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Titre

Récits StarCraft II des joueurs


Status : En cours d'écriture
Histoire : Duel
Auteur : Synwyn
Chapitres : 1 - 2 - 3

Bloodbath

Le Terran frissonna sous son bête gilet pare-balle. Dans une galaxie d'armures de combat perfectionnées, de griffes de chitine tranchantes comme des rasoirs et de pouvoirs psychiques démesurés, c'était la seule dérisoire protection qu'il portait sur lui. Il n'était même pas armé, ne sachant pas s'il aurait le cran d'utiliser à nouveau une arme à feu contre un autre être humain.

Kévin Montgomery. Le nom d'un journaliste Tarsonien ayant anciennement travaillé pour la Confédération Terran. A l'instar d'un de ses collègues, le désormais célèbre Michael Liberty, l'homme avait été reporter pour Universal News Network, l'organe de propagande du gouvernement. Et contrairement à son estimé frère de plume, Montgomery n'était pas depuis devenu un héros. Il avait assisté impuissant à la chute de son foyer contre les millions d'envahisseurs Zergs, leur venue provoquée par les terroristes des Fils de Korhal. Guères d'autres choix alors que d'embarquer sur un des rares navires à avoir eut la clairvoyance de fuir les lieux avant de rencontrer leur destin. Le scribouillard vivotait maintenant en couvrant les actions des Delta Avengers, le nom donné au groupe de survivants à avoir fui avec lui. Pas du grand journalisme, mais son travail était de toute façon destiné à des oreilles maintenant sourdes ou mortes. Il n'avait d'autre optique que de lutter comme il le pouvait contre ces saletés de rouges, qui avaient ruinés sa vie.

Son gilet militaire, enfilé à la hâte, jurait avec les lunettes de vue et la petite barbichette qui lui donnaient habituellement l'air négligé de ceux qui se concentrent plus sur les faits que le protocole vestimentaire (alors que sa pilosité était au contraire entretenue pour donner cet effet). Avec ses cheveux bruns courts et son air rassurant, Montgomery transportait avec lui une certaine aura de confiance, celle qui vous donnait l'impression d'être avec quelqu'un maintenant au moins l'illusion de savoir ce qu'il faisait. Mais rassuré, le Terran ne l'était pas lui-même en ce moment – parce qu'il se trouvait à côté de la porte menant au terminal principal de la station de communication Anchorage, dans le système Torus, et qu'il était plaqué au métal froid du mur, en espérant le coeur battant que les coups de feu n'allaient pas se rapprocher plus encore de sa position.

Soudain, un cri, un choc, et une traînée carmine éclaboussa l'autre côté du petit hublot de la porte. Ça y est, ça avait commencé. En fermant les yeux, Kévin essaya d'imaginer ce qui se passait de l'autre côté ...

_______________


Le fantassin avait volé contre le mur presque aussi facilement qu'une poupée, et le sang s'échappant de sa jugulaire tranchée macula le sas. Le fluide vital n'avait pas commencé à dégouliner que les quatre autres soldats en uniforme rouge dirigèrent leurs tirs vers le mitrailleur mort, en espérant massacrer l'horreur invisible qui s'était abattue sur lui. Le cadavre fut presque déchiqueté par les rafales d'armes automatiques de ses frères d'arme, mais rien n'y fit – un second fantassin, le plus avancé du groupe, hurla lorsque son fusil se retourna brusquement à un angle improbable entre ses mains, lui brisant les doigts avec un bruit écoeurant. Un autre craquement sonore, et le Terran s'affaissa sans tomber à terre, le cou désarticulé.

La situation était désespérée pour la garnison minuscule du Dominion – ils se faisaient abattre un à par un ennemi indétectable, à tel point que les survivants avaient été forcés de se retrancher dans cette salle. Le seul Marine à porter l'armure CMC-300 dominait de sa taille ses camarades, des simples gardes en protection plus légère, mais cela ne suffit pas à le protéger quand sa visière polarisée explosa sous les tirs précis et continus d'un pistolet automatique à balles perforantes. Celui-ci venait d'être arraché à la hanche du soldat désarticulé, et flottait mystérieusement dans le vide.

Plus que deux fantassins. Ils vidaient maintenant frénétiquement leurs fins de chargeurs en hurlant sur le pistolet tenu par l'être invisible, mais le cadavre affaissé joua son rôle de bouclier humain. Le corps au cou brisé tressauta à chaque impact de fusil, mais garda fermement sa position, comme maintenu avec force.

- C'est un fantôme ! lâcha en un souffle le plus vieux des deux troufions, tandis que les cliquettements de leurs armes vides retentirent dans la pièce.

En un geste désespéré, le vétéran balança son fusil d'assaut pour dégainer un long couteau de combat. L'acte se révéla toutefois vain quand le crâne de l'homme fut traversé par la dernière balle du pistolet flottant : le projectile pénétra son oeil droit au niveau de la visière de son casque. Le corps du fantassin tomba mollement en arrière.

Le dernier survivant, le conscrit Paxton, ne pût s'empêcher de perdre toute attitude militaire alors que sous ses yeux les contours d'une silhouette effilée commençaient peu à peu à apparaître, passant d'une fine ligne trouble et translucide à une combinaison furtive de dernière génération, maculée de sang. La tueuse – ses traits avaient quelque chose de féminin – le fixait profondément, toute expression de son visage masquée par un menaçant masque à gaz, qui évoquait au jeune homme une tête de mort. Elle portait une armure légère par dessus sa combinaison, et des cheveux roux surmontaient ses lunettes de vision augmentée. Pas un clignement de paupière, pas un coup d'oeil pour surveiller les alentours : la Ghost le dévisageait de son regard vert, artificiel et indescriptible.

L'assassin relâcha son étreinte sur le corps qu'elle tenait à bout de bras, et il tomba à terre avec un bruit de sac poubelle bien remplie. Elle jeta négligemment son arme de poing vide, et commença à marcher d'un pas mesuré vers le conscrit, sans détourner le regard. Au fur et à mesure qu'elle se rapprochait, Paxton pouvait discerner la respiration artificielle du Ghost. Malgré ce chuintement régulier et entêtant, il ne trouvait aucune force pour se retourner et fuir. De toute façon, il n'avait nul part où aller ... C'est pourquoi il se laissa presque tomber sur le dos quand la femme lui posa sa main sur le torse, et le poussa fortement en arrière Dans sa chute, il perdit son casque, qui alla rouler à terre dans un coin de la pièce.

Malgré sa peur, un rongement glacé qui lui parcourait comme un éclair la moelle des os et lui dévorait le coeur, le conscrit releva la tête pour observer cette incarnation de la Mort. Il eut le souffle légèrement coupé – de surprise, car elle ne pesait pas bien lourd – quand la tueuse s'assit sur lui, dans une position qui aurait presque suggérée des avances. Alors, sans un bruit, elle leva un bras à la musculature délicate, la main grande ouverte. Un bracelet décoré de runes brillait à son poignet, comme une relique des temps anciens. La femme ferma le poing, et une courte lame d'énergie pure, à la couleur bleu pâle, se matérialisa au bout du métal doré. Cette psy-blade d'origine Protoss était matérialisée physiquement grâce aux pouvoirs mentaux de son utilisateur : sa simple existence démontrait un potentiel psychique puissant, mais la longueur trahissait un esprit bien plus faible que celui d'un Zélote.

Le jeune homme frissonna, claquant des dents. Son visage reflétait sa jeunesse maintenant qu'il n'était plus masqué par son casque. Une épaisse plaque de sueur luisait sur son front, et la morve coulant de son nez confirmait que le conscrit était sur le point de faire une crise d'hystérie. Celui-ci respirait très rapidement, comme s'il était un noyé cherchant son air vital. La Ghost le fixait dans les yeux, comme elle le faisait depuis qu'elle s'était révélée, mais restait immobile, la lueur éthérée de sa lame baignant la scène.

Paxton ne savait pas ce qu'elle attendait, mais une idée désespérée germa dans son esprit embrumé par l'effroi. Ses mains tremblantes comme des feuilles, avec des gestes saccadés, le jeune homme prit son propre pistolet automatique. Avec maladresse, il le leva lentement, et commença à bégayer quand il en posa enfin le canon sur le front masqué de la Ghost, qui restait pour sa part d'une immobilité totale. La survie était à portée de main du soldat, il n'avait plus qu'à appuyer sur la gâchette. Les yeux grands ouverts, il lâcha un « Crève ! » paniqué et hystérique ... avant de se mettre à sangloter comme un enfant quand, malgré ses tentatives et toute sa volonté, il n'arriva pas à ordonner à son doigt de tirer. Luttant contre ses efforts, une étrange force semblait l'empêcher de faire partir le coup de feu, une résistance malsaine qui ne le laissait pas libre de ses actes.

Finalement, avec un geste lent mais ferme, la Ghost réagit en posant son index sur l'arme pour en écarter le canon de son front. Elle guida la main du conscrit ainsi jusqu'au sol, où le pistolet chût comme s'il avait perdu toute force. Alors, elle se pencha légèrement en avant, et avec des gestes presque doux, passa son bras libre derrière le cou du jeune homme pour lui faire relever son torse et l'attirer contre elle. Avec un cri de douleur glacée, le conscrit fut empalé sur la psy-blade, la pointe azure de la lame ressortant tel un scalpel dans son dos après avoir tranché sans difficulté son armure, son ventre et sa colonne vertébrale. En vomissant du sang sur l'épaule de la femme, Paxton se sentit partir.

_______________


Le journaliste avait fini par rentrer dans la pièce. Montgomery avait attendu quelques dizaines de secondes après le dernier cri, pour prendre son courage à deux mains et enjamber le corps égorgé qui se trouvait affalé sur le pas de la porte.

La salle du terminal de communication était glacialement silencieuse. Seuls les ronronnements des consoles et ventilateurs de climatisation troublaient l'impression de vide dans laquelle baignait cette pièce mal éclairée. Mais ce n'était pas les informations privées du Dominion qui retenaient actuellement son attention, même s'il était ici pour ça. C'était la vision de la jeune femme, l'agent des Avengers qui avait été envoyé pour nettoyer avant son arrivée, qui chevauchait un cadavre éventré devant lui. Elle était totalement immobile, sa main pleine de sang levée en l'air. La lame psychique vacilla de manière chaotique quelques secondes, et disparut dans un vrombissement. Alors, sa main se mit à trembler fortement, bientôt suivie par son bras. La Ghost avait l'air d'une épileptique ainsi, et elle défit rapidement les lanières de son masque à gaz pour le jeter ailleurs. De son bras valide, les mâchoires serrées, la rousse décrocha un petit appareil à sa ceinture et le porta à son cou. Avec un bruit typique, le stimpack injecta son cocktail de saloperies chimiques dans le corps de la jeune femme, qui s'affaissa dans un soupir. Puis, elle rampa avec difficulté pour s'adosser au mur proche.

Bon sang, mais qu'ont-ils fait à cette jeune fille pour qu'elle finisse comme ça ? pensa le journaliste, qui tentait vainement de ne pas prendre une expression dépitée.

- Croyez-moi, Montgomery. Vous ne voulez pas savoir, lâcha la jeune femme de sa voix neutre mais où se faisait sentir de la faiblesse et la fatigue.

Flash lumineux. Le docteur. Le scalpel. Le père, allongé dans sa mare de sang.

- Écoutez, je ... commença à dire Kévin, avec le ton de celui qui voulait se frapper lui-même.
- Je sais, vous êtes désolé. Et moi je suis télépathe. Maintenant, fermez-là. Nous sommes ici pour quelque chose. Occupez-vous en, dit-elle en défaisant ses lunettes de vision augmentée pour les poser sur son ventre.

Le Terran soupira lourdement en apercevant son regard émeraude qui le fixait. Ses yeux reflétaient le vide et le froid, gâchant l'air juvénile de ses taches de rousseur. Kévin avait beau connaître la jeune femme depuis quelques mois, il était toujours aussi maladroit, n'arrivant jamais à oublier l'image timide et assez paumée qu'il avait eu d'elle à leur première rencontre. Et le travail que le journaliste avait accompli pour tenter de l'humaniser avait montré quelques progrès : même si elle réagissait encore plus à son nom d'agent Ghost qu'à son nom de famille, la jeune femme était presque capable de soutenir une conversation normale, du temps que le sujet porte sur ses très rares centres d'intérêts.

La Ghost soupira, en relevant la tête. Elle était psychique, après tout, et avait bien discernée la tristesse qu'avait engendrée sa réaction agressive. Mais bon, elle n'y pouvait rien, elle était toujours comme ça après un stimpack. En se passant la main sur le menton, elle commença à parler de sa voix basse et neutre :
- Le plus difficile, c'est de garder un barrage mental. Quand ils sont sur le point de mourir, les humains pensent tellement fort, c'est comme une radio dont le volume serait à son maximum : de vrais balises de désespoir et de peur .... Même vous, vous avez peur de moi, même si vous refusez de l'admettre à vous-même, acheva-t-elle.

Montgomery la regarda avec un air coupable, les yeux bas. Il savait que c'était sa manière à elle de s'excuser, en expliquant le pourquoi de la drogue énergétique. Mais sa dernière phrase ... Elle n'était pas si loin de la vérité. Elle avait même raison, finit-il par s'avouer. Même s'il était aussi proche qu'on pouvait l'être avec elle, le journaliste avait peur de la Ghost. Et cette vérité le déprima, car il savait qu'elle était actuellement en train de recevoir toutes les pensées qu'il émettait comme une gentille radio crétine. En rajustant ses lunettes, l'homme marcha d'un pas traînant vers la console de communication la plus proche, sans se retourner.

- J'ai ... J'ai juste besoin de faire une pause, dit-elle après un long silence. Ça demande beaucoup de concentration, ce genre de combats... Entre l'effort psychique pour lire en eux leurs intentions et esquiver leurs tirs, ne pas se laisser submerger par leurs émotions ...
- Les Zergs et les Protoss n'ont pas peur de la mort, hein ?

En tripotant le clavier de sa console, Montgomery finit par jeter un oeil derrière lui, à la recherche d'une réponse à sa question. Un fin sourire s'étala sur ses lèvres, quand il vit que la Ghost était recroquevillée sur elle-même, les yeux fermée et la bouche légèrement entrouverte. Sa respiration soulevait régulièrement sa poitrine. Le journaliste leva les yeux au ciel, et se remit au travail.

Tu as bien travaillé, agent Quasar. Laisse O'Hara dormir, maintenant.

_______________


- Hey ! Cap'taine Tarsonis ! Enfile ce gilet et saute dans le dropship, on à besoin d'toi !

Alors qu'il se concentrait sur son travail, le journaliste se remémorait peu à peu les raisons de sa présence en ces lieux. Le Marine qui était venu frapper à la porte de sa cabine pour lui jeter un gilet pare-balle au nez et lui annoncer qu'il était envoyé en mission ... Lui, un civil ?

- Yep, Cap'taine ! Notre techy en communications est cloué au lit avec une inflammation de la couille droite. T'es scribouillard, t'dois savoir te servir d'un appareil de comm'.

Capitaine Tarsonis ... Kévin haïssait ce sobriquet, qui lui avait été donné par l'équipage du Merrimack II depuis qu'on avait découvert qu'il conservait quelques comics de ce super-héros pour gosse Tarsonien. Et surtout que le journaliste en avait donné quelques uns à O'Hara, une des Ghosts du groupe.

O'Hara, alias agent Quasar, la Ghost sans prénom. Bah, au moins elle à lue mes b-d, pensa-t-il avec un ton revanchard. Il avait donc embarqué dans le dropship, pour se voir débarqué à proximité d'une station de communication affiliée au Terran Dominion, dans le système Torus. Voir que la rousse serait sa protection pour l'opération l'avait assez rassuré, et maintenant que Kévin était à la tâche, il se dit que finalement, ce n'était pas si compliqué : pirater les ordinateurs du relais pour décrypter les communications qui y passaient se révélait un jeu d'enfant.

Elle à des tâches de rousseur, et des yeux verts. Gènes irlandais, sans doute, et ... Oh, merde, c'est quoi ça ?

Du gros. C'était la première chose lui venant à l'esprit pour définir ce qu'il avait intercepté. Excité par sa découverte, Montgomery revint au début de la communication, et la visionna à nouveau. Celle-ci était un rapport détaillé sur un nouveau modèle de jet du Dominion : armé de roquettes, l'air fragile et un peu lent ... Sauf que, la communication était accompagnée d'une vidéo montrant les tests du chasseur, et notamment sa surprenante géométrie variable, lui permettant de se changer en marcheur de combat terrestre armé de canons vulcains.

Ils appellent ça le « Projet Viking ». Je dois absolument lui ...
- Je sais, le coupa dans ses pensées la jeune femme en s'étirant.
- Mais ... Depuis combien de temps vous êtes réveillée ? demanda le journaliste, gêné.
- Environ une minute, douze secondes et trois dixième. J'ai juste vue la vidéo.

La Ghost arrêta de lorgner sur l'écran et s'adossa au mur de manière plus confortable, inconsciente de la large trace de sang séché qu'elle y avait déposée. Puis, après quelques secondes d'immobilité, elle se pencha pour ramasser et passer ses lunettes de vision augmentée. Ses yeux disparurent, remplacés par les lentilles vertes du masque, et après y avoir tripotée quelques boutons, la jeune femme croisa les bras alors qu'une petite musique rock commençait à se faire entendre. Une de ses rares normalités – elle écoutait de la musique. Certes, toujours le même vieux groupé suranné, en boucle et sans jamais varier, mais de la musique.

- C'est du sérieux, ces plans ? demanda-t-elle.
- D'après le rapport, le projet à été validé par la plupart des instances militaires du Dominion.
- Johnston va faire pression pour persuader nos pilotes d'Ombre de passer au Goliath, et vice-versa. On pourrait revendre ça. Au Combinat Kel-Morian ?
- « Les vrais hommes creusent plus profond » ? Vous êtes à la bourre, O'Hara, le CKM travaille en sous-main pour le Dominion maintenant.
- Merde. Aux Umojiens, alors ? Le Protectorat ?
- Connaissant Johnston, on va le revendre à tout le monde pour se faire un maximum d'argent, et on ferait même payer le Dominion pour ses propres plans si on pouvait, conclut Montgomery en rigolant doucement.

Celui-ci reprit finalement son travail, notamment pour fouiller voir si il pouvait trouver autre chose sur le sujet. Après quelques recherches, il sauvegarda les données finales et les envoya au Merrimack II, en orbite. Les deux anciens confédérés restèrent muets plusieurs minutes, le journaliste occupé à partir à la recherche d'autres informations sensibles et à la Ghost de s'occuper comme elle pouvait.

- Vous avez vu les infos sur ces hélicoptères utilisés par Mengsk pour faire régner la loi sur ses planètes, au fait ? Y paraît même qu'ils ont recyclés le système de camouflage des Ombres sur ces trucs ... finit par demander la jeune femme, qui faisait les cent pas.
- J'ai l'impression que depuis que le Dominion à été quasiment rasé par l'UED et les Zergs, ils ont préférés réapprovisionner toutes les armées de Koprulu en partant dans l'innovation plutôt qu'en continuant à reconstruire du vieux matériel.
- On devrait y aller, Montgomery, dit soudainement O'Hara sans aucun rapport avec la conversation.
- Ne vous inquiétez pas, j'ai entendu dire que le temps de réaction standard des forces militaires du Dominion pour protéger ses postes avancés est de seize ...

Kévin n'eut pas le temps de finir sa phrase, car une explosion secoua la station relais et retentit dans ses couloirs. Une bombe venait apparemment d'exploser quelque part. Le journaliste se releva, l'air nerveux, et commença à tripoter nerveusement sa radio pour appeler le transport d'évacuation.

- Seize heures, hein ? On dirait qu'ils ont fait des progrès. Restez en arrière, Montgomery.

O'Hara s'étirait et fit craquer ses phalange en disant ça. Elle marcha d'un pas calme pour aller ramasser son masque à gaz, et le revêtit silencieusement. Les stimpacks avaient donnés à son corps de quoi tenir jusqu'à la fin, et la sieste avait calmée son esprit agité. Il était temps pour elle d'accomplir le reste de sa mission, escorter le civil jusqu'au dropship et évacuer les lieux. Et tant pis si pour cela, elle devait se frayer un chemin parmi les Reapers qui attaquaient la station, Torus étant leur système de formation et entraînement.

Tant pis. De toute façon, cela faisait longtemps qu'elle avait perdue son innocence. Un autre bain de sang ne changerait rien pour elle.
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