira Carla, la Reine des Lames et toi êtes deux personnes différentes. Celle qu'on blâmerait pour ces massacres est la Reine des Lames, pas Sarah Kerrigan.

Pourtant, il y avait des personnes qui ne pensaient pas la même chose. Les Poltergirls le sentaient. Mais entre les reines, il semblait évident qu'on préférait Kerrigan à l'autre. Cette dernière souriait. Certaines choses étaient inévitables. Alors elle se tourna vers les Poltergirls et leur dit :

-Merci. Maintenant, vous pouvez partir.

Comprenant les paroles de leur amie. Les Poltergirls quittèrent l'esprit de Kerrigan qui embrasa l'espoir. Retour dans la réalité où le corps de l'ancien bras droit de Mengsk entama une nouvelle évolution après avoir accepté l'espoir de ses « victimes ». L'explosion générée par l'évolution alimentée par l'espoir détruisit la passerelle. Aurore se téléporta en lieu sûr. La Reine des Lames bondit pour atteindre une plateforme au-dessus. Quant aux fantômes du Dominion, ils reculèrent pour éviter d'être pris dans le souffle de l'explosion. Un important nuage de fumée entourait Sarah Kerrigan mais on pouvait distinguait sa silhouette au loin. On croirait voir la Reine des Lames de par la forme observée de loin. Soudain, on l'entendit dire :

-Sylvestre, je veux que tu te sépares de mon corps et que tu ailles aider Aurore.

Le Zerg était surpris d'un tel ordre mais il ne voulait pas car il estimait que sa reine ne pourrait pas vaincre son double contaminé. Au moment de contester, il entendit Pandore :

-Fais ce qu'elle te demande, lui ordonna la fusion de la Boîte de Pandore, je suis sûre qu'elle saura nous offrir un plus beau combat que maintenant.

Bien que réticent, Sylvestre céda et s'exécuta. Il partit rejoindre Aurore qui affrontait ses confrères ennemis. Kerrigan retira le fil doré de son corps et regarda la Reine des Lames d'un air de défi pour lui dire :

-Il est temps de conclure ce combat, une bonne fois pour tout.
La Reine des Lames riait de ce défi. Aucun humain avait réussi l'exploit de la vaincre. A part les Poltergirls qui avaient utilisé le pouvoir des Ténèbres et qui avaient bien failli réussir. Enfin, que pouvait faire son humanité démuni des puissants pouvoirs de Sylvestre face à la redoutée Reine des Lames ?

-Pauvre folle, se moqua-t-elle, comment peux-tu espérer de me vaincre sans Sylvestre ? Ce Zerg a été spécialement créé pour toi.
-C'est sans importance, répliqua Kerrigan. Je peux te battre sans son aide.
-Elle est confiante, hurla Mathio dans son micro. J'espère juste qu'elle ne fait pas une bêtise.
-Mais que vois-je, s'écria Jessonia, Pandore a installé une scène. Je devine ses intentions et ça va faire mal.

En effet, Pandore s'était mise à la place du chanteur devant un micro. Derrière elle, les autres membres de la Boîte de Pandore préparaient leurs instruments de musique. Au même moment, de nouveaux portails des ténèbres s'ouvrirent et des membres de l'Alliance Démoniaque en sortirent. Ce n'étaient pas des androïdes mais des vivants venants des 4 coins du vaste territoire conquis par l'Alliance. On y trouvait de tous : des pirates, des démons, des humains, des extraterrestres, des barbares, des dragons, des androïdes. Tous étaient déchaînés pour se battre.

-Mina-san (En japonais : Tout le monde), s'écria Pandore pour attirer l'attention de tous, Avant d'aller se battre, je vais vous chanter ma plus belle chanson.

Sa proposition fut accueillie par des acclamations de joie. Javert demanda ce qui se passait.

-Vous allez vite comprendre, répondit Mathio.

La réponse arriva plus vite que prévu car Pandore commença à chanter. C'était une belle chanson qui incarnait la joie et la bonne humeur. Elle éveillait en chacun des membres un fort esprit combattif. Même Kerrigan en fut affectée. Ses mouvements devinrent plus rapides et la Reine des Lames fut en difficulté. Pandore et son groupe étaient si agités et joyeux qu'ils se mirent à danser. Le concert était si amusant que les troupes du Dominion ne pouvaient s'empêcher de prendre part à la fête en dansant. Soudain, Pandore sauta de la scène pour atterrir sur un aspirateur qu'elle prit pour son destrier. Agitant un polochon comme une épée, elle galvanisa ses troupes :

-Camarades, nos compagnons sur le front affrontent l'armée du Dominion. Mais no